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Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)

24 Septembre 2022 , Rédigé par japprendslechinois

Sous ce titre un peu recherché, l'Académie des Beaux-Arts rend hommage au sculpteur Jean Cardot, né à Saint-Étienne en 1930 et mort à Paris en 2020. Il avait été élu à l'Académie des Beaux-Arts en 1983, au fauteuil de Paul Belmondo et l'avait présidée à deux reprises.

Cette exposition se tient dans le Pavillon Comtesse de Caen de l'Institut de France que le lecteur de ce blog a déjà rencontré à plusieurs reprises (cf. nos billets du 11 janvier 2020 et du 2 octobre 2021)

Une occasion de faire mieux connaissance avec l'œuvre de cet artiste qui, selon sa biographie affichée dans l'exposition, a choisi de garder une totale liberté de création. Il n'appartient à aucune école, à aucun courant, ce qui lui a permis de revenir à la figuration à chaque fois qu'il en a eu envie. Il est l'auteur de plus de soixante-dix monuments, en France, au Canada, en Pologne, en Chine. A Paris, La Flamme de la Liberté, édifiée dans la résidence de l'Ambassadeur des Etats-Unis, reflète l'unité de son oeuvre qui s'étend de Jefferson sur la rive gauche de la Seine, à Churchill et à De Gaulle sur les Champs-Elysées, symbolisant le combat pour la liberté.

À l'entée, Études pour lady Saatchi, Joséphine Hart, 2014, bronze

Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)

La Justice, 1986, bronze (3/8)
Étude pour Jefferson, 2003, bronze

Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)

Trois intimités, 2018, bronze (de gauche à droite, 1/8,2/8, 1/8)

Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)

Le cirque, rose des vents, 1967, bronze (4/10)

Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)
Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)

Études de têtes d'épée, bronze doré et bronze

Ces études, de gauche à droite et de bas en haut, ont été réalisées pour les épées de Sebastião Salgado, photographe brésilien élu en 2016, le mime Marcel Marceau (1923-2007),  élu en 1997, le médecin et poète François-Bernard Michel, élu en 2000, le graveur Jean-Marie Granier (1922-2007), élu en 1991, le compositeur et chef d'orchestre Marius Constant (1925-2004), élu en 1992,  le compositeur et chef d'orchestre Laurent Petitgirard, élu en 2000 et encore un compositeur, Jean Prodomidès (1927-2016), élu en 1990.

Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)
Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)

Taureau bondissant, Taureau estocard, Taureau à l'arrêt, 1961, bronze

Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)
Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)

Torse d'homme, bronze, non daté

Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)

Quatre études pour éléphants, 1965, plâtre

Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)
Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)

Christ, 2018, bronze
Christs, 2020, bronze

Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)
Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)

Portraits de Pierre Mesmer, Anonyme, Baron Gourgaud, 1963,2005, plâtre

Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)

On retrouve trois autres Études pour lady Saatchi, Joséphine Hart, 2014, cette fois en plâtre.

Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)
Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)

Au milieu de la dernière salle, le plâtre original du monument à Sir Winston Churchill, 1996, dont la fonte en bronze est installée près du Petit Palais, à la hauteur du 13 avenue Winston Churchill à Paris.

Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)

Au fond de cette dernière salle, est exposée l'épée d'académicien de Jean Cardot, évidemment dessinée par lui-même, entouré de photos de quelques œuvres et de son atelier.

Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)

En ressortant, sur la parvis de l'institut, on retrouve une œuvre de Jean Cardot, Taureau Lumière, 1967, bronze, Fonderie de Coubertin, avec la légende suivante :

Après l'obtention du Premier Grand Prix de Rome en 1956, Jean Cardot séjourne à la Casa de Velázquez à Madrid de 1957 à 1959. Il se passionne alors pour le taureau (et non la corrida), cet animal à qui il consacrera de nombreuses études. Le Taureau Lumière (1967) est réalisé en terre cuite puis fondu en bronze pour un collège de sa ville natale à Saint-Etienne. Un exemplaire de cette oeuvre a été inauguré en décembre 2020 devant le Musée national d'art de Chine à Pékin.

Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)
Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)
Une intrusion dans l'atelier de Jean Cardot (1930-2020)
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Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

17 Septembre 2022 , Rédigé par japprendslechinois

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

Nous terminons dans ce billet le parcours de la rétrospective présentée par la Fondation Louis Vuitton à l'occasion du centenaire de la naissance de Simon Hantaï (cf notre dernier billet) avec la série des Meuns (1966-1968).
Avec cette série qui a pour nom le village de Seine-et-Marne où Simon Hantaï s'est installé en 1965, le blanc ou « non-peint » devient déterminant.
« La toile est pliée aux quatre coins et au centre, puis recouverte d'une seule couleur. Quelques coups de pinceaux soulignent parfois certains plis ou zones laissées vierges ».

Six Meuns datés de 1967 et 1968, huile sur toile

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

Passons aux Études (1968-1971), sans doute l'uns des créations les plus connues de l'artiste, avec les Tabulas.
« La toile est pliée uniformément et recouverte d'une seule couleur, afin d'obtenir de larges formes blanches (non colorées) découpées irrégulièrement »

La plupart de ces Études datent de 1969

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
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Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

Dans une très belle salle, les Blancs (1973-1974)
« Le pliage de la toile est conçu de telle sorte que les zones colorées sont de plus en plus restreintes, tandis que les blancs (les zones non colorées) sont de plus en plus grandes. »

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

Cette période correspond à l'adoption de l'acrylique par le peintre.
Ces Blancs sont datés de 1973 et 1974.

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

La période des Tabulas s'étend de1972 à 1982, date du retrait de Simon Hantaï de la vie publique.

Ces toiles de très grandes dimensions occupent plusieurs des grandes salles du premier étage de la Fondation.
« Le pliage de la toile s'organise selon un quadrillage régulier, permettant de faire apparaître un ensemble de carrés ou compartiments. La toile, nouée à l'intersection de chacun des carrés, est ensuite recouverte d'une même couleur ».

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

Mono ou multicolores, aux carrés de dimensions très variables,...

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

jusqu'à cette Tabula lilas de 1982

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

Exposées notamment à une des rares expositions auxquelles Simon Hantaï a consenti après son retrait en 1982, les Laissées (1994-1995).


Les Laissées (du nom des déjections d'animaux sauvages) sont produites à partir des Tabulas monumentales de l'exposition du CAPC (Centre d'arts plastiques contemporains, Bordeaux) en 1981 qui ont été découpées au cutter ; des morceaux sont ensuite sélectionnés et recadrés en leur ajoutant au besoin de la toile vierge. « Sur les coupes faites par la toile, la surcoupe (le surcoup) du cutter ».

Dans cette belle salle :

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

Un ensemble de quatre Laissées de 1994 (acrylique sur toile)

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

Un ensemble de Sérigraphies de 1996 (sérigraphie sur toile 1/6)

Ces grandes Sérigraphies en noir et blanc sont réalisées en partant des photographies prises tangentiellement des Tabulas du CAPC qui sont recadrées et redressées pour créer des grandes bandes verticales noires et blanches.

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

En regard de deux Études de 1969 (huile et acrylique sur toile)

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

Œuvres tardives (1983-2004)


De 1982 à 1985, Simon Hantaï réalise des peintures multicolores à l'acrylique, très diluée et transparente, souvent de petit format, qu'il n'exposera pas de son vivant.

De très belles grandes toiles sans titre, acrylique sur toile, 1984 et 1985

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

De multiples petits formats de techniques diverses, de toutes époques.

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

Quelques plans rapprochés, pour le plaisir des yeux

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

Tout à la fin de l'exposition, encore des Tabula mâtinées de Laissée (?)

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

Une tabula non dépliée...

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

et des œuvres un peu étranges :

Deux Suaires obtenus par l'impression numérique d'un cliché d'une Tabula Lilas de 1982 dont la toile a jauni avec le temps, 2001, impression numérique, encre d'imprimerie sur toile

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)

et Buée/H.b./ & photographies, Paris, 2004, impression numérique sur papier montée sur une plaque en aluminium, avec trois reproductions collées sur la surface.
Cette œuvre reproduit une photographie d'une Tabula lilas (1982), et comprend les reproductions suivantes : un portrait d'Anna Hantaï (mère de l'artiste) de 1972, une encre de chine sur papier d'Henri Michaux (1954-1955) et une photographie d'Hélène Adant (1943-1944) représentant Henri Matisse à Vence découpant des gouaches pour la série Jazz.

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (II/II)
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Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)

10 Septembre 2022 , Rédigé par japprendslechinois

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)

À l'occasion du centenaire de la naissance de Simon Hantaï - née à Bia en Hongrie en 1922, décédé à Paris en 2008 - la Fondation Louis Vuitton a présenté ce printemps une rétrospective magistrale de l'œuvre de cet artiste, installé en France dès 1948 et naturalisé en 1966.

Cette rétrospective de cent trente œuvres, souvent monumentales, pour beaucoup inédites, a été réalisée avec l'aide de sa veuve Zsuzsa Hantaï et de ses enfants. Elle présente pour la première fois le travail réalisé pendant la dernière partie de sa vie, dans le secret de son "dernier atelier", après 1982, date à laquelle Simon Hantaï a déclaré arrêter de peindre et se retirer de la vie publique.

L'exposition passe rapidement sur la période "surréaliste" de Simon Hantaï, qui s'est brouillé avec le mouvement et en a été exclu en 1955.

Narcisse collectif, Paris, 1953, huile, techniques mixtes et collages d'objets sur toile

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)

De cette première période :

Peinture (pliage), Paris, 1950, huile sur toile pliée
Peinture, Paris, 1951, toile pliée et technique mixte sur carton
La Momie, Paris, 1950, huile sur photographie imprimée sur papier (feuillet de revue)
Sans titre, Paris, 1950, huile sur papier imprimé

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)

mises en regard avec un des "maîtres" de Hantaï, l'américain Jackson Pollock (1912-1956) :

Number 26 A, Black and White, New York, 1948, peinture glycérophtalique sur toile
Sans titre (peinture interminable par réductions successives), Paris, 1982-1985, acrylique sur toile

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)

Les grandes toiles de la fin des années 50 occupent la première salle de l'exposition.

Peinture, Paris, 1958, huile sur toile
Souvenir de l'avenir, Paris, 1957, huile et poussière sur toile
Deux Peintures, 1957
 

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)

Les Larmes de saint Ignace, Paris, 1958-1959, huile sur toile

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)

Peinture (Écriture rose), Paris, 1958-1959, encres de couleur, feuilles d'or sur toile de lin
Peintures, Paris, 1959 Huile sur toile

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)

Peinture, Paris, 1958-1959, huile et feuilles d'or sur toile

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)

À Galla Placidia, Paris, 1958-1959, huile sur toile

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)

Début des années 1960 : Les Mariales
Hantaï abandonne l'écriture et le geste et introduit une toute nouvelle méthode de travail : le pliage. De 1960 à 1982, huit séries vont se succéder, correspondant chacune à un procédé différent. Dans cette première série, une fois la toile froissée de bord en bord, les parties visibles sont peintes avant d'être dépliées, puis tendues, créant un espace totalement recouvert. 

4 Mariales, huiles sur toile de 1960 à 1962 
 

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
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Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)

En 1963-1964, la série des Catamurons, du nom d'une maison de vacances louée à Varengeville, dont le pliage ne concerne que la partie centrale de l'œuvre.

Quelques Catamurons de 1963 à 1964

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
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Deux toiles sans titre de la même période.

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)

Passons à la série des Panses (1964-1967)
Selon Simon Hantaï, la Panse est un « pliage multiple d'une même forme ovoïdale, recouverte de couleurs jusqu'à masquage de tous les vides des pliages successifs ».

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
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Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)

Pour terminer cette première partie de la visite, comme nous l'avions commencée avec Pollock, deux oeuvres d'un autre "maître" de Hantaï, Henri Matisse(1869-1954)

Algue blanche sur fond rouge et vert, Vence, 1947, papiers découpés peints à la gouache et collés sur papier
Nu bleu IV, Nice, 1952, fusain et papiers gouachés découpés et collés sur papier marouflé sur toile

Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)
Simon Hantaï : l'exposition du centenaire (I/II)

Dans un prochain billet, nous terminerons le parcours de cette rétrospective avec les Meuns, les Études, les Blancs, les Tabulas, les Laissées et les œuvres tardives.

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La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton

3 Septembre 2022 , Rédigé par japprendslechinois

 

Outre la grande rétrospective consacrée au centenaire de Simon Hantaï (que nous évoquerons dans un prochain billet) la Fondation Louis Vuitton a présenté cet été une très belle exposition intitulée La Couleur en fugue, où la peinture « sort du champ restreint de la toile tendue sur châssis. Couleurs et supports s’inventent une liberté nouvelle en envahissant l’espace (mur, sol, plafond) ».

Elle comprend des œuvres de Sam Gilliam (Etats-Unis, 1933-2022), Steven Parrino (Etats-Unis, 1958-2005) et Niele Toroni (Suisse/France, né en 1937), ainsi que deux interventions inédites, réalisées pour la Fondation Louis Vuitton par Katharina Grosse (Allemagne, née en 1961) et Megan Rooney (Canada, née en 1985).

Galerie 9 : Sam Gilliam

La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton

Sam Gilliam est né en 1933 à Tupelo (Mississippi). Installé à Washington depuis 1962, il fait partie de la troisième génération d'artistes de la Washington Color School initiée par Kenneth Noland et Morris Louis dans la mouvance du Color Field Painting, un courant pictural américain majeur né en réaction à l'expressionnisme abstrait de l'après Seconde Guerre mondiale.

En 1968, il inaugure les Drape paintings à travers lesquels il définit un langage pictural nouveau, en explorant le potentiel de la surface et l'étendue du champ coloré. Les trois œuvres monumentales exposées ici sont emblématiques de cette série, qui marque à la fois l'abandon total du châssis et l'avènement d'une peinture dont la forme se déploie à chaque fois en fonction des particularités architecturales du lieu d'exposition. Dans l'atelier, Gilliam travaille sur une toile posée à même le sol sur laquelle il verse des pigments acryliques largement dilués avant de tamponner, frotter ou presser la matière à l'aide de pinceaux et de chiffons.

La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton

Toujours dans la galerie 9, Steven Parrino.

La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton

Né en 1958 à New York et diplômé de la Parson's School of Design (New York) en 1982, Steven Parrino peintre, performeur, vidéaste et musicien a fait partie de plusieurs groupes de musique punk-rock dont Electrophilia, créé par lui-même en 1997 et rejoint par Jutta Koether en 2002. Il se fait connaître dès 1984, suite à une exposition personnelle à la galerie Nature morte où il expose ses premiers « misshaped canvases » (« toiles déformées »), sa série la plus célèbre qu'il continuera jusqu'à sa mort prématurée dans un accident de moto le 1er janvier 2005.

Bousculant les frontières entre peinture et sculpture, Steven Parrino libère la toile de sa planéité et fait sortir la couleur du cadre, la laissant déborder dans l'espace. Les œuvres présentées appartiennent à la série des misshaped canvases (toiles déformées) : au mur, quatre tondi et un carré percé dont les toiles ont été peintes soigneusement par Parrino avant d'être manipulées pour créer des effets de vortex en relief. Au sol, deux installations de toiles froissées deviennent sculptures.

La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton

Dans la galerie 11, Niele Toroni

Niele Toroni est né à Muralto, dans le Tessin suisse, en 1937. Après des études à l'école normale et un peu d'enseignement, il décide en 1959 de venir à Paris - où il vit et travaille encore aujourd'hui - « pour faire de la peinture ». Artiste connu pour ses pratiques hors champ et nomades, réalisant ses empreintes à l'intérieur comme à l'air libre, Niele Toroni requalifie les espaces qu'il investit en adaptant ses œuvres au lieu d'exposition. Depuis 1966, il réalise des empreintes monochromes au moyen de pinceaux plats, larges de 5 cm, qu'il applique sur une surface donnée à intervalles réguliers de 30 centimètres. Bien que ce « travail-peinture » soit le résultat d'un geste répété à l'identique, chaque empreinte est différente et varie en fonction de la quantité de peinture, de la vigueur du geste, du type de support, de sa forme, et de la couleur choisie. Toroni est présent ici par un ensemble d'œuvres réalisées entre 1967 et 1997 qui témoigne de la diversité des supports utilisés. La toile cirée, utilisée par l'artiste à ses débuts, lui permet de déployer ses empreintes en fonction de la dimension du mur. Découpée selon les besoins, c'est le lieu qui détermine la quantité de peinture visible.

Avec Flambo, marque de présentoir des magasins de décoration, Toroni pose ses empreintes de différentes couleurs sur les panneaux mobiles qui composent cet objet.

La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton

L'Hommage aux hirondelles est placé en hauteur dans un angle, tel un nid d'oiseau.

La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton

Les tondi aux « rouges » de Bordeaux proviennent des empreintes réalisées par l'artiste sur des barriques de vin.

La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton

Les quatre peintures formant un ensemble accueillent chacune des empreintes de couleur différente : rouge, jaune, bleu, noir. La couleur rythme chaque toile de cette partition picturale.

La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton

Les deux autres artistes de l'exposition ont été conviés par la Fondation Louis Vuitton à exécuter une œuvre (par nature éphémère) in situ.

Dans la galerie 8, Megan Rooney :

With Sun (2022)
peinture industrielle, acrylique, peinture à la bombe, pastel gras, pastel, crayon.

Née en Afrique du Sud en 1985, Megan Rooney déménage avec sa famille à de Janeiro puis, quelques années plus tard, quitte le Brésil pour le Canada, où elle passera la majorité de son enfance. Elle grandit à Markham, près de Toronto. En 2014, elle s'installe à Londres, où elle réside depuis.

La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton

Artiste pluridisciplinaire, Megan Rooney associe dans une même œuvre peinture, sculpture, performance et écriture. With Sun, peinture murale inédite et éphémère réalisée spécifiquement pour la Galerie 8, relie dans un même élan les parois sur toute leur hauteur. Munie de différents outils et aidée d'une nacelle élévatrice, Megan Rooney s'est engagée dans une performance de longue haleine qui s'est déroulée sur plusieurs semaines. Comme toujours chez l'artiste, l'œuvre se construit dans un dialogue étroit avec l'architecture, sans esquisse préparatoire. Au fil des jours, les couches de peinture s'accumulent, avant d'être révélées par endroits à l'aide de disques abrasifs, laissant apparaître des configurations abstraites où l'on croit deviner les indices d'éléments anthropomorphes. Rooney explore ici la densité d'une palette solaire, riche et colorée, dominée par des teintes et des variations chatoyantes d'orange, de mauve, de jaune, de vert, de rose, jusqu'à des tonalités pastel. Inspirée par les spécificités de cet espace ouvert sur le ciel, l'artiste a créé une peinture en connexion avec la nature environnante - dans laquelle elle puise continuellement - en écho avec les modulations lumineuses d'un soleil printanier et ses vibrations qui envahissent l'espace.

La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton

Enfin, autre œuvre in situ dans la grande salle que constitue la galerie 10, Katharina Grosse :

Splinter, 2022 Acrylique sur contreplaqué, mur et sol


Depuis la fin des années 1990, Katharina Grosse, née en 1961 en Allemagne, explore les potentialités de la peinture au-delà des limites du cadre et de la toile. Embrassant sols, murs, plafonds, objets ou paysages entiers, elle crée des sites picturaux multidimensionnels grâce à la technique de projection de la couleur par pistolet-pulvérisateur qui est devenue sa signature. La couleur est au cœur de son travail et fait le lien entre toutes ses œuvres.

La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton

Au départ de Splinter, l'artiste crée un élément hétérogène dynamique, composé de formes triangulaires, à partir duquel la couleur se propulse dans un grand élan. Composé d'une vingtaine de triangles en contreplaqué emboîtés sur une structure autoportante, ce dispositif occupe une partie du mur de droite de la Galerie 10 et fonctionne comme un « déclencheur » visuel reliant sol et plafond. Une fois la structure installée dans l'espace, la seconde étape consiste à la peindre, ainsi que tout ce qui l'environne. Grâce à un pochoir, Katharina Grosse crée un vide au centre, comme si la lumière, en s'engouffrant par le skylight était venue « brûler » la peinture. 

La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton

À la sortie de l'exposition, la maquette au 1:20 d'une autre commande passée à Katharina Grosse par la Fondation Louis Vuitton, qui sera, elle, pérenne comme les œuvres d'Olafur Eliasson, Ellsworth Kelly... en lien avec l'architecture de la Fondation.

Il s'agit de Canyon, une œuvre qui sera dévoilée à l'automne 2022. Composé de huit « pétales » - des rubans en feuilles d'aluminium de près de 15 mètres de long, peints à l'acrylique et reliés à une traverse -, ce projet d'environ 3,4 tonnes reprend un questionnement de l'artiste : comment une peinture peut-elle exister dans un espace sans sol et sans murs où circulent l'air, la lumière, les flux et les énergies ? Répondant aux façades de verre du bâtiment de Frank Gehry, à ce navire amarré à une cascade, Katharina Grosse propose de hisser, à l'aide d'une poulie, une sorte de voile découpée dans un dialogue tout en tension avec les multiples strates qui caractérisent cette architecture. Canyon s'insère dans un vide visible depuis les différents paliers de la Fondation, retombant sur le toit du « studio », frôlant les escaliers qui conduisent à la passerelle. Tout en courbes et contre-courbes, l'œuvre défie la gravité en associant raideur et souplesse, enchevêtrements et pans libres. Stabilisée et potentiellement mobile, elle se joue des plis et des effets de drapé.

En espérant pouvoir présenter au lecteur, dans un futur billet, l'œuvre réelle mise en place, nous concluons sur ces photos de la maquette.

La couleur en fugue - à la Fondation Louis Vuitton
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