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Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

23 Avril 2022 , Rédigé par japprendslechinois

Au musée du Luxembourg, une exposition qui sort de l'ordinaire, souhaitant "redonner une voix et un visage à des artistes encore très peu connues, dont certaines jamais présentées en France."

Très longtemps marginalisées, tant dans leur formation que dans leur accès au marché de l’art, aux collectionneurs et aux musées, les artistes femmes de la première moitié du XXe siècle n’ont pas été reconnues de leur vivant à leur juste valeur. Elles ont pourtant occupé un rôle primordial dans le développement des grands mouvements artistiques
de la modernité.

En suivant le parcours assez complexe de l'exposition, nous essaierons de faire partager au lecteur nos découvertes - ou redécouvertes - des œuvres de ces artistes.

 En ouverture, La Mort et la Femme, de Marie Vorobieff (1892-1984) dite Marevna, huile sur bois de 1917, dans une salle, Les Femmes sur tous les fronts, qui évoque le remplacement par des femmes des hommes décimés par le conflit.

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Gertrude Whitney, née Gertrude Vanderbilt (1875 –1942) : Étude de tête pour le Women's Titanic Memorial, 1923, marbre noir
Irina Codreanu, dite Irène Codréano (1896-1985) : Portrait de Doria Gamsaragan, 1926, bronze avec patine verte, socle en bois

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Dans la salle suivante, Comment les avant-gardes se conjuguent au féminin, des peintres :

Marcelle Cahn (1895-1981) : Composition abstraite, 1925, huile sur toile

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Fransciska Clausen (1899-1986) :
Éléments mécaniques, 1926, huile sur toile
La Vis, 1926-1928, huile et gouache sur carton
Composition mécanique, 1929, huile sur toile et carton

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Anna Beöthy-Steiner (1902-1985) :
Composition abstraite, 1927, gouache sur papier
Composition concentrique, sans date, gouache sur papier

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Marjorie Jewell Moss, dite Marlow Moss (1889-1958) : Composition en blanc, rouge et gris, 1935, huile sur toile

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Rita Kernn-Larsen (1904-1998) :
Nostalgie, 1929, aquarelle sur crayon sur papier côtelé
Fleur de rose, 1929, aquarelle sur crayon sur papier côtelé
Sans titre, 1929, aquarelle sur crayon sur papier côtelé

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Une photographe, Sophie Gisela Freund, dite Gisèle Freund (1908-2000) : Sylvia Beach dans sa librairie Shakespeare and Company, Paris, 1936, épreuve gélatino-argentique

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

et un sculpteur, Anna Prinner dite Anton Prinner (1902-1983) : Construction en cuivre, 1935, laiton et cuivre jaune

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

La salle suivante est intitulée Vivre de son art.  

Parce qu’elles sont moins visibles et reconnues que leurs homologues masculins, et pour gagner une indépendance nécessaire au développement de leur travail artistique, les artistes femmes sont plus que les hommes adeptes de la pluridisciplinarité. Mode, décoration intérieure et costumes de spectacles vivants, portraits mondains et objets, notamment des poupées, leur permettent d’atteindre l’autonomie financière.

La mode est illustrée par ces toilettes à l'entrée de la salle :

à gauche, deux manteaux de Sarah Lipska (1882-1973)
Scénographe et costumière pour les Ballets russes aux côtés de Léon Bakst, l'artiste polonaise Sarah Lipska est aussi sculptrice, peintre, décoratrice d'intérieur et designeuse. Elle collabore notamment avec le coiffeur et inventeur de la coupe à la garçonne Antoni Cierplikowski dit Monsieur Antoine, la femme d'affaires Helena Rubinstein, ses compatriotes, ou encore avec le couturier Paul Poiret. Les vêtements qu'elle crée et qu'elle vend dans ses propres boutiques, dont l'une se situe sur les Champs-Elysées, incorporent parfois des influences cubistes, et se singularisent par l'utilisation de tissus de qualité, notamment le satin ou encore la soie, ainsi que par l'abondance et l'éclat de ses broderies et applications. Internationalement reconnue de son vivant, elle reçoit un grand nombre de médailles dont une lors de l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925.

à droite, une robe noire de haute couture (vers 1927) de Gabrielle Chanel (1883-1971)

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Marie Laurencin (1883-1956) : Portrait de Mademoiselle Chanel, 1923, huile sur toile

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Deux couvertures de l'édition française de Vogue, à la même époque

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Alicja Rosenblatt dite Alice Halicka (1895-1975) :
Sur la plage à Trouville, 1934
La Course de chevaux, vers 1930
Course de chevaux, vers 1930
Conversation, avant 1930
Collage, tissus, papier sur carton

Née à Cracovie, Alice Halicka s'installe à Paris en 1912 afin de rejoindre l'Académie Ranson. Pendant la Première Guerre mondiale elle peint principalement des natures mortes cubistes. Les conditions matérielles d'après-guerre l'orientent vers des collages de techniques mixtes qui combinent des éléments de peinture et de couture, en utilisant entre autres des boutons, des papiers collés ou encore des plumes. Ces œuvres, dites « Romances capitonnées », montrent des scènes figuratives qui, par leur matérialité, prennent des allures de « poupées en bas-relief ».

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Marie Germaine de Roton dite Germaine de Roton  (1889-1942) :
Ida Rubinstein, 1924, tissu, peau, soie
La Pavlova, 1924, tissu, peau, soie

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Stéphanie Marie Sophie Łazarska dite Stefania Lazarska (1887–1977) :

Poupée vêtue d'une robe de style Second Empire de couleur chocolat, à galon noir et fleuri, d'un châle dit « des Indes » à motifs cachemire, d'un spencer assorti, d'un bonnet à pompon rouge dit « à la turque », d'un jupon et d'un pantalon brodés, 1931, plâtre, tissu, porcelaine
Poupée décorative, dite « Poupée de salon » vêtue d'une robe madras vert, orange et brun, agrémentée de dentelle autour du décolleté, 1931, coton, tissu, plume, porcelaine
L'Atelier artistique polonais, fondé en 1915 par Stefania Lazarska, crée une source de revenus pour elle-même autant que pour ses collègues artistes grâce à la production de poupées en tissu qui s'inspirent de costumes folkloriques de son pays d'origine. Ses poupées sont présentées à l'Exposition coloniale internationale de Paris en 1931. En raison de la pénurie de tissus, la Seconde Guerre mondiale marque la fin de la production de son atelier. 
 

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Maria Ivanovna Vassilieva dite Marie Vassilieff (1884-1957) :

Marionnettes pour les pièces Avant-Pendant-Après, et Le Château du Roi, Théâtre du Bourdon, 1928, tissu, carton peint, bois

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

et au sortir de cette salle, nous retrouvons les marionnettes réalisées par Sophie Taeuber-Arp (1889-1943) pour la pièce Le Roi Cerf, 1918, peinture à l'huile, bois, métal, textile que nous avions découvertes à l'exposition Dada Africa (notre billet du 18 février 2018)

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

La salle suivante est intitulée Les Garçonnes, (mot popularisé par le roman de Victor Margueritte en 1922)

Après les traumatismes de la Grande Guerre et de la grippe espagnole qui avaient entraîné une profonde récession mondiale, s’installe une croissance économique et technique jamais vue auparavant. Les artistes se saisissent de nouveaux sujets tels que le travail et le loisir des femmes, transformant au féminin le modèle du sportif masculin, représentant le corps musclé à la fois compétitif, élégant et décontracté. Joséphine Baker incarne cette « nouvelle Ève » qui découvre le plaisir de se prélasser au soleil (c’est le début de l’héliothérapie), utilise son nom pour développer des produits dérivés, pratiquant aussi bien le music-hall la nuit que le golf le jour. Véritable entrepreneuse, Baker ouvre un cabaret-restaurant, fonde un magazine et devient une des artistes les mieux payées en Europe. Ces « garçonnes » sont les premières à gérer une galerie ou une maison d’édition, à diriger des ateliers dans des écoles d’art. Elles se démarquent en représentant des corps nus, tant masculins que féminins, en interrogeant les identités de genre.

Marie-Clémentine Valadon dite Suzanne Valadon (1865-1938), ancien modèle et peintre autodidacte :
La Chambre bleue, 1923, huile sur toile
Femme aux bas blancs, 1924, huile sur toile

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Aleksandra Mitrofanovna Beļcova dite Aleksandra Beļcova (1892–1981) :
La Joueuse de tennis, 1927, huile sur toile

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Marie-Joséphine Vallet dite Jacqueline Marval(1866-1932) :
La Baigneuse au maillot noir, 1923, huile sur toile

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Curieusement, la seule création de Sonia Delaunay (1885-1979) présente dans cet l'exposition est ce vêtement de bain, vers 1928, haut en bayadère multicolore imprimée sur crêpe de Chine, soie doublée d'un tissu uni blanc, bas en jersey de laine uni rouge.

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Terminons la visite de cette salle sur quelques témoignages de la popularité de Joséphine Baker, notre dernière panthéonisée.

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Dans la salle suivante, Chez soi, sans fard, des artistes, peintres et sculpteurs, que l'on retrouvera au long du parcours.

Tandis que le corps des femmes s’expose librement sous le soleil, il se réinvente aussi chez soi, sans fard. Ces odalisques modernes se représentent dans leurs intérieurs, inventant une nouvelle forme de naturalisme.
Plus besoin de paraître ni de faire semblant : la maternité peut être fatigante ; les poses des nus excentriques ; le déshabillé une échappatoire aux diktats des regards et des devoirs domestiques. Dans l’immédiate après-guerre, Mela Muter et Maria Blanchard, en tant qu’artistes étrangères installées à Paris, réagissent aux inégalités de classes de la société française face à une politique qui milite pour une croissance de la natalité. Leurs madones sont des ouvrières ou des domestiques, d’origine espagnole ou africaine, qui s’éloignent de l’image traditionnelle de la maternité heureuse. Le discours est différent pour Chana Orloff et Tamara de Lempicka. Les sculptures de mères autonomes et indépendantes d’Orloff exaltent une vision puissante de la femme, capable d’assumer à la fois le rôle des deux parents et celui d’une artiste à succès vivant de son art. Loin de toute préoccupation sociale, Lempicka traduit en peinture le cadrage serré du cinéma hollywoodien en vogue à l’époque. Le traitement de ses figures met en lumière leur sensualité et leur glamour tout en les intégrant dans une vie mondaine semblable à la sienne.

Maria Mélania Mutermilch dite Mela Muter (1876–1967) : Famille gitane, vers 1930, huile sur toile

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Maria Blanchard (1881-1932) :

La Toilette, 1924, huile sur toile
Maternité, 1921, huile sur toile
Maternité, 1922, huile sur toile

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Chana Orloff (1888-1968) :

Maternité Couchée, 1923, bronze
Moi et mon fils, 1927, bronze

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)
Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Maria Górska dite Tamara de Lempicka (1898–1980) : Mère et son enfant, 1932, huile sur contreplaqué

Pionnières - artistes dans le Paris des années folles (1/2)

Nous poursuivrons la visite de cette exposition originale dans un prochain billet.

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