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11 juin 2022 6 11 /06 /juin /2022 08:00

Après une fermeture de presque cinq ans pour rénovation, le musée Carnavalet - Histoire de Paris a rouvert ses portes l'année dernière. Nous n'avions pas encore eu le loisir de le visiter : ce billet est l'occasion de donner un tout petit aperçu d'un parcours rapide que nous en avons effectué. Ce musée autrefois un peu "poussiéreux" est à présent extrêmement riche et agréable à parcourir, et nous engageons nos lecteurs à s'en rendre compte par eux-mêmes, d'autant que la visite des collections permanentes, comme dans les autres musées de la ville de Paris, est gratuite.

L'entrée du musée est celle de l'ancien hôtel Carnavalet (du nom de Françoise de Kernevenoy , veuve de François de Kernevenoy, dit Carnevalet ou Carnavalet) qui avec l'hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau abrite les collections du Musée. La très belle cour de l'entrée est due à Pierre Lescot, avec des statues de Jean Goujon et de son atelier. Elle est ornée en son centre d'une statue de Louis XIV en empereur romain par Antoine Coysevox.

Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet

Dans la galerie d'entrée consacrée à une riche collection d'enseignes anciennes et de plaques de rue du vieux Paris, la reconstitution d'une boutique d'apothicaire du XIXe siècle, située autrefois 14, rue de Grammont (aujourd'hui Gramont), 2ème arrondissement.

Renaissance du musée Carnavalet

Beaucoup d'installations sont destinées aux enfants, dans un but pédagogique, comme ces personnages (vers 1780) d'Arlequin, Brighella, du docteur Bolonais et de Pantalon devant un tableau consacré au même sujet.

Renaissance du musée Carnavalet

Une des particularités du musée est d'accueillir des reconstitutions de décors d'hôtels particuliers parisiens - ou de boutiques - lors de la démolition ou de la rénovation de ces derniers

Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet

Parmi ces réalisations, le cabinet de l’hôtel Colbert de Villacerf, bâti vers 1650 rue de Turenne; Ses boiseries ont été acquises en 1867 par la municipalité parisienne et remontées au musée vers 1913-1914. 

Renaissance du musée Carnavalet

Le salon de musique de l'hôtel d'Uzès, construit rue Montmartre en 1767 par Charles-Nicolas Ledoux et détruit en 1870.

Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet

Les panneaux décoratifs du salon de l'appartement, situé sur l’île de la Cité, de Gilles Demarteau, l’un des graveurs attitrés de François Boucher. François Boucher (1703-1770) et atelier, entre 1765 et 1770, huile sur toile et sur bois.

Renaissance du musée Carnavalet

Encore quelques détails de boiseries du XVIIIe, dont regorge le musée

Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet

Autre reconstitution monumentale, l'escalier de l'hôtel de Luynes, qui était situé 33 rue Saint-Dominique et a été détruit en 1899 après avoir été sérieusement écorné par les travaux haussmanniens. Les murs sont ornés de peintures en trompe-l'œil réalisées par Paolo Antonio Brunetti en 1748.

Renaissance du musée Carnavalet

Parmi les reconstitutions plus récentes, la magnifique salle de bal art déco de l'hôtel de Wendel, 28 avenue de New-York, 16e arrt. Elle est due à l'artiste catalan José Maria Sert y Badia (1874-1945) et a été réalisée en 1925.

Elle représente le voyage de la reine de Saba avec son cortège (éléphants, dames d’atour, tireurs de cartes, philosophes, musiciens et jongleurs, fou, astrologue…) et sa rencontre avec le roi Salomon.

 

Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet

Un salon reconstitué du Café de Paris, 41 avenue de l'Opéra, 1899, par l'architecte et décorateur Henri Sauvage (1873-1932). Le mobilier est réalisé par  Louis Majorelle.

Renaissance du musée Carnavalet

Ma reconstitution préférée, qui j'avais déjà évoquée par des photographies d'époque dans le billet du 20 octobre 2018 consacré à Alphonse Mucha, est celle de la boutique du bijoutier Fouquet.

La collaboration entre le bijoutier Georges Fouquet (1862-1957) et l'artiste Alfons Maria Mucha (1860-1939) est révélée avec éclat lors de l'Exposition universelle de 1900, à Paris. Le vif succès que remportent les bijoux dessinés par Mucha incite Fouquet à l'inviter, l'année suivante, à concevoir le décor de son magasin, 6, rue Royale. Mucha crée une boutique moderne, à la manière d'une oeuvre d'art totale, dessinant à la fois la devanture et tous les détails de l'intérieur, de la mosaïque aux luminaires, des poignées de portes au mobilier. Si la figure féminine, chère à l'artiste, domine le décor en devanture, l'aménagement intérieur est essentiellement d'inspiration naturaliste. La puissance onirique, presque féerique, du décor suscite étonnement et admiration.
Le décor de la boutique sera démonté en 1923, et Fouquet fera don de la plupart des éléments au musée Carnavalet.

Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet

De nombreuses salles de la Révolution au Second Empire, avec ce bureau sur lequel Louis-Philippe, dernier Roi des Français, signa son abdication.

Renaissance du musée Carnavalet

Des projets d'affiches réalisés pendant la Première guerre mondiale par des enfants des écoles de la Ville de Paris, pour soutenir nos "Poilus".

Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet

Des objets d'art commémorant la libération de Paris en 1944

Renaissance du musée Carnavalet

Des affiches :

30e Salon des humoristes, Suzanne Mousson, 1937
Exposition Universelle de 1937, Georges Lepape

Renaissance du musée Carnavalet
Renaissance du musée Carnavalet

Des tableaux qui évoquent la "vie parisienne", où on retrouve Romaine Brooks (cf. notre billet du 30 avril 2022) avec un Portait d'Élisabeth de Gramont, duchesse de Clermont-Tonnerre, 1932, huile sur toile

Renaissance du musée Carnavalet

ou ce Portrait de Juliette Gréco (26ème gala de l'Union des artistes, 5 mars 1956) par Robert Humblot (1907-1962), 1956, huile sur toile

Renaissance du musée Carnavalet

ou encore Intérieur d'un café de Léonard Foujita (1886-1968), 1958, huile sur toile

Renaissance du musée Carnavalet

Terminons avec ces quelques affiches de mai 1968 de l'école des Beaux-Arts, même si elles sont moins nombreuses et variées que celles de la collection de l'auteur... 

Renaissance du musée Carnavalet
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