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24 juillet 2021 6 24 /07 /juillet /2021 08:00

Nous n'avions pas encore eu l'occasion de présenter à nos lecteurs l'exposition phare de la rentrée du musée d'Orsay, un peu fourre-tout comme la plupart des expositions consacrées à un thème plutôt qu'à un artiste ou à un mouvement artistique, mais non dénuée d'intérêt. Elle a fermé ses portes le 18 juillet, mais nous l'avions visitée au mois de mai, et elle nous servira de "feuilleton de l'été"...

Quelques œuvres assez variées à l'entrée pour introduire le sujet :

Filippo Palizzi (1818-1899) Après le déluge, 1864, huile sur toile

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Jan Bruegel le Jeune (1601-1678) Le Paradis terrestre avec la création d'Ève, vers 1630, huile sur cuivre
 

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Entourage de Conrad Meit (vers 1480 - vers 1550) Adam et Ève, 1ère moitié du XVIe siècle, marbre

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Isaak van Oosten (1613-1661) Adam et Ève et les animaux de la Création, 1625-1650, huile sur toile

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Jules Laurent Terrier (1853-après 1907), Dodo, Raphus Cucullatus, 1901, plâtre blanc, moulé

Cet oiseau incapable de voler, emblème de l'Île Maurice, disparut au milieu du XVIIe siècle, victime de la prédation.

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Jacopo Zucchi (1541?-1590?) La Pêche au corail (Allégorie de la découverte de l'Amérique),1615-1630, huile sur cuivre

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Alexandre-Isidore Leroy de Barde (1777-1828)

Réunion d'oiseaux étrangers, vers 1810, Aquarelle et gouache sur papier
Oiseaux, 1810 - 1828, Aquarelle et gouache sur papier

Anne Vallayer-Coster (1744-1818) Panaches de mer, Lithophytes et Coquilles, 1769, huile sur toile

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)
Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)
Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Nicasius Bernaerts (1620-1678)

Étude d'autruche
Tortue sur un bord de mer, avec trois pêcheurs
1665-1668, huile sur toile
 

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)
Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Rhinomanie

« Mademoiselle Clara », rhinocéros indien, est le cinquième spécimen arrivé vivant dans l'Europe moderne, en 1741. C'est aussi le premier à gagner une célébrité internationale, égalant celle du rhinocéros gravé par Dürer en 1515. Avec son « impresario », le capitaine hollandais Douwe Mout van der Meer (1705-env. 1761), elle réalisera un Grand Tour d'Europe de douze années qui déclenchera une véritable « rhinomanie ». Endossant tour à tour le rôle d'animal de compagnie, de monstre biblique, de prodige convoité par les rois, de phénomène de foire, de merveille de la Nature inspirant les artistes, et enfin de « type » d'une espèce dans l'Histoire naturelle de Buffon et dans l'Encyclopédie, Clara incarne parfaitement le passage de la curiosité à la studiosité qui s'opère au siècle des Lumières.

Jean-Joseph de Saint-Germain [fondeur) (1719-1791)
François Viger [horloger] (1708-1784)
Pendule au rhinocéros, 1750, bronze doré et patiné, écaille et cuivre sur le socle, cadran émaillé

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Pietro Longhi (1701-1785), Le Rhinocéros, 1751, huile sur toile
Attribué à Pietro Longhi, Le Rhinocéros, vers 1751, huile sur toile

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)
Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Albrecht Dürer (1471-1528) Le Rhinocéros, 1515, estampe, gravure sur bois
 

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Les girafes ont aussi la vedette, que ce soit en France :

 

Anonyme La Première Girafe de France, vers 1830-1815, diorama : bois, peinture à l'huile, terre cuite, verre, cuir

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

ou de l'autre côté de la Manche :

Jacques-Laurent Agasse (1767-1849) Girafe nubienne,  1827, huile sur toile 

Cette girafe de Nubie offerte au roi George IV est représentée avec Edward Cross, le responsable de la ménagerie des Royal Surrey Gardens à Londres.
 

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Dessins naturalistes : je reconnais avoir un certain penchant pour ce style d'œuvres qui me rappellent les catalogues Vilmorin illustrés de dessins que je feuilletais dans mon enfance.

Jean-Charles Werner (1798-1856)

Mazikina mâle aux 2/3° de la grandeur naturelle, 1824, aquarelle sur papier
Sajou cornu variété à moustaches, au 4/5° de sa taille réelle, 1842, aquarelle sur papier

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)
Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Jean-Jacques Audubon (1785-1851) Colins de Virginie, dans Birds of America, Londres, chez l'auteur, t. I 1827-1838, Livre imprimé
 

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Nicolas Robert (1614-1685) Tulipa (Liliacées): Tulipae variae La veuve violette. Passables de panaches mais de mauvaise forme, XVIIe siècle, gouache sur vélin
Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) Phymosia umbellata (Cavanilles) Kearney (Malvacées): Malva umbellata Cavanilles, Mexique, 1810, aquarelle sur vélin

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)
Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Pierre-François de Wailly (1775-1852) Le Kakatoès buse Psittacus funereus Shaw, Nouvelle Hollande, 1813, aquarelle sur vélin
Nicolas Maréchal (1753-1802) Ours blanc Ursus maritimus Phipps (Ursidés): ours polaire, sixième de la grandeur de l'individu,1796, aquarelle sur vélin

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)
Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Michel Garnier (1753-1829)

Mangue prune, entre 1801 et 1810, huile sur papier marouflé sur toile
Dattier, entre 1801 et 1810, huile sur papier marouflé sur toile

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)
Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Des tableaux inspirés par la nature exotique :

Carl Blechen (1798-1840) Intérieur de la palmeraie de l'île aux Paons de Berlin, 1832-1833, huile sur papier marouflé sur toile
 

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Johann Moritz Rugendas (1802-1858) Arbre géant dans la forêt tropicale brésilienne, 1830, huile sur toile

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

du même Johann Moritz Rugendas, Indiens dans la forêt vierge, 1830 huile sur toile

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Terminons ce premier billet avec quelques tableaux moins pédagogiques :

Eugène Delacroix (1798-1863) :

Chasse aux lions (esquisse), 1854, huile sur toile
Le Puma, 1859, huile sur toile

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)
Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

Paul Meyerheim (1842-1915) La Lionne jalouse, 1885-1890, huile sur toile

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)

et deux sculptures un peu surréalistes du sculpteur animalier Antoine-Louis Barye (1795-1875) :
Singe monté sur un gnou (première édition), vers 1840, bronze patiné
Tigre dévorant un gavial, 1832, bronze à patine brun rouge à la cire perdue

Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)
Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)
Les origines du monde - l'invention de la nature au XIXe siècle (I/II)
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17 juillet 2021 6 17 /07 /juillet /2021 08:00

Nous n'avions pas encore parlé à nos lecteurs de l'ouverture du troisième musée créé par François Pinault pour faire partager au public sa collection d'art contemporain et lui faire découvrir ses artistes préférés. Après le Palazzo Grassi, ouvert à Venise en avril 2006 après l'échec de son projet initial sur l'île Seguin, sur l'ancien site des usines Renault, puis la Punta della Dogana, toujours à Venise, qui a ouvert en juin 2009, Pinault a accepté la proposition de la maire de Paris d'installer son troisième musée dans l'ancien bâtiment de la Bourse de Commerce, dans l'ancien quartier des Halles.

Après rénovation et transformation de l'espace intérieur par l'architecte japonais Tadao Ando, qui avait déjà signé les deux précédentes réalisations (voir notre billet du 16 février 2019), la Bourse de Commerce - Pinault Collection a ouvert ses portes par un weekend portes ouvertes les 22-23 mai 2021. 

L'aspect extérieur du bâtiment n'a pas été modifié depuis la dernière intervention majeure sur ce bâtiment à l'histoire mouvementée, tel qu'il fut inauguré en 1889 comme Bourse de Commerce après les travaux de l'architecte Henri Blondel (1821-1897). Initialement, c'était une Halle aux Blés construite par l'architecte  Nicolas Le Camus de Mézières (1721-1789), , inaugurée en 1767, à ciel ouvert. François-Joseph Bélanger (1744-1818) est l'auteur de la coupole actuelle, la précédente ayant été détruite par un incendie en 1802.

Bourse de Commerce - Pinault Collection

Plusieurs maquettes permettent de visualiser l'intervention de Tadao Ando pour transformer la bourse de commerce en espace muséal.

Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection

Au rez-de-chaussée, une grande huile et liant acrylique sur toile de Martial Raysse, Ici Plage,ici comme là-bas, 2012. 

Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection

Le passage autour de la rotonde est ponctué de vitrines de Bernard Lavier :
à gauche, Picasso, aile d'automobile Citroën, 2020
à droite, Walt Disney Productions n°6 1947-2018, peinture cellulosique sur résine de polyester, 2018

Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection

103 Peugeot, motocyclette accidentée suspendue, acier, 1993
Manubelge, armoire à pharmacie, verre, métal, peinture acrylique Liquitex, 1982
Bosch AHS70-34, taille-haie, 2020

Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection

La Rotonde est l'espace le plus emblématique du bâtiment : elle abrite une installation pensée par Urs Fischer pour ce contexte spécifique. Chaque élément en est constitué d'une cire pigmentaire au rendu réaliste. Les sièges - au style tantôt commun et industriel, tantôt empreint de cultures lointaines, inspiré par le panorama de la coupole de la Bourse de Commerce - sont plus vrais que nature. Le personnage, Rudi, est parfaitement conforme à son modèle, Rudolf Stingel, un artiste ami d'Urs Fischer – dont trois oeuvres sont présentées au 2e étage. La grande sculpture, semblable au marbre, est une réplique exacte de L'Enlèvement des Sabines (1579-1582) de Giambologna, chef-d'oeuvre de la statuaire maniériste.
Au début de chaque nouvelle exposition, selon le protocole défini par l'artiste, les mèches fichées dans les différentes sculptures sont allumées afin d'en engager la consumation. La cire se liquéfiant, ce qui semblait pérenne s'avère fragile. Ce qui était le fruit d'un travail minutieux et précis est gagné par le hasard et l'entropie. Ce qui était formel devient informe. Le temps de l'exposition coïncide avec celui de la fonte des bougies, de leur métamorphose, dans un saisissant processus de destruction créatrice.

Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection

Si le bras droit de la Sabine est déjà bien entamé, la statue de Rudolf Stingel fait encore bonne figure...

Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection

La fresque de toiles marouflées dans la partie inférieure de la coupole évoque le commerce entre les cinq parties du monde, par Évariste-Vital Luminais [1821-1896] (L'Amérique), Désiré François Laugée [1823-1896] (La Russie et le Nord), Victor Georges Clairin [1843-1919] (L'Asie, L'Afrique) et Hippolyte Lucas [1852-1925] (L'Europe), séparées par quatre grisailles représentant les quatre points cardinaux, par Alexis-Joseph Mazerolle [1826-1889]. Les fresques ont été rénovées par Alix Laveau à l'occasion du réaménagement du site en 2021.

Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection

Des escaliers situés derrière la paroi de la rotonde donnent accès aux galeries derrière lesquelles sont situées les salles d'exposition.

Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection

Quelques aperçus du parcours des expositions présentées lors de cette ouverture :

Des peintures photoréalistes de Rudolf Stingel (l'homme représenté en cire sous la rotonde par Urs Fischer :

Untitled (Franz West), huile sur toile, 2011 (pour Franz West, voir notre billet du 12 janvier 2019)
Untitled (Paola), huile sur toile, 2012 (Paola Cooper, galeriste new-yorkaise)

Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection

Claire Tabouret :

Self-portrait at the Table, acrylique sur toile, 2020
Girlfriends (stripes), acrylique sur toile, 2019
Self-portrait with a Hood (pink), acrylique sur panneau, 2020
 

Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection

Kerry James Marshall :

These Blues, acrylique sur toile, 1983
Could This Be Love, acrylique et collage sur toile détendue, 1992
Untitled, acrylique sur fibre de verre, 2008-2014
Untitled (Two Eggs Over Medium, Sausage, Hash Browns, Whole Wheat Toast), acrylique sur panneau PVC, 2017

Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection

Antonio Obá :

Sesta, huile sur toile, 2019
Stranger fruits - genealogia, huile sur toile, 2020

Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection

Les étranges et inquiétantes figures de Miriam Cahn...

Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection

Clôturons ce rapide coup d'œil sur les expositions de cette ouverture par un aperçu des grandes salles de la galerie...

Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection

Tatiana Trouvé, à l'aide de chaises de gardien de musée vides disséminées dans tout le bâtiment,, met en scène le corps par son absence, soulignant ce que l'habitude rend invisible...

Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection
Bourse de Commerce - Pinault Collection

Les salles d'exposition à l'est offrent une très belle vue sur le nouveau forum des Halles et sa canopée, avec le centre Pompidou en arrière-plan.

Bourse de Commerce - Pinault Collection

Terminons ce billet avec le spectacle du soleil déclinant sur la coupole et les fresques.

Bourse de Commerce - Pinault Collection
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10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 08:00

Comme chaque été, nous consacrons un billet à l'exposition de plein air organisée dans notre lieu de villégiature (voir par exemple notre billet du 29 juillet 2016, le premier, et le dernier, un peu spécial, du 18 juillet 2020.

L'exposition Evidances, installée tout au long du GR 34 à St-Pabu du 22 juin à fin septembre, présente douze constructions structurelles composées de bois et de métal.
Conçues en collaboration entre les étudiants du lycée Vauban et de la licence Art de l'UBO, puis réalisées par les étudiants de 1ere année du Diplôme National des Métiers d'Art du Design (DNMADE) mention création métal et design de produit du lycée Vauban, ces constructions ont été pensées en relation étroite avec le paysage. La volonté des étudiants était de construire avec le vide tout en laissant la part belle aux magnifiques points de vue devant lesquels se poseront les structures. 

Nous en suivons le parcours d'ouest en est, depuis la plage de Korn Ar Gazel

Exposition Évidances à Saint-Pabu

1. Arborescence (Sarah Lutz, Louise Signard)

On aperçoit dans le fond, à gauche la balise de la Jument, à droite le phare de l'Île Vierge.

Exposition Évidances à Saint-Pabu
Exposition Évidances à Saint-Pabu
Exposition Évidances à Saint-Pabu

2. Tension (Léna Jeuland, Lou Joncheray, Margaux Daoulas, Constantin Savalli-Crochery)

Exposition Évidances à Saint-Pabu
Exposition Évidances à Saint-Pabu

Près de la table d'orientation, 

3. Lévitation (Maÿliss Chauvin, Théo Guttierres, Maéva Bremont)

Exposition Évidances à Saint-Pabu
Exposition Évidances à Saint-Pabu

Sur la pointe de Kervigorn,

4. Orion (Gabriel Dirmeikis, Martin Dubois, Loeiza Ropars)

Exposition Évidances à Saint-Pabu
Exposition Évidances à Saint-Pabu

Suivant les escaliers du GR qui descendent de la pointe de Kervigorn,

Exposition Évidances à Saint-Pabu

au pied d'un bouquet de grands pins,

5. L'Arbre (Zoé Miniou, Vona Huelvan, Charline Emiry)

Exposition Évidances à Saint-Pabu
Exposition Évidances à Saint-Pabu
Exposition Évidances à Saint-Pabu

et en remontant sur la rue de Béniguet,

6. Contrario (Nolwen Leforestier, Camille Gouchet, Jeong Hee Cho Blare)

Exposition Évidances à Saint-Pabu
Exposition Évidances à Saint-Pabu
Exposition Évidances à Saint-Pabu

Dominant le plage de Béniguet,

7. Yggdrasil (Célia Courson, Solène Aymard, Maël Bizien)

Exposition Évidances à Saint-Pabu
Exposition Évidances à Saint-Pabu
Exposition Évidances à Saint-Pabu

Au dessus du mouillage de Ganaoc'h,

8. Amer (Victor Doléans, Geoffroy Veyrier, Maëlla Cosquéric)

Exposition Évidances à Saint-Pabu
Exposition Évidances à Saint-Pabu

Sur l'aire de pique-nique, juste au dessus,

9. Métral (Lilie Gillet, Angel Gomes, Cyann Quemeneur)

Exposition Évidances à Saint-Pabu
Exposition Évidances à Saint-Pabu

Au lieu-dit Le Passage, à l'endroit du bac qui reliait autrefois Saint-Pabu à Landeda,

10. Hanter-Loar (Basile Pervier, Ewan Bryce, Mélodie Leboine)

Exposition Évidances à Saint-Pabu

En remontant le sentier du Passage,

11. Serzh (Anna Gillet, Salomé Philippe, Margaux Lebrun)

Exposition Évidances à Saint-Pabu
Exposition Évidances à Saint-Pabu

Notre parcours se termine au bord du quai du Stellac'h, avec

12. Éclipse (Manon Poilane, Inés Raimbault, Sarah Uguen)

Exposition Évidances à Saint-Pabu
Exposition Évidances à Saint-Pabu
Exposition Évidances à Saint-Pabu
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3 juillet 2021 6 03 /07 /juillet /2021 08:10

Nous proposons au lecteur de découvrir avec nous trois églises du Bassigny, une dans le Bassigny Lorrain, deux dans le département de la Haute-Marne, toutes situées dans un mouchoir de poche, et avec toutes trois de très beaux décors baroques dans des bâtiments plus anciens.

Église Saint Bénigne à Damblain (Vosges)

Un bel édifice gothique flamboyant. Une belle allée boisée la longe pour rejoindre l'entrée, sur le côté.

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Les croisées d'ogives de la nef et des bas-côtés

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Arrivé au chœur, on est frappé par le baldaquin monumental, point d'orgue de la décoration baroque de l'intérieur de l'église.

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Détails du baldaquin, avec l'angelot suspendu en son centre

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Le maître-autel et son imposant retable baroque

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Les anges de chaque côté du choeur.

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Tout le mobilier de l'église est d'une belle facture baroque ; la chaire avec les aigles qui la supportent, les confessionnaux...Un détail des boiseries richement décorées.

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Dans le fond du chœur, des peintures de qualité

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Les autels latéraux aussi participent à ce riche ensemble

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Dans le fond de l'église, une statue plus ancienne en pierre peinte de Saint Jean Baptiste

Eglises du Bassigny

Un intéressant tableau des saints protecteurs

Eglises du Bassigny

Terminons avec une statue du dédicataire, Saint Bénigne, transpercé par des lances, instrument de son martyre.

Eglises du Bassigny

Église de Breuvannes
(commune de Breuvannes-en -Bassigny, Haute-Marne)

Ce qui frappe dès l'entrée est la magnifique poutre de gloire en fer forgé (XVIIIe siècle), pleine de détails symboliques, sans autre personnage que le Christ.

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

On retrouve comme à Damblain un chœur à décoration baroque, avec des boiseries et un retable en bois doré 

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

A nouveau un baldaquin, moins imposant mais très élégant

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Les anges de chaque côté du choeur

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Des autels latéraux eux aussi richement décorés

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Quelques détails des boiseries, et la table de communion en fer forgé à la manière de Jean Lamour.

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Église Saint-Martin de Colombey-les-Choiseul
(commune de Breuvannes-en -Bassigny, Haute-Marne)

Un bel édifice du XVIème siècle qui vient d'être rénové.

Eglises du Bassigny

La façade Renaissance du clocher.

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Comme dans les deux églises précédentes, la nef mène à un chœur rénové à l'époque baroque. 

Eglises du Bassigny

Pas de baldaquin ici, mais l'autel, avec son retable est à notre sens une des plus belles réalisations de Jean-Baptiste Bouchardon (1667-1742)

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Toujours de belles boiseries, plus simples que dans les églises précédentes

Eglises du Bassigny

Les autels latéraux

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Une des particularités de l'église de Colombey-les-Choiseul réside dans les peintures qui ont été dégagées du badigeon qui les recouvraient à l'occasion de la rénovation.

Sur le mur à l'arrière, encadrant le porche d'entrée, un apôtre au gourdin (Saint Jacques-le-Mineur ?) et un à la hallebarde (saint Jude ?)

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

A l'entrée du chœur, Saint Paul et son épée à droite, Saint Pierre à gauche, avec un cartouche représentant Sainte Apolline.

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Restes de peintures sur les voûtes de la nef : on reconnaîtra le taureau de Saint Luc et l'ange de Saint Mathieu. Les peintures décoratives des voûtes surplombant le maître-autel portent la date de leur réalisation.

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Deux belles statues en bois de la Vierge et de Saint Jean entourent le grand crucifix au centre de l'église. Derrière la Vierge, sur le pilier, une peinture murale de Saint-André.

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny

Un bel ensemble de vitraux anciens. Sur la droite du premier ensemble, le saint céphalophore serait Saint Didier, et sur la droite du second, le noble vieillard serait le Père éternel, selon la base Mérimée.

Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
Eglises du Bassigny
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Terminons sur ce beau calvaire, dans le calme du soir, sur la prairie attenante à l'église.

Eglises du Bassigny
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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 08:00

La réouverture du Musée de l'Orangerie se fait autour de René Magritte (1898-1967) , dont nous avions rendu compte dans notre billet du 30 octobre 2016 de la grande rétrospective que le Centre Pompidou lui avait consacrée. Cette exposition est plus modeste, et associe au peintre belge la figure d'Auguste Renoir, très présent dans ce musée comme il l'était dans la collection de Paul Guillaume. Citons la directrice du musée :

Cet éclairage inédit sur une période mal connue de la carrière de Magritte permet de s'interroger sur la postérité de Renoir au XXe siècle et sur une approche déjà postmoderne de l'impressionnisme. Rompant avec son style surréaliste singulier et inquiétant, Magritte se tourne, dès 1940, vers Renoir, « peintre du bonheur », pour conjurer les horreurs, le chaos et l'expérience de l'exil durant la Seconde Guerre mondiale. Les peintures et dessins rassemblés ici esquissent une fantasmagorie de paysages enchantés, de baigneuses étranges, de fleurs multicolores et de scènes érotiques qui dialoguent avec des chefs-d'œuvre de Renoir, offrant un parcours de peintures jubilatoire.

À l'entrée, cette affiche (lithographie sur papier) réalisée par Magritte vers 1937 pour le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes Le vrai visage de Rex où Léon Degrelle, fondateur du parti nationaliste Rex, reflète dans un miroir le profil d'Adolf Hitler

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

et une gouache sur papier de 1939 Le Présent

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Portrait de Georgette Magritte, huile sur toile, 1946

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Le Retour, huile sur toile, 1940

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Les Derniers Beaux Jours, huile sur toile, 1940

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Le Retour de flamme, huile sur toile, 1943

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

La Voie royale, huile sur toile, 1944

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

L'Orient, huile sur toile, 1941

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

C'est dans la grande salle de l'exposition que s'exprime son thème, la période "impressionniste" de Magritte.

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Trois bouquets de Renoir :

Fleurs dans un vase, vers 1896-98
Bouquet, vers 1900
Bouquet de tulipes, vers 1905-1910

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil
Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil
Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

En regard, de Magritte, La Leçon d'anatomie, huile sur toile, 1943

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

La Préméditation, huile sur toile, 1943

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Renoir : Nu dit aussi Femme nue sur un canapé, huile sur toile, 1915
Magritte : L'Univers interdit, huile sur toile, 1943

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil
Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Renoir : Nu couché, huile sur toile, vers 1890-95
Magritte : La Moisson, huile sur toile, 1943

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil
Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Deux dernières toiles de Renoir :

Etude. Torse, effet de soleil, vers1876
Les Baigneuses, entre 1918 et 1919

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil
Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Puis Magritte avec Le Vertige, huile sur toile, 1943

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Le Traité des sensations, huile sur toile, 1944

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

La Magie noire, Trois huiles sur toile de 1934, 1941 et 1943

Dans l'exposition « Le nu dans l'art vivant » à laquelle il participe en 1934, Magritte découvre une sculpture d'Aristide Maillol qui lui inspire une dizaine de variations. Celle de 1934 a les contours les plus nets, celle de 1943 est adaptée à la touche impressionniste.

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil
Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil
Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Le Principe d'incertitude, huile sur toile, 1944

La parenthèse « impressionniste » de Magritte ne l'éloigne jamais de sa conviction que la peinture est avant tout une démarche raisonnée et raisonnante, que son art est le vecteur privilégié de l'esprit. Expliquant que la lumière « a le pouvoir de rendre visibles les objets », il met au jour que la peinture, comme les ombres, n'est qu'un simulacre : « On ne peut pas dire avec certitude, d'après l'ombre d'un objet, ce que celui-ci est en réalité. (Par exemple : une ombre d'oiseau peut être obtenue en ombres chinoises par une certaine disposition des mains et des doigts.) »

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

L'Hydre, huile sur toile, 1943

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Le Premier jour, huile sur toile, 1943

En 1943. Magritte charge Marcel Mariën de lui fournir des ouvrages sur l'impressionnisme. À Renoir, il emprunte la touche vibrante mais aussi les carnations rosées et jusqu'au chapeau de paille en forme de cloche. Le Premier jour qui est peut-être la plus « impressionnistes » des œuvres de l'artiste n'en est pas moins chargée d'humour. Ce portrait d'un violoniste qui fait danser une minuscule ballerine judicieusement placée est peut-être un hommage à Sheila Legge, la danseuse britannique surréaliste avec laquelle il entretint une relation amoureuse en 1936.

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

La Cinquième Saison, huile sur toile, 1943

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Image à la maison verte, huile sur toile, 1944

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

La Pensée parfaite, huile sur toile, 1943

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Le Regard mental, huile sur toile, 1946

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Elseneur, huile sur toile, 1944

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Le Roman populaire, huile sur toile, 1944

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Le Sourire, huile sur toile, 1943

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Alice au Pays des Merveilles, huile sur toile, 1946

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

La Bonne Fortune, huile sur toile, 1945

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Le Somnambule, huile sur toile, 1946

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La Clairière, huile sur toile, 1944

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L'Âge de plaisir, huile sur toile, 1946

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ŒUVRES GRAPHIQUES 

L' « impressionnisme » auquel adhère René Magritte pendant la seconde guerre mondiale connaît un développement graphique. Il produit plusieurs séries de dessins réalisés d'une « touche » en virgule. Ces dessins sont pour la plupart des illustrations pour des ouvrages dont la nature s'accorde au « sensualisme » de la « période Renoir ». À l'invitation du libraire-éditeur Albert Van Loock, Magritte réalise six dessins à l'encre de Chine pour une édition pirate de Madame Edwarda, le récit érotique de Georges Bataille (1897 - 1962). Dans la même veine, Magritte réalise plusieurs dessins destinés à illustrer une biographie du marquis de Sade écrite par Gaston Puel (1924 - 2013). A la demande de Marcel Baesber, directeur des éditions La Boétie à Bruxelles, Magritte illustre Les Chants de Maldoror d'Isidore Ducasse (1846 - 1870). L'ouvrage paraît en 1948, illustré de soixante-dix-sept illustrations. Pour Paul Éluard, il conçoit également une série de dessins illustrant Les Nécessités de la vie et les conséquences des rêves précédés d'Exemples, 1946.

Le Sourire, gouache sur papier, 1946

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

L'Air et la Chanson, crayon et crayons de couleur sur papier, 1962

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Confiture de cheval, crayons de couleur sur papier, 1945

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Le Premier jour, crayon noir sur papier, 1943

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Le Plaisir, dit aussi La Jeune Fille dévorant un oiseau, gouache sur papier, 1946

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Raminagrobis, gouache sur papier, 1946

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Illustrations pour Madame Edwarda
Dessins exécutés par Magritte pour illustrer la nouvelle érotique de Georges Bataille, Madame Edwarda, publiée anonymement en 1941. Encre de Chine sur papier, 1946
 

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Sans titre, dit aussi La Pipe-sexe, crayons de couleur sur papier, 1943

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Le Bain de cristal, gouache sur papier, 1946

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La Vocation, pastels sur papier, 1964

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VACHERIE

Dans l'exposition Le surréalisme en 1947 qui marque le retour du mouvement sur le sol européen, les œuvres de René Magritte apparaissent dans une section consacrée aux « surréalistes malgré eux ». Après le désaveu auquel s'est heurté son Manifeste du surréalisme en plein soleil, cette semi exclusion achève d'irriter Magritte. Lorsqu'au printemps 1948, la Galerie du Faubourg lui propose d'exposer ses œuvres, Magritte y voit l'occasion de solder ses comptes avec le Surréalisme parisien. En quelques jours, il « torche » une série de tableaux outranciers et carnavalesques que ses proches (le poète Louis Scutenaire (1905-1987) le premier) ne peuvent qualifier autrement que de « vaches ». Poussant aux limites du supportable l'intensité chromatique et le grotesque de ses derniers tableaux « Renoir », les œuvres « vaches » viennent clore l'aventure de son œuvre solaire.

L'Incendie, huile sur toile, 1943

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

L'Intelligence, huile sur toile, 1946

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Le Lyrisme, huile sur toile, 1947

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

La Liberté de l'esprit, huile sur toile, 1948

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Le Psychologue, crayon, aquarelle, gouache, gouache or sur papier, 1948

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Le Crime du Pape, crayon, aquarelle, gouache sur papier, 1948

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

Pom' po pon po pon pon pom pon, aquarelle et gouache sur papier, 1948

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

La Vie des insectes, huile sur toile, 1947

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

La Famine, huile sur toile, 1948

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil

PICABIA AUSSI

Lors de son premier voyage dans le Paris d'après-guerre, René Magritte rend visite à Francis Picabia. Dans son atelier, il découvre les tableaux que l'ancien dadaïste a réalisés pendant la période de l'Occupation. Ces œuvres enthousiasment tant Magritte qu'il propose à Picabia de rédiger la préface de sa prochaine exposition. Prenant aussitôt la plume, il écrit que sa peinture « oppose à tout un passé envahissant le mouvement et les éclairs de la lumière vive qui font voir la vie tout entière dans son isolement grandiose ». Magritte découvre qu'il n'est pas seul à avoir opposé à la terreur nazie, une peinture qui célèbre l'amour et les effusions printanières, qui illustre le « beau côté de la vie ».

L'exposition se termine ainsi sur deux tableaux de Francis Picabia (1879-1953) :

Main mystérieuse / Portrait de femme, Recto-verso, huile sur panneau double-face, vers 1938-1942 (c'est le portrait de femme qui est visible ici)
Sans titre (Bouquet de fleurs), huile sur toile, 1940-1943

Magritte / Renoir Le surréalisme en plein soleil
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19 juin 2021 6 19 /06 /juin /2021 08:00

Restons encore cette semaine avec une artiste femme, que nous avons croisée dans notre billet du 22 mai. Il s'agit de l'atelier qu'elle partageait avec son mari Jean Arp, comme elle un des fondateurs du mouvement dada au Cabaret Voltaire à Zürich (notre billet du 18 février 2018). C'est en effet Sophie Taeuber qui a imaginé cette construction originale, une maison Bauhaus en meulière, sur un terrain qu'ils ont acquis en 1927 à la limite de Meudon et Clamart. Sophie était suisse, Jean Arp né à Strasbourg en 1886 d'un père allemand, n'avait pas eu la nationalité française à la suite du traité de Versailles, tous deux ont été naturalisés français en 1926. Jean Arp a vécu jusqu'en 1966, utilisant cet endroit comme principal atelier, même s'il eut d'autres résidences. Sophie est décédée accidentellement en 1943 en Suisse où elle s'était réfugiée. La Fondation Arp qui gère cette maison-atelier a été fondée par la seconde épouse de Jean Arp, selon le vœu de l'artiste qui souhaitait "favoriser la connaissance et la perception de son œuvre à côté de celle de Sophie Taeuber et y accueillir les artistes ou les promeneurs, les professionnels de l’art ou les collectionneurs, à la recherche d’une émotion, d’un message ou d’un enseignement".

De la petite rue des Châtaigniers, la maison ne se distingue pas particulièrement de ses voisines,...

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

La grande pièce du rez-de-chaussée présente de nombreuses œuvres des deux artistes, dans un cadre intimiste très agréable

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber
L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber
L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber
L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

Une gouache sur papier de Sophie, Six espaces distincts (1939)

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

On accède par un escalier droit à la grande pièce du premier étage

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber
L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

avec une belle vue sur le jardin et le Berger des nuages (voir la fin de ce billet)

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

Au mur, une huile sur toile de Jean Arp, Trois femmes (1912)

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

et d'après un dessin de Jean Arp, As de pique, tapisserie en laine point noué (1929)

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

De petites sculptures de Jean sur les tables, dont, sur la blanche, quatre sculptures de 1954 intitulées Du pays de Thalès 

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber
L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

Les quelques pièces de mobilier étaient présentes du temps où le couple y habitaient, comme ce fauteuil signé par Gerrit Rietveld.

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

À l'étage, une autre petite pièce en longueur avec un balcon, abritant surtout des œuvres de Sophie.

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber
L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber
L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

Bateaux, soie imprimée (1918-1924)

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

Deux crayons sur papier calque de 65x50 cm :

Etude (lignes brisées), vers 1941
Etude (formes triangulaires et lignes courbes), vers 1942

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber
L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

Redescendons vers le rez-de-jardin, un étage sous le rez-de-chaussée

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber
L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber
L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

De Sophie, une gouache sur papier 26x35 cm, Composition à rectangles et bras angulaires (1928)

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

et deux dessins d'un grand projet commun, juste avant leur installation dans cette maison. : L'Aubette à Strasbourg avec Arp et Van Doesburg (1926-1928)

L'édifice de l'Aubette construit en 1765 et reconstruit en 1870 après un incendie, occupe une place importante dans la ville de Strasbourg. Les frères Horn, qui s'occupent de la restauration du gros oeuvre, proposent à Taeuber de décorer l'Aubette (1926-1928). La commande étant très importante et son activité principale étant son poste de professeur à Zurich, Taeuber décide de la partager avec Jean Arp, et Theo van Doesburg pour la partie architecturale. Taeuber intervient de façon certaine dans la décoration du « salon de thé », de l « Aubette bar », du « passage » et du « foyer-bar ». Pour ce dernier, elle réalise trois projets différents. La Fondation Arp présente ici les dessins de la deuxième solution. Le projet n'ayant pas été accepté par Van Doesburg, Taeuber en réalisera un quatrième. Inaugurée en février 1928, l'Aubette fut mal accueillie par le public, qui trouva l'espace trop ouvert et trop froid. Le décor fut modifié dès les années 30, puis dégradé entre 1950 et 1970. Une partie a été restaurée en 2006, notamment le « foyer-bar», seule intervention de Sophie Taeuber ayant pu être récupérée.
 

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber
L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

En empruntant la porte de la pièce en rez-de-jardin, nous traversons la pelouse pour rejoindre l'atelier de Jean Arp.

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

Ce bâtiment au fond du jardin abrite des dizaines de réalisations ou ébauches du sculpteur, qui y semble encore présent.

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber
L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

Laissons nous séduire par la magie des formes...

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber
L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber
L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber

Le jardin est un lieu hors du temps où le visiteur est convié à se poser et à jouir du calme de ce si bel endroit. La pièce maîtresse des sculptures de ce jardin est le grand bronze au centre du deuxième cliché : 

Le Berger des Nuages, bronze monumental emblématique de Jean Arp qui y a pris place le 19 avril 2014 sur son socle de granit de Brusvily, avec ce communiqué de presse :

Sur les lieux mêmes, où Arp et Sophie Taeuber se sont installés en 1929, le géant de bronze guide désormais le regard du visiteur. Il orchestre dans cet espace ouvert, la partition silencieuse des sculptures déjà présentes au jardin. Perspectives et volumes s’organisent en douceur autour de ses formes généreuses. C’est Marguerite Arp, la veuve de l’artiste, qui avait projeté en 1983 de faire tirer le bronze 0/1 du Berger des Nuages. Cette fonte a été exécutée pour la Fondation Arp de Clamart en 2009, par la fonderie de Coubertin à St-Rémy-lès-Chevreuse, sous la direction d’Antoine Poncet, membre de l’Institut, qui en 1953 avait élaboré avec Jean Arp le plâtre ayant servi à la première fonte aujourd’hui à l’université de Caracas. Le plâtre qui a servi de modèle pour la deuxième fonte - le bronze 0/1 - a été présenté en 1962 dans la rétrospective Arp du Musée national d’art moderne à Paris. Arp l’a donné ensuite à ce musée en 1963.

L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber
L'atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber
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12 juin 2021 6 12 /06 /juin /2021 08:00

Après Elles font l'abstraction au Centre Pompidou  et l'intermède des Modernités suisses,  qui ne comportait que deux peintres femmes, Alice Bailly et Martha Stettler, reprenons le thème qui marque cette reprise des expositions parisiennes avec celle du musée du Luxembourg, présentée en ces termes : 

"On croit volontiers qu’après la gloire d’Elisabeth Vigée Le Brun liée à l’Ancien Régime, il faut attendre la deuxième moitié du XIXe siècle pour trouver des peintres femmes aussi remarquables. Pourtant, c’est entre 1780 et 1830, que le combat de ces dernières a trouvé ses racines : le droit à la formation, la professionnalisation, une existence publique et une place sur le marché de l’art."

1. Le droit d’être peintre : l’anti-académisme et la féminisation des beaux-arts

Autour de 1780, controverses et rivalités s’attisent, à l’extérieur comme à l’intérieur de l’Académie royale de peinture. Sa hiérarchie, ses privilèges et sa pédagogie suscitent un mécontentement qui n’est pas étranger à la crise socio politique en germe. Dans le même temps, en marge du Salon officiel, le Salon du Colisée, l’Exposition de la Jeunesse, le Salon de la Correspondance suscitent l’engouement. On y découvre de jeunes peintres femmes de talent. La presse en parle. L’admission en mai 1783 à l’Académie d’Élisabeth Vigée Le Brun et d’Adélaïde Labille-Guiard, déjà célèbres, crée l’événement. Le sujet passionne, déclenche les controverses. On limite à quatre le nombre d’académiciennes. La prééminence de la peinture d’histoire, fer de lance du programme de restauration de la grandeur de l’école nationale, est menacée, s’inquiète-t-on, par la féminisation croissante des beaux-arts. L’étude du nu, préalable indispensable au grand genre, est en principe interdit au « sexe faible » car contraire à la morale. Comme l’est la mixité que favorise l’ouverture croissante des ateliers de formation aux demoiselles. Le débat fait rage, se politise. La Révolution éclate. Le premier Salon libre ouvre en 1791, l’Académie royale de peinture est abolie en 1793. La même année, la Société populaire et républicaine des arts, mettant en balance vocation domestique et vocation artistique, interdit jusqu’en octobre 1794 aux femmes d’y adhérer. Mais rien ne les empêche désormais d’exercer professionnellement ni d’exposer : seulement une trentaine dans les salons révolutionnaires, elles seront deux cents au milieu des années 1820.

ÉLISABETH-LOUISE VIGÉE LE BRUN née Louise-Élisabeth VIGÉE (1755-1842) :

Autoportrait de l'artiste peignant le portrait de l'impératrice Elisaveta Alexeevna1800, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Elisabeth Philippine Marie Hélène de France, dite Madame Elisabeth (1764-1794). sœur du roi Louis XVI, 1782, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Marie-Antoinette en robe de mousseline, dite «à la créole», «en chemise » ou «en gaulle », 1783, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ADÉLAÏDE LABILLE-GUIARD née LABILLE (1749-1803) :

Élisabeth Philippine Marie Hélène de France, dite « Madame Élisabeth » (1764-1794), sœur du roi Louis XVI, 1788, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Portrait de femme, vers 1787, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ROSALIE FILLEUL DE BESNES née Anne-Rosalie BOQUET (1752-1794) : Autoportrait, vers 1775, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARIE-GENEVIÈVE BOULIARD (1763-1825) Autoportrait en Aspasie,1794, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

JEANNE-LOUISE, dite « NANINE » VALLAIN épouse PIETRE (1767-1815) : Portrait d'une femme tenant un agneau, 1788, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARIE-NICOLE VESTIER épouse DUMONT (1767-1846) : L'Auteur à ses occupations, 1793, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARIE-GUILHELMINE BENOIST née DE LA VILLE LE ROULX (1768-1826) :
Autoportrait copiant le Bélisaire et l'enfant à mi-corps de David, 1786, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARGUERITE GÉRARD (1761-1837) : L'Élève intéressante, vers 1786, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARIE-ÉLISABETH LEMOINE épouse GABIOU (1761-1811) : 
Autoportrait au chapeau de paille et à la palette, vers 1795, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ADÈLE ROMANÉE ou DE ROMANCE née Marie-Jeanne MERCIER, épouse ROMANY (1769-1846) : Autoportrait présumé d'Adèle Romane, dite Adèle Romanée, vers 1799, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

2. Apprendre : dilettantes et professionnelles

Dès les années 1780, la bourgeoisie, en pleine ascension sociale, s’approprie les signes de distinction des classes privilégiées : la maîtrise du dessin, l’érudition artistique, la fréquentation des expositions, connaissent une vogue croissante. Nombreuses sont les jeunes filles, nées hors de l’espace des beaux-arts, à se former à la peinture et aux arts graphiques, et à suivre les cours d’anatomie pittoresque. Elles sont encouragées par leur famille qui y voit, d’abord, un capital symbolique et matrimonial, puis, après la crise révolutionnaire, une profession rémunératrice. Greuze, David, Suvée, Regnault, etc. : se substituant à l’ancien modèle de transmission familiale, des ateliers réputés s’ouvrent à ces demoiselles. Leur interdiction par l’Académie, édictée en 1787 au nom de la bienséance, n’a que peu d’effet. Jeanne-Élisabeth Chaudet, Césarine Davin-Mirvault, Hortense Haudebourt-Lescot, Louise Hersent, etc. : à la suite des pionnières des années 1780, les peintres femmes forment aussi des élèves. Et dès 1800, les cours privés se multiplient et les maîtres en vue ouvrent des sections féminines, souvent supervisées par leur épouse ou une ancienne élève. La pédagogie y est comparable à celle des sections masculines, jusqu’au nu et à la peinture d’histoire pour certains ateliers. La réputation du maître, le réseau de sociabilité qu’on tisse dans son atelier sont déterminants pour la carrière, la candidature au Salon, la constitution d’une future clientèle et la légitimité de la jeune peintre : l’amateure reste une femme, la professionnelle devient une artiste.

ANNE-GENEVIÈVE, dite « ANA » GREUZE (1762-1842) : L'Enfant à la poupée, fin du 18e siècle, huile sur toile
 

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

JEANNE-PHILIBERTE LEDOUX (1767-1840) : La Suppliante d'après Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), fin du 18e siècle, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARIE-RENÉE-GENEVIÈVE BROSSARD DE BEAULIEU (1755-1832) : La Muse de la poésie pleurant la mort de Voltaire, 1785, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Un "homme peintre", le premier de l'exposition, peignant deux jeunes personnes, sans doute ses élèves...

JACQUES-AUGUSTIN-CATHERINE PAJOU (1766-1828) : Mesdemoiselles Duval, 1er quart du 19e siècle, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARIE-ÉLÉONORE GODEFROID (1778-1849) :

Portrait posthume de Jacques-Louis David, peintre (1748-1825) représenté pendant son exil à Bruxelles, début du 19e siècle, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

François Gérard, peintre (1770-1837) huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Encore un homme peintre : c'est le sujet qui est en rapport avec l'exposition.

Louis HERSENT (1777-1860) : Portrait de Jean-Baptiste Regnault (1754-1829), d'après l'Autoportrait conservé au musée des Beaux-Arts de Valenciennes, 19° siècle, huile sur toile

Pendant plus de vingt ans, l'atelier féminin de Regnault, ouvert l'été 1787 au Louvre, est le plus prisé et une pépinière de talents : Pauline Auzou, Alexandrine Delaval, Henriette Lorimier. Adele Romanée... Une trentaine d'élèves, la plupart issues de familles aisées, se sont formées auprès de lui.

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

CATHERINE-CAROLINE COGNIET-THÉVENIN née THÉVENIN (1813-1892) : Atelier de jeunes filles, 1836, huile sur toile

Exerçant un quasi-monopole, Léon Cogniet a formé un millier d'élèves de 1822 à 1876 : des jeunes hommes, dans son atelier personnel et dans un autre qu'il ouvre pour accueillir les nombreux candidats ; puis des jeunes femmes à partir de 1834.

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARIE-AMÉLIE COGNIET (1798-1869) : Intérieur de l'atelier de Léon Cogniet (1794-1880), 1831, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ADRIENNE-MARIE-LOUISE GRANDPIERRE-DEVERZY épouse PUJOL (1798-1869) : L'Atelier d'Abel de Pujol, 1822, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ANTOINE-JEAN GROS, BARON GROS (1771-1835) : Portrait d'Augustine Dufresne, baronne Gros, 1822, huile sur toile

A défaut d'oeuvre d'Augustine Dufresne, artiste peintre elle aussi, son portrait par son mari...

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

JULIE DUVIDAL DE MONTFERRIER épouse HUGO (1797-1865) :

Autoportrait, non daté, huile sur toile

Élève des peintres François Gérard et Jacques-Louis David, elle épousa Abel Hugo, frère de Victor

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Adèle Foucher, vers 1820, huile sur toile

Mariée à Victor Hugo en 1822, elle était l'élève de Julie Duvidal de Montferrier, auteur de ce portrait, qui épousa Abel Hugo en 1827.

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

LOUISE-JOSÉPHINE SARAZIN DE BELMONT (1790-1871) : Naples, vue du Pausilippe, entre 1843 et 1858, présenté au Salon de 1859, huile sur toile

Élève de Pierre-Henri de Valenciennes avant 1812, Louise-Joséphine Sarazin de Belmont se rend en Italie de 1824 à 1826 : elle visite Rome et ses environs, Naples, la Sicile.

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Vue du Forum le matin, entre 1842 et 1860, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

HORTENSE HAUDEBOURT-LESCOT née Antoinette Cécile Hortense VIEL, épouse HAUDEBOURT (1784-1845) : Le Jeu de la main chaude, 1812, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

MARIE-GABRIELLE CAPET (1761-1818) : Scène d'atelier (Adélaïde Labille-Guiard faisant le portrait de Joseph-Marie Vien) ou L'Atelier de madame Vincent vers 1800, 1808, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

3. Le Salon : un espace incontournable en mutation

Le Salon, au tournant du XIXe siècle, devient l’événement culturel majeur (plus de 22 000 visiteurs en 1804) et le seul espace d’exposition et de consécration des artistes vivants. Suite à la réorganisation révolutionnaire du système des beaux-arts, devenu dès 1802 une autorité administrative unique, la Direction des musées gère le Musée récemment créé et encourage l’art vivant exposé au Salon avec, à son issue, l’attribution des médailles, les commandes et les acquisitions par l’État. De 300 exposants sous la Révolution, on passe à 700 au début de l’Empire puis 1 200 à la fin des années 1840. La multiplication exponentielle des tableaux, accrochés sur plusieurs rangs, seulement numérotés, et le succès de l’exposition bisannuelle expliquent le rôle déterminant de la critique naissante sur le goût du public comme sur la carrière des artistes. De 9 % dans les années 1790 à 15 % au milieu des années 1820, les exposantes y sont, d’abord, pour la plupart issues de classes favorisées, tandis que, durant les dernières années de l’Empire et sous la Restauration, les filles issues de la petite bourgeoisie ou du métier se font plus nombreuses. Leur parcours est semblable à celui des hommes, bien qu’affecté par un taux de refus du jury plus élevé. Néanmoins, leur rôle est essentiel dans l’évolution du Salon vers un marché de l’art où le goût du public l’emporte sur les visées didactiques antérieures. En effet, participe de cette mutation l’envahissement du Salon par les scènes de genre, les portraits et les petits tableaux, qu’elles sont plus nombreuses à pratiquer que les hommes.

MARIE-VICTOIRE LEMOINE (1754-1820) :

Femme et Cupidon, 1792, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Portrait de Marie-Geneviève Lemoine avec sa fille Anne-Aglaé Deluchi, vers 1802, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ANGÉLIQUE MONGEZ née Marie-Joséphine-Angélique LEVOL (1775-1855) : Thésée et Pirithoüs délivrent deux femmes des mains de leurs ravisseurs, 1806, craies noire, blanche, bleue, et ocre sur papier ivoire

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ALEXANDRINE DELAVAL (active entre 1808 et 1838) : Malvina. Chant de douleur sur la perte de son cher Oscar (Poésies d'Ossian), 1810, huile sur toile

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ROSALIE CARON (1791-1860) : Mathilde surprise dans le jardin de Damiette par Malek-Adhel, présenté au Salon de 1817, huile sur toile

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CÉSARINE DAVIN-MIRVAULT née Césarine Henriette Flore MIRVAULT, épouse DAVIN (1773-1844), La Mort de Malek-Adhel, présenté au Salon de 1814, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

PAULINE AUZOU née DESMARQUETS (1775-1835) : Novès et Alix de Provence, 1816, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

On retrouve Julie DUVIDAL de MONTFERRIER, épouse HUGO avec Tête d'Ève, 1822, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

De MARGUERITE GÉRARD, deux œuvres plus tardives que celle de 1786 vue au début du parcours :

Clémence de Napoléon envers madame de Hatzfeld, présenté au Salon de 1808, huile sur toile

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Maternité, 1801, huile sur toile

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CONSTANCE MAYER (1774-1821) : Le Flambeau de Vénus, 1808, huile sur toile

En dépit des préventions contre la pratique féminine du nu érotisé, le tableau présenté en 1808 avec son pendant Le Sommeil de Vénus (1806), aujourd'hui conservé au musée du Louvre, offre à Constance Meyer la consécration : l'acquisition de l'ensemble par l'impératrice Joséphine.
Partageant avec Pierre-Paul Prud'hon le métier et la vie de peintre, elle est pourtant réduite au rang d'élève sans talent par une historiographie misogyne tandis qu'un révisionnisme lucratif a systématiquement attribué au maître toutes les œuvres et esquisses réalisées pendant leur collaboration.
Une esquisse de l'œuvre, attribuée à Prud'hon, est ainsi conservée au musée Condé de Chantilly. Une lettre de lui affirme cependant que Le Flambeau de Vénus est d'elle et qu'elle seule y travailla.

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

AIMÉE BRUNE 1803-1866 : Une jeune fille à genoux, 1839, huile sur toile

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ISABELLE PINSON née PROTEAU (1769-1855) L'Attrapeur de mouche, 1808, huile sur toile

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ANGELIQUE MONGEZ née Marie-Joséphine-Angélique LEVOL (1775-1855) : Mars et Vénus, 1841 (date de signature), huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ROSE-ADÉLAÏDE DUCREUX (1761-1802) : Portrait d'une femme tenant sa fille sur les genoux, présenté au Salon de 1793 (n° 242), huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

LOUISE MARIE-JEANNE HERSENT née MAUDUIT (1784-1862), Portrait d'une jeune femme portant une robe blanche, avec un châle de cachemire, accoudée à une méridienne, 1828, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

JEANNE-ELISABETH CHAUDET née GABIOU (1761-1832) : Portrait d'une dame en novice, 1811, huile sur toile

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EULALIE MORIN née Eulalie Françoise Anne CORNILLAUD (1765-1837) : Juliette Récamier (1777-1849), fin du 18° siècle (refusé au Salon de 1799), huile sur toile
 

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

On retrouve Adèle ROMANÉE avec ce Portrait de Fleury, comédien (1750-1822), 1818, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ainsi que MARIE-ÉLÉONORE GODEFROID avec ce Portrait d'Abd el-Kader, entre 1830 et 1844, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

C'est encore MARIE-ÉLÉONORE GODEFROID qui participe à cette confrontation entre deux portraits posthumes de Germaine de Staël : celui, à gauche, de son ami FRANÇOIS GÉRARD et le sien, à droite (après 1817, huile sur toile)

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat


MARIE-DENISE, dite « NISA » VILLERS née LEMOINE (1774-1821) fournit le thème de l'affiche de l'exposition avec Portrait présumé de madame Soustras laçant son chausson, 1802, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

HENRIETTE LORIMIER (1775-1854) : François Pouqueville à Janina, 1830, huile sur toile

L'acquisition en 1805 de La Chèvre nourricière (Salon de 1804) par Caroline Bonaparte, une médaille d'or en 1806 pour Jeanne de Navarre acquis par l'impératrice Joséphine en 1807 : Henriette Lorimier est une artiste en vogue quand elle rencontre François Pouqueville, qui deviendra son compagnon jusqu'à sa mort. Membre de l'expédition d'Egypte en 1798, prisonnier des Ottomans en Grèce puis à Constantinople jusqu'en 1801, médecin, archéologue, voyageur et écrivain philhellène, Pouqueville contribue à la révolution grecque.
 

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

4. Moi. Peintre

Cette dernière section présente avant tout des autoportraits, ce genre auquel aucun peintre femme n'échappe, qui leur permet d'affirmer leur personalité en tant qu'artiste et dont on a déjà vu plusieurs exemples dans le parcours de l'exposition.

MARIE-ADELAIDE DURIEUX née LANDRAGIN (active entre 1793 et 1798) Autoportrait, vers 1793-1798, huile sur toile
 

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Un autre autoportrait d'ÉLISABETH-LOUISE VIGÉE LE BRUN, daté de 1790, antérieur à celui de 1800 qui ouvrait le parcours de l'exposition

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

On retrouve HORTENSE HAUDEBOURT-LESCOT avec ce Portrait de l'artiste, 1800, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

ainsi que CONSTANCE MAYER avec cet autoportrait, vers 1801, huile sur toile

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat

Pour le dernier tableau du parcours, on retrouve le petit format intimiste caractéristique de MARGUERITE GÉRARD avec Artiste peignant le portrait d'une musicienne, vers 1800, huile sur bois.

Peintres Femmes 1780-1830 Naissance d'un combat
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5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 08:00

Exposition originale à Orsay : une quinzaine d'artistes, plus de 70 œuvres pour la plupart jamais montrées en France - sauf quelques-unes, précisément, dans les collections permanentes d'Orsay - pour refléter la grande vitalité, au tournant du XXème siècle, de la scène artistique de la jeune confédération helvétique née en 1848.

Section 1 - Figures tutélaires : Ferdinand Hodler et Giovanni Segantini

Nés dans les années 1850, Ferdinand Hodler (1853-1918) et Giovanni Segantini (1858-1899) font figure de pionniers de la modernité et marquent toute une génération de peintres de vingt ans leurs cadets. Menant des carrières internationales, ils deviennent à la fin des années 1890 des acteurs majeurs de la peinture symboliste européenne, rompant avec la tradition naturaliste fondée sur l'imitation du réel. Pour Hodler, la mission de l'artiste consiste à révéler l'harmonie de la nature, au-delà des particularités: il s'agit de voir et de dégager l'essentiel. Segantini, de son côté, déploie un sens de la synthèse et de la simplification. Ses sujets paysans se muent en méditation sur la place de l'homme dans la nature et sur le cycle de la vie. Malgré sa mort prématurée en 1899, son art marque durablement Giovanni Giacometti, tandis que Hodler inspirera les peintres Amiet, Buri, Righini, Perrier ou encore Vallet.
 

Ferdinand Hodler : La Pointe d’Andey, vue depuis Bonneville [La Pointe d’Andey von Bonneville aus] 1909, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Portrait de Mathias Morhardt [Bildnis Mathias Morhardt] 1913, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Le Bûcheron [Der Holzfäller] 1910, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Femme joyeuse [Fröhliches Weib] 1909, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Autoportrait [Selbstbildniss] 3 février 1912, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Giovanni Segantini : Midi dans les Alpes [Mezzogiorno sulle Alpi] 1891, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Section 2 - Lumière et couleur

Comme son mentor Segantini, Giovanni Giacometti (1868-1933) est obsédé par la lumière. À la mort du maître en 1899, Giacometti achève l'une de ses toiles, ce qui lui permet d'étudier sa touche divisionniste: des traits enchevêtrés de mille couleurs, plus ou moins épais, qui vibrent entre eux pour faire surgir la lumière. Fasciné par cette manière, le jeune Giacometti pousse ses expérimentations encore plus loin en traduisant les effets de la lumière par de larges stries colorées. Cuno Amiet (1868-1961) partage cette attirance pour la lumière et ses effets colorés. Après avoir travaillé en Allemagne et en France, Amiet et Giacometti reviennent en Suisse. Leurs recherches picturales du tournant du siècle transfigurent des sujets tirés de leur quotidien: la nature environnante et le cercle familial.

Giovanni Giacometti : Autoportrait devant un paysage hivernal (Autoritratto davanti a paesaggio invernale]1899, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Vue sur Capolago et le lac de Sils [Blick über Capolago und den Silsersee) vers 1907, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Floraison [Fioritura] 1900, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay
Modernités suisses au Musée d'Orsay

Arc-en-ciel [Arcobaleno] 1916, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Cuno Amiet : Le Grand Hiver [Der Grosse Winter] 1904, détrempe sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay
Modernités suisses au Musée d'Orsay

Taches de soleil [Sonnenflecken] 1904, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Section 3 - Cuno Amiet: le chemin de Pont-Aven

Le séjour de Cuno Amiet à Pont-Aven en 1892-1893 est déterminant. Depuis les années 1860, ce village breton est très fréquenté par les artistes, attirés par les paysages, les habitants aux costumes traditionnels et le sentiment de fréquenter une région épargnée par l'industrialisation. Vers 1885-1890, Paul Gauguin et ses amis y abandonnent le réalisme au profit d'œuvres marquées par une forte stylisation et l'emploi de couleurs vives cernées d'un contour sombre. S'il ne rencontre pas Gauguin, Amiet est fasciné par ce qu'il découvre à Pont-Aven des recherches les plus avancées des artistes postimpressionnistes. Son opinion sur l'art en est bouleversée et les œuvres qu'il produit en Bretagne, puis de retour en Suisse, attestent de la puissance de ce choc visuel et culturel.

Bretonne [Bretonin] 1892, huile sur toile marouflée sur bois
 

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Garçon mendiant avec du pain [Bettelknabe mit Brot] 1894, huile sur toile

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Bretonne couchée [Liegende Bretonin] 1893, huile sur toile

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Paysage près de Pont-Aven [Landschaft bei Pont-Aven] 1892, huile sur toile

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Section 4 - Cuno Amiet et Giovanni Giacometti: «Nos éducateurs à l'art de Van Gogh »

En Suisse, les œuvres de Cuno Amiet et Giovanni Giacometti jouent un rôle majeur dans l'appréciation par le public des œuvres des impressionnistes, de Cézanne et de Van Gogh. Ils admirent beaucoup ce dernier, lisent sa correspondance et copient ses œuvres. En 1908, à Zurich, une importante exposition présente les œuvres de Van Gogh aux côtés de celles de peintres suisses. Le critique Hans Trog voit alors les tableaux de Giacometti et Amiet qu'il considère dès lors comme des «éducateurs» à l'art du maître, à leurs «accords de couleurs pures et éclatantes». Une nouvelle génération de collectionneurs acquiert ainsi des œuvres de Van Gogh et contribuent à les faire connaître en Suisse.

Giovanni Giacometti : Le pain [Il pane] 1908, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Autoportrait [Autoritratto] 1909, huile sur toile

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Le Pont de Langlois, copie d'après Van Gogh, vers 1906-1907, huile sur fibrociment

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Paysage ensoleillé (Agn) [Paesaggio sole (Agn)] 1910, huile sur toile

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Portrait de Trutti Müller [Bildnis Trutti Müller] 1907, huile sur toile

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Cuno Amiet : Le Chapeau violet [Der violette Hut] 1907, huile sur toile

Ce premier portrait de Gertrud Müller par Amiet est peint en même temps que celui de Giovanni Giacometti lors d'une séance de pose commune. La jeune femme, qui prend des cours de dessin auprès d'Amiet dès 1904, deviendra collectionneuse et mécène de nombreux peintres suisses.
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Autoportrait en rose [Selbstbildnis in Rosa] 1907, huile sur toile

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Nature morte avec des asters [Stillleben mit Astern] 1908, huile sur toile

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L'Arlésienne, copie d'après Vincent Van Gogh, 1908, huile sur toile

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Section 5 - La recherche de l'innocence

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l'industrialisation croissante de la Suisse provoque des bouleversements sociaux. De nombreux artistes fuient la vie trépidante des villes pour créer leur propre paradis a la campagne. Les peintres reprennent de façon neuve et variée des thèmes classiques, comme la moisson, sujet cher au XIXe siècle évoquant l'harmonie entre l'homme et la nature. Amiet en fait une célébration du bonheur terrestre dans des œuvres qui évoquent à la fois Cézanne, l'Art Nouveau et le mouvement expressionniste allemand Der Blaue Reiter. Chez Alice Bailly (1872-1938), la nature vierge de toute présence humaine apparaît comme un refuge harmonieux et éclatant, tandis que Giovanni Giacometti s'inspire des modèles classiques italiens pour célébrer le bonheur familial. Évocatrice de l'innocence, l'enfance l'inspire, tout comme Amiet ou Martha Stettler (1870-1945).
 

Alice Bailly (1872 - 1938) :

Verger [Ursenbach] 1909, huile sur toile
 

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Printemps à Orsay (L'Arbre blanc) 1912, huile sur toile
 

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Giovanni Giacometti :

Maternité [Maternità] 1908, huile sur toile

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Lumière et ombre II [Luce e Ombra II] 1912, huile sur toile
 

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Cuno Amiet :

Au Jardin [Im Garten] 1911, huile sur toile
 

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Le Jardin de la ferme [Bauerngarten] vers 1907, huile sur toile
 

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La Cueillette [Obsternte] 1912, huile sur toile
 

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Le Pommier [Apfelbaum] 1907, huile sur toile
 

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Étude pour Les Filles jaunes [Studie zu Die Gelben Mädchen] 1905, huile sur plaque en fibrociment (Eternit)
 

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Martha Stettler (1870 - 1945) :

La Toupie [Der Kreisel] entre 1907 et 1916, huile sur toile
 

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Section 6 - L'inquiétant théâtre de l'intime

Si la révolution industrielle et ses mutations sociales entraînent chez certains un retour à une nature idéale, d'autres, comme Félix Vallotton (1865-1925) et Sigismund Righini (1870-1937), s'attardent plutôt sur l'angoisse qu'elles génèrent. L'étrangeté fait irruption dans la sphère intime lorsque les deux peintres bouleversent les codes traditionnels du portrait familial, notamment par leur usage de la couleur. Dans Le Dîner, effet de lampe, Vallotton anéantit l'image idéalisée de la famille par une atmosphère trouble et sinistre. Il aborde de façon implacable les tensions et conflits amoureux dans La Chambre rouge. Figure respectée de la vie culturelle zurichoise, Righini pose un regard ambivalent, voire ironique, sur les portraits monumentaux et très colorés de sa propre famille: isolés les uns des autres, femme, enfants, père et mère apparaissent comme sur une scène de théâtre, chacun conservant la pose qui lui a été attribuée, chacun faisant face au spectateur.

Félix Vallotton (1865-1925) :

Autoportrait 1897, huile sur carton

Modernités suisses au Musée d'Orsay

La Chambre rouge 1898, tempera sur carton

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Le Dîner 1899, huile sur carton marouflé sur bois

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Sigismund Righini (1870-1937) :

Autoportrait sur fond de fleurs [Selbstbildnis vor Blumenhintergrund) vers 1908, huile sur carton

Modernités suisses au Musée d'Orsay

La Famille I [Die Familie I] 1904, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay
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La Famille II [Die Familie II] 1911, huile sur toile

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Section 7 - Renouveau des scènes de genre paysannes

Les expositions nationales suisses (en 1883 à Zurich, 1896 à Genève et 1914 à Berne) sont de véritables vitrines du patriotisme helvète. Une iconographie nationale s'y forge à travers la peinture alpine, tandis que l'accent est mis sur les identités régionales, les sujets populaires exaltant les coutumes d'une population rurale montrée en costumes traditionnels. Attirés par le mode de vie des paysans, des peintres quittent la ville pour la campagne : Ernest Biéler (1863-1948), Edouard Vallet (1876-1929), Max Buri (1868-1915). Jusqu'alors dépeints dans une veine naturaliste précise, ces sujets traditionnels sont repris par ces artistes sans aucune approche anecdotique et dans un langage plastique novateur: une ligne souple évoquant l'Art Nouveau chez Biéler, un jeu de couleurs franches et vives chez Buri, des compositions structurées chez Vallet.

Ernest Biéler (1863-1948) :

L'Auteur 1911, aquarelle et gouache sur papier

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Le Petit Cheval rouge 1909, tempera et crayon sur papier contrecolé sur toile

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Ramasseuse de feuilles vers 1906-1909, aquarelle, gouache et crayon sur papier marouflé sur carton
 

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Max Buri (1868 - 1915) :

Autoportrait [Selbstbildniss] 1913, huile sur toile
 

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Jeune fille de la vallée du Hasli [Mädchen aus dem Haslital] vers 1906, huile sur toile
 

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Joueur d'accordéon en compagnie [Handorgeler in Gesellschaft] 1905-1906, huile sur toile
 

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La Sieste [Siesta] 1907-1910, huile sur toile
 

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Édouard Vallet (1876-1929) :

Autoportrait 1912, huile sur toile

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Dimanche matin 1908-1909, huile sur toile 

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Section 8 - Le paysage symboliste


En Suisse, le multilinguisme et un fort régionalisme ont limité l'émergence d'une iconographie nationale dans la peinture d'histoire. Depuis la fin du XVIIIe siècle, cette recherche d'une identité nationale s'exprime plutôt dans le paysage, mais celui-ci perd vers 1900 cette fonction patriotique au profit d'une approche subjective et onirique de la nature. Chez des artistes aussi différents que Félix Vallotton, Hans Emmenegger (1866-1940), Alexandre Perrier (1862-1936) et Albert Trachsel (1863-1929), le paysage devient rêve, vision fantastique ou symbole d'harmonie. Basés sur une connaissance aigüe et précise de la nature, leurs tableaux la transfigurent par le jeu de couleurs irréelles, la stylisation des motifs et l'importance donnée aux effets de lumière. Cette approche symboliste renouvelle profondément la tradition du paysage helvète et celle de la peinture de montagne en Suisse et en Europe.

Félix Valloton :

Derniers rayons dit aussi Paysage avec arbres 1911, huile sur toile

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La Mare (Honfleur) 1909, huile sur toile

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Albert Trachsel (1863-1929) :

L'Île des arbres en fleurs (Paysage de rêve) [Traumlandschaft] vers 1912-1913, huile sur toile
 

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Paysage de rêve [Traumlandschaft] vers 1907, huile sur toile

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Hans Emmenegger (1866 - 1940) :

Château-rocher III [Felsenburg II 1901, huile sur toile sur un apprêt à la détrempe
 

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En Février (étude) [Im Februar (Studie)] 1907, huile sur toile

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Alexandre Perrier (1862-1936) :

Le Lac Léman et le Grammont 1901, huile sur toile
 

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Section 9 - Augusto Giacometti: de l'Art Nouveau à l'abstraction


L'art d'Augusto Giacometti (1877-1947) relève d'une vision diamétralement opposée à celle de son cousin Giovanni : ce dernier prône la peinture de plein air et l'observation directe du modèle, alors qu'Augusto considère la nature comme le point de départ d'un travail fondé sur l'imagination. Formé auprès du Suisse Eugène Grasset, installé à Paris et tenant de l'Art Nouveau, il s'appuie sur ce langage formel pour donner aux couleurs et à la ligne leur propre valeur et atteindre une certaine abstraction.
 

Augusto Giacometti (1877-1947) :

Plein été [Hochsommer] 1912, huile sur toile

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Fantaisie Chromatique [Chromatische Fantasie] 1914, huile sur toile

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Autoportrait au chapeau [Selbstbildnis mit Hut] 1908, huile sur toile

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Contemplation [Contemplazione] vers 1908, huile sur toile

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Section 10 - Natures mortes: jeux de couleurs et de formes

Fleurs, fruits, objets familiers : les motifs traditionnels de la nature morte restent attrayants pour les artistes comme pour les collectionneurs. Comme Cézanne, Gauguin ou Van Gogh avant eux, les peintres y déploient un nouveau vocabulaire artistique et se livrent à des expérimentations de forme, de couleur et de composition. Jouets, céramiques traditionnelles suisses et végétaux leur inspirent des combinaisons inédites, aux couleurs souvent intenses. Parmi ces réinventions de l'univers quotidien, celle d'Alice Bailly est la plus radicale. Elle est la seule des artistes de cette exposition à s'inscrire, au début des années 1910, au coeur d'une nouvelle avant-garde française : le cubisme.
 

René Auberjonois (1872 - 1957) : Nature morte au pot jaune 1910, huile sur carton

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Alice Bailly : Nature morte au réveille-matin 1913, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Félix Vallotton : Pommes 1919, huile sur toile

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Giovanni Giacometti : Nature morte avec livres [Stilleben mit Büchern] vers 1907-1908, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Cuno Amiet : Nature morte [Stillleben] 1907, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Hans Emmenegger : Fruits [Früchte] 1909, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Max Buri : Grande nature morte aux fleurs avec pommes (Grosses Blumenstück mit Äpfeln] vers 1911, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Sigismund Righini : La Table [Der Tisch] 1908, détrempe sur carton
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Dernière section de cette exposition où les découvertes ont été nombreuses, Vallotton étant le seul de ces artistes bénéficiant en France d'une grande notoriété (cf. notre billet du 5 novembre 2013) :

Section 11 - Dimensions cosmiques

Lacs, montagnes et autres éléments naturels sont ici simplifiés et réduits à l'essentiel, frôlant l'abstraction. Nos repères spatiaux traditionnels sont brouillés par les horizontales du lac Léman de Hodler, la fragmentation du motif chez Emmenegger, les ciels étoilés de Giacometti ou les éclatants couchers de soleil de Vallotton. Ces paysages des années 1910 se vident de toute présence humaine, même quand il s'agit de lieux normalement très fréquentés. Lignes, couleurs, formes dépassent la représentation du motif et du moment pour suggérer un univers, un au-delà insondable de la nature. Intenses et magnétiques, ces paysages revêtent une dimension cosmique. Ils invitent à la méditation, à la rêverie et à l'émerveillement face à l'infini et à la beauté.
 

Hans Emmenegger : Reflet sur l'eau (Petit bateau à vapeur se reflétant dans l'eau) [Reflektion im Wasser (Kleiner Dampfer, sich im Wasser spiegelnd)] 1908-1909, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Ferdinand Hodler : Brouillard du soir sur le lac de Thoune [Abendnebel am Thunersee] 1908, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Le Lac Léman et le Mont-Blanc à l'aube (octobre) [Genfersee mit Mont-Blanc am frühen Morgen (Oktober)] 1917, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Augusto Giacometti : Nuit étoilée (Voie lactée) [Sternenhimmel (Milchstrasse)] 1917, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay

Félix Vallotton : Coucher de soleil, ciel orange 1910, huile sur toile
 

Modernités suisses au Musée d'Orsay
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2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 08:00

Comme promis, un dernier regard sur cette exposition-fleuve rendant hommage à 106 femmes artistes qui ont marqué de leur empreinte l'irruption de l'art abstrait tout au long du siècle dernier. (cf. nos billets du 22 mai et du 29 mai derniers).

Science et photographie

La photographe allemande

Marta Hoepffner (1912, Pirmasens - 2000, Lindenberg im Allgäu)


Räumliche Strukturen, Variation III (orange), 1979 [Structures spatiales, variation III (orange)], image interférente en couleurs à la lumière polarisée Streifen im Achteck I, 1968 [Rayures dans l'octogone l], image interférente en couleurs à la lumière polarisée et deux autres réalisations de même nature

Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin

et l'américaine 

Berenice Abbott (1898, Springfield, Ohio - 1991, Monson, Maine)

avec ces photographies "abstraites" des années 1960 (balle rebondissante et pendules stroboscopés, et autres effets)

Elles font l'abstraction : suite et fin

Black and White, Op and Pop

à gauche :

Martha Boto (1925, Buenos Aires - 2004, Paris)

Essaim de reflets, 1965, acier inoxydable, aluminium, Plexiglas, moteur

Martha Boto, formée à Buenos Aires, opte pour un langage plastique abstrait dès 1954. À son arrivée à Paris, en 1959, elle se lie aux artistes gravitant autour de la galerie Denise Ren À partir de 1963, elle recourt à l'électricité et réalise ses premières sculptures cinétiques.

à droite :

Eduarda Emilia Maino, dite Dadamaino (1930, Milan- 2004, Milan)

Dès les années 1950, Dadamaino s'engage sur la voie d'un art pensé comme une plongée radicale dans l'espace et vers d'autres dimensions possibles. Surtout connue pour ses toiles monochromes percées de trous ovales, elle est remarquée dans les années 1960 sur la scène artistique européenne grâce aux Oggetti ottico-dinamici présentés au Musée des Arts Décoratifs de Paris en 1964.

Oggetto ottico-dinamico, 1962-1971, plaques d'aluminium fraisées sur fils de nylon fixés sur structure de bois

Elles font l'abstraction : suite et fin

Louise Nevelson (1899. Percaslavie, Ukraine) - 1988, New York)

A la fin de 1920, elle suit des cours de peinture à l'Art Student's League of New York. Par la suite, elle travaille avec Hans Hofmann à Munich en 1931, puis à New York et Mexico en tant qu'assistante de Diego Rivera. Dès 1933, elle expose peinture et gravure, et se tourne vers la sculpture. De 1949 à 1950, elle étudie la terre cuite, l'aluminium, le bronze au Sculpture Center, puis elle étudie la gravure avec Stanley Wiliam Hayter . Elle est l'une des premières à montrer ses sculptures dans les années 1950

Tropical Garden II, 1957, Assemblage de 15 boîtes en bois peint 

Elles font l'abstraction : suite et fin

Les années 1960

Carla Accardi (1924, Trapani, Italie - 2014, Rome)

En 1947, la sicilienne Carla Accardi co-fonde le groupe marxiste et formaliste Forma 1 aux côtés de Piero Dorazio, Pietro Consagra, Giulio Turcato et Antonio Sanfilippo, théoricien du groupe qu'elle épouse deux ans plus tard. Dès 1954, elle trace de façon répétitive des signes blancs à l'aspect calligraphique sur des toiles peintes en noir. Cette « anti-écriture » se fait constitutive de son œuvre. A partir de 1964, les feuilles de scofoil deviennent son support de prédilection. Elle apprécie la transparence de ce matériau inhabituel qu'elle associe à de la peinture fluorescente, déclarant à ce sujet : « ce n'était que lumière ! ».

Rotoli, 1966-1971, peinture sur sicofoil, 10 éléments
Sans titre, 1967, peinture sur sicofoil

Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin

Derrière les Rotoli de Carla Accardi, deux acrylique sur toiles, vers 1965, de l'américaine

Marcia Hafif (1929, Pomona, Californie - 2018, Laguna Beach, Californie)

Marcia Hafif séjourne à partir de 1961 pendant une dizaine d'années à Rome, où elle fréquente la scène artistique de l'époque dont fait partie Carla Accardi. 

Elles font l'abstraction : suite et fin

llona Keserü née en1933 à Pécs (Hongrie), vit et travaille à Budapest

Ilona Keserü est une des représentantes majeures de la scène artistique hongroise des années 1960. Elle se forme notamment aux côtés de l'artiste Ferenc Martyn, lui-même membre du groupe Abstraction Création, qui l'engage à se tourner vers un langage pictural abstrait. En 1967, elle découvre dans un cimetière près du lac Balaton des pierres tombales aux formes ondulées. Ce motif est dès lors récurrent dans ses peintures aux tonalités chaudes, comme dans la série Közelités.
 

Közelítés 1., 1969 [Approche 1.] huile sur toile
Közelítés 2., 1969 [Approche 2.] acrylique, toile en relief
 

Elles font l'abstraction : suite et fin

Tess Jaray (née en 1937 à Vienne en Autriche, vit et travaille à Londres

Peintre et graveuse britannique, elle a enseigné à la Slade School of Fine Art, UCL de 1968 à 1999. 

St Stephen's Green, 1964, huile sur toile 

Elles font l'abstraction : suite et fin

Textile et abstraction

Sheila Hicks (1934, Hastings, Nevada, vit et travaille à Paris)

Sheila Hicks, installée à Paris depuis 1964, se forme à l'Université de Yale auprès du théoricien des couleurs Josef Albers et du spécialiste de l'art et des textiles précolombiens Georges Kleber Textile Fresco témoigne de son intérêt pour les méthodes de tissage de l'Amérique précolombienne. On perçoit ainsi dans les nouds rythmant cette composition le souvenir du quipu, ancien outil de calcul de l'administration inca.

Textile fresco, 1977, 5 panneaux d'écheveaux torsadés en lin, soie et coton

Elles font l'abstraction : suite et fin

Lenore Tawney (1907, Lorain (Ohio - 2007, New York)

Lenore Tawney, formée au dessin, à la sculpture et au tissage au New Bauhaus / Institute of design de Chicago dans les années 1940, développe une œuvre textile délicate à l'aspect éthéré. Ses tapisseries à chaînes ouvertes, réalisées à l'horizontale, sont alors composées d'une alternance d'espaces tissés et non tissés. 

Union of Water and Fire, 1974, Lin et fil de pêche

Elles font l'abstraction : suite et fin

Magdalena Abakanowicz (1930, Falenty, Pologne - 2017, Varsovie

Elles font l'abstraction : suite et fin

Eccentric Abstraction

Louise Bourgeois (1911, Paris - 2010, New York) 

Après des études à Paris, Louise Bourgeois s'installe en 1938 à New York. Dans les années 1960, elle réalise des œuvres à la forte dimension physique et corporelle, souvent en latex. Avenza Revisited Il est typique d'une abstraction post minimale opposée à la rigidité minimaliste. Un ensemble de formes cellulaires, dans lesquelles l'artiste voit des « nuages », semble contenu dans un cocon de chair s'étalant sur le sol. Cette sculpture en bronze, réalisée à partir du moule d'une sculpture en plâtre, témoigne des recherches de Louise Bourgeois autour des matériaux. Le bronze, métal dur, lourd et inaltérable, fige cette forme à l'aspect viscéral.

Avenza Revisited II, 1968-1969, bronze, nitrate d'argent et patine polie
 

Elles font l'abstraction : suite et fin

Au premier plan :

Eva Hesse (1936, Hambourg, Allemagne - 1970, New York)

Eva Hesse, formée à la peinture auprès de Josef Albers à l'Université de Yale, explore d'abord l'abstraction géométrique dans les années 1950.

Sans titre, 1970, fibre de verre, résine, polyester, polyéthylène, fils d'aluminium, 7 éléments

Derrière, au mur :

Rosemarie Castoro (1939, New York - 2015, New York)

Proche de la scène de la danse expérimentale dans les années 1960, l'intérêt de Rosemarie Castoro pour le corps en mouvement transparaît dans ses œuvres plastiques postérieures. Armpit Hair fait partie de la série des Brushstrokes, sculptures composées de couches de plâtre recouvertes de graphite et appliquées sur un support de bois à l'aide d'un balai. Bien qu'abstraite, cette peinture-sculpture post-minimale a une connotation féministe, son titre « Poils sous les bras » dénonçant avec humour l'idéal du corps féminin lisse et épilé.

Armpit Hair, 1972, isorel, bois, gesso, graphite et pâte à modeler

Elles font l'abstraction : suite et fin

Lynda Benglis, née en 1941 à Lake Charles (Louisiane), vit et travaille à New York et Santa Fe.

Au contraire des minimalistes qu'elle fréquente à New York, Lynda Benglis cherche à insuffler de la vie dans ses œuvres. Dès 1968, elle répand des traînées de latex liquide coloré sur le sol. Ces « fallen paintings », rappellent le sort des « fallen women » femmes déchues de l'ère victorienne. EAT MEAT trouve son origine dans une série de sculptures en mousse de polyuréthane débutée en 1969 : déversé sur le sol, le matériau y trouve sa forme de façon autonome.

EAT MEAT, 1969-1975, Bronze

Elles font l'abstraction : suite et fin

Modernité au Liban

Etel Adnan, née en 1925 à Beyrouth (Liban), vit et travaille à Paris

Etel Adnan est une poétesse américano-libanaise, écrivain et artiste visuelle ; polyglotte, elle écrit en français, en anglais et en arabe

Huiles sur toile entre 1960 et 1975

Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin

Helen Khal (1923, Allentown, Pennsylvanie - 2009, Ajaltoun, Liban)

Née de parents libanais, Helen Khal grandit en Pennsylvanie avant de passer deux ans au Liban à partir de 1946. Formée à la peinture à Beyrouth puis à New York, elle réalise dans les années 1960 des œuvres composées de blocs de couleur infusés de lumière qui évoquent la peinture de Mark Rothko.

Deux huiles sur toile sans titre de 1968

Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin

Virginia Jaramillo, née à El Paso (Texas), vit et travaille à New-York 

Installée à New York en 1967, l'artiste d'origine mexicaine Virginia Jaramillo développe depuis près de soixante ans une œuvre abstraite originale.

Altotron, 1976, huile sur toile 

Elles font l'abstraction : suite et fin

Alma Woodsey Thomas (1891, Colombus, Ohio - 1978, Washington DC)

Dans la série des Earth Paintings dont Iris, Tulips, Jonquils and Crocuses fait partie, Alma Woodsey Thomas adopte un point de vue macroscopique sur la nature, comme si elle ne pouvait plus en distinguer que des taches de couleurs. Dès le début des années 1960, son travail, fondé sur des mosaïques de couleurs organisées en bandes circulaires ou verticales, est associé au Color Field painting.

Iris, Tulips, Jonquils, and Crocuses, 1969, acrylique sur toile
Orion, 1973, acrylique sur toile

Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin

Vera Molnár  née en 1924 à Budapest (Hongrie), vit et travaille à Paris 


Sans titre, 1972, dessin à l'ordinateur, encre de Chine et encres de couleur sur table traçante
À la recherche de Paul Klee, 1970, encre sur papier
 

Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin

Une installation originale composée d'oeuvres diverses de 

Monir Shahroudy Farmanfarmaian (1924, Qazvin, Iran - 2019, Téhéran)

Monir Sharoudy Farmanfarmaian étudie les beaux-arts à l'Université de Téhéran avant de s'inscrire à la Parsons School of Design de New York. Elle se tourne vers l'abstraction en 1957, après un voyage en Iran au cours duquel elle est fascinée par la richesse de l'artisanat et par l'ornementation des monuments et des mosquées.

Elles font l'abstraction : suite et fin

Les années 1970 aux États-Unis

Elizabeth Murray (1940. Chicago - 2007, New York)

Enthousiasmée par l'oeuvre de Paul Cézanne, Elizabeth Murray se forme à la peinture à la fin des années 1950 à l'Art Institute of Chicago puis au Mills College d'Oakland. En 1967, elle s'installe à New York, où elle est marquée par la sculpture de Claes Oldenburg et la peinture de Ron Gorchov.

Parting and Together, 1978, huile sur toile

Elles font l'abstraction : suite et fin

Barbara Kasten née en 1936 à Chicago, vit et travaille à Chicago

Barbara Kasten réalise au début de sa carrière des œuvres textiles abstraites dans lesquelles elle inclut des éléments photographiques. A partir de 1974, elle fait de la photographie son médium principal, influencée par László Moholy-Nagy et Ludwig Mies van der Rohe et par les environnements lumineux du mouvement californien Light and Space.
 

Cibachromes, années 1980

Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin

Mary Heilmann, née en 1940 à San Francisco, vit et travaille à New-York

C'est à l'Université de Californie de Berkeley où enseignent alors Peter Voulkos et David Hockney que Mary Heilmann, marquée par la philosophie du surf et par la contre-culture californienne, se forme à la céramique et à la sculpture à la fin des années 1960. Installée à New York, elle est relativement isolée : ses tableaux postmodernistes détonnent sur une scène artistique dominée par les minimalistes.

Chinatown, 1976, acrylique sur toile

Elles font l'abstraction : suite et fin

Une abstraction politique ?

Harmony Hammond, née en 1944 à Chicago, vit et travaille à Galisteo, Nouveau-Mexique

Activiste féministe, co-fondatrice de la galerie A.I.R de New York en 1972 et autrice d'importantes expositions et ouvrages sur l'art lesbien, Harmony Hammond est à l'origine d'une œuvre abstraite et engagée, flottant entre sculpture et peinture.

Trois Floorpieces, 1973, tissu et peinture acrylique

Elles font l'abstraction : suite et fin

Howardena Pindell, née en 1943 à Philadelphie, vit et travaille New-York

Sans titre, 1971, acrylique sur toile

Elles font l'abstraction : suite et fin

Corporalité de l'abstraction

Huguette Caland (1931, Beyrouth - 2019, Beyrouth)

Dans la série Bribes de corps, initiée au début des années 1970, l'artiste libanaise Huguette Caland, alors installée à Paris, peint des fragments du corps humain en blow up ou plans rapprochés. La courbe, le désir et l'érotisme sont célébrés à travers ce que le critique d'art Raoul-Jean Moulin comme alors une « abstraction corporelle ». Sa palette de couleurs, faite de teintes souvent vives et inattendues, détonne et contribue à l'abstractisation du motif. 

Bribes de corps, 1973, huile sur lin
Checkpoint, 1974, huile sur lin

Elles font l'abstraction : suite et fin
Elles font l'abstraction : suite et fin

Zilia Sánchez, née en 1926 à La Havane (Cuba), vit et travaille à San Juan, Porto Rico

Zilia Sánchez, peintre cubaine exilée à New York à partir de 1960, est d'abord marquée par la peinture informelle qu'elle découvre lors de séjours en Espagne dans les années 1950. À partir de 1966, elle développe une œuvre sérielle, au vocabulaire et à la palette réduits. Autoproclamée "mulâtre minimaliste", elle reconnaît sa filiation avec une abstraction minimale qu'elle subvertit en y intégrant une forte dimension corporelle.

Eros, 1976/1998, acrylique sur toile tendue, supports de bois peints

Elles font l'abstraction : suite et fin

Abstractions cosmologiques

APY Art Centre Collective
Wawitiya Burton, Nyurpaya Kaika, Timpayie Presley, Naomi Kantri Angkalinya Cadie Curtis, Nyumi Burton. Tjungkara Ken, Tingila Young, Sylvia Ken Wipana Jimmy, Mary Pan, Maringka Baker, Alison Milka Carroll Cartene Thompson, Mona Metaliki, Illuwanti Ken, Panjiti Lewis, Tuppy Goodwin Puna Yanima, Julie Yaltangki, Barbara Moore. Sharon Adamson, Paniny Mick, Betty Muffler, Nellie Coulthardt, Ingrid Treacle, Meredith Treacle. Anywpa treacle. Madeline Curley. Imatjala Curtey, Tjangali George. Elizabeth Dunn, Teresa Baker Kani Patricia Tunkin

Le APY Art Centre Collective regroupe sept centres d'art formés par des artistes issus de communautés aborigènes du sud de l'Australie. Leurs ceuvres collectives sont des transcriptions picturales de récits mythologiques ancestraux mêlant diverses traditions locales. La loi des femmes est vivante sur nos terres a été réalisée par un groupe de femmes détentrices de savoirs traditionnels. 

Nganampa mantangka minyma tjutaku Tjukurpa ngaranyi alatjitu, 2018 [La Loi des femmes est vivante sur nos terres), acrylique sur toile

Elles font l'abstraction : suite et fin

Terminons, dans la dernière salle de l'exposition, avec comme un clin d'œil au titre de ce blog, une artiste chinoise : 

Irene Chou (1924, Shanghai, Chine - 2011, Brisbane, Australie)

Les peintures d'Irene Chou sont le fruit d'un syncrétisme entre influences artistiques orientale et occidentale. À Hong Kong, elle étudie la peinture de l'École de Lingnan, fondée sur la représentation à l'encre de la faune et de la flore. Elle découvre auprès de Lui Shou-Kwan, pionnier du New Ink Painting, le potentiel d'abstraction de la peinture à l'encre.

The Passage of Time, 1990/1991, encre de Chine, couleur et acrylique sur papier coréen hanji 
The Universe Lies Within II, 1997, encre de Chine, couleur et acrylique sur papier coréen hanji 

Elles font l'abstraction : suite et fin
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29 mai 2021 6 29 /05 /mai /2021 08:00

Nous poursuivons dans ce billet la visite de l'exposition du Centre Pompidou, la première que nous ayons visitée le jour même de la réouverture des musées au public. (Cf notre dernier billet). Ci-dessus, dans le hall d'entrée, les photos des 106 artistes qui "font l'abstraction".

Vanessa Bell (1879, Londres - 1961, Charleston Farmhouse, Firle)

Vanessa Bell, née Vanessa Stephen est une peintre et architecte d'intérieur britannique. Elle appartient au Bloomsbury Group et est la sœur aînée de l'écrivaine Virginia Woolf

Pamela, 1913, lin
Dessin pour le textile Maud pour les Ateliers Omega, 1913, crayon et gouache sur papier
Maud, 1913, toile de lin originale
Abstract painting, vers 1914, huile sur toile

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Helen Saunders (1885, Londres - 1963, Londres)

Formée à la Slade School of Fine Art et à la Central School of Arts and Crafts, Helen Saunders se consacre à sa pratique artistique à partir de 1911. Cette année-là, elle participe à la marche pour le suffrage des femmes. En 1914, elle fait partie des membres fondateurs du groupe vorticiste et signe le manifeste paru dans la revue BLAST.

Black and Khaki, vers 1915, crayon, encre, aquarelle, gouache sur papier
Composition, Yellow and Green, vers 1915, crayon aquarelle, gouache sur papier
Vorticist Composition, Blue and Green, vers 1915, crayon, aquarelle et gouache sur papier
Canon, vers 1915, crayon et gouache sur papier
Abstract Multicoloured Design, vers 1915,gouache, aquarelle et crayon sur papier
Balance, vers 1915, crayon et gouache sur papier
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Bauhaus : l'atelier textile

Alors que le programme de l'école annonce en 1919 par son premier directeur Walter Gropius, stipule l'égalité entre les sexes, les grands noms associés au Bauhaus sont surtout ceux des hommes tels les maîtres qui y enseignent, Johannes Itten, Vassily Kandinsky, Paul Klee ou László Moholy-Nagy. Pourtant lors du premier semestre 1919, une égalité presque totale existe entre les hommes et les femmes et, sur la totalité de l'histoire de l'école, plus d'un tiers des élèves sont des femmes. À la suite du cours préliminaire, au moment de rejoindre l'un des ateliers spécialisés de l'école, un quota officieux est mis en place pour réguler le nombre de femmes admises. À l'initiative de Gunta Stölzl, une classe de femmes est créée et fusionnée avec l'atelier de tissage. Après le cours préliminaire les femmes sont systématiquement orientées vers cet atelier, suscitant pour certaines regrets et amertume. L'atelier de tissage devient ainsi un laboratoire d'expérimentations remarquables de l'abstraction. C'est également cette production qui assure la survie financière de l'école du Bauhaus.

Gertrud Arnt (1903, Raciborz - 2000, Darmstadt)

Tapis noué, 1924/1992, laine vierge nouée

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Gunta Stölzl (1897, Munich - 1983, Zurich)

Fünf Chöre, 1928, tissage jacquard en coton, laine, rayonne et soie
Design for Textile to be Woven in the Jacquard Technique, 1927, aquarelle et crayon sur papier
Bauhaus Archive, vers 1919-1927, aquarelle, pastel et crayon sur papier
Bauhaus Archive, années 1920-1930, aquarelle et crayon sur papier

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Benita Koch-Otte (1892, Stuttgart - 1976, Bielefeld)

Wallhanging, 1924, coton
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Anni Albers (1899. Berlin - 1994, Orange)

Tenture, 1927/1964, coton, soie, double tissage

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Parmi les (nombreuses) découvertes de cette exposition, une artiste formée au Bauhaus en 1927,  où elle compte Josef Albers, Paul Klee et Vassily Kandinsky parmi ses enseignants :

Florence Henri (1893, New York - 1982, Compiègne), d'origine française par son père, François de Montague et allemande par sa mère, devenue suisse par mariage en 1924 pour pouvoir s'installer en France où elle était considérée comme apatride. Elle s'est tournée vers la peinture puis la photographie après avoir étudié et pratiqué la musique en tant que pianiste de concert.

Des épreuves au sel d'argent, deux tirages originaux de 1928 et un de 1931 :

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Composition, vers 1925, gouache et collage sur papier

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Trois huiles sur toile, intitulées Composition, datées entre 1924 et 1928

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Dans la même salle, trois sculptures spatiales de Katarzyna Kobro (1898, Moscou - 1951, Łódí (Pologne)) datées de 1928, en métal peint et bois.

En 1917, elle commence à Moscou ses études à l'Académie des beaux-arts où elle rencontre Władysław Strzemiński qui deviendra son époux et partenaire artistique. Elle entame des recherches sur des nouvelles formes pour la sculpture qui, dès les premières réalisations, sont abstraites. En Pologne, Kobro s'engage dans les groupes de l'avant-garde artistique. Elle devient également membre du groupe Abstraction-Création. Ses réalisations les plus connues, les Compositions spatiales (1925-1931), formes géométriques ouvertes, combinent les surfaces plates avec des courbes et des ajours, peintes en blanc ou avec des couleurs primaires. La violence qu'elle subit de la part de Strzemiński l'amène au divorce. Plongée dans la misère après la guerre, elle décède prématurément à l'âge de 53 ans.

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Figure majeure de la sculpture abstraite, l'anglaise 

Barbara Hepworth (1903, Wakefield, - 1975, St Ives). Au premier plan, 
Oval Sculpture (No. 2), 1943, moulage de 1956, Plâtre sur socle de bois
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Vues de deux Sculpture(s) with Colors, 1943, bois peint, cordes.

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
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Oval Form No. 1, 1946, gouaches, graphite sur bois
Curved form (Orpheus), 1956, huile et crayon sur bois
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Dans la même salle, l'américaine

Georgia O'Keeffe (1887, Sun Prairie - 1986, Santa Fe)

Red, Yellow and Black Streak, 1924, huile sur toile
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

et l'anglaise

Marlow Moss (1889, Londres - 1958, Penzance)

White, Black, Red and Grey, 1932, huile sur toile
White with Curved Cord, 1936, huile sur toile avec corde
White with Rope, 1940, huile sur toile avec corde

La première toile évoque bien sûr Mondrian, et on pourrait croire que Marlow Moss a été influencée par ce dernier. En fait, c'est l'inverse, Piet Mondrian a découvert une toile de Moss dans une exposition, est entré en correspondance avec elle et s'est inspiré ensuite de sa technique.

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Mary Ellen Bute (1906, Houston - 1983. New York)

Mary Ellen Bute travaillant sur son oscilloscope.

Première femme cinéaste à s'initier au cinéma abstrait aux États-Unis au début des années 1930, elle est également considérée comme une pionnière dans l'expérimentation en imagerie électronique. Bien que visionnaire et prescriptrice, l'œuvre de Bute est restée pendant de nombreuses années ignorée par l'histoire du cinéma d'avant-garde.

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

Abstronic, 1952 (extrait) film 35mm transféré dur vidéo HD, couleur, sonore

Intéressée par les mathématiques et les nouvelles technologies, Bute réalise avec Abstronic (1952) une hybridation, jusqu'alors inédite, entre techniques traditionnelles d'animation et composition générée électroniquement.

Expressionnisme abstrait

Janet Sobel (1893, Ekaterinoslav - 1968, Plainfield)

C'est à l'âge de 43 ans que Janet Sobel, mère de famille installée à Brooklyn, se met à peindre. Elle fait des expérimentations abstraites avec des coulures de peinture, à l'aide de pipettes en verre et d'émaux à séchage rapide. Elle incline aussi la toile et souffle sur la peinture humide. Peggy Guggenheim l'expose et dit d'elle que c'est « de loin la meilleure femme peintre d'Amérique ». Elle est considérée comme un précurseur et une inspiratrice de Jackson Pollock.

Sans titre, vers 1946, huile et émail sur carton
Sans titre, vers 1946-1948, technique mixte sur carton entoilé
Milky Way, 1945, émail sur toile
 

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Lee Krasner (1908, New York - 1984, New York)

Lee Krasner se tourne vers la peinture de manière précoce. En 1937 à New York, elle suit les cours d'Hans Hofmann, qui enseigne le cubisme analytique. Elle devient membre active de l'association des American Abstract Artists. En 1945, elle épouse Jackson Pollock dont elle assure la promotion alors qu'elle-même est déjà reconnue. Ils s'installent dans une ferme à Long Island. Inspirée par son environnement naturel, Krasner crée une série décisive de peintures délicates, les Little Images, réalisées à plat directement avec le tube ou en diluant la peinture avec de la térébenthine. Après la mort de Pollock en 1956, elle réalise des peintures de formats de plus en plus grands. Son œuvre a souvent pâti du fait qu'elle était Mme Pollock et de la misogynie du milieu de l'art.

Sans titre, 1948, huile sur toile
Sans titre, 1947, huile et émail sur toile de lin
Sans titre, 1949, huile sur toile

 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
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Elaine de Kooning (1918, New York - 1989, Southampton (NY, États-Unis)

Elaine Fried étudie l'art et a tout juste vingt ans lorsqu'elle rencontre le peintre hollandais Willem de Kooning à New York. Elle prend des cours auprès de lui. Ils se marient en 1943. En 1948, elle passe l'été au Black Mountain College (Caroline du Nord), un établissement d'enseignement expérimental. Elle y suit les cours de théorie des couleurs du peintre Josef Albers, ainsi que ceux de l'architecte Richard Buckminster Fuller. Elle participe à d'importantes expositions collectives à New York dans les années 1950, avec une première exposition individuelle en 1954.

Black Mountain #16, 1948, émail sur papier monté sur toile

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Hedda Sterne (1910, Bucarest- 2011, New York)

Au cours d'une carrière qui couvre une grande partie du 20e siècle, Hedda Sterne a toujours refusé d'adopter une « marque de fabrique ». À son arrivée aux États-Unis en 1941, Jean Arp la fait connaître à Peggy Guggenheim qui, à partir de 1943, l'inclut dans les expositions collectives qu'elle présente dans sa galerie newyorkaise The Art of This Century.

NY, NY No. X, 1948, huile sur toile

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Nous retrouvons avec plaisir deux toiles de

Joan Mitchell (1925, Chicago - 1992, Neuilly-sur-Seine)

que nous avions découverte à la Fondation Leclerc à Landerneau (notre billet du 4 mars 2019)

Sans titre, 1952-1953, huile sur toile
Méphisto, 1958, huile sur toile

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Shirley Jaffe (1923, Elizabeth (États-Unis) - 2016, Louveciennes)

Pensant séjourner seulement quelques mois à Paris en 1949, Shirley Jaffe s'y fixe définitivement. Elle y découvre Jackson Pollock, Willem de Kooning et se lie avec Jean-Paul Riopelle, Sam Francis puis Joan Mitchell.

Which in the World, 1957, huile sur toile

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Helen Frankenthaler (1928, New York - 2011, Darien)

En 1952, Helen Frankenthaler fait couler de la peinture diluée dans de la térébenthine sur de la toile de coton brut, posée à même le sol de son atelier, sans châssis ni apprêt. Cette méthode - le soak-stain (tremper-tacher) - donne naissance à des œuvres diaphanes qui inspirent les peintres Kenneth Noland et Morris Louis et amènent la critique à se désintéresser de l'abstraction gestuelle.

Cool Summer, 1962, huile sur toile
Open Wall, 1953, huile sur toile non collée, non apprêtée 
 

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Atsuko Tanaka (1932, Osaka - 2005, Nara)

Atsuko Tanaka est membre du groupe japonais Gutai qui prône dans les années 1950 une recherche radicale de la nouveauté.


Denkifutu (robe électrique), 1956/1999, 86 ampoules couleur, 97 linolites vernis en 8 teintes, feutre, câble électrique, ruban adhésif, métal, bois peint, boîtier électrique, disjoncteur, automate.

 Denkifutu trouve son origine dans les enseignes lumineuses que l'artiste observe dans les rues de Tokyo. Cette robe est composée de près de 200 ampoules recouvertes de peinture et clignotant de façon aléatoire. Le corps de l'artiste devient le support d'un tableau lumineux abstrait en constante transformation.

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
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Deux peintures vinyliques sur toile, sans titre, 1959 et 1961

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
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Wook-kyung Choi (1940, Séoul- 1985, Séoul)

Alors que la peinture abstraite coréenne postérieure aux années 1960 s'illustre par le mouvement Dansaekhwa, adepte du monochrome, Wook-kyung Choi est l'une des seules figures à s'exprimer par l'expressionnisme, avec une œuvre unique en son genre. Elle découvre les peintures de Jackson Pollock lors de ses études aux Etats-Unis.

Sans titre, vers 1965, acrylique sur toile
Sans titre, non daté, acrylique sur toile
Sans titre, 1966, huile sur toile

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
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Comme dans toutes les grandes expositions organisées à cet endroit du Centre Pompidou, une attention particulière est portée à la salle située à proximité des verrières Nord.

Sculptures et jeux d'espace

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Dans le fond de cette salle,

Marta Pan (1923, Budapest - 2008, Paris)

Installée à Paris après des études à Budapest, Marta Pan participe dès 1950 au Salon des Réalités Nouvelles. Deux ans plus tard, elle crée ses premières Charnières, sculptures articulées d'abord en terre cuite puis en bois, dont Le Teck fait partie.

Le Teck, 1956, 2 éléments articulés, bois de teck, métal

Cette sculpture abstraite, témoignant d'un intérêt spécifique pour le mouvement et pour le corps, devient le partenaire inattendu de la danseuse Michèle Seigneuret pour le ballet Le Teck de Maurice Béjart, créé sur le toit de l'unité d'habitation du Corbusier à Marseille pendant l'été 1956, et dont un film est projeté au dessus de l'œuvre.

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Ruth Asawa (1926, Norwalk - 2013, San Francisco)

Les sculptures organiques de Ruth Asawa, formée au Black Mountain College dans les années 1940, sont marquées par son rapport étroit à la nature. Ces œuvres abstraites, tissages métalliques réalisés à la main, jouent du plein et de la transparence, de la lumière et de l'ombre, de l'intérieur et de l'extérieur. Mère de six enfants qu'elle implique dans la réalisation de ses sculptures, elle a souffert d'une lecture réductrice de son œuvre la qualifiant d'artiste housewife (femme au foyer) relevant des arts appliqués. Bien que l'architecte Buckminster Fuller considérait Asawa comme « l'artiste la plus douée, la plus productive et la plus inspirée » qu'il ait jamais rencontrée, son travail n'a été reconnu en dehors de la côte ouest américaine que dans les années 2010.

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Claire Falkenstein (1908, Coos Bay, Oregon - 1997, Venice, Californie)

Deux oeuvres sans titre, années 55-60, fils de cuivre de diamètres différents soudés

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
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Alicia Penalba (1913, San Pedro, Argentine - 1982, Saint-Geours-de-Maremne)

Lauréate en 1948 d'une bourse du gouvernement français, l'argentine Alicia Penalba, s'installe en novembre à Paris où elle s'inscrit à l'école des beaux-arts en gravure et, à partir de 1949, commence à sculpter dans l'atelier de Condoy puis travaille durant trois ans dans l'atelier de Zadkine à l'académie de la Grande Chaumière. Elle découvre alors les œuvres de Jean Arp, Brancusi, Giacometti. En 1950, elle s'installe dans un petit atelier à Montrouge.

Hommage à César Vallejo, 1955/1959-1960, bronze en trois morceaux superposés

Parvine Curie, née en 1936 à Nancy, est l'auteur de la sculpture à gauche de celle de Penalba.

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
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Vera Pagava (1907, Tbilissi, Géorgie - 1988, Ivry-sur-Seine)

Vera Pagava a seize ans lorsque sa famille s'exile à Paris, fuyant le régime soviétique.  Après une formation à l'École des arts décoratifs, elle fréquente de 1932 à 1939 l'atelier de Roger Bissière à l'Académie Ranson et à l'Académie de la Grande Chaumière. Elle participe ainsi, en 1938 et 1939, aux expositions à Paris du groupe Témoignage initiées par Marcel Michaud.

La Ville secrète (Villa), 1959, huile sur bois
La Citadelle éblouie, 1959, huile sur bois
La Grande Ville, 1959, huile sur toile
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
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Nous retrouvons les œuvres abstraites tardives de 

Maria Helena Vieira da Silva (1908, Lisbonne - 1992, Paris)

(voir la rétrospective de son œuvre au musée de Céret dans notre billet du 4 juin 2016)

Trois huiles sur toile de 1955

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Saloua Raouda Choucair (1916, Beyrouth - 2017, Beyrouth)

Saloua Raouda Choucair est à l'origine d'une forme d'art unique, caractérisée par une fusion entre des éléments typiques de l'abstraction occidentale et de l'esthétique islamique. Elle commence à peindre à Beyrouth. A l'occasion d'un voyage à Paris en 1948, elle rencontre pour la première fois l'art abstrait. Elle décide de rester à Paris et s’inscrit à l’École nationale des beaux-arts7. Au cours de son séjour de plus trois ans, Saloua Raouda Choucair a observé et contribué à la scène artistique parisienne florissante. Elle rejoint l'atelier de Fernand Léger en 1949, mais le quitte trois mois plus tard en désaccord avec son approche artistique. En 1950, elle est l'une des premières artistes arabes à participer au Salon des réalités nouvelles à Paris. Avant de rentrer au Liban, une exposition personnelle à la galerie Colette Allendy lui est dédiée : sont montrées des œuvres déjà exposées à Beyrouth, en plus des peintures réalisées pendant son séjour parisien.

Composition in Blue Module, 1947-1951, huile sur toile
Deux huiles sur toile de la même période intitulées Fractional Module

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
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La production de Choucair ne se limitait pas à la peinture :

Rythmical Composition, 1961, Tapisserie
Poem, 1963-1965, maquette de banc en pierre calcaire
Poem, 1963-1965, sculpture composée de 6 éléments en pierre
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
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Dans la même salle, d'autres artistes ayant exposé à Paris à cette époque au Salon des réalités nouvelles :

Fahrelnissa Zeid (1901, Büyükada, Turquie - 1991, Amman, Jordanie)

Fahrelnissa Zeid est l'une des premières femmes inscrites à l'Académie des Beaux-Arts d'Istanbul en 1920. A Paris, elle suit les cours de Roger Bissière à l'Académie Ranson. Mariée au prince irakien Zeid bin Hussein, elle mène une vie cosmopolite. En 1948, ses premières œuvres abstraites retiennent l'attention du critique Charles Estienne et d'André Breton.

The Arena of the Sun, 1954, huile sur toile

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Carmen Herrera (1915, La Havane, vit et travaille à New-York)

Carmen Herrera se forme d'abord à l’architecture à Cuba, puis suite à un voyage à Paris (en 1948), elle se tourne vers la peinture et s'installe à New York. A Paris, elle abandonne la figuration, son travail hésite alors entre l'abstraction géométrique et l'abstraction lyrique et gestuelle. Elle devient membre du Salon des réalités nouvelles, expérience fondatrice de son art, là elle croise Barbara Hepworth, Auguste Herbin, Serge Charchoune ou Ben Nicholson.

Sans titre, 1947-1948, acrylique sur toile
Flight of Colors #16, 1949,  acrylique sur toile
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

 Abstraction au Brésil
Une salle est consacrée à l'abstraction au Brésil :

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avec deux artistes :

Lygia Clark (1920, Belo Horizonte, - 1988, Rio de Janeiro)

qui commence son parcours artistique en 1947 quand elle déménage de Belo Horizonte à Rio de Janeiro pour étudier avec le paysagiste Roberto Burle Marx. Entre 1950 et 1952 elle suit des cours avec Isaac Dobrinsky, Fernand Léger et Arpad Szenes à Paris. En 1953 elle est devenue un des membres fondateurs du groupe des artistes "Frente" et, en 1957, participe à la première Exposition Nationale d'Art Concret à Rio de Janeiro. 

Ses Bichos (« insectes », 1960) sont des plaques de métal poli unies et articulées par des charnières, que l'on peut façonner à sa guise.

 

 

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et Lygia Pape (1927, Nova Frigurgo - 2004, Rio de Janeiro) 

Livro dos Caminhos I (2,9 et 10), 1963/1976, huile et latex sur bois
Objets divers, dans la vitrine
 

Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)
Elles font l'abstraction au Centre Pompidou (2/2)

La richesse de cette exposition est telle que nous terminerons cette visite dans un prochain billet en milieu de semaine prochaine, en supplément du billet hebdomadaire du samedi, qui sera réservé à une autre des expositions qui viennent d'ouvrir à la fin de cette période d'abstinence...

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