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12 juin 2021 6 12 /06 /juin /2021 08:00

Après Elles font l'abstraction au Centre Pompidou  et l'intermède des Modernités suisses,  qui ne comportait que deux peintres femmes, Alice Bailly et Martha Stettler, reprenons le thème qui marque cette reprise des expositions parisiennes avec celle du musée du Luxembourg, présentée en ces termes : 

"On croit volontiers qu’après la gloire d’Elisabeth Vigée Le Brun liée à l’Ancien Régime, il faut attendre la deuxième moitié du XIXe siècle pour trouver des peintres femmes aussi remarquables. Pourtant, c’est entre 1780 et 1830, que le combat de ces dernières a trouvé ses racines : le droit à la formation, la professionnalisation, une existence publique et une place sur le marché de l’art."

1. Le droit d’être peintre : l’anti-académisme et la féminisation des beaux-arts

Autour de 1780, controverses et rivalités s’attisent, à l’extérieur comme à l’intérieur de l’Académie royale de peinture. Sa hiérarchie, ses privilèges et sa pédagogie suscitent un mécontentement qui n’est pas étranger à la crise socio politique en germe. Dans le même temps, en marge du Salon officiel, le Salon du Colisée, l’Exposition de la Jeunesse, le Salon de la Correspondance suscitent l’engouement. On y découvre de jeunes peintres femmes de talent. La presse en parle. L’admission en mai 1783 à l’Académie d’Élisabeth Vigée Le Brun et d’Adélaïde Labille-Guiard, déjà célèbres, crée l’événement. Le sujet passionne, déclenche les controverses. On limite à quatre le nombre d’académiciennes. La prééminence de la peinture d’histoire, fer de lance du programme de restauration de la grandeur de l’école nationale, est menacée, s’inquiète-t-on, par la féminisation croissante des beaux-arts. L’étude du nu, préalable indispensable au grand genre, est en principe interdit au « sexe faible » car contraire à la morale. Comme l’est la mixité que favorise l’ouverture croissante des ateliers de formation aux demoiselles. Le débat fait rage, se politise. La Révolution éclate. Le premier Salon libre ouvre en 1791, l’Académie royale de peinture est abolie en 1793. La même année, la Société populaire et républicaine des arts, mettant en balance vocation domestique et vocation artistique, interdit jusqu’en octobre 1794 aux femmes d’y adhérer. Mais rien ne les empêche désormais d’exercer professionnellement ni d’exposer : seulement une trentaine dans les salons révolutionnaires, elles seront deux cents au milieu des années 1820.

ÉLISABETH-LOUISE VIGÉE LE BRUN née Louise-Élisabeth VIGÉE (1755-1842) :

Autoportrait de l'artiste peignant le portrait de l'impératrice Elisaveta Alexeevna1800, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Elisabeth Philippine Marie Hélène de France, dite Madame Elisabeth (1764-1794). sœur du roi Louis XVI, 1782, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Marie-Antoinette en robe de mousseline, dite «à la créole», «en chemise » ou «en gaulle », 1783, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ADÉLAÏDE LABILLE-GUIARD née LABILLE (1749-1803) :

Élisabeth Philippine Marie Hélène de France, dite « Madame Élisabeth » (1764-1794), sœur du roi Louis XVI, 1788, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Portrait de femme, vers 1787, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ROSALIE FILLEUL DE BESNES née Anne-Rosalie BOQUET (1752-1794) : Autoportrait, vers 1775, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARIE-GENEVIÈVE BOULIARD (1763-1825) Autoportrait en Aspasie,1794, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

JEANNE-LOUISE, dite « NANINE » VALLAIN épouse PIETRE (1767-1815) : Portrait d'une femme tenant un agneau, 1788, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARIE-NICOLE VESTIER épouse DUMONT (1767-1846) : L'Auteur à ses occupations, 1793, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARIE-GUILHELMINE BENOIST née DE LA VILLE LE ROULX (1768-1826) :
Autoportrait copiant le Bélisaire et l'enfant à mi-corps de David, 1786, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARGUERITE GÉRARD (1761-1837) : L'Élève intéressante, vers 1786, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARIE-ÉLISABETH LEMOINE épouse GABIOU (1761-1811) : 
Autoportrait au chapeau de paille et à la palette, vers 1795, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ADÈLE ROMANÉE ou DE ROMANCE née Marie-Jeanne MERCIER, épouse ROMANY (1769-1846) : Autoportrait présumé d'Adèle Romane, dite Adèle Romanée, vers 1799, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

2. Apprendre : dilettantes et professionnelles

Dès les années 1780, la bourgeoisie, en pleine ascension sociale, s’approprie les signes de distinction des classes privilégiées : la maîtrise du dessin, l’érudition artistique, la fréquentation des expositions, connaissent une vogue croissante. Nombreuses sont les jeunes filles, nées hors de l’espace des beaux-arts, à se former à la peinture et aux arts graphiques, et à suivre les cours d’anatomie pittoresque. Elles sont encouragées par leur famille qui y voit, d’abord, un capital symbolique et matrimonial, puis, après la crise révolutionnaire, une profession rémunératrice. Greuze, David, Suvée, Regnault, etc. : se substituant à l’ancien modèle de transmission familiale, des ateliers réputés s’ouvrent à ces demoiselles. Leur interdiction par l’Académie, édictée en 1787 au nom de la bienséance, n’a que peu d’effet. Jeanne-Élisabeth Chaudet, Césarine Davin-Mirvault, Hortense Haudebourt-Lescot, Louise Hersent, etc. : à la suite des pionnières des années 1780, les peintres femmes forment aussi des élèves. Et dès 1800, les cours privés se multiplient et les maîtres en vue ouvrent des sections féminines, souvent supervisées par leur épouse ou une ancienne élève. La pédagogie y est comparable à celle des sections masculines, jusqu’au nu et à la peinture d’histoire pour certains ateliers. La réputation du maître, le réseau de sociabilité qu’on tisse dans son atelier sont déterminants pour la carrière, la candidature au Salon, la constitution d’une future clientèle et la légitimité de la jeune peintre : l’amateure reste une femme, la professionnelle devient une artiste.

ANNE-GENEVIÈVE, dite « ANA » GREUZE (1762-1842) : L'Enfant à la poupée, fin du 18e siècle, huile sur toile
 

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

JEANNE-PHILIBERTE LEDOUX (1767-1840) : La Suppliante d'après Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), fin du 18e siècle, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARIE-RENÉE-GENEVIÈVE BROSSARD DE BEAULIEU (1755-1832) : La Muse de la poésie pleurant la mort de Voltaire, 1785, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Un "homme peintre", le premier de l'exposition, peignant deux jeunes personnes, sans doute ses élèves...

JACQUES-AUGUSTIN-CATHERINE PAJOU (1766-1828) : Mesdemoiselles Duval, 1er quart du 19e siècle, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARIE-ÉLÉONORE GODEFROID (1778-1849) :

Portrait posthume de Jacques-Louis David, peintre (1748-1825) représenté pendant son exil à Bruxelles, début du 19e siècle, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

François Gérard, peintre (1770-1837) huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Encore un homme peintre : c'est le sujet qui est en rapport avec l'exposition.

Louis HERSENT (1777-1860) : Portrait de Jean-Baptiste Regnault (1754-1829), d'après l'Autoportrait conservé au musée des Beaux-Arts de Valenciennes, 19° siècle, huile sur toile

Pendant plus de vingt ans, l'atelier féminin de Regnault, ouvert l'été 1787 au Louvre, est le plus prisé et une pépinière de talents : Pauline Auzou, Alexandrine Delaval, Henriette Lorimier. Adele Romanée... Une trentaine d'élèves, la plupart issues de familles aisées, se sont formées auprès de lui.

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

CATHERINE-CAROLINE COGNIET-THÉVENIN née THÉVENIN (1813-1892) : Atelier de jeunes filles, 1836, huile sur toile

Exerçant un quasi-monopole, Léon Cogniet a formé un millier d'élèves de 1822 à 1876 : des jeunes hommes, dans son atelier personnel et dans un autre qu'il ouvre pour accueillir les nombreux candidats ; puis des jeunes femmes à partir de 1834.

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARIE-AMÉLIE COGNIET (1798-1869) : Intérieur de l'atelier de Léon Cogniet (1794-1880), 1831, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ADRIENNE-MARIE-LOUISE GRANDPIERRE-DEVERZY épouse PUJOL (1798-1869) : L'Atelier d'Abel de Pujol, 1822, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ANTOINE-JEAN GROS, BARON GROS (1771-1835) : Portrait d'Augustine Dufresne, baronne Gros, 1822, huile sur toile

A défaut d'oeuvre d'Augustine Dufresne, artiste peintre elle aussi, son portrait par son mari...

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

JULIE DUVIDAL DE MONTFERRIER épouse HUGO (1797-1865) :

Autoportrait, non daté, huile sur toile

Élève des peintres François Gérard et Jacques-Louis David, elle épousa Abel Hugo, frère de Victor

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Adèle Foucher, vers 1820, huile sur toile

Mariée à Victor Hugo en 1822, elle était l'élève de Julie Duvidal de Montferrier, auteur de ce portrait, qui épousa Abel Hugo en 1827.

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

LOUISE-JOSÉPHINE SARAZIN DE BELMONT (1790-1871) : Naples, vue du Pausilippe, entre 1843 et 1858, présenté au Salon de 1859, huile sur toile

Élève de Pierre-Henri de Valenciennes avant 1812, Louise-Joséphine Sarazin de Belmont se rend en Italie de 1824 à 1826 : elle visite Rome et ses environs, Naples, la Sicile.

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Vue du Forum le matin, entre 1842 et 1860, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

HORTENSE HAUDEBOURT-LESCOT née Antoinette Cécile Hortense VIEL, épouse HAUDEBOURT (1784-1845) : Le Jeu de la main chaude, 1812, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARIE-GABRIELLE CAPET (1761-1818) : Scène d'atelier (Adélaïde Labille-Guiard faisant le portrait de Joseph-Marie Vien) ou L'Atelier de madame Vincent vers 1800, 1808, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

3. Le Salon : un espace incontournable en mutation

Le Salon, au tournant du XIXe siècle, devient l’événement culturel majeur (plus de 22 000 visiteurs en 1804) et le seul espace d’exposition et de consécration des artistes vivants. Suite à la réorganisation révolutionnaire du système des beaux-arts, devenu dès 1802 une autorité administrative unique, la Direction des musées gère le Musée récemment créé et encourage l’art vivant exposé au Salon avec, à son issue, l’attribution des médailles, les commandes et les acquisitions par l’État. De 300 exposants sous la Révolution, on passe à 700 au début de l’Empire puis 1 200 à la fin des années 1840. La multiplication exponentielle des tableaux, accrochés sur plusieurs rangs, seulement numérotés, et le succès de l’exposition bisannuelle expliquent le rôle déterminant de la critique naissante sur le goût du public comme sur la carrière des artistes. De 9 % dans les années 1790 à 15 % au milieu des années 1820, les exposantes y sont, d’abord, pour la plupart issues de classes favorisées, tandis que, durant les dernières années de l’Empire et sous la Restauration, les filles issues de la petite bourgeoisie ou du métier se font plus nombreuses. Leur parcours est semblable à celui des hommes, bien qu’affecté par un taux de refus du jury plus élevé. Néanmoins, leur rôle est essentiel dans l’évolution du Salon vers un marché de l’art où le goût du public l’emporte sur les visées didactiques antérieures. En effet, participe de cette mutation l’envahissement du Salon par les scènes de genre, les portraits et les petits tableaux, qu’elles sont plus nombreuses à pratiquer que les hommes.

MARIE-VICTOIRE LEMOINE (1754-1820) :

Femme et Cupidon, 1792, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Portrait de Marie-Geneviève Lemoine avec sa fille Anne-Aglaé Deluchi, vers 1802, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ANGÉLIQUE MONGEZ née Marie-Joséphine-Angélique LEVOL (1775-1855) : Thésée et Pirithoüs délivrent deux femmes des mains de leurs ravisseurs, 1806, craies noire, blanche, bleue, et ocre sur papier ivoire

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ALEXANDRINE DELAVAL (active entre 1808 et 1838) : Malvina. Chant de douleur sur la perte de son cher Oscar (Poésies d'Ossian), 1810, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ROSALIE CARON (1791-1860) : Mathilde surprise dans le jardin de Damiette par Malek-Adhel, présenté au Salon de 1817, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

CÉSARINE DAVIN-MIRVAULT née Césarine Henriette Flore MIRVAULT, épouse DAVIN (1773-1844), La Mort de Malek-Adhel, présenté au Salon de 1814, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

PAULINE AUZOU née DESMARQUETS (1775-1835) : Novès et Alix de Provence, 1816, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

On retrouve Julie DUVIDAL de MONTFERRIER, épouse HUGO avec Tête d'Ève, 1822, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

De MARGUERITE GÉRARD, deux œuvres plus tardives que celle de 1786 vue au début du parcours :

Clémence de Napoléon envers madame de Hatzfeld, présenté au Salon de 1808, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Maternité, 1801, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

CONSTANCE MAYER (1774-1821) : Le Flambeau de Vénus, 1808, huile sur toile

En dépit des préventions contre la pratique féminine du nu érotisé, le tableau présenté en 1808 avec son pendant Le Sommeil de Vénus (1806), aujourd'hui conservé au musée du Louvre, offre à Constance Meyer la consécration : l'acquisition de l'ensemble par l'impératrice Joséphine.
Partageant avec Pierre-Paul Prud'hon le métier et la vie de peintre, elle est pourtant réduite au rang d'élève sans talent par une historiographie misogyne tandis qu'un révisionnisme lucratif a systématiquement attribué au maître toutes les œuvres et esquisses réalisées pendant leur collaboration.
Une esquisse de l'œuvre, attribuée à Prud'hon, est ainsi conservée au musée Condé de Chantilly. Une lettre de lui affirme cependant que Le Flambeau de Vénus est d'elle et qu'elle seule y travailla.

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

AIMÉE BRUNE 1803-1866 : Une jeune fille à genoux, 1839, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ISABELLE PINSON née PROTEAU (1769-1855) L'Attrapeur de mouche, 1808, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ANGELIQUE MONGEZ née Marie-Joséphine-Angélique LEVOL (1775-1855) : Mars et Vénus, 1841 (date de signature), huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ROSE-ADÉLAÏDE DUCREUX (1761-1802) : Portrait d'une femme tenant sa fille sur les genoux, présenté au Salon de 1793 (n° 242), huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

LOUISE MARIE-JEANNE HERSENT née MAUDUIT (1784-1862), Portrait d'une jeune femme portant une robe blanche, avec un châle de cachemire, accoudée à une méridienne, 1828, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

JEANNE-ELISABETH CHAUDET née GABIOU (1761-1832) : Portrait d'une dame en novice, 1811, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

EULALIE MORIN née Eulalie Françoise Anne CORNILLAUD (1765-1837) : Juliette Récamier (1777-1849), fin du 18° siècle (refusé au Salon de 1799), huile sur toile
 

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

On retrouve Adèle ROMANÉE avec ce Portrait de Fleury, comédien (1750-1822), 1818, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ainsi que MARIE-ÉLÉONORE GODEFROID avec ce Portrait d'Abd el-Kader, entre 1830 et 1844, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

C'est encore MARIE-ÉLÉONORE GODEFROID qui participe à cette confrontation entre deux portraits posthumes de Germaine de Staël : celui, à gauche, de son ami FRANÇOIS GÉRARD et le sien, à droite (après 1817, huile sur toile)

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat


MARIE-DENISE, dite « NISA » VILLERS née LEMOINE (1774-1821) fournit le thème de l'affiche de l'exposition avec Portrait présumé de madame Soustras laçant son chausson, 1802, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

HENRIETTE LORIMIER (1775-1854) : François Pouqueville à Janina, 1830, huile sur toile

L'acquisition en 1805 de La Chèvre nourricière (Salon de 1804) par Caroline Bonaparte, une médaille d'or en 1806 pour Jeanne de Navarre acquis par l'impératrice Joséphine en 1807 : Henriette Lorimier est une artiste en vogue quand elle rencontre François Pouqueville, qui deviendra son compagnon jusqu'à sa mort. Membre de l'expédition d'Egypte en 1798, prisonnier des Ottomans en Grèce puis à Constantinople jusqu'en 1801, médecin, archéologue, voyageur et écrivain philhellène, Pouqueville contribue à la révolution grecque.
 

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

4. Moi. Peintre

Cette dernière section présente avant tout des autoportraits, ce genre auquel aucun peintre femme n'échappe, qui leur permet d'affirmer leur personalité en tant qu'artiste et dont on a déjà vu plusieurs exemples dans le parcours de l'exposition.

MARIE-ADELAIDE DURIEUX née LANDRAGIN (active entre 1793 et 1798) Autoportrait, vers 1793-1798, huile sur toile
 

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Un autre autoportrait d'ÉLISABETH-LOUISE VIGÉE LE BRUN, daté de 1790, antérieur à celui de 1800 qui ouvrait le parcours de l'exposition

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

On retrouve HORTENSE HAUDEBOURT-LESCOT avec ce Portrait de l'artiste, 1800, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ainsi que CONSTANCE MAYER avec cet autoportrait, vers 1801, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Pour le dernier tableau du parcours, on retrouve le petit format intimiste caractéristique de MARGUERITE GÉRARD avec Artiste peignant le portrait d'une musicienne, vers 1800, huile sur bois.

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
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5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 08:00

Exposition originale à Orsay : une quinzaine d'artistes, plus de 70 œuvres pour la plupart jamais montrées en France - sauf quelques-unes, précisément, dans les collections permanentes d'Orsay - pour refléter la grande vitalité, au tournant du XXème siècle, de la scène artistique de la jeune confédération helvétique née en 1848.

Section 1 - Figures tutélaires : Ferdinand Hodler et Giovanni Segantini

Nés dans les années 1850, Ferdinand Hodler (1853-1918) et Giovanni Segantini (1858-1899) font figure de pionniers de la modernité et marquent toute une génération de peintres de vingt ans leurs cadets. Menant des carrières internationales, ils deviennent à la fin des années 1890 des acteurs majeurs de la peinture symboliste européenne, rompant avec la tradition naturaliste fondée sur l'imitation du réel. Pour Hodler, la mission de l'artiste consiste à révéler l'harmonie de la nature, au-delà des particularités: il s'agit de voir et de dégager l'essentiel. Segantini, de son côté, déploie un sens de la synthèse et de la simplification. Ses sujets paysans se muent en méditation sur la place de l'homme dans la nature et sur le cycle de la vie. Malgré sa mort prématurée en 1899, son art marque durablement Giovanni Giacometti, tandis que Hodler inspirera les peintres Amiet, Buri, Righini, Perrier ou encore Vallet.
 

Ferdinand Hodler : La Pointe d’Andey, vue depuis Bonneville [La Pointe d’Andey von Bonneville aus] 1909, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Portrait de Mathias Morhardt [Bildnis Mathias Morhardt] 1913, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Le Bûcheron [Der Holzfäller] 1910, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Femme joyeuse [Fröhliches Weib] 1909, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Autoportrait [Selbstbildniss] 3 février 1912, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Giovanni Segantini : Midi dans les Alpes [Mezzogiorno sulle Alpi] 1891, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Section 2 - Lumière et couleur

Comme son mentor Segantini, Giovanni Giacometti (1868-1933) est obsédé par la lumière. À la mort du maître en 1899, Giacometti achève l'une de ses toiles, ce qui lui permet d'étudier sa touche divisionniste: des traits enchevêtrés de mille couleurs, plus ou moins épais, qui vibrent entre eux pour faire surgir la lumière. Fasciné par cette manière, le jeune Giacometti pousse ses expérimentations encore plus loin en traduisant les effets de la lumière par de larges stries colorées. Cuno Amiet (1868-1961) partage cette attirance pour la lumière et ses effets colorés. Après avoir travaillé en Allemagne et en France, Amiet et Giacometti reviennent en Suisse. Leurs recherches picturales du tournant du siècle transfigurent des sujets tirés de leur quotidien: la nature environnante et le cercle familial.

Giovanni Giacometti : Autoportrait devant un paysage hivernal (Autoritratto davanti a paesaggio invernale]1899, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Vue sur Capolago et le lac de Sils [Blick über Capolago und den Silsersee) vers 1907, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Floraison [Fioritura] 1900, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay
Modernités suisses au Musée d'Orsay

Arc-en-ciel [Arcobaleno] 1916, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Cuno Amiet : Le Grand Hiver [Der Grosse Winter] 1904, détrempe sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay
Modernités suisses au Musée d'Orsay

Taches de soleil [Sonnenflecken] 1904, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Section 3 - Cuno Amiet: le chemin de Pont-Aven

Le séjour de Cuno Amiet à Pont-Aven en 1892-1893 est déterminant. Depuis les années 1860, ce village breton est très fréquenté par les artistes, attirés par les paysages, les habitants aux costumes traditionnels et le sentiment de fréquenter une région épargnée par l'industrialisation. Vers 1885-1890, Paul Gauguin et ses amis y abandonnent le réalisme au profit d'œuvres marquées par une forte stylisation et l'emploi de couleurs vives cernées d'un contour sombre. S'il ne rencontre pas Gauguin, Amiet est fasciné par ce qu'il découvre à Pont-Aven des recherches les plus avancées des artistes postimpressionnistes. Son opinion sur l'art en est bouleversée et les œuvres qu'il produit en Bretagne, puis de retour en Suisse, attestent de la puissance de ce choc visuel et culturel.

Bretonne [Bretonin] 1892, huile sur toile marouflée sur bois
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Garçon mendiant avec du pain [Bettelknabe mit Brot] 1894, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Bretonne couchée [Liegende Bretonin] 1893, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Paysage près de Pont-Aven [Landschaft bei Pont-Aven] 1892, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Section 4 - Cuno Amiet et Giovanni Giacometti: «Nos éducateurs à l'art de Van Gogh »

En Suisse, les œuvres de Cuno Amiet et Giovanni Giacometti jouent un rôle majeur dans l'appréciation par le public des œuvres des impressionnistes, de Cézanne et de Van Gogh. Ils admirent beaucoup ce dernier, lisent sa correspondance et copient ses œuvres. En 1908, à Zurich, une importante exposition présente les œuvres de Van Gogh aux côtés de celles de peintres suisses. Le critique Hans Trog voit alors les tableaux de Giacometti et Amiet qu'il considère dès lors comme des «éducateurs» à l'art du maître, à leurs «accords de couleurs pures et éclatantes». Une nouvelle génération de collectionneurs acquiert ainsi des œuvres de Van Gogh et contribuent à les faire connaître en Suisse.

Giovanni Giacometti : Le pain [Il pane] 1908, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Autoportrait [Autoritratto] 1909, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Le Pont de Langlois, copie d'après Van Gogh, vers 1906-1907, huile sur fibrociment

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Paysage ensoleillé (Agn) [Paesaggio sole (Agn)] 1910, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Portrait de Trutti Müller [Bildnis Trutti Müller] 1907, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Cuno Amiet : Le Chapeau violet [Der violette Hut] 1907, huile sur toile

Ce premier portrait de Gertrud Müller par Amiet est peint en même temps que celui de Giovanni Giacometti lors d'une séance de pose commune. La jeune femme, qui prend des cours de dessin auprès d'Amiet dès 1904, deviendra collectionneuse et mécène de nombreux peintres suisses.
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Autoportrait en rose [Selbstbildnis in Rosa] 1907, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Nature morte avec des asters [Stillleben mit Astern] 1908, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

L'Arlésienne, copie d'après Vincent Van Gogh, 1908, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Section 5 - La recherche de l'innocence

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l'industrialisation croissante de la Suisse provoque des bouleversements sociaux. De nombreux artistes fuient la vie trépidante des villes pour créer leur propre paradis a la campagne. Les peintres reprennent de façon neuve et variée des thèmes classiques, comme la moisson, sujet cher au XIXe siècle évoquant l'harmonie entre l'homme et la nature. Amiet en fait une célébration du bonheur terrestre dans des œuvres qui évoquent à la fois Cézanne, l'Art Nouveau et le mouvement expressionniste allemand Der Blaue Reiter. Chez Alice Bailly (1872-1938), la nature vierge de toute présence humaine apparaît comme un refuge harmonieux et éclatant, tandis que Giovanni Giacometti s'inspire des modèles classiques italiens pour célébrer le bonheur familial. Évocatrice de l'innocence, l'enfance l'inspire, tout comme Amiet ou Martha Stettler (1870-1945).
 

Alice Bailly (1872 - 1938) :

Verger [Ursenbach] 1909, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Printemps à Orsay (L'Arbre blanc) 1912, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Giovanni Giacometti :

Maternité [Maternità] 1908, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Lumière et ombre II [Luce e Ombra II] 1912, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Cuno Amiet :

Au Jardin [Im Garten] 1911, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Le Jardin de la ferme [Bauerngarten] vers 1907, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

La Cueillette [Obsternte] 1912, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Le Pommier [Apfelbaum] 1907, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Étude pour Les Filles jaunes [Studie zu Die Gelben Mädchen] 1905, huile sur plaque en fibrociment (Eternit)
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Martha Stettler (1870 - 1945) :

La Toupie [Der Kreisel] entre 1907 et 1916, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Section 6 - L'inquiétant théâtre de l'intime

Si la révolution industrielle et ses mutations sociales entraînent chez certains un retour à une nature idéale, d'autres, comme Félix Vallotton (1865-1925) et Sigismund Righini (1870-1937), s'attardent plutôt sur l'angoisse qu'elles génèrent. L'étrangeté fait irruption dans la sphère intime lorsque les deux peintres bouleversent les codes traditionnels du portrait familial, notamment par leur usage de la couleur. Dans Le Dîner, effet de lampe, Vallotton anéantit l'image idéalisée de la famille par une atmosphère trouble et sinistre. Il aborde de façon implacable les tensions et conflits amoureux dans La Chambre rouge. Figure respectée de la vie culturelle zurichoise, Righini pose un regard ambivalent, voire ironique, sur les portraits monumentaux et très colorés de sa propre famille: isolés les uns des autres, femme, enfants, père et mère apparaissent comme sur une scène de théâtre, chacun conservant la pose qui lui a été attribuée, chacun faisant face au spectateur.

Félix Vallotton (1865-1925) :

Autoportrait 1897, huile sur carton

Modernités suisses au Musée d'Orsay

La Chambre rouge 1898, tempera sur carton

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Le Dîner 1899, huile sur carton marouflé sur bois

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Sigismund Righini (1870-1937) :

Autoportrait sur fond de fleurs [Selbstbildnis vor Blumenhintergrund) vers 1908, huile sur carton

Modernités suisses au Musée d'Orsay

La Famille I [Die Familie I] 1904, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay
Modernités suisses au Musée d'Orsay

La Famille II [Die Familie II] 1911, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Section 7 - Renouveau des scènes de genre paysannes

Les expositions nationales suisses (en 1883 à Zurich, 1896 à Genève et 1914 à Berne) sont de véritables vitrines du patriotisme helvète. Une iconographie nationale s'y forge à travers la peinture alpine, tandis que l'accent est mis sur les identités régionales, les sujets populaires exaltant les coutumes d'une population rurale montrée en costumes traditionnels. Attirés par le mode de vie des paysans, des peintres quittent la ville pour la campagne : Ernest Biéler (1863-1948), Edouard Vallet (1876-1929), Max Buri (1868-1915). Jusqu'alors dépeints dans une veine naturaliste précise, ces sujets traditionnels sont repris par ces artistes sans aucune approche anecdotique et dans un langage plastique novateur: une ligne souple évoquant l'Art Nouveau chez Biéler, un jeu de couleurs franches et vives chez Buri, des compositions structurées chez Vallet.

Ernest Biéler (1863-1948) :

L'Auteur 1911, aquarelle et gouache sur papier

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Le Petit Cheval rouge 1909, tempera et crayon sur papier contrecolé sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Ramasseuse de feuilles vers 1906-1909, aquarelle, gouache et crayon sur papier marouflé sur carton
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Max Buri (1868 - 1915) :

Autoportrait [Selbstbildniss] 1913, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Jeune fille de la vallée du Hasli [Mädchen aus dem Haslital] vers 1906, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Joueur d'accordéon en compagnie [Handorgeler in Gesellschaft] 1905-1906, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

La Sieste [Siesta] 1907-1910, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Édouard Vallet (1876-1929) :

Autoportrait 1912, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Dimanche matin 1908-1909, huile sur toile 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Section 8 - Le paysage symboliste


En Suisse, le multilinguisme et un fort régionalisme ont limité l'émergence d'une iconographie nationale dans la peinture d'histoire. Depuis la fin du XVIIIe siècle, cette recherche d'une identité nationale s'exprime plutôt dans le paysage, mais celui-ci perd vers 1900 cette fonction patriotique au profit d'une approche subjective et onirique de la nature. Chez des artistes aussi différents que Félix Vallotton, Hans Emmenegger (1866-1940), Alexandre Perrier (1862-1936) et Albert Trachsel (1863-1929), le paysage devient rêve, vision fantastique ou symbole d'harmonie. Basés sur une connaissance aigüe et précise de la nature, leurs tableaux la transfigurent par le jeu de couleurs irréelles, la stylisation des motifs et l'importance donnée aux effets de lumière. Cette approche symboliste renouvelle profondément la tradition du paysage helvète et celle de la peinture de montagne en Suisse et en Europe.

Félix Valloton :

Derniers rayons dit aussi Paysage avec arbres 1911, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

La Mare (Honfleur) 1909, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Albert Trachsel (1863-1929) :

L'Île des arbres en fleurs (Paysage de rêve) [Traumlandschaft] vers 1912-1913, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Paysage de rêve [Traumlandschaft] vers 1907, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Hans Emmenegger (1866 - 1940) :

Château-rocher III [Felsenburg II 1901, huile sur toile sur un apprêt à la détrempe
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

En Février (étude) [Im Februar (Studie)] 1907, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Alexandre Perrier (1862-1936) :

Le Lac Léman et le Grammont 1901, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Section 9 - Augusto Giacometti: de l'Art Nouveau à l'abstraction


L'art d'Augusto Giacometti (1877-1947) relève d'une vision diamétralement opposée à celle de son cousin Giovanni : ce dernier prône la peinture de plein air et l'observation directe du modèle, alors qu'Augusto considère la nature comme le point de départ d'un travail fondé sur l'imagination. Formé auprès du Suisse Eugène Grasset, installé à Paris et tenant de l'Art Nouveau, il s'appuie sur ce langage formel pour donner aux couleurs et à la ligne leur propre valeur et atteindre une certaine abstraction.
 

Augusto Giacometti (1877-1947) :

Plein été [Hochsommer] 1912, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Fantaisie Chromatique [Chromatische Fantasie] 1914, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Autoportrait au chapeau [Selbstbildnis mit Hut] 1908, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Contemplation [Contemplazione] vers 1908, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Section 10 - Natures mortes: jeux de couleurs et de formes

Fleurs, fruits, objets familiers : les motifs traditionnels de la nature morte restent attrayants pour les artistes comme pour les collectionneurs. Comme Cézanne, Gauguin ou Van Gogh avant eux, les peintres y déploient un nouveau vocabulaire artistique et se livrent à des expérimentations de forme, de couleur et de composition. Jouets, céramiques traditionnelles suisses et végétaux leur inspirent des combinaisons inédites, aux couleurs souvent intenses. Parmi ces réinventions de l'univers quotidien, celle d'Alice Bailly est la plus radicale. Elle est la seule des artistes de cette exposition à s'inscrire, au début des années 1910, au coeur d'une nouvelle avant-garde française : le cubisme.
 

René Auberjonois (1872 - 1957) : Nature morte au pot jaune 1910, huile sur carton

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Alice Bailly : Nature morte au réveille-matin 1913, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Félix Vallotton : Pommes 1919, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Giovanni Giacometti : Nature morte avec livres [Stilleben mit Büchern] vers 1907-1908, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Cuno Amiet : Nature morte [Stillleben] 1907, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Hans Emmenegger : Fruits [Früchte] 1909, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Max Buri : Grande nature morte aux fleurs avec pommes (Grosses Blumenstück mit Äpfeln] vers 1911, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Sigismund Righini : La Table [Der Tisch] 1908, détrempe sur carton
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Dernière section de cette exposition où les découvertes ont été nombreuses, Vallotton étant le seul de ces artistes bénéficiant en France d'une grande notoriété (cf. notre billet du 5 novembre 2013) :

Section 11 - Dimensions cosmiques

Lacs, montagnes et autres éléments naturels sont ici simplifiés et réduits à l'essentiel, frôlant l'abstraction. Nos repères spatiaux traditionnels sont brouillés par les horizontales du lac Léman de Hodler, la fragmentation du motif chez Emmenegger, les ciels étoilés de Giacometti ou les éclatants couchers de soleil de Vallotton. Ces paysages des années 1910 se vident de toute présence humaine, même quand il s'agit de lieux normalement très fréquentés. Lignes, couleurs, formes dépassent la représentation du motif et du moment pour suggérer un univers, un au-delà insondable de la nature. Intenses et magnétiques, ces paysages revêtent une dimension cosmique. Ils invitent à la méditation, à la rêverie et à l'émerveillement face à l'infini et à la beauté.
 

Hans Emmenegger : Reflet sur l'eau (Petit bateau à vapeur se reflétant dans l'eau) [Reflektion im Wasser (Kleiner Dampfer, sich im Wasser spiegelnd)] 1908-1909, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Ferdinand Hodler : Brouillard du soir sur le lac de Thoune [Abendnebel am Thunersee] 1908, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Le Lac Léman et le Mont-Blanc à l'aube (octobre) [Genfersee mit Mont-Blanc am frühen Morgen (Oktober)] 1917, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Augusto Giacometti : Nuit étoilée (Voie lactée) [Sternenhimmel (Milchstrasse)] 1917, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Félix Vallotton : Coucher de soleil, ciel orange 1910, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay
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2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 08:00

Comme promis, un dernier regard sur cette exposition-fleuve rendant hommage à 106 femmes artistes qui ont marqué de leur empreinte l'irruption de l'art abstrait tout au long du siècle dernier. (cf. nos billets du 22 mai et du 29 mai derniers).

Science et photographie

La photographe allemande

Marta Hoepffner (1912, Pirmasens - 2000, Lindenberg im Allgäu)


Räumliche Strukturen, Variation III (orange), 1979 [Structures spatiales, variation III (orange)], image interférente en couleurs à la lumière polarisée Streifen im Achteck I, 1968 [Rayures dans l'octogone l], image interférente en couleurs à la lumière polarisée et deux autres réalisations de même nature

Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin

et l'américaine 

Berenice Abbott (1898, Springfield, Ohio - 1991, Monson, Maine)

avec ces photographies "abstraites" des années 1960 (balle rebondissante et pendules stroboscopés, et autres effets)

Elles font l'abstraction : suite et fin

Black and White, Op and Pop

à gauche :

Martha Boto (1925, Buenos Aires - 2004, Paris)

Essaim de reflets, 1965, acier inoxydable, aluminium, Plexiglas, moteur

Martha Boto, formée à Buenos Aires, opte pour un langage plastique abstrait dès 1954. À son arrivée à Paris, en 1959, elle se lie aux artistes gravitant autour de la galerie Denise Ren À partir de 1963, elle recourt à l'électricité et réalise ses premières sculptures cinétiques.

à droite :

Eduarda Emilia Maino, dite Dadamaino (1930, Milan- 2004, Milan)

Dès les années 1950, Dadamaino s'engage sur la voie d'un art pensé comme une plongée radicale dans l'espace et vers d'autres dimensions possibles. Surtout connue pour ses toiles monochromes percées de trous ovales, elle est remarquée dans les années 1960 sur la scène artistique européenne grâce aux Oggetti ottico-dinamici présentés au Musée des Arts Décoratifs de Paris en 1964.

Oggetto ottico-dinamico, 1962-1971, plaques d'aluminium fraisées sur fils de nylon fixés sur structure de bois

Elles font l'abstraction : suite et fin

Louise Nevelson (1899. Percaslavie, Ukraine) - 1988, New York)

A la fin de 1920, elle suit des cours de peinture à l'Art Student's League of New York. Par la suite, elle travaille avec Hans Hofmann à Munich en 1931, puis à New York et Mexico en tant qu'assistante de Diego Rivera. Dès 1933, elle expose peinture et gravure, et se tourne vers la sculpture. De 1949 à 1950, elle étudie la terre cuite, l'aluminium, le bronze au Sculpture Center, puis elle étudie la gravure avec Stanley Wiliam Hayter . Elle est l'une des premières à montrer ses sculptures dans les années 1950

Tropical Garden II, 1957, Assemblage de 15 boîtes en bois peint 

Elles font l'abstraction : suite et fin

Les années 1960

Carla Accardi (1924, Trapani, Italie - 2014, Rome)

En 1947, la sicilienne Carla Accardi co-fonde le groupe marxiste et formaliste Forma 1 aux côtés de Piero Dorazio, Pietro Consagra, Giulio Turcato et Antonio Sanfilippo, théoricien du groupe qu'elle épouse deux ans plus tard. Dès 1954, elle trace de façon répétitive des signes blancs à l'aspect calligraphique sur des toiles peintes en noir. Cette « anti-écriture » se fait constitutive de son œuvre. A partir de 1964, les feuilles de scofoil deviennent son support de prédilection. Elle apprécie la transparence de ce matériau inhabituel qu'elle associe à de la peinture fluorescente, déclarant à ce sujet : « ce n'était que lumière ! ».

Rotoli, 1966-1971, peinture sur sicofoil, 10 éléments
Sans titre, 1967, peinture sur sicofoil

Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin

Derrière les Rotoli de Carla Accardi, deux acrylique sur toiles, vers 1965, de l'américaine

Marcia Hafif (1929, Pomona, Californie - 2018, Laguna Beach, Californie)

Marcia Hafif séjourne à partir de 1961 pendant une dizaine d'années à Rome, où elle fréquente la scène artistique de l'époque dont fait partie Carla Accardi. 

Elles font l'abstraction : suite et fin

llona Keserü née en1933 à Pécs (Hongrie), vit et travaille à Budapest

Ilona Keserü est une des représentantes majeures de la scène artistique hongroise des années 1960. Elle se forme notamment aux côtés de l'artiste Ferenc Martyn, lui-même membre du groupe Abstraction Création, qui l'engage à se tourner vers un langage pictural abstrait. En 1967, elle découvre dans un cimetière près du lac Balaton des pierres tombales aux formes ondulées. Ce motif est dès lors récurrent dans ses peintures aux tonalités chaudes, comme dans la série Közelités.
 

Közelítés 1., 1969 [Approche 1.] huile sur toile
Közelítés 2., 1969 [Approche 2.] acrylique, toile en relief
 

Elles font l'abstraction : suite et fin

Tess Jaray (née en 1937 à Vienne en Autriche, vit et travaille à Londres

Peintre et graveuse britannique, elle a enseigné à la Slade School of Fine Art, UCL de 1968 à 1999. 

St Stephen's Green, 1964, huile sur toile 

Elles font l'abstraction : suite et fin

Textile et abstraction

Sheila Hicks (1934, Hastings, Nevada, vit et travaille à Paris)

Sheila Hicks, installée à Paris depuis 1964, se forme à l'Université de Yale auprès du théoricien des couleurs Josef Albers et du spécialiste de l'art et des textiles précolombiens Georges Kleber Textile Fresco témoigne de son intérêt pour les méthodes de tissage de l'Amérique précolombienne. On perçoit ainsi dans les nouds rythmant cette composition le souvenir du quipu, ancien outil de calcul de l'administration inca.

Textile fresco, 1977, 5 panneaux d'écheveaux torsadés en lin, soie et coton

Elles font l'abstraction : suite et fin

Lenore Tawney (1907, Lorain (Ohio - 2007, New York)

Lenore Tawney, formée au dessin, à la sculpture et au tissage au New Bauhaus / Institute of design de Chicago dans les années 1940, développe une œuvre textile délicate à l'aspect éthéré. Ses tapisseries à chaînes ouvertes, réalisées à l'horizontale, sont alors composées d'une alternance d'espaces tissés et non tissés. 

Union of Water and Fire, 1974, Lin et fil de pêche

Elles font l'abstraction : suite et fin

Magdalena Abakanowicz (1930, Falenty, Pologne - 2017, Varsovie

Elles font l'abstraction : suite et fin

Eccentric Abstraction

Louise Bourgeois (1911, Paris - 2010, New York) 

Après des études à Paris, Louise Bourgeois s'installe en 1938 à New York. Dans les années 1960, elle réalise des œuvres à la forte dimension physique et corporelle, souvent en latex. Avenza Revisited Il est typique d'une abstraction post minimale opposée à la rigidité minimaliste. Un ensemble de formes cellulaires, dans lesquelles l'artiste voit des « nuages », semble contenu dans un cocon de chair s'étalant sur le sol. Cette sculpture en bronze, réalisée à partir du moule d'une sculpture en plâtre, témoigne des recherches de Louise Bourgeois autour des matériaux. Le bronze, métal dur, lourd et inaltérable, fige cette forme à l'aspect viscéral.

Avenza Revisited II, 1968-1969, bronze, nitrate d'argent et patine polie
 

Elles font l'abstraction : suite et fin

Au premier plan :

Eva Hesse (1936, Hambourg, Allemagne - 1970, New York)

Eva Hesse, formée à la peinture auprès de Josef Albers à l'Université de Yale, explore d'abord l'abstraction géométrique dans les années 1950.

Sans titre, 1970, fibre de verre, résine, polyester, polyéthylène, fils d'aluminium, 7 éléments

Derrière, au mur :

Rosemarie Castoro (1939, New York - 2015, New York)

Proche de la scène de la danse expérimentale dans les années 1960, l'intérêt de Rosemarie Castoro pour le corps en mouvement transparaît dans ses œuvres plastiques postérieures. Armpit Hair fait partie de la série des Brushstrokes, sculptures composées de couches de plâtre recouvertes de graphite et appliquées sur un support de bois à l'aide d'un balai. Bien qu'abstraite, cette peinture-sculpture post-minimale a une connotation féministe, son titre « Poils sous les bras » dénonçant avec humour l'idéal du corps féminin lisse et épilé.

Armpit Hair, 1972, isorel, bois, gesso, graphite et pâte à modeler

Elles font l'abstraction : suite et fin

Lynda Benglis, née en 1941 à Lake Charles (Louisiane), vit et travaille à New York et Santa Fe.

Au contraire des minimalistes qu'elle fréquente à New York, Lynda Benglis cherche à insuffler de la vie dans ses œuvres. Dès 1968, elle répand des traînées de latex liquide coloré sur le sol. Ces « fallen paintings », rappellent le sort des « fallen women » femmes déchues de l'ère victorienne. EAT MEAT trouve son origine dans une série de sculptures en mousse de polyuréthane débutée en 1969 : déversé sur le sol, le matériau y trouve sa forme de façon autonome.

EAT MEAT, 1969-1975, Bronze

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Modernité au Liban

Etel Adnan, née en 1925 à Beyrouth (Liban), vit et travaille à Paris

Etel Adnan est une poétesse américano-libanaise, écrivain et artiste visuelle ; polyglotte, elle écrit en français, en anglais et en arabe

Huiles sur toile entre 1960 et 1975

Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin
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Helen Khal (1923, Allentown, Pennsylvanie - 2009, Ajaltoun, Liban)

Née de parents libanais, Helen Khal grandit en Pennsylvanie avant de passer deux ans au Liban à partir de 1946. Formée à la peinture à Beyrouth puis à New York, elle réalise dans les années 1960 des œuvres composées de blocs de couleur infusés de lumière qui évoquent la peinture de Mark Rothko.

Deux huiles sur toile sans titre de 1968

Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin

Virginia Jaramillo, née à El Paso (Texas), vit et travaille à New-York 

Installée à New York en 1967, l'artiste d'origine mexicaine Virginia Jaramillo développe depuis près de soixante ans une œuvre abstraite originale.

Altotron, 1976, huile sur toile 

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Alma Woodsey Thomas (1891, Colombus, Ohio - 1978, Washington DC)

Dans la série des Earth Paintings dont Iris, Tulips, Jonquils and Crocuses fait partie, Alma Woodsey Thomas adopte un point de vue macroscopique sur la nature, comme si elle ne pouvait plus en distinguer que des taches de couleurs. Dès le début des années 1960, son travail, fondé sur des mosaïques de couleurs organisées en bandes circulaires ou verticales, est associé au Color Field painting.

Iris, Tulips, Jonquils, and Crocuses, 1969, acrylique sur toile
Orion, 1973, acrylique sur toile

Elles font l'abstraction : suite et fin
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Vera Molnár  née en 1924 à Budapest (Hongrie), vit et travaille à Paris 


Sans titre, 1972, dessin à l'ordinateur, encre de Chine et encres de couleur sur table traçante
À la recherche de Paul Klee, 1970, encre sur papier
 

Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin

Une installation originale composée d'oeuvres diverses de 

Monir Shahroudy Farmanfarmaian (1924, Qazvin, Iran - 2019, Téhéran)

Monir Sharoudy Farmanfarmaian étudie les beaux-arts à l'Université de Téhéran avant de s'inscrire à la Parsons School of Design de New York. Elle se tourne vers l'abstraction en 1957, après un voyage en Iran au cours duquel elle est fascinée par la richesse de l'artisanat et par l'ornementation des monuments et des mosquées.

Elles font l'abstraction : suite et fin

Les années 1970 aux États-Unis

Elizabeth Murray (1940. Chicago - 2007, New York)

Enthousiasmée par l'oeuvre de Paul Cézanne, Elizabeth Murray se forme à la peinture à la fin des années 1950 à l'Art Institute of Chicago puis au Mills College d'Oakland. En 1967, elle s'installe à New York, où elle est marquée par la sculpture de Claes Oldenburg et la peinture de Ron Gorchov.

Parting and Together, 1978, huile sur toile

Elles font l'abstraction : suite et fin

Barbara Kasten née en 1936 à Chicago, vit et travaille à Chicago

Barbara Kasten réalise au début de sa carrière des œuvres textiles abstraites dans lesquelles elle inclut des éléments photographiques. A partir de 1974, elle fait de la photographie son médium principal, influencée par László Moholy-Nagy et Ludwig Mies van der Rohe et par les environnements lumineux du mouvement californien Light and Space.
 

Cibachromes, années 1980

Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin

Mary Heilmann, née en 1940 à San Francisco, vit et travaille à New-York

C'est à l'Université de Californie de Berkeley où enseignent alors Peter Voulkos et David Hockney que Mary Heilmann, marquée par la philosophie du surf et par la contre-culture californienne, se forme à la céramique et à la sculpture à la fin des années 1960. Installée à New York, elle est relativement isolée : ses tableaux postmodernistes détonnent sur une scène artistique dominée par les minimalistes.

Chinatown, 1976, acrylique sur toile

Elles font l'abstraction : suite et fin

Une abstraction politique ?

Harmony Hammond, née en 1944 à Chicago, vit et travaille à Galisteo, Nouveau-Mexique

Activiste féministe, co-fondatrice de la galerie A.I.R de New York en 1972 et autrice d'importantes expositions et ouvrages sur l'art lesbien, Harmony Hammond est à l'origine d'une œuvre abstraite et engagée, flottant entre sculpture et peinture.

Trois Floorpieces, 1973, tissu et peinture acrylique

Elles font l'abstraction : suite et fin

Howardena Pindell, née en 1943 à Philadelphie, vit et travaille New-York

Sans titre, 1971, acrylique sur toile

Elles font l'abstraction : suite et fin

Corporalité de l'abstraction

Huguette Caland (1931, Beyrouth - 2019, Beyrouth)

Dans la série Bribes de corps, initiée au début des années 1970, l'artiste libanaise Huguette Caland, alors installée à Paris, peint des fragments du corps humain en blow up ou plans rapprochés. La courbe, le désir et l'érotisme sont célébrés à travers ce que le critique d'art Raoul-Jean Moulin comme alors une « abstraction corporelle ». Sa palette de couleurs, faite de teintes souvent vives et inattendues, détonne et contribue à l'abstractisation du motif. 

Bribes de corps, 1973, huile sur lin
Checkpoint, 1974, huile sur lin

Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin

Zilia Sánchez, née en 1926 à La Havane (Cuba), vit et travaille à San Juan, Porto Rico

Zilia Sánchez, peintre cubaine exilée à New York à partir de 1960, est d'abord marquée par la peinture informelle qu'elle découvre lors de séjours en Espagne dans les années 1950. À partir de 1966, elle développe une œuvre sérielle, au vocabulaire et à la palette réduits. Autoproclamée "mulâtre minimaliste", elle reconnaît sa filiation avec une abstraction minimale qu'elle subvertit en y intégrant une forte dimension corporelle.

Eros, 1976/1998, acrylique sur toile tendue, supports de bois peints

Elles font l'abstraction : suite et fin

Abstractions cosmologiques

APY Art Centre Collective
Wawitiya Burton, Nyurpaya Kaika, Timpayie Presley, Naomi Kantri Angkalinya Cadie Curtis, Nyumi Burton. Tjungkara Ken, Tingila Young, Sylvia Ken Wipana Jimmy, Mary Pan, Maringka Baker, Alison Milka Carroll Cartene Thompson, Mona Metaliki, Illuwanti Ken, Panjiti Lewis, Tuppy Goodwin Puna Yanima, Julie Yaltangki, Barbara Moore. Sharon Adamson, Paniny Mick, Betty Muffler, Nellie Coulthardt, Ingrid Treacle, Meredith Treacle. Anywpa treacle. Madeline Curley. Imatjala Curtey, Tjangali George. Elizabeth Dunn, Teresa Baker Kani Patricia Tunkin

Le APY Art Centre Collective regroupe sept centres d'art formés par des artistes issus de communautés aborigènes du sud de l'Australie. Leurs ceuvres collectives sont des transcriptions picturales de récits mythologiques ancestraux mêlant diverses traditions locales. La loi des femmes est vivante sur nos terres a été réalisée par un groupe de femmes détentrices de savoirs traditionnels. 

Nganampa mantangka minyma tjutaku Tjukurpa ngaranyi alatjitu, 2018 [La Loi des femmes est vivante sur nos terres), acrylique sur toile

Elles font l'abstraction : suite et fin

Terminons, dans la dernière salle de l'exposition, avec comme un clin d'œil au titre de ce blog, une artiste chinoise : 

Irene Chou (1924, Shanghai, Chine - 2011, Brisbane, Australie)

Les peintures d'Irene Chou sont le fruit d'un syncrétisme entre influences artistiques orientale et occidentale. À Hong Kong, elle étudie la peinture de l'École de Lingnan, fondée sur la représentation à l'encre de la faune et de la flore. Elle découvre auprès de Lui Shou-Kwan, pionnier du New Ink Painting, le potentiel d'abstraction de la peinture à l'encre.

The Passage of Time, 1990/1991, encre de Chine, couleur et acrylique sur papier coréen hanji 
The Universe Lies Within II, 1997, encre de Chine, couleur et acrylique sur papier coréen hanji 

Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin
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29 mai 2021 6 29 /05 /mai /2021 08:00

Nous poursuivons dans ce billet la visite de l'exposition du Centre Pompidou, la première que nous ayons visitée le jour même de la réouverture des musées au public. (Cf notre dernier billet). Ci-dessus, dans le hall d'entrée, les photos des 106 artistes qui "font l'abstraction".

Vanessa Bell (1879, Londres - 1961, Charleston Farmhouse, Firle)

Vanessa Bell, née Vanessa Stephen est une peintre et architecte d'intérieur britannique. Elle appartient au Bloomsbury Group et est la sœur aînée de l'écrivaine Virginia Woolf

Pamela, 1913, lin
Dessin pour le textile Maud pour les Ateliers Omega, 1913, crayon et gouache sur papier
Maud, 1913, toile de lin originale
Abstract painting, vers 1914, huile sur toile

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Helen Saunders (1885, Londres - 1963, Londres)

Formée à la Slade School of Fine Art et à la Central School of Arts and Crafts, Helen Saunders se consacre à sa pratique artistique à partir de 1911. Cette année-là, elle participe à la marche pour le suffrage des femmes. En 1914, elle fait partie des membres fondateurs du groupe vorticiste et signe le manifeste paru dans la revue BLAST.

Black and Khaki, vers 1915, crayon, encre, aquarelle, gouache sur papier
Composition, Yellow and Green, vers 1915, crayon aquarelle, gouache sur papier
Vorticist Composition, Blue and Green, vers 1915, crayon, aquarelle et gouache sur papier
Canon, vers 1915, crayon et gouache sur papier
Abstract Multicoloured Design, vers 1915,gouache, aquarelle et crayon sur papier
Balance, vers 1915, crayon et gouache sur papier
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Bauhaus : l'atelier textile

Alors que le programme de l'école annonce en 1919 par son premier directeur Walter Gropius, stipule l'égalité entre les sexes, les grands noms associés au Bauhaus sont surtout ceux des hommes tels les maîtres qui y enseignent, Johannes Itten, Vassily Kandinsky, Paul Klee ou László Moholy-Nagy. Pourtant lors du premier semestre 1919, une égalité presque totale existe entre les hommes et les femmes et, sur la totalité de l'histoire de l'école, plus d'un tiers des élèves sont des femmes. À la suite du cours préliminaire, au moment de rejoindre l'un des ateliers spécialisés de l'école, un quota officieux est mis en place pour réguler le nombre de femmes admises. À l'initiative de Gunta Stölzl, une classe de femmes est créée et fusionnée avec l'atelier de tissage. Après le cours préliminaire les femmes sont systématiquement orientées vers cet atelier, suscitant pour certaines regrets et amertume. L'atelier de tissage devient ainsi un laboratoire d'expérimentations remarquables de l'abstraction. C'est également cette production qui assure la survie financière de l'école du Bauhaus.

Gertrud Arnt (1903, Raciborz - 2000, Darmstadt)

Tapis noué, 1924/1992, laine vierge nouée

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Gunta Stölzl (1897, Munich - 1983, Zurich)

Fünf Chöre, 1928, tissage jacquard en coton, laine, rayonne et soie
Design for Textile to be Woven in the Jacquard Technique, 1927, aquarelle et crayon sur papier
Bauhaus Archive, vers 1919-1927, aquarelle, pastel et crayon sur papier
Bauhaus Archive, années 1920-1930, aquarelle et crayon sur papier

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Benita Koch-Otte (1892, Stuttgart - 1976, Bielefeld)

Wallhanging, 1924, coton
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Anni Albers (1899. Berlin - 1994, Orange)

Tenture, 1927/1964, coton, soie, double tissage

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Parmi les (nombreuses) découvertes de cette exposition, une artiste formée au Bauhaus en 1927,  où elle compte Josef Albers, Paul Klee et Vassily Kandinsky parmi ses enseignants :

Florence Henri (1893, New York - 1982, Compiègne), d'origine française par son père, François de Montague et allemande par sa mère, devenue suisse par mariage en 1924 pour pouvoir s'installer en France où elle était considérée comme apatride. Elle s'est tournée vers la peinture puis la photographie après avoir étudié et pratiqué la musique en tant que pianiste de concert.

Des épreuves au sel d'argent, deux tirages originaux de 1928 et un de 1931 :

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Composition, vers 1925, gouache et collage sur papier

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Trois huiles sur toile, intitulées Composition, datées entre 1924 et 1928

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Dans la même salle, trois sculptures spatiales de Katarzyna Kobro (1898, Moscou - 1951, Łódí (Pologne)) datées de 1928, en métal peint et bois.

En 1917, elle commence à Moscou ses études à l'Académie des beaux-arts où elle rencontre Władysław Strzemiński qui deviendra son époux et partenaire artistique. Elle entame des recherches sur des nouvelles formes pour la sculpture qui, dès les premières réalisations, sont abstraites. En Pologne, Kobro s'engage dans les groupes de l'avant-garde artistique. Elle devient également membre du groupe Abstraction-Création. Ses réalisations les plus connues, les Compositions spatiales (1925-1931), formes géométriques ouvertes, combinent les surfaces plates avec des courbes et des ajours, peintes en blanc ou avec des couleurs primaires. La violence qu'elle subit de la part de Strzemiński l'amène au divorce. Plongée dans la misère après la guerre, elle décède prématurément à l'âge de 53 ans.

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Figure majeure de la sculpture abstraite, l'anglaise 

Barbara Hepworth (1903, Wakefield, - 1975, St Ives). Au premier plan, 
Oval Sculpture (No. 2), 1943, moulage de 1956, Plâtre sur socle de bois
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Vues de deux Sculpture(s) with Colors, 1943, bois peint, cordes.

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Oval Form No. 1, 1946, gouaches, graphite sur bois
Curved form (Orpheus), 1956, huile et crayon sur bois
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Dans la même salle, l'américaine

Georgia O'Keeffe (1887, Sun Prairie - 1986, Santa Fe)

Red, Yellow and Black Streak, 1924, huile sur toile
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

et l'anglaise

Marlow Moss (1889, Londres - 1958, Penzance)

White, Black, Red and Grey, 1932, huile sur toile
White with Curved Cord, 1936, huile sur toile avec corde
White with Rope, 1940, huile sur toile avec corde

La première toile évoque bien sûr Mondrian, et on pourrait croire que Marlow Moss a été influencée par ce dernier. En fait, c'est l'inverse, Piet Mondrian a découvert une toile de Moss dans une exposition, est entré en correspondance avec elle et s'est inspiré ensuite de sa technique.

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Mary Ellen Bute (1906, Houston - 1983. New York)

Mary Ellen Bute travaillant sur son oscilloscope.

Première femme cinéaste à s'initier au cinéma abstrait aux États-Unis au début des années 1930, elle est également considérée comme une pionnière dans l'expérimentation en imagerie électronique. Bien que visionnaire et prescriptrice, l'œuvre de Bute est restée pendant de nombreuses années ignorée par l'histoire du cinéma d'avant-garde.

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Abstronic, 1952 (extrait) film 35mm transféré dur vidéo HD, couleur, sonore

Intéressée par les mathématiques et les nouvelles technologies, Bute réalise avec Abstronic (1952) une hybridation, jusqu'alors inédite, entre techniques traditionnelles d'animation et composition générée électroniquement.

Expressionnisme abstrait

Janet Sobel (1893, Ekaterinoslav - 1968, Plainfield)

C'est à l'âge de 43 ans que Janet Sobel, mère de famille installée à Brooklyn, se met à peindre. Elle fait des expérimentations abstraites avec des coulures de peinture, à l'aide de pipettes en verre et d'émaux à séchage rapide. Elle incline aussi la toile et souffle sur la peinture humide. Peggy Guggenheim l'expose et dit d'elle que c'est « de loin la meilleure femme peintre d'Amérique ». Elle est considérée comme un précurseur et une inspiratrice de Jackson Pollock.

Sans titre, vers 1946, huile et émail sur carton
Sans titre, vers 1946-1948, technique mixte sur carton entoilé
Milky Way, 1945, émail sur toile
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
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Lee Krasner (1908, New York - 1984, New York)

Lee Krasner se tourne vers la peinture de manière précoce. En 1937 à New York, elle suit les cours d'Hans Hofmann, qui enseigne le cubisme analytique. Elle devient membre active de l'association des American Abstract Artists. En 1945, elle épouse Jackson Pollock dont elle assure la promotion alors qu'elle-même est déjà reconnue. Ils s'installent dans une ferme à Long Island. Inspirée par son environnement naturel, Krasner crée une série décisive de peintures délicates, les Little Images, réalisées à plat directement avec le tube ou en diluant la peinture avec de la térébenthine. Après la mort de Pollock en 1956, elle réalise des peintures de formats de plus en plus grands. Son œuvre a souvent pâti du fait qu'elle était Mme Pollock et de la misogynie du milieu de l'art.

Sans titre, 1948, huile sur toile
Sans titre, 1947, huile et émail sur toile de lin
Sans titre, 1949, huile sur toile

 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Elaine de Kooning (1918, New York - 1989, Southampton (NY, États-Unis)

Elaine Fried étudie l'art et a tout juste vingt ans lorsqu'elle rencontre le peintre hollandais Willem de Kooning à New York. Elle prend des cours auprès de lui. Ils se marient en 1943. En 1948, elle passe l'été au Black Mountain College (Caroline du Nord), un établissement d'enseignement expérimental. Elle y suit les cours de théorie des couleurs du peintre Josef Albers, ainsi que ceux de l'architecte Richard Buckminster Fuller. Elle participe à d'importantes expositions collectives à New York dans les années 1950, avec une première exposition individuelle en 1954.

Black Mountain #16, 1948, émail sur papier monté sur toile

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Hedda Sterne (1910, Bucarest- 2011, New York)

Au cours d'une carrière qui couvre une grande partie du 20e siècle, Hedda Sterne a toujours refusé d'adopter une « marque de fabrique ». À son arrivée aux États-Unis en 1941, Jean Arp la fait connaître à Peggy Guggenheim qui, à partir de 1943, l'inclut dans les expositions collectives qu'elle présente dans sa galerie newyorkaise The Art of This Century.

NY, NY No. X, 1948, huile sur toile

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Nous retrouvons avec plaisir deux toiles de

Joan Mitchell (1925, Chicago - 1992, Neuilly-sur-Seine)

que nous avions découverte à la Fondation Leclerc à Landerneau (notre billet du 4 mars 2019)

Sans titre, 1952-1953, huile sur toile
Méphisto, 1958, huile sur toile

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Shirley Jaffe (1923, Elizabeth (États-Unis) - 2016, Louveciennes)

Pensant séjourner seulement quelques mois à Paris en 1949, Shirley Jaffe s'y fixe définitivement. Elle y découvre Jackson Pollock, Willem de Kooning et se lie avec Jean-Paul Riopelle, Sam Francis puis Joan Mitchell.

Which in the World, 1957, huile sur toile

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Helen Frankenthaler (1928, New York - 2011, Darien)

En 1952, Helen Frankenthaler fait couler de la peinture diluée dans de la térébenthine sur de la toile de coton brut, posée à même le sol de son atelier, sans châssis ni apprêt. Cette méthode - le soak-stain (tremper-tacher) - donne naissance à des œuvres diaphanes qui inspirent les peintres Kenneth Noland et Morris Louis et amènent la critique à se désintéresser de l'abstraction gestuelle.

Cool Summer, 1962, huile sur toile
Open Wall, 1953, huile sur toile non collée, non apprêtée 
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Atsuko Tanaka (1932, Osaka - 2005, Nara)

Atsuko Tanaka est membre du groupe japonais Gutai qui prône dans les années 1950 une recherche radicale de la nouveauté.


Denkifutu (robe électrique), 1956/1999, 86 ampoules couleur, 97 linolites vernis en 8 teintes, feutre, câble électrique, ruban adhésif, métal, bois peint, boîtier électrique, disjoncteur, automate.

 Denkifutu trouve son origine dans les enseignes lumineuses que l'artiste observe dans les rues de Tokyo. Cette robe est composée de près de 200 ampoules recouvertes de peinture et clignotant de façon aléatoire. Le corps de l'artiste devient le support d'un tableau lumineux abstrait en constante transformation.

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
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Deux peintures vinyliques sur toile, sans titre, 1959 et 1961

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
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Wook-kyung Choi (1940, Séoul- 1985, Séoul)

Alors que la peinture abstraite coréenne postérieure aux années 1960 s'illustre par le mouvement Dansaekhwa, adepte du monochrome, Wook-kyung Choi est l'une des seules figures à s'exprimer par l'expressionnisme, avec une œuvre unique en son genre. Elle découvre les peintures de Jackson Pollock lors de ses études aux Etats-Unis.

Sans titre, vers 1965, acrylique sur toile
Sans titre, non daté, acrylique sur toile
Sans titre, 1966, huile sur toile

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Comme dans toutes les grandes expositions organisées à cet endroit du Centre Pompidou, une attention particulière est portée à la salle située à proximité des verrières Nord.

Sculptures et jeux d'espace

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Dans le fond de cette salle,

Marta Pan (1923, Budapest - 2008, Paris)

Installée à Paris après des études à Budapest, Marta Pan participe dès 1950 au Salon des Réalités Nouvelles. Deux ans plus tard, elle crée ses premières Charnières, sculptures articulées d'abord en terre cuite puis en bois, dont Le Teck fait partie.

Le Teck, 1956, 2 éléments articulés, bois de teck, métal

Cette sculpture abstraite, témoignant d'un intérêt spécifique pour le mouvement et pour le corps, devient le partenaire inattendu de la danseuse Michèle Seigneuret pour le ballet Le Teck de Maurice Béjart, créé sur le toit de l'unité d'habitation du Corbusier à Marseille pendant l'été 1956, et dont un film est projeté au dessus de l'œuvre.

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Ruth Asawa (1926, Norwalk - 2013, San Francisco)

Les sculptures organiques de Ruth Asawa, formée au Black Mountain College dans les années 1940, sont marquées par son rapport étroit à la nature. Ces œuvres abstraites, tissages métalliques réalisés à la main, jouent du plein et de la transparence, de la lumière et de l'ombre, de l'intérieur et de l'extérieur. Mère de six enfants qu'elle implique dans la réalisation de ses sculptures, elle a souffert d'une lecture réductrice de son œuvre la qualifiant d'artiste housewife (femme au foyer) relevant des arts appliqués. Bien que l'architecte Buckminster Fuller considérait Asawa comme « l'artiste la plus douée, la plus productive et la plus inspirée » qu'il ait jamais rencontrée, son travail n'a été reconnu en dehors de la côte ouest américaine que dans les années 2010.

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Claire Falkenstein (1908, Coos Bay, Oregon - 1997, Venice, Californie)

Deux oeuvres sans titre, années 55-60, fils de cuivre de diamètres différents soudés

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Alicia Penalba (1913, San Pedro, Argentine - 1982, Saint-Geours-de-Maremne)

Lauréate en 1948 d'une bourse du gouvernement français, l'argentine Alicia Penalba, s'installe en novembre à Paris où elle s'inscrit à l'école des beaux-arts en gravure et, à partir de 1949, commence à sculpter dans l'atelier de Condoy puis travaille durant trois ans dans l'atelier de Zadkine à l'académie de la Grande Chaumière. Elle découvre alors les œuvres de Jean Arp, Brancusi, Giacometti. En 1950, elle s'installe dans un petit atelier à Montrouge.

Hommage à César Vallejo, 1955/1959-1960, bronze en trois morceaux superposés

Parvine Curie, née en 1936 à Nancy, est l'auteur de la sculpture à gauche de celle de Penalba.

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Vera Pagava (1907, Tbilissi, Géorgie - 1988, Ivry-sur-Seine)

Vera Pagava a seize ans lorsque sa famille s'exile à Paris, fuyant le régime soviétique.  Après une formation à l'École des arts décoratifs, elle fréquente de 1932 à 1939 l'atelier de Roger Bissière à l'Académie Ranson et à l'Académie de la Grande Chaumière. Elle participe ainsi, en 1938 et 1939, aux expositions à Paris du groupe Témoignage initiées par Marcel Michaud.

La Ville secrète (Villa), 1959, huile sur bois
La Citadelle éblouie, 1959, huile sur bois
La Grande Ville, 1959, huile sur toile
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
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Nous retrouvons les œuvres abstraites tardives de 

Maria Helena Vieira da Silva (1908, Lisbonne - 1992, Paris)

(voir la rétrospective de son œuvre au musée de Céret dans notre billet du 4 juin 2016)

Trois huiles sur toile de 1955

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
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Saloua Raouda Choucair (1916, Beyrouth - 2017, Beyrouth)

Saloua Raouda Choucair est à l'origine d'une forme d'art unique, caractérisée par une fusion entre des éléments typiques de l'abstraction occidentale et de l'esthétique islamique. Elle commence à peindre à Beyrouth. A l'occasion d'un voyage à Paris en 1948, elle rencontre pour la première fois l'art abstrait. Elle décide de rester à Paris et s’inscrit à l’École nationale des beaux-arts7. Au cours de son séjour de plus trois ans, Saloua Raouda Choucair a observé et contribué à la scène artistique parisienne florissante. Elle rejoint l'atelier de Fernand Léger en 1949, mais le quitte trois mois plus tard en désaccord avec son approche artistique. En 1950, elle est l'une des premières artistes arabes à participer au Salon des réalités nouvelles à Paris. Avant de rentrer au Liban, une exposition personnelle à la galerie Colette Allendy lui est dédiée : sont montrées des œuvres déjà exposées à Beyrouth, en plus des peintures réalisées pendant son séjour parisien.

Composition in Blue Module, 1947-1951, huile sur toile
Deux huiles sur toile de la même période intitulées Fractional Module

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

La production de Choucair ne se limitait pas à la peinture :

Rythmical Composition, 1961, Tapisserie
Poem, 1963-1965, maquette de banc en pierre calcaire
Poem, 1963-1965, sculpture composée de 6 éléments en pierre
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Dans la même salle, d'autres artistes ayant exposé à Paris à cette époque au Salon des réalités nouvelles :

Fahrelnissa Zeid (1901, Büyükada, Turquie - 1991, Amman, Jordanie)

Fahrelnissa Zeid est l'une des premières femmes inscrites à l'Académie des Beaux-Arts d'Istanbul en 1920. A Paris, elle suit les cours de Roger Bissière à l'Académie Ranson. Mariée au prince irakien Zeid bin Hussein, elle mène une vie cosmopolite. En 1948, ses premières œuvres abstraites retiennent l'attention du critique Charles Estienne et d'André Breton.

The Arena of the Sun, 1954, huile sur toile

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Carmen Herrera (1915, La Havane, vit et travaille à New-York)

Carmen Herrera se forme d'abord à l’architecture à Cuba, puis suite à un voyage à Paris (en 1948), elle se tourne vers la peinture et s'installe à New York. A Paris, elle abandonne la figuration, son travail hésite alors entre l'abstraction géométrique et l'abstraction lyrique et gestuelle. Elle devient membre du Salon des réalités nouvelles, expérience fondatrice de son art, là elle croise Barbara Hepworth, Auguste Herbin, Serge Charchoune ou Ben Nicholson.

Sans titre, 1947-1948, acrylique sur toile
Flight of Colors #16, 1949,  acrylique sur toile
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

 Abstraction au Brésil
Une salle est consacrée à l'abstraction au Brésil :

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

avec deux artistes :

Lygia Clark (1920, Belo Horizonte, - 1988, Rio de Janeiro)

qui commence son parcours artistique en 1947 quand elle déménage de Belo Horizonte à Rio de Janeiro pour étudier avec le paysagiste Roberto Burle Marx. Entre 1950 et 1952 elle suit des cours avec Isaac Dobrinsky, Fernand Léger et Arpad Szenes à Paris. En 1953 elle est devenue un des membres fondateurs du groupe des artistes "Frente" et, en 1957, participe à la première Exposition Nationale d'Art Concret à Rio de Janeiro. 

Ses Bichos (« insectes », 1960) sont des plaques de métal poli unies et articulées par des charnières, que l'on peut façonner à sa guise.

 

 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

et Lygia Pape (1927, Nova Frigurgo - 2004, Rio de Janeiro) 

Livro dos Caminhos I (2,9 et 10), 1963/1976, huile et latex sur bois
Objets divers, dans la vitrine
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

La richesse de cette exposition est telle que nous terminerons cette visite dans un prochain billet en milieu de semaine prochaine, en supplément du billet hebdomadaire du samedi, qui sera réservé à une autre des expositions qui viennent d'ouvrir à la fin de cette période d'abstinence...

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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 08:00

Ce premier billet après le 19 mai se devait de renouer avec l'actualité des expositions : dès la réouverture du Centre Pompidou, nous avons tenu à permettre à nos lecteurs d'avoir un aperçu de l'exposition qui y tient la tête d'affiche.

D'après ses organisateurs, elle "ambitionne d’écrire l’histoire des apports des artistes femmes à l’abstraction à travers cent six artistes et plus de cinq cents œuvres datées des années 1860 aux années 1980.

Elles font l’abstraction donne l’occasion de découvrir des artistes qui constituent des découvertes tant pour les spécialistes que pour le grand public. L'exposition valorise le travail de nombre d’entre elles souffrant d’un manque de visibilité et de reconnaissance au-delà des frontières de leur pays. Elle se concentre sur les parcours d’artistes, parfois injustement éclipsées de l’histoire de l’art, en revenant sur leur apport spécifique à l’histoire de l’abstraction."

Abstraction et spiritualisme

Tout au début de l'expo - et de la période couverte - les travaux de l'anglaise Georgina Houghton (1814, Las Palmas - 1884, Londres), aquarelle et gouache sur papier, sont étonnantes et d'un avant-gardisme qui stupéfait :

The Sheltering Wing of the Most High (1862)
The Eye of God (1862)
The Risen Lord (1864)
The Eye of the Lord (1875)

(conservés à Melbourne, collection Victorian Spiritualists' Union)

Réouverture du Centre Pompidou - Elles font l'abstraction (1/2)
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Au dos des dessins, des notes manuscrites, de la belle écriture de l'artiste, comme ici au verso de The Sheltering Wing of the Most High, où l'artiste, en spirite qu'elle disait être, se fait l'interprète de l'esprit du peintre Thomas Lawrence (1769-1830)

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La suédoise Hilma af Klint (1862, Stockholm - 1944, Ösby) avec deux huiles sur toile de 1906-1907 :

N°1, Primordial Chaos, Group 1
N°2, Primordial Chaos, Group 1

Réouverture du Centre Pompidou - Elles font l'abstraction (1/2)
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et trois huiles sur toile de 1915 :

The Swan, No. 13, Group IX/SUW
The Swan, No. 16, Group IX/SUW
The Swan, No. 18, Group IX/SUW

 

Réouverture du Centre Pompidou - Elles font l'abstraction (1/2)
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Olga Fröbe-Kapteyn (1881, Londres - 1962, Ascona)

Un ensemble de six « panneaux de méditation » (crayon et peinture sur carton). réalisés entre 1926 et 1934. Ces tableaux à la rigueur géométrique reposent sur une dialectique entre le noir (ombre, négatif, mort) et l'or (lumière, positif, vie), en accord avec la tradition du symbolisme sacré.

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Danse et abstraction

Quatre photos de 1931 représentant Giannina Censi (1913, Milan - 1995, Voghera)
Élève de Jia Ruskaja, Giannina Censi fut l'interprète de la célèbre Aérodanse du futuriste Filippo Tommaso Marinetti inspirée par l'aéroplane. À la Galleria Pesaro de Milan entre autres, pieds nus, vêtue d'un costume et d'un bonnet scintillant dessinés par Enrico Prampolini, Censi danse seule sans musique sur des "aéropoèmes" récités par Marinetti en coulisses. Refusant la description, Censi parvient à interpréter une danse abstraite dans laquelle fusionnent le corps et la machine.

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Gret Palucca, de son vrai nom Margarete Paluka (1902, Munich - 1993, Dresde) photographiée par Charlotte Rudolph (1896, Dresde  - 1983, Hambourg)
Gret Palucca fait partie de la troupe de Mary Wigman qu'elle rejoint en 1919 et quitte en 1923 pour fonder sa propre école. Dans ses danses minimales et géométriques, Palucca exécute des mouvements qui fascinent les photographes comme Charlotte Rudolph, ainsi que les maîtres du Bauhaus.

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Valentine de Saint-Point, née Anna Jeanne Valentine Marianne de Glans de Cessiat-Vercell (1875, Lyon - 1953, Le Caire)
Gestes Métachoriques et bois gravés retraçant les figures de danse exécutées en 1914 par Valentine de Saint-Point.

Réouverture du Centre Pompidou - Elles font l'abstraction (1/2)
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Dans le fond de la salle abritant cette petite section de l'exposition, un film reproduisant la Danse serpentine de Loïe Fuller nom de scène de Mary Louise Fuller (1862, Hinsdale - 1928, Paris). Pour le lecteur intéressé, se reporter à notre billet du 25 janvier 2020.

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Avant-gardes russes

Une section d'une grande richesse et diversité, avec Lioubov Popova (1889, Krasnovidovo - 1924, Moscou)
Maquette du décor pour « Le Cocu magnifique », 1922/1967, déjà aperçue dans notre billet sur l'exposition Rouge au Grand Palais, un croquis pour ce décor et un projet de costume pour la pièce (1924)
 

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Deux huiles sur toile de Popova :

Architectonique picturale au rectangle noir (1916)
Architectonique picturale (1917)

 

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et des esquisses de robes ou projets de costume (encre de chine, gouache, papier) de 1924.

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Olga Rozanova (1882, Melenki - 1918, Moscou)

Installée à Saint-Pétersbourg en 1911, Olga Rozanova est présentée aux côtés des peintres du Valet de Carreau à Moscou et aux expositions futuristes. Ses œuvres comme ses textes théoriques sont reconnus par ses pairs. Elle affirme le tableau comme « réalité indépendante » au-delà de l'imitation du réel et défend l'intuition et l'individualité dans l'acte créatif. Rozanova théorise ces positions en 1917 dans son essai Cubisme, Futurisme, Suprématisme. Elle se démarque de Kasimir Malévitch par le rôle central attribué à la couleur plus qu'à la matière picturale et exalte sa luminosité dans ses toiles abstraites de 1916-1918. Elle meurt prématurément en 1918. En 1919, une rétrospective posthume, visitée par 7 000 personnes, célèbre son œuvre avant un long hiatus.

Deux huiles sur toile, Composition sans objet, vers 1916

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et Un nid de canards de vilains mots, ensemble de 13 lithographies de 1913.

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Natalia Gontcharova (1881, Nagaevo - 1962, Paris)

Née dans un milieu instruit et aisé, Natalia Gontcharova rencontre en 1900 le peintre Mikhail Larionov qui devient son compagnon et complice professionnel. En 1913, elle cosigne avec lui le Manifeste du rayonnisme influencé par la découverte des rayons X et de la photographie de particules. Irréductible à une seule tendance, elle se dit au contraire « toutiste ». Elle affirme ainsi une liberté de moyens plastiques qui lui ouvre les portes de l'abstraction.

Deux pastels sur papier :

Composition rayonniste, vers 1912-1913
Construction rayonniste, vers 1913

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et trois tableaux :

La Lampe électrique, huile sur toile, 1913
Composition, huile sur toile, 1913-1914
Vide, gouache sur toile, technique mixte, 1913

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Alexandra Exter (1882, Białystok - 1949, Fontenay-aux-Roses)


Née en Ukraine, Alexandra Exter se forme d'abord à Kiev puis au gré de ses voyages de 1907 à 1914 entre Kiev, Moscou et Paris. De 1910 à 1912, d'abord étudiante à la Grande Chaumière, elle fréquente Apollinaire, Braque, Léger, Picasso. Son travail est d'abord dominé par le cézanisme géométrique, puis par le cubo-futurisme russo-ukrainien. Elle participe à toutes les expositions de l'art de la gauche russe dont l'Exposition Tramway V, celles du Valet de Carreau.

Deux huiles sur toile :

Composition non-objective, 1917-1918
Nature morte constructive, 1920-1921

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L'abstraction dynamique qu'expérimente Exter trouve un champ de réalisation inédit au théâtre. Elle réalise décors et costumes pour les spectacles d'Alexandre Taïrov au Théâtre de Chambre (Kamerny) de Moscou, notamment Roméo et Juliette en 1921.

Projet de costumes pour Juliette dans Roméo et Juliette (1921)
Gouache, blanc, détrempe, couleur dorée et argentée sur carton

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Toujours pour cette mise en scène de 1921 :
La Mort de Juliette. Esquisse d'un rideau (peinture à la colle sur carton)
Chambre à coucher de Juliette. Esquisse d'un rideau (peinture à la colle, peinture au bronze et crayon graphite sur carton)
Esquisse d'un rideau (gouache, chaux, peinture à la colle sur carton)
 

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Don Juan et la Mort. Projet, 1926 (gouache sur papier collé sur carton)
 

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Deux maquettes de lumière, 1927 (pochoirs publiés en 1930 dans le portfolio Alexandra Exter : Décors de théâtre)
 

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Maquettes de costume, 1924 (mine de plomb et gouache)
 

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Terminons la série des artistes de l'avant-garde russe avec

Varvara Stepanova (1894, Kaunas - 1958, Moscou)

Née dans une famille de fonctionnaires, Varvara Stepanova s'installe à Moscou en 1914 où elle étudie et commence à exposer. Elle s'installe en 1916 avec Alexandre Rodtchenko.

Dessins de costumes pour « La Mort de Tarelkine », 1922
Ensemble de trois dessins, encre sur papier.

Réouverture du Centre Pompidou - Elles font l'abstraction (1/2)
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En 1923, Varvara Stepanova théorise le "vêtement de production". Destiné au travail ou au sport, dépourvu d'éléments esthétiques, le vêtement est vu comme une construction fonctionnelle abstraite déterminé par les exigences de son utilisation. (Ci-contre une auto-caricature en clown de 1924)
Trois dessins (encre de chine, gouache sur papier) : une robe pour tous les jours, vêtement de sport pour homme, vêtement de sport pour femme.
 

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Un échantillon et des dessins de motifs pour tissus, tous de 1924.

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Terminons ce premier billet sur cette très riche exposition avec deux artistes que nous avons déjà évoquées dans ce blog :

 La première, Sophie Taeuber-Arp (1889, Davos - 1943, Zurich), attachante figure du mouvement dada (cf notre billet du 18 février 2018)

Dans cette exposition, on retrouve la reconstitution d'un des ses costumes  katsina d'indiens hopi de 1922

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un ensemble de meubles créés par elle, avec au mur une gouache sur papier de 1932 Quatre espaces avec une croix brisée

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Composition dada (Tête au plat), 1920 (huile sur toile collée sur carton encadrée sous verre)
 

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Deux échantillons de coton imprimé, 1918-1924

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Tapisserie Dada, Composition à triangles, rectangles et parties d'anneaux, 1916 (tapisserie au petit point, laine)
 

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et un travail commun à Sophie Taeuber et Jean Arp, Symétrie pathétique, 1916-1917 (broderie en coton)
 

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La seconde, Sonia Delaunay-Terk (1885, Gradizhsk (Ukraine) - 1979)

dont nous avions présenté les créations textiles, notamment en matière de mode, dans notre billet du 11 août 2018 UAM - Une aventure moderne

Née en Ukraine et venue comme plusieurs autres dans cette expo se former au contact des ateliers parisiens, où elle a rencontré son mari Robert Delaunay, avec qui, comme Sophie Taeuber avec Jean Arp, elle a beaucoup travaillé dans une mutuelle inspiration.

Couverture de berceau, 1911, tissus cousus sur toile, sa première œuvre textile, réalisée pour son fils.
 

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Un coffret peint, 1913

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Pièce magistrale de cette section,

Prismes électriques, 1914

Ce chef-d'œuvre de la peinture orphique fixe sur la toile les variations éphémères de la lumière colorée émanant des globes électriques. La couleur devient le sujet unique du tableau. Les disques astraux de Sonia Delaunay-Terk, totalement abstraits, vibrent du mouvement qui circule en eux, traduisant l'infinitude de l'espace sensible.
 

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Deux projets de publicité de 1914 :

Les Montres Zénith, papiers de couleur découpes et colles sur papier 
Dubonnet, papiers de couleur découpes et colles sur papier contrecollé sur papier noir
 

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Prisme solaire simultané, 1914 (collage, papiers découpés et collés sur carton, rehauts d'aquarelle et de crayons de couleur)
 

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et un cliché avec Sonia Delaunay et Sophie Taeuber sur la plage avec des tenues dessinées par Sonia.

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15 mai 2021 6 15 /05 /mai /2021 08:00

Intrigués il y a quelques semaines par une promenade "dans le rayon des 10 km" proposée par Télérama, nous sommes allés visiter la cathédrale Saint-Louis de Choisy-le-Roi, un peu étonnés de découvrir une troisième cathédrale sous ce vocable en Île-de-France, après Saint-Louis de Versailles, cathédrale du diocèse de Versailles et Saint-Louis des Invalides, cathédrale du diocèse aux Armées. Lorsque le nouveau diocèse de Créteil fut érigé en 1966, l'église Saint-Louis et Saint-Nicolas de Choisy-le-Roi devint la cathédrale du diocèse et le demeura jusqu'en 1987, date à laquelle Notre-Dame de Créteil, nouvellement construite, devint la nouvelle cathédrale. Depuis lors, l'église de Choisy reste cathédrale à titre honorifique.

Elle est due à Ange-Jacques Gabriel, Premier architecte du Roi, auteur du petit Trianon, de l'École militaire, de la Place de la Concorde et de la place de Bourse à Bordeaux. La première pierre en a été posée le 4 juillet 1748 par Louis XV qui considérait, dit-on, le château de Choisy, qu'il avait acquis en 1739 après la disparition de sa précédente propriétaire la princesse de Conti, comme sa demeure familiale à l'inverse de Versailles, Fontainebleau et Compiègne, résidences officielles.

La façade antérieure est à refends et à volutes, avec en son milieu un portail en plein cintre.

 

Choisy-le-Roi
Choisy-le-Roi

Le chevet, recouvert d'un toit à la Mansart, est à pan coupés avec un petit fronton encastré dans un petit pavillon donnant sur les jardins du château pour permettre à Louis XV de rejoindre directement l'église. On remarquera au dessus du portail du Roi l'inscription plus contemporaine "Salle Jean Jaurès"...

Choisy-le-Roi
Choisy-le-Roi

Vue de profil, avec la nef et le clocher, assez bas puisqu'il ne comporte que deux niveaux alors que le projet initial en comptait trois. On raconte que le Roi Louis XV aurait souhaité que le son des cloches ne porte ainsi pas assez loin pour le gêner lors de ses séjours.

Choisy-le-Roi
Choisy-le-Roi

La nef à trois vaisseaux se termine par une abside en cul-de-four. En se retournant, on découvre la tribune et le bel orgue restauré au début des années 1980 par le facteur Michel Jouve, d'une qualité très supérieure à l'instrument d'origine.

Choisy-le-Roi
Choisy-le-Roi
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Au fond d'un des bas-côtés, un Christ en croix (1841) d'après Rubens d'André-Marie Colin, peintre abondant, ami de Delacroix, qui eut son heure de gloire au milieu du XIXème siècle.

Choisy-le-Roi
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Quelques détails de la décoration intérieure de la chapelle de la Reine, à côté du choeur.

Choisy-le-Roi
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Dans le cul-de-four et sur des panneaux, des fresques (1878) dues à Jacques Pauthe (Castres 1809-Perpignan 1889) : Saint-Louis présentant son épée au Christ, Saint-Louis et les pestiférés,  Mort de Saint-Louis à Tunis.

Choisy-le-Roi
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Devant les angelots, une statue de Saint-Maurice (1729) de Jacques Bousseau (1681-1740), élève de Nicolas Coustou, don de Napoléon 1er à la paroisse de Choisy en 1802.

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Du château de Choisy ne subsistent que les pavillons entourant l'entrée du parc.

Choisy-le-Roi
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A l'emplacement du château royal, une modeste mairie républicaine

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entourée d'un agréable jardin public.

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Quelques images de Choisy au hasard de nos déambulations : dans le parc Maurice-Thorez, à l'emplacement du potager du château royal, une belle statue en fonte (1931) de Georges Gardet, Eléphant attaqué par un tigre. Vestige de l’Exposition Coloniale Internationale de 1931. elle a été   prêtée par la ville de Paris à la ville de Choisy-le-Roi en 1952.

Choisy-le-Roi
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des peintures murales,

Choisy-le-Roi
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En bordure, une belle villa qui sous le soleil semble évoquer les séjours réguliers de Maurice Thorez à Yalta au bord de la Mer Noire...

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La rue Rouget de Lisle, où une plaque signale la maison où le poète s'éteint en 1836

Choisy-le-Roi
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et, insolite, dans une maison bourgeoise, une pagode, siège de l'Association des jeunes bouddhistes en France.

Choisy-le-Roi
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Terminons sur un regard d'enfants sur l'amitié internationale entre les peuples et la lutte contre l'impérialisme...

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8 mai 2021 6 08 /05 /mai /2021 08:00

Continuons à célébrer le printemps - même froid et tardif avec quelques images de l'Ouest Parisien. En commençant par le Parc Monceau, avec ses entrées discrètes dans l'axe de l'Etoile,...

Ouest parisien

Sur une grande partie, le parc est entouré d'hôtels dont le jardin est directement mitoyen. S'y sont rajoutés récemment des hôtels pour insectes...

Ouest parisien
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Les pelouses, comme celles des autres parcs de la capitale, sont remplies en ce dimanche de parisiens confinés...

Ouest parisien

Quelques décorations sur le mode antique

Ouest parisien
Ouest parisien
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Des statues d'un académisme à toute épreuve (ici, Hommage à Guy de Maupassant, par Raoul Verlet - 1897)
Petit clin d'oeil à nos lecteurs angoumoisins : Raoul Verlet, né à Angoulême en 1867, est l'auteur de la monumentale statue érigée en hommage à Sadi Carnot au bord du rempart Desaix.

Ouest parisien

Comme à Sceaux, le théâtre de Guignol attend encore les bambins

Ouest parisien

Principal ornement du parc, le bassin ovale, la Naumachie, est bordé d'une colonnade corinthienne. Celle-ci provient de la Rotonde des Valois, monument funéraire imaginé par Catherine de Médicis en 1559 pour son époux en ajout à la basilique Saint-Denis et détruit en 1719 : les colonnes furent récupérées et installées par Carmontelle (1717-1806, premier aménageur du parc pour le duc de Chartres, le futur Philippe-Egalité).

Ouest parisien
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Un charmant petit pont...

Ouest parisien

et la belle rotonde à l'entrée sur le boulevard de Courcelles, due à Claude-Nicolas Ledoux. Elle faisait partie de l'enceinte des Fermiers généraux conçue par ce dernier et érigée de 1784 à 1790, et était appelée Barrière de Chartres, assez improprement puisqu'on n'y passait pas, dans la mesure où elle donnait sur les jardins du duc de Chartres...Elle abritait des bureaux des Fermiers généraux.

Ouest parisien

Restant dans la perspective de l'Etoile, empruntons l'ancienne avenue de l'Impératrice tracée par Haussmann dans les années 1850, devenue avenue du Bois en 1875, puis avenue Foch en 1922.

 

Les hôtels qui ont fait sa splendeur ont été presque tous démolis pour faire place à des immeubles de luxe, notamment le palais rose de Boni de Castellane et de son épouse (héritière) américaine née Anna Gould, inspiré du Grand Trianon, construit de 1896 à 1902 et démoli en 1969 après des tentatives infructueuses de classement.

Quelques vestiges de cette époque. L'immeuble au drapeau abrite le musée Ennery, rattaché au Musée Guimet, qui présente la collection léguée à l'Etat par Clémence Dennery telle que cette dernière l'avait conçue.

Ouest parisien
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Les bas-côtés de l'avenue, longue de 1200 m et large de 120 m, offrent un vaste espace de promenade,

Ouest parisien
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Les iris y sont précoces, nettement plus qu'au Parc de Sceaux

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Sur le côté de l'avenue, à son extrémité Ouest, encore des fleurs avec cette exquise entrée de la station Porte Dauphine, du Guimard le plus pur.

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Portons-nous encore plus à l'Ouest, vers le parc de Bagatelle, un des quatre pôles du jardin botanique de la ville de Paris (avec le jardin des serres d'Auteuil comme lui au bord du bois de Boulogne, et le parc floral de Paris et l'arboretum de l'école du Breuil qui se trouvent eux dans le bois de Vincennes).

Le château et le premier parc  ont été construits en soixante-quatre jours seulement, à la suite d'un pari entre Marie-Antoinette et le comte d'Artois, acquéreur du domaine en 1775.

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Le Trianon a été ajouté en 1870, sur le flanc du château

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C'est de loin qu'il est le plus décoratif

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L'orangerie, ajoutée en 1835

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Le kiosque de l'impératrice, juché sur une butte, offre une belle vue sur la roseraie malheureusement en retard de floraison

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Encore quelques détails

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Terminons avec cette charmante pagode à la mode chinoise, pour rester dans l'esprit du titre de ce blog.

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1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 08:00

Un billet d'images printanières, certifiées intérieures à la zone des 10 km, pour égayer ce blog.

L'attente de la floraison des vergers du Parc de Sceaux a été longue : le 7 avril, premiers clichés de l'apparition des fleurs des cerisiers roses  (Prunus Serrulata Kanzan).

Réveil de la nature
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En détails :

Réveil de la nature
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Le 19 avril, la floraison est plus avancée...

Réveil de la nature
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Parmi les nombreux visiteurs, un groupe de jeunes coréennes...

Réveil de la nature
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Les cerisiers blancs, au même moment, sont encore plus féériques

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Pour ne pas laisser le monopole aux cerisiers..

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Une mention spéciale pour ce beau paulownia tomentosa

Réveil de la nature
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Si la glycine du jardin de l'auteur est encore timide, celle qui surplombe l'entrée de la maison où fut tournée une séquence du Fabuleux destin d'Amélie Poulain est en pleine floraison.

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Les tulipes sont reines...

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Encore quelques images de végétation printanière

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avant de passer aux animaux...

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Une mention spéciale pour les oiseaux attirés par la mangeoire installée chez l'auteur, à deux étapes de la floraison du tamaris

Réveil de la nature
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Terminons avec une "image de synthèse" - mais sans trucage - de notre propos.

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24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 08:00

Rencontrant le terme étrange de SoPi, nous avons appris qu'il signifiait South Pigalle et que cet américanisme du type de Soho (South of Houston Street) à New York était censé désigner un des quartiers les plus "branchés" de Paris. 

Un but de promenade comme un autre : nous sommes partis de ce qui était censé marquer le sud de SoPi, la petite place Saint-Georges à Paris (9ème), ornée en son centre du Monument à Gavarni, du sculpteur Denys Puech.

Sur le socle figure en relief une scène du Carnaval de Paris, avec trois personnages, dont au milieu une débardeuse, Paul Gavarni (1804-1866) s'étant spécialisé dans la représentation de ces figures carnavalesques.

La place, où débouche de façon discrète la station de métro éponyme, ne manque pas de charme.

SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre

On y trouve notamment le Théâtre Saint-Georges immortalisé par le film de Truffaut Le dernier métro

SoPi, Montmartre

Au n° 28, l'hôtel, orné d'angelots, de lions, de statues de style néo-gothique et néo-renaissance, que la courtisane et demi-mondaine Esther Lachmann, plus connue sous le nom de la Païva, acquit en 1851 (avant d'en faire construire un plus grandiose encore sur les Champs-Élysées où on peut toujours le voir, au n°25)

SoPi, Montmartre

En face, au n°27, l'hôtel Thiers. Il fut construit par Alexis Dosne, un des propriétaires qui obtint en 1824 l'autorisation de lotir et vendre les terrains sur lesquels se trouve la place et les rues avoisinantes. Sa femme le vendit à Adolphe Thiers quand celui-ci épousa sa fille, Élise Dosne. C'est là qu'on vint arrêter Thiers le 2 décembre 1851, pendant le coup d'État de Napoléon III. Alors que Thiers avait été élu président de la République et réprimait la Commune de Paris, le ministre de la Justice de la Commune, Eugène Protot, fit détruire l'immeuble le 11 mai 1871. Reconstruit en 1873, l'hôtel fut légué avec sa bibliothèque à l'Institut de France en 1905.

SoPi, Montmartre

Derrière l'hôtel Thiers, un petit jardin public.

SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre

En remontant vers le nord, passant par la petite place Gustave Toudouze (1847-1904, écrivain et journaliste)

SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre

Nous atteignons la place Gabriel Kasperheit (1919-2006, ancien député et maire du 9ème arrondissement), avec la villa Frochot et ses vitraux qui doivent être plus beaux de l'intérieur, et l'avenue Frochot, privée (et privée d'accès...) qui vit y habiter et y travailler, entre autres, Théophile Gautier, Charles Baudelaire, Alexandre Dumas, les peintres Théodore Chassériau, Gustave Moreau, Charles-François Daubigny, Toulouse-Lautrec, Alfred Stevens, le cinéaste Jean Renoir, et Django Reinhardt.

SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre

Nous débouchons sur la place Pigalle, reconnaissable au "petit jet d'eau" - plutôt une grande vasque - de la chanson, mais plus vraiment "entouré de bistrots"...

SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre

Trouvant que SoPi manquait décidément de quoi alimenter un billet, nous avons traversé la place et pris la petite rue André Antoine pour monter à l'assaut de la butte Montmartre

SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre

Nous atteignons la place des Abesses, avec Saint-Jean de Montmartre, imposant édifice Art Nouveau terminé en 1904, première église à utiliser le béton armé.

SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre

Un regard, dans le square Jehan Rictus, sur le Mur des Je t'aime (2000), œuvre murale de 40 m2 composée de 612 carreaux de lave émaillée reproduisant 311 « je t'aime » en 250 langues, par Frédéric Baron et Claire Kito.

SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre

Nous suivons la rue La Vieuville...

SoPi, Montmartre

Sur la gauche, la rue des Martyrs descend de la butte.

SoPi, Montmartre

Une petite impasse curieusement appelée Cité de la Mairie, aux murs ornés de street-art

SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre

Le street-art est de plus en plus présent à mesure qu'on remonte la rue des Trois-Frères

SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre

jusqu'à ce qu'on atteigne la rue Androuet, où on retrouve la boutique de tatouages - et de street-art, semble-t-il - mastcora, à l'origine de la plupart de ces décorations murales.

SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre

Nous suivons la rue Berthe...

SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre

jusqu'à la place Émile-Goudeau où se trouve (sur le côté droit) la cité d'artistes du Bateau-Lavoir, qui vit passer entre autres Pablo Picasso (de 1904 à 1912), Kees van Dongen, Juan Gris (arrivé en 1906), Constantin Brâncuși, Amedeo Modigliani, le Douanier Rousseau, Diego Rivera. Le Bateau-Lavoir a été dévasté en 1970 par un incendie qui n'en épargna que la façade. Reconstruit à l'identique en 1978 par l’architecte Claude Charpentier, mais cette fois en béton, il comporte à nouveau 25 ateliers d'artistes.

SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre

Encore un peu à monter et nous pouvons jouer les touristes sur la Butte.

SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre

En vous épargnant la place du Tertre aux terrasses désertes, un coup d'oeil sur les deux édifices religieux du sommet de la butte, l'église Saint-Pierre (une des plus anciennes de Paris - 12ème siècle - sauvée de la ruine grâce à une profonde restauration entre 1900 et 1905, par l'architecte Louis Sauvageot

SoPi, Montmartre
SoPi, Montmartre

et la basilique du Sacré-Cœur, monument expiatoire bâti suite à la loi d'utilité publique votée le 24 juillet 1873 par 382 voix contre 138, tandis que 160 députés se sont abstenus, non pour " expier les crimes des communards" comme on le croit parfois mais pour expier la défaite de Sedan et la confiscation des états pontificaux.

SoPi, Montmartre

La vue sur Paris...

SoPi, Montmartre

Un peu d'histoire en ce 150ème anniversaire...

SoPi, Montmartre

En redescendant vers le centre de Paris,

SoPi, Montmartre
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SoPi, Montmartre

la petite place Dalida (Iolanda Gigliotti, dite Dalida, 1933-1987) avec un buste de la chanteuse.

SoPi, Montmartre
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17 avril 2021 6 17 /04 /avril /2021 08:00

Un billet de circonstance, en cette curieuse époque où nous avançons masqués...

Nous avons terminé notre dernier billet en évoquant la découverte que nombre des galeries de la rue des Beaux-Arts avaient une spécialité : ce qu'il est convenu d'appeler maintenant les "arts premiers".

La collection de masques que nous vous invitons à découvrir avec nous est digne du musée du Quai Branly (à présent musée Jacques Chirac).

Plutôt que de les classer par galerie, nous avons pris le parti de les regrouper par origine.

Commençons par l'Afrique, avec ce masque Baoulé de Côte d'Ivoire

Masques

Plusieurs masques Dan (peuplade implantée principalement en Côte d'Ivoire, et aussi au Libéria, de l'autre côté de la frontière.

Un masque en bois et métal,

Masques

un autre, bois et pigments,

Masques

et un masque Dan kaoglé du Libéria, en bois.

Masques

Toujours de Côte d'Ivoire, un masque Yauore en bois de la région de Bouaflé.

Masques

En provenance du Nigéria, un masque Idoma okua, bois, fibre, trace de pigments

Masques

et un masque Ibidio idiok ekpo, en bois.

Masques

Terminons la série des masques africains avec la république démocratique du Congo : masque Basikasingo, région du Kivu, bois, pigments d'ocre rouge

Masques

et un masque Lega idimu, bois et fibre.

Masques

Passons à l'Amérique, du nord au sud, avec deux masques d'Alaska : un masque chamanique double "Esprit Inua de l'homme phoque"

Masques

et un masque représentant un esprit animal ou un chaman du groupe linguistique Inupiaq, Point Hope, au nord de l'état. Cèdre jaune (Cupressus nootkatensis) et ivoire marin avec une substance granuleuse épaisse et des dépôts marins.

Masques

En provenance du Canada (Colombie britannique), un masque portrait Tsimshian qui a appartenu au poète surréaliste André Breton, un des acteurs majeurs dans l'engouement pour les arts qualifiés alors de "primitifs" 

Masques

Pour terminer la série américaine, un masque Hopi représentant un Kachina, en provenance d'Arizona. Cuir de selle ou de botte mexicain, peinture d'affiche, ficelle de coton et cordon.

Masques

Trois objets en provenance de Papouasie-Nouvelle Guinée :

- un masque ou ornement de visage du groupe lingustique Kumen, région du Bas-Sepik. Fibre et tissu de traite, fibre végétale, coquillages (nassa) et coquille de bénitier, noix de coco, dents de chien et ocre rouge

Masques

- un masque de rituel Malagan en provenance de Nouvelle-Irlande. Bois (Alstonia), coquillages et pigments

Masques

et un masque Murik Iewa (Lacs Murik ou Iles Schouten)

Masques

Un masque indien, Masque Phagli en provenance du district de Kullu, état de Himachel Pradesh. Bois, poils, métal.

Masques

Terminons avec un masque dont nous n'avons pas retrouvé l'identification, malgré tout le soin apporté à la rédaction de ce billet...Nous laissons au lecteur le soin de s'y essayer.

Masques
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