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Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)

12 Juillet 2025 , Rédigé par japprendslechinois

Nous poursuivons et terminons dans ce billet le parcours de la dernière grande exposition au 6e étage du Centre Pompidou, qui a fermé ses portes le 30 juin dernier. (voir notre billet du 28 juin dernier). Seule restent ouverts jusqu'au 22 septembre le hall d'entrée, le plateau (6000 m2) du niveau 2 laissé vide par le déménagement déjà effectué de la bibliothèque publique d'information, où carte blanche a été donnée au photographe et plasticien allemand  Wolfgang Tillmans pour une exposition intitulée Rien ne nous y préparait -Tout nous y préparait, et le restaurant Le Georges avec sa terrasse au 6e étage.

Paris Dakar Lagos

À Paris, dès les années 1950, des expositions de l'école congolaise de Poto-Poto ou des mouvements Shona au Zimbabwe et Osogbo au Nigeria, organisées par des Européens fantasmant parfois une « authenticité » africaine, font émerger des artistes modernes. Les indépendances africaines voient les artistes formés à Paris directement célébrés sur le continent africain, comme le collectif Mbari club au Nigeria, et surtout lors du Festival mondial des arts nègres (Dakar, 1966). Les artistes y développent de nouveaux rapports aux couleurs et aux symboles et mettent en œuvre des philosophies africaines transformatrices pour la société.

Victoire Ravelonanosy 1910, Tananarive (Madagascar, alors Colonie de Madagascar)-1981, Tananarive (Madagascar) : Le Repiquage du riz à Madagascar, 1960, tapisserie, laine
Victoire Ravelonanosy s'engage dès les années 1950 en faveur des échanges culturels entre Madagascar et l'Europe, introduisant notamment nombre de ses compatriotes sur la scène parisienne. A partir de 1960, elle travaille comme conseillère artistique pour l'Unesco. 

Bill Hutson 1936, San Marcos (États-Unis)-2022, Lancaster (États-Unis)
View from Iwaya Road, 1975, huile sur toile
Let's Call It This (Study for the Black Painting), 1970, huile sur toile
The Nigger Tree II, 1969, huile sur toile
Oval Tree Gorée, 1977, huile sur toile
Entre 1963 et 1970, l'artiste, conservateur et enseignant africain-américain Bill Hutson voyage entre Londres, Amsterdan, et Paris. Il approfondit ses recherches sur les philosophies africaines avant d'opérer son tournant vers l'abstraction, aux côtés des peintres Matta, Wifredo Lam et Iba N'Diaye. Dans The Nigger Tree II comme dans Oval Tree Gorée, son travail évolue d'une abstraction colorée vers un réalisme ancré dans l'expérience africaine. Le motif de l'arbre, récurrent, symbolise les racines africaines et les ramifications diasporiques, tout en évoquant tant les lynchages durant la ségrégation dans le Sud des États-Unis que l'histoire de Gorée, principal centre de la traite transatlantique sur la côte africaine. Ses séjours au Sénégal et au Nigeria, où il dirige les arts graphiques au Musée national de Lagos (1974-1976), renforcent son engagement panafricain dont témoigne View from Iwaya Road.

Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)

Marcel Gotène vers 1939, Yaba, Abala (République du Congo, alors Afrique Équatoriale française) - 2013, Rabat (Maroc) :
Femme perdue au cimetière, 1962, huile sur toile
Serpents et lianes, avant 1954, gouache sur papier
Marcel Gotène fréquente dès 1951 le Centre d'art africain Poto-Poto fondé par Pierre Lods à Brazzaville. Ses échanges avec le peintre, céramiste el créateur de tapisserie Jean Lurçat sont palpables dans Femme perdue au cimetière qu'il présente à la Biennale de Paris de 1963.

François Thango 1936, Souanké (République du Congo, alors Afrique Équatoriale française) - 1981, Brazzaville (République du Congo)  :
Sans titre, 1957, gouache sur papier
Sans titre, début 1950, gouache et pastel sur papier

Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)

Au centre de la section : Le Bélier, 1965, armature en fer, ficelle
de Christian Lattier 1925, Grand-Lahou (Côte d'Ivoire, alors Afrique Occidentale française)- 1978, Abidjan (Côte d'Ivoire)
 

Iba N'Diaye 1928, Saint-Louis (Sénégal, alors Afrique Occidentale française) - 2008, Paris (France) : Tabaski, la ronde à qui le tour?, 1970, huile sur panneau de bois
Cette œuvre est issue d'une série majeure inspirée par la fête musulmane de la Tabaski (l'équivalent de l'Aïd el Kébir en Afrique de l'Ouest), pendant laquelle est sacrifié un mouton. Les figures ovines et les visages humains qui apparaissent en toile de fond, fondus dans la matérialité de la peinture, sont à peine discernables. Un premier tableau de la série est présenté en 1963 à la Biennale internationale des jeunes artistes à Paris. L'artiste y représente le Sénégal où il est alors rentré, sur l'appel de Léopold Sédar Senghor, et enseigne à la Maison des arts du Sénégal avant de participer en 1966 au Festival mondial des arts nègres.

Thomas Mukarobgwa  1924, Nyanga (Zimbabwe, alors Rhodésie du Sud)-1999, Harare (Zimbabwe) :
Sans titre, 1980, serpentine
Spirit in a Process of Action, 1980, serpentine
Les sculptures de Thomas Mukarobgwa témoignent du travail mené dans la Workshop School créée à la fin des années 1950 par Franck McEwen, directeur de la National Gallery de la Rhodésie du Sud (actuel Zimbabwe) et organisateur à Harare du premier congrès international des cultures africaines (1962)

Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)

Gerard Sekoto 1913, Botshabelo (Afrique du Sud) - 1993, Nogent-sur-Marne (France) /
Tête de femme portant un plateau, 1968, gouache sur papier
Senegalese Women, 1979, gouache sur papier
Proche collaborateur de Présence Africaine, Gerard Sekoto participe en 1966 au premier Festival mondial des arts nègres. Suite à cet événement, il voyage en Casamance en compagnie du peintre Wilson Tiberio, aux côtés duquel il réalise des œuvres inspirées par la vie traditionnelle sénégalaise. Peintes à Paris vingt ans après ce séjour au Sénégal, les œuvres Senegalese Women et Tête de femme portant un plateau révèlent la persistance chez Sekoto de scènes observées dans ce pays et de la place centrale des femmes dans les sociétés africaines.

Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)

Demas Nwoko 1935, Idumuje Ugboko (Nigeria, alors colonie de la Couronne de l'Empire britannique), vit et travaille à Idumuie Ugboko (Nigeria) : Senegalese Woman, 1970, huile sur panneau
Pionnier de l'art moderne nigérian, Demas Nwoko étudie en 1961 la scénographie à Paris, et expose en mai 1962 à la Galerie Lambert. Senegalese Woman, portrait expressionniste aux couleurs vives dans un décor végétal confinant à l'abstraction, est représentatif du mouvement de nombreux artistes de Paris vers Dakar, alors capitale culturelle panafricaine, à la veille du premier Festival mondial des arts nègres auquel Nwoko participe.

Papa Ibra Tall 1935, Tivaouane (Sénégal, alors Afrique Occidentale française) - 2015, Tivaouane (Sénégal) : Couple dans la nuit, vers 1965, tapisserie en laine tissée
Déçu par l'enseignement de l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, Papa Ibra Tall se tourne vers la tapisserie, la sérigraphie, la mosaïque ou encore la sculpture monumentale, afin d'exploiter ces médiums dans une perspective africaine.

Uzo Egonu 1931, Onitsha (Nigeria) - 1996, Londres (Royaume-Uni)
Dancers, 1964, huile sur panneau
À la suite d'études à Londres (1949), Uzo Egonu étudie les œuvres des maîtres classiques et les collections d'art africain lors de voyages en Europe, notamment à Paris où il s'installe en 1953. Au début des années 1960, il développe un langage plastique influencé par son étude de l'art Nok, première culture connue d'Afrique de l'Ouest dont il admire le formalisme.

Younousse Seye 1940, Saint-Louis (Sénégal, alors Afrique Occidentale française), vit et travaille à Dakar (Sénégal) : Sans titre, 1972, huile sur toile et cauris
Sur un fond ocre, se détache ici une forme végétale ornée de cauris, coquillages divinatoires utilisés en Afrique, en Amérique du Sud ou dans les Caraïbes. Actrice phare d'Ousmane Sembène, qu'elle rencontre au premier Festival Mondial des Arts Nègres (1966), Younousse Seye développe dès les années 1970 une œuvre plastique panafricaine et participe aux festivals d'Alger (1969) et de Lagos (1977).

Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)

Avel de Knight 1923, New York (États-Unis)-1995, New York (États-Unis) :The Bridge of Memory, 1973, gouache sur panneau
Mirage Series: Shields, 1970, caséine sur carton
Encounter II, 1973, caséine sur panneau
Né à New York de parents caribéens, installé à Paris en 1947, Avel de Night devient critique d'art. Sa formation parisienne lui permet de fréquenter les arts africains, les maîtres classiques, l'orientalisme de Delacroix et le symbolisme d'Odilon Redon et de Gustave Moreau.

Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
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Solidarités révolutionnaires

Dans les années 1960, des formes de panafricanisme culturel se font les échos d'une culture militante parisienne, alors que la France mène la guerre en Algérie. James Baldwin participe à l'organisation d'une Marche pour les droits civiques en 1963 à Paris, en résonnance à la Marche de Martin Luther King sur Washington. Mai 68 succède aux événements contestataires de Mai 1967 en Guadeloupe. Des réseaux de soutien aux pays des Suds se constituent en opposition au modèle capitaliste. Le Festival panafricain d'Alger (1969) rassemble artistes et militants au son du free jazz dans une effervescence teintée de désillusions post-indépendances.

Beauford Delaney 1901, Knoxville (États-Unis) - 1979, Paris :
Untitled (Totem of Light), vers 1970, huile sur toile
Marian Anderson, 1965, huile et émulsion de tempera à l'œuf sur toile

Bob Thompson 1937, Louisville (États-Unis) - 1966, Rome (Italie) : The Struggle, 1963, huile sur toile

Harold Cousins 1916, Washington D.C. (États-Unis) - 1992, Bruxelles (Belgique) : Figure debout, 1966, fer forgé et soudé

Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
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Hervé Télémaque 1937, Port-au-Prince (Haïti) - 2022, Paris (France) :
My Darling Clementine, 1963, huile sur toile, papiers collés, boîte en bois peint, poupée en caoutchouc, plexiglas
Et la narine d'Amin n°2, 1977, acrylique sur toile
Hervé Télémaque étudie à New York avant de s'installer à Paris en 1961 et de cofonder le mouvement de la figuration narrative. (voir notre billet du 7 janvier 2023)

Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
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Merton Simpson 1928. Charleston (Elats Unis)-2013, New York (États-Unis) : Confrontation II-A, 1968, huile sur toile
En 1963, Merton Simpson, artiste, collectionneur d'art africain et galeriste, participe à la création du groupe Spiral à New York alors que son abstraction devient plus politique. Ce collectif réfléchit à un art exprimant l'identité africaine américaine au cœur du mouvement des droits civiques. Ayant approfondi ses connaissances de la sculpture africaine à Paris quatre ans plus tôt, Simpson diffuse la philosophie de la négritude au sein du groupe.

Guido Llinás 1923, Pinar del Río (Cuba) - 2005, Paris : Pintura negra, 1968, huile sur papier marouflé sur toile et collage

Mavis Pusey 1928, Kingston (Jamaïque, alors colonie de la Couronne de l'Empire colonial britannique)-2019, Falmouth (États-Unis) :
Paris May June, 1968, sérigraphie
Frozen Vibration, 1968, sérigraphie
En 1968, à Paris, l'artiste jamaïcaine-américaine Mavis Pusey s'immerge dans l'abstraction « Hard edge », influencée par les événements de Mai 68. Sa gravure utilise des formes élémentaires et des contrastes chromatiques audacieux et capte l'énergie du mouvement et des manifestations dont elle est témoin.

Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
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Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)

Joseph René-Corail, (dit Khokho) 1932, Beaufond (Martinique, France)-1998, Les Trois-Îlets (Martinique, France) :
La Révolte, sans date, pigments brûlés sur bois aggloméré
Le Souci, 1971, pigments brûlés sur bois aggloméré
José René-Corail, dit Khokho, suit des cours à l'École des arts appliqués de Paris dès 1950, avant de revenir en Martinique en 1956 pour enseigner à l'École des arts appliqués de Fort-de-France. Datée des années 1970, Le Souci fait écho à l'emprisonnement de l'artiste à Fresnes, suite à sa participation, en 1962, à l'affichage du Manifeste de l'Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de Martinique sur les murs de toute l'île.

José Legrand 1955, Cayenne (Guyane, France), vit et travaille à Cayenne (Guyane) : Sans titre, 1975, huile et crayon sur toile
Né en Guyane, José Legrand étudie à l'école des Beaux-Arts de 1972 à 1978. Son engagement politique post Mai 68 le rapproche du collectif d'artistes la coopérative des Malassis ou du travail d'Ernest Pignon-Ernest. Réalisée d'après une image de Paris Match, cette œuvre illustre les manifestations dénonçant les inégalités entre l'Hexagone et la Guadeloupe.

Mohammed Khadda 1930, Mostaganem (Algérie, alors Algérie française) - 1991, Alger (Algérie) : Afrique avant 1, 1963, huile sur toile
Membre du parti communiste algérien, militant en faveur de l'Indépendance algérienne et proche de I écrivain Kateb Yacine, Mohammed Khadda développe pendant son séjour en France (1953-1963) une œuvre abstraite fondée sur des éléments graphiques issus de la graphie arabe.

Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
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Gerard Sekoto 1913, Botshabelo (Afrique du Sud)-1993, Nogent-sur-Marne (France) : Sans titre, 1964, techniques diverses
Cette œuvre fait partie d'un ensemble de trois tableaux visibles dans le film Le Glas, de René Vautier, tourné en compagnie de Sarah Maldoror à Alger en 1964. Véritable poème filmique, Le Glas, qui est conçu en collaboration avec le Zimbabwe African Party for Unity. dénonce le sort malheureux de trois révolutionnaires noirs en Rhodésie du Sud (aujourd'hui Zimbabwe) au début des années 1960, à Salisbury (aujourd'hui Harare).

Viteix 1940, Luanda (Angola, alors Afrique occidentale portugaise) - 1993, Luanda (Angola) :
Sans titre, 1973, peinture contrecollée sur papier journal
Conspiration - d'après oraison funèbre de L. Segall, 1973, peinture acrylique sur bois
Viteix compte parmi les premiers artistes angolais à faire des études à Lisbonne puis à Paris, à partir de 1973. À Paris, il côtoie Mario Pinto de Andrade, co-fondateur du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) et sa compagne, Sarah Maldoror. C'est lors d'une des nombreuses rencontres avec le couple qu'il leur offre le tableau Conspiration - d'après oraison funèbre de L. Segall, peint l'année de son arrivée à Paris.

Iba N'Diaye :
Le Droit à la parole, 1976, lavis, encre brune sur papier
Blues, 1969, lavis sur papier

Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
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Paul Ahyi 1930, Abomey (Dohomey, alors Afrique-Occidentale française) - 2010, Lomé (Togo) : L'Étau, 1975, acajou massif
De retour au Togo à partir de 1959 après son séjour parisien, Paul Ahyi, artiste et enseignant, est soucieux de produire un art socialement engagé à portée révolutionnaire.

Beauford Delaney :
Untitled (Portrait of a Young Man), vers 1965, huile sur toile
Bernard Hassell, vers 1962, huile sur toile
Ahmed Bioud, 1964, huile sur toile
Exposé à la Galerie Lambert en 1964, le portrait d'Ahmed Bioud, conservateur à la Bibliothèque nationale témoigne de l'exploration par Beauford Delaney des limites entre abstraction et représentation pour révéler l'expérience intérieure de son sujet.

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Ted Joans 1928, Cairo (États-Unis) - 2003, Vancouver (Canada) :
Sans titre (Autoportrait avec Ahmed Yacoubi), 1962, huile sur toile
L'autoportrait de l'artiste et poète américain Ted Joans avec le peintre marocain Ahmed Yacoubi révèle ses larges connexions artistiques.

Henri Guédon 1944, Fort-de-France (Martinique, France) - 2006, Paris : Miles Davis, 1980, technique mixte sur toile


Iba N'Diaye : La Chanteuse de blues, 1984, huile sur toile


Guido Llinás : Satchmo, 1971, huile sur toile
En 1971, le peintre et graveur Guido Llinás peint Satchmo, un titre inspiré du surnom du musicien Louis Armstrong, récemment décédé, dont il célèbre la contribution artistique alors qu'il est critiqué par les mouvements noirs de l'époque pour son manque d'engagement.

Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
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Retours vers l'Afrique

Dans les années 1960-1970, les abstractions des artistes caribéens, marquées par des recherches matiéristes, sont hantées par l'idée de retour vers l'Afrique. À Abidjan en Côte d'Ivoire, les Martiniquais Serge Hélénon et Louis Laouchez fondent l'école négro-caraïbe, enrichissant d'éléments de récupération leurs œuvres, peuplées de silhouettes et de signes. Ils encouragent l'essor du mouvement vohou-vohou dont les membres poursuivent leur formation à Paris. Au même moment, le groupe Fwomajé s'engage dans la recherche d'une esthétique martiniquaise tandis que des formes d'abstractions-traces voient le jour en Guyane.

Louis Laouchez 1934, Fort-de-France (Martinique, France) - 2016, Saint-Joseph (Martinique, France) : Élévation, 1981, huile sur toile

Kra N'Guessan 1954, Daoukro (Côte d'Ivoire, alors Afrique-Occidentale française), vit et travaille à Chevry-Cossigny (France) : Blôlo, 1981, sable, terres, collage et acrylique sur toile
Kra N'Guessan adhère au collectif d'artistes ivoiriens Vohou-Vohou dans les années 1970 à l'École des Beaux-Arts d'Abidjan, avant de rejoindre l'atelier de Jacques Yankel à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Le terme « vohou vohou », signifiant « n'importe quoi » en langue gouro, renvoie à une pratique fondée sur la récupération de matériaux pauvres, souvent naturels : tapa (étoffe en écorce battue), cauris, cordes, ficelles, lianes.
 

Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
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Serge Hélénon 1934, Fort-de-France (Martinique, France), vit et travaille à Nice (France) :
Personnage en tunique, 1974, huile et collage sur toile
Nécessité intérieure (Expression-Bidonville), 1971-1972, assemblage de carton et peinture sur bois

Yacouba Touré 1955, Mankono (Côte d'Ivoire, alors Afrique Occidentale française) - 2002, Abidjan (Côte d'Ivoire) : Sans titre, sans date, technique mixte

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Rico Roberto 1946, Pointe-à-Pitre (Guadeloupe, France), vit et travaille à Nice (France) :
Guerrier Mau Mau, 1970, huile sur toile, technique mixte, divers collages
Nèg Mawon, 1971, huile sur bois toilé, divers collages, cheveux

Radhames Mejia 1960, Saint-Domingue (République dominicaine), vit et travaille à Asnières-sur-Seine (France) : Choses entraînées par le temps, 1988, technique mixte sur toile
Après des études à l'école des Beaux-Arts de Saint-Domingue (République dominicaine), Radhames Mejia s'installe à Paris en 1984. Son œuvre picturale, à la fois figurative et symbolique, puise son inspiration dans ses origines afro- caribéennes, enrichies de son intérêt pour les pratiques indigènes, en particulier Taïno et Arawak.

Ernest Breleur 1945, Rivière-Salée (Martinique, France), vit et travaille en Martinique (France) : Sans titre (Série Fwomajé), 1988, acrylique sur toile

Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
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René Louise 1949, Fort-de-France (Martinique, France), vit et travaille à Schoelcher (Martinique, France) : Le Grand Marronnage, 1983, technique mixte sur toile

Bertin Nivor 1946, Le Lorrain (Martinique, France), vit et travaille à Fort-de-France (Martinique, France) : La Grande Assemblée Kamite. Que tous les Kamits de la Terre-Mère Kama, de la Diaspora et de l'Au-delà (les ancêtres) s'unissent pour briser les murs de l'apartheid et libérer l'Azanie, 1985, peinture vinylique sur toile
Né en Martinique, Bertin Nivor vient étudier à Paris en 1966, fréquentant notamment l'université de Vincennes, laboratoire des pensées révolutionnaires de l'époque. Il participe, dans les années 1980, à la création du collectif Fwomajé, dans lequel il tente de trouver une forme artistique pour représenter visuellement les métaphores de la langue créole. La Grande assemblée Kamite regroupe les recherches panafricaines de l'artiste en les intégrant dans un ensemble qui croise diverses influences.

Luis Martínez Richiez (dit Luichy Martínez) 1928, San Pedro de Macoris (République dominicaine) - 2005, Paris (France) : Sans titre, 1973, bois
Luichy Martínez, sculpteur dominicain, arrive à Paris en 1952 grâce à une bourse d'études. Il y côtoie des intellectuels et perfectionne sa technique dans son atelier. Premier prix de la Biennale de Paris en 1959, son travail acquiert une reconnaissance publique et plusieurs de ses sculptures sont acquises par la Ville de Paris et l'État.

Marc Latamie 1952, Fort-de-France (Martinique, France), vit et travaille à New York (États-Unis) : Farafeni, 1983, huile, peinture acrylique et bitume avec collage de papiers déchirés, sur papier bitumé
Diplômé de l'université Paris VIII, Marc Latamie entretient un lien privilégié avec le Centre Pompidou, pour lequel il œuvre à la médiation dès 1977, notamment à l'occasion de l'exposition inaugurale dédiée à Marcel Duchamp. C'est en 1983 que le Musée national d'art moderne fait l'acquisition de Farafeni, dont le titre fait référence à la ville située sur les rives du fleuve Gambie. Travaillant sur le fragment et la trace, Latamie joue sur les contrastes entre le fond de son papier bitumé et les couleurs vives de sa peinture, qu'il dépose sur des papiers qu'il déchire et recompose dans un geste proche de celui de Matisse.

Roseman Robinot 1944, Rivière-Salée (Martinique, France), vit et travaille a Remire-Montjoly (Guyane, France) : Le Grand Livre, 1990, diptyque, acrylique sur toile
Née en Martinique, Roseman Robinot étudie et enseigne en Île-de-France jusqu'en 1978, avant de s'installer en Guyane, où elle vit aujourd'hui. Son œuvre, Le Grand Livre, résulte d'une recherche artistique débutée en 1987 qui mobilise des éléments comme le pétroglyphe, un dessin gravé sur la pierre, laissé par les peuples autochtones. 

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Nouvelles abstractions

Dans les années 1980, une nouvelle génération d'artistes africaines-américaines revisitent l'abstraction : elles proposent une réécriture critique de l'histoire et oscillent entre engagement féministe, effacement et affirmation de soi. Des artistes caribéens élaborent des abstractions conceptuelles par l'exploration du noir et blanc et de formes comme la boîte. Leurs œuvres réactivent le débat sur l'usage du noir, présent dans l'art africain-américain depuis les années 1960, et ouvrent un espace de mémoire, souvent poétique et immatériel.

Ed Clark 1926, La Nouvelle-Orléans (États-Unis) - 2019, Détroit (États-Unis) : Red, Blue, & Black (Paris Series #4), 1989, acrylique sur toile

Mildred Thompson 1936, Jacksonville (États-Unis) - 2003, Atlanta (États-Unis) : Radiation Explorations 8, 1994, diptyque, huile sur toile
Mildred Thompson, artiste, musicienne et éditrice féministe, développe à Paris de 1981 à 1985 une grammaire visuelle basée sur des rythmes colorés et la démultiplication des rayons lumineux. Puisant dans la physique, l'astronomie, la musicologie et une myriade de références picturales (Kandinsky, Alma Thomas), musicales (Bach, Beethoven, Mingus) et scientifiques (Pythagore, Kepler), elle s'inscrit dans la lignée des abstractions-lumière de Beauford Delaney.

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Vicente Pimentel 1947, Saint-Domingue (République dominicaine) - 2023, Paris :
Mémoire du ciel, 1990, acrylique, pigments et fusain sur toile sur châssis
Triptyque, 1990, acrylique, pigments et fusain sur toile sur châssis
Enseignant à l'école des Beaux-Arts de Saint-Domingue, Vicente Pimentel a joué un rôle essentiel pour de nombreux artistes de la République dominicaine. Durant les années 1970, il rejoint Marseille puis Paris où il amorce une rupture progressive avec la figuration.

Ismael Mundaray 1952, Caripito (Venezuela), vit et travaille à Montreuil (France) : Wabanoko V, 1995, papier goudronné, marouflé sur toile

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Affirmations de soi

Paris, terre d'accueil désormais contestée, voit émerger des œuvres révélant les terribles conditions de vie des travailleurs étrangers et ultramarins. Les représentations du corps noir s'expriment via la peinture, la photographie et la mode. Grace Jones incarne l'effervescence des nuits parisiennes, tandis que des artistes réinventent l'autoportrait à travers des icônes comme Joséphine Baker tout en honorant des figures historiques de résistance, telles les marrons, ces anciens esclaves qui ont fui les plantations. Dès les années 1970, ces esthétiques militantes réaffirment les représentations de soi au moment où culminent les luttes contre l'apartheid en Afrique du Sud.

Faith Ringgold 1930, Harlem, New York (États-Unis) – 2024, Englewood (États-Unis) : The Bitter Nest, Part IV: The Letter, 1988, acrylique sur toile avec bordure en tissu assemblé Courtesy ACA Galleries, New York
The Letter, quatrième chapitre de la série The Bitter Nest, explore les dynamiques d'une famille noire de Harlem. L'œuvre suit Celia, médecin accomplie, qui après une romance tragique à Paris, retourne à New York enceinte et abandonnée. Ringgold, artiste et militante féministe, adopte ici le quilting, tradition africaine américaine qu'elle revisite à travers à travers le textile Kuba du Nigeria.

Afi Nayo 1969, Lomé (Togo), vit et travaille à Paris : Le Défilé, 1990, technique mixte sur bois 
Le Défilé est typique des peintures produites à Paris par Afi Nayo, souvent monochromes et toujours travaillées par la question de l'invisible. Dans cette peinture sur bois, l'artiste incise les silhouettes dans la matière picturale à l'aide d'outils de chirurgie dentaire, tels des graffitis sur un mur.

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Élodie Barthélemy 1965, Bogotá (Colombie), vit et travaille à Paris : Hommage aux ancêtres marrons, 1994, laine, fer, bois, chevelures fixées sur des flèches métalliques fichées sur des tiges de bois
Élodie Barthélemy, artiste franco-haïtienne, développe un rapport intime aux matériaux et objets qui revêtent pour elle une dimension sensible et mémorielle. L'installation Hommage aux ancêtres marrons a été créée lors d'une résidence artistique à Mazamet-Aussillon.

Frantz Absalon 1948, Fort-de-France (Martinique, France), vit et travaille à Paris (France) : Sans titre, 1989-1992, bois, colle de peau, sable, encre de Chine, cire d'abeille
Les sculptures de Frantz Absalon, souvent noires et blanches, forment une dualité du féminin et du masculin.

Alex Burke 1944, Fort-de-France (Martinique, France), vit et travaille à Paris (France) : Sans titre, 1978, technique mixte
Alex Burke fait ses études à l'école des Beaux-Arts de Nancy. A partir de 1975, il élabore des assemblages: casiers et boîtes recouverts de peinture en aérosol noire dans lesquels l'artiste range de petites poupées faites de fragments de draps blancs récupérés.

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Mary Lovelace O'Neal 1942, Jackson (États-Unis), vit et travaille à Oakland (États-Unis) et Mérida (Mexique) : Purple Rain de la série Two Deserts, Three Winters, vers 1990, techniques mixtes et peinture acrylique sur toile
L'artiste s'inspire de l'expressionnisme abstrait américain des années 1950, caractérisé par l'expression gestuelle spontanée, et des « champs colorés » de la Color Field Painting. Elle découvre les esthétiques nord-africaines, notamment au festival panafricain d'Asilah.

Et on retrouve dans cette salle, pour la dernière fois dans la mise en scène familière des expositions du 6e étage du Centre Pompidou, une sculpture d'Agustín Cárdenas  - 1927, Matanzas (Cuba) - 2001, La Havane (Cuba) : Fruit de la mémoire I, 1981, marbre blanc
 

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Encore trois peintures d'Henri Guédon :

K.K.K., 1979-1983, technique mixte
À la décatché, vers 1990, technique mixte et huile sur toile
Sans titre, 1985, technique mixte sur bois

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Diagne Chanel 1953, Paris, vit et travaille à Avignon :
Le Garçon de Venise, 1976, huile, pigment sur toile de lin
La Nuit du Boxeur, 1985, tempera, huile, pigments et pastel sur papier Vinci marouflé sur toile de lin
Le Garçon de Venise constitue l'une des premières figurations contemporaines noires selon des codes définis par l'histoire de l'art. Au centre et au premier plan de la toile dans un décor élaboré autour d'édifices vénitiens, un jeune homme, camarade de l'artiste à l'école nationale des arts décoratifs, soutient le regard du spectateur.

Max Pinchinat 1925, Port-au-Prince (Haïti) - 1985, Paris (France) : La Métisse, 1985, huile sur toile

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Le centre du plateau d'exposition est occupé par une installation monumentale de la plasticienne Valérie John (née en 1964 à Fort-de-France, vit et travaille à La Trinité en Martinique).
Invitée à déplacer son atelier au cœur du Centre Pompidou pour « Paris noir », l’artiste engage bien plus qu’une œuvre : elle transporte un monde. Dans un espace un peu en retrait de l’exposition, cette tisseuse de mémoires raconte son art palimpseste, fait de couches superposées, de gestes rituels et d’histoires.

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Rites et mémoires de l’esclavage

Paris, point d’ancrage de l’histoire culturelle noire et point de passage de ses diasporas, se prête à partir des années 1970 à des relectures critiques de l’histoire. Des commémorations organisées par l’État sont ainsi l’occasion pour de nombreux artistes d’interroger le modèle universel français. Le bicentenaire de la Révolution française en 1989 voit de nombreuses manifestations s’orchestrer, honorant aussi bien la révolution haïtienne que la Jeunesse communiste internationale. En 1994, alors qu’est également célébré le bicentenaire de la première abolition de l’esclavage, des représentations liées à l’histoire du marronnage se développent. Autour de l’exposition « Rites » à La Villette, organisée par l’écrivaine et professeure Delia Blanco, de nouvelles figures de résistance entrent dans l'histoire, alors que l’abstraction s’exprime chez certains artistes par une géométrie triangulaire liée à l’histoire de la traite. Conformément au processus de reconstruction historique explicité par Édouard Glissant, cette mouvance exprime le devoir de mémoire et le refus de l’oubli, pour cheminer vers la définition d’un nouvel universalisme « de la différence ».

Frantz Absalon : La Liberté, 1999, bois de sapin noirci à l'encre de Chine et ciré 
Frantz Absalon, artiste d'origine martiniquaise arrivé à Paris en 1968, entrelace dans sa pratique les cultures caribéennes et les traditions européennes. Son œuvre La Liberté, créée lors des commémorations du cent cinquantième anniversaire de l'abolition de l'esclavage en France, se distingue par l'utilisation de l'arc roman comme motif central. Disposés en série, ces arcs évoquent les maillons d'une chaîne, dont l'anneau situé au sommet, ouvert, rompt l'enchaînement. 

Silvano Lora 1931, Saint-Domingue (République dominicaine) - 2003, Saint-Domingue (République dominicaine)
Jean Metellus 1937, Jacmel (Haïti) - 2014, Paris (France) :
L'Esprit des Aïeux, 1991, dessins de Silvano Lora et textes de Jean Metellus, encre noire permanente et acrylique sur papier pur chiffon

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Max Pinchinat : L'Amérindienne, 1985, huile sur toile

Hervé Télémaque : Caraïbe I, La ville des nègres/baie/Fonds-des- Nègres, 1993, laque sur bois de contreplaqué découpés, peinture à l'huile, anneau métallique

Robert Radford 1946, Pointe-à-Pitre (Guadeloupe, France)-2025, Marie Galante (Guadeloupe, France) : L'Île de Gorée (Gorée ou la maison des esclaves), 1989, huile sur toile

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Ousmane Sow 1935, Dakar (Sénégal, alors Afrique-Occidentale française) - 2016, Dakar (Sénégal) : Marianne et les révolutionnaires, 1989, fer, béton, bois, tissus, pigments
Ousmane Sow, kinésithérapeute, débute dans les années 1960 une œuvre sculpturale fondée sur l'application, sur une structure de métal, de paille et de toile de jute, d'un mélange fait de substances hétéroclites, de colle et de terre. Marianne et les révolutionnaires fait partie, avec des sculptures du chef de la révolution haïtienne, Toussaint Louverture, et de Gavroche, personnage des Misérables de Victor Hugo, d'une série commémorant le bicentenaire de la Révolution Française. En 1991, la couverture du premier numéro de Revue Noire affiche une de ses œuvres et en 1999, son exposition sur le Pont des Arts est un grand succès populaire. Ousmane Sow est en 2013 le premier artiste noir à entrer à l'Académie des Beaux-Arts..
 

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Silvano Lora  1931, Saint-Domingue (République dominicaine) - 2003, Saint-Domingue (République dominicaine) : Machetes y hornos de la revolución, 1989 (détail), triptyque, acrylique sur toile libre

Fodé Camara 1958, Dakar (Sénégal, alors République du Sénégal), vit et travaille à Dakar (Sénégal) : Parcours no 1, 1988, acrylique et pastel sur toile
Parcours no 1 fait partie des œuvres créées par Fodé Camara pour l'exposition « Révolution française sous les Tropiques », prévue pour accompagner le bicentenaire de 1989 au Musée des Arts d'Afrique et d'Océanie.

William Adjété Wilson 1952, Tours (France), vit et travaille à Paris : L'Enfant des barricades, 1989, assemblage bois peint et toile sur châssis

Barbara Prézeau-Stephenson 1965, Port-au-Prince (Haiti), vit et travaille entre la France et le Canada : L'Arrestation de la reine Anacaona, la Samba du Xaragua, par Nicolas Ovando en 1504, 1991, acrylique sur toile, objets

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José Castillo 1955, Saint-Domingue (République dominicaine) - 2018, Paris (France) :
Los Cimarrones (Les Marrons), 1994, huile sur toile
Vierge, 1993, huile sur toile et bois
Saint Georges, 1994, huile sur toile
La pratique foisonnante de José Castillo, artiste d'origine dominicaine, reflète le syncrétisme culturel qui traverse la Caraïbe et témoigne de la culture visuelle des années 1980. La figure de saint Georges terrassant un dragon, représentée ici, évoque une iconographie chrétienne répandue et rend également hommage à un compositeur guadeloupéen : Le Chevalier de Saint-George, surnommé « le Mozart noir », favori de Marie-Antoinette et défenseur des idéaux des Lumières. Dans cette œuvre, il brandit la croix catholique tout en arborant les attributs du Loa, Ogou Ferraille, l'une des figures tutélaires du rite Rada qui, avec le rite Petro, appartiennent à la mythologie vaudou

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Syncrétismes parisiens

Les abstractions syncrétiques se poursuivent dans des recherches de textures, où la mémoire des scarifications rituelles croise l’émergence contemporaine du graffiti. Se propageant de New York à Paris grâce à des artistes comme Jean-Michel Basquiat, le graffiti est le fruit d’une culture underground convoquant à la fois la peinture rupestre et la symbolique africaine. D’autres artistes travaillent l’assemblage dans une esthétique qui récupère et recycle les rebuts de la société de consommation. Une dimension spirituelle se dégage de leurs œuvres, qui mettent en scène des mondes intermédiaires peuplés de figures mythologiques. Plusieurs artistes femmes investissent ces thématiques, confirmant par leur travail un attachement aux questions de transmission et d’appartenance auxquelles s’ajoutent des mythologies intimes et féminines. Ces syncrétismes conduisent à la production de formes transculturelles et ancestrales, affirmant non seulement la quête d’unité civilisationnelle mais aussi la reconquête d’un processus de transmission, après les fractures de la colonisation.

Henri Guédon :
Jean-Michel Basquiat, 1990, technique mixte sur bois
«C'est à Paris que j'ai eu cette révolte esthétique, cette conscience noire », affirme Henri Guédon. Ce peintre, sculpteur et musicien intègre Jean-Michel Basquiat, qu'il considère comme «le Jimi Hendrix de la peinture », dans ses portraits de personnalités illustres, aux côtés d'Édouard Glissant et de Léon-Gontran Damas.
Carnets, 1980-1990, technique mixte

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Raymond Saunders 1934, Pittsburgh (États-Unis), vit et travaille à Oakland (États-Unis) : In Love With Nicole, 1994, bois, acrylique, crayon blanc huile, pastel gras, craie sur panneaux 
In Love With Nicole est un hommage de Raymond Saunders à sa galeriste, Nicole Resche, à Paris.

Ouattara Watts 1957, Abidjan (Côte d'Ivoire, alors Afrique-Occidentale française), vit et travaille à New York (États-Unis) : Divination, 1988, technique mixte sur toile
Proche de Jean-Michel Basquiat, rencontré à Paris en 1988, Ouattara Watts combine dans des œuvres monumentales des matériaux cousus, collés, superposés sur la surface de la toile: sacs de café ou cacao, bois, papier mâché. Fabriquant seul ses outils, il peint à mains nues et s'inspire du savoir-faire des architectures vernaculaires, mélangeant le beurre de karité à des pigments pour obtenir une matière dense.

Ernest Dükü 1958, Bouaké (Côte d'Ivoire, alors Afrique-Occidentale française), vit et travaille entre Paris et Abidjan (Côte d'Ivoire) :
Au-delà du bouclier nubien, 1998, technique mixte, peinture acrylique, pastel gras, kaolin, papier mâché sur carton gris marouflé sur bois
Les Gardiens du temple, 1997, acrylique, pastel gras, kaolin, papier mâché sur carton gris marouflé sur bois
Arrivé en France au début des années 1980, Ernest Dükü apporte de Côte d'Ivoire ses préoccupations pour les signes énigmatiques présents sur les poids à peser l'or des Akan, communauté dont il est issu. Il élargit ensuite cet ensemble de textes sacrés à l'alphabet tifinagh, au système de symboles nsibidi (idéogrammes africains) et approfondit leur compréhension par sa lecture de Cheikh Anta Diop, écrivain, anthropologue et homme politique sénégalais.

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Ousseynou Sarr 1949, Dielmo (Sénégal, alors Territoire du Sénégal) - 2006, Bordeaux (France) : La Guerre du Golfe, 1990, technique mixte
Ousseynou Sarr réalise au début des années 1980 des œuvres abstraites aux tons sombres à partir de techniques qu'il dit héritées des recettes de son grand-père guérisseur. Il utilise des matériaux naturels (arachide, café, noix de cola, sable, cendre, charbon, raphia), des objets de récupération et des pigments traités selon diverses méthodes (ponçage, grattage, repassage).

José Legrand 1955, Cayenne (Guyane, France), vit et travaille à Cayenne (Guyane, France) : Sans titre (Série Madras como maré), 1997, acrylique et goudron sur toile

Shuck One 1970, Pointe-à-Pitre (Guadeloupe, France), vit et travaille à Paris : RE-GENERATION 2025, 2025, installation, acrylique, aérosol, collages et modules sur bois
Shuck One affirme une esthétique de la trace depuis la découverte, en 1979, des tags, slogans et revendications laissés sur les murs de sa ville natale, Pointe-à-Pitre, par les indépendantistes. Il commence à créer à son arrivée en France en 1984. Il pense sa pratique comme une synthèse « identitaire et historique ». 

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A-One (Anthony Clark) 1964, New York (États-Unis) - 2001, Paris : Sans titre, 1993, acrylique sur toile

JonOne (John Andrew Perello, dit) 1963, New York (États-Unis), vit et travaille à Paris : Bright and Beautiful (Hôpital éphémère), 1997, acrylique sur toile
JonOne, d'origine dominicaine, découvre le street-art à New York où il commence à peindre sur les métros avec le groupe 156 All Starz. À cette période, le graffeur parisien Bando, résidant à New York, le pousse à rejoindre Paris. En 1987, JonOne installe son atelier à l'Hôpital éphémère où il transpose le graffiti de la rue à la toile.

Raymond Saunders : Asking for Colors, Marie's Gift, vers 2000, technique mixte sur panneau, bois, papiers déchirés, scotch, peinture et craie sur panneau

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Dernière section de l'exposition :

Les nouveaux lieux du Paris noir

À Paris, dans les années 1980-1990, de nouvelles structures collectives artistiques s’ouvrent aux cultures urbaines, de la mode et de la musique – notamment africaines, alors en pleine lumière. Des initiatives émergent, telles que l’association Wifredo Lam, les arts du monde, les galeries L’intemporel ou Black New Arts, les ateliers partagés des Frigos ou de l’Hôpital Éphémère, témoignant d’une volonté d’auto-organisation. Les associations Afrique en Créations ou Revue Noire oeuvrent quant à elles à développer des liens pérennes entre la France et l’Afrique. L’artiste Raymond Saunders organise l’exposition « Paris Connections » et la conférence « A Visual Arts Encounter: African Americans & Europe » réunissant plusieurs générations d’expatriés africains-américains. Certains espaces alternatifs comme le Monde de l’art, en contrepoint des galeries commerciales, ouvrent la voie à de nouveaux échanges entre les Suds, permettant aux artistes d’exister sur la scène parisienne et internationale.

José Castillo : Altar [Autel], 1997, technique mixte sur réfrigérateur (métal et plastique), radio, bouteilles de mamajuana (boisson de la République dominicaine avec plantes et rhum), objets divers

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William Adjété Wilson est très présent dans cette section : 

Suite à l'avion, 1987, encre et pigments sur papier.
Chorégraphie, 1987, encre et pigments sur papier
L'Idole, 1977, pastel et crayon sur papier
Le Chasseur, 1973, pastel et crayon sur papier
Double monstre, 1975, pastel et crayon sur papier
L'Homme à cloche, 1989, bois, métal, miroir
Tête à tiroir, 1988, assemblage bois, feutre, nacre, plume, métal
Sur invitation, 1984, pastel sur papier
Proche du mouvement de la figuration libre avec lequel il mène des actions de rue, William Adjété Wilson réalise au début des années 1980 des dessins d'inspiration surréaliste, citant volontiers les artistes Victor Brauner ou Wifredo Lam. Sur invitation fait partie de pastels sur papier craft dans lesquels se côtoient des êtres hybrides ou imaginaires, reflets d'un métissage par lequel il explique son absence d'affiliation à toute communauté. Marqué par un retour constant vers l'Afrique, il réalise à la même époque des masques à l'aide de chaises récupérées dans la rue. En 1988, sa collaboration avec le chorégraphe Dominique Bagouet au Centre Pompidou témoigne d'une recherche pluridisciplinaire qui le mène jusqu'à la mode ou au graphisme.

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Manuela Dikoumè 1956, Paris, vit et travaille à Elbeuf (France) :
Autoportrait au vase, 1991, pastel gras et acrylique sur papier craft goudronné
Autoportrait au loup, 1991, pastel gras et acrylique sur papier craft goudronné
La Première Porte, 1990, technique mixte, porte Napoléon bois, acrylique, pâte d'or, objet en lin et raphia sur structure métallique
Proche de l'esthétique de la figuration libre qui se développe à Paris dans les années 1980, Manuela Dikoumè est sensible à l'idée d'un art socialement engagé dont témoignent plusieurs de ses œuvres publiques. Elle débute avec La Première Porte une série de portes peintes, images de ses propres voyages entre l'Afrique, l'Europe et les États- Unis, qui se font le support d'assemblages d'objets d'art traditionnel africain, d'objets militaires et civils ou d'archives coloniales.

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Everlyn Nicodemus 1954, Marangu (Tanzanie, alors colonie de la Couronne de l'Empire colonial britannique), vit et travaille à Édimbourg (Écosse) :
Explorer, 1987 huile sur toile
Nude in Hat, 1987, acrylique sur toile
En 1980, après des études d'anthropologie sociale, Everlyn Nicodemus s'engage dans une pratique artistique intimiste dans laquelle elle choisit, en tant que femme noire, de s'exposer comme sujet d'étude.

Henri Guédon :
Manman Cochon, 2000, technique mixte
Vide-poche du vernissage, 1998, technique mixte
Laurence Choko, galeriste pionnière de l'art caribéen en France, représente dès le début des années 1990 l'artiste Henri Guédon au sein de sa galerie L'Intemporel, située rue Saint-Martin à Paris. L'œuvre Vide-poche a été créée lors d'un de ses vernissages où chaque personne présente était invitée à se munir d'un objet destiné à « nourrir » la toile vierge. Celle-ci, disposée sur deux chaises, servait de base à l'intégration de ces objets dans l'iconographie de l'œuvre.

Victor Ulloa 1961, Saint-Domingue (République dominicaine) - 2024, Paris : Sans titre, sans date, acrylique sur toile

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Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
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Assane N'Doye 1952, Dakar (Sénégal, alors Territoire du Sénégal) - 2019, Dakar (Sénégal) : L'Indésirable (Hommage à Wifredo Lam), 1984, huile sur toile
Marqué par la pensée de la négritude, Assane N'Doye transcrit, à travers ses œuvres, son « identité africaine ». L'indésirable (Hommage à Wifredo Lam) est représentatif de son travail et de son engagement militant dans les années 1980.

Clem Lawson 1954, Abidjan (Côte d'Ivoire, alors Afrique Occidentale française), vit et travaille à Londres :
Angoisse sur l'escalator, 1983, perles de verre sur bois
Odeur de pellicule, 1983, perles de verre sur bois
Auteur d'une thèse sur «L'utilisation des perles dans la renaissance artistique au Togo», Clem Lawson capte dans ses œuvres la vie quotidienne parisienne dès les années 1970 en utilisant des perles de verre.

As M'Bengue 1959, (Sénégal, alors République du Sénégal) : Jeu de dames, pauvres riches, 1990, huile, marqueur, pion de jeu de dames, collage de moquette et de toile, métal et clous sur panneau
Au début des années 1990, As M'Bengue, fraîchement diplômé de l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, obtient un atelier à l'Hôpital éphémère. Il y réalise des œuvres socialement engagées, inspirées par son ancienne profession de graphiste

Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
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Trois installations dans cette section :

Trois statues au centre, deux de Pascal Kenfack 1950, (Cameroun, alors Cameroun français), vit et travaille à Paris : Chef de village - Jour et Nuit, 1990, bois
Collection de l'artiste
Après ses études à l'École nationale des Beaux-Arts de Paris, Pascal Kenfack poursuit depuis les années 1970 un travail autour de la représentation du culte des ancêtres et des alliances totémiques.
La troisième de Mickaël Bethe-Sélassié 1951, Dire Dawa (Éthiopie) - 2020, Paris : Sans titre, sans date, papier mâché peint
En 1981, Mickaël Bethe-Sélassié réalise à Paris ses premières œuvres en papier-mâché appliqué sur des structures en bois grillagées. Ses sculptures, totems ou personnages mythiques issus d'une cosmologie personnelle syncrétique sont liées à ses racines éthiopiennes et à une forme de spiritualité guidée par sa pratique du zen et du yoga.

Nathalie Leroy-Fiévée 1971, Cayenne (Guyane, France), vit et travaille à Paris : An fondok, les Origines (les Ascendants), 1996-2025, un volume ouvert en 4 parties conçues comme un leporello, peintures réalisées in situ
Nathalie Leroy-Fiévée entre en 1992 aux Beaux-Arts de Paris dans l'atelier de Claude Viallat. En 1996, elle est invitée par l'artiste américain Raymond Saunders à venir étudier au California College of the Arts d'Oakland, où il enseigne. Durant son séjour, elle crée plus d'une centaine de gouaches avant de réaliser une traversée de l'Ouest américain

Une évocation des créations d'Almen Giribila, née au Vietnam en 1951
 

Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
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Miguel Marajo 1963, Le Havre (France), vit et travaille à Sartrouville (France) :
NGH302, 1996, acrylique sur papier marouflé sur bois
Prise de terre, 1997, bois, métal et peinture anticorrosion
Miguel Marajo, a étudié au SERMAC, laboratoire de pratiqués artistiques fondé par Aimé Césaire à Fort-de-France. Il y suit les enseignements de René Louise, auteur du Manifeste du marronisme moderne et développe une esthétique martiniquaise au sein du collectif Totem, groupe de jeunes artistes de l'école, avec lequel il expose en Martinique et à Paris.

Paris noir - Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 (II/II)
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Pêle-mêle, pour terminer, quelques œuvres de cette dernière partie.

Michel Rovelas 1938, Capesterre-Belle-Eau (Guadeloupe, France), vit et travaille à Capesterre- Belle-Eau (Guadeloupe, France) : Sans titre, série Silence « La force qui est en nous », 1990, huile sur bois
Alain Savelor 1950, Capesterre-Belle-Eau (Guadeloupe, France), vit et travaille à Nogent-sur-Oise (France).: Archaïsme et modernité, situation III, vers 1990, assemblage de différentes toiles cousues, collées et gesso pour apprêtage, peinture acrylique, sable et liant acrylique
Pume Bylex 1968, Kinshasa (République démocratique du Congo), vit et travaille à Kinshasa (République démocratique du Congo) : Statue BYL ou La Maternité, 1988-1994, technique mixte, éclairage interne 12 V
Pascale Marthine Tayou 1986, Nkongsamba (Cameroun), vit et travaille à Gand (Begique) et Yaounde (Cameroun) : un de ses fétiches formés de revues enfichées sur un pal d'acier.
Hassan Musa 1951, El Nihud, Soudan, vit et travaille en France : Autoportrait avec des idées noires, 2003.

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L
Merci, merci. J'ai été à cette expo et j'ai pris de nombreuses photos, mais pas tous les cartels, comptant sur le catalogue. Las, il manque de nombreuses œuvres vues. Grâce à vous, j'ai pu légender mes photos. Je vais donc me permettre de mettre le lien de vos deux posts sur certaines de mes légendes.
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