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3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 08:00

Renouons en ce mois d'octobre avec les expositions parisiennes : la Fondation Louis Vuitton, après six mois de fermeture, consacre la quasi-totalité de ses espaces d'exposition à la photographe Cindy Sherman, en deux grandes parties : une rétrospective de son travail de 1975 à 2020 et, sous le titre Crossing Views, une présentations d'œuvres de la collection permanente en écho à cette rétrospective. 

Cindy Sherman est née en 1954 à Glen Ridge dans le New Jersey, habite et travaille à New York. Considérée comme l’une des artistes les plus influente de sa génération, elle a connu la célébrité à la fin des années 1970 avec le groupe d’artistes Pictures Generation. La particularité est de se mettre en scène dans chaque photographie, mais on est loin des "selfies", mot qu'elle récuse énergiquement...

La scénographie de cette rétrospective, la plus importante depuis celle que lui avait consacrée le musée du Jeu de Paume en 2006  elle embrasse l’ensemble de sa carrière, tout en mettant l’accent sur ses travaux réalisés depuis le début des années 2010 jusqu’à un ensemble d’œuvres très récentes et inédites. Le début du parcours, hors chronologie, veut montrer le lien profond de l'artiste avec le cinéma.

1. Untitled Film Stills (1977 - 1980)

Cette série en noir et blanc a été à la base de la réputation de l'artiste. Bien qu'il n'y ait jamais de citation directe de films, scènes ou acteurs, chacun peut reconnaître l'atmosphère et les personnages de grands cinéastes.

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

2. rear screen projections (1980)

Cindy Sherman adopte la couleur dans cette série où elle apparaît en gros plan sur une image projetée qui la contextualise et sert de toile de fond.

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

3. flappers 

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

Cindy Sherman qualifie de flappers les personnages qu'elle incarne dans cette série. Le terme, équivalent anglais de "garçonnes", situe ces héroïnes dans l'entre-deux-guerres.

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

Reprenons la chronologie avec

4. premières oeuvres (1975 - 1977)

Les œuvres de jeunesse de Cindy Sherman constituent la matrice de son travail, tant par la diversité de leurs techniques (films, photos, collage) que par leurs thèmes : identité, déguisement, fiction, mode. Dans un album de photographies d'enfance, A Cindy Sherman, elle inscrit sur toutes les images la représentant :"That's me!"

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

Affirmation narcissique qui se prolonge par une quête identitaire dans les 23 photos de 1975 (Untitled #479) qui la font passer de jeune femme sérieuse à star aux lèvres rouges.

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

La même année, elle se livre à un jeu sur sa physionomie, ses grimaces la transforment en cinq personnages (Untitled A, B, C, D, E)

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

Après le visage, c'est son corps qui apparaît dans Air Shutter Release Fashions où Cibdy Sherman se photographie ficelée dans un cable de déclenchement à distance qui lui dessine des vêtements.

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

Dans la même veine, Untitled #499-510 , 1977-2011

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

Elle aborde enfin l'image de mode en se glissant dans les couvertures de magazines (Cover Girls)

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

5. A Play of Selves (1975)

Cette installation, composée de 72 scènes montrant 244 silhouettes découpées et collées, marque une nouvelle phase dans le travail de Cindy Sherman. Elle aborde la fiction en multipliant les personnages et en imaginant un scénario. Il s'agit ici d'un drame sentimental traitant de la séduction et de la jalousie, en quatre actes et un final. Les différences de taille des figures créent une impression de profondeur. En jouant tous les rôles, hommes et femmes, Cindy Sherman déploie son imagination et son sens de l'humour.

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

6 - centerfolds (1981)

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

Ces photographies devaient être publiées en double page dans Artforum, d'où leur format inspiré des nus des pages centrales des magazines de charme - centerfolds en anglais. Ici pas de sex appeal, mais des jeunes filles rêveuses, fragiles, amoureuses, comme celle qui attend un coup de téléphone. Cindy Sherman piège le regard, invitant à scruter une intimité distante. Ses personnages sont soit allongés et vus en surplomb, soit à quatre pattes dans une posture de crainte et de fuite, soit accroupies, bras serrés, le regard dans le vide. La revue a finalement rejeté ces images craignant qu'elles ne soient mal interprétées.

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

7 - pink robes & color studies (1982)

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

Incarnant une modèle en se drapant dans un peignoir, l'artiste semble se présenter ici au naturel, cheveux courts, mine renfrognée, regard frontal. Beaucoup ont voulu voir dans ces images la "véritable" Cindy Sherman, pourtant cette « vérité nue » est totalement fabriquée. Le cadrage, le travail sur la lumière, révèlent des préoccupations formelles que l'on retrouve dans une deuxième série réalisée en même temps. L'artiste livre ici des versions très différentes d'elle-même, l'une en garçonne, deux autres en jeune fille très féminine avec une robe blanche ou une combinaison en dentelle.
 

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

8 - fashion (1983

En 1983, Cindy Sherman réalise une série destinée à faire la promotion de la boutique Dianne B. dans le magazine Interview. Les travaux qu'elle conduit à partir de vêtements notamment signés Jean-Paul Gaultier ou Comme des Garçons ne citent ni les poses ni les affects attendus d'un univers glamour. Au contraire, la photographe amplifie l'ambiguïté déjà présente chez ces créateurs, connus pour leur appréhension du vêtement comme lieu d'interrogation des normes culturelles du corps. Elle livre alors une galerie de personnages absents, agressifs ou extraordinaires.

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

9 - fashion (1994)
 

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

Le dialogue régulier de Cindy Sherman avec la mode, ses créateurs et ses magazines suit un principe invariable : l'artiste travaille avec les habits qui lui sont confiés, les images qui en résultent pouvant être utilisées par les commanditaires, comme par elle, dans des versions parfois légèrement modifiées. Ces shootings pour Comme des Garçons ou Harper's Bazaar montrent que le vêtement est un élément déterminant dans la construction simultanée des images et des identités de Cindy Sherman. Déclencheurs de fantaisie et de fiction, les costumes et accessoires qui lui sont remis deviennent souvent méconnaissables et s'intègrent à un imaginaire propre à l'artiste.

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

Terminons le premier billet sur cette rétrospective magistrale avec

10 - history portraits (1989-1990)

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)

Dans cette série, Sherman s'attaque à la tradition occidentale du portrait peint, s'appropriant les thèmes et le langage des maîtres anciens, sur un mode délibérément artificiel. Affublée de costumes confectionnés à partir de vêtements achetés aux puces, de prothèses, de perruques et d'accessoires divers, l'artiste incarne tour à tour madones, nobles, aristocrates et bourgeois, de la Renaissance au XIXe siècle. Des femmes et des hommes prennent la pose dans des décors rudimentaires, composés à partir de rideaux ou de tentures et complétés de quelques objets significatifs. Cindy Sherman parodie le style et les codes traditionnels de la représentation - pose, regard, coiffure, vêtement, etc. - pour inventer ses propres portraits. Seuls quatre d'entre eux font explicitement référence à une oeuvre spécifique : le Jeune Bacchus malade du Caravage , la Vierge du Diptyque de Melun de Jean Fouquet, Madame Moitessier d'Ingres et La Fornarina de Raphaël.
 

Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton (1)
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