We are [still] here au Petit Palais
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Cette semaine de rentrée, encore une exposition parisienne bientôt terminée.
Le lecteur se souvient sans doute de l'exposition We are here au Petit Palais en 2024 ( notre billet du 30 novembre 2024) où pour la première fois, ce musée décrit comme "le musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris" ouvrait ses portes aux artistes de l'art urbain, en un dialogue souvent iconoclaste avec les œuvres exposées.
Deux ans plus tard, l'expérience est renouvelée : l'effet de surprise est un peu moindre, le visiteur commence à être familiarisé avec les "street artists" que beaucoup avaient découvert en 2024, et dont certaines des œuvres ont été intégrées aux collections permanentes du musée, comme la bibliothèque du français Seth avec sa Tour de Babel et le tableau monumental Encomendacion du chilien Inti avec son encadrement reproduisant la porte historique de la salle où il est présenté. Mais l'opération est toujours très plaisante, le dialogue entamé entre les artistes de la "Belle époque" et les Street-artists d'aujourd'hui renouvelé, et dans certains cas les audaces les plus grandes ne sont pas celles de nos contemporains...
Comme en 2024, le cœur de l'exposition est la grande salle Concorde, avec des œuvres accrochées du sol au plafond à la manière des salons de peinture du XIXe siècle.
Un échantillon des œuvres accrochées dans cette galerie :
Jana & JS (Jana, autrichienne née en 1985 et Jean-Sébastien Philippe, français né en 1981) :
Fragile Calm, 2026
We Used To Be Free, 2026
Maye (Victorien Liria, né en 1990 à Sète) :
Odette, 2025
Plus Loin Que L'horizon, 2016
Lek & Sowat (Français nés respectivement en 1971 et 1978) : Maulolée - Artefact 1, 2025
Pose (Jordan Nickel, né en 1980 à Evanston (Illinois) : Grasp, 2025
eL Seed, franco-tunisien né en 1981 au Chesnay : Time Is A Sculptor II, 2015
Da Cruz (Laurent Dupont, né en 1976 à Paris) : Medusa
Seize (Raphael Aline, né en 1971 à Paris) :
Metamorphokromatik 3, 2020
Anachronomorphose, 2028
D*Face (Dean Stockton, né en 1978 à Londres) :
Love Less, 2017
Last Round On The House, 2026
Dans cette salle, on retrouve aussi D*Face, avec Hold Fast, 2023
à gauche de Human, 2026, de Hom (Hom Nguyen, franco-vietnamien né à Paris en 1972)
On retrouve encore D*Face, avec deux œuvres de 2025, Brealing Point et Full Throtle, de part et d'autre de la croix de In Corpus Fidei, 2025, de FenX (prononcer "Phénix", Loïc Le Floch, né en 1974 dans les Hauts-de-Seine).
Quant à FenX, un autre de ses tableaux figure dans la salle, ChatgPythies, 2025.
FKDL (Frank Duval, né à Paris zn 1963) :
Colibri Airline, 2025
Foule colorée, 2024
Hera (Jasmin Siddiqui, peintre germano-pakistanaise né à Francfort en 1981) :
Lord of Flies, 2018
Asking For Help Is Never A Weelness, 2025
Jace ( né en 1973 au Havre) : La Lutte 1, 2026
Logan Hicks (né en 1971 à Baltimore - USA) : Sans titre
Inti, né en 1982 à Valparaiso (Chili) : La Pieta, 2016
NILKO (Nicolas Léger, né en 1979) :
Las Cèninas #2, 2026
Las Cèninas #1, 2026
Evazesir, duo d'artistes français nés en 1984 : À l'Abri, 2026
Saner (Edgar Flores, né en 1981 à Mexico) : Sabina, 2018
HUSH, né à Newcastle et travaillant à Londres : Au Cœur Du Brut, 2026
Mosko ( Gérard Laux, né en 1953 à Paris) : Soyons Vigilants, 2026
ROA (né en 1975 à Gand - Belgique) : Neomys Fodiens (2020)
L'artiste le plus présent dans la galerie, hormis Invader qu'on retrouve bien sûr un peu partout, est sans doute l'américain Shepard Fairey, alias Obey, né en 1970 à Charleston (Caroline du Sud)
Au-dessus d'une des portes de la salle, Respect (et) Earth, 2026, sont placées de part et d'autre de Knowledge+Action+Power, 2019.
Sur les murs de la salle :
Justice Version I, 2024
Pattern Of Denial Version 2, 2024
Treading Water, 2024
Au-dessus de l'autre porte, Seth (Julien Malland, né à Paris en 1972) avec deux grands tableaux "symétriques", Les Yeux dans les yeus #1 et #2, 2026.
Dans la salle, Marble [Jeu de bille), 2026.
Dans l'antichambre de cette grande salle, deux œuvres de Seth :
La Semeuse de Trouble, 2024, acrylique et peinture aérosol sur toile
La Petit Semeuse, 2024, sculpture en bronze
Speedy Graphito (Olivier Rizzo, né à Paris en 1961) : Rêverie, 2022, acrylique sur toile
Faile (duo composé du canadien Patrick McNeil (né en 1975) et de l'américain Patrick Miller (né en 1976): Paradise, 2020, acrylique sur toile
et des œuvres accrochées :
Invader :
Rubik Flower II, 2021, Rubik's Cubes sur acrylique
Rubik Flower IV, 2021, Rubik's Cubes sur acrylique
Rubik Flower VI, 2021, Rubik's Cubes sur acrylique
PA_1342, 2025, céramique sur plexiglas
Maxime Siau, né en 1993 :
CCTV #1, 2025
CCTV #2, 2025
CCTV #3, 2025
porcelaine émaillée peinte à la main
Le reste de l'exposition est disséminé dans de grands espaces du musée, en dialogue avec les collections permanentes.
Dans la grande galerie du rez de chaussée, on retrouve lnti, dont l'œuvre Encomendacion est restée en place depuis 2024 :
Au revers :
EvazéSir : Refuge, 2026, technique mixte : peinture sur assemblage de bois et matériaux recyclés
Sur un mur :
Hopare (Alexandre Monteiro, né en 1989 à Paris) : Madonna dell'Umilità, 2026, huile et peinture polychrome sur toile
Dans la galerie :
Mark Jenkins, né en 1970 à Fairfax, Virginie : Seated Mole, 2016, sculpture, vêtements, accessoires
Conor Harrington (né à Cork, Irlande, en 1980) : Loud Mouth, 2022, peinture à l'huile et peinture aérosol sur toile
Dialogue entre :
Maye : Galop de Camargue, 2017, acrylique et peinture aérosol sur toile
Jacques-Emile Blanche (Paris, 1861 - Offranville, 1942) : Mademoiselle Meuriot sur son poney, 1889, huile sur toile
Un autre entre :
Léon-François Comerre (1850-1916 ) : Bicyclette au Vésinet, 1903, huile sur toile
Maye : Amour caché, 2018, acrylique sur toile
La galerie consacrée à l'ameublement accueille aussi des œuvres de l'exposition en dialogue avec le décor :
Nilko : La Bergère, 2026
Beaucoup d'œuvres de Maxime Siau en porcelaine peinte à la main :
Airmes
Pola, AF1, Molotov
AF1 Vanity
3 vanités
Propect Extinguisher Kintsugi #2
Propect Extinguisher Kintsugi #1
Prospective Culture
eL Seed : Love Paris, 2017, acier inoxydable
À la sortie de cette galerie, la bibliothèque de Seth déjà présente en 2024, avec de nouveaux tableaux.
Pour terminer ce parcours, la grande galerie des sculptures, où trône, dans la même présentation (socle vert et cartel) une grande sculpture de D*Face :
Memento Vivere, 2025, sculpture en marbre de Carrare - Calacatta Borghini
Il faut convenir qu'elle n'est pas plus extravagante que les Bacchantes d'Alexandre Falguière (1831-1900), 1886, plâtre patiné, situés juste derrière. Il est vrai que cette statue avait fait scandale au salon de 1886.
Leandro Erlich au Grand Palais
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Une pause dans les billets bretons avec une exposition parisienne visitée un peu avant la transhumance estivale et qui est encore visible pour quelques semaines pour nos lecteurs parisiens ou de passage.
Il s'agit de la première rétrospective complète - et même enrichie de nouvelles productions créées pour l'occasion - d'un artiste contemporain très original, Leandro Erlich.
Né à Buenos Aires en 1973, Erlich est célèbre pour ses installations immersives qui transforment le spectateur en acteur actif de l’œuvre. Comme le commentent les organisateurs, "ses créations
ne se regardent pas seulement : elles se vivent, se traversent, se questionnent, alliant créativité, vision, émotion et amusement."
Comme le souligne Erlich lui-même : « J’aime me définir comme un artiste conceptuel travaillant à la frontière du réel et de la perception. Mon travail explore les mécanismes à travers lesquels nous construisons notre compréhension du monde, en
interrogeant la relation entre réalité, représentation et expérience. »
Dès l'entrée, le visiteur est plongé dans une salle obscure où semblent flotter des bateaux sur des flots clapotant doucement.
Port of Reflections, 2014, dimensions variables
Structure métallique, bois, bateaux en fibre de verre, moquette noire, miroir, éclairage et système de mouvement
Moins spectaculaire, The Cloud, (La Flèche, 2018 - Big Fish, 2022 - Amérique du Sud, 2018)
3 installations de 199 x 205 x 67 cm, encre céramique imprimée numériquement sur du verre ultra-transparent, boîtier en bois et éclairage LED
The View, 1997, dimensions variables
Structure métallique, MDF, projecteurs, lecteur vidéo, store et animation vidéo
The View est la première sculpture vidéo de Leandro Erlich. Inspirée par le paysage urbain nocturne, elle recrée l'expérience consistant à observer par la fenêtre la vie quotidienne des habitants d'un immeuble en vis-à-vis - une expérience voyeuriste que presque tout le monde a connue. Avec cette installation, hommage au film Fenêtre sur cour (Rear Window) réalisé par Alfred Hitchcock en 1954, le spectateur/voyeur, est invité à regarder par les persiennes d'une fenêtre et à observer attentivement. D'une mère essayant d'endormir son enfant à un couple se disputant pendant le dîner, en passant par un artiste peignant un nu ... ces scènes racontent différentes facettes de la vie de la classe moyenne à Buenos Aires. Une installation qui interroge également la place de chacun dans une grande ville, à la fois spectateur de la vie des autres mais également objet de leur regard.
Pour passer du premier au deuxième niveau de l'exposition, une installation :
Cage d'escalier, 2026, installation in situ, Grand Palais, Paris
Conception sonore : Damien Vandesande (Circus Company)
Cette installation est née d'une modification du parcours de l'exposition qui a transformé un petit escalier technique et secondaire du Grand Palais en un espace de circulation pour le public. C'est ainsi qu'est née une installation sonore qui transforme l'escalier en un fragment de vie collective. Tandis que le visiteur monte, il entend des voix derrière des portes invisibles : des conversations, des téléviseurs lointains, des pas, des discussions et d'autres sons quotidiens appartenant à des habitants imaginaires. Peu à peu, l'escalier cesse d'être celui du Grand Palais pour devenir mentalement celui d'un immeuble populaire. L'intervention intègre également des boîtes aux lettres et une image placée sur la fenêtre d'origine du Grand Palais, d'où l'on peut désormais apercevoir un immeuble d'un quartier populaire. Ainsi, le visiteur s'éloigne symboliquement non seulement du Grand Palais, mais aussi du centre monumental et bourgeois de Paris, pour se déplacer vers une autre réalité urbaine, plus quotidienne et périphérique.
En montant à l’étage supérieur s’ouvre la section Documentation Room : de l’imagination à la
réalisation, conçue comme une promenade à travers l’histoire créative de l’artiste de 1994 à 2026 racontée principalement à travers des maquettes de ses installations.
Ascensor [Ascenseur], 1995, sculpture
Structure métallique, bois, Formica et miroir, 180 x 80 x 80 cm
Staircase [Escalier], 2005, installation
Structure métallique, bois, plancher, rampe et éclairage, dimensions variables
El Living [Le Salon], 1998, installation
Deux pièces de dimensions identiques, un même ensemble de meubles, des horloges, des affiches, des miroirs et des fenêtres, dimensions variables
The Ballet Studio, 2002, performance / installation
Trois salles de dimensions identiques, triple mobilier, deux miroirs et trois interprètes de tai chi, dimensions variables
Infinite Staircase [Escalier infini], 2005, installation
Carousel - The task of being in the right place at the right time [Carrousel - L'enjeu d'être au bon endroit au bon moment ], 2008, installation cinétique
Technique mixte, dimensions variables
Deux types d'installations recréées un peu plus loin dans l'exposition en grandeur réelle :
Bâtiment, 2004, installation in situ
Une façade d'immeuble à plat sous un miroir suspendu à un angle de 45 degrés. Façades différentes, chacune spécifique à la ville qui accueille l'installation temporaire, dimensions variables
Window and Ladder - Too Late for Help, 2008, installation in situ
Échelle métallique, structure métallique dissimulée, bois et mur en briques de fibre de verre, dimensions variables
Le Cabinet du Psy, 2005, installation
Deux pièces de dimensions identiques, mobilier (canapé, bibliothèque, bureau, chaises),
moquette, vitres, luminaires encastrés et éclairages, dimensions variables
Sur le même principe : Classroom [Salle de classe], 2017, installation
Maison Fond, 2015, installation publique in situ
Structure métallique, bois, briques, résine renforcée de fibre de verre, fenêtres, images d'intérieur, rideaux, volets, balcons métalliques et éléments décoratifs, 430 x 700 ×700 cm
Parvis de la Gare du Nord, Nuit Blanche, Ville de Paris
Pulled by the Roots [Arrachée par les racines], installation présentée en 2015 à Karlsruhe dans le cadre du festival The City is the Star.
Infinite Garden - The Joy of Diversity [Jardin infini - La joie de la diversité], 2025, installation
Métal, miroir, bois, plantes naturelles, dimensions variables
La Carte, À l'ombre de la ville, 2023, installation in situ permanente
Aluminum, 500 ×2400×1650cm
Place du Belvédère, Bordeaux, France
Palimpsest - Pond of Sky [Palimpseste - Étang du Ciel], 2018, installation in situ permanente
Carreaux imprimés installés au fond d'un bassin praticable rempli d'eau, 3930 x 3930 cm
Satoyama Museum of Contemporary Art, Kinare, Echigo-Tsumari, Japon
Notre-Dame, 2026, sculpture
Technique mixte, 28 x 35 × 25 cm
Order of Importance [Ordre d'importance], 2019, installation espace public, Miami Beach City, États-Unis
66 sculptures de sable grandeur nature représentant des voitures et des camions
Coral Car (série The ReefLine) : réalisée en collaboration avec la maison de porcelaine Lladró, cette œuvre en porcelaine blanche représente une voiture recouverte de plus de 1 400 éléments marins sculptés à la main (coraux, algues, oursins)
Concrete Coral : une des 22 sculptures de voitures grandeur nature façonnées en béton marin au pH neutre et immergées au large de Miami Beach dans le cadre du projet écologique et artistique ReefLine
White Coral, 2025, sculpture de la série Hybrides
Nylon, peinture, 40 x 78 x 80 cm
Sablier [Hourglass], 2025, installation
Projet non réalisé, technique mixte
Ball Game, 2018, performance / installation dans l'espace public commandée par le Comité international olympique pour les Jeux olympiques de la jeunesse de Buenos Aires, 2018.
Cinq balles avec finition extérieure variable, chaque balle diamètre 450 cm
Passerelle vénitienne en trompe l'œil
Spaceship, 2024, installation
Structure en contreplaqué, miroirs, verre stratifié extra-clair, feuilles d'aluminium, bois peint métallisé, tôle ondulée, ornements, éclairage LED
Hair Salon, 2008, installation présentée à la Biennale de Singapour
Pixel Tree, 2025, installation permanente
Aluminium moulé, acier inoxydable, fer, plaque d'aluminium peinte, 570×360×360 cm
Fukuoka, Japan
La Huella [L'Empreinte], 2022, installation permanente en construction
Labyrinthe en briques en forme d'empreinte digitale, dimensions variables
MACA, Manantiales, Uruguay
Après cette section Documentation Room principalement composée de maquettes, de nouveau des œuvres diverses, peintures, sculptures ou installations où le visiteur est invité à participer.
Blind Window, 2016, 230 x 200 x 50 cm, résine de fibre de verre, verre trempé, supports métalliques
Shattering Door, 2009, 204 x 103 x 45 cm, structure métallique, bois, MDF, peinture à l’aérographe, poignée, judas et serrure
Night Flight, 2015, 100 x 14 x 110 cm, structure métallique, résine renforcée de fibre de verre, écran de 32 pouces, lecteur vidéo et animation vidéo
Próximamente [Coming soon !], 2017
Un Hombre Solitario - The Hypnotic Threat, huile sur toile
« Cette série de peintures transforme des photographies de mes installations en affiches de films imaginaires. Chaque œuvre présente la promesse d'un film qui n'a jamais existé. Elle explore la capacité d'une image et d'un titre à faire naître une fiction dans l'esprit du spectateur. Un détail discret relie toutes ces affiches : elles sont attribuées à Charlie Lendor, un réalisateur fictif dont le nom est l'anagramme du mien. »
Peintures Domestiques [Domestic Paintings], 2017
Toilettes d'avion - TV - machine à laver - réfrigérateur, acrylique sur toile
Ces peintures reproduisent avec précision des objets fonctionnels du quotidien - une porte de toilettes d'avion, l'arrière d'un téléviseur, un lave-linge ou une porte de réfrigérateur - à travers un subtil jeu de trompe-l'œil. Au-delà de l'illusion, cette série explore le déplacement du contexte : lorsqu'un objet utilitaire devient peinture, il perd sa fonction et acquiert une présence inattendue. Comme une machine à laver dans un salon ou une porte de toilettes d'avion dans un intérieur, ces images introduisent une étrangeté qui questionne nos habitudes de perception et la place que nous accordons aux objets dans notre environnement.
Elevator Maze, 2011, installation
Structure métallique, acier inoxydable, MDF, MDF mélaminé, miroirs, marbre, accessoires d'ascenseur et éclairage
Lost Garden, 2009, installation
Structure métallique, mur imitant la brique, fenêtres, miroirs, acrylique, colonne, plantes artificielles et luminaires
Window and Ladder - Too Late for Help, 2008, installation
Échelle métallique, structure métallique cachée, bois et mur de briques en résine renforcée de fibre de verre cachée
Créée et présentée pour la première fois en 2008 à La Nouvelle-Orléans, dans le cadre de l'exposition organisée pour contribuer à la reconstruction culturelle de la ville après la dévastation causée par l'ouragan Katrina de 2005, Window and Ladder - Too Late for Help démontre à sa façon le caractère louable mais vain sinon inutile de l'entreprise ...
Elevator Pitch, 2011,dimensions variables, structure métallique, acier inoxydable, porte automatique, écran, lecteur vidéo, animation vidéo, haut-parleurs et bouton d’ascenseur
À chaque ouverture des portes, l'ascenseur révèle des scénarios inattendus et toujours différents : de brèves visions qui interrompent la linéarité de la visite et renouvellent l’émerveillement.
Infinite Staircase, 2020, 332 x 380 x 1040 cm, structure métallique, MDF, revêtement de sol, main
courante, portes, miroir et luminaires
Changing Rooms, 2008, 220 x 660 x 620 cm, boiseries, tabourets, cadres dorés, miroirs, rideaux,
tapis et luminaires
Lorsque le public pénètre dans les cabines d’essayage élégamment aménagées, il trouve des miroirs en pied installés sur trois côtés. Mais ces miroirs s’étendent à l’infini, créant de l’espace plutôt que de montrer notre reflet. En entrant dans le vestiaire, on découvre qu’il est relié à un autre vestiaire au fond, qui peut refléter notre image à travers d’autres miroirs
Et pour finir, l'installation vedette de l'exposition, qui en fait l'affiche.
Bâtiment, 2004, 930 x 806 x 1445 cm, façade de bâtiment posée à plat sous un miroir suspendu à un angle de 45 degrés
Cette monumentale installation a été créée en 2004 pour Nuit Blanche à Paris. Depuis, elle a été présentée dans le monde entier, s’adaptant aux caractéristiques de l’architecture locale. Le mécanisme d’exposition reste cependant le même : posée horizontalement au sol, elle présente la reproduction de la façade d’un bâtiment, avec balcons, niches, frises et auvents.
Les visiteurs « s’agrippent » virtuellement aux décorations, et un grand miroir incliné à 45 degrés
reflète l’image au sol sur un plan vertical, donnant l’illusion d’une vraie façade et la sensation que la loi de la gravité n’existe plus.
Warhol à la Fondation Leclerc à Landerneau (II/II)
Nous poursuivons dans ce billet la visite de l'exposition Warhol à la fondation Edouard et Hélène Leclerc à Landerneau débutée dans notre billet du 1er août dernier.
4. Quand les portraits deviennent produits
La célébrité ne se réduit pas à l'image d'une personne : elle en propose une version éditée et soigneusement mise en scène. Ces personnalités lissées sont transposées en images standardisées par le procédé de sérigraphie employé par Warhol. Les défauts s'effacent, les imperfections sont camouflées et l'individu est réduit à ses traits les plus reconnaissables. Pour Warhol, le portrait n'a pas vocation à représenter fidèlement un modèle, mais à le montrer sous son meilleur jour : « J'essaie toujours de mettre la personne en valeur. » Mais il veille également à ce que chaque sujet se conforme à l'esthétique du pop art : tendance et séduisante, intensément colorée. Dès que le public a découvert les Marilyn Monroe déclinées en rose et vert criards, l'utilisation des couleurs naturelles dans la réalisation de portraits n'a plus été une exigence.
Portraits d'Yves Saint Laurent, 1972, encre sérigraphique et peinture polymère sur toile
Valentino, 1974, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Valentino, 1974, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Marella Agnelli, 1973, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Marella Agnelli, 1973, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Truman Capote, 1979, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Truman Capote, 1979, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Martha Graham, 1980, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Martha Graham, 1980, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Dennis Hopper, 1971, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Dennis Hopper, 1971, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Dominique de Menil, 1969, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Dominique de Menil, 1969, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Ryuichi Sakamoto, 1983, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Ryuichi Sakamoto, 1983, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Princess Caroline of Monaco, 1983, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Princess Caroline of Monaco, 1983, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Dolly Parton, 1985, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Dolly Parton, 1985, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Mark Leibovitz, 1977, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Mark Leibovitz, 1977, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Hélène Rochas, 1973-1974, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Joe McDonald, 1975, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Joe McDonald, 1975, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Les points de départ de ces toiles sont des polaroîds tels que les 36 qui sont exposés.
De gauche à droite et de haut en bas
Francesco Clemente, 1981, Polaroid™ Polacolor 2
Diana Ross, 1981, Polaroid™ Polacolor 2
Yves Saint Laurent, 1972, Polaroid™ Polacolor Type 108
Carolina Herrera, 1978, Polaroid™ Polacolor Type 108
Keith Haring and Juan Dubose, 1983, Polaroid™ Polacolor ER
Dolly Parton, 1985, Polaroid™ Polacolor ER
Truman Capote, 1977, Polaroid™ Polacolor Type 108
Princess Caroline of Monaco, 1983, Polaroid™ Polacolor ER
Sylvester Stallone, 1980, Polaroid™ Polacolor Type 108
Apollonia Von Ravenstein, 1982, Polaroid™ Polacolor 2
Georgia O'Keeffe, 1979, Polaroid™ Polacolor Type 108
Debbie Harry, 1980, Polaroid™ Polacolor Type 108
Joan Collins, 1985, Polaroid™ Polacolor ER
Diane Von Furstenberg, 1984, Polaroid™ Polacolor ER
Dennis Hopper, 1977, Polaroid™ Polacolor Type 108
William S. Burroughs, 1980, Polaroid™ Polacolor Type 108
Robert Mapplethorpe, 1983, Polaroid™ Polacolor ER
Martha Graham, 1979, Polaroid™ Polacolor Type 108
Roy Lichtenstein, 1975, Polaroid™ Polacolor Type 108
Liza Minnelli, 1977, Polaroid™ Polacolor Type 108
Mick Jagger, 1975, Polaroid™ Polacolor Type 108
Diana Vreeland, 1973, Polaroid™ Polacolor Type 108
Truman Capote, 1979, Polaroid™ Polacolor Type 108
Muhammad Ali, 1977, Polaroid™ Polacolor Type 108
Valentino, 1973, Polaroid™ Polacolor Type 108
Halston, 1974, Polaroid™ Polacolor Type 108
Joseph Beuys, 1979, Polaroid™ Polacolor Type 108
Marella Agnelli, 1972, Polaroid™ Polacolor Type 108
Jean-Michel Basquiat, 1982, Polaroid™ Polacolor ER
Grace Jones, 1984, Polaroid™ Polacolor ER
Joe MacDonald, 1975, Polaroid™ Polacolor Type 108
Farrah Fawcett, 1979, Polaroid™ Polacolor Type 108
Pele, 1977, Polaroid™ Polacolor Type 108
Arnold Schwarzenegger, 1977, Polaroid™ Polacolor Type 108
Lana Turner, 1985, Polaroid™ Polacolor ER
Karen Kain, 1980, Polaroid™ Polacolor Type 108
Jackie, 1964, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Ce portrait de Jackie Kennedy naît du traumatisme collectif provoqué par l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy le 22 novembre 1963. Réalisée dans les semaines qui suivent le drame, cette œuvre s'inscrit dans une série de plusieurs portraits que Warhol consacre à la première dame
des États-Unis. L'image représente Jackie souriante à Dallas, peu avant l'attentat. John Fitzgerald
Kennedy, présent sur la photo originale, en a été délibérément effacé. Toute la force de l'œuvre
repose sur ce contraste entre l'insouciance du moment et la tragédie que le spectateur connaît. Le choix du bleu n'est pas anodin : couleur associée à la Vierge Marie dans l'iconographie chrétienne, il confère à Jackie une dimension d'icône presque sacrée, entre immortalité et recueillement. L'œuvre se situe ainsi à la croisée de deux axes majeurs chez Warhol : sa fascination pour les icônes féminines et sa réflexion sur les drames américains, explorée dans
la série Death and Disaster.
Jackie, 1964, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Jackie, 1964, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Jackie, 1964, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Marilyn Monroe (Marilyn), 1967, sérigraphie sur papier
Marilyn Monroe (Marilyn), 1967, sérigraphie sur papier
La mort de Marilyn Monroe en août 1962 agit sur Warhol comme une révélation : la frontière entre la femme et le mythe vient de s'effacer définitivement. La célébrité, poussée à son paroxysme, devient une forme d'immortalité. L'œuvre est réalisée quelques semaines seulement après les funérailles de l'actrice, à partir d'une photo promotionnelle du film Niagara (1953). Les couleurs franches - jaune, bleu, rose, rouge - reflètent Marilyn dans son rôle de star absolue, que le regard ne peut ignorer.
Entre 1964 et 1966, Warhol a réalisé plus de 500 courts métrages qu'il appelle Screen Tests.
À la Factory, les visiteurs sont invités à s'asseoir devant une caméra fixe pendant environ trois minutes, la durée d'une bobine. Warhol projette ensuite ces images au ralenti, accentuant l'étrange immobilité de ces portraits filmés.
Trois d'entre eux sont présentés dans une salle de l'exposition.
Edie Sedgwick [ST308], 1965, film 16 mm, noir et blanc, muet, 4,6 minutes à 16 images par seconde
Marcel Duchamp [ST80], 1966, film 16 mm, noir et blanc, muet, 4,4 minutes à 16 images par seconde
Marisol [ST202], 1964, film 16 mm, noir et blano, muet, 4,5 minutes à 16 images par seconde
5. Le mythe américain
Avec le portrait, Warhol réduit les visages à leurs traits les plus immédiatement reconnaissables. De la même manière, une grande partie de son œuvre peut être envisagée comme un portrait de l'Amérique telle qu'il la perçoit, réduite à ses éléments les plus superficiels, à ses symboles les plus directs. Le pop art américain est le reflet de la société de consommation ; l'identité américaine est intimement liée à des images comme celles de Coca-Cola et de Hollywood. Même certaines de ses icônes les plus emblématiques, telle la Statue de la Liberté, deviennent des raccourcis visuels des USA, aussi immédiatement identifiables que le symbole du dollar. Cette logique associe étroitement mercantilisme et prospérité, mais elle laisse aussi apparaître, en creux, les excès de la consommation de masse. Fidèle à son approche, Warhol présente ces images sans commentaire; pourtant, une tension sous-jacente affleure, comme l'écho de rêves inaboutis : «Ce qui me manque, c'est l'époque où l'Amérique avait de grands rêves pour l'avenir. Chaque année apportait une découverte scientifique ou une invention, et tout le monde pensait que le futur serait encore plus merveilleux. Cela nous enthousiasmait pour l'Amérique, parce que nous étions ceux qui menaient le monde avec ces inventions fantastiques et ces découvertes scientifiques. Nous allions être les premiers à atteindre le futur. Aujourd'hui, on dirait que plus personne n'a de grands espoirs pour l'avenir. Nous semblons tous penser que le monde sera simplement le même qu'aujourd'hui, mais en pire. » Mais même face à l'effritement de cet optimisme dans les années 1980, Warhol conserve une forme d'espoir, affirmant: « L'Amérique est vraiment the Beautiful.»
La série Myths (1981)
Myths : The Star, 1981, sérigraphie avec poussière de diamant sur carton Lenox Museum Board
Myths : Uncle Sam, 1981, sérigraphie avec poussière de diamant sur carton Lenox Museum Board
Myths : Superman, 1981, sérigraphie avec poussière de diamant sur carton Lenox Museum Board
Myths : The Witch, 1981, sérigraphie avec poussière de diamant sur carton Lenox Museum Board
Myths : Mammy, 1981, sérigraphie avec poussière de diamant sur carton Lenox Museum Board
Myths : Hoody Doody, 1981, sérigraphie avec poussière de diamant sur carton Lenox Museum Board
Myths :Dracula, 1981, sérigraphie avec poussière de diamant sur carton Lenox Museum Board
Myths :Mickey Moose, 1981, sérigraphie avec poussière de diamant sur carton Lenox Museum Board
Myths : Santa Claus, 1981, sérigraphie avec poussière de diamant sur carton Lenox Museum Board
Myths : The Shadow, 1981, sérigraphie avec poussière de diamant sur carton Lenox Museum Board
Camouflage, 1986, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Ads: The New Spirit (Donald Duck), 1985, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Si la plupart reconnaissent Donald Duck dans cette œuvre, l'origine de cette peinture est moins évidente. The New Spirit est un film de propagande, réalisé pendant la Seconde Guerre mondiale, pour encourager les Américains à payer leurs impôts à temps afin de soutenir l'effort de guerre.
Donald Duck, vers 1985, graphite sur papier HMP
Dollar sign, 1981, peinture acrylique et encre sérigraphique sur toile
Five Dollar Bill, 1962, crayon graphite sur papier
Ads: Van Heusen (Ronald Reagan), 1985, sérigraphie sur carton Lenox Museum Board
The American Man (Portrait of Watson Powell), 1964, peinture acrylique et encre sérigraphique sur toile
The American Man (Portrait of Watson Powell), 1964, peinture acrylique et encre sérigraphique sur toile
Advertisement (Andy Warhol for Sony Beta cassette tapes), 1981, encre imprimée sur papier couché
De la série Death and Disaster :
5 Deaths, 1963, peinture acrylique et encre sérigraphique sur toile
5 Deaths, 1963, peinture acrylique et encre sérigraphique sur toile
Ambulance Disaster, 1963-1964, encre sérigraphique sur lin
Little Electric Chair, 1964-1965, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Little Electric Chair, 1964-1965, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Trump Tower, 1981, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Trump Tower, 1981, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Washington Monument, 1983, sérigraphie sur papier graphique coloré
Washington Monument Wallpaper, 1974, réimpression 1994, sérigraphie sur papier peint
À la sortie de l'exposition :
Statue of Liberty, 1986, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
En 1986, les États-Unis célébraient le centenaire de la statue de la Liberté. Son image était reproduite sur d'innombrables produits, mais Warhol choisit comme source de sa peinture une boîte de biscuits Fabis, rappelant ainsi les origines françaises du monument, tout en soulignant la marchandisation de cette icône.
Cartes postales de vacances
Au cœur du mois d'août, le blog reprend son souffle avec quelques carte postales de la villégiature de l'auteur.
Mise à part la pelouse, la végétation n'a pas souffert de la sécheresse de la canicule : hortensias et albizia resplendissent.
L'Aber Benoît tout proche est égal à lui-même.
Sur la rive nord de l'Aber Benoît, les plages des dunes de Sainte Marguerite ont des allures méditerranéennes
Son collègue plus au nord, l'Aber Wrac'h, avec au port ses bateaux plus ou moins cossus.
Du côté Plouguerneau de l'Aber Wrac'h, les statues installées au début des années 1990 :
-en quittant Lilia, L'Œil du cyclope [Lagad al lagadeg], de Georges Rammel - 1992
- sur la plage de Saint-Cawa, L'auge de Saint Karan [Laouer Sant Karan] de Ghislaine Vernaujoux - 1992
- Face au port de l'Aber Wrac'h, avec une perspective sur l'Île Wrac'h et son petit phare à l'ancienne, Lune renversée [Ar loar dispennet], de Catherine Huré - 1990
Vers le sud, l'anse de Trémazan, Argenton, face à l'Île d'Yoc'h, sa petite guérite, sa plage, sa voisine Pospoder en arrière-plan
À Porspoder, les animaux d'un cirque sont en harmonie avec la sécheresse des prés. On longe le petit port pour atteindre la presqu'île Saint Laurent, avec des vues sur l'Île d'Yoc'h et le phare du Four
Plus au sud, la guérite de Melon, son petit port et la jetée qui avance vers l'Île éponyme
et enfin le plus méridional des trois abers, l'Aber Ildut, dont la rive nord abrite un sentier ombragé...
...qui part du cimetière qui entoure la petite église de Lanildut.
et, profitant de cette transition pour conclure sur un peu de patrimoine religieux :
- le magnifique jubé de l'église Saint Yves de La Roche Maurice, revu à l'occasion de notre visite à Landerneau
Plus près de la maison, l'église ND des Sept Douleurs de Coat Meal, avec son porche orné de statues d'apôtres en granit de Kersanton
et, encore plus près, ces humbles croix de chemin.
Warhol à la Fondation Leclerc à Landerneau (I/II)
Comme chaque année, nous rendons compte de l'exposition organisée à Landerneau par le Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la culture. (voir pour la dernière notre billet du 26 juillet 2025).
Elle est consacrée cette année à Andy Warhol (1928-1986), réalisée en partenariat avec The Andy Warhol Museum de Pittsburgh.
1. De Andrew Warhola à Andy Warhol
Andrew Warhola, que l'on connaîtra sous son nom d'artiste Andy Warhol, naît le 6 août 1928 à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Ses parents, Andrej et Julia Warhola, ont émigré depuis l'actuelle Slovaquie. Le jeune Andrew intègre le Carnegie Institute of Technology de Pittsburgh (aujourd'hui Carnegie Mellon University), où il se forme comme concepteur graphique et obtient un Bachelor of Fine Arts en 1949. Il s'installe peu après à New York et s'impose rapidement comme illustrateur publicitaire, sous un nom plus américanisé: Andy Warhol. Mais la transition de Warhola à Warhol n'est pas encore tout à fait achevée. Andy Warhol aspire à devenir un artiste à part entière, et à mesure que sa carrière se développe, il façonne progressivement son image publique: des lunettes de soleil associées au style mod des années 1960 jusqu'aux perruques argentées des années 1980, désormais iconiques. Son nom et son visage deviennent alors indissociables de son œuvre.
16 Self-Portraits, Polaroid Polacolor, entre 1977 et 1986, dont un "with Skull", six avec "Fright Wig", et quatre "in Drag".
Self-Portrait, 1986, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Self-Portrait, 1986, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Self-Portrait, 1986, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Warhol n'a cessé de réinventer son image, en grande partie parce qu'il était complexé par son apparence. Il compensait ses tempes dégarnies par des perruques, de plus en plus audacieuses au fur et à mesure qu'il avançait en âge. Au milieu des années 1980, il apparaissait coiffé de sa « fright wig » : une chevelure blonde argentée hérissée en pointes.
Julia, Johnnet Andy Warhola, 1932
Portrait d'Andy Warhol enfant, vers 1935
Photo de remise de diplôme d'Andy Warhol au lycée, 1945
Self-Portrait, 1981
2. Travaux de jeunesse
Nombreux sont les artistes qui rêvent de s'imposer sur la scène artistique new-yorkaise. Le talent de Warhol comme illustrateur publicitaire lui confère très tôt un avantage décisif. Dans l'Amérique de l'après-guerre, la publicité est un secteur en plein essor, et Warhol parvient rapidement à vivre de son travail. II compte parmi ses clients des magazines de mode prestigieux tels que Vogue et Glamour, des marques de luxe comme Tiffany & Co. ou I. Miller Shoes, ainsi que divers éditeurs de livres et maisons de disques. Warhol est également chargé de concevoir l'identité visuelle de Fleming-Joffe, entreprise de maroquinerie pour laquelle il réalise aussi bien le papier à en-tête que l'auvent peint à la main en devanture du magasin. Si ses premières œuvres conservent une esthétique fantaisiste et artisanale, Warhol expérimente déjà des modes de reproduction à travers ses techniques de la blotted line et du tamponnage. Il s'oriente ainsi progressivement vers des procédés mécaniques, qui vont bientôt constituer le socle de sa pratique artistique.
The Wonderful World of Fleming-Joffe, vers 1961, encre, encre tamponnée et collage de peau de reptile teinte sur papier Strathmore
The Painted Serpent ...Fleming-Joffe, vers 1961, sérigraphie et collage de peau de reptile sur papier
Semaine de Cuir, 1964, crayon graphite sur papier calque
This is a shoe, vers 1958-1965, encre sur papier Strathmore Seconds
This is a shoe made with Fleming-Joffe leather, vers 1958-1965, encre sur papier Strathmore Seconds
Snake Awning, 1964, huile sur toile
Warhol a développé des relations durables avec plusieurs clients fidèles, dont Fleming Joffe, une entreprise de maroquinerie dont il a conçu toute l'identité visuelle : publicités, papier à en-tête, livre de coloriage promotionnel, ainsi que l'auvent peint à la main présenté ici.
Devanture de la maroquinerie Fleming-Joffe 1964 (détail), tirage argentique (retirage 1994)
Three Female Fashion Figures, années 1950, encre, lavis et tempera sur papier Strathmore
Multiple Fashion Accessories, années 1950, encre sur papier Strathmore
Five Shoes and Three Purses, années 1950, encre, crayon graphite et gouache sur papier Strathmore Seconds
Paravent, années 1950, tempera, encre et feuilles d'or sur carton monté sur cadre bois
High Heeled Shoe, années 1950, encre, crayon graphite et colorant aniline Dr. Martin's sur papier Strathmore
Bonwit's Loves Replique, 1957, reproduction 2017, crayon et peinture acrylique sur bois avec bouteilles en résine photopolymère UV
Né de parents immigrés slovaques de confession byzantine catholique, Andy Warhol grandit dans une foi qu'il conservera toute sa vie et qui transparaît dans plusieurs pans de son œuvre. La période de Noël lui était ainsi particulièrement chère, et les cartes de vœux occupaient une place singulière dans son parcours: c'est en partie grâce à ses illustrations pour la librairie du MoMA que la maison Tiffany & Co. le repère et lui commande ses cartes de vœux au milieu des années 1950, alors qu'il s'impose comme illustrateur commercial reconnu. Les cartes présentées dans l'exposition, réalisées pour l'occasion de Noël, témoignent de ce chapitre discret mais fondateur de sa carrière. Longtemps considérées comme de simples objets éphémères, elles sont aujourd'hui devenues des pièces de collection recherchées.
Christmas Balls (Tree Ornaments), années 1950, lithograpnie offset sur papier cartonné
Christmas Card, 1958, lithographie offset sur papier
Merry Christmas and a Happy New Year (« Star of Wonder»), années 1950, lithographie offset sur papier cartonné
Count Basie, 1955, encre imprimée sur papier couché
The Boston Pops: Latin Rhythms, 1952, lithographie offset sur papier couché pour pochette de disque
3. La publicité comme art
Le pop art s'empare d'objets immédiatement reconnaissables par tous, en particulier des produits de consommation courante, ce qui lui confère une dimension plus démocratique et égalitaire que son prédécesseur, l'expressionnisme abstrait. Là où ce dernier a souvent été perçu comme élitiste, le pop art adopte la position inverse, en privilégiant des images accessibles et familières. Les œuvres de ce courant artistique se prêtent à des lectures ambivalentes: elles peuvent être interprétées comme une critique de la société de consommation, mais aussi comme une forme de célébration de l'efficacité visuelle et du design industriel. Pour Warhol, le pop art s'inscrit dans la continuité directe de ses débuts dans l'illustration publicitaire.
Silver Coke Bottles, 1967, 24 bouteilles en verre de Coca-Cola recouvertes de peinture argentée et disposées dans une caisse en bois d'origine
Brillo Boxes, 1964-1968, encre sérigraphique et peinture pour intérieur sur contreplaqué
Del Monte Peach Halves Box, 1964, encre sérigraphique et peinture pour intérieur sur contreplaqué
Heinz Tomato Ketchup Box, 1964, encre sérigraphique et peinture pour intérieur sur contreplaqué
Brillo Soap Pads Box, 1964, encre sérigraphique et peinture pour intérieur sur contreplaqué
Campbell's Tomato Juice Box, 1964, encre sérigraphique et peinture pour intérieur sur contreplaqué
Art, 1985-1986, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Mineola Motorcycle, 1985-1986, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Work Boots, 1985-1986, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Puma Invader, 1985-1986, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Coca-Cola [2], 1961, caséine et crayon sur lin
$199 Television, 1961, encre et crayon graphite sur papier
3-D Vacuum, 1961, caséine sur lin
Christmas Ad (Modell's Gift Ideas), vers 1982, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Christmas Ad (Audio-Visual Equipment), vers 1982, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Diamond Dust Shoes, 1980, peinture acrylique et encre sérigraphique avec poussière de diamant sur toile
Poster (Halston Advertising Campaign: Makeup and Perfume), 1982, encre imprimée sur papier
Poster (Halston Advertising Campaign: Women's Wear), 1982, encre imprimée sur papier
Absolut Vodka, 1985, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Perrier Bottles, 1983, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Perrier Bottles, 1983, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Campbell's Soup I, 1969, 10 sérigraphies sur papier
Les œuvres de Warhol représentant des produits de tous les jours mettent en avant l'accessibilité de la consommation de masse. En appliquant les mêmes procédés de production en série à ses peintures, sculptures et estampes, Warhol démocratise l'art, en faisant entrer des sujets familiers dans les musées et galeries à des prix (à l'époque) plus abordables pour les collectionneurs.
Ads: Paramount, 1985, sérigraphie sur carton
Ads: Life Savers, 1985, sérigraphie sur carton
Ads: Apple, 1985, sérigraphie sur carton
Ads: Chanel, 1985, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
La série des Ads de Warhol élève des images populaires au rang d'œuvres d'art. Ironie du sort : en 1997, Chanel en acquiert les droits et transforme à nouveau l'œuvre de Warhol en publicité pour une campagne.
Grande Passion, vers 1984, peinture acrylique et encre sérigraphique sur toile
Levi's (Four Images), 1984, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Listerine Bottle, 1965, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Campbell's Soup Can (Tomato), 1966, impression sérigraphique sur sac de courses
Playboy Bunny, 1985, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
Playboy Bunny, 1985, peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin
The Rolling Stones Sticky Fingers, 1971, lithographie offset sur pochette de disque avec album vinyle
The Velvet Underground & Nico, 1967, lithographie offset et autocollant adhésif sur pochette avec album vinyle
Nous poursuivrons dans un prochain billet le parcours de cette exposition.
![We are [still] here au Petit Palais](https://image.over-blog.com/pPkG5WPaVJ1Fne6Qr2APnssBT5k=/filters:no_upscale()/image%2F1508962%2F20260828%2Fob_be0b23_foule-colore-e-1-copie.jpg)
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