Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
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Nous poursuivons dans ce billet la visite de l'exposition organisée par le Centre Pompidou au Grand Palais à propos de Tinguely, Saint Phalle et leur ami le grand muséographe suédois Pontus Hulten (voir notre billet du 13 septembre dernier).
L'étage supérieur de l'exposition évoque les grandes installations et expositions que Pontus Hulten organisa au Centre Pompidou, dont il fut le premier directeur du Musée National d'Art Moderne, de 1977 à 1981. (Ci-dessus, les affiches de l'exposition Niki de Saint Phale (2 juillet au 1er septembre 1980) et Jean Tinguely (8 décembre 1988 au 27 mars 1989).
Le Crocrodrome de Zig & Puce, Centre Pompidou, Paris, 1977
En 1977, Hulten invite Tinguely, Saint Phalle, Luginbühl, avec d'autres collaborateurs, à réaliser une œuvre collective d'envergure pour le Forum du Centre Pompidou.
Le Crocrodrome de Zig & Puce se présente comme un monstre d'une trentaine de mètres de longueur. La mâchoire est imaginée par Saint Phalle, les intestins sont de Luginbühl, et le dos est conçu par Tinguely. Son ventre est un train fantôme, et le tout est traversé par un circuit de boules métalliques. L'installation, construite sous les yeux du public, est détruite également en sa présence après 7 mois d'activité frénétique. Pontus Hulten aura offert au visiteur, qui s'est approprié une œuvre par le jeu, de purs moments de divertissement au sein de l'institution muséale qu'incarne le Centre Pompidou.
Jean Tinguely :
Essai pour l'affiche « ici se construit le Crocrodrome de Zig & Puce », avec texte manuscrit à l'intention de Pontus Hulten, 1977, collage, mine graphite, feutre et gouache sur impression offset
Projet d'affiche "Visite le Crocrodrome de Zig et Puce", 1977, feutre, aquarelle, collage, crayon à la cire et encre sur papier
L'affiche officielle, impression offset
Maquette du Crocrodrome, 1977, métal, bois, tissu, plâtre, guirlande lumineuse
Dépliant-catalogue du Crocrodrome (recto) et faire-part de sa destruction en janvier 1978.
Le Bulletin du Centre Pompidou présentait l'installation en ces termes :
Cette exposition est consacrée au Crocodrome réalisé par le groupe d’artistes Zig et Puce. Ce pseudonyme Zig et Puce recouvre un groupe d’artistes, solidairement responsables de la manifestation et qui préfèrent la signer dans l’ordre alphabétique : Joseph Imhof, Bernhard Luginbühl, Niki de Saint Phalle, Rudolf Tanner, Jean Tinguely, Rico Weber, Paul Wiedmer. Parmi eux, trois artistes ont le plus de responsabilités et sont en même temps les plus connus : Jean Tinguely, Niki de Saint Phalle, Bernhard Luginbühl. Le Crocodrome est destiné aux adultes qui en feront un usage culturel, mais aussi aux enfants qui en feront un usage pratique d’amusement, sans qu’il soit interdit aux individus de ces deux catégories d’intervertir les rôles...Sur une trentaine de mètres de long, quinze de large et dix de haut, se dresse un édifice, mi-dragon, mi-navire, mi-caverne, mi-palais. Au rez-de-chaussée, divers accessoires de jeux et d’animation, dont un flipper géant de Bernhard Luginbühl. La plate-forme supérieure supporte un petit train fantôme inspiré de ceux qui sont utilisés dans les fêtes foraines ; un monstre de Niki de Saint Phalle en est une des attractions les plus saisissantes. Au-dessus se trouve le plateau supportant les moteurs et les structures articulant la couverture de l’édifice, sa voile de sacs de jute cousus et sa gueule de dragon polychrome. Intégrée au Crocodrome, mais indépendante, La boutique aberrante de Daniel Spoerri, est un musée du fétichisme : objets divers ayant appartenu à des personnalités historiques (tels les chaussons de Catherine II de Russie) ; une boutique de vente de « reliques », appartenant à des personnalités plus récentes...Tout ceci placé, bien évidemment, sous le signe de l’humour.
L'exposition « Tinguely », Centre Pompidou, Paris, 1988-1989
Hulten rédige en 1972 une monographie sur l'œuvre de Tinguely en s'isolant pendant un an. En 1988, il vient d'être rappelé comme conseiller de la présidence du Centre Pompidou et fait venir à Paris l'exposition rétrospective de Tinguely qu'il a élaborée l'année précédente à Venise, où il est directeur artistique du Palazzo Grassi. C'est son ouvrage de référence de 1972 qui sert de base aux différentes versions des catalogues de cette exposition itinérante. Pour la présentation parisienne, Tinguely met à l'honneur une nouvelle série, Les Philosophes.
Catalogue de l'exposition
Jean Tinguely : Autoportrait, 1988, installation mixte : masque, oiseau naturalisé, textile, caoutchouc, cordes, chaînes, moteur, poulies, 230 x 760 x 200 cm
Jean Tinguely :
Henri Bergson, 1988, métal, matériaux divers, moteur électrique
Jean-Jacques Rousseau, 1988, métal, matériaux divers, moteur électrique
Jacob Burckhardt, 1988, métal, matériaux divers, moteur électrique
Martin Heidegger, 1988, métal, matériaux divers, moteur électrique
Dans l'ordre : Bergson, Rousseau, Buckhardt, Heidegger
La plus monumentale installation de l'exposition :
Jean Tinguely : L'enfer, un petit début, 1984, métal, objets et matériaux divers, moteurs électriques
L'ensemble en mouvement :
Dans la dernière salle de cette section consacrée à Jean Tinguely :
Rotozaza I, 1967, métal, bois, moteurs, transformateurs et ballons
Rotozaza I, dont il y aura par la suite deux autres versions, est une machine dévorante qui pervertit le processus de production puisqu'on la nourrit des ballons qu'elle recrache. Critique du système capitaliste, elle distille l'esprit anarchiste et contestataire de Tinguely de façon ludique, en s'adressant plus spécifiquement aux enfants, qui sont, selon les mots de l'artiste, son « public préféré ». Leur absence de préjugés, leur approche immédiate de ce qui se présente à eux, en font des interlocuteurs privilégiés qui incarnent des valeurs fondamentales pour Tinguely, telles la liberté, la spontanéité, la joie, le jeu, le collectif.
L'exposition « Niki de Saint Phalle», Centre Pompidou, Paris, 1980
Pour sa rétrospective de 1980 au Centre Pompidou, Niki de Saint Phalle sélectionne des œuvres de toutes ses séries. L'exposition met également en valeur la dimension monumentale de plusieurs de ses projets, à travers photographies, dessins et maquettes. L'affiche de l'exposition, sans concession, présente le dessin coloré d'une femme en porte-jarretelles, dans toute sa féminité. L'exposition bouscule les conventions mais attire un public prêt à accueillir de nouvelles idées, favorisées par l'esprit d'ouverture du Centre Pompidou.
La grande salle qui accueille cette section est dominée par Black Rosy ou My Heart Belongs to Rosy, 1965, tissu, fils de laine et peinture sur grillage, une nana noire en hommage à Rosa Parks.
Nana, 1965, polyester, fils de laine
Louise, 1965, tissu et fils de laine sur grillage
Crucifixion, vers 1965 (Autre titre : Leto), objets divers et textile sur grillage
De cette déclinaison des rôles féminins auxquels Niki de Saint Phalle s'attaque avec violence, la femme-prostituée au corps objet est sans doute, avec cette Crucifixion, la plus iconoclaste. Présentée au mur tel le martyr auquel le titre fait allusion, elle donne à voir ses attributs, les jambes ouvertes garnies d'un porte-jarretelles. À la fois pitoyable et ridicule, cette femme sans bras, dont la tête est ornée de bigoudis, dénonce sans détours l'absurdité d'une condition qu'il est temps de dépasser.
La Mariée, 1963 (Autre titre : Eva Maria) plâtre, objets divers peints et textile sur grillage
Le thème de la mariée apparaît en 1963, au sein d'un nouvel ensemble de sculptures que Niki de Saint Phalle dédie à la condition féminine, en y jetant un regard acerbe et profondément dérangeant. Si l'artiste est devenue très jeune épouse et mère, elle s'est toujours insurgée contre la soumission des femmes à leur conjoint et aux divers rôles que la société leur assignait alors. La figure de La Mariée, par sa posture légèrement courbée, ses yeux hagards et la constellation de petits jouets dérisoires figés dans son buste, incarne la souffrance de la femme prisonnière des conventions sociales. Une autre variante de cette Mariée appartenant à la collection du Centre Pompidou était présentée dans l'exposition de 1980.
Autel O.A.S., 1962, objets divers et animaux naturalisés sur bois, peinture dorée
À l'occasion de sa seconde exposition personnelle parisienne, Galerie Rive droite, en 1962, Niki de Saint Phalle présente ses Autels, des panneaux de bois sur lesquels elle a fixé divers objets, le tout recouvert de peinture dorée. L'Autel O. A. S., dans lequel l'artiste a mêlé « bondieuseries » et panoplie du parfait tireur, avec révolvers et mitraillettes, est placé dans la vitrine de la galerie. Sur sa base figure l'inscription « O. A. S. » - pour « Œuvre d'Art Sacré », précise l'artiste, en révolte contre les institutions religieuses mais en quête constante de spiritualité. Toutefois, en cette année 1962, ce sigle ne peut qu'évoquer l'organisation terroriste qui sévit alors pour la défense de l'Algérie française.
King Kong, 1963, peinture, plâtre et objets divers sur panneaux
Ce monumental tableau-tir, l'un des plus ambitieux de Niki de Saint Phalle, est directement inspiré des films sur King Kong que l'artiste, férue de cinéma fantastique, a vus. Sous la forme d'un dinosaure, le monstre s'apprête à détruire tout un quartier d'une ville, tandis que des masques à l'effigie des tenants de la guerre froide viennent rappeler le contexte de cette possible fiction, à laquelle se mêlent de façon incongrue d'autres visages issus de la culture populaire. Réalisée pour la Dwan Gallery de Los Angeles, l'œuvre, avec ses études, reste pendant des années dans les réserves jusqu'à ce que Pontus Hulten en sollicite le don pour Moderna Museet, à charge pour lui de rapatrier l'ensemble à Stockholm.
La Promenade du dimanche, 1971, polyester peint
Après les Nanas épanouies et joyeuses, Niki de Saint Phalle qui ne veut pas laisser son travail se réduire à cette série très populaire, entame un ensemble d'œuvres particulièrement dérangeantes, les Mères dévorantes. L'artiste y met en scène des mères difformes, à l'image qu'elle se fait de sa propre mère, non pas sur le plan physique mais moral et psychologique. Dans La Promenade du dimanche, un couple - qui pourrait être celui de ses parents - tient en laisse une araignée géante. La femme laide et énorme semble écraser l'homme chétif, leurs regards hébétés inspirant tant le rire que l'effroi.
L'Aveugle dans la prairie, 1974, polyester peint au vinyle, armature métallique et grillage
Parce que Tinguely en était originaire et s'y était établi, mais aussi pour soigner ses problèmes pulmonaires dans une région privilégiée, Niki de Saint Phalle fait, dans les années 1970, plusieurs séjours en Suisse, qui vont l'inspirer pour travailler le motif de la vache. Il en résultera notamment ce groupe sculptural formé de l'animal et d'un homme assis lisant un journal, qu'elle produira à des échelles différentes. L'Aveugle dans la prairie, réalisé dans un très grand format, est acquis par Pontus Hulten pour le Centre Pompidou à l'occasion de la rétrospective de l'artiste de 1980. Si l'homme est aveugle, c'est sans doute parce qu'il ne voit pas la vache joyeusement bariolée, bien plus intéressante que son terne journal.
Épilogue
Jean Tinguely décède en 1991. Ses obsèques spectaculaires, dont il avait organisé le moindre détail, se déroulent dans sa ville natale de Fribourg. Niki de Saint Phalle lui rend hommage avec une nouvelle série, les Tableaux éclatés. En tant qu'épouse de l'artiste, elle se retrouve en charge de la succession, mais elle sollicite Hulten pour toutes les prises de décision majeures. En 1993, sa santé fragile l'amène à s'installer en Californie aux États-Unis. Jusqu'à sa mort en 2002, elle reste en contact avec Hulten, qui décède à son tour en 2006, laissant derrière lui l'image d'un homme de musée d'exception, inlassable défenseur des artistes.
Jean II (Méta-Tinguely), 1992, bois, peinture, éléments métalliques et moteurs électriques sur panneau
Les tout premiers Tableaux éclatés, qui préfigurent la série, plus sommaires dans leur fabrication, sont explicitement dédiés à « Jean ». De petits éléments tournent sur eux-mêmes.
Les suivants sont animés d'un « éclatement » des différentes parties qui s'ouvrent et se referment dans un mouvement plutôt lent, mesuré. Des capteurs photosensibles déclenchent l'éclatement du tableau. « La panne, le mouvement, m'appartiennent à moi aussi maintenant », écrit Saint Phalle.
Terminons avec un dernier échange entre Niki et Pontus :
Affiche de l'exposition « Niki de Saint Phalle » à Bonn (19 juin-1er novembre 1992), portant une dédicace manuscrite de l'artiste à Pontus Hulten, lithographie et mine graphite sur papier
Pontus Hulten inaugure en 1992 la nouvelle institution dont il assure la direction artistique, la Kunst- und Austellungshalle der Bundesrepublik Deutschland de Bonn, avec une grande rétrospective de Niki de Saint Phalle présentée dans plusieurs espaces du bâtiment ,dont le toit, avec des sculptures monumentales. L'exposition itinère à Glasgow, à Paris (au Musée d'art moderne de la Ville de Paris), et à Fribourg.
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
Nous terminons dans ce billet la visite de l'exposition, la plus grande selon les propres termes de l'artiste, consacrée au peintre britannique David Hockney. (cf. notre billet du 6 septembre dernier).
Galerie 4 Portraits et Fleurs (2000-2025)
David Hockney a toujours peint sa famille et ses proches - le portrait de son père (1955) ouvre cette exposition. Sont réunies ici des œuvres créées en Californie, dans le Yorkshire, en Normandie et à Londres au cours des 25 dernières années. L'artiste a utilisé toutes sortes de supports et techniques : l'ordinateur, la tablette numérique ou simplement le papier, ainsi pour ses portraits de gardiens de musée d'après Ingres pour lesquels il emploie le dispositif optique de la camera lucida. Cependant, jusqu'à aujourd'hui, Hockney continue d'employer le pinceau, l'acrylique et l'huile de façon privilégiée. Ses modèles se détachent sur un fond bleu rappelant ses premières peintures californiennes, ou plus récemment sur un fond blanc, parfois doublé d'un liseré.
Un extrait de 12 Portraits after Ingres in a Uniform Style, 2000, crayon à papier, crayon de couleur et gouache sur douze feuilles de papier, réalisés à l'aide d'une chambre claire
Devlin Crown. London,.11th January 2000
Jack Kettlewell. London. 13th December 1999
Maria Vasquez. London. 21st December 1999
Vincent Simon. London. 16th December 1999
Ron Lillywhite. London. 17th December 1999
Katherine Dooley. London. 6th January 2000
Charlie Scheips, 2005, huile sur toile
Matthias Weischer, 2005, huile sur toile
Ann and David, March 16, 2005, 2005, huile sur toile
John Baldessari, 13th, 16th December 2013, de la série 82 Portraits and 1 Still Life, 2013-2016, acrylique sur toile
Margaret Hockney, 14th, 15th, 16th August 2015, de la série 82 Portraits and 1 Still Life, 2013-2016, acrylique sur toile
Stephanie Barron, 7th, 8th, 9th January 2014, de la série 82 Portraits and 1 Still Life, 2013-2016, acrylique sur toile
J-P Gonçalves de Lima, 11th, 12th, 13th July 2013, de la série 82 Portraits and 1 Still Life, 2013-2016, acrylique sur toile
Frank Gehry, 24th, 25th February 2016, de la série 82 Portraits and 1 Still Life, 2013-2016, acrylique sur toile
The Group IV, 22nd-28th April, 2014, acrylique sur toile
Sid and Joni, 2005, huile sur deux toiles
Sid and Joni Seated at Table, 2005, huile sur toile
Sally Marriott, 5, 7 & 11 March, 2013, fusain sur papier
Margaret Hockney, 14 February, 2013, fusain sur papier
Richard Marriott, 3-4 March, 2013, fusain sur papier
Lisa Knight, 4 Sept 2019, 2019, encre sur papier
John Wilkinson, 4th Aug 2019, 2019, encre sur papier
Scarlett Clark, 20 Nov 2019, 2019, encre sur papier
Autoportrait 10th December 2021, 2021, acrylique sur toile
Autoportrait 20th June 2022, 2022, acrylique sur toile
Self Portrait Standing with Red Braces, 2005
Erica Bolton, 2018, fusain et crayon de couleur sur toile
Rufus Hale, 2019, fusain et crayon de couleur sur toile
John Richardson, 2018, fusain et crayon de couleur sur toile
Bing McGilvray I, 2017, fusain et crayon de couleur sur toile
Jean-Pierre Gonçalves de Lima II, 2018, fusain et crayon de couleur sur toile
Derek Boshier, 2019, fusain, acrylique et crayon de couleur sur toile
Lucie-Lune Lambouley et Louis-Martin Lambouley, 8th January 2022, 2022, acrylique sur toile
JP Gonçalves de Lima, 3rd November 2021, 2021, acrylique sur toile
Jonathan Wilkinson, 17th November 2021, 2021, acrylique sur toile
Aline Lainé, 14th December 2021, 2021, acrylique sur toile
Harry Styles, 31st May 2022, 2022, acrylique sur toile
Brian Hastings and Douglas Baxter, 24th November 2021, 2021, acrylique sur toile
Et dans la série des portraits sur fond clair avec liseré (acrylique sur toile, 2023-2025) :
John Cox, Lewis Dube, Sonia Mathews,
Donatien Grau, Sir Norman Rosenthal, Lola Clark,
JP and Little Tess (4 tableaux)
Fleurs et portraits à l'iPad
Les moyens informatiques permettent à Hockney d'expérimenter de nouvelles façons d'aborder le modèle. Dès 2008, il commence à utiliser l'ordinateur, puis l'iPhone et l'iPad à leur apparition. Ce sont alors des autoportraits ne reculant devant aucune autodérision. L'informatique lui permet même de se dédoubler, complétant des natures mortes conçues sur iPad et encadrées comme s'il s'agissait de tableaux anciens. Ces « portraits de fleurs », qui dialoguent avec les portraits de ses proches sous son regard, sont visibles dans la seconde salle de la galerie.
Maurice Payne, 2008, dessin à l'ordinateur sur papier, Impression par jet d'encre
Margaret Hockney, 2008, dessin à l'ordinateur sur papier, Impression par jet d'encre
Celia in Stripes, 2009, dessin à l'ordinateur sur papier, Impression par jet d'encre
Celia in Black Dress, 2009, dessin à l'ordinateur sur papier, Impression par jet d'encre
Jean-Pierre Gonçalves de Lima, 2008, dessin à l'ordinateur sur papier, Impression par jet d'encre
A Bigger Matelot Kevin Druez I, 2009, dessin à l'ordinateur sur papier, Impression par jet d'encre
Peter Hockney 2, 2009, dessin à l'ordinateur sur papier, Impression par jet d'encre
Quinze autoportraits réalisés en 2012, dessin sur iPad imprimé sur papier, monté sur aluminium :
No. 1200, 13th March 2012, Self Portrait, 19th April 2012, No. 1244, 6th April 2012,
Self Portrait IV, 25th March 2012, Self Portrait I, 25th March 2012, No. 1223, 21st March 2012,
No. 1216, 17th March 2012, No. 1204, 15th March 2012, Self Portrait I, 13th March 2012,
No. 1194, 12th March 2012, Self Portrait II 16th March 2012, Self Portrait II, 14th March 2012,
Self Portrait, 20 March 2012, No. 1203, 14th March 2012, Self Portrait, 10th March 2012
Viewers Looking at a Ready-made with Skull and Mirrors, 2018, dessin photographique imprimé sur papier, monté sur quatre feuilles de Dibond, 222,3 x 370,8 cm ensemble
Pictured Gathering with Mirror, 2018, dessin photographique imprimé sur papier, monté sur sept feuilles de Dibond, 273,1 x 733,4 cm ensemble
Pictures at an Exhibition, 2018, dessin photographique imprimé sur papier, monté sur huit feuilles de Dibond, 273,1 x 871,2 cm ensemble
25th June 2022, Looking at the Flowers (Framed), 2022, dessin photographique imprimé sur papier, monté sur cinq feuilles de Dibond, 300 x 518 cm ensemble
Autour de cette composition photographique sont accrochés les tableaux, dessins sur iPad imprimés sur papier et montés sur aluminium, de dimensions variables, dans des cadres en bois sculpté.
8 de ces 20 portraits de fleurs.
Galerie 5 Quatre ans en Normandie (2019-2023)
En 2020, contraint au confinement dans le village normand où il a acheté une maison, Hockney commence à envoyer à ses amis, pour les réconforter, des dessins sur iPad, tel celui où il dessine des jonquilles, accompagnés pour la première fois de la mention Do remember, they can't cancel the spring. Poursuivant cet exercice du regard sur son environnement immédiat, Hockney se donne l'objectif de réaliser 220 vues. La série « 220 for 2020 » couvre un territoire de quelques hectares, où l'artiste repère une infinité de sujets proches et lointains. Hockney y célèbre à nouveau les subtilités des changements saisonniers et quotidiens de la végétation dans tous ses états, l'iPad lui permettant de revisiter le même motif et ainsi de renouveler très vite et en permanence son travail. La sélection des œuvres présentées ici ne suit pas l'idée d'un cycle unitaire mais prélève des instants singuliers au fil des saisons.
Grâce à la luminosité de l'écran, Hockney peut peindre la nuit et en restituer la magie dans la série des « Moon» (2020). La tablette lui permet de jouer sur l'échelle des œuvres, en adaptant la taille des tirages aux dimensions d'une salle de musée. Si ces « peintures sur iPad » sont exposées ici encadrées, soulignant l'importance du geste de l'artiste plutôt que du support, Hockney n'a pas pour autant renoncé à la peinture traditionnelle et continue à employer l'acrylique. Ces œuvres sont présentées plus loin, Galerie 6.
Quelques images de cette salle, entièrement tapissée de peintures sur iPad imprimées sur papier et montées sur aluminium, toutes datées de 2020.
Le lecteur pourra également se reporter à notre billet du 18 décembre 2021 relatif à l'exposition au musée de l'Orangerie : David Hockney. A Year in Normandy.
Galerie 5 Moon Room
La lecture du conte de Maupassant Clair de lune est à l'origine de la série rassemblée dans cette « Moon Room » dont la lune est l'unique personnage. Cette salle présente d'une part, des « peintures à l'iPad », d'autre part, des peintures à l'acrylique, témoignant du va-et-vient constant chez l'artiste entre moyens « numériques » et « analogiques », entre pixellisation et picturalité.
2nd May 2020, peinture sur iPad imprimée sur papier, montée sur cinq panneaux en aluminium
5th December 2020, peinture sur iPad imprimée sur papier, montée sur aluminium
The Moon, August 9th, 2023, acrylique sur toile
Galerie 6 In Normandy
Traversant la Manche un jour d'octobre 2018 pour aller à Bayeux revoir la tapisserie de la reine Mathilde, David Hockney décide de rester en Normandie pour y peindre les saisons. Dans le jardin de sa nouvelle propriété, La Grande Cour, Hockney saisit à l'acrylique, à la fin de l'été, un pommier, un poirier et un cognassier. Chaque arbre est individualisé, chacun possédant son propre sol et son propre ciel. Tous ont en commun une touche très particulière, en relief et en virgule, lointaine évocation de celle de Van Gogh, parfois lisse ou plus moirée. La série présentée dans cette salle montre l'environnement immédiat de l'artiste. Ces œuvres ont été réalisées pour certaines sur le motif en Normandie, et pour d'autres reprises de mémoire dans ses ateliers à Los Angeles et Londres. Elles témoignent du renouvellement constant de sa manière, la peinture restant son medium de référence.
The Entrance, 2019, acrylique sur deux toiles
Quince Tree, 2019, acrylique sur toile
Pear Tree, 2019, acrylique sur toile
Apple Tree, 2019, acrylique sur toile
Trees with less Mist, 2023, acrylique sur toile
Giverny by DH, 2023, acrylique sur toile
Wind on the Pond, 2023, acrylique sur toile
The Little Niche, 2023, acrylique sur toile
Pond and Tree, 2023, acrylique sur toile
View from the Studio at Dawn II, 2019, acrylique sur toile
Books and Rain, 2023, acrylique sur toile
Beuvron-en-Auge Panorama, 2019, acrylique sur deux toiles
A Souvenir of Normandy, 2023-2025, acrylique sur deux toiles
Galerie 7 La Grande Cour
Ce panorama de 24 dessins à l'encre, technique alors rare chez Hockney, dévoile les vues de sa maison du pays d'Auge où il demeure régulièrement de 2019 à 2023. Les bâtiments suivent une disposition traditionnelle appelée « clos » en Normandie.
L'environnement immédiat se déploie comme dans un film - 24 images par seconde - invitant le spectateur à voyager au rythme du regard. L'œuvre fait écho à la Tapisserie de Bayeux, revue par Hockney peu de temps auparavant. Libérée des contraintes de la perspective, celle-ci l'avait impressionné par « l'absence de points de fuite et d'ombres ». S'y déroule, sur près de 70 mètres de long, l'histoire de la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, en 1066. Des scènes aux temporalités multiples y sont représentées sur une même surface. Chez Hockney, plutôt qu'un récit héroïque, on trouve des arbres fruitiers, une mare et des iris, un cours d'eau, avec quelques aperçus sur les alentours, y compris des voitures garées dans la cour. Au centre de ces éléments, la maison et les bâtiments attenants sont vus depuis les quatre points cardinaux.
Galerie 9 Dialogue avec les peintres
Cette salle montre l'artiste au plus près de ses sources fondatrices, de ses réflexions sur la représentation de l'espace et de la vie à l'atelier au quotidien.
Kerby (After Hogarth) Useful Knowledge, 1975, huile sur toile
The Chair, 1985, huile sur toile
30 Sunflowers, 1996, huile sur toile
Henry and Raymond, 1979, acrylique sur carton
Midnight Sun, Norway, 2003, aquarelle et gouache sur papier
A Bigger Card Players, 2015, dessin photographique imprimé sur papier, monté sur aluminium
Pearblossom Hwy., 11-18th April 1986 No. 2, 1986, impression jet d'encre sur papier du collage original, monté sur deux feuilles de Dibond
A Bigger Message, 2010, huile sur trente toiles, 457,2 x 731,5 cm ensemble
The Sermon on the Mount VII (after Claude), 2010, huile sur toile
The Massacre and the Problems of Depiction, after Picasso, 2003, aquarelle sur sept feuilles de papier,143,5 x 183,5 cm ensemble
Annunciation II,after Fra Angelico from "The Brass Tacks Triptych, 2017, acrylique sur toile
Tall Dutch Trees After Hobbema (Useful Knowledge) 2017, 2017, acrylique sur six toiles
The Walk to the Studio, 2018, acrylique sur neuf toiles et collage
Four Dancers, 2018, acrylique sur neuf toiles
Dans le fond de cette galerie : Perspectives multiples
La photographie et la vidéo sont pour Hockney deux champs d'application spécifiques de ses réflexions sur la perspective. Par le photomontage, il supprime le point focal unique en prenant des vues de détail qu'il assemble ensuite dans son atelier (Pearblossom Hwy.). Dans les années 2010, il commence à utiliser plusieurs caméras réunies entre elles pour filmer en extérieur, dans la forêt de Yorkshire Wolds, ou dans son atelier de Bridlington, avec des danseurs. Il recompose l'espace à l'ordinateur, comme il le fait aussi avec ses photos (The Card Players) et restitue la scène filmée sur des écrans juxtaposés. Le jeu de miroirs ajoute une dimension: celle de l'espace où se situent les spectateurs (A Bigger Space For Dancing).
Seven Yorkshire Landscapes 2011, 2011, dix-huit vidéos numériques synchronisées et présentées sur dix-huit écrans pour composer une seule œuvre d'art
A Bigger Space For Dancing, 2012, dix-huit vidéos numériques synchronisées et présentées sur dix-huit écrans pour composer une seule œuvre d'art
Galerie 11 « On en sait moins qu'on le pense »
Aujourd'hui, David Hockney vit à Londres où il vient d'achever des peintures inspirées d'Edvard Munch et de William Blake. After Munch: Less Is Known Than People Think fait écho à un dessin du peintre norvégien vu dans un catalogue d'exposition, et reprend le titre d'un article du New York Times de 1998 sur l'inconnaissable dans les sciences, que l'artiste avait épinglé au mur de son atelier. La deuxième peinture, After Blake: Less Is Known Than People Think, renvoie aux illustrations de cet artiste pour la Divine Comédie de Dante. Les deux toiles, comme toujours chez Hockney, traitent de l'espace, tout en marquant, selon lui, une dimension « plus spirituelle ».
Dans son tout récent autoportrait Play within a Play within a Play and Me with a Cigarette, Hockney se représente vêtu d'un costume en tweed, assis dans son jardin. Sur les genoux du peintre on aperçoit le collage de l'œuvre en cours de réalisation, les jonquilles annonçant l'arrivée du printemps.
After Munch: Less Is Known Than People Think, 2023, acrylique sur toile
After Blake: Less Is Known Than People Think, 2024, acrylique sur toile
Play within a Play within a Play and Me with a Cigarette, 2024-2025, acrylique sur toile et collage
Une véritable apothéose pour terminer cette exposition hors normes :
Galerie 10 Hockney peint l'Opéra
« Nous avons besoin de plus d'opéra. Il est plus grand que la vie. »
David Hockney a toujours été passionné par la musique lyrique et a cherché à la traduire en couleur et en forme. Il a assisté à son premier opéra, La Bohème de Puccini, lorsqu'il était enfant à Bradford. Dès les années 1960, ses peintures intègrent des éléments scéniques (rideaux, décors...) et des personnages costumés. En 1975, le festival de Glyndebourne lui commande les décors et costumes pour The Rake's Progress de Stravinsky, opéra-fable inspiré des gravures de William Hogarth (La Carrière d'un libertin). À ce jour c'est celle qui a bénéficié du plus grand nombre de représentations et de reprises.
On découvre ici Hockney peint l'opéra, nouvelle réadaptation musicale et visuelle conçue spécialement pour cette salle à partir de ses dessins et décors pour différents opéras :
The Rake's Progress de Stravinsky à Glyndebourne (1975)
La Flûte enchantée de Mozart à Glyndebourne (1978)
La « soirée française » au Metropolitan Opera de New York (1981) : Parade de Satie, Les Mamelles de Tirésias de Poulenc et L'Enfant et les sortilèges de Ravel
Le triptyque « Stravinsky » au Metropolitan Opera de New York (1981) : Le Sacre du printemps,
Le Rossignol et Edipus Rex
Tristan et Iseult de Wagner au Los Angeles Music Center Opera (1987)
Die Frau ohne Schatten (La Femme sans ombre) de Richard Strauss au Royal Opera House, Covent Garden (1992)
Turandot de Puccini au Lyric Opera, Chicago (1992)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
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Premier billet consacré à une exposition "hors les murs" du Centre Pompidou qui fermera complétement le 22 septembre prochain pour une rénovation d'au moins cinq ans : elle se tient dans un Grand Palais qui lui brille de tous les feux de sa rénovation toute récente.
Couple uni par des liens indéfectibles et une vision de l’art comme acte de rébellion, Niki de Saint Phalle (1930−2002) et Jean Tinguely (1925−1991) ont marqué les premières décennies du Centre Pompidou avec des réalisations spectaculaires, telles Le Crocrodrome de Zig & Puce (1977) ou la Fontaine Stravinsky (1983). Premier directeur du Musée national d’art moderne, Pontus Hulten (1924−2006) a offert un soutien inconditionnel aux deux artistes, favorisant l’acquisition par les institutions d’œuvres majeures, et organisant au Centre Pompidou des rétrospectives (Saint Phalle en 1980 ; Tinguely en 1988).
Parmi les photos au mur de la première salle, Jean Tinguely en 1957, Niki de Saint-Phalle, mannequin pour une publicité Simca en 1952, Pontus Hulten dans son appartement Boulevard Raspail en 1954.
Pontus Hulten : Les Pièces dormeuses, 1956, huile sur toile
Gismo, un monstre à roulettes bricolé en 1960 avec de vieilles ferrailles par Jean Tinguely.
Jean Tinguely :
Méta-Malevitch, Relief méta-mécanique ,1954, bois peint, métal peint, moteur électrique
La Porte, 1960, bois, métal, moteur électrique
La première œuvre est un hommage au peintre suprématiste Kasimir Malévitch, que Tinguely cherche à dépasser. Elle a été présentée par l'artiste lors de sa première exposition personnelle à la Galerie Arnaud à Paris en1954 : Pontus Hulten, qui séjourne alors dans la capitale, découvre le travail de l'artiste et fait sa connaissance.
La Porte est une des premières œuvres de Tinguely dans lesquelles le mouvement, toujours présent, n'est pas celui bien orchestré et productif de notre technologie moderne, mais une agitation sans but, pour des machines « inutiles », comme aimait à le souligner l'artiste.
Sculpture méta-mécanique automobile, 1954, fer, tôle peinte, remontoir
À partir de 1954, Tinguely construit des sculptures avec de fines roues dentées en fer et des feuilles de tôle de diverses couleurs, qui sont actionnées grâce à une manivelle. Il s'agit pour l'artiste de dépasser, avec une certaine ironie, les agencements de plans colorés figés caractéristiques de l'art abstrait, pour les mettre en mouvement. À l'agitation quelque peu chaotique due à un mécanisme sommaire qui inclut une part de hasard, s'ajoute, avec cette sculpture, la possibilité d'une déambulation. L'œuvre est présentée en 1955 dans la fameuse exposition « Le Mouvement » à la Galerie Denise René à Paris, galerie avec laquelle Hulten collabore à plusieurs reprises. Ce dernier fera entrer l'œuvre dans la collection du Centre Pompidou.
Méta-matic no 1,1959, métal, papier, crayon feutre, moteur
Méta-matic no 17,1959, fer et bois peints, papier, encre, latex, moteur à carburant
Dessins réalisés par Ideo Pantaleoni et par Marcel Marceau avec les Méta-matic n° 9 et n° 7, 1959, feutre sur papier
Vingt-deux jetons originaux Méta-Matic dans une boîte A.W. Faber Castell, 1959, métal
Après de premiers essais vers 1955, Tinguely développe à partir de 1959 ses « machines à peindre », qu'il appelle Méta-matics. Il s'agit de déléguer à la machine l'acte de dessiner, selon toutes sortes de configurations en fonction de la manière dont elle est animée. De très grand format, la Méta-matic n°17 circule toute seule grâce à un moteur à essence, en déroulant des centaines de mètres de papier, sur lesquels s'inscrivent des graphismes. Le rouleau est coupé au fur et à mesure de la réalisation des dessins par des ciseaux mécaniques. Cette œuvre d'art total est présentée lors de la 1ère Biennale de Paris à l'automne 1959 sur le parvis situé entre les deux musées d'art moderne, et sera acquise par le Moderna Museet de Stockholm.
Niki de Saint Phalle :
Tir, séance 26 juin 1961, objets divers, plâtre, métal, peinture acrylique sur bois
Tir, 1961, tir réalisé à l'occasion de l'exposition « Feu à volonté » à la Galerie J, Paris (30 juin-12 juillet 1961), objets divers, plâtre, peinture et métal sur panneau
Les premières œuvres de Niki de Saint Phalle remontent pour l'artiste à une période de dépression et d'internement, vers 1953, à l'issue de laquelle elle déclare que l'art l'a sauvée. Elle réalise alors des peintures dans la veine de l'art brut, et des tableaux-reliefs qui incluent toutes sortes d'objets. En février 1961, elle commence une nouvelle série, les Tirs, libératrice tant du point de vue de ses expériences traumatisantes personnelles - elle a été abusée par son père à l'âge de 11 ans - que de sa condition de femme, et de surcroît de femme artiste. Elle confectionne des reliefs recouverts de plâtre dans lesquels elle inclut des poches de couleur, ou encore des œufs, et tire dessus à la carabine, ou fait tirer son entourage, pour « faire saigner la peinture ».
L'Accouchement rose, 1964, plâtre, peinture, objets divers, fibres textiles et grillage sur panneau
Après les Tirs, Niki de Saint Phalle entame une nouvelle série qui met en scène les stéréotypes féminins à travers des sculptures-reliefs particulièrement troublants. Hulten fait entrer en 1964 L'Accouchement rose comme « don de l'artiste » dans la collection du Moderna Museet, conjointement avec une autre de ses œuvres, moins dérangeante, acquise à titre onéreux. Ce don - plus facile à accepter qu'un achat - permet au musée de consentir à l'acquisition de l'œuvre, et ce malgré l'audace de cette proposition. Niki de Saint Phalle remerciera Hulten, qui n'avait pas dévoilé son stratagème à l'artiste, d'avoir « acheté » L'Accouchement rose dont « tout le monde disait que c'était une horreur ».
Femme nue (Figure), 1963-1964, fibres textiles et objets divers sur grillage
Sans titre, vers 1980, polyester peint, ampoules, métal et fil de nylon
Le Monstre de Soisy, vers 1966, plâtre, objets et matériaux divers, peinture, structure métallique
La thématique du monstre est récurrente dans l'œuvre de Niki de Saint Phalle et nourrit son bestiaire Fantastique. Ce dragon tient une place à part dans l'œuvre de l'artiste puisqu'il se trouvait dans la chambre de sa maison-atelier de Soisy-sur-École, dans l'Essonne, où elle s'était installée avec Tinguely lorsqu'ils avaient dû quitter, à l'hiver 1963-1964, l'impasse Ronsin, vouée à la démolition. On verra plus tard cette œuvre trôner dans le salon du manoir de Pontus Hulten, à Saint-Firmin-sur-Loire, où il passe les dernières années de sa vie. En 2005, il en fait don au Centre Pompidou.
Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely :
Sans titre, 1967, maquette du Paradis fantastique conçue pour le Pavillon Français de l'Exposition universelle de Montréal, plâtre, carton, fil électrique et bois
Le Paradis fantastique, 7 mars 1967, dessins préparatoires pour le Pavillon français de l'Exposition universelle de Montréal, feutre, crayon de couleur et peinture sur papier
Lettre-dessin à Pontus Hulten, 1969, stylo à bille, crayon de couleur, feutre et mine graphite sur papier
Dans la rotonde, deux machines de Tinguely :
- Méta n° 3, 1970-1971, fer et trois moteurs, 200 x 600 x 400 cm
- Hommage à New York (Klaxon), 1960, Fragment issu de l'action, métal, caoutchouc, peinture, moteur électrique
Dans une vitrine, les maquettes des sculptures réalisées par Niki de Saint Phalle pour la fontaine Stravinsky, inaugurée en 1983 à Paris. Ce n'est pas Pontus Hulten, mais Pierre Boulez, alors directeur de l'Ircam, département associé du Centre Pompidou consacré à la recherche en musique contemporaine, qui en est l'initiateur. Il bénéficie pour ce projet de l'appui de Claude Pompidou, ainsi que de Jacques Chirac, alors maire de Paris. Cette commande d'une fontaine pour la place située entre le Centre Pompidou et le bâtiment de l'Ircam est passée par Boulez au seul Tinguely, qui impose de la concevoir entièrement en collaboration avec Niki de Saint Phalle.
Un "accordéon" de lithographies de 1971 par Niki de Saint Phalle décore également la pièce.
L'exposition « Rörelse i konsten » [Le mouvement dans l'art], Moderna Museet, Stockholm, 1961
La question du mouvement dans l'art fascine Pontus Hulten, qui cherche à en écrire l'histoire tout au long de sa carrière. Il envisage de présenter au Moderna Museet de Stockholm une exposition sur ce thème et la conçoit avec Willem Sandberg, le directeur du Stedelijk Museum d'Amsterdam, l'artiste Daniel Spoerri, ainsi qu'avec Jean Tinguely et l'ingénieur Billy Klüver. Les œuvres de Tinguely sont très largement représentées tandis que Saint Phalle met plutôt en avant son travail totalement novateur sur les Tirs, dont elle organise des performances à chaque étape de l'itinérance de l'exposition.
Jean Tinguely : Méta-Kandinsky I, 1956 (Autre titre : Wundermaschine)
Éléments en tôle, bois, essieux, courroies sur panneau en bois, moteur électrique
À partir de 1955, Tinguely intègre la couleur dans ses reliefs, réalisés seulement en noir et blanc à ses débuts. Il rend ici hommage à Kandinsky, artiste majeur de l'avant-garde, par l'utilisation d'éléments de tôle de diverses couleurs. Le mot « méta » - qui aurait été lancé par Pontus Hulten - marque une volonté de dépassement. Cette « machine à merveilles », autre titre de cette œuvre, est actionnée par un mécanisme bien visible, ce qui est encore rare dans les réalisations de Tinguely des années 1950.
Relief méta-mécanique sonore II, 1955, éléments en carton, bois et tôle, baguettes et fils métalliques, et objets divers sur panneau en bois peint, moteurs électriques
Le Soulier de Madame Lacasse, 1960, bois, métal, caoutchouc, objets divers, carton (peint en bleu IKB), moteur électrique
Cet assemblage peut paraître quelque peu saugrenu dans ses composantes - une chaussure, de la ferraille, un pupitre rouillé, un disque en carton suspendu à une tige telle une canne à pêche...
Il prend vie grâce à un moteur qui actionne la roue, provoquant le mouvement désordonné et bruyant des éléments. Le nom de Madame « Lacasse », épouse d'un artiste de l'impasse Ronsin à qui avait appartenu la chaussure, joue avec l'expression « mettre à la casse » les débris de la civilisation jugés désormais inutiles. Le disque bleu est quant à lui un hommage à Yves Klein, artiste inventeur du bleu IKB, avec lequel Tinguely s'est lié d'amitié dans leur recherche commune de l'immatériel, que sont la vitesse et le mouvement chez ce dernier.
Cyclograveur, 1960, métal, caoutchouc, objets divers
Le Cyclograveur est l'une des œuvres phares de l'exposition « Rörelse i konsten » (Le mouvement dans l'art). Le fonctionnement de la machine consiste à pédaler, tout en lisant un livre posé sur un lutrin, de façon à produire, au fur et à mesure de l'activation, un dessin sur une feuille, placée sur un panneau, que vient gribouiller un crayon fixé au bout d'une tige (à l'origine, une pointe métallique gravait directement le panneau). Ce dispositif absurde, augmenté par le déclenchement du son d'une cymbale et d'un tambour, provoque l'hilarité des visiteurs. Il souligne le pouvoir de dérision des œuvres de Tinguely.
Niki de Saint Phalle : Martyr nécessaire/Saint Sébastien/ Portrait de mon amour/Portrait
of Myself, mars-avril 1961, objets divers et peinture sur panneau en bois
Si Tinguely est largement représenté par ses sculptures dans l'exposition itinérante sur le mouvement dans l'art, Niki de Saint Phalle, qui a fait la connaissance il y a à peine quelques mois de Pontus Hulten, est quant à elle conviée avec deux œuvres seulement. De fait, le mouvement n'est pas au cœur de son travail. Ce « portrait », l'un des deux exposés, invite le public à lancer des fléchettes sur la cible qui figure en guise de tête.
Jean Tinguely : Ballet des pauvres, 1961, métal, objets divers, moteur électrique
Hon - en katedral [Elle - une cathédrale], Moderna Museet, Stockholm, 1966
Invités par Hulten à réaliser un projet d'envergure dans son musée à Stockholm, Saint Phalle, Tinguely et l'artiste suédois Per Olof Ultvedt (1927-2006) s'y retrouvent en avril 1966 sans idée précise. Ils finissent par s'accorder sur la construction d'une gigantesque Nana dans le style de Niki de Saint Phalle. Représentée allongée et enceinte, elle est réalisée à une échelle monumentale en quelques semaines, avec l'aide d'Hulten. Le public y accède par le vagin pour y découvrir tout un monde animé: de vraies sculptures, une galerie de fausses peintures, une salle de cinéma, un toboggan, un bassin de poissons rouges... L'œuvre est détruite comme prévu à la fin de sa présentation, après un succès considérable.
À l'entrée de la salle, de Niki de Saint Phalle, Elisabeth (Nana), 1965, résine synthétique et peinture sur armature métallique, inspirée par sa sœur enceinte.
Une maquette de Hon, conservée au Moderna Museet de Stockholm
Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely :
Lettre-dessin à Pontus Hulten, 1966, feutre sur papier
Lettre-dessin adressée à Manuel Gasser, 1966, encre, aquarelle, craie, feutre et stylo à bille sur papier
Deux projets d'affiche pour l'exposition « Hon - en katedral » [Elle - une cathédrale], Moderna Museet, Stockholm, 1966
Gouache, feutre, craie et stylo à bille sur papier imprimé
Gouache, feutre et collage sur papier imprimé
Niki de Saint Phalle : Photo de la Hon repeinte, 1979, peinture sur impression offset
Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely et Per Olof Ultvedt :
Hon (huvud) 1966, [Elle (tête)], papier mâché peint sur grillage
A Piece of Hon, 1966 [Un morceau de Hon], plâtre, tissu et technique mixte sur grillage
« Hon - en katedral » avait été conçue dès l'origine comme une installation éphémère. Bien au-delà des considérations matérielles rendant la conservation d'une telle sculpture géante impossible, il s'agissait de ne pas inscrire l'œuvre dans la pérennité. Elle échappait alors au commerce de l'art et il en restait la rencontre joyeuse avec le public, l'expérience totalement anti-conventionnelle du moment. L'œuvre est donc détruite à l'issue de l'exposition, par l'équipe du musée mais aussi des mains-mêmes de Pontus Hulten, comme en témoignent certains documents. Il en reste la tête, aujourd'hui dans les collections du Moderna Museet, un fragment de coque, et quelques morceaux de peau.
Quelques œuvres exposées dans la Hon en 1966 :
Ulf Linde (1929-2013) : Gouache till Hon. Förfalskad Paul Klee, 1966 [Gouache pour Hon. Faux Paul Klee], gouache sur papier
Jean Tinguely : Radio Stockholm, 1966, métal, plumes, pièces de transistor, moteur électrique
Per Olof Ultvedt : Mannen i stolen, 1966 [L'Homme sur la chaise], bois peint, métal, moteur électrique Collection particulière
Si Niki de Saint Phalle est l'auteure de l'extérieur de Hon, l'animation de l'intérieur avec toutes ses attractions, en revient principalement à Jean Tinguely et Per Olof Ultvedt. Ce dernier avait notamment conçu l'installation, Mannen i stolen, présentée ici. Quant à Tinguely, il accueillait le visiteur avec son imposante machine bruyante - qui n'existe plus - comportant des rouages reliés à un système de destruction des bouteilles vides jetées par le public après avoir consommé les boissons offertes dans un distributeur Ailleurs, avec sa sculpture sonore Radio Stockholm, Tinguely proposait un collage audiovisuel aléatoire grâce à la présence d'un sélecteur de fréquences radio activé par un moteur
Le Cyclop, Milly-la-Forêt (1969-1994)
À la fin des années 1960, Jean Tinguely imagine, avec Niki de Saint Phalle et l'artiste suisse Bernhard Luginbühl, de réaliser en secret une tête monumentale, un « monstre », au cœur de la forêt, dans l'Essonne. L'élaboration de ce projet dure 25 ans. Tinguely en orchestre la construction et invite plusieurs amis artistes à présenter une œuvre au sein de cette sculpture gigantesque. Victime d'actes de vandalisme, Le Cyclop est donné à l'État français en 1987. Saint Phalle poursuit son achèvement après la mort de Tinguely, selon ses instructions et avec l'aide d'Hulten. L'œuvre ouvre au public en 1994.
Jean Tinguely :
Étude pour «Le Monstre de Milly » sans date. mine graphite et crayon de couleur sur papier
Étude, 1970, mine graphite, stylo à bille, feutre et collage sur papier
Estampe rehaussée du Cyclop, avec dédicace à Seppi Imhof, 1977, feutre, stylo à bille, pastel gras et collage sur sérigraphie couleur
Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely :
Le Cyclop - La Tête, 1986, maquette : métal, miroir sur polyester renforcé de fibre de verre
Le Cyclop - La Tête, 1970, maquette: métal, gaze, plâtre, peinture
Et pour clôturer, ces deux lettres sur la fin de cette aventure :.
Jean Tinguely : Lettre-dessin à Pontus Hulten, 1989, collage, gouache, feutre et crayon à la cire sur papier
Niki de Saint Phalle : Grand Lion de la Culture, 1994, feutre, mine graphite et gouache sur papier
À partir des années 1980, Le Cyclop, dont l'emplacement en pleine forêt était resté secret, commence à être vandalisé. Pour faire face aux intrus, Tinguely et ses amis, qui avaient délaissé le chantier, leur tendent des pièges, telle une fausse porte par exemple. L'artiste songe même à déplacer « La Tête » à un autre endroit du monde, et sollicite Hulten pour l'aider à trouver un mécène pour l'opération. En 1985, il décide, avec Niki de Saint Phalle, de proposer le don du Cyclop à l'État français. Ce don est acté en 1987, et l'ouverture au public a lieu en 1994, après le décès de Tinguely. Saint Phalle rend alors hommage à Hulten, qui l'a aidée à parachever Le Cyclop.
Le Cyclop est resté ouvert au public de 1994 à octobre 2020. Il a été fermé à cette date pour une importante rénovation et il est de nouveau ouvert. depuis 2022. (https://www.lecyclop.com/)
Nous poursuivrons la visite de cette passionnante exposition dans un prochain billet.
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
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David Hockney, né le 9 juillet 1937 à Bradford au Royaume-Uni, a déjà fait l'objet dans ce blog de deux billets : celui du 7 août 2017, lorsque nous avons découvert ce peintre à l'occasion de la rétrospective que lui a consacrée le Centre Pompidou, et celui du 18 Décembre 2021, quand le Musée de l'Orangerie a présenté la frise réalisée par Hockney pendant son confinement en Normandie pendant la pandémie du Covid 19.
Nous croyions bien connaître cet artiste prolifique, mais nous n'avons pu résister à aller plonger une nouvelle fois dans son univers, juste avant que ne ferme la gigantesque exposition de la Fondation Louis Vuitton, qui occupait l'ensemble des 11 galeries du bâtiment, et dont David Hockney aurait veillé lui-même au moindre détail. Cette visite en valait la peine, et nous espérons que le lecteur y prendra le même plaisir que les très nombreux visiteurs que nous avons croisés en ce dernier jour d'ouverture.
Galerie 2 De Bradford à Londres (1955-1963)
L'exposition s'ouvre sur le portrait du père de David Hockney (1955), immédiatement remarqué et exposé en 1957 à la Leeds Art Gallery. À la fin des années 1950, Hockney s'installe à Londres pour étudier au Royal College of Art. II découvre les musées et participe à une scène artistique en pleine effervescence. D'emblée, il opte pour une veine figurative jamais abandonnée quelle que soit la tendance dominante de l'époque. On peut voir alors dans ses œuvres une affinité avec les graffiti et la peinture de Dubuffet. Frôlant les interdits de l'époque en Angleterre, l'homosexualité de l'artiste s'y affirme franchement, en relation avec la lecture des poèmes de Walt Whitman et de Constantin Cavafy. Ses nombreux voyages en Italie, en France, puis à Berlin, New York et Los Angeles nourrissent son œuvre, faisant de ces années 1960 une période de création protéiforme.
Portrait of My Father, 1955, huile sur toile
Bolton Junstion, Eccleshill, 1956, huile sur panneau
We Two Boys Together Clinging, 1961, huile sur panneau
Labor Omnia Vincit, vers 1960, huile sur panneau
Going to be a Queen for Tonight, 1960, huile sur panneau
Adhesiveness, 1960, huile sur panneau
Berlin, A Souvenir, 1962, huile sur toile
Flight Into Italy, Swiss Landscape, 1962, huile sur toile
Renaissance Head, 1963, huile sur toile
The First Marriage (A Marriage of Styles I), 1962, huile sur toile
The Second Marriage, 1963, huile, gouache et collage sur toile
The Hypnotist, 1963, huile sur toile
Play Within a Play, 1963, huile sur toile et Plexiglas
Galerie 2 Londres - Paris - Los Angeles (1964-1998)
David Hockney s'installe à Los Angeles en 1964, puis à Paris en 1973, où il fréquente assidûment les musées et galeries, et expose au musée d'Art moderne de la Ville de Paris, aux Arts décoratifs, à la galerie Claude Bernard. Il rencontre alors quelques artistes et travaille avec l'atelier Crommelynck. Hockney retournera à L.A. en 1978.
Sont réunies ici des peintures célébrant la Californie hédoniste, solaire et libérée, à travers des œuvres devenues mythiques : A Bigger Splash, Portrait of an Artist, The Room, Tarzana. Ces peintures frappent par la simplicité de leur composition, l'évidence de l'image et la transparence de la lumière conférant aux scènes une forme de douceur dans un érotisme explicite. L'environnement architectural et naturel est réduit à l'essentiel des aplats de couleurs franches, dont les photographies prises au Polaroid sont l'une des sources d'inspiration. Deux doubles portraits iconiques - Christopher Isherwood and Don Bachardy, Mr and Mrs Clark and Percy - renouvellent ici la tradition de la conversation piece.
Suivront, dans les années 1980-1990, de nouveaux paysages états-uniens, l'Arizona et le Grand Canyon. Ces sites ne sont pas seulement des sujets, ils inspirent à Hockney une nouvelle façon de voir. Le Nichols Canyon, vu en surplomb avec un horizon surélevé, marque ce tournant. Hockney y aborde l'immensité et réagit par la démultiplication du format, assemblant dans son atelier de Los Angeles les 60 panneaux peints à l'huile du Bigger Grand Canyon dans une prodigieuse juxtaposition simultanée de divers points de vue.
Two Men in a Shower, 1963, huile sur toile
Boy About to Take a Shower, 1964, 1969, acrylique sur toile
A Lawn Being Sprinkled, 1967, acrylique sur toile
A Bigger Splash, 1967, acrylique sur toile
The Room, Tarzana, 1967, acrylique sur toile
Portrait of an Artist (Pool with Two Figures), 1972, acrylique sur toile
Some Neat Cushions, 1967, acrylique sur toile
Savings and Loan Building, 1967, acrylique sur toile
Christopher Isherwood and Don Bachardy, 1968, acrylique sur toile
Mr and Mrs Clark and Percy, 1971, acrylique sur toile
Nichols Canyon, 1980, acrylique sur toile
Pacific Coast Highway and Santa Monica, 1990, acrylique sur toile
A Bigger Grand Canyon, 1998, huile sur soixante toiles
Galerie 1 Retour dans le Yorkshire (1997-2013)
Vers la fin des années 1990, Hockney revient plus fréquemment dans le Yorkshire, son pays natal, au Nord de l'Angleterre. En 1999, à la mort de sa mère dont il était très proche, il décide de s'y établir, sans cesser de séjourner régulièrement à Los Angeles. Le désir de peindre cette région, sans attrait pittoresque immédiat, le pousse à explorer une échelle à la fois intime et monumentale pour laquelle il définit un langage visuel approprié. Il multiplie alors points de vue et techniques. De nouveaux ensembles vont naître, qui l'absorberont pendant près d'une décennie.
Après avoir vécu depuis le milieu des années 1960 en Californie, Hockney se confronte dans le Yorkshire à un nouveau défi représenter le changement des saisons et leurs variations. S'inscrivant dans la lignée des grands paysagistes anglais, Constable et Turner, Hockney revient aux techniques traditionnelles - l'aquarelle, le fusain, l'huile... - et travaille en plein air tout en recourant simultanément à la photographie et à l'informatique pour achever sa plus grande œuvre, Bigger Trees near Warter or/ou Peinture sur le Motif pour le Nouvel Age Post-Photographique.
Quelques unes des 36 aquarelles sur papier de Midsummer, East Yorkshire, 2004 :
The Red House
Roadside Plants and Landscape. East Yorkshire
Jungle Garden, Burton Agnes Hall II
Tangled Bank and Trees. East Yorkshire
Harvested Wheat. East Yorkshire
Tree Tunnel, August, 2005, huile sur toile
Early July Tunnel, 2006, huile sur deux toiles
The Tunnel Early Autumn, October, 2005, huile sur toile
Woldgate Vista, 27 July 2005, 2005, huile sur toile
Untitled, 22 July 2005, 2005, huile sur toile
Kilham to Langtoft, 25 July 2005, 2005, huile sur toile
Kilham to Langtoft II, 27 July 2005, 2005, huile sur toile
Kilham to Langtoft, 2 August 2005, 2005, huile sur toile
Sledmere View, 7 & 10 August 2005, 2005, huile sur toile
Rudston to Sledmere, August, 2005, huile sur toile
Langtoft to Kilham, 31 July 2005, 2005, huile sur toile
Rudston Trees II, 29 July 2005, 2005, huile sur toile
Sledmere to Malton, 3 August 2005, 2005, huile sur toile
Kilham, 6 August 2005, 2005, huile sur toile
The Road to York through Sledmere, 1997, huile sur toile
Garrowby Hill, 2017, acrylique sur toile (hexagonale)
Garrowby Hill, 1998, huile sur toile
La pièce maîtresse de cette salle, au titre franco-anglais :
Bigger Trees near Warter or/ou Peinture sur le Motif pour le Nouvel Age Post-Photographique, 2007, huile sur cinquante toiles (457,2 x 1219,2 cm ensemble)
Bigger Trees nearer Warter, Winter 2008, 2008, huile sur neuf toiles, 274,3 x 365,8 cm ensemble
Bigger Trees nearer Warter, Summer 2008, 2008, huile sur neuf toiles, 274,3 x 365,8 cm ensemble
Un extrait d'une autre belle série, The Arrival of Spring in 2013 (twenty thirteen), 2013, fusain sur vingt-cinq feuilles de papier
Woldgate, 10-11 May
Woldgate, 11-12 May
Woldgate, 15-16 May
Woldgate, 9 and 12 May
Untitled No. 2 (The Arrival of Spring), 2011, huile sur huit toiles, 182,9 x 487,7 cm ensemble
Sur la même thème avec une autre technique :
The Arrival of Spring in Woldgate, East Yorkshire in 2011 (twenty eleven) 18 December, dessin sur iPad imprimé sur papier, monté sur 4 feuilles de Dibond
Fallen Trees on Woltgate, 2008, huile sur deux toiles 152,4 x 243,8 ensemble
Winter Timber, 2009, huile sur quinze toiles, 274,3 x 609,6 ensemble
Felled Trees, 2008, huile sur toile
May Blossom on the Roman Road, 2009, huile sur huit toiles, 182,9 x 487,7 cm ensemble
The Big Hawthorn, 2008, huile sur neuf toiles, 274,3 x 365,8 cm ensemble
Hawthorn Blossom near Rudston, 2008, huile sur deux toiles, 152,4 x 243?8 cm ensemble
Nous poursuivrons la visite de cette exposition dans un prochain billet.
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