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Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)

23 Novembre 2024 , Rédigé par japprendslechinois

Nous achevons dans ce billet le parcours, commencé dans notre billet du 9 novembre 2024, de l'exposition consacrée à Gustave Caillebotte (1848-1894), sous-titrée Peindre les hommes.

Portraits de célibataires
« Il a des amis qu’il aime et dont il est aimé : il les assoit sur des canapés étranges, dans des poses fantastiques », écrit le critique Bertall, se moquant sans doute de la pose alanguie et des motifs envahissants du Portrait de M. R. sans doute perçus comme féminins et dévirilisants. Auteur de nombreux portraits d’hommes à la fin des années 1870 et au début des années 1880, Caillebotte se montre souvent plus sobre, privilégiant l’intérieur presque vide de son appartement et des poses et expressions retenues, voire austères, pour se conformer à ce que l’on attend des hommes au XIXe siècle (ni ornement ni sentiment). Cette simplicité fait ressortir la forte présence physique de ses modèles et l’intensité de leurs regards, perdus dans leurs pensées ou fixant le peintre. Ce monde, presque exclusivement masculin, comme le sont les sociabilités de Caillebotte, accepte parfois une présence féminine, sans doute l’« amie » de l’artiste, Charlotte Berthier, de dix ans sa cadette (ils ne se marieront pas et n’auront pas d’enfants). La plupart des modèles de ces portraits habitent près de chez lui et resteront également célibataires, ce qui, dans une société où l’accomplissement masculin passe notamment par la famille, peut s’apparenter à une forme de marginalité.

Portrait d'homme (Edouard Dessommes), 1881, huile sur toile
Né à la Nouvelle-Orléans puis installé à Paris, Dessommes se lance dans la littérature, puis tente une carrière de peintre (un paysage au Salon de 1876). Il rencontre probablement Caillebotte dans l'atelier de Léon Bonnat. Dessommes est, comme les frères Caillebotte, membre du Cercle de la voile de Paris, Rentré à la Nouvelle-Orléans en 1887, il y meurt célibataire.
Portrait de Jules Froyez, vers 1879-1881, huile sur toile
Caillebotte peint un premier portrait de son ami Froyez en 1879, puis ce second resté inachevé. On remarque à l'arrière-plan le dessin des boiseries de l'appartement de l'artiste. Le modèle qui a gardé son paletot, semble en visite, tout juste arrivé ou prêt à partir. Froyez est rentier et célibataire; il meurt en 1896 à l'âge de quarante-neuf ans. Les cinq tableaux de Caillebotte qu'il possède sont alors vendus aux enchères.
Intérieur, 1880, huile sur toile
Le tableau représente peut-être la compagne du peintre, Charlotte Berthier (jeune femme d'un milieu plus modeste, de dix ans sa cadette), et Richard Gallo. En représentant la femme lisant le journal (activité alors considérée comme masculine) et l'homme allongé sur le divan lisant un livre (attitude vue comme féminine), Caillebotte bouscule les stéréotypes de genre.
Intérieur, 1880, huile sur toile
Ici, contrairement à ce que rapportent les critiques du XIXe siècle, il ne s'agit sans doute pas d'un couple bourgeois malheureux, mais de deux personnes ayant en commun une relation privilégiée avec l'artiste. À gauche figure peut-être sa compagne, ou « amie », Charlotte Berthier, avec laquelle il vit hors du sacrement du mariage. A droite son grand ami Richard Gallo, célibataire endurci. Ces éléments rendent le tableau beaucoup plus subversif qu'il n'y paraît.

Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)

Portrait d'Henri Cordier, 1883, huile sur toile
Spécialiste renommé de l'Extrême-Orient, ayant vécu en Chine pendant les années 1870, auteur prolifique et professeur à l'École des langues orientales, Henri Cordier est un cousin éloigné de Caillebotte. Le peintre donne de lui cet étrange portrait où l'érudit, tout à son élan savant, nous tourne presque le dos et écrit sans avoir pris la peine de s'assoir à son bureau.
Portrait de Georges Roman, 1879, huile sur toile
Roman est un jeune peintre lyonnais issu d'une famille de soyeux. Célibataire jusqu'à la fin de sa vie, il est aussi semble-t-il de santé fragile. Malgré son amitié pour les impressionnistes, il ne connaît pas la même carrière. Son portrait par Caillebotte le montre tournant le dos à la fenêtre, avec un visage émacié et l'air sombre.
Portrait de M. G. [Portrait de Richard Gallo], 1881, huile sur toile
Richard Gallo, fils de banquier, né en Egypte, rencontre peut-être Caillebotte à Paris pendant ses études de droit. Il devient l'un de ses plus proches amis. Sans activité professionnelle au moment de ce portrait, et célibataire jusqu'à la fin de sa vie, il est l'un des modèles masculins de prédilection du peintre et pose pour plusieurs portraits et scènes de genre.
Partie de bézigue, vers 1881, huile sur toile
Dans cet unique portrait de groupe masculin peint par Caillebotte posent son frère Martial (à droite), et ses amis jouant chez lui à un jeu de carte à la mode. Simple scène de genre agrandie aux dimensions de la peinture d'histoire, l'œuvre se démarque du reste de sa production. Elle ne met pas en scène des figures solitaires ou distantes mais l'esprit de camaraderie de cette petite société d'hommes qui partagent son quotidien. A cette date, tous sont célibataires et sans enfants ; ils le resteront, sauf Hugot et Martial. Beaucoup sont des membres du Cercle de la voile de Paris, comme Maurice Brault, qui joue face à Martial. Debout, au centre, se trouve Richard Gallo. Edouard Dessommes est assis au premier plan, et Paul Hugot assoupi sur le grand sofa.

Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)

Portrait de M. J. R. [Portrait de Jules Richemond], 1879, huile sur toile
Les amis de Caillebotte ne sont pas tous, comme lui, célibataires et sans enfant ; Richemond, marié, est père de deux enfants. Sa famille, des propriétaires terriens et notables de Vincy-Manoeuvre (Seine-et- Marne), est proche des Caillebotte, qui possèdent une ferme dans cette localité.
Autoportrait au chevalet, 1879, huile sur toile
Dans ce tableau, Caillebotte se représente fixant le miroir pour peindre son autoportrait. Il est dans son atelier où sont accrochés les tableaux de sa collection. En bonne place, le fleuron : Bal du moulin de la Galette de Renoir. Lors de l'exposition impressionniste de 1879, il présente cet autoportrait qui lui permet de s'affirmer doublement, comme peintre et collectionneur. 
Portrait de Madame X, 1878, pastel sec sur papier grainé chiné bleu pâle
Dans ce qui pourrait être l'atelier de l'artiste, une femme enturbannée pose dans un fauteuil. Derrière elle, un chevalet sur lequel trône le Portrait de M. R. exposé en 1879 à la quatrième exposition impressionniste. Les deux figures sont étrangement jumelles, jusqu'à l'encadrement doré du portrait d'homme qui répond au bois doré du siège. Le modèle du portrait à l'arrière-plan serait Antoine Patrice Reyre, jeune commerçant parisien et amateur d'art ; la femme pourrait être sa mère, María, qui vit chez lui.
La Partie de cartes, vers 1876, pastel sur papier
Portrait d'homme [Albert Courtier ?], 1880, huile sur toile
Le notaire Albert Courtier, à qui Caillebotte confie son testament, a sans doute posé pour ce tableau montrant un homme élégant regardant la ville à travers la fenêtre et le garde-corps du balcon de l'appartement de l'artiste.

Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)

Peindre le corps nu
Caillebotte a peint très peu de nus, mais au début des années 1880, il exécute trois tableaux sur ce sujet, l’un représentant une femme et les deux autres un homme. Ces peintures sont particulièrement novatrices par leur réalisme sans concession : aucun prétexte historique ou mythologique, aucune idéalisation des corps présentés dans leur vérité. Le Nu au divan, l’un de ses plus grands formats, n’est pas exposé de son vivant. Homme au bain est présenté seulement à Bruxelles, en 1888, dans une exposition du « groupe des XX », un cercle d’avant-garde, qui le relègue dans une arrière-salle. Ces œuvres sont-elles trop subversives ? En effet, si le thème de la toilette n’est pas neuf – Caillebotte s’inspire alors de Degas –, substituer un homme au modèle féminin, le représenter dans son intimité, de dos, dans une position vulnérable, placer le spectateur en situation de voyeur, et, enfin, offrir aussi franchement son anatomie au regard brise les conventions de l’époque.

Nu au divan, vers 1880, huile sur toile
La femme, dont l'identité n'est pas connue, pose sur le divan, chez les frères Caillebotte. Le nu est réaliste»: pas de prétexte mythologique à la nudité, le modèle est une femme moderne qui s'est simplement déshabillée, et son corps est représenté tel qu'il est, loin des standards de beauté de l'époque qui proscrivent la pilosité des femmes.

Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)

Homme s'essuyant la jambe, vers 1884, huile sur toile  
Homme au bain, 1884, huile sur toile
Ce tableau révolutionne le genre du nu masculin, dominé jusqu'alors par les « académies » (des exercices d'atelier) et les nus héroïques et idéalisés de la peinture d'histoire. Un homme bien réel (dont on ne connait pas l'identité) pose dans ce qui pourrait être la salle de bain de l'artiste dans sa propriété de campagne du Petit-Gennevilliers. L'ambition de Caillebotte est sans doute de transposer en peinture, dans un grand format, et dans cet univers viril qu'il connait bien, les scènes de femmes à leur toilette de Degas dont il a acquis quelques exemples.

Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)

Caillebotte et les sportsmen
La culture des loisirs se développe en France pendant la seconde moitié du XIXe siècle. Elle inspire à Caillebotte une importante série d’œuvres sur le thème du canotage et de la baignade présentées à l’exposition impressionniste de 1879. Mais, contrairement à la majorité des artistes de sa génération pour qui ces sujets sont prétexte à figurer des hommes et des femmes flirtant en barque ou dans les guinguettes, Caillebotte montre un canotage sérieux, non-mixte et sportif. Expressions d’une nouvelle culture masculine célébrant le dépassement de soi, la discipline, la force physique et l’effort collectif, le sport au grand air est vu comme un antidote aux maux et vices supposément dévirilisants de la société urbaine et industrielle. Le sujet, éminemment moderne, est aussi très personnel. Ces sportifs ne participent pas en effet à de grandes compétitions sur la Seine ou sur la Marne ; ils canotent simplement sur l’Yerres, rivière qui coule en bordure du parc de la maison de campagne des Caillebotte au sud-est de Paris.

Autoportrait au chapeau d'été, vers 1873, huile sur toile
Périssoires, 1877, huile sur toile
Canotier ramenant sa périssoire, 1878, huile sur toile
Baigneurs, 1877, pastel sur papier

Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)

Périssoires, 1877, huile sur toile
Caillebotte préfère les embarcations individuelles (skiffs et périssoires) aux avirons à plusieurs places, un motif pourtant très populaire dans l'imagerie du sport à l'époque. L'artiste ne représente pas des rameurs en compétition sur la Seine ou la Marne mais sans doute des proches en promenade sur I'Yerres, rivière qui coule le long de la maison de campagne familiale. La végétation dense et enveloppante, la ligne d'horizon haute qui rejette le ciel hors du tableau et donne une très grande place à l'eau, renforcent ce sentiment d'intimité et d'immersion dans la nature.
Canotiers, 1877, huile sur toile
Caillebotte, par son style et ses cadrages, donne aux corps des hommes une solide présence physique. plaçant le spectateur au plus près d'eux.
Périssoire sur l'Yerres, vers 1877, huile sur toile
Partie de bateau, vers 1877-1878, huile sur toile
Ce tableau, unique dans la série des canotiers de 1877-1878, ne représente pas le canotage sportif mais une promenade en barque. L'homme (dont l'identité est inconnue) a gardé son costume de ville, une élégante chemise rayée, signe de dandysme, et plus incongru encore un haut-de-forme en soie. En plaçant le rameur au centre de la composition, face à nous, si près du plan du tableau, et en insistant sur sa présence physique - les vêtements près du corps mettent en valeur sa silhouette - Caillebotte crée une forme d'intimité entre lui et le spectateur.

Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)

Pêche à la ligne, 1878, huile sur toile
Baigneurs, 1878, huile sur toile
Périssoires, 1878, huile sur toile

Ces trois grands « panneaux décoratifs » constituent l'aboutissement des recherches de l'artiste sur ce thème des loisirs au bord de l'eau. Conçus pour venir décorer un intérieur, sans doute une pièce dans la maison de Yerres, ils ne seront finalement pas installés avant que le domaine soit mis en vente. En associant dans cet ensemble des images du canotage et des scènes de baignade et de pêche, Caillebotte insiste sur le lien existant entre sport, loisirs et « temps pour soi » dont bénéficient les hommes de sa condition. La seule figure féminine du triptyque est une enfant de dix ans, Zoé Caillebotte, cousine de l'artiste et observatrice de la scène.

Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)

Les plaisirs d’un « amateur »
Au début des années 1880, Gustave et Martial Caillebotte vendent le domaine de Yerres pour acquérir une propriété au Petit-Gennevilliers, au bord de la Seine. Là ils peuvent laisser libre cours à leur passion pour le yatching, mais aussi pour l’horticulture. Au mariage de Martial en 1887, Gustave quitte Paris et s’installe définitivement en banlieue avec sa compagne Charlotte Berthier, quelques domestiques et deux matelots. Il ne quitte la région parisienne que pour participer à des régates en Normandie. Après la dissolution du groupe impressionniste au cours des années 1880, et à la fin de leurs expositions collectives, il n’expose presque plus à Paris. Il continue cependant de peindre avec ardeur, dans un style plus hardi que jamais, des œuvres inspirées par ses activités d’« amateur » et pour lesquelles pose un cercle réduit d’intimes.
Dans son dernier grand format, Une course de bateaux (1893), le peintre réunit ses différentes passions. Il se représente en marin, à la barre d’un bateau de course qu’il a lui-même dessiné et fait construire, voguant avec un autre homme sur la Seine ; une certaine idée du bonheur, ou tout au moins de la liberté. L’artiste meurt peu après d’une « congestion cérébrale » le 22 février 1894, à l’âge de quarante-cinq ans.

Le Père Magloire sur le chemin de Saint-Clair à Étretat, vers 1884, huile sur toile
Homme en blouse, 1884, huile sur toile
Caillebotte se rend à plusieurs reprises en Normandie pendant l'été au cours des années 1880 pour participer à des compétitions de régates. A cette occasion, il peint de nombreux paysages, et quelques figures, comme ce promeneur qui a particulièrement retenu son attention. Il pourrait s'agir de Magloire Raulin, jardinier à Étretat. Sa silhouette rappelle celle des ouvriers présents dans ses vues de Paris. À cette époque Caillebotte est propriétaire d'un grand jardin au Petit-Gennevilliers et se passionne de plus en plus pour l'horticulture.
Le Père Magloire allongé dans un bois, 1884, huile sur toile

Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)

Chemin montant, 1881, huile sur toile
Promeneur au bord de la mer, 1885, huile sur toile
La Berge du Petit Gennevilliers et la Seine, 1890, huile sur toile
Ce tableau offert par Gustave à son frère Martial pour la naissance de sa fille est une peinture décorative, conçue probablement pour son appartement de la rue Scribe à Paris. Les deux jeunes garçons qui nous tournent le dos, clin d'œil à l'enfance des frères Caillebotte, sont les deux fils d'Émile Lamy, le voisin et très proche ami Gustave au Petit-Gennevilliers. Le petit chien semble celui de Charlotte Berthier, l'« amie » de Gustave.
Bord de la Seine au Petit Gennevilliers, en hiver, vers 1893, huile sur toile
Au Petit-Gennevilliers, Caillebotte semble trouver un frère de substitution en la personne de son voisin Emile Lamy, fabricant de chaussures et grand yachtman Dans cette peinture inachevée, il se représente face à Lamy. Ils sont tous deux statiques, les mains dans les poches. Cette composition, inspirée par une photographie des deux hommes dans la même attitude, donne une impression d'inaction forcée (celle des amateurs de régates l'hiver ?). Caillebotte ajoute entre ces figures un tronc d'arbre qui crée une étrange séparation entre les deux amis.

Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
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Les Roses, jardin du Petit Gennevilliers, vers 1886, huile sur toile
Plusieurs photographies montrent Gustave jardinant, et l'on connaît sa passion pour les fleurs. Pourtant, dans ses peintures sur le thème du jardin. l'artiste choisit plutôt de représenter une femme dans les allées. Il s'agit vraisemblablement de Charlotte Berthier (ici avec son petit chien). La jeune femme est peu représentée par Caillebotte, bien qu'elle vive avec lui à Paris et au Petit-Gennevilliers.
Potager, Petit Gennevilliers, vers 1882, huile sur toile
Le Jardinier, vers 1877, huile sur toile

Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
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Voiliers à Argenteuil, vers 1888, huile sur toile
Bateau, étude, vers 1893, huile sur toile
Bateau à voile sur la Seine, vers 1893, huile sur toile
Une Course de bateaux, 1893, huile sur toile
Si les régates sont une des grandes passions de Caillebotte, il n'y a cependant pas beaucoup de tableaux sur ce sujet dans son œuvre. L'artiste semble s'y intéresser particulièrement au début des années 1890, peignant alors plusieurs toiles montrant deux hommes naviguant sur ces élégants bateaux, la plupart conçus par Caillebotte lui-même. Les images suggèrent cet esprit de fraternité et de liberté cher au peintre. C'est le sujet de son dernier tableau de grand format, qui est aussi un autoportrait.

Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
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Gustave Caillebotte - Peindre les hommes (II/II)
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Terminons ce parcours avec quelques documents, présentés dans cette dernière salle, qui évoquent la relation de caillebotte avec le yachting et l'architecture navale.

Une photographie issue de l'Album du Cercle de la voile, 1881, montrant l'Iris, premier bateau de Gustave Caillebotte, le long des berges de la Seine entre le Petit-Gennevilliers et Argenteuil.
Une photographie par Martial Caillebotte (1853-1910), frère de l'artiste, montrant le Roastbeef en chantier
Les plans du Mignon, dernier bateau conçu par Gustave Caillebotte.

Parmi les passions réunissant Gustave et Martial Caillebotte, la voile tenait une place essentielle. Le 8 décembre 1878, les deux frères intègrent le Cercle de la voile de Paris, alors situé à Argenteuil. Gustave en devient l'un des deux vice-présidents en 1880. L'acquisition commune d'une propriété au Petit-Gennevilliers en mai 1881, où Gustave s'installe définitivement sept ans plus tard, leur permet d'être au plus près de l'activité du Cercle. En 1886, ils créent une entreprise de construction navale, la Société des chantiers du Petit-Gennevilliers. Entre 1879, date d'acquisition de son premier bateau de course, l'Iris, et 1894, Gustave achète une dizaine de bateaux. Fervent compétiteur, qualifié d'« équipier d'élite » par le journal Le Yacht en 1886, il remporte de nombreux prix lors de régates nationales et internationales. Gustave mène parfois les bateaux de Martial qui, excellent navigateur également, pilote aussi ceux de son frère. À partir de 1882, Gustave dessine des voiliers - vingt-cinq au total dont vingt-deux entre 1890 et 1893 - pour lui-même et pour d'autres régatiers. En 1894, il conçoit un ultime bateau, Le Mignon, achevé après sa mort.

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