au fil de l'eau
Kandinsky - La musique des couleurs à la Philharmonie de Paris
Encore une exposition "délocalisée" du Centre Pompidou qui a fermé ses portes pour cinq ans, cette fois réalisée en partenariat avec le Musée de la musique - Philharmonie de Paris. Cette grande exposition sur l’imaginaire de la musique dans l’œuvre de Vassily Kandinsky rassemble près de 200 œuvres du maître et objets de son atelier (partitions, disques, livres, outils, etc.), qui tous expriment la place fondamentale de la musique dans son quotidien, dans sa vocation d’artiste et dans l’évolution de sa pratique vers l’abstraction.
Contemporain du compositeur Moussorgski et du renouveau de la musique russe, Kandinsky naît en 1866 et grandit à Moscou puis à Odessa dans une famille cultivée. Il se destine à une carrière juridique, mais change radicalement de dessein à l’âge de trente ans. Ce tournant, raconte-t-il dans son autobiographie Regards sur le passé, serait lié à deux expériences vécues en 1896 : l’émotion éprouvée devant l’une des Meules de foin de Monet présentée à Moscou, et la découverte de l’opéra Lohengrin de Wagner au théâtre du Bolchoï. Les deux œuvres agissent sur lui comme une révélation. Elles confirment non seulement sa vocation artistique, mais suscitent une réflexion profonde sur le langage de la peinture et de la musique, et leur capacité réciproque à toucher l’âme humaine.
La Russie en mémoire
Bien qu’il s’installe à Munich dès 1896 et mène l’essentiel de sa carrière artistique en Allemagne et en France, Kandinsky considère la Russie comme sa patrie spirituelle et visuelle. « Moscou est pour moi le point de départ de mes recherches. Elle est mon diapason pictural », écrit-il dans ses Regards
sur le passé.
Esquisse pour Sonntag (Altrussisch)/Dimanche (Vieille Russie),1904, huile et tempera sur jute
Sans titre, 1915-1917, aquarelle et encre de Chine sur papier
Esquisse pour la composition scénique Stimmen ou Grüner Klang/ Voix ou Sonorité verte (tableau II), 1908-1909, encre de Chine sur papier
Contemporaine des paysages russes, cette esquisse de Kandinsky projette le décor d'une œuvre théâtrale, vraisemblablement Voix ou Sonorité verte. La récurrence des clochers et des foules en mouvement révèle la concomitance, dans son travail, entre l'invention de paysages inspirés de sa terre natale et l'élaboration de ses premiers projets scéniques.
Étude pour Kleine Freuden / Petites joies, 1913, aquarelle et encre de Chine sur papier
Lied / Chanson, 1906, tempera sur carton glacé
Cette œuvre, également connue sous le nom de Chant de la Volga, témoigne de l'attrait prononcé de Kandinsky à cette époque pour des motifs empreints de nostalgie liés à l'ancienne Russie. Le peintre, alors installé à Sèvres, profite de l'ouverture des «Saisons russes» à Paris à l'initiative de Serge Diaghilev, qui en célèbre tant la musique que l'art folklorique et contemporain.
Die Kuh / La Vache, 1910, huile sur toile
Sans doute peint à Murnau, dans les Alpes bavaroises, où Kandinsky vient trouver à cette époque l'inspiration, La Vache témoigne également de son attachement profond à la Russie. Le simple motif pastoral semble un prétexte à évoquer la ville de Moscou qui a fortement marqué, sensoriellement, le peintre. Une myriade de clochers à bulbe orthodoxes se déploie en arrière-plan, au sommet de collines bleues, pour évoquer la silhouette de la ville tant aimée, dont le souvenir le plus vivace était sans doute celui des sons de cloche et de la musique qui s'y jouait.
Improvisations
Entre 1909 et 1914, alors qu’il nourrit un contact étroit avec le cercle des musiciens russes, et notamment Thomas von Hartmann, Kandinsky achève une série de trente-cinq Improvisations, jalons essentiels dans l’évolution de sa peinture vers l’abstraction. Le choix même du terme Improvisation traduit l’influence intellectuelle d’un modèle : celui du langage musical. « Un artiste qui…veut et doit exprimer son monde intérieur, voit avec envie avec quel naturel et quelle facilité ces buts sont atteints dans l’art le plus immatériel à l’heure actuelle : la musique. Il est compréhensible qu’il se tourne vers elle et cherche à trouver dans son art les mêmes moyens. »
Improvisation 3, 1909, huile sur toile
Avec sa bâtisse surmontée d'un toit-terrasse, ses deux silhouettes aux djellabas vertes, et son cavalier central tiré d'une fantasia, ce tableau pourrait évoquer des réminiscences du voyage en Tunisie que Vassily Kandinsky réalise en 1905 avec Gabriele Münter (voir notre billet du 17 mai dernier). Il traduit un changement dans la pratique du peintre : la figuration devient allusive et schématique pour se dissoudre dans l'intensité de la couleur.
Improvisation 14, 1910, huile sur toile
Improvisation 19a, 1911, huile sur toile
Improvisation 12 (Der Reiter)/ (Le Cavalier), 1910, huile sur toile
Sans titre [Étude autour de l'Improvisation I], 1908-1909, huile sur toile
Schönberg : accords et dissonances
Le 2 janvier 1911 à Munich, Kandinsky découvre lors d’un concert l’œuvre de Schönberg. Au programme, les Quatuors à cordes op. 7 et 10, les Trois pièces pour piano op. 11 et cinq Lieder pour voix et piano. Fasciné par cette musique libérée de la tonalité et traversée de dissonances, le peintre y perçoit un écho à ses propres recherches sur l’émancipation des formes et de la couleur : « la musique de Schönberg nous introduit à un Royaume où les émotions musicales ne sont pas acoustiques, mais purement spirituelles. Ici commence la musique de l’avenir ».
Une amitié intellectuelle s’engage bientôt entre les deux artistes, unis dans leur quête d’un art moderne. Schönberg brise les règles harmoniques, Kandinsky celles de l’imitation de la nature. L’un travaille à la Main heureuse, l’autre conçoit la Sonorité jaune, deux œuvres exprimant l’idéal d’un art total qui fusionne musique, peinture et théâtre dans une même expérience sensorielle. En 1911, Kandinsky invite le compositeur, qui lui-même pratique la peinture, à exposer quatre de ses œuvres dans la première exposition du Blaue Reiter (Cavalier bleu).
Mit dem schwarzen Bogen / Avec l'arc noir, 1912, huile sur toile
Alors qu'il est sur le point d'achever la toile Avec l'arc noir, Kandinsky écrit à Schönberg : « Par construction on comprenait jusqu'à présent une géométrie insistante (Hodler, les cubistes, etc.). Mais ce que je veux montrer, c'est que la construction peut aussi être atteinte - et même mieux - sur le "principe" de la dissonance, qu'elle offre bien plus de possibilités. »
Portrait de Vassily Kandinsky adressé à Arnold Schönberg, 1911, photographie avec dédicace manuscrite
Portrait d'Arnold Schönberg adressé à Vassily Kandinsky, avant décembre 1911, tirage moderne
Quelques toiles d'Arnold Schönberg :
Gehendes Selbstportrait / Autoportrait en marchant, 1911, huile sur carton
Comme le tableau Regard, l'Autoportrait en marchant est l'un des quatre tableaux peints par Schönberg présentés lors de la première exposition du Blaue Reiter (Cavalier bleu) à la Galerie Tannhauser à Munich en décembre 1911, à l'invitation de ses membres fondateurs, Vassily Kandinsky et Franz Marc. Si tous deux l'admirent alors pour son génie musical, seul Kandinsky soutient véritablement sa peinture.
Blick (Karl Kraus: Die chinesische Mauer)/ Regard (Karl Kraus : La Grande Muraille de Chine), mai 1910, huile sur carton
Die glückliche Hand/La Main heureuse (scènes 1 et 2), 1910, huile sur cartons
Arnold Schönberg Center, Vienne
Conçue entre 1910 et 1913, La Main heureuse - monodrame pour voix, mimes, chœur et orchestre - marque une période féconde de la vie de Schönberg. Le compositeur achève alors son Traité d'harmonie, s'engage pleinement dans la peinture et entame un dialogue intellectuel intense avec Kandinsky. Dans leur correspondance, s'exprime un véritable programme expressionniste culminant dans la recherche d'une forme d'art total qui unirait la musique, la couleur, le geste et le drame.
De Kandinsky :
Impression III (Konzert) / (Concert), 1911, huile sur toile
Rencontrés depuis peu, Vassily Kandinsky et Franz Marc assistent ensemble, pour la première fois, à un concert du compositeur autrichien Arnold Schönberg à Munich le 2 janvier 1911. Souvenir de cette soirée mémorable, la toile Impression III (Konzert) rend un hommage à l'œuvre novatrice de Schönberg, fondatrice de l'atonalité. La forme noire du piano à queue et les silhouettes des auditeurs demeurent lisibles parmi le jaune prédominant; couleur qui, dans la théorie synesthésique de Kandinsky, résonne tout particulièrement par son caractère irradiant et dynamique avec la musique de Schönberg.
Études pour Impression III (Konzert), début janvier 1911, fusain sur papiers
L'oeil écoute : la culture musicale du peintre
Par-delà les conventions d’une vie bourgeoise, l’intérêt de Kandinsky pour la musique participe d’un quotidien et d’une vision globale de l’art. Indéniablement, les partitions qu’il acquiert, les livres et prospectus musicaux qu’il collecte, les photos de ses amitiés musicales, sa collection de disques comme les gravures de chants populaires qu’il affectionne, façonnent son horizon artistique. Composé d’œuvres, d’objets et de documents ayant appartenu au peintre, ce cabinet imaginaire témoigne de sa vaste culture musicale, laquelle nourrit et questionne sa pratique de la peinture.
La collection de disques des Kandinsky
Vers 1926, installé à Dessau, Kandinsky offre à son épouse Nina un gramophone. Ensemble, ils constituent une collection de disques, guidés notamment par les conseils de Lily Stumpf, épouse de Paul Klee. Perdurent aujourd'hui 95 disques, conservés dans les archives du Centre Pompidou.
Parmi les souvenirs affichés dans ce "cabinet", une xylographie et une carte de vœux de Kandinsky, son portrait au piano par Gabriele Münter, ...
L'Apocalypse comme œuvre d'art totale
Marquée par la montée des nationalismes et l’effondrement des empires, les avant-gardes renouvellent la lecture de l’Apocalypse. Ce récit biblique devient le symbole d’une destruction créatrice annonçant, au cœur du chaos, la possibilité d’un renouveau spirituel, social et artistique. Pour Kandinsky, qui multiplie les compositions autour du Jugement dernier à partir de 1910, l’Apocalypse incarne l’espoir d’un monde transformé par l’art : « une grande destruction est aussi un chant de louange », écrit-il, « un Hymne à la nouvelle création qui suit la destruction ».
Projet pour Allerheiligen II (Komposition mit Heiligen) / Toussaint II (Composition avec des Saints), 1911, aquarelle, encre de Chine et crayon sur papier
Allerheiligen / Toussaint, vers 1910, aquarelle sur carton à dessin
Allerheiligen I/ Toussaint I, juillet-août 1911, huile et gouache sur carton
Étude n°2 pour Komposition VII / Composition VII, 1913, huile sur toile
Dans la même section, un tableau de Vladimir Baranoff-Rossiné (1866-1944) :
Apocalypse, esquisse n° 2, 1912, gouache sur carton marouflé sur papier
Klänge (1913) : Le « son pur » des mots
Très tôt, Kandinsky intègre la poésie dans sa réflexion sur la synthèse des arts. Entre 1908 et 1912, alors qu’il élabore Du spirituel dans l’art et l’Almanach du Blaue Reiter (Cavalier bleu), il conçoit le recueil de poèmes Klänge (Résonances), paru en langue allemande en 1913. À mi-chemin entre le livre d’artiste, le manifeste poétique et la partition visuelle, ce recueil rassemble 38 poèmes en prose et 55 gravures sur bois. Ces dernières n’illustrent pas les poèmes ; la démarche du peintre-poète vise à composer un ensemble organique, interrogeant l’essence commune des langages artistiques.
Lyrisches / Lyrique, 1911, gravure sur bois en couleurs, impression sur papier
Fagott / Basson, 1911 :
-xylographie sur papier
-matrice en bois
Komposition II (Klänge) / Composition II (Sonorités), 1911 :
-xylographie sur papier
-matrice en bois
Apfelbaum / Pommier, 1911, xylographie sur papier
Improvisation 19, 1911, xylographie sur papier
Apfelbaum / Pommier, 1911, xylographie sur papier
Dans la même section, Projet pour Komposition II / Composition II, vers 1910, aquarelle et crayon sur carton
Si le recueil Klänge (Résonances) paraît en 1913, la conception des gravures qui le composent est plus ancienne, certaines remontant à 1907. Elles jalonnent de fait une période décisive de l'évolution artistique de Kandinsky, marquée par l'abandon progressif de la figuration. L'image qui accompagne le poème Collines fait ainsi écho à son projet pour Composition II: toutes deux explorent la décomposition d'une figure de cheval en mouvement.
Fugues
Nul doute que la musique moderniste de Schönberg, Webern ou Eisler définit l’horizon d’écoute des premiers peintres de l’abstraction. Mais à la même époque, certains maîtres anciens conservent toute leur force d’inspiration, et particulièrement Johann Sebastian Bach. Son œuvre demeure une référence majeure au début du XXe siècle, notamment à travers une forme qu’il a portée à son plus haut degré d’élaboration : la fugue.
Construite sur l’exposition d’un thème principal, développé par imitations, inversions et superpositions selon les règles strictes du contrepoint, la fugue déploie une architecture à la fois rigoureuse et dynamique. Fascinés par cette construction musicale où chaque élément conserve son autonomie tout en s’intégrant dans un ensemble cohérent, Kandinsky, comme Paul Klee, Josef Albers ou Auguste Macke, y voient un modèle pour penser l’autonomie des formes et des couleurs, et renouveler leur organisation dans une composition
abstraite.
Vassily Kandinsky : Fuga / Fugue, 1914, huile sur toile
František Kupka (1871-1957) : Étude pour Amorpha, Fugue à deux couleurs, 1911-1912, huile sur toile
August Macke (1887-1914) : Farbige Komposition. Hommage à Johann Sebastian Bach / Composition en couleur. Hommage à Johann Sebastian Bach, 1912, huile sur carton
Paul Klee (1879-1940) : Fuge in Rot / Fugue en rouge, 1921, aquarelle et crayon sur papier sur carton
Les compositions scéniques : théâtraliser l'abstrait
Pour Kandinsky, l’art scénique, véritable prolongement de son œuvre picturale, définit un champ d’expérimentation essentiel, nourri très tôt par l’écoute de Wagner. Entre 1909 et 1914, il conçoit avec le compositeur Thomas von Hartmann une série d’œuvres théâtrales radicalement novatrices, libérées des conventions narratives. Kandinsky conçoit lui-même les scénarios et les indications scéniques, tandis que von Hartmann compose
la musique. Dans Sonorité jaune en particulier, mais aussi dans Noir et blanc, Violet ou Voix, la couleur devient la matière première de l’expression, incarnée par des personnages abstraits, sans psychologie, animés de mouvements chorégraphiques. Comme dans le recueil Klänge (1913), le texte y est réduit à sa pure dimension sonore. Exigeantes et avant-gardistes, ces œuvres ne furent jamais portées à la scène du vivant de l’artiste, à l’exception
des Tableaux d’une exposition, créés en 1928 à Dessau.
Dessins préparatoires pour la mise en scène de Tableaux d'une exposition
Bild IV. Das alte Schloss/Tableau IV. Le vieux château
Bild II. Gnomus / Tableau II. Gnomus
Bild VII. Bydlo / Tableau VII. Bydlo
Bild XIII. Catacombae/Tableau XIII. Catacombae
Mine graphite, encre de Chine et aquarelle sur papiers
Bild XII. Der Marktplatz zu Limoges/Tableau XII. La place du marché à Limoges
Bild XII. Marktfrauen von Limoges/Tableau XII. Femme du marché à Limoges
Bild XVI. Das Grosse Tor Von Kiew/Tableau XVI. La grande Porte de Kiev
Figurinen zu Bild XVI. Kiew/Figurines pour tableau XVI. Kiev
Mine graphite, encre de Chine et aquarelle sur papiers
Horst Birr et Universität der Künste, Berlin
Recréation d'un élément scénographique des Tableaux d'une exposition (Gnomus), 1984
Décors de scène
Entwicklung / Développement, 1926, huile sur carton
Zweiklang/Accord, juin 1928, zncre de Chine et gouache pulvérisée sur papier
Contemporaine et proche stylistiquement du projet scénographique Tableaux d'une exposition, cette œuvre peut aussi se lire comme proposition d'œuvre scénique. Kandinsky atteint un niveau de maturité dans cette composition abstraite sous le signe de l'épure. Deux « sons », matérialisés par des formes géométriques simples, chacune associée à une couleur distincte, se répondent de part et d'autre d'un fond sombre. Elle témoigne également d'une rigueur rationaliste assimilée au contact des idées du Bauhaus où Kandinsky enseigne depuis six ans.
Sonorité Jaune (1909-1912)
Fruit de trois ans d'écriture (1909-1912), Sonorité jaune compte parmi les projets scéniques les plus ambitieux de Kandinsky. En six tableaux, l'œuvre fait surgir puis disparaître des figures colorées. Expérimental, ce drame fut publié en 1912 dans l'Almanach du Cavalier bleu et fit forte impression.
Jamais créée de son vivant, l'œuvre est restée toutefois un défi et une opportunité pour les dramaturges, inspirant depuis diverses recréations.
Quatre tableaux du peintre danois Richard Mortensen (1910-1993) : Sonorité jaune, 1957, mine graphite et gouache sur papiers
Aquarell für Violett/ Aquarelle pour Violet (tableau II), 1914, mine graphite, encre de Chine et aquarelle sur papier
Aquarell für Violett/ Aquarelle pour Violet (tableau III), 1914, mine graphite, encre de Chine et aquarelle sur papier - reproduction
Le Bauhaus : donner forme au son et au mouvement
En 1922 à l’invitation de Walter Gropius, Kandinsky rejoint la nouvelle école d’arts du Bauhaus, fondée en 1919 à Weimar. Nommé « maître des formes » dans l’atelier de peinture murale, il y anime également un « séminaire de la couleur » et des cours sur les « éléments formels abstraits ».
Porté par l’exigence pédagogique, le peintre systématise sa pensée et formalise une grammaire de l’abstraction visuelle, toujours habitée par la musique. Dans ses écrits, et particulièrement Point et ligne sur plan (1926), il s’intéresse à la transposition, par des moyens graphiques, de phénomènes
propres au langage musical : le son, le mouvement, le rythme, et leur dimension temporelle. Sa découverte du cinéma expérimental abstrait, tout comme ses échanges réguliers avec Paul Klee, Oskar Schlemmer ou la danseuse Gret Palucca, enrichissent sa réflexion sur le dynamisme et la temporalité de l’acte pictural.
Gelb-Rot-Blau / Jaune-rouge-bleu, 1925, huile sur toile
Le Salon de musique (1931) : trois maquettes, huile sur carton
Au contact du Bauhaus, les recherches de Kandinsky sur la synthèse des arts trouvent un nouvel ancrage dans l’architecture et les arts industriels appliqués. En 1931, à la demande de Mies van der Rohe, dernier directeur de
l’école, Kandinsky réalise pour le Forum d’architecture (Bauaustellung) de Berlin un Salon de musique. Trois murs définissent un espace orné de compositions géométriques qui, selon le peintre, ne dessinent « pas une décoration, mais plutôt une sorte de diapason » suscitant des « résonances » visuelles.
Reconstitution animée réalisée pour l'exposition.
Apothéose du parcours de l'exposition, les trois toiles finales de la série des Compositions.
Élaborées entre 1910 et 1939, les dix Compositions de Kandinsky achèvent progressivement sa quête d’un art spirituel, affranchi de l’imitation du réel. De manière inédite, cette salle réunit les trois dernières Compositions de l’artiste. Points culminants de ses recherches, elles témoignent de son évolution stylistique, du constructivisme géométrique de la période du Bauhaus au biomorphisme de ses années à Paris, où l’artiste s’exile en 1933.
Komposition VIII / Composition VIII, juillet 1923, huile sur toile
Komposition IX / Composition IX, 1936, huile sur toile
Komposition X / Composition X, 1939, huile sur toile
Suzanne Valadon (1865-1938) au Centre Pompidou (II/II)
Nous terminons dans ce billet le parcours de la rétrospective Suzanne Valadon qui se tient au Centre Pompidou. (cf. notre billet du 8 mars dernier).
La photo ci-contre, mettant en scène Suzanne Valadon comme portraitiste (avec son amie Mauricia Coquiot comme complice), est une bonne introduction à la section suivante de l'exposition :
«Je peins les gens pour apprendre à les connaître. »
Forte d'une reconnaissance accrue des marchands et de la critique, Valadon entame dans les années 1920 une série de portraits bourgeois de personnes de son entourage. Productions de commande, ce sont des portraits de femmes de la « haute société » : Nora Kars avec qui elle noue une solide amitié jusqu'à la fin de sa vie ou Germaine Eisenmann, son élève qui la vénère. Les portraits d'hommes, plus rares, représentent des personnages qui ont compté dans sa vie : le docteur Robert Le Masle qui sera auprès d'elle jusqu'à ses derniers jours, Louis Moysès, fondateur du cabaret Le Bœuf sur le toit, ou encore son marchand et ami Paul Pétridès. Ces portraits suggèrent avant tout la position sociale de leurs sujets, mais ses premiers portraits, comme les portraits de famille, dépeignent son entourage familier.
La Couturière, 1914, huile sur toile
Jeune fille faisant du crochet, vers 1892, huile sur toile
Réalisé en 1892, Jeune fille faisant du crochet est le plus ancien tableau à l'huile de Valadon qui nous soit parvenu. Le thème de la couture lui est familier. Sa mère a exercé le métier de couturière en arrivant à Paris. Elle-même a appris très jeune le métier, sur les conseils de sa mère, et l'a pratiqué dans une maison de haute couture. En 1883, sur l'acte de naissance de son fils Maurice, elle déclare exercer les fonctions de couturière La composition à contre-jour, les couleurs assourdies, les traits proches de la technique du pastel, sont caractéristiques de ses premiers tableaux.
Portrait de la mère de Bernard Lemaire, 1894, huile sur panneau
Portrait de petite fille, 1892, huile sur toile
Portrait de femme, 1893, huile sur toile
Bernard Lemaire, 1892-1893, huile sur toile
Femme à la contrebasse, 1908, huile sur toile
Portrait de Mauricia Coquiot, 1915, huile sur toile
Surnommée la « femme bilboquet, Anaïs Marie Bétant dite Mauricia de Thiers est une ancienne vedette de cirque et de music-hall, connue notamment pour ses acrobaties spectaculaires en voiture ou à cheval. Grande personnalité mondaine, elle noue des liens d'amitié avec de nombreux artistes. En 1916, elle devient l'épouse et l'associée du collectionneur et critique d'art Gustave Coquiot. Valadon compte parmi les témoins du mariage.
La Dame au petit chien, 1917, huile sur toile
Le modèle pourrait être son époux André Utter. Ce tableau, rarement montré, révèle une certaine étrangeté dans sa facture et dans le choix du sujet.
Portrait de Miss Lily Walton, 1922, huile sur toile
Les années 1920 sont celles de la reconnaissance et des premiers vrais succès commerciaux pour Valadon. Cette relative aisance financière lui permet ainsi d'embaucher une gouvernante anglaise du nom de Lily Walton. Elle est assise dans un intérieur bourgeoisement décoré, dans la même mise en scène que celle des portraits de Nora Kars et Germaine Eisenmann. On note la présence du chat Raminou, dont le pelage roux fart écho à la chevelure de Walton.
Portrait de Madame Lévy, 1922, huile sur toile
Valadon considérait cette œuvre comme « le mieux peint de tous ses tableaux ».
Portrait de Charles Wakefield-Mori, 1922, huile sur toile
Les Dames Rivière, 1924, huile sur toile
Madame Robert Rey et sa fille Sylvie, vers 1920, huile sur toile
Portrait de Richmond Chaudois, vers 1931, huile sur toile
Le chimiste Richmond Chaudois, « gueule cassée » de la Grande guerre, est un voisin montmartrois de Valadon et grand ami d'Utrillo.
Portrait de Germaine Eisenmann, 1924, huile sur toile
Élève de Suzanne Valadon et grande admiratrice de son œuvre, Germaine Eisenmann peint des paysages et des natures mortes dans un style proche de celui de sa « mère spirituelle ».
Portrait de Madame Pétridès, 1937, huile sur toile
Portrait de Paul Pétridès, 1934, huile sur toile
Peintre et courtière en tableaux, Odette Bosc rencontre en 1925 le tailleur Paul Pétridès. Elle l'initie au monde de l'art avant de l'épouser en 1929. La même année, le couple Pétridès devient le principal soutien de Valadon, dont le contrat avec la galerie Bernheim-Jeune n'est pas renouvelé. En témoignage de sa reconnaissance, Valadon réalise ces deux portraits, où elle se concentre sur les visages, sans s'attarder sur l'environnement et le mobilier comme dans ses portraits précédents. La défense de l'œuvre de Valadon par le couple se poursuit bien au-delà de la mort de l'artiste. En 1971, Paul Pétridès publie L'Œuvre complet de Suzanne Valadon.
Portrait de Madame Maurice Utrillo (Lucie Valore), 1937, huile sur toile
Portrait d'une femme, 1934, huile sur toile
Les Deux Sœurs, 1928, huile sur toile
Portrait de Geneviève Camax-Zoegger, 1936, huile sur toile
La peintre Marie-Anne Camax-Zoegger contacte Suzanne Valadon en 1932 pour lui demander de participer au Salon des Femmes artistes modernes (F.A.M.) dont elle est la présidente. Valadon, réticente à être exposée uniquement avec des artistes femmes, finit par céder devant la personnalité et la renommée de sa consœur. Elle se lie d'amitié avec Camax-Zoegger et participera au Salon des F.A.M. chaque année jusqu'à son décès. Début 1936, elle demande à sa fille, Geneviève Camax-Zoegger, de poser pour elle.
Portrait de Louis Moysés, fondateur du Bœuf sur le toit, 1924, huile sur toile
Femme aux bas blancs, 1924, huile sur toile
Le Docteur Robert Le Masle, vers 1930, huile sur toile
Proche des compositeurs comme Erik Satie et Maurice Ravel, des artistes comme Marie Laurencin ou André Dunoyer de Segonzac, Robert Le Masle (1901-1970) vouait une dévotion toute particulière à Valadon. Ils se rencontrent par l'intermédiaire de Pierre Noyelle, élève de Valadon. Nait alors une amitié fidèle avec la famille (Valadon, Utter et Utrillo), qui perdurera jusqu'au décès de l'artiste.
Portrait de Nora Kars, 1922, huile sur toile
Nora Kars est l'épouse du peintre tchèque Georges Kars dont Valadon est très proche.
Femme dans un fauteuil (Portrait de Madame G.), 1919, huile sur toile
Deux tableaux de contemporaines de Suzanne Valadon :
Émilie Charmy (1878-1974,) : Autoportrait, vers 1923, huile sur carton
Repérée par Berthe Weill (1865-1961) au Salon d'Automne de 1905, l'artiste bénéficie de plusieurs expositions dans sa galerie. C'est probablement là qu'elle rencontre Valadon avec qui elle expose chez la galeriste en 1921. Les deux artistes se lient d'amitié. En 1926, Valadon lui dédicace Bouquet de fleurs dans un verre, « A E. Charmy pour son beau talent ». Toute deux participent aux Salons des Femmes Artistes Modernes dont Émilie Charmy est la secrétaire.
Marie Laurencin (1883-1956) : Portrait de la baronne Gourgaud à la mantille noire, 1923, huile sur toile
Bien qu'une génération les sépare, Valadon et Marie Laurencin fréquentent les mêmes salons et sont toutes deux très proches du Docteur Le Masle.
Pour terminer cette section,
L'Aide amicale aux artistes, Bal de l'AAAA, Gymnase municipal, 1927, affiche entoilée, impression mécanique Gaillard, Paris-Amiens
L'Aide amicale aux artistes, Bal au Moulin de la Galette, projet d'affiche, 1927, crayon gras et gouache sur carton
Nu à la palette, 1927, fusain sur papier
En 1927, l'Aide Amicale Aux Artistes, une association philanthropique qui vient en aide aux artistes en difficulté fondée en 1921, fait appel à Valadon pour réaliser l'affiche pour un bal caritatif. Valadon mélange ici le langage allégorique avec des allusions autobiographiques. La femme nue à la palette, personnification de la peinture, est un autoportrait de dos de Valadon. Les fleurs qui jaillissent de son pinceau rappellent la série de natures mortes aux vases qu'elle entreprend à la même période tandis que la sellette sur laquelle elle se tient semble faire référence à son passé de modèle.
La dernière section est intitulée Le nu : un regard féminin
Valadon s'est très tôt aventurée sur le territoire masculin de la peinture de nus. En 1909, avec Adam et Ève, l'une des premières œuvres de l'histoire de l'art réalisée par une artiste représentant un nu masculin, elle détourne l'iconographie traditionnelle de la Genèse pour célébrer sa relation amoureuse avec André Utter. La position frontale des nus est particulièrement audacieuse. L'audace est vite réprimée car Valadon doit recouvrir le sexe d'Utter d'une feuille de vigne. Valadon peint désormais des nus féminins en les inscrivant dans une rupture avec le regard masculin sur le corps des femmes.
La Joie de vivre, 1911, huile sur toile
Après Puvis de Chavanne, Degas, Renoir, Cézanne, Matisse (à qui elle emprunte le titre de son œuvre) et bien d'autres, Valadon exploite le thème des baigneuses dans un paysage champêtre. Elle donne ici une version inédite d'un regard féminin sur un thème jusque-là dominé par les hommes et destiné au regard voyeur masculin. En effet, en introduisant une figure masculine nue dans le tableau, son amant André Utter, Valadon provoque un jeu entre le regard masculin de l'extérieur du tableau (celui qui regarde habituellement les scènes de baigneuses) et celui de l'intérieur du tableau et interroge par là-même la position du voyeur.
La Petite Fille au miroir, 1909, huile sur taile
Nu au miroir, 1909, huile sur toile
Le miroir, élément indispensable pour la toilette, est de fait un motif récurrent dans les nombreuses représentations de baigneuses chez Valadon. Présenté au Salon d'Automne de 1909, Nu au miroir est l'une des premières peintures à l'huile de Valadon représentant des jeunes filles à la puberté.
Nu assis sur un canapé, 1916, huile sur toile
Les Baigneuses, 1923, huile sur toile
Vénus noire, 1919, huile sur toile
Nu au canapé rouge, 1920, huile sur toile
Nu allongé à la draperie rouge, vers 1914, huile sur toile
Catherine nue allongée sur une peau de panthère, 1923, huile sur toile
Dans cette section aussi, quelques tableaux d'artistes contemporaines de Suzanne Valadon :
Marie Laurencin : Danseuse couchée, 1937, huile sur toile
Angèle Delasalle (1867-1939) : Femme endormie, 1920, huile sur toile
Angèle Delasalle et Valadon se connaissaient certainement. Elles sont exposées au Salon d'Automne de 1909 dans la même salle. Toutes deux sont des fidèles du Salon des Femmes Artistes Modernes. Delasalle est, comme Valadon, l'une des premières femmes à peindre des nus féminins sans sublimer leurs corps.
Jacqueline Marval (1866-1932) : Odalisque à la rose, vers 1908, huile sur toile
Jacqueline Marval partage avec Valadon ce goût pour la représentation du nu féminin contextualisé dans des postures, attitudes et décors inscrits dans un quotidien contemporain. Elles exposent toutes deux dans les mêmes Salons et sont représentées par les mêmes galeristes et marchands, Ambroise Vollard, Berthe Weill, Georges Petit.
Georgette Agutte (1867-1922) : La Japonaise nue, 1910, huile sur toile
Une salle rassemble de nombreux dessins :
Femme allongée sur un lit, vers 1916, fusain sur papier
Nu assis, 1908, fusain et pastel sur papier
Jeune fille nue appuyée sur un fauteuil, vers 1908, pastel, crayon et craie sur papier marouflé sur toile
La Toilette, 1906, pastel
La Toilette, vers 1908, pastel et crayon noir sur papier
Le Bain, 1908, fusain et pastel sur papier
La Salle de bains, 1894, dessin sur papier
Intimité, 1894, crayon gras sur papier
Trois nus, 1920, crayon gras sur papier
Nus au miroir, vers 1914, fusain et pastel sur papier
Revenons à la peinture :
Nu à la draperie blanche, 1914, huile sur toile
Jeune fille au bain, 1919, huile sur toile
Nu assis, de dos parmi des arbres, 1929, huile sur toile
Jeune femme sentant un bouquet, 1929, huile sur toile
Femme nue assise, 1921, huile sur toile
Deux figures, 1909, huile sur carton
Femme nue à la draperie, 1919, huile sur toile
Nu debout se coiffant, 1916, huile sur carton
Dans la dernière salle du parcours, un tableau d'une artiste suisse, en regard du Lancement du filet de Suzanne Valadon :
Alice Bailly (1872-1938) : Tireurs d'arc, 1911, huile sur toile de jute
Comme Valadon, Alice Bailly célèbre ici le corps athlétique de jeunes hommes nus s'exerçant au tir à l'arc. Deux femmes nues, assises de dos sur un drap blanc, assistent à la scène. L'une tend le bras, la main pointant probablement la flèche d'un tireur. Bailly inscrit les corps nus de ses personnages dans un vaste paysage aux couleurs dissonantes et aux formes géométriques, formant ainsi une image très dynamique.
Le Lancement du filet, 1914, huile sur toile
Étude pour Le Lancement du filet, 1914, fusain sur papier calque
Valadon reprend ici un classique du nu académique qu'elle détourne dans une veine contemporaine. Elle représente le corps nu de son amant André Utter lançant un filet de pêche sur le bord d'une plage en Corse. Le même geste sous trois angles différents est décliné dans un mouvement de rotation qui met en valeur les courbes athlétiques du modèle. Célébrant la beauté d'un corps aux couleurs chaudes et sensuelles, ce nu masculin est, à cette époque, l'une des rares représentations du désir féminin pour un corps masculin. Le Lancement du filet est la dernière œuvre de Valadon consacrée au nu masculin.
Adam et Ève, 1909, huile sur toile
L'iconographie religieuse traditionnelle d'Adam et Ève se teinte ici d'une charge nouvelle, amoureuse et érotique. Valadon se peint avec son amant André Utter. Valadon ajoutera la ceinture de feuilles de vigne plus tard, sans doute à la demande des organisateurs du Salon des Indépendants de 1920, où le tableau sera révélé au public.
À la sortie de l'exposition, sans doute, dans l'esprit des commissaires, en guise de conclusion :
La Boîte à violon, 1923, huile sur toile
Réalisée à partir d'objets figurant dans l'atelier de Valadon, cette nature morte au thème inhabituel témoigne du talent de coloriste de l'artiste. Le rouge du drapé, sur lequel repose le violon posé sur une commode, contraste avec le bleu profond de l'intérieur de l'étui. Sur le rebord, un livre dont il est impossible de lire le titre, est près de tomber En arrière-plan, on aperçoit la partie basse de son monumental tableau Le Lancement du filet partiellement dissimulé par trois vases très colorés. On peut voir dans cette nature morte une représentation de la synthèse des arts (musique, littérature, art plastique et art décoratif).
Le Printemps des sonneurs
Le temps ce samedi matin était toujours à la pluie, sur le marché de Saint-Renan pourtant animé.
Les vieilles maisons de la place du marché, avec leurs écriteaux "à vendre", ajoutaient à la morosité du lieu.
Mais l'après-midi, le soleil se mit à briller, comme sur la petite chapelle Saint-Sébastien (1643) de Lannilis.
Car il ne fallait pas que soit gâtée la fête qui nous atttendait à Brest : pour clôturer le "Printemps des sonneurs", rassemblement traditionnel des "bagadou" de la région, tous les musiciens allaient défiler depuis le jardin de l'Académie, à côté du Château, jusqu'au Parc à chaines, sur le port..
Dès avant le départ du défilé des bagadou, des groupes folkloriques, bretons ou plus exotiques, se dirigeaient vers le point de rencontre pour une dernière photo souvenir.
Les musiciens sont prêts pour le départ...
...et l'impressionnant cortège descend vers le port.
Arrivés au Parc-aux-chaînes, tous se mettent en place pour l'au revoir final
Le GAS en fête
Chaque année, le Groupe Accueil et Solidarité (GAS), association où l'auteur essaie de mettre à profit les acquis de son passage à la Cour Nationale du Droit d'Asile, organise un repas festif où sont conviés les permanents, les bénévoles et surtout les réfugiés qui à un moment ou un autre sont entrés en contact avec cette organisation.
Les bénévoles arrivent dès dix heures du matin pour installer et décorer la grande salle où se déroulera l'événement.
Il y a un coin avec les photos de la fête de l'année dernière, que les "habitués" pourront emporter, un coin pour occuper les enfants, un coin avec des cadeaux....
Les tables se remplissent petit à petit, chacun a apporté plats de son pays, gâteaux...
La fête continue tout l'après-midi, animée par des musiciens de talent...
Au Parc de Sceaux
Le parc de Sceaux a souvent orné ce blog de ses perspectives ; renouons avec cette tradition en ce début de printemps.
Tout d'abord un coup d'œil sur les "broderies" reconstituées à l'occasion de l'année Le Nôtre, à présent terminées.
Le théâtre de Guignol est lui aussi achevé et ouvrira prochainement ses portes pour sa première "saison".
Les perruches acclimatées il y a quelques années sont aujourd'hui nombreuses, et peu farouches pour peu qu'on leur apporte quelques noisettes
Les jeux d'eaux sont permanents, l'eau étant recyclée en permanence.
Enfin l'orangerie est complètement ravalée et pourra à nouveau accueillir le festival de musique l'été prochain.
Fondation Louis Vuitton
Après le galop d'essai sur le printemps à Paris envoyé depuis mon iPhone, je m'essaie à un véritable article avec la nouvelle interface : quoi de plus photogénique pour cela que la Fondation Louis Vuitton, visitée cet après-midi ?
Depuis notre billet du 15 juin dernier, où le bâtiment était en chantier, cette oeuvre grandiose a été achevée et a ouvert ses portes au public, qui s'y presse déjà en grand nombre.
En arrivant sur le côté du bâtiment, depuis les locaux de la Société d'Equitation de Paris, on est immédiatement surpris par le côté insolite de l'architecture, avec les bureaux au bord de l'eau...
Dès l'entrée, les poissons qui flottent au-dessus de la cafeteria, ou la rose de 8 m d'Isa Gensken, (ici vue d'une galerie supérieure) donnent le ton
L'auditorium, décoré de peintures monumentales d'Ellsworth Kelly aux couleurs très pures, donne sur une cour au pied d'une cascade
Au bord de l'eau, l'installation aux dimensions peu communes d'Olafur Eliasson (5,2 m x 5,4 m x 91 m !) Inside the horizon, commandée pour le bâtiment de la Fondation.
L'architecture de la fondation, si particulière et si riche dans tous ses détails, donne l'impression que les bâtiments de Frank Gehry que nous avons pu voir avant (l'actuelle cinémathèque de Paris, la fondation Guggenheim à Bilbao,...) n'en étaient que des esquisses....
Concluons provisoirement ce billet avec une vue depuis les terrasses de la fondation sur la skyline de la Défense : nous consacrerons un prochain billet aux collections...
Vacances de février
Les lecteurs fidèles du blog ont été privés de billets depuis quelque temps et l'auteur tient à s'excuser auprès d'eux. Ses projets de nouveaux outils de communication prenant un temps certain à trouver un débouché, il leur est proposé quelques rayons du soleil de Bretagne qui illuminent ces petites vacances passées avec quelques petits-enfants.
La route était longue et pluvieuse, mais la récompense au bout du chemin...
Le lendemain, toujours du soleil à Portsall à marée basse pour acheter lieu jaune de ligne et Saint-Pierre
La véloroute des Abers, sur l'emplacement de la voie du "train des patates" de l'Aber Wrac'h à Brest, offre un site sûr aux jeunes cyclistes
Le soleil couchant sur le port de l'Aber Wrac'h est toujours aussi beau, et on découvre dans le port un hôte inhabituel...
Le trimaran Komilfo est là depuis début novembre 2014, en attente, semble-il, de réparation.
Son skipper Julien Mabit-Letourneux avait pris à Saint-Malo le 2 novembre le départ de la Route du Rhum (sa deuxième, car il avait terminé la précédente, en 2010, troisième de sa catégorie).
Il a malheureusement dû faire escale le soir même à l'Aber Wrac'h pour de multiples pannes et a pris le 4 novembre la décision d'abandonner.
Pour plus de détail, voir le site du skipper
Ce matin, commencent les grandes marées de février, en même temps que la nouvelle année chinoise.
Pour rester dans l'esprit du titre du blog:
Le centre Jeanne Hachette à Ivry-sur-Seine
La température ambiante n'incitant pas aux longues promenades en plein air, je me propose de présenter au lecteur une opération urbaine des années 70 qui a valu à son auteur Jean Renaudie, qui l'a réalisée entre 1970 et 1975 avec Renée Gailhoustet, une renommée internationale.
Jean Renaudie (1925-1981) était un architecte passé par l'atelier Perret (voir nos billets XVIème Insolite et Journées du Patrimoine à Arcueil ) qui s'est établi à Ivry-sur-Seine après sa rupture en 1968 avec l'Atelier de Montrouge qu'il avait fondé en 1958 avec Pierre Riboulet, Gérard Thurnauer et Jean-Louis Véret. Il a réalisé avec Renée Gailhoustet de nombreuses constructions à Ivry, mais le centre Jeanne Hachette est la première et la plus emblématique.
Le centre Jeanne-Hachette est situé au coeur d'Ivry, entre la vieille église paroissiale Saint-Pierre et Saint-Paul, dont la partie inférieure du clocher remonte à 1158...
...et le majestueux hôtel de Ville du XIXème siècle, sur l'espanade Georges Maranne, du nom de celui qui fut le maire de cette commune pendant 40 ans, à l'exception de la parenthèse de 1940-1945 où, déchu de sa fonction en janvier 1940, il oeuvra clandestinement dans la résistance dans la région lyonnaise. Notons qu'il fut candidat (du Parti Communiste, est-il besoin de le préciser) à l'élection présidentielle du 21 décembre 1958 qui vit l'élection du général de Gaulle : il obtint 13,03 % des suffrages du collège des grands électeurs, un score qui ferait rêver le PCF d'aujourd'hui...
Tout le centre de la ville est marqué par l'architecture originale imaginée par Renaudie et Gailhoustet.
Les cheminements piétonniers dans le centre offrent des perspectives toujours variées et inattendues...
A l'ntérieur, une exposition sur le budget municipal démontre que la combativité est toujours présente...
La culture n'est pas oubliée, avec cette oeuvre de Marc Charpin, actuellement exposé à l'espace Fernand-Léger.
Les allées intérieures du centre, dénommées curieusement "promenées" (Gérard Philipe, Venise Gosnat,.. tous "compagnons de route" ou adoptés comme tels a posteriori à l'instar de Marat et de Jeanne Hachette) ont connu des jours plus fastes mais avec la boboïsation en cours dans la petite couronne, nul doute qu'elles donneront lieu à terme à un renouvellement des commerçants...
Val de Loire éternel
Le long weekend du 11 novembre a été une fois de plus l'occasion de passer un merveilleux moment de convivialité à l'invitation de nos bons amis C...Quelques images pour vous faire le faire partager, tout d'abord les installations de M. Xavier Frissant, à Mosnes ( http://www.xavierfrissant.com/ ) qui nous a fait découvrir le fié gris, cépage un peu oublié.
Toute proche, la ville d'Amboise, au bord du fleuve, en majesté sous le soleil déclinant d'automne...
Dans la brume du matin, le charmant village de Montlivaut, où quittant la maison d'hôtes et son vieux puits, on se dirige vers le clocher embrumé,
Passant l'église, on arrive sous la voûte du château, passage qui enjambe le chemin pour relier le parc aux viviers
Que ce soit le vieux lavoir ou le château - en anglais local, The Château, toujours habité par le sieur de Montlivault, le visiteur est informé par les soins de la municipalité de l'histoire des lieux...
Après les vins de Touraine, ceux de Bourgueil chez Samuel Démont au Domaine des Mailloches (http://www.vin-bourgueil-mailloches.com/index.php) puis le charme du restaurant du moulin bleu (http://www.lemoulinbleu.com/) sur le côteau au milieu du vignoble
Chinon et sa forteresse royale donnent au bord de la Vienne un spectacle qui n'a rien à envier à celui d'Amboise la veille...
Azay le Rideau, sur le chemin du retour, ferme déjà ses portes mais sa petite église accueille encore le visiteur
Le lendemain, une dernière halte au bord de la Loire pour admirer le pont de Beaugency et la tour dite de César qui domine la silhouette de la vielle cité
Parc de la Villette
En ces jours maussades de novembre où l'automne semble vraiment arrivé, redonnons au lecteur un peu du soleil du début de la saison, où nous avons un peu "redécouvert" un parc que nous avions vu planter et se développer quand nous habitions à proximité, et que nos enfants avaient l'âge d'y être conduits pour s'ébattre...
Ce parc a été réalisé à l'emplacement des anciens abattoirs de la ville de Paris et a mis fin à une histoire bien tourmentée : après l'âge d'or des abattoirs, dont la création sur 39 hectares a été décidée en 1859 pour remplacer les abattoirs alors dispersés dans Paris et dont la réalisation s'est déroulée de 1860 à 1867, ceux-ci ont été jugés vétustes en 1949 et leur reconstruction décidée. Interminable et véritable gouffre financier, cette dernière, commencée en 1959 et arrêtée en 1971 pour aboutir à l'arrêt de toute activuté d'abattage en 1974, est tristement célèbre sous le nom de Scandale de la Villette. Il faut dire que le développement de l'industrie frigorifique rendait l'abattage des animaux près des lieux de production plus rentable et sapait la rationalité économique du projet.
Les vestiges de ces abattoirs sont pour certains grandioses, notamment la grande halle, où nous avions assité il y a un peu plus de vingt ans au discours de Lionel Jospin, alors ministre de l'éducation nationale, devant l'ensemble des proviseurs des lycées de France et de Navarre réunis en pleine grève des lycéens...
Elle a été conçue par l'architecte Jules de Mérindol (1815-1888), élève de Victor Baltard, assisté de Louis-Adolphe Janvier. Lors de son inauguration, elle accueillait 1 360 gros bovins les jours de grands marchés qui se déroulaient tous les lundis et les jeudis. Au fils des ans, ce chiffre monta à 5 000 bestiaux, jusqu'à sa fermeture le 15 mars 1974. Elle apparaît derrière la fontaine aux Lions de Nubie construite en 1811 par Pierre-Simon Girard pour la place du Château-d'Eau et installée en 1867 vers la cour du marché aux bestiaux où elle servait d'abreuvoir, A la droite de la grande halle subsiste le pavillon Janvier, ancien bâtiment administratif, siège actuel de l'EPPGHV (établissement public du parc et de la grande halle de la Villette).
Passé le pavillon Janvier, on aperçoit le chantier du nouveau bâtiment de la Philarmonie de Paris, ouvrage concu par Jean Nouvel dont nous avions présenté la maquette dans notre dernier billet Culture au Quai :
On a peine à croire vu l'état du chantier que cette salle accueillera des concerts dès janvier prochain, mais nous ne manquerons pas de rendre compte au lecteur des progrès de ce chantier...Le long de la grande halle, des pelouses qui supportent la comparaison avec les parcs londoniens accueillent petits et grands sous le soleil automnal
Tout le monde y a sa place...y compris nos amis les moutons qui peuvent ainsi se frotter avec la sculpture contemporaine
Au bout du parc, on retrouve le canal de l'Ourcq, qui sépare la partie sud-ouest du parc de la partie nord-est où sont situées la géode et la cité des sciences et de l'industrie : ses rives toujours très animées accueillent bistrots et attractions diverses
A l'orée du Parc se trouve le service des canaux de la ville de Paris, administration naturellement placée au bord de l'eau et où il doit faire bon travailler...




















