Accrochages au musée d'Orsay - printemps 2026
Outre les grandes expositions régulièrement commentées ici, le musée d'Orsay met souvent en valeur, dans des accrochages particuliers, des ensembles d'œuvres autour d'un thème, qui permettent de porter sur elles une attention renouvelée. Nous en présentons deux dans ce billet.
Lumière du nord : dessins scandinaves et néerlandais du musée d’Orsay
« Lumière du Nord » présente une sélection de dessins scandinaves et néerlandais issus des collections du musée d'Orsay mettant en avant la richesse artistique de l'Europe du Nord. Paysages symbolistes et scènes domestiques révèlent la diversité du dessin nord-européen du XIXe siècle.
Cet accrochage met en exergue la volonté du musée de renforcer sa collection d’œuvres d’artistes étrangers. Des acquisitions récentes d’artistes suédois et néerlandais y côtoient des feuilles qui dans certains cas sont entrées dans les collections nationales il y a plus d’un siècle. Des paysages symbolistes nordiques, longtemps absents des collections de dessins, viennent contrebalancer les scènes domestiques paisibles de Carl Larsson et Peder Severin Krøyer, et des artistes tels Carl Forsberg et Philippe Smit, peu connus de leur vivant, trouvent leur place à côté de ces grands noms.
Carl Johan Forsberg (1868 - 1938) :
Pax, 1905, aquarelle, gouache et gomme arabique sur papier marouflé sur panneau
Nizza (Nice), 1903, dessin, aquarelle et gouache sur papier bristol
Frits Thaulow (1847 - 1906) : Une fabrique sous la neige en Norvège, 1892, pastel sur papier
Peder Severin Kröyer (1851 - 1909) : Scène d'intérieur, 1898, aquarelle, crayon noir
Carl Larsson (1853 - 1919) : Jeune femme allongée sur un banc, date indéterminée, encre noire, gouache, mine graphite
Anders Zorn (1860-1920) : Les Demoiselles Schwartz dessinant, 1889, carton, gouache, pierre noire
Karl Nordström (1855-1923) : Les Environs de Stockholm, 1904, fusain, sanguine brûlée et graphite sur toile
Axel Törneman (1880-1925) :
Marine nocturne, vers 1906, aquarelle, pinceau et encre noire, gouache sur papier
Paysage de montagnes étoilées avec une maison et un lampadaire, vers 1906, aquarelle, pinceau, encre noire et gouache sur papier
Et pour finir, le néerlandais Philippe Smit (1886-1948), collectionné presque intégralement par un unique mécène, l’américain Theodore Pitcairn (1893-1973), ce qui l’a privé d’une reconnaissance publique. Le musée d'Orsay a acquis ces œuvres en 2024.
Jeune fille dans un lit, vers 1914, pastel sur carton
Clair de lune, Maartensdijk, 1916, pastel sur carton
Bouquet de fleurs des champs, vers 1913, pastel sur carton
Parcours « 100 œuvres qui racontent le travail » - Travailler au XIXe siècle
L'autre accrochage prend une forme différente : une salle d'exposition lui est entièrement consacrée, et d'autres œuvres sont disséminées dans les salles où elles sont habituellement exposées, d'où la notion de "parcours".
Les œuvres présentées sont des peintures, des sculptures, des photographies, des dessins, des plans, des objets divers tels que des meubles.
Dans la salle d'exposition, un grand tableau de Paul Signac (1863 – 1935) :
Le Démolisseur, entre 1897 et 1899, huile sur toile
Théophile Alexandre Steinlen (1859 - 1923) :
Les Trieuses de charbon, 1905, huile sur toile
Pierreuse, sans date, fusain
Edgar Degas (1834 - 1917) : La Tasse de chocolat après le bain, entre 1905 et 1908, pastel et fusain sur papier calque
Honoré Daumier (1808-1879) : La Blanchisseuse, vers 1863, huile sur bois
Quelques photographies :
Victor Selb (1838-1914) : Sans travail, 1894, épreuve photomécanique (photogravure)
Lewis Hine (1874 – 1940) : Interior of tobacco shed, Hawthorn Farm., Girls in foreground are 8, 9, and 10 years old. [...] Hazardville, Connecticut, entre 1905 et 1910, épreuve au gélatino-bromure d’argent à partir d’un négatif au gélatino-bromure d’argent
Jules Rigaux : Les Enfants du briquetier, 1894, épreuve photomécanique (photogravure)
Fernand Arnal : Bitumeurs, 7 juillet 1905, épreuve au charbon
Victor Regnault (1810- 1878) : Ouvriers au repos, Sèvres, entre 1852 et 1853, épreuve sur papier salé à partir d'un négatif papier
Constant Alexandre Famin (1827 - 1888) : Attelage de chevaux, vers 1870, épreuve sur papier albuminé à partir d'un négatif verre
Constantin Meunier (1831 - 1905) : Mineurs, s.d., pastel et crayon gras sur papier jaune
Théophile Alexandre Steinlen :
Ouvriers portant l'un des leurs après un accident de travail, et autre scène, s. d., mine graphite
Deux ouvriers regardant un enterrement du haut d'un échafaudage, s. d., crayon de couleur et pierre noire
Léon Lhermitte (1844 – 1925) :
Atelier de tisserand, 1893, fusain
Les Abords des Halles, 1881, fusain sur papier vergé monté sur panneau
Des dessins d'architecture :
Charles-Justin Le Cœur (1830 - 1906) : Lycée de Montluçon, plan du premier étage et perspective sur une des cours latérales, entre 1880 et 1883, crayon, encre et aquarelle
Paul Lebret (1875 - 1933) : Projet d'école primaire, coupe transversale, 1903, encre et aquarelle
Louis Boitte (1830 - 1906) : Une maison pour une famille d'ouvriers, concours
d'émulation, 1848, crayon et aquarelle
Tony Garnier (1869-1948) : « Quartier d'habitation », planche n° 72 pour Une cité industrielle, Paris, 1917
Joseph Hornecker (1873 - 1942) : Projet d'usine : coupe, entre 1897 et 1904, encre noire et aquarelle
Otto Schönthal (1878-1961) : Projet pour un immeuble de bureaux sur Brigittaplatz, XXe district de Vienne, élévation de la façade sur rue, entre 1902 et 1903, crayon, aquarelle et gouache sur papier calque
Paul Gauguin (1848 – 1903) : La Fenaison en Bretagne, 1888, huile sur toile
Louis Welden Hawkins (1849 – 1910) : Séverine, vers 1895, huile sur toile
Edgar Degas : Portraits à la Bourse, entre 1878 et 1879, huile sur toile
Gustave Caillebotte (1848 – 1894) : Henri Cordier, 1883, huile sur toile
Outre ces œuvres graphiques, cette salle d'exposition comporte des meubles de bureau :
Otto Wagner (1841 – 1918) :
Étagère pour la Caisse d’épargne de la Poste (Vienne)
Tabouret pour la Caisse d’épargne de la Poste (Vienne)
Vers 1904, hêtre courbé, contreplaqué perforé, vernis teinté brun, aluminium
...une plaque en grès émaillé :
Constantin Meunier : Le Mineur, 1904
...et des sculptures de Degas, dont :
Masseuse, entre 1921 et 1931, bronze patiné
Terminons ce billet en parcourant les salles du 2e étage du musée, où sont exposées les autres œuvres de ce parcours, dans une sorte de jeu de piste.
Aimé Jules Dalou (1838-1902) : Paysan, vers 1898, bronze fondu après la mort de Dalou d'après le plâtre de 1898-1899, exposé au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts de 1902, étude pour le Monument aux ouvriers (non réalisé)
Henri Bouchard (1875-1960) Le Débardeur, 1905, statuette en bronze
Constantin Meunier : La Moisson, 1895, haut-relief en bronze
Jean Carriès (1855-1894) : Le mineur de la Loire dit aussi Le mineur, entre 1886 et 1887, statue en cire brun-rouge sur âme en plâtre patiné
Bernhard Hoetger (1874-1949) : Machine humaine, 1902, relief en bronze
Joaquin Sorolla (1863 - 1923) : Retour de la pêche, le halage de la barque, 1894, huile sur toile
Léon Lhermitte : La Paye des moissonneurs, 1882, huile sur toile
Léon Frédéric (1856 – 1940) : Les Âges de l’ouvrier, entre 1895 et 1897, huile sur toile
Henri Greber (1854 - 1941) : Coup de grisou, entre 1892 et 1896, statue en marbre gris
Jean-Charles Cazin (1841-1901) : La Journée faite, 1888, huile sur toile
Alfred Roll (1846 - 1919) : Manda Lamétrie, fermière, 1887, huile sur toile
Et, accrochés dans les salles présentant les meubles Art nouveau :
Alexandre Charpentier (1856-1909) : La Modiste, entre 1896 et 1898, huile sur toile
Adrien Moreau-Néret (1860-1944) : Eugène Feuillâtre, vers 1905, huile sur toile
Eugène Feuilâtre est une des grandes figures du renouveau de l’émail au tournant du siècle.
Renoir et l’amour - La modernité heureuse (1865-1885)
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Le musée d’Orsay célèbre cette année ses 40 ans d'existence, et met à l'honneur à cette occasion un artiste majeur de ses collections, peut-être le plus populaire des impressionnistes : Auguste Renoir (1841-1919). Cette année est aussi le cent cinquantième anniversaire de l'un des tableaux emblématiques du musée - et de Renoir- le Bal du moulin de la Galette.
Orsay présente ainsi deux expositions complémentaires : « Renoir et l’amour » rassemble pour la première fois les « scènes de la vie moderne » peintes par l’artiste au début de sa carrière, tandis que « Renoir dessinateur », qui fera l'objet d'un autre billet, montre des œuvres moins connues qui révèlent toute l’étendue de son talent dans les techniques graphiques.
Coorganisée avec la National Gallery de Londres et le Museum of Fine Arts de Boston, cette exposition offre un regard renouvelé sur des tableaux si célèbres qu’il est devenu difficile d’en percevoir aujourd’hui toute la nouveauté. Pour la première fois depuis 1985 – date de la dernière rétrospective Renoir organisée à Paris – une exposition rassemble un ensemble resserré mais significatif d’œuvres de la première partie de la carrière de l’artiste.
Dans le salle introductive, une grande statue réalisée par Renoir et le sculpteur Richard Guino (1890-1973) : Venus Victrix, entre 1914 et 1916, plâtre patiné gomme-laqué.
Renoir se détourne très tôt des sujets historiques ou mythologiques. À la fin de sa vie cependant, alors que son marchand Ambroise Vollard l'encourage à sculpter avec l'aide de Richard Guino, il choisit, pour sa seule statue monumentale, la figure de Vénus, déesse de l'amour et de la beauté, victorieuse du jugement de Pâris.
Quelque portraits du jeune Renoir :
Autoportrait, vers 1875, huile sur toile
Frédéric Bazille (1841-1870) : Pierre Auguste Renoir, vers 1867-1869, huile sur toile
Renoir rencontre Bazille à l'atelier Gleyre en 1863. Malgré leurs différences de milieu social (Bazille est issu de la grande bourgeoisie montpelliéraine), ils deviennent très proches et partagent plusieurs ateliers.
Marcellin Desboutin (1823-1902) :
P .- A. Renoir, peintre, 1877, estampe pointe sèche
Renoir, les jambes croisées, 1877, estampe, pointe sèche
Marcellin Desboutin était un peintre et graveur proche des impressionnistes.
Section 1. Scènes de la vie de bohême
Issu d’une famille de petits artisans parisiens (son père est tailleur et sa mère couturière), Renoir, après des débuts comme peintre sur porcelaine, s’engage dans la voie du « grand art ». Il se forme dans l’atelier du peintre académique Gleyre et à l’École des Beaux‑Arts, mais s’en émancipe rapidement pour embrasser le réalisme de Courbet et Manet. Il choisit ses sujets dans le monde contemporain et les dépeint d’une touche franche. Dans son travail s’affirme progressivement un goût singulier pour la célébration de l’amitié et de l’amour, ainsi que pour des thèmes qu’il ne cessera d’explorer : le jeune couple, le repas, la foule ou le nu.
L’existence de l’artiste est alors marquée par ses amitiés avec d’autres peintres et par son idylle avec la jeune Lise Tréhot, devenue son modèle de prédilection et sa compagne vers 1865-1866. Pour Renoir, qui vit alors dans la précarité, l’heure est à une certaine « vie de bohême » et au rejet des normes sociales bourgeoises. Renoir et Lise ne reconnaissent pas les deux enfants nés de leur union, et leur relation prend fin vers 1872. Pendant cette période, les œuvres qu’il envoie au Salon sont tour à tour acceptées ou refusées, et les soutiens sont rares.
Le Cabaret de la mère Antony, 1866, huile sur toile
Renoir peint ce tableau, l'un de ses premiers grands formats, à 25 ans, quelques mois après avoir essuyé un refus au Salon.
Le Garçon au chat, 1868, huile sur toile
Ce tableau est l'un des plus étranges du début de carrière de Renoir. Aucun prétexte historique ou mythologique ne justifie la nudité du jeune modèle. Avec sa lumière froide et sa pâte épaisse, l'œuvre témoigne de l'influence du réalisme cru de Courbet et Manet.
Frédéric Bazille, 1867, huile sur toile
Dans ce portrait fidèle du grand Bazille courbé devant son chevalet, le regard de Renoir est plein de sympathie. Il faut imaginer qu'aux côtés des deux hommes se trouve Sisley, qui a peint la même nature morte que Bazille. Monet est présent aussi à travers les tableaux accrochés sur les murs. Parmi les impressionnistes, Renoir est celui qui a le plus souvent pris ses amis pour modèles.
La Nymphe à la source, 1869-1870, huile sur toile
Malgré l'assimilation de la jeune femme à une figure mythologique de source, ce nu frappe par son rejet de l'idéalisation. Il s'agit vraisemblablement de Lise Tréhot, dont le corps dépeint avec réalisme semble bien loin de celui des Vénus académiques de Cabanel et Bouguereau.
Femme demi-nue couchée : la rose, vers 1872, huile sur toile
La Promenade, 1870, huile sur toile
Ce tableau est l'un des premiers dans lequel Renoir s'intéresse au couple. Il fait poser son frère Edmond et sa maîtresse Lise, vraisemblablement enceinte à cette période.
La Grenouillère, 1869, huile sur toile
À l'été 1869, Renoir installe son chevalet à Croissy avec Monet, devant les bains de la Grenouillère, pour préparer un grand tableau pour le Salon. Finalement, seules des études seront réalisées.
Section 2. Fêtes galantes
Dans les années 1870, et particulièrement entre 1874 et 1877, alors qu’il participe aux expositions du groupe impressionniste, Renoir approfondit ses recherches sur la représentation des figures dans le paysage. Il peint notamment à Montmartre, quartier de Paris encore champêtre et populaire, où il loue une maison en 1876. Il fait poser ses amis et modèles dans son jardin ou au bal du Moulin de la Galette, qui lui inspire son œuvre la plus ambitieuse de la décennie.
Vue de Bougival, 1873, huile sur toile
Femme à l'ombrelle et enfant dans un paysage ensoleillé, vers 1874-1876, huile sur toile
Camille Monet et son fils, 1874, huile sur toile
Le thème de la mère à l'enfant, qui s'imposera dans l'œuvre tardif de Renoir, fait une timide apparition dans les années 1870. L'artiste représente notamment l'épouse de Monet, Camille Doncieux, et leur fils Jean dans leur jardin d'Argenteuil, où Renoir leur rend visite à plusieurs reprises.
Chemin montant dans les hautes herbes, vers 1875, huile sur toile
Femme à l'ombrelle dans un jardin, 1875, huile sur toile
Les vues de jardin de Renoir, souvent peuplées de couples, associent deux problématiques centrales de l'impressionnisme : la représentation de figures en plein air et l'actualisation du genre du paysage. L'artiste se distingue par son goût pour les jardins clos et un peu sauvages, les compositions denses, presque sans horizon et sans ciel, où la végétation déborde. Par l'usage d'une multitude de touches juxtaposées, la richesse de la palette et la place importante accordée aux fleurs, ces œuvres atteignent une qualité de vibration lumineuse et colorée inédite.
Le Printemps, dit aussi La Conversation, 1876, huile sur toile
Confidences (La Tonnelle), vers 1875, huile sur toile
Loin de certaines scènes de violence que l'on trouve à la même époque dans la peinture académique ou même chez Cézanne et Degas, Renoir montre toujours des couples heureux et complices.
Portrait d'un jeune homme et d'une fille, 1876, huile sur toile
La Balançoire, 1876, huile sur toile
Confidences, vers 1876-1878, huile sur toile
Renoir ne peint pas des modèles professionnels mais demande à des jeunes ouvrières, couturières, fleuristes, lingères ... de poser pour lui.
Étude, dit aussi Torse de femme au soleil, vers 1876, huile sur toile,
En plein air, dans son jardin, Renoir peint un modèle dévêtu, peut-être Henriette Henriot ou Anna Leboeuf. Placé dans l'ombre, le corps reste lumineux et se colore de toutes les teintes du paysage alentour. Se dégage de cette œuvre très expérimentale un fort sentiment d'intimité et de sensualité, mais aussi de liberté vis-à-vis des conventions aussi bien artistiques que sociales de l'époque. Bravant la critique, Renoir signe et expose le tableau en 1876 sous le titre Étude.
Bal du Moulin de la Galette, 1876, huile sur toile
Ce tableau peint en plein air est le plus complexe peint par Renoir à cette date. Il représente à la fois un défi en termes d'étude de la lumière et de composition, au vu du nombre très important de figures. Par sa touche fluide, sa gamme de tons bleutés et son vocabulaire de gestes enveloppants, l'artiste donne à la scène un sentiment de grande unité. Cette unité est à la fois picturale et sociale, Renoir se plaisant à montrer les liens heureux entre hommes et femmes, adultes et enfants, bourgeois et ouvriers. Renoir fait notamment disparaître ce qu'il pourrait y avoir de rapport de domination entre les sexes (de jeunes hommes aisés venant s'amuser auprès de jeunes ouvrières qui, elles, cherchent une forme d'élévation sociale) pour célébrer la beauté d'un après-midi d'été.
Section 3. Rencontres en ville
Renoir a grandi au cœur de la capitale, près du Louvre, avec ses parents et ses quatre frères et sœurs. Dès les années 1860, il se fait le témoin par sa peinture des transformations de la ville, mais c’est surtout vers 1875-1880 que la vie parisienne devient pour lui une source d’inspiration majeure.
Renoir est l’un des premiers à représenter dans des formats ambitieux, qui ne sont plus ceux de la peinture de genre, des sujets comme une loge d’opéra ou une rue. Il s’intéresse en effet surtout aux espaces publics – boulevard, café, restaurant, théâtre – qui sont aussi des espaces de mixité et de séduction.
Bouquet dans une loge, vers 1880, huile sur toile
Au coin de la cheminée (La Conversation ; Rivière et Margot), 1875, huile sur toile
Chez la modiste, 1878, huile sur toile
Au café, 1877, huile sur toile
À l'instar de Manet et Degas, Renoir s'intéresse au café comme lieu emblématique de la modernité urbaine. Mais contrairement à eux qui usent de ce décor pour souligner le sentiment de solitude de leurs modèles, Renoir le célèbre comme un lieu de vie, de discussion et de mixité sociale.
Jeunes filles, vers 1875-1879, huile sur toile
La Lecture du rôle, 1876-1877, huile sur bois
La Conversation, 1878, huile sur toile
Ce tableau reprend le motif des conversations galantes du XVIII siècle français cher à Renoir.
Chez Renoir, rue Saint-Georges, 1876, huile sur toile
Malgré son petit format, ce tableau figurant l'appartement de Renoir rue Saint-Georges réunit un ensemble important de figures dans une composition complexe.
Dans l'atelier, 1870-1877, huile sur toile
Renoir saisit ici avec bienveillance le duo formé par son ami Rivière et Margot (pseudonyme d'Anna Lebœuf), jeune ouvrière montmartroise et l'un de ses modèles préférés.
La Liseuse, 1874-1876, huile sur toile
La blonde Nini Lopez, avec la brune Anna Lebœuf, est le modèle de prédilection de Renoir dans la seconde moitié des années 1870.
Jeune femme de profil (Nini Lopez ?), 1878, huile sur toile
Jeune femme â la voilette, vers 1875-1876, huile sur toile
Madame Darras, étude pour Allée cavalière au bois de Boulogne, vers 1868, huile sur toile
Une loge à l'Opéra, 1880, huile sur toile
Au théâtre (La Première Sortie), 1876-1877, huile sur toile
Les Grands Boulevards, 1875, huile sur toile
Dans ses vues urbaines des années 1870, Renoir s'intéresse surtout à l'animation des nouveaux boulevards. L'artiste place son chevalet au bord du trottoir et s'immerge dans la foule pour mieux en rendre le mouvement.
Le Pont des Arts, Paris, 1867-1868, huile sur toile
Une œuvre de jeunesse de Renoir dont on voit pas trop ce qu'elle fait à cet endroit du parcours de l'exposition.
Section 4. Une partie de campagne
Renoir explore le monde des divertissements en bord de Seine dès les années 1860, pour y revenir surtout la décennie suivante, se focalisant sur Chatou, le restaurant Fournaise et l’univers du canotage. Sa vision du sujet se distingue de l’imagerie populaire et de la littérature du moment, qui mettent l’accent sur le caractère débraillé voire débauché de ces lieux où l’on exhibe ses bras nus, danse, boit, chante... Chez Renoir, les corps et les convenances sociales sont relâchés mais sans excès. Dominent une douceur de vivre ainsi que la célébration du temps du loisir et des liens humains.
Le Déjeuner des canotiers, 1880-1881, huile sur toile
L'artiste saisit, à la fin de l'été, la décontraction des corps et les conversations informelles qui accompagnent la fin d'un repas sur la terrasse d'un restaurant populaire de banlieue. Le lieu est fréquenté par de séduisants canotiers, de jeunes actrices venues de Paris, des écrivains, journalistes, mécènes, etc. : toute une population qui constitue alors le monde de Renoir.
Le tableau se veut à la fois un manifeste moderne (personne avant lui n’a jamais représenté ce sujet dans un tel format) et une actualisation des Noces de Cana de Véronèse (« le chef d’œuvre par excellence » selon l’artiste).
Les Canotiers à Chatou, 1879, huile sur toile
Selon Jean Renoir, fils du peintre, la jeune femme sur ce tableau est sa mère, Aline Charigot, qui commence tout juste à poser pour lui : son père « aimait son adresse », elle qui « adorait ramer et était constamment sur l'eau ».
Les Canotiers, 1875, huile sur toile
Ici l'artiste s'est installé à la table d'un trio de canotiers dont les costumes font écho à ceux des rameurs du second plan. La jeune femme de dos est vraisemblablement Alphonsine Papillon (née Fournaise), fille du propriétaire des lieux.
La Yole, 1875, huile sur toile
Aline Charigot au chien, 1880, huile sur toile
Originaire du village d'Essoyes en Champagne, Aline Charigot gagne Paris en 1874 pour travailler comme couturière. Renoir la rencontre sans doute vers 1879. Elle a vingt ans, et l'artiste trente-huit. Aline devient sa maîtresse et son modèle.
La Seine à Chatou, 1881, huile sur toile
Régulièrement, Renoir peint des paysages « purs » ou habités de quelques rares silhouettes. Comme dans ses jardins montmartrois, il privilégie les compositions denses, asymétriques et presque sans ciel, en faisant usage d'une grande variété de touches, longues et fluides ou courtes et papillotantes.
Au bord de l'eau, 1879-1880, huile sur toile
Il s'agit de la seule œuvre de Renoir représentant ainsi un homme et un enfant, les figures paternelles étant singulièrement absentes de sa peinture.
Jeune femme sur la terrasse du restaurant Fournaise, 1879, huile sur toile
Ce tableau montre la terrasse du restaurant Fournaise avec sa balustrade en fonte sur laquelle se tient peut- être l'actrice Ellen Andrée. Elle pose aussi en robe claire la même année dans La Fin du déjeuner ci-dessous.
La Fin du déjeuner, 1879, huile sur toile
Le Déjeuner, 1875, huile sur toile
Section 5. Femmes et enfants, frères et soeurs
Les figures d’enfants sont peu présentes dans les scènes de la vie moderne de Renoir. Isolées, sans véritable parent, elles semblent interroger la notion même de famille, faisant écho à la propre situation de l’artiste. Mais ces figures personnifient aussi souvent dans ses œuvres une forme d’innocence du regard et de candeur des sentiments, vers lesquelles semble tendre toute sa peinture. Au début des années 1880, des commandes de portraits de famille ou de fratries poussent cependant le peintre à explorer cette autre forme d’amour. Il réalise notamment ceux des enfants de son marchand Durand-Ruel et de son mécène Bérard. Malgré le cadre bourgeois de ces commandes, qui impose de la retenue, Renoir leur insuffle un sentiment d’intimité et d’affection qui tranche avec la production de l’époque. L’artiste s’intéresse aussi à la figure de la femme à l’enfant, annonçant l’image de sa compagne Aline allaitant leur fils Pierre, dont la naissance en 1885 constitue un moment charnière dans sa vie et son œuvre.
Croquis de têtes (Les Enfants Bérard), 1881, huile sur toile
Au fil de ses séjours au château de Wargemont, près de Dieppe, chez son ami et mécène Paul Bérard, Renoir réalise un important ensemble de portraits et de scènes enfantines. Ce tableau, qui réunit un ensemble d'études peintes prises sur le vif d'après l'ensemble des enfants (âgé d'un à treize ans), est le plus intime et original de la série.
Les Filles de Paul Durand-Ruel, Marie-Thérèse et Jeanne, 1882, huile sur toile
Dans ce portrait commandé par Durand-Ruel, posent ses deux filles, Marie-Thérèse (14 ans) et Jeanne (12 ans). La façon dont Renoir situe ces figures en extérieur et les soumet au jeu impressionniste des taches de lumière et des reflets colorés est inédite pour un portrait bourgeois, où l'attention se concentre normalement sur les figures, le plus souvent placées sur un fond sombre.
Charles et Georges Durand-Ruel, 1882, huile sur toile
Dans ce tableau posent les deux fils cadets, Charles (17 ans, à gauche) et Georges (16 ans, à droite). Le cadrage rapproché, qui nous inclut dans la scène, les poses décontractées et le geste affectueux de l'aîné qui passe son bras derrière le dos du cadet, donnent à ce tableau un caractère tendre et intime inédit dans le genre du portrait masculin au XIXe siècle.
Jeune mère, 1881, huile sur toile
Renoir réalise ce tableau lors de son premier voyage en Italie. Son intérêt pour le sujet de la mère à l'enfant vient sans doute de son admiration des madones de Raphaël, dont il apprécie la simplicité et l'expression de tendresse.
Section 6. Danseurs
À l’été ou à l’automne 1882, Renoir se lance dans un nouveau projet ambitieux : peindre des couples de danseurs de grandeur presque naturelle. Le sujet découle du Bal du Moulin de la Galette, avec lequel il avait introduit le thème de la danse dans la peinture impressionniste, mais aussi du Déjeuner des canotiers, où se lisait déjà une volonté de monumentalisation des figures. L’inspiration vient aussi du plaisir éprouvé par Renoir à voir sa nouvelle compagne, Aline Charigot, danser : « ta mère valsait divinement », racontera l’artiste à son fils Jean.
Danse à la campagne, 1883, huile sur toile
Les tableaux des Danses possèdent une certaine dimension narrative. Ici des détails suggèrent que le couple s'est levé à la fin du repas pour danser. Renoir fait poser ses amis : Paul Lhote, de neuf ans plus jeune que lui, ancien militaire, voyageur et homme à femmes, et Aline Charigot.
Alors que Renoir, selon Rivière, n'avait « guère l'occasion ni le goût de "faire la fête" », Lhote incarne à ses yeux la figure du séducteur et lui permet de vivre, par procuration, le bonheur de la danse. Le regard d'Aline, tourné vers le spectateur, semble cependant nous dire que l'homme qu'elle aime n'est pas celui qui la fait danser, mais celui qui la peint.
Danse à Bougival, 1883, huile sur toile
Renoir accentue ici l'impression de mouvement et de félicité amoureuse : les visages sont rapprochés, les mains se touchent sans gants, la robe et la végétation tournoient ... La présence de figures conversant et buvant à l'arrière-plan suggère une atmosphère de joyeuses rencontres et de douce griserie. Renoir prend soin de montrer que les danseurs tournent le dos à cette foule, comme pour dire que rien n'existe plus pour eux que le bonheur de l'instant.
Le tableau n'est cependant pas sans ambiguïtés. La femme porte en effet une alliance, ce qui laisse planer le doute sur la nature de sa relation avec son cavalier. Son expression de rêverie intérieure ajoute aussi un certain mystère. On sait qu'Aline Charigot et Suzanne Valadon ont toutes les deux posé pour elle, et peut-être Alphonse Fournaise pour l'homme.
Danse à la ville, 1883, huile sur toile
Danse à la ville et Danse à la campagne sont conçus comme des pendants et exposés ainsi dès 1883. L'artiste joue du contraste entre l'univers plus guindé du bal parisien et celui plus spontané des bals de banlieue.
Paul Lhote pose pour l'homme, et Suzanne Valadon, jeune femme issue d'un milieu populaire et travaillant alors comme modèle, pour l'élégante danseuse. Comme dans les autres Danses, Renoir masque les visages des hommes (le spectateur masculin peut ainsi mieux s'identifier) et fait de la femme le centre de l'attention. La pose choisie ici permet de mettre en valeur son profil et sa robe à traîne, comme dans une gravure de mode.
Épilogue. Emportés par la foule
Après le succès du Déjeuner et des Danses, s’ouvre paradoxalement pour Renoir une période de crise qui va durer jusqu’à la fin des années 1880. Insatisfait de l’impressionnisme, il renie le travail en plein air et tente de se renouveler par le dessin. Il délaisse les sujets contemporains pour se concentrer sur des figures et des nus plus atemporels, passant du statut de peintre des idylles modernes à peintre des baigneuses. En parallèle, Renoir s’établit avec Aline et, en 1885, devient père de famille. Il a 49 ans lorsqu’il épouse la jeune femme en 1890.
Peint pendant cette période de changements, Les Parapluies est le dernier grand tableau de Renoir à sujet urbain et la dernière œuvre où s’exprime pleinement son idéal de modernité heureuse et amoureuse. Le thème lui permet d’unir les thèmes du couple, de la famille et de la foule dans une scène très dense, où les figures, les plans, les formes et les couleurs se font écho, se superposent ou s’interpénètrent. Malgré la cohue et la pluie, l’harmonie, la tendresse et la joie dominent. Une joie de vivre ensemble et d’aimer, de se sentir vivant et de jouir de la beauté du monde à chaque instant, même le plus anodin.
Les Parapluies, vers 1881-1886, huile sur toile
Le sujet de l'homme abordant une femme dans la rue en lui proposant son parapluie est à la mode dans la presse et les gravures à cette époque. Souvent il s'agit de jeunes « trottins » (filles de milieux populaires employées de magasins de mode et chargées des livraisons), figures associées alors à une forme de disponibilité amoureuse et sexuelle, voire à la prostitution. Renoir déjoue cette interprétation en dirigeant le regard de la femme vers le spectateur et non vers l'homme au parapluie, et en donnant une place importante dans la composition à une famille.
Dessins sans limite - les dessins du Centre Pompidou au Grand Palais (II/II)
Nous poursuivons dans ce billet la visite commencée dans celui du 28 mars dernier. Nous étions resté dans la section 2 (Raconter). Après l'abondant chapitre consacré au Graphisme caricatural, le suivant s'appelle
Hurlement
Jean-Michel Basquiat (1960-1988) : Sans titre, 1983, peinture acrylique et crayon de couleur sur papier
Julio González (1876-1942) :
Femme criant, 30 novembre 1941, mine graphite et fusain sur papier
Femme criant, vers 1941, fusain sur papier
Tête de Montserrat no 2, 25 mai 1940, encre de Chine sur papier
Raoul Hausmann (1886-1971) :
Der Eiserne Hindenburg, 1920, encre de Chine sur papier de soie contrecollé sur papier de soie
ABCD, 1923-1924, encre de Chine et illustrations de magazine découpées et collées sur papier
Hannah Höch (1889-1978, Berlin) : Mutter, 1930, aquarelle et illustrations de magazines découpées et collées sur papier
Stéphane Mandelbaum (1961-1986) : Der Goebbels, vers 1980, mine graphite et gouache sur papier marouflé sur toile
Joan Miró (1893-1983) : Femme, oiseau, 1976, encre de Chine, fusain, craie et pastel sur papier
Arnulf Rainer (1929-2025) : Totenmaske (Alter Kopf), 1980, huile sur épreuve gélatino-argentique
Antonio Saura (1930-1998) : Crucifixion, 1982, encre, peinture acrylique et papiers déchirés collés sur papier
Balbutiement
Pierre Alechinsky (né en 1927) :
L’Araignée, 1960, encre de Chine sur papier collé sur carton
Financier funambulesque, 1961, encre de Chine sur papier collé sur carton
Karel Appel (1921-2006)
Gevangenen, 1947, encre sur papier
Vragende Kinderen, 1949, craie de couleur sur papier
Egill Jacobsen (1910-1998) : Sans titre, s. d., encre de Chine sur papier
Asger Jorn (1914-1973) : Aganaks, 1950, pastel, gouache, aquarelle et mine graphite sur papier
À la recherche d'une forme d'expression transgressive et authentique, le danois Asger Jorn est un des artistes majeurs du groupe Cobra qu'il fonde en 1948 avec Karel Appel notamment. Alors qu'il est atteint de tuberculose, des bestioles bizarres appelées «Aganaks » apparaissent dans son œuvre. Mi-hommes, mi-animaux, elles évoquent autant le crocodile que le scorpion ou le bacille de Koch.
Henri Michaux (1899-1984) :
Personnage ton bistre, vers 1946-1948, encre, gouache et aquarelle sur papier
Figure jaune, 1948, aquarelle sur papier
Judit Reigl (1923-2020) : Maldoror, 1953, illustrations de magazine découpées et collées sur carton
Paul Klee (1879-1940) :
Lomolarm, 1923, encre, aquarelle et gouache sur papier collé sur carton
Antike Fabel, 1923, encre de Chine et aquarelle sur papier vergé contrecollé sur carton
Maske « dummes Mädchen », 1928, aquarelle sur papier collé sur papier
Prophet, 6 mai 1930, tempera sur papier
Identité
Miquel Barceló (né en 1957) : Bamako/Gogoly. BMKO 23.XII.95/GGLY 1.I.96, 1995-1996, carnet avec couverture cartonnée de 32 feuillets, lavis de pigments naturels, crayon-aquarelle, mine graphite, feutre, « daniré » (peinture rituelle dogon) et collages sur papier
Christian Boltanski (1944-2021) : La Voiture en métal, 1974, pastel, crayon de couleur et craie grasse sur photographie
Louise Bourgeois (1911-2010) : Autoportrait, 1942, encre sur papier quadrillé
Pierre Buraglio ( né en 1939) : Autoportraits, 2008, 35 dessins, stylo-bille sur papiers découpés collés sur papier
Miriam Cahn (née en 1949) : L.I.S. (Lesen in Staub) rechts + links (amok), 7 mai 1987, triptyque, fusain sur papier
Willem de Kooning (1904-1997) : Woman, 1952, mine graphite et pastel sur papier
Otto Dix (1891-1969) : Säugling (Ursus), 1927, aquarelle et mine graphite sur papier
Jean Dubuffet (1901-1985) : Corps de dame, juin-août 1950, encre de Chine sur papier
Marlene Dumas (née en 1953) :
Mixed Blood, 1996, six dessins, encre et peinture acrylique sur papier
Labelled, 1998, encre et peinture acrylique sur papier
Eugène Gabritschevsky (1893-1979) : Sans titre (Tête aux gros yeux), vers 1947, gouache sur papier
David Hockney (né en 1937) : Self Portrait, 2 mars 2001, fusain sur papier
Gilbert & George (Gilbert Prousch et George Passmore, dits) nés en 1943 et 1942) : The Bar No.1, 1972, fusain sur papier, 220 x 500 x 350 cm (5 panneaux de dimensions variables)
Cildo Meireles (né en 1948) : Sans titre, 1981, pastel sur papier
Rosemarie Trockel (née en 1952) : Sans titre, 1996, peinture acrylique et mine graphite sur papier
Kiki Smith (née en 1954) : Lying with the Wolf, 2001, encre et mine graphite sur papiers découpés et collés sur papier Népal
Section 3 : Tracer
Performance
Pierre Alechinsky :
Illustration, 1989, illustration pour L’Empereur d’Occident de Pierre Michon, Saint-Clément, Fata Morgana éditeur, 1989, encre de Chine sur papier vergé filigrané du XVIIIe siècle
Illustration, 1989, ibid.
William Anastasi (1933-2023) : Without Title (Burst Drawing), 2003, mine graphite sur papier
Trisha Brown (1936-2017) : Sans titre, 2007, pastel et fusain sur papier
Mark Brusse (Né en 1937) : Los quatros manos de Quito, 1999, aquarelle, craie et encre sur papier Hanji
Jean Hélion (1904-1987) : Mains d’allumeur, 1939, encre et lavis, gouache et fusain sur papier
Robert Morris (1931-2018) : Blind Time IV (Drawing with Davidson), 1991, mélange de graphite en poudre et d’huile sur papier
Robert Longo (né en 1953) : Men in the Cities (Triptych Drawings for the Pompidou), 1981-1999, triptyque, fusain, mine graphite et peinture synthétique sur papier collé sur médium)
Man Ray (Emmanuel Radnitzky, dit) (1890-1976) : La Main, 1944, mine graphite et encre sur papier
Giuseppe Penone (né en 1947) :
Avvolgere la terra, 2014, mine graphite sur papier
Scultura, 1974, ensemble de 10 dessins, empreintes de la paume de la main à la craie relevée avec du ruban adhésif sur bristol
Écriture
John Cage (1912-1992) : River, Rocks and Smoke, 10 avril 1990, aquarelle sur papier préparé, brûlé et fumé
Olivier Debré (1920-1999) : Signe personnage, 1953, encre de Chine sur papier
Sam Francis (1923-1994) : Sans titre, 1960, gouache sur papier
Philip Guston (1913-1980) : Sans titre, 1960, encre de Chine sur papier
Brion Gysin (1916-1986) : Sans titre, 1963, encre de Chine sur papier
Toshimitsu Imaï (1928-2002) : Sans titre, 1965, peinture industrielle sur papier
Brice Marden (1938-2023) : The Muses Drawing, 1991-1993, encre et gouache sur papier
Henri Michaux (1899-1984) : Peinture à l’encre de Chine, vers 1950, encre de Chine sur papier
Mark Tobey (1890-1976) : Totem, 1954, tempera sur papier
Antoni Tàpies (1923-2012) : 18 peintures, 1984, série de 18 peintures sur papier, huile, vernis, encre de Chine, crayon gras, tampons sur papier à la cuve
Zao Wou-Ki (1920-2013) :
Sans titre, 1968, aquarelle sur papier
Sans titre, 1975, encre de Chine sur papier vergé
Sans titre, 1975, encre de Chine sur papier
Sans titre, 1975, encre et lavis d’encre de Chine sur papier vergé
Sans titre, 1975, encre et lavis d’encre de Chine sur papier vergé
Section 4 : Animer
Juxtaposer
Georges Braque (1882-1963) :
Violon et pipe, hiver 1913-1914, fusain, mine graphite, craie et papiers collés sur papier collé sur carton
Nature morte sur la table, 1914, fusain, gouache et papiers collés sur papier
Juan Gris (José Victoriano González Pérez, dit) (1887-1927) :
Verre et damier, 1914, aquarelle, gouache, fusain et papiers collés sur toile
Livre, bouteille et verre, 1913, fusain, gouache, crayon de couleur et papiers collés sur papier
Pablo Picasso :
Feuille de musique et guitare, 1912, fusain et papiers découpés, collés ou épinglés sur papier
Étude de tête d’homme au chapeau, hiver 1912-1913, fusain, peinture à l’huile, encre de Chine, sable et papiers collés sur papier
Tête à la pipe, 1913, fusain, craie et papiers découpés épinglés sur papier
Robert Rauschenberg (1925-2008) : Sans titre, 1961, reports sérigraphiques de journaux, crayon de couleur, aquarelle et gouache sur papier
Kurt Schwitters (1887-1948) :
Prikken paa I en [Le Point sur le I], 1939, mine graphite, crayon Conté, gouache et papiers découpés, sur papier contrecollé peint et collé sur aggloméré
Dem Fürsten von Sibirien, 1924, mine graphite, encre vaporisée, frottage aux pastels gras, imprimés et papiers collés sur papier
Mouvement - rythme
Josef Albers (1888-1976) : Fabrik, 1926, gouache et mine graphite sur papier
Pierre Albert-Birot (1876-1967) :
Étude pour La Guerre, 1916, encre et mine graphite au verso d’un imprimé
Étude pour La Guerre, 1916, encre au verso d’un imprimé
John Cage : Global Village 37-48, 1989, diptyque, gravure sur papier enfumé, tirage d’artiste
Claude Courtecuisse (né en 1937) : Porte bouteille de Duchamp, 2014, fusain et crayon de couleur sur papier
Henri Gaudier-Brzeska (1891-1915) : Un de nos obus explosant, Févr. 1915, fusain sur papier
Robert Delaunay (1885-1941) : Football, 1918, aquarelle sur deux feuilles de papier superposées et collées sur carton
Fernand Léger (1881-1955) : Étude pour Les Disques dans la ville, 1920, gouache et mine graphite sur papier avec bande rapportée collée en plein
Sonia Delaunay (Sarah Sophie Stern Terk, dite) (1885-1979) :
Les Montres Zénith, 1914, papiers de couleur découpés et collés sur papier
Étude de lumière, boulevard Saint-Michel, 1913, crayon de couleur sur papier ligné
Étude de lumière, boulevard Saint-Michel, 1913, drayon de couldeur sur papier ligné
Étude de foule, boulevard Saint-Michel, 1913, crayon de couleur sur papier quadrillé
Marcel Duchamp (1887-1968) : Rotoreliefs, 1935, disques en carton imprimés recto et verso par lithographie offset
František Kupka :
Femme cueillant des fleurs, 1909, pastel sur papier
Femme cueillant des fleurs, 1910-1911, pastel, aquarelle et mine graphite sur papier
Femme cueillant des fleurs, 1910-1911, pastel et fusain sur papier
Filippo Tommaso Marinetti (1876-1944) : Mots en liberté : trains, vers 1910, encre sur feuille de papier pliée en quatre et dépliée
El Lissitzky (Eliazar Lissitzky, dit) (1890-1941) : Glissade (amorce), 1919-1920, mine graphite et gouache sur papier vergé filigrané
László Moholy-Nagy (1895-1946) : Sans titre, 1923, gouache sur papier découpé et collé sur papier
Francis Picabia (1879-1953) : Portrait de Marie Laurencin, 1916-1917, encre, mine graphite et aquarelle sur carton
Léopold Survage (Leopold Freder Sturzwage, dit) (1879-1968) :
Rythme coloré, 1913, mine graphite et encre sur papier (4 dessins)
Jorinde Voigt (née en 1977) :
Symphonie Studie Var(iationen) III/1, 2009, encre, feutre et mine graphite sur papier
Symphonie Studie Var(iationen) III/2, 2009, encre, feutre et mine graphite sur papier
Symphonie Studie Var(iationen) IV/2, 2009, encre, feutre et mine graphite sur papierSymphonie Studie Var(iationen) III/4, 2009, encre et mine graphite sur papier
Dernière sous-section de l'exposition :
Grille
Piet Mondrian (1872-1944) : Study for a Composition, 1938-1940, fusain sur papier
François Morellet (1926-2016) : Étude no 38, 1951, gouache sur papier
Agnès Martin (1912-2004) : Sans titre, 1960, encre sur papier calque
Sol LeWitt (1928-2007) :
Cube, 1981, mine graphite sur papier collé sur carton
Form Derived from a Cube, 1981, mine graphite sur papier collé sur carton
Mario Merz (1925-2003) : Invasione, 1997-2000, pastel et feutre sur papier calque
Aurelie Nemours (Marcelle Baron, dite) (1910-2005) : Sans titre (V 118), 1978, peinture vinylique sur papier
Mickalene Thomas - All About Love
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Une grande exposition monographique qui sort de l'ordinaire au Grand Palais, consacrée à l’artiste américaine Mickalene Thomas, née en 1971 à New York et intitulée All About Love.
Comme l'indique le communiqué de presse, "Reconnue à l’international pour sa pratique audacieuse et multidimensionnelle, Mickalene Thomas explore la visibilité et la représentation des femmes noires dans l’art, l’histoire et la culture populaire. À travers une synthèse vibrante mêlant peinture, collage, photographie, vidéo et installation, elle réinvente le portrait classique dans une perspective queer et féministe noire. (...) All About Love invite le public à entrer dans un univers d’amour, de détente et de libération, où la beauté, l’intimité et l’affirmation de soi redéfinissent le regard historique sur l’art.
Après des expositions saluées au Broad (Los Angeles), à la Fondation Barnes (Philadelphie), à la Hayward Gallery (Londres) et aux Abattoirs (Toulouse), cette rétrospective est la plus ambitieuse présentation des œuvres de Mickalene Thomas à Paris.
À l'entrée (Salle 1 - Muses), une petite installation présentant une vidéo comme projetée et Clarivel Face Forward Gazing, 2024, strass, peinture acrylique et huile sur toile montée sur panneau de bois
Salle 2 : Déesses noires
Afro Goddess Looking Forward, 2015, strass, acrylique et huile sur panneau de bois
Din avec la main dans le miroir et jupe rouge, 2023, strass, paillettes et peinture acrylique montée sur panneau de bois
Portrait of Aaliyah, Night on the Town, 2008, strass, acrylique et émail sur panneau
Portrait of Marie, 2015, strass, peinture acrylique et à l’huile sur toile montée sur panneau de bois
Salle 2.2 : Photographie
(If Loving You is Wrong) I Don’t Want to Be Right, 2006, réédité en 2014, tirage sur papier baryté au sélénium
Portrait of Sidra Sitting, 2012, C-print
Sandra: She’s a Beauty, 2012, C-print
Dejeuner sur l’herbe : les trois femmes noires, 2010, C-Print
Maya #7, 2017, photographie couleur et collage sur papier sur carton d’archivage image
Untitled #5 (Orlando Series), 2019, reédité en 2024, C-print
Afro Goddess with Hand Between Legs, 2006, C-prints
Madame Mama Bush, 2006, C-prints
Salle 3 : Icônes
L’artiste dédie les œuvres de cette salle à plusieurs figures iconiques de la culture africaine-américaine, qui ont marqué l’histoire par l’importance de leur carrière et de leurs succès. On retrouve ainsi les actrices Whoopi Goldberg et Diahann Carroll, la mannequin Naomi Sims, et la diva du disco Eartha Kitt, dont la voix rauque et suave résonne dans des vidéos projetées sur un mur, face à un ensemble de poufs et de fauteuils, comme dans toute l'exposition.
Celie, 2016, sérigraphie et peinture acrylique sur miroir acrylique, monté sur panneau de bois
Naomi Sims, 2016, sérigraphie à l’encre sur miroir acrylique monté sur panneau de bois
Salle 4 : Odalisque
Dans les toiles de cette salle, Mickalene Thomas renverse la représentation canonique du nu dans l’histoire de l’art occidentale, en évinçant la femme blanche dénudée du lit où elle est souvent étendue, accompagnée d’une servante noire en retrait. De A Little Taste Outside of Love à Tan n’ Terrific, ce sont les femmes noires qui se prélassent, seules, au milieu de riches draperies et de joyaux. Représentées dans des poses marquant leur confort et leur confiance, les muses de Mickalene Thomas défient les stéréotypes racistes et misogynes pour assumer les rôles d’icônes mythiques et de figures puissantes et sensuelles.
A Little Taste Outside of Love, 2007, strass, acrylique et peinture émaillée sur panneau de bois
Sleep : deux femmes noires, 2012, strass, acrylique et peinture émaillée sur panneau de bois
Tan n’Terrific, 2024, strass, paillettes et peinture acrylique sur toile montée sur panneau de bois
Sweet Chocolate #1, 2024, strass et peinture acrylique sur toile montée sur panneau de bois
Honey #1, 2024, strass et acrylique sur toile montée sur panneau de bois
Portrait of Maya #8, 2015, strass, acrylique, peinture émail et sérigraphie sur panneau de bois
A Moment’s Pleasure #2, 2008, strass, peinture acrylique et émail sur panneau de bois
Left Behind #2, 2014, strass, acrylique, huile, email sur panneau de bois
Courbet #4 (Marie Centered), 2011, Polaroid
Salle 4.2 : Mémoire domestique
Dans cette installation, l’artiste reconstitue sous forme de « tableaux » deux salons issus de deux périodes distinctes de la première partie de sa vie. D’un côté, le salon de l’appartement de sa grand-mère à la fin des années 1970, de l’autre, le salon de sa mère dans les années 1980, comme le montre une paire de polaroïds de sa mère placés dans l’installation.
À l’intérieur d’un des salons se trouve une œuvre du début de sa carrière, le triptyque Lounging, Standing, Looking (2003). On y voit la mère de l’artiste, Sandra Bush, qui pose dans le style de l’actrice Pam Grier, star de la Blaxploitation, courant majeur du cinéma des années 1970. Après le décès de sa mère en 2012, Mickalene Thomas a honoré sa mémoire avec des moulages en bronze d’objets personnels, tels que ses bracelets, exposés dans l’installation. On y trouve aussi des meubles tapissés, en hommage à sa grand-mère qui se servait de vêtements de seconde main pour raccommoder son mobilier
Salle 5 : Les Lutteuses
Avec la série Brawlin Spitfire Wrestlers, réalisée plus tôt dans sa carrière (2005-2007), Mickalene Thomas s’inspire à la fois de la mythologie des Amazones, incarnées aujourd’hui par des héroïnes de comics comme Wonder Woman, Shuri, Ninja G, ou Martha Washington, et de la tradition iconographique des lutteuses, de l’Antiquité aux sculptures du XVe siècle de l’Italien Antonio Pollaiuolo.
This is it, 2010, strass, acrylique et émail sur bois
This Is Where I Came In, 2007, strass, acrylique et émail sur panneau de bois
It’s All Over but the Shouting, 2005, C-print monté sur plexiglas
Making the Best of A Bad Situation, 2007, C-Print montée sur plexiglas
It’s All Over but the Shouting, 2006, strass, acrylique et émail sur panneau de bois
Instant Gratification (from Brawling Spitfire Wrestling series), 2005, acrylique, strass et émail sur panneau
Salle 6 : avec Monet
Pour Mickalene Thomas, présenter ses œuvres à Paris n’est pas anodin, dans la mesure où elles ont largement été influencées par des peintres y ayant vécu et travaillé. Une grande partie de son travail consiste à se réapproprier une iconographie construite par des artistes français célèbres, d’Ingres à Manet en passant par Courbet, Boucher et Modigliani.
En 2011, elle se rend en France à l’occasion d’une résidence dans la maison de Claude Monet, à Giverny. Au cours de cette expérience formatrice, elle approfondit son exploration du paysage et de l’espace domestique, non seulement comme espaces de loisir et de beauté, mais aussi comme lieux de création artistique. Les œuvres de cette salle, produites pour l’exposition de Mickalene Thomas au Musée de l’Orangerie en 2022, proposent son interprétation personnelle des espaces que Monet s’était inventés.
Paysage majestueux, 2012, projection
Me As Muse, 2016, installation vidéo multimédia réalisée avec des caméras Super 8 et HD
Le Déjeuner sur l’herbe : les Trois Femmes Noires avec Monet, 2022, photographie couleur, papiers imprimés, peinture acrylique et strass sur papier, montage sur Dibond
La Maison de Monet, 2022, photographie couleur, papier mixte, strass et acrylique sur papier pressé à chaud monté sur Dibond
En haut de l'escalier qui conduit à la mezzanine où se poursuit l'exposition, une petite installation : Shrine (2024).
Salle 7 : Résiste
Si tout l’art de Mickalene Thomas souhaite dénoncer et réparer les injustices et les difficultés auxquelles les personnes noires – et particulièrement les femmes – sont confrontées, la série Resist met l’accent sur la brutalité de l’expérience des personnes noires aux Etats-Unis, en se concentrant sur l’histoire de l’activisme en faveur des droits civiques des années 1960 à nos jours.
Power to the People (Resist #12), 2023, strass, peinture acrylique et huile sur toile montée sur panneau
Say Their Names (Resist #6), 2021, diptyque, strass et peinture acylique sur toile montée sur panneau de bois
Guernica Detail (Resist #7), 2021, strass, peinture acrylique et huile sur toile montée sur panneau
Salles 8 et 9 : Collage
Qu’il s’agisse d’agencer les uns sur les autres des tissus à motifs dans ses compositions photographiques, ou de découper et réarranger des images en utilisant la technique du papier collé, le collage s’impose très tôt comme un médium central dans l’œuvre de Mickalene Thomas.
L’artiste puise son inspiration dans un large éventail de sources, autant chez les artistes Romare Bearden (1911-1988) et Faith Ringgold (1930-2024) qui, dès le siècle précédent, ont utilisé cette technique comme moyen d’expression personnel et politique pour explorer leurs expériences en tant qu’Africains-Américains, que chez les modernistes européens, dont Pablo Picasso (1881-1973) et Henri Matisse (1869-1954). Son usage du photocollage, comme moyen d’exploration identitaire et d’interrogation des représentations relayées par les médias de masse, peut aussi être rattaché à une lignée d’artistes féministes telles que l’Allemande Hannah Höch (1889-1978) ou la Française Claude Cahun (1894-1954).
Mickalene Thomas s’inspire aussi de l’érotisme noir présenté dans les magazines populaires des années 1970, en particulier la revue Jet, avec ses pages centrales sur « La Beauté de la semaine » et ses calendriers de pin-up.
Dans la salle 8 :
Jet Blue #15, 2020, photographie couleur, papier mixte, strass, tissu en fibre de verre et cristaux Swarovski sur papier
Untitled #12 (Tête de femme), 2015, strass, acrylique et huile sur toile
December 1950, 2023, strass, paillettes, fusain, acrylique et peinture à l’huile sur toile montée sur panneau de bois
Untitled #10 (Tête de femme), 2014, strass, acrylique, huile, pastels, bâtons d’huile, paillettes, graphite et émail sur panneau de bois
November 1977, 2023, impression par sublimation thermique et strass
Dans la salle 9 :
February 1976, 2021, strass, paillettes, fusain, acrylique et huile sur toile montée sur panneau de bois et cadre en chêne
Nu Exotique #2, 2023, photographie couleur, papier mixte, peinture acrylique et strass sur papier musée monté sur Dibond
Nus Exotique #6, 2023, photographie couleur, papier mixte, strass et peinture acrylique sur papier monté sur Dibond
November 1950, 2021, strass, peinture acrylique, huile sur toile montée sur panneau de bois avec cadre en chêne
Portrait of Mickalena, 2010, strass, acrylique et émail sur panneau de bois
June 1976, 2022, strass, paillettes, fusain, acrylique et peinture à l’huile sur toile sur panneau de bois avec cadre en chêne
Jet Blue #50, 2022, photographie couleur, techniques mixtes, papier et strass sur papier pressé à chaud monté sur Dibond
May 1975 Redux, 2022, strass, paillettes, fusain, acrylique et huile sur toile montée sur panneau de bois
Dans la dernière salle de l'exposition, une vidéo de 20 mn intitulée Je et un seul tableau : Hair Portrait #15, 2013, strass et acrylique sur panneau de bois
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