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19 février 2022 6 19 /02 /février /2022 09:00

Retournons à l'art contemporain avec le billet de cette semaine, consacré à l'exposition que consacre la Bourse de Commerce, du 16 février au 3 juin, au sculpteur américain Charles Ray. Elle est ainsi présentée :

Né en 1953 à Chicago, Charles Ray a largement contribué à redéfinir les questionnements sur le médium de la sculpture. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des artistes les plus marquants de la scène internationale. Son œuvre met en relation formes classiques familières et représentations contemporaines. Ancrée dans une profonde connaissance de l'histoire de l'art, elle saisit par la temporalité complexe qu'elle instaure avec les visiteurs.
Concentrée sur la dimension sculpturale de l'oeuvre de Charles Ray et plus particulièrement sur la figuration humaine, cette exposition présente sa recherche la plus actuelle et donne à voir ses réflexions sur les matériaux, ses interrogations autour de l'échelle de représentation, qui altèrent notre rapport à l'œuvre. Marbre, papier fait main, béton, acier inoxydable, aluminium, fibre de verre peinte : la pratique de l'artiste américain convoque aussi bien les techniques ancestrales du travail artisanal que celles de la technologie industrielle la plus innovante. Pour Charles Ray, le choix des matériaux est aussi essentiel que celui des formes. La précision et la complexité qui accompagnent la création de ses œuvres témoignent de sa force d'invention et de son engagement envers la sculpture.

Au rez-de-chaussée, juste après l'entrée,

Jeff, 2021
Marbre  204 x 104 x 124 cm, env. 1543 kg 


Prenant pour modèle un sans domicile fixe rencontré dans la rue, Charles Ray subvertit le genre du portrait assis, généralement réservé aux représentations de la justice et des divinités. Avec Jeff, il sculpte un anti-héros dont l'aspect abattu et défait contraste avec l'ampleur de la présence du personnage et l'expressivité de ses traits. Le choix du marbre -matériau des chefs-d'œuvre depuis la Rome antique- est utilisé pour faire ressentir la difficulté de la vie de son modèle, le poids de son existence coïncidant avec celui de la sculpture elle-même, dépassant la tonne. L'œuvre constitue également pour Charles Ray une façon contemporaine d'aborder la figure du Christ, « aussi humain que divin, tel qu'il m'était décrit lorsque j'étais enfant, mais que j'étais incapable de me figurer. »

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

Dans la rotonde, sous la coupole, trois œuvres : 

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

Unbaled Truck, 2021
Camion écrasé, 193 x 183 x 528 cm, 1044 kg 

Pour réaliser la sculpture Baled Truck (2013) en acier inoxydable, Charles Ray a fait compresser et scanner un camion. Ce même véhicule comprimé et compressé a ensuite été démantelé et «déballoté », reconfiguré et mis en forme pour créer la sculpture Unbaled Truck. L'œuvre fait référence à la première voiture de Charles Ray, qu'il a abandonnée un jour croyant être sur le point d'être enlevé par des extra-terrestres. L'artiste a reconstitué méticuleusement cet objet détruit avec la volonté utopique de lui redonner vie. L'oeuvre peut être interprétée comme une métaphore de la discipline elle-même : la sculpture ne consiste-t-elle pas en la recomposition lente et morcelée du réel? Unbaled Truck peut également incarner une utopie du 20° siècle, productiviste et consumériste, en lien avec l'histoire industrielle de l'Amérique.

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

The New Beetle, 2006
Acier inoxydable peint, 53 x 88 x 72 cm, 91 kg

Prenant pour modèle Abel, le fils du fondeur de Charles Ray, The New Beetle représente un garçon s'amusant avec sa petite voiture. Tout entier absorbé par son jouet - dont Charles Ray sculpte l'obsession en détaillant l'objet davantage que le garçon -, l'enfant rappelle par sa posture le Gaulois mourant antique autant que la sculpture baroque : la complexité de l'ensemble encourage le spectateur à en faire le tour pour en apprécier tous les détails. L'artiste utilise le jouet tenu par l'enfant pour créer un certain rapport à l'espace : posés à même le sol, sans socle ni mise à distance, le garçon et son jouet invitent le spectateur à s'intéresser à l'espace lui-même.
 

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

Return to the One, 2020
Papier fait main, 151 x 160 x 141 cm, env. 4 kg 

Return to the One est un portrait de l'artiste qui le représente en situation d'attente, bien loin des stéréotypes du créateur génial. L'œuvre est en papier, fabriqué selon des techniques traditionnelles. L'artiste considère que cette oeuvre est un dessin. Plutôt qu'avec un stylo, un crayon ou un fusain appliqué sur le support plat du papier, c'est avec l'espace lui-même que l'image du personnage a été créée. Le titre fait référence au philosophe grec Plotin et à ses écrits sur la relation entre l'individu et le cosmos.
 

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

Au deuxième étage, galerie 4 :

Boy with Frog, 2009
Acier inoxydable peint, 244 x 75 x 105 cm, 204 kg

Conçue par Charles Ray pour l'ouverture de la Punta della Dogana en 2009, Boy with Frog était destiné à être exposé dans l'espace public, à «devenir un citoyen », selon les mots de l'artiste. La monumentalité inattendue de l'œuvre altère profondément l'espace dans lequel elle s'inscrit. Son iconographie renvoie aux sculptures célèbres de l'Apollon sauroctone, nu, tendant son bras pour attraper un lézard, et au David de Donatello brandissant la tête de Goliath tandis que sa facture rappelle le Spinario du 5e siècle. Charles Ray interroge la dimension spatiale de la sculpture : «Le sens de la sculpture réside dans l'espace entre le garçon et la grenouille.» Absorbé par la contemplation de l'animal, l'enfant peut figurer une métaphore de l'existence -de l'apprentissage, de la découverte d'autrui - ou bien une parabole sur le rapport du spectateur à l'œuvre.

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

Galerie 5 :

Study after Algardi, 2021
Papier fait main, 350 x 262 x 75 cm, 55 kg

Cette œuvre est inspirée d'un bronze du 17e siècle d'Alessandro Algardi, souvent nommé le Cristo Vivo, un exemple notable du style baroque où le corps du Christ est figuré avec beaucoup d'expressivité, de mouvement et de sensualité. Charles Ray en tire une réplique considérablement agrandie qui déréalise l'aspect naturaliste de l'originale. La légèreté de la composition, réalisée en papier fait main, accentue l'effet d'envol que semble accomplir le personnage. L'absence de croix amplifie l'impression de flottement dans l'espace, tandis que la blancheur du papier lui confère un caractère spectral, comme si Charles Ray parvenait à vider de sa substance l'une des représentations les plus chargées de l'histoire de la sculpture pour la transformer en pur travail spatial.

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

Concrete Dwarf, 2021
Béton, 94 x 160 x 109 cm, env. 114 kg

Cette œuvre s'inscrit dans les recherches de Charles Ray sur la représentation sculptée du sommeil. La posture du personnage peut rappeler les types antiques de l'Éros endormi, comme de l'Hermaphrodite du musée du Louvre ou encore la posture du Christ endormi. Les vêtements du personnage, son t-shirt, son jean et ses baskets hautes le placent cependant dans une contemporanéité évidente. Chez Charles Ray, tout un chacun peut devenir le sujet d'une sculpture monumentale. La posture et la lourdeur de Concrete Dwarf éveillent un doute: l'homme est-il endormi ou mort?

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

Doubting Thomas, 2021
Fibre de verre peinte, 202 x 119 x 55 cm, env. 82 kg

L'œuvre se réfère à l'épisode biblique de l'incrédulité de l'apôtre Thomas face à la résurrection du Christ. Dubitatif, il demande à voir ses plaies et même à introduire son doigt dans la blessure laissée à son côté par la lance de Longin. Ce duo sculpté est l'occasion pour Charles Ray de créer une « armature » par le vide laissé entre les personnages : Thomas désigne davantage la blessure, et donc l'espace qui le sépare du Christ, qu'il ne cherche à pénétrer sa chair. Le bras levé du Christ, le doigt tendu de Thomas, le regard focalisé sur la plaie sont autant de liaisons visuelles qui confèrent à l'ensemble un grand dynamisme. Métaphore de la sculpture et de son inscription dans l'espace, Doubting Thomas renvoie à la relation entre le regardeur et la sculpture : nous regardons Thomas désigner le Christ, qui, lui, s'offre à nous.

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

Galerie 6 :

Fall '91, 1992
Fibre de verre peinte, cheveux, vêtements, bijoux, verre et métal, 244 x 66 x 91 cm

« Fall ’91 est-il la sculpture d’une grande dame ou d’un grand mannequin de vitrine ? Vu depuis le fond de la pièce, les proportions de l’œuvre semblent normales. Lorsque vous vous approchez, elle grandit, ou vous rétrécissez. Cela dépend de votre psychologie. La sculpture est fidèle aux conventions de l’idéalisation du mannequin de vitrine. Elle ne fait que d’enfreindre la convention de l’échelle.

Un mannequin ne peut jamais avoir de sourire. Son regard est peint vers l’extérieur afin de ne jamais avoir de contact visuel avec le consommateur. Un mannequin moderne n’est pas inquiétant. Il n’a ni âme, ni dimension intérieure. Le mannequin moderne a été conçu pour que le consommateur puisse se projeter dans les vêtements qu’il porte. Une fonction différente de la sculpture classique, mais néanmoins une idéalisation. Le mannequin recèle un secret de la figuration contemporaine. Nous sexualisons ce avec quoi nous ne pouvons pas coucher. »

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

Tabletop, 1988
Bois, assiette en céramique, conteneur en métal, bol en plastique, gobelet en plastique, shaker en aluminium, pot en argile, plante, moteur

« Tabletop n’est pas une nature morte car la table est aussi importante que les objets sur sa surface. Regardez sous la table : est-ce une bombe ? Les objets sur sa surface tournent à différents rythmes et à des vitesses presque imperceptibles.

Les objets et leurs vitesses sont des événements qui existent dans des domaines temporels distincts. Le temps et la vision sont tous deux hallucinogènes. Le son pourrait l'être aussi mais l'artiste est né dépourvu de l’oreille musicale. »

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

et dans un coin dérobé protégé de la vue des enfants,

Oh! Charley, Charley, Charley..., 1992
Fibre de verre peinte et cheveux, 183 x 457 x 457 cm

« Réflexion sur le désir, au travers duquel l'autre n'est finalement qu'une projection de soi-même», cette sculpture présente huit répliques grandeur nature de l'artiste engagées dans ce qui s'apparente à une orgie, les corps restant cependant éloignés de toute action sexuelle, enfermés dans une forme de solitude physique. Cette oeuvre charnière marque la fin de l'intérêt de Charles Ray pour les mannequins et le début de son travail autour d'une figuration à l'échelle 1. Au-delà de son caractère provocant, elle mobilise plusieurs références artistiques - des Bourgeois de Calais d'Auguste Rodin pour le rapport à l'espace du groupe sculpté au Baiser de Constantin Brancusi constitué d'un seul bloc sculpté duquel émergent deux amoureux fusionnels. L'œuvre explore aussi l'histoire de la sculpture contemporaine, reprenant du minimalisme la façon de s'inscrire dans l'espace et de modifier la perception d'un lieu, et s'emparant des habitudes pop de présenter des images immédiatement percutantes.

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

Galerie 7 :

Girl on Pony, 2015
Aluminium, 213 x 152 x 9 cm, 224 kg

Girl on Pony figure une jeune fille - la filleule de l'artiste - chevauchant son poney, lequel demeure pour l'essentiel hors cadre. Si les vêtements et les accessoires de la cavalière renvoient à notre monde contemporain, la technique du bas-relief et la position de profil rappellent les sarcophages grecs. L'image familière d'une jeune fille s'adonnant à sa passion prend alors une portée funéraire et sacrée. Le relatif effacement du cheval comme de celui des traits de la jeune fille contrastent avec le soin apporté aux détails des harnachements et des vêtements. Comme souvent chez Charles Ray, la différence de traitement de chaque détail aiguise l'engagement perceptif du spectateur. L'œuvre peut faire l'objet de lectures spatiales différentes, quand bien même l'image se déploie presque entièrement en deux dimensions.

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

Sleeping Woman, 2012
Acier inoxydable, 90 x 113 x 127 cm, 2620 kg

Cette sculpture est inspirée par une sans-abri dormant sur un banc. Son poids - près de 3 tonnes - et sa dimension - légèrement supérieure à l'échelle humaine - donnent à Sleeping Woman un caractère « géologique ». Selon l'artiste, la matérialité de la sculpture transmet au spectateur le poids du sommeil de la femme. En prenant pour modèle une personne qu'il a vue dans la rue, Charles Ray poursuit son renouvellement des sujets sculptés. Les figures monumentales représentent le pouvoir et la précarité sociale. Cette œuvre a demandé plusieurs années de travail à l'artiste; l'impression d'éternité qui se dégage du personnage résonne avec la complexité de sa fabrication.

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

Burger, 2021
Fibre de verre peinte, 224 x 104 x 103 cm, 54 kg

Cette œuvre montre autant un personnage que l'attention que celui-ci porte à l'objet qu'il tient entre ses mains : ce dernier semble d'ailleurs détaillé différemment de la figure humaine. A nouveau, Charles Rav modèle l'espace en créant une relation entre deux objets. Légèrement surdimensionnés, le personnage et son repas mettent en jeu des questions de densité et de présence physique. L'artiste poursuit également son exploration de la culture populaire américaine en réinterprétant un moment iconique du monde actuel, comme un reflet contemporain de l'oeuvre d'Auguste Rodin, Le Penseur (1880).

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

Tractor, 2003
Aluminium, 144 x 306 x 155 cm, 885 kg

Reconstitution pièce par pièce d'un tracteur, cette œuvre est autant une réflexion sur le geste du sculpteur, recomposant le réel à partir de morceaux de matières, qu'une évocation de l'enfance de l'artiste et du souvenir d'avoir joué avec un tracteur abandonné. Le rendu en aluminium fait osciller le véhicule entre différents états: témoignage de l'Amérique rurale, évocation des jeux de l'enfance, indice du temps qui passe et qui excède la temporalité humaine. Surtout, par l'assemblage de toutes les parties, réalisées par les différents assistants et unifiées en un seul objet, Tractor apparaît comme une interrogation conceptuelle de la sculpture elle-même. Charles Ray l'envisage comme une « ruine », un objet « transparent », « philosophique », que l'on peut traverser par le regard et démonter mentalement.

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

Young Man, 2012
Acier inoxydable, 180 x 53 x 34 cm, 658 kg

Suivant le thème grec du kouros - l'homme nu représenté en appui sur une jambe - Young Man a pour modèle le sculpteur Ry Rocklen, un ami de Charles Ray. Young Man évoque l'histoire de la représentation de la nudité masculine à travers l'usage du contrapposto et la notion de corps en mouvement. Loin de présenter un type idéalisé, musculeux et symétrique, la sculpture rend davantage compte de la normalité du modèle. Le corps de l'homme est représenté avec toutes ses particularités, le rendant si individualisé, si proche de nous. L'aspect métallisé de l'acier inoxydable crée une sorte de tension visuelle qui perturbe sans cesse notre regard par le jeu de déformations lumineuses et rapproche le personnage d'une forme d'abstraction.
 

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

Sur le parvis du bâtiment, une autre sculpture monumentale :

Horse and rider, 2014
Acier inoxydable, 278 x 102 x 269 cm

Horse and rider reprend la figure classique de la statue équestre, dans la lignée des célèbres statues de Marc-Aurèle à Rome, des chefs de guerre Gattamelata ou Colleone en Italie ou de Louis XIV à Paris. L'œuvre subvertit ici les notions de pouvoir, d'assurance et de virilité habituellement convoquées par le genre. La représentation altière et en mouvement d'un homme ou d'une femme illustre laisse place à la figure de l'artiste vouté, la main suspendue, sans rênes pour diriger sa monture à l'arrêt: « Je ne suis pas un cavalier et le cheval le sait. J'ai tenté de sculpter ma nervosité ainsi que celle du cheval ».

Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection
Charles Ray - Bourse de Commerce Pinault Collection

Il ne nous reste plus qu'à nous traverser le forum des Halles pour nous rendre au Centre Pompidou, à quelques centaines de mètres, pour vous présenter l'autre exposition que celui-ci consacre à Charles Ray, dans un partenariat public-privé inédit. Ce sera l'objet d'un prochain billet.

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12 février 2022 6 12 /02 /février /2022 09:00

Intéressante exposition au musée Marmottan-Monet, hommage non pas tant à une peintre - même si quelques tableaux d'elle sont présentés à cette occasion - qu'à une personne au cœur du mouvement impressionniste.

Née en 1878, Julie Manet est le seul enfant de Berthe Morisot (nos billets du 27 juillet 2019 et du 3 août 2019) et d'Eugène Manet, le frère cadet d'Édouard Manet. Elle posa tout au long de sa vie pour sa mère et pour d'autres peintres impressionnistes. Stéphane Mallarmé fut son tuteur après le décès de son père en 1892. Elle épousa en 1900 Ernest Rouart, peintre et fils du peintre Henri Rouart. Lors de la même cérémonie, sa cousine Jeannie Gobillard épousa Paul Valéry.

Avec son mari, elle s'engagea à défendre et à faire reconnaître les œuvres des impressionnistes. Au cours des années 1930, le couple va promouvoir ceux-ci en célébrant les centenaires des peintres impressionnistes à travers des expositions monographiques, aidés par leur proximité avec Paul Jamot, conservateur honoraire du Louvre. Elle consacra aussi sa vie à faire reconnaître l'art de sa mère, Berthe Morisot et publiera le tout premier catalogue raisonné des œuvres de cette dernière.

A l'entrée de l'exposition, deux toiles de son mari Ernest Rouart (1874-1942) :
Portrait de Julie Manet (non daté)
L'Heure du thé ou Mme Ernest Rouart et ses trois fils Julien, Clément et Denis, vers 1913.

 

Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste

Une enfant modèle

-modèle pour sa mère Berthe Morisot (1841-1895) :

Eugène Manet et sa fille dans le jardin de Bougival, huile sur toile, 1881
Petite fille assise dans l'herbe, aquarelle sur papier, 1882
Au bord du lac, huile sur toile, 1883
 

Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste

Fillette au jersey bleu, pastel sur toile, 1886
Julie Manet et sa levrette Laërtes, huile sur toile, 1893
Julie rêveuse, huile sur toile, 1894

Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste

-modèle pour Pierre Auguste Renoir (1841-1919) :

Julie Manet ou L'Enfant au chat, huile sur toile, 1887
Berthe Morisot et sa fille Julie, pastel et fusain sur papier collé sur carton, 1894
Portrait de Julie Manet, huile sur toile, 1894

Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste

Stéphane Mallarmé, un poète pour tuteur

C'est tout d'abord avec l'oncle de Julie, Édouard Manet, que le poète symboliste Stéphane Mallarmé (1842-1898) se lie d'amitié. L'admiration des deux hommes est sincère ; ils collaborent à l'édition du poème de l’Américain Edgar Allan Poe Le Corbeau traduit par Mallarmé et illustré par Manet en 1875. Comme pour beaucoup de ses amis, Manet offre au poète son portrait pour lequel il pose en 1876. A la mort du peintre, en 1883, Mallarmé se rapproche de la mère de Julie. Dès 1888, ses parents déclarent l'homme de lettres tuteur de Julie, une fonction qu'il occupe à la mort d'Eugène Manet, en 1892. C'est à cette période que Berthe Morisot peint sa fille en robe de deuil, accompagnée du lévrier Laërtes, cadeau de son tuteur. Marqué par le dernier portrait que Berthe fait de sa fille, une toile inachevée mais dont se dégage une présence étonnamment forte, Mallarmé compose un quatrain qui donne son titre au tableau Julie Manet au chapeau liberty. Habituée depuis son enfance à séjourner auprès du poète à Valvins, non loin de Fontainebleau, Julie continue d'y être reçue à la mort de sa mère. Elle est désormais accompagnée de ses cousines, Paule et Jeannie Gobillard, un trio que le poète surnomme sans tarder «l'escadron volant» en raison de ses nombreux voyages.

Édouard Manet (1832-1883) : Stéphane Mallarmé, huile sur toile, 1876
Berthe Morisot : La Seine à Valvins, huile sur toile, 1893
Julie Manet au chapeau liberty, huile sur toile, 1895

«Le rire prompt à se taire
Dont votre air grave est diverti
L'ombrage d'un autre mystère
Que le seul chapeau Liberty»

Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste

L'Escadron volant  1895-1900

Berthe Morisot et sa sœur Yves Gobillard (1838-1893) ont élevé leurs filles comme des sœurs. L'aînée, Paule Gobillard (1867-1946), est particulièrement proche de sa tante. Comme l'impressionniste, elle deviendra peintre après avoir été son élève. C'est à ce titre que Paule pose le pinceau à la main dans le salon-atelier de Berthe Morisot à vingt ans. Elle suivra ensuite les conseils de Renoir qui fait son portrait à la sanguine au tournant du siècle. Sa sœur Jeannie Gobillard (1877-1970), de dix ans sa cadette, voit le jour à Paris, dans l'appartement de sa tante Berthe Morisot, quelques mois avant Julie. Après le décès de leurs parents, les orphelines emménagent au quatrième étage d'un immeuble construit par les parents de Julie au 40, rue de Villejust (actuelle rue Paul-Valéry) dans le XVI° arrondissement. Paule veille sur les plus jeunes, elle est l'interlocutrice du tuteur Mallarmé qui lui décerne le titre de «demoiselle Patronne »,
Entre 1895 et 1900, «l'escadron volant» - comme le surnomme le poète - partage son temps entre Paris et la province où il visite ses proches. C'est à l'occasion d'une de leurs nombreuses visites à Renoir que Julie et Jeannie posent pour Le Chapeau épinglé. C'est aussi à cette période que Julie pratique la peinture avec le plus d'assiduité sous le regard bienveillant de Renoir. Le double portrait de ses sœurs-cousines présenté dans cette section est sans aucun doute l'une de ses toiles les plus ambitieuses et les plus accomplies.

Berthe Morisot : Paule Gobillard peignant, huile sur toile, 1886
Pierre Auguste Renoir : Portrait de Paule Gobillard, sanguine sur papier, non daté - Le Chapeau épinglé, lithographie en sept couleurs sur papier vergé, 1898
Julie Manet : Portraits de Jeannie au piano et Paule l'écoutant, huile sur toile, 1899

Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste

Mariage au Louvre


Chez les Manet, le Louvre est le lieu de toutes les rencontres et de tous les apprentissages. Dans ces familles où l'on grandit un crayon à la main, la copie d'après les maîtres est un passage obligé. Le Louvre, un incontournable. Édouard Manet le premier y fait ses gammes, copie La Vierge au lapin et Jupiter et Antiope du Titien. Vient ensuite Berthe Morisot qui travaille d'après Véronèse. C'est à l'occasion d'une de ses séances qu'elle est présentée en 1869 au déjà célèbre Manet pour lequel elle pose à de multiples reprises. Berthe Morisot étendue est peint peu avant qu'elle n'épouse le frère de l'artiste, Eugène Manet.
Entre Julie Manet et Ernest Rouart, l'histoire se répète. Julie étant inscrite au Louvre comme copiste, Edgar Degas y orchestre, en 1897, une rencontre avec son élève qui a posé son chevalet devant Minerve chassant les Vices du jardin de la Vertu de Mantegna. Le maître fait les présentations, Ernest qui est le fils du grand collectionneur Henri Rouart reste coi. Pour autant, l'entourage de Julie et d'Ernest est unanime et voit dans cet épisode le début de leur idylle. Leur mariage est célébré le 31 mai 1900. Julie pose dorénavant pour son mari. Ernest l'immortalise le pinceau à la main, érigeant son épouse au rang d'alter ego.

Édouard Manet :
Vierge au lapin (d'après Titien), huile sur toile, 1854
Jupiter et Antiope (d'après Titien), huile sur toile, 1856
Berthe Morisot étendue, huile sur toile, 1873

Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste

Ernest Rouart : 
Minerve chassant les Vices du jardin de la Vertu (d'après Mantegna), huile sur toile, 1897
Portrait de Julie Manet peignant, huile sur toile, 1905
Edgar Degas (1834-1917) : Rue du village de Saint-Valéry-sur-Somme, huile sur toile, vers 1896-1898

Ernest Rouart et Julie Manet sont tous deux très liés à Degas qu'ils considèrent comme un membre de leur famille. Le jeune couple commence son voyage de noces à Saint-Valéry-sur-Somme, villégiature des Degas depuis 1857, où le peintre a réalisé certains de ses rares paysages.
 

Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste

La dernière des Manet

À la fin du XVIII° siècle, l'arrière-grand-père de Julie, Clément Manet (1764-1814), s'installe à Gennevilliers dont il est le premier maire. L'homme acquiert d'importants terrains dans la ville au point qu'on dit qu'il en est le propriétaire. Ce patrimoine foncier est d'abord partagé entre ses quatre enfants. Leurs lignées s'éteignant peu à peu, Julie est, en 1894, la dernière descendante directe. Elle hérite à ce titre de l'ensemble du patrimoine réuni par Clément que se partagent alors deux branches, la branche De Jouy de son parrain et la branche Manet dont Julie est issue. La veuve d'Edouard Manet, sa tante Suzanne Leenhoff (1829-1906), n'ayant hérité que de dettes, l'ensemble du patrimoine foncier de la branche paternelle revient à Julie, apportant à cette dernière une aisance financière que ni ses parents, ni ses oncles et ses cousins n'auront jamais connue. Julie reste proche de sa tante Suzanne. Cette dernière lui offre régulièrement croquis et dessins en mémoire de son oncle. Toutefois, les idées des deux femmes divergent quant à la gestion de l'oeuvre de Manet, ce qui est source de tensions. Les décisions de l'une choquent l'autre ; Julie s'insurge lorsqu'elle apprend que sa tante a confirmé l'authenticité de tableaux de Manet laissés inachevés mais retouchés par d'autres, comme elle l'affirme à propos des Baigneuses.

Édouard Manet : Baigneuses en Seine, huile sur toile, vers 1874-1876

En 1899, Julie constate que plusieurs Manet douteux circulent sur le marché. La nièce du peintre s'insurge lorsqu'elle découvre Baigneuses en Seine, l'imposante esquisse d'une femme à trois jambes dont l'une a été dissimulée sous un repeint. Julie envisage d'intenter un procès et dénonce l'intervention de faussaires. Son action contribue à juguler ces pratiques, incitant les générations suivantes à restaurer les œuvres dénaturées. Ainsi, les Baigneuses ici présentées ont-elles retrouvé leur état initial.

Portrait de Madame Manet ou La Femme au chat, huile sur toile, vers 1880

Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste

L'Enfant aux cerises, huile sur toile, 1858
À la mort de Manet en 1883, ce tableau revient à son frère, Eugène. L'œuvre est présentée à l'exposition Manet de 1884 où elle fait sensation. Ce succès ne dissuade pas Berthe Morisot de s'en séparer sur-le-champ : « Je suis en pourparlers pour vendre mon Enfant aux cerises d'Édouard. C'est une chose relativement médiocre mais qui a eu un énorme succès », écrit-elle. C'est plus vraisemblablement la fin tragique de l'enfant-modèle qui est à l'origine de cette décision. Ce garçon mélancolique se pendit dans l'atelier de Manet en 1860. C'est sans doute pour éloigner autant que possible ce souvenir insoutenable que ce tableau ne fut jamais accroché rue de Villejust.

Monsieur et Madame Auguste Manet, huile sur toile, 1860
Portrait de Berthe Morisot à l'éventail, huile sur toile, 1874

Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste
Julie Manet - La mémoire impressionniste

Julie Manet, Berthe Morisot et les musées

L'intérieur de Julie Manet regorge de Berthe Morisot. Peintures, aquarelles et dessins de l'impressionniste envahissent l'espace. Julie est bien la pieuse gardienne de l'œuvre de sa mère. Elle ne s'arrête pas là et entend également en assurer la promotion. Telle est la mission qu'elle s'assigne, telle sera l'œuvre de Julie. L'entreprise implique de montrer et de faire circuler la peinture, comme le lui a expliqué Renoir. C'est dans ce seul but que Julie se sépare de certaines œuvres. Renoir l'y aide. C'est par son biais et celui de son cercle que le musée de Lyon acquiert la petite Niçoise, en 1907. La reconnaissance de Morisot passant nécessairement par le musée, Julie entreprend, la même année, une campagne de dons. Elle s'appuie sur ses proches et leur entregent. Ernest s'engage sans compter auprès de son épouse. Il est le premier à intervenir auprès du directeur du musée de Pau qu'il connaît par Degas pour offrir Pasie cousant dans le jardin à Bougival. Le beau-frère de Julie, Eugène Rouart, établi dans le Sud-Ouest, plaide auprès du conservateur du musée de Toulouse qui accepte Sur le banc. À Paris, l'oncle d'Ernest, Alexis, facilite l'entrée de La Fleur aux cheveux au musée du Petit Palais. Les Valéry ne sont pas en reste. Ainsi le frère de Paul, Jules, intercède-t-il auprès du conservateur du musée de Montpellier, la ville où il réside, afin que L'Été en rejoigne les collections permanentes.

Berthe Morisot :
Paysanne niçoise, huile sur toile, 1889
Pasie cousant dans le jardin à Bougival, huile sur toile, 1889
Sur le banc, huile sur toile, 1893
Jeune fille en décolleté, la fleur aux cheveux, huile sur toile, 1893
L'Été, huile sur toile, 1879

 

Julie Manet - La mémoire impressionniste
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M. et Mme Ernest Rouart, Collectionneurs et donateurs

En 1912, l'extraordinaire collection du beau-père de Julie, Henri Rouart (1833-1912), est dispersée aux enchères. Ernest, son époux, rachète autant d'œuvres que possible et consacre quarante pour cent de son héritage à ces acquisitions. Entrent ainsi rue de Villejust une vingtaine de toiles et dessins, qui sont autant de témoignages de la passion pour l'art qui unit Ernest et Julie et donne un sens à leur vie. Certaines de ces toiles sont présentées dans cette section, voisinant avec des œuvres appartenant à Julie.
Julie et Ernest œuvrent également au titre de donateurs. À l'issue de la vente Henri Rouart, ses enfants offrent au Louvre des pièces majeures, tel Crispin et Scapin d'Honoré Daumier, et contribuent à l'acquisition de La Dame en bleu de Corot. Considérant avec Ernest l'art comme un patrimoine commun, Julie procède elle aussi à plusieurs dons. La spectaculaire Dame aux éventails de Manet entre au Louvre en 1930, en mémoire de sa mère, Berthe Morisot.

Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875) :

La Dame en bleu, huile sur toile, 1874
Le Bois sur la côte de Grâce à Honfleur, huile sur toile, vers 1830
Volterra, route descendant de la ville, huile sur toile, vers 1834
La Source, huile sur toile, vers 1850-1855
Tivoli. Les jardins de la villa d'Este, huile sur toile, 1843

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Eugène Delacroix (1798-1863) : Autoportrait, huile sur toile, 1830-35
Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) : Bergers dans un paysage, huile sur toile, vers 1765
Hubert Robert (1733-1808) : Vue du Louvre. Les jardins de l'Infante, huile sur toile, 1798
Johan Berthold Jongkind (1819-1891) : Un canal près de Rotterdam, huile sur toile, 1857

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Un accrochage "dense", à la manière d'un cabinet de curiosités, où le lecteur avisé saura reconnaître des dessins et aquarelles d'Édouard Manet, Daumier, Degas, Gauguin, Renoir, Odilon Redon, Puvis de Chavannes.

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Claude Monet (1840-1926) : Les Villas à Bordighera, huile sur toile, 1884

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Honoré Daumier (1808-1879) : Crispin et Scapin, huile sur toile, vers 1864

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Édouard Manet : La Dame aux éventails, huile sur toile, 1865

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En guise de transition avec la deuxième partie de l'exposition, qui permet de mieux connaître le personnage de Julie Manet, cet accrochage avec, au centre une toile d'Ernest Rouart Au Mesnil, Julie Manet écrivant, non datée, entourée de toiles de Julie Manet Yves tenant un livre (vers 1941), Jean-Michel au col Pierrot (vers 1935), Françoise bébé (vers 1942)

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Au premier étage du musée, dans la deuxième partie de l'exposition,, des photos de famille comme celle du double mariage, le 31 mai 1900, de Julie Manet avec Ernest Rouart (à gauche) et de sa cousine Jeannie Gobillard avec Paul Valéry (à droite)

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Paule Gobillard : Le château du Mesnil

En1891, Berthe Morisot acquiert à Juziers (Yvelines) le château du Mesnil. Son époux décédant l'année suivante, elle se détourne du lieu. « Je m'y sens mortellement triste et ai hâte d'en sortir. » À l'été 1892, Berthe y fait un bref passage afin de mettre la maison en état et la louer au plus vite. Elle n'envisage pas de la vendre ayant « une entière satisfaction à penser que Julie en jouira et la peuplera d'enfants ». L'histoire lui donnera raison. Alors que le château est encore loué, Julie fait visiter les lieux à Ernest trois mois après leurs fiançailles, le 22 avril 1900. Le Mesnil sera leur maison. Un lieu qu'ils ne cesseront d'embellir et d'entretenir, un havre pour les familles Rouart-Manet et Valéry-Gobillard.

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Un certain nombre d'œuvres de Julie Manet, certaines où l'on sent l'influence de sa mère Berthe Morisot :

Portrait de Paule Gobillard, huile sur toile, vers 1894
Femme et fillette au bord du lac, huile sur toile, 1893-1894
Martha en robe de velours vert, huile sur toile, 1894 et Jeune fille au chien, huile sur toile, 1898

Julie Manet - La mémoire impressionniste
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D'autres où l'influence de Renoir est plus marquée, comme ce Portrait de Jeanne Baudot, Femme devant la cheminée, Avant le Bal et La cueillette du pêcher.

Julie Manet - La mémoire impressionniste
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Terminons sur des œuvres de Berthe Morisot, qui font partie des collections permanentes du musée Marmottan et avaient bien sûr également leur place dans cette très belle exposition.

Pomme coupée et pichet, huile sur toile, 1876
Cygnes, pastel sur papier, 1885
Au Bois de Boulogne,  huile sur toile, 1893
Sous-bois en automne, huile sur toile, 1894

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5 février 2022 6 05 /02 /février /2022 09:00

Nous terminons la visite de l'exposition du musée d'Orsay "Signac collectionneur", que nous avions débutée dans notre précédent billet.

Les « néo »

Signac aime s'entourer de « toiles amies » et les peintres néo-impressionnistes sont très logiquement au coeur de sa collection. Théo Van Rysselberghe, qui a longtemps été un de ses camarades de lutte les plus proches, lui offre l'admirable portrait En mer, portrait de Paul Signac. En 1887, l'achat de L'Homme à sa toilette signe le début de son amitié avec Maximilien Luce. Celui-ci adopte dès lors la touche divisée à laquelle il renonce dans les années 1890 pour une facture plus libre. Charles Angrand compte lui aussi parmi les premiers représentants du cercle « néo ». Mais s'il dessine admirablement, il peint peu, au grand regret de Signac. Henri-Edmond Cross entre dans le cercle néo-impressionniste relativement tard, en 1891, et se lie d'une étroite amitié avec Signac. Les deux peintres échangent des tableaux et se voient régulièrement dans le Midi où Cross accompagne la réflexion théorique de Signac sur la couleur. À partir de 1895, leurs touches s'élargissent dans un usage de la couleur libre et audacieux. Après la mort de Cross en 1910, Signac continue d'acquérir ses toiles. Parmi les peintres de la seconde génération néo-impressionniste, Signac apprécie beaucoup l'art de son amie et élève Lucie Cousturier.

Charles Angrand (1854-1926) :

La Grange sous la neige, crayon Conté sur papier, 1895
Lapins, soleil levant, crayon Conté sur papier, 1905
Le mouton rouspéteur, crayon Conté sur papier, 1908-1910
Au Champ, huile sur toile, 1906

Signac collectionneur (2/2)
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Plusieurs toiles de Maximilien Luce (1858-1941), peintre anarchiste que nous avions découvert dans notre billet du 9 novembre 2019 consacré à Félix Fénéon. Politiquement et artistiquement proche de Signac, il entretiendra avec lui une longue amitié.

L'Homme à sa toilette, huile sur toile, 1887
Le Café, huile sur toile, 1892
L'Échafaudage dit aussi Le Drapeau rouge, étude pour l'affiche La Bataille Syndicaliste, huile sur papier marouflé sur toile, 1910

 

Signac collectionneur (2/2)
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Saint-Tropez, dit aussi Pins au bord de la mer, huile sur carton en forme d'éventail, vers 1890
Le Louvre et le Pont Neuf la nuit, huile et gouache sur papier en forme d'éventail, vers 1891
Nature morte, buisson de fleurs, huile sur toile, non daté

Signac collectionneur (2/2)
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et toujours de Maximilien Luce, des portraits :

Portrait de Paul Signac, huile sur bois, 1889
Portrait d'Henri-Edmond Cross, étude pour Henri-Edmond Cross, huile sur carton, vers 1898
Portrait de Lucie Cousturier, huile sur carton, vers 1903

Signac collectionneur (2/2)
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Théo Van Rysselberghe (1862-1926)

Les deux peintres se lient d'amitié en 1887, lors de la présentation à Bruxelles de Un dimanche après-midi à l'île de la Grande Jatte de Seurat. Van Rysselberghe adopte la touche divisée l'année suivante et défend dès lors avec brio le néo-impressionnisme en Belgique. En 1892, il navigue avec Signac, qu'il quitte à Sète, peu avant l'arrivée à Saint-Tropez. En 1896, il lui offre, en souvenir de cette expédition, le portrait du «captain» Signac, maître à bord d'Olympia et chef de file des néos.

En mer, portrait de Paul Signac, dit aussi Paul Signac à la barre de son bateau l'Olympia, huile sur toile, 1896
Étude pour En mer, portrait de Paul Signac, sanguine, 1896
L'Homme à la barre (Yves Priol, marin de Paul SIgnac), huile sur toile, 1892
Portrait de Berthe Signac, huile sur toile, vers 1900-1902
 

Signac collectionneur (2/2)
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Un peu perdues dans cette section, deux femmes : la peintre belge Juliette Combier (1879-1963), élève de Maurice Denis, Sérusier, Vuillard : Ma cheminée, huile sur toile, 1917

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et Lucie Cousturier (1876-1925), élève de SIgnac et Henri-Edmond Cross :

Nature morte fruits, huile sur toile, vers 1903
Nature morte fleurs, huile sur toile, vers 1900-1910

Signac collectionneur (2/2)
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Terminons cette section avec Henri-Edmond Cross (1856-1910), dont l'exposition présente de nombreuses toiles, à commencer par :

Blanchisseuses en Provence, huile sur toile, vers 1885-1889 

Cross adopte la touche divisée en 1891 et refuse dès lors de montrer ses œuvres de jeunesse. La plupart ont disparu, à l'exception d'un ensemble de portraits de famille et de rares scènes de plein-air comme Blanchisseuses en Provence qui témoigne de l'intérêt précoce de Cross pour la lumière du Midi. On ne sait dans quelles circonstances ses amis Signac et Ker-Xavier Roussel entrent en possession de l'œuvre, mais c'est afin d'honorer la mémoire de Cross qu'ils l'offrent au musée des Arts décoratifs en 1929.

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La Ferme (soir), vers mai 1892 - avant mars 1893

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Baigneuses, dit aussi La Joyeuse Baignade, huile sur toile, 1899; repris et modifié fin 1902

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La Plage de Saint-Clair, huile sur toile, 1901

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Côte provençale, le four des Maures, huile sur toile, juin 1906 - février 1907

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Le Naufrage, huile sur toile, juin 1906 - février 1907

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Toulon, matinée d'hiver, huile sur toile, décembre 1906 - avril 1907

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Avant l'orage (La Baigneuse), huile sur toile, novembre 1907 - janvier 1908

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Rivière de Saint-Clair, huile sur toile, mars-mai 1908

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Les surprises d'une collection

Co-fondateur puis président du Salon des Artistes indépendants à partir de 1908, Signac figure longtemps au carrefour des avant-gardes, et certains de ses choix témoignent d'intérêts inattendus. Proche de Vincent Van Gogh, qu'il fréquente à Paris dès 1887, il recevra en 1889 Deux harengs, en souvenir d'une visite au peintre interné à Arles. Sensible à l'expressivité de la couleur, Signac a aussi privilégié les fauves pour sa collection : Matisse, Camoin, Marquet, Puy, d'Espagnat et surtout Valtat. De Kees Van Dongen, Signac obtient deux tableaux importants, Nu à la jarretière et Modjesko, Soprano, acquis chez Bernheim-Jeune en 1907 et 1908. Il aime aussi la céramique fauve et réunit un bel ensemble d'œuvres de son ami André Metthey.

La collection de Signac révèle son engouement pour le nu, genre qu'il a lui-même rarement abordé, dont un Édouard Vuillard réduisant un nu féminin à quelques aplats de couleur. Acquis aux idées anarchistes, Signac achète sans surprise des estampes de cette veine auprès de Félix Vallotton, mais choisit aussi plus étonnamment chez ce peintre Marée basse, Honfleur, traité en aplats sombres. Et, s'il admire grandement Pierre Bonnard, ce ne sont pas ses toiles les plus lumineuses qu'il retient, mais celles aux teintes plus sourdes de gris et de verts. Il possèdera aussi deux peintures de Maurice Denis et une de Ker-Xavier Roussel, deux artistes dont il est proche. Enfin, lui qui a tant raillé les symbolistes possédait tout de même un chef-d'œuvre d'Odilon Redon : un fusain intitulé Le Centaure tirant à l'arc.

Tout d'abord trois toiles, que Signac présentait ensemble et considérait comme le joyau de sa collection :

Henri-Edmond Cross :  Composition, dit aussi L'Air du soir, huile sur toile, 1893-1894
Henri Matisse (1869-1954) : Luxe, calme et volupté, huile sur toile, hiver 1904-1905
Louis Valtat (1869-1953) : Femmes au bord de la mer, huile sur toile, vers 1904

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Deux autres œuvres d'Henri Matisse dans cette collection :

Étude pour le goûter, aquarelle sur papier, été 1904
Notre-Dame, huile sur papier, printemps 1904 ou printemps 1905

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et trois de Louis Valtat :

Nocturne (effet de lune), huile sur toile, vers 1900-1901
Les Roches rouges de l'Esterel, huile sur toile, 1900-1901
Femme à la fourrure, esquisse de Femme au renard, huile sur bois, vers 1902

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Vincent Van Gogh (1853-1890) : Deux harengs, huile sur toile, 1889

En 1887 Van Gogh fait la connaissance de Signac. Une passion commune pour la couleur les rapproche et ils peignent côte à côte sur les bords de Seine. Quand son ami Vincent est interné à Arles en 1889, Signac lui rend visite. Bien que la porte de l'atelier de Van Gogh ait été mise sous scellés, les deux peintres en forcent l'entrée. En souvenir de cette journée mémorable, Van Gogh offre Deux harengs à Signac, parce que «cela représentait deux harengs fumés, qu'on nomme gendarmes».

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Odilon Redon (1840-1916) : Le Centaure tirant à l'arc, fusain et pastel sur papier, non daté

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Louise Hervieu (1878-1954) : Papillon, fusain et estampe sur papier, non daté

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Kees Van Dongen (1877-1968) :

Nu à la jarretière, huile sur toile, 1907
Modjesko, Soprano, huile sur toile, 1908

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Félix Valloton (1865-1925) :

Deux xylographies : L'Anarchiste (1892) et La Charge (1893)
Marée basse, Honfleur, huile sur carton, 1901

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Ker-Xavier Roussel (1867-1944) : Nymphes et satyres, huile sur panneau, non daté

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Édouard Vuillard (1868-1940) : Nu au tabouret dans l'atelier, huile sur carton, vers 1900

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Maurice Denis (1870-1943) :

Trestrignel jaune, dit aussi Jeunes femmes sur la plage, huile sur bois, vers 1897
Soir de fête, en bord de Seine dit aussi La Promenade : La Fête à Meulan, jaune, huile sur carton parqueté, vers 1900

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Pierre Bonnard (1867-1947) : Bateaux au port, Cherbourg, huile sur toile, 1910

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Albert Marquet (1875-1947) : La Seine, temps gris dit aussi Quai des Grands Augustins : Quais à Paris, huile sur toile, vers 1905

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Charles Camoin (1879-1965) : La Rue Bouterie, huile sur toile, 1904

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Georges d'Espagnat (1870-1950) : Baigneuses, huile sur toile, 1909-1910

Signac collectionneur (2/2)

et pour terminer ce billet, nous retrouvons à nouveau, comme lors de notre visite de la collection Morozov, notre découverte de l'été au musée de Pont-Aven, Jean Puy (1876-1960) :

Quai à Saint-Tropez, dit aussi Le Port de Saint-Tropez, huile sur toile, vers 1906

Signac collectionneur (2/2)

ainsi que, juste avant la sortie, les poteries d'André Metthey (1871-1920), avec qui Jean Puy avait beaucoup travaillé et que nous avions aussi découvert à Pont-Aven.

Signac collectionneur (2/2)
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29 janvier 2022 6 29 /01 /janvier /2022 09:00

Encore une très belle exposition au musée d'Orsay, avec des œuvres d'une grande variété, et qui donne l'occasion de revoir quelques chefs d'œuvre.

Paul Signac (1863-1935) collectionne surtout les œuvres de ses contemporains. Figure de proue du néo-impressionnisme, membre fondateur du Salon des Artistes indépendants créé en 1884, grand organisateur d'expositions, il est en effet au cœur de l'actualité artistique. L'amitié jouant un grand rôle dans sa vie, les échanges entre peintres et les cadeaux contribuent largement à l'enrichissement de sa collection. Issu d'une famille de commerçants aisés, Signac achète aussi auprès d'artistes souvent moins favorisés que lui ou sur le marché de l'art. En 1906, son ami le journaliste et critique d'art Félix Fénéon est engagé par la célèbre galerie parisienne Bernheim-Jeune et devient son marchand. Dès lors, Signac acquiert régulièrement des tableaux auprès de cette galerie. Sans surprise, ses choix reflètent une prédilection pour la couleur pure. Militant de la cause « néo », Signac aime convaincre ses interlocuteurs, et les tableaux qu'il accroche aux murs de ses résidences, à Paris comme à Saint-Tropez, illustrent ses idées. Il reçoit chez lui peintres, marchands et critiques d'art. Parmi eux. les premiers historiens de l'impressionnisme, Julius Meier-Graefe et surtout John Rewald, qui retiennent que la filiation entre l'impressionnisme et le fauvisme s'opère via le néo-impressionnisme.

L'exposition ouvre sur quelques œuvres de Paul Signac :

Route de Gennevilliers, huile sur toile, 1883

 

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Herblay. Brouillard. Opus 208, huile sur toile, 1889

Signac collectionneur (1/2)

Femmes au puits. Opus 238, huile sur toile, 1892

Signac collectionneur (1/2)

Les Andelys. La Berge, huile sur toile, 1886

Signac collectionneur (1/2)

Saint-Tropez. La Bouée rouge, huile sur toile, 1895

Signac collectionneur (1/2)

Avignon. Soir (le château des Papes), huile sur toile,, 1909

Signac collectionneur (1/2)

La Voile verte (Venise), huile sur toile, 1904

Signac collectionneur (1/2)

Les maîtres

Autodidacte et admirateur de Monet, Degas, Caillebotte et Guillaumin, Signac tente dès l'adolescence de convaincre sa famille d'acheter de la peinture impressionniste. Il se forme en regardant leurs œuvres, dont certaines trouveront place dans sa collection. À l'issue de la vente posthume d'Édouard Manet en 1884, il ne peut s'offrir qu'un dessin mais, dès qu'il reçoit, à 21 ans, une somme mise de côté pour lui, il achète La Plaine de Saint-Ouen-l'Aumône, vue prise des carrières du Chou, un Cézanne qu'il conservera toute sa vie. Si l'art de Claude Monet déclenche la vocation de peintre de Signac, ses œuvres entreront dans sa collection tardivement, pour des raisons financières, avec Le Village de Lavacourt et Pommier en fleurs au bord de l'eau, acquis respectivement vers 1930 et 1932. Armand Guillaumin, qu'il rencontre en 1884, est le premier peintre à le conseiller, Signac acquiert sa peinture Quai de la Rapée. Grâce à lui, il entre en relation avec Camille Pissarro qui sera un maître bienveillant. Il lui achète notamment une œuvre néo-impressionniste, Le Troupeau de moutons, Éragnysur-Epte (1888). C'est par son intermédiaire qu'il achète son premier Degas en 1887, Avant le lever de rideau : plusieurs dessins rejoindront ensuite sa collection, notamment après les ventes qui suivent le décès de l'artiste en 1918. Parmi les maîtres collectionnés, il faut citer encore Eugène Boudin (6 œuvres) et Johan Barthold Jongkind (1 peinture 15 dessins, 2 eaux-fortes et 26 aquarelles) ainsi que les artistes japonais (une quinzaine d'estampes et une vingtaine d'albums illustrés) dont l'art est pour Signac une source majeure d'inspiration.

Eugène Delacroix (1798-1862) : Mazeppa, plume et aquarelle sur papier, non daté

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Johan Barthold Jongkind (1819-1891) :

Anvers, aquarelle et crayon sur papier, 28 septembre 1866
Le Chaland, canal de Willebroek, aquarelle et crayon sur papier, 1866

Signac collectionneur (1/2)
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Eugène Boudin (1824-1898) :

Étude de ciel, pastel, non daté
Bateaux de pêche par temps gris, huile sur bois, 1888-1890

Signac collectionneur (1/2)
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Armand Guillaumin (1841-1927) : Quai de la Rapée, huile sur toile, vers 1880-1881

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Camille Pissarro (1830-1903) :

Paysannes au bois, huile sur toile, 1881
Paysanne assise, pastel sur papier, vers 1880-1882
Paysans, retour de marché, aquarelle et crayon sur papier, vers 1880-1885
Enfants jouant, dit aussi Enfants au jardin, aquarelle, 1887
Le Troupeau de moutons, Éragny-sur-Epte, huile sur toile, 1888

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Paul Cézanne (1839-1906) :

Trois poires, dit aussi Les Trois Poires : Nature morte, huile sur toile, 1878-1879
La Plaine de Saint-Ouen-l'Aumône vue prise des carrières du Chou dit aussi Auvers-sur-Oise, huile sur toile, vers 1880

Signac collectionneur (1/2)
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Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) ; Deux paysages et une nature morte, huile sur toile, non daté

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Claude Monet (1840-1926) : Pommier en fleurs au bord de l'eau, huile sur toile, 1880

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Edgar Degas (1834-1917) :

Deux danseuses en maillot (Arlequin et Colombine), fusain gras sur papier, 1892
Plusieurs autres dessins de la même période

Signac collectionneur (1/2)
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Edouard Manet (1832-1883) : La Belle Polonaise, lavis d'encre de Chine et crayon sur papier, vers 1878

Signac collectionneur (1/2)

Cette section se termine sur les artistes japonais :

Katsushika Hokusai (1760-1849) :

La Manga, deux des quatorze volumes d'illustrations publié de 1814 à 1878

Signac collectionneur (1/2)
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Deux œuvres hautes en couleurs dont nous n'avons pas relevé l'auteur ni la date 

Signac collectionneur (1/2)
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et quatre belles gravures sur bois en couleurs nishiki-e, ôban tate-e, triptyque :

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Utagawa Hiroshige (1797-1858) : Épisode de la vie de Minamoto no Yoshitsune (1159-1189), non daté
Utagawa Kusinada (1786-1865) :
Scène nocturne sur la terrasse d'un restaurant, non daté
Un prince, une princesse et des dames de la cour naviguant sur l'étang d'un jardin sous une pleine lune en juin, illustration probable d'un épisode du Dit du Genji, 1849-1850
Utagawa Yoshitsuya (1822-1868) : Yoshitsune et ses dix-neuf serviteurs dans un bateau (Yoshitsune jûku shin), 1847-1852

Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)

Georges Seurat

Signac rencontre Georges Seurat en 1884 lors du premier Salon des Artistes indépendants. Malgré des formations et des tempéraments radicalement différents, ils se lient d'amitié et s'intéressent ensemble aux thèses scientifiques contemporaines autour de la perception de la couleur (Charles Blanc. Eugène Chevreul, Charles Henry et Ogden Rood). À cette époque, Signac admire l'art de Monet et peint de façon impressionniste. Mais tout change au cours de l'hiver 1885-1886, quand Seurat reprend son œuvre Un dimanche après-midi à l'île de la Grande Jatte (1884-1886). Il ponctue la toile de petites touches de couleurs pures, laissant à l'œil du spectateur le soin d'opérer, à distance, la fusion des tons. D'emblée, Signac adopte cette nouvelle technique, bientôt baptisée « néo-impressionniste », et qui ne tarde pas à faire de nombreux adeptes. Quand Seurat meurt brutalement en 1891, Signac devient le chef de file du mouvement et défend la mémoire de son ami disparu. Très tôt, il collectionne ses œuvres, réunissant un ensemble exceptionnel de plus de 80 dessins, études, esquisses et tableaux, recouvrant tous les aspects et toutes les périodes de l'art de Seurat.

Georges Seurat (1859-1891) : Portrait de Paul Signac, crayon Conté sur papier, 1890
 

Signac collectionneur (1/2)

Le Cirque, huile sur toile, 1891

Quand Seurat meurt en 1891, son dernier tableau, Le Cirque, apparaît comme son testament artistique. Bouleversé, Signac s'efforce dès lors d'honorer la mémoire de son ami, collectionne ses œuvres avec passion et achète Le Cirque en 1900. Obligé de se séparer en 1923 de ce fleuron d'un ensemble de plus de 80 peintures et dessins de Seurat, il n'accepte de le céder à John Quinn, un collectionneur américain, que sous la promesse de le léguer au Louvre. En 1924, Le Cirque est ainsi le premier Seurat à entrer dans les collections nationales.

Signac collectionneur (1/2)

Chahut, esquisse, huile sur toile, 1889

Si Signac s'intéresse de près aux travaux préparatoires de ses confrères, c'est notamment parce qu'il y trouve un enseignement. Ici, son choix s'est arrêté sur la seconde esquisse de Chahut (1889-90), une grande toile de Seurat empreinte d'un humour caricatural. Tous les éléments de la composition finale sont déjà présents dans cette esquisse de moyennes dimensions, jusqu'à la bordure et au cadre peint, auxquels Seurat prête toujours un soin particulier.
 

Signac collectionneur (1/2)

La Seine à Courbevoie, huile sur toile, 1895

Signac collectionneur (1/2)

Le Tas de pierres, dit aussi Casseurs de pierre, huile sur toile, vers 1884
et trois petites esquisses de tableaux :
Poseuse debout, esquisse, dit aussi De face
Petite esquisse des Poseuses
Aman-Jean en Pierrot

Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)

Trois études de paysages de petite dimension :

Le Fort Samson à Grandcamp
Abords du village
Gravelines : un soir

Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)

et trois autres petites études pour Un dimanche après-midi à l'île de la Grande Jatte (1884-1885)
Trois dos
Couseuse
Paysage, homme assis, femme étendue

Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)

Nous invitons le lecteur à patienter jusqu'à un prochain billet pour la fin du parcours de cette si riche exposition.

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22 janvier 2022 6 22 /01 /janvier /2022 09:00

Un billet touristique aujourd'hui : un week-end en Périgord où nous sommes allés "caver" chez nos bons amis.
Tout d'abord, quelques aspects de cette si belle région.
Lalinde, au bord de la majestueuse Dordogne

Au pays du diamant noir
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Son petit port sur le canal, avec la statue de la Coulobre, le dragon local qui figure sur les armes de Bergerac.

Au pays du diamant noir
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Une troupe d'oies (sauvages ?) au bord du fleuve

Au pays du diamant noir
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Le barrage et la centrale hydroélectrique de Mauzac

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Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir

Le beau pont ferroviaire de Mauzac, construit en 1878 par la Compagnie du Paris-Orléans pour la ligne Bordeaux-Sarlat, seul pont à arches elliptiques sur la Dordogne.

Au pays du diamant noir
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Au pays du diamant noir

Un pèlerinage au village de Trémolat, lieu de tournage du film de Claude Chabrol Le Boucher, avec Jean Yanne et Stéphane Audran.
La belle mairie-école, où Stéphane Audran jouait l'institutrice, et la cour où jouaient ses élèves

Au pays du diamant noir
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Un hôtel au restaurant étoilé, et ses spécialités aux truffes du chef Vincent Arnould

Au pays du diamant noir
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avec sa salle à manger aménagée dans un ancien séchoir à tabac

Au pays du diamant noir
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son fumoir pour les amateurs de havanes

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et des salons plus cosy pour les dames

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Dans l'élégant jardin, 

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vue d'un côté sur le bourg...

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et de l'autre sur la charmante petite église Saint-Hilaire (12ème siècle), qui était autrefois l'église paroissiale, l'église Saint-Nicolas étant l'église monastique...

Au pays du diamant noir
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...au centre du bourg, vers lequel nous dirigeons ensuite nos pas.

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L'église monastique Saint-Nicolas est un très intéressant monument, des XIème et XIIème siècle, avec une file de coupoles sur pendentifs.
Le prieuré est mentionné dès 852 dans un diplôme de Charles-le-Chauve comme dépendant de l'abbaye bénédictine de Saint-Cybard, d'Angoulême.

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Un intéressant autel du début du XVIIIème siècle, mis en place par Guillaume II, marquis d'Alesme, prieur commendataire.

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Les boiseries du fond de l'église ont été déposées en 1979 pour permettre l'examen des peintures médiévales de la dernière travée du chœur.

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De l'emplacement de l'ancien cloître, une vue sur le clocher-donjon de cette église fortifiée.

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Nous remontons sur les hauteurs pour admirer le cingle de Trémolat, représenté sur le panneau à côté de celui de Limeuil, juste en amont.

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Le cingle, vu du contrefort qui le domine au nord.

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La petite église Saint Pierre Saint Paul de Grand Castang

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une intéressante toiture dans le village

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et le vieux puits au milieu du village.

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Passons à Sainte-Alvère, avec son église Saint-Pierre-ès-Liens (XVIIIème siècle) 

Au pays du diamant noir
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et son ancien presbytère, dont on découvre la façade sur jardin après un détour qui offre une belle vue sur le chevet de Saint-Pierre-ès-liens.

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Un peu plus loin, le village de Paunat avec sa belle église Saint-Martial, église d'un prieuré fondé au IXème siècle et dépendant de l'abbaye Saint-Martial de Limoges. L'église primitive ayant été détruite par les Normands, l'édifice actuelle, avec son clocher porche,  a été construit principalement au XIIème siècle.

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Au couchant, nous passons par Limeuil,

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qui domine le confluent de la Vézère et de la Dordogne.

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Passons à la partie "cavage", dans la propriété de nos amis.

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La truffe se repère à la mouche, sulliae gigantea. Il faut aussi y mettre le nez, si la mouche a déserté les lieux. Si le froid décourage l'insecte, le chien Félix prend le relais...

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Il faut ensuite creuser délicatement - ici, avec une corne de chevreuil - pour voir sa quête récompensée...

Au pays du diamant noir
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Le soir venu, il faut soigneusement débarrasser le champignon de sa gangue de terre et vérifier la fraîcheur de la gléba par un léger coup de canif 

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Terminons avec le coeur battant de l'activité truffière de la contrée, le marché de Sainte-Alvère, qui se tient tous les lundi matins à la saison.

Au pays du diamant noir

Après un coup d'œil sur l'espace pédagogique, 

Au pays du diamant noir
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Nous descendons vers le marché qui se tient devant l'église Saint-Pierre-ès-liens. La foule des acheteurs, au premier rang desquels chefs et courtiers, attend l'ouverture des portes à 10H précises ; les apporteurs ont eux été convoqués à 9H pour que chaque tubercule proposé à la vente soit contrôlé et classé en 1ère ou 2éme catégorie - ou refusé!

Au pays du diamant noir
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Ce lundi, seulement une quarantaine de kilos étaient proposés à la vente, et le marché s'est achevé assez rapidement...

Au pays du diamant noir
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15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 09:00

Nous terminons la visite de la rétrospective Baselitz au Centre Pompidou (cf. notre billet du 8 janvier 2022). En guise de frontispice, une version géante de la sculpture Zero Dom, bronze, 2021, érigée pour la durée de cette rétrospective sur le parvis de l'Institut de France. En effet, Georg Baselitz a été élu le 23 octobre 2019 à l'Académie des Beaux-Arts, en qualité de membre associé étranger et y a été installé le 27 octobre dernier.

Nous débuterons avec une des grandes salles installées autour d'une sculpture de l'artiste, 

Au-delà de l'abstraction

Dès 1977, Baselitz réunit une collection d'art africain qui compte aujourd'hui parmi les plus importantes au monde et qui l'a considérablement inspiré pendant la naissance de son travail de sculpteur, ainsi qu'au fil de ses différents motifs. En 1980, pour représenter la RFA à la Biennale de Venise, il expose sa première sculpture Modell für eine Skulptur [Modèle pour une sculpture], seule au centre du hall du pavillon allemand. Inspiré de figures lobi qui lèvent le bras pour tendre la paume de la main vers le ciel, le geste représenté, trop proche du salut hitlérien, déclenche un nouveau scandale médiatique. Cette fois cependant, l'inventivité dans la manière de créer un lien entre la sculpture tribale, l'art brut et la sculpture en bois de l'Allemagne médiévale apporte à l'artiste une renommée internationale. Ses motifs picturaux variant entre des autoportraits et des représentations de corps dans diverses positions (à la plage, buvant) s'inscrivent sur des fonds abstraits dont la palette évoque celle des peintres expressionnistes.

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
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Autour de Modell für eine Skulptur [Modèle pour une sculpture], bois de tilleul et tempera, 1979-1980, sept grandes toiles :

Gebeugter Trinker [Buveur penché], huile sur toile, 1982

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Bucklinger Trinker [Buveur bossu], huile sur toile, 1981

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Frau am Strand [Femme à la plage], huile sur toile, 1981

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Die Mädchen von Olmo II [Les Filles d’Olmo II], huile sur toile, 1981

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Mein Vater blickt aus dem Fenster IV [Mon père regardant par la fenêtre IV], huile et tempera sur toile, 1981

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Mein Vater blickt aus dem Fenster I [Mon père regardant par la fenêtre I], huile et tempera sur toile, 1981

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Adieu, huile sur toile, 1982

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La poésie du quotidien

Parallèlement à la peinture, Georg Baselitz crée des dessins et gravures à travers lesquels il explore davantage les motifs qui le préoccupent périodiquement. Au début des années 1980, il s'intéresse à la représentation du corps dans des actions volontairement banales, dévoilant ses maladresses. L'artiste expose ainsi sa vision théâtrale et poétique de la vie quotidienne et de la condition humaine.

Profilkopf [Tête de profil], xylographie à partir de deux plaques, 1982
Gebeugter Kopf [Tête penchée], xylographie, 1982
Lesender Mann [Homme lisant], xylographie, 1982

Baselitz - La rétrospective (2/2)
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Baselitz - La rétrospective (2/2)
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Zeichnungen zu den Strandbildern [Dessins pour les Tableaux de plage], ensemble de dessins craie noire, mine graphite, encre bleue sur papier, 1981

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
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Orangenesser (KON-GO KON-GO) [Mangeur d'orange (KON-GO KON-GO)], linogravure à partir de deux plaques, 1981

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et au fond de cette petite salle, une sculpture Ohne Titel [Sans titre], bois de peuplier, 1982-1983

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Zeitgeist

En 1982, Baselitz crée Le Joueur de tambour (1982) montrant un homme nu tambourinant (ou luttant ?) entre des aplats de couleurs, le noir, le rouge et l'or évoquant le drapeau allemand. La même année, pour l'exposition « Zeitgeist » au Martin-Gropius-Bau, alors situé à proximité immédiate du mur de Berlin, Georg Baselitz crée la série Mann im Bett [Homme au lit] (1982). Installées en hauteur lors de leur présentation initiale, ces peintures monumentales semblent flotter dans l'espace telles des fenêtres inaccessibles montrant des individus isolés, menacés et exclus de la société. Les titres et motifs des tableaux correspondent librement avec Plainte (II) (1914), l'un des derniers poèmes du poète expressionniste austro-hongrois Georg Trakl.

Cette  salle est organisée autour d'une grande statue Ohne Titel [Sans titre], bois de tilleul et peinture à l'huile, 1982-1983

Baselitz - La rétrospective (2/2)
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Baselitz - La rétrospective (2/2)
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Kopf in der Sonne [Tête au soleil], huile sur toile, 1982

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Mann im Bett [Homme au lit], huile sur toile, 1982

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Sterne im Fenster [Étoiles dans le fenêtre], huile sur toile, 1982

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Der Trommler [Le joueur de tambour], huile sur toile, 1982

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Franz im Bett [Franz au lit], huile sur toile, 1982

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Weg vom Fenster [S'éloigner de la fenêtre], huile sur toile, 1982

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Adler im Fenster [Aigle dans la fenêtre], huile sur toile, 1982

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Hommage à Munch

Georg Baselitz entame avec cette autre série créée en 1982 une correspondance picturale avec les silhouettes peintes par Edvard Munch, réinterprétant notamment ses tableaux Autoportrait en enfer (1903) et Le Noctambule (1923-1924)
 

Baselitz - La rétrospective (2/2)
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Das letzte Selbstbildnis II [Le Dernier Autoportrait II], huile sur toile,1982
Deux huiles sur toile Ohne Titel [Sans titre], 1982

Baselitz - La rétrospective (2/2)
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Rotschopf [Rouquin], huile sur toile,1982
Mahler mit Segelschiff [Peintre avec voilier], huile sur toile,1982
Edvard form Spiegel [Edvard devant le miroir], huile sur toile,1982

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L’espace des souvenirs

En novembre 1989, alors que le mur de Berlin vient de tomber, Baselitz plonge dans ses souvenirs d'enfance, ceux de la ville de Dresde détruite après les bombardements de 1945, qu'il découvre à l'âge de sept ans. Pendant l'année 1990, il poursuit ce travail de mémoire en rendant hommage aux Trümmerfrauen, ces femmes qui ont déblayé les villes pierre par pierre et activement participé à leur reconstruction, avec la série de sculptures intitulée Dresdner Frauen [Femmes de Dresde] (1990). Entre 1991 et 1995, l'artiste cherche à traduire son ressenti et crée un ensemble de 39 tableaux monumentaux, Bildübereins [Tableau-sur-un-autre). Il y superpose des têtes, bustes ou corps de facture toujours plus abstraite, parfois réduits à des tâches de couleurs, à des grilles de motifs abstraits - que l'artiste appelle des « ornements ». Ces grands formats nécessitent un travail au sol, pratique que l'artiste utilise encore aujourd'hui.

Dresdner Frauen - Besuch aus Prag [Femmes de Dresde - Visite de Prague], bois de frêne et tempera, 1990
Dresdner Frauen - Die Elbe [Femmes de Dresde - L'Elbe], bois de frêne et tempera, 1990
Dresdner Frauen - Die Wendin [Femmes de Dresde - La femme wende], bois d'érable et tempera, 1990

Baselitz - La rétrospective (2/2)
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Baselitz - La rétrospective (2/2)
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Bildneunundzwanzig [Tableau-vingt-neuf], huile sur toile,1994

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Bildsechsundzwanzig [Tableau-vingt-six], huile sur toile,1994

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Bildnzwölf [Tableau-douze], huile sur toile,1992

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et le plus coloré, dont je n'ai pas noté le numéro...

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Des Tableaux russes à Remix

Choqué par la découverte des dossiers le concernant établis par la Stasi en RDA, Baselitz écrit en mars 1997 le texte Wir besuchen den Rhein [Nous visitons le Rhin]. Il y évoque la façon dont cette expérience influence son état d'esprit comme son travail. À partir de 1998 et jusqu'à 2005, il revisite les souvenirs de sa jeunesse est-allemande et l'imagerie de propagande diffusée en RDA dans un cycle intitulé Russenbilder (Tableaux russes).

Braunung [Brunissement], huile sur toile, 2009

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In the Works Canteen (Kobozev) [Dans la cantine des travailleurs (Kobozev)], huile sur toile, 1999

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Irgendwann vergessen - Sandteichdamm [Oublié un jour - Digue du Sandteich], huile sur toile, 2009

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Anxiety I (Korzhev) [Anxiété I (Korzhev)], huile et fusain sur toile, 1999

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En 2006, Georg Baselitz et sa femme vendent le château de Derneburg et emménagent sur les rives de l'Ammersee, en Bavière. Cette nouvelle étape inspire à l'artiste un travail d'introspection sur ses sources d'influences et ses propres tableaux qui donne naissance au cycle Remix - selon le terme utilisé en musique. Baselitz joue avec les compositions existantes, y ajoute des références nouvelles et rend hommage à des artistes qu'il vénère, tel Otto Dix (1891-1969).

Pauls Hund (Remix) [Le Chien de Paul (Remix)], huile sur toile, 2008

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Olmo-Mädchen (Remix) [Filles d'Olmo (Remix)], huile sur toile, 2006

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Moderner Maler (Remix) [Peintre moderne (Remix)], huile sur toile, 2007
Modell war ein Roter (Remix) [Le modèle était un rouge (Remix)], huile sur toile, 2008

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
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Elkeporträt (Portrait d'Elke], huile sur toile, 2010
 

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Franz Marc, mine graphite et encre de Chine sur papier, 2018
Sch. R. und seine Frau [Sch. R. et sa femme], mine graphite et encre de Chine sur papier, 2018

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)

F. P., mine graphite et encre de Chine sur papier, 2018
Erich Heckel, mine graphite et encre de Chine sur papier, 2018

Baselitz - La rétrospective (2/2)
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Gute Nacht [Bonne nuit], encre de Chine et aquarelle sur papier, 2001
Marcel Duchamp, encre de Chine et aquarelle sur papier, 2001

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)

Ce qui reste

Les silhouettes évanescentes qui se fondent dans la matière picturale obsèdent l'artiste ces dernières années. Leur composition découle du premier double portrait de l'artiste avec sa femme Elke, intitulé Schlafzimmer [Chambre à coucher] (1975), dans lequel le couple est représenté nu assis sur deux chaises. Ces tableaux sont aussi inspirés par le double portrait des parents d'Otto Dix (un peintre que Baselitz vénère) assis sur un canapé (Les Parents de l'artiste II, 1924). Souvent peintes sur de très grands formats, les formes de ces silhouettes sont obtenues à l'aide de matrices dont les empreintes sont appliquées sur des fonds unis préalablement peints.

In der Tasse gelesen, das heitere Gelb [Lu dans la tasse, le jaune enjoué], huile sur toile, 2010


 

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Springtime of the Black Mountain lake [Printemps au lac de Black Mountain], huile sur toile, colle à dispersion et bas nylon sur toile, 2020

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Gold drauf und drunter [Or par-dessus et par-dessous], huile et vernis doré sur toile, 2019
Schatten ist nicht drin [Dedans il n'y a pas d'ombre], huile et vernis doré sur toile, 2019

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Sandteichapotheke I [Pharmacie du Sandteich I], huile sur toile, 2018

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Oberimzinn [Millondansver], huile sur toile, 2010-2013

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Wagon-lit mit Eisenbett [Wagon-lit au lit en fer], huile sur toile, 2019

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Ein weißes Bild mit Ottos Sofa [Un tableau blanc avec le canapé d'Otto], huile sur toile, 2016

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Ach, rosa, ach, rosa [Ah rose, ah rose], huile sur toile, 2015

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Cette dernière salle est organisée autour de la sculpture en bronze patiné Winterschlaf [Hibernation] de 2014. Cette sculpture, dont la matrice a été taillée à vif dans le bois, est de même facture que celle érigée devant l'Institut de France, qui figure au début de ce billet.

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
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Pour aller plus loin : cérémonie de réception de Georg Baselitz à l'Académie des beaux-arts. 

https://youtu.be/20qfM7qGVOU

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8 janvier 2022 6 08 /01 /janvier /2022 09:00

Georg Baselitz, né en 1938 près de Dresde en Saxe, étudie l'art en République démocratique allemande, avant de passer à Berlin-Ouest. C'est là que commence sa carrière avec une première exposition en 1963 qui fait scandale. Réfutant dès ses débuts tout dogme artistique, il met en scène une iconographie sombre et hybride, peuplée de mythes et de légendes. Il se tourne par la suite vers des sujets plus ordinaires et fait de la recherche picturale le véritable objet de son art. Le renversement du motif tête en bas, auquel il aboutit en 1969, est désormais considéré comme la marque de l'artiste. Pour celui qui a connu deux régimes totalitaires, nazi puis soviétique, cette méthode est à la fois un moyen d'affirmer sa liberté artistique, de préserver la présence de sujets qui lui sont chers et de questionner ce que nous cherchons à voir ou à reconnaître. Ce sont les moments forts de soixante années de création que le Centre Pompidou a choisi de présenter.

À la découverte des avant-gardes

G. Antonin, huile sur toile de jute, 1962 (en référence à Antonin Artaud)

Baselitz - La rétrospective (1/2)

G.- Kopf [Tête - G.], huile sur toile, 1960-1961

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Hommage à Charles Meryon, huile sur toile, 1962-1963

Ici, l'artiste fait honneur au graveur français Charles Meryon (1821-1868) et s'inspire plus précisément de l'ambiance inquiétante de son dessin Bateau de pêche aux voiles gonflées par mer houleuse (1857, Paris, Musée d'Orsay). Alors que dans l'oeuvre de Meryon, les tons blancs, bleus et gris dominent, Baselitz utilise ici des tons rouges-bruns. Il évoque ainsi le daltonisme de Meryon et transforme le paysage maritime en une scène inquiétante.

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Autoportraits d'un vécu

Die große Nacht im Eimer [La Grande Nuit foutue], huile sur toile, 1962-1963

Révolté par la découverte des horreurs commises par Adolf Hitler et le régime national-socialiste, Georg Baselitz exprime ici sa colère. Pour créer ce personnage abîmé, il s'inspire de l'anecdote d'une lecture du poète irlandais Brendan Behan (1923-1964) pendant laquelle celui-ci a ouvert son pantalon. La première exposition de cette œuvre dans une jeune galerie à Berlin-Ouest en octobre 1963 fait scandale et déclenche un procès très médiatisé pour atteinte à la pudeur. Lorsque Baselitz revisitera cette œuvre dans la série Remix en 2005, le personnage prendra plus clairement l'allure du dictateur.

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Oberon (1er salon orthodoxe 64 - E. Neïzvestny), huile sur toile, 1963-1964

Dans cet autoportrait hallucinatoire, Baselitz se représente en Oberon, roi des elfes, démultiplié en quatre têtes au regard vitreux et au cou démesurément long. Le sous-titre fait référence à l'exclusion du sculpteur soviétique Ernst Neïzvestny (1925-2016) de l'Union des artistes, ses œuvres ayant été jugées « dégénérées » par Nikita Khrouchtchev. 

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Der nackte Mann [L'Homme nu], huile sur toile, 1962
Der Haken [Le Crochet], huile sur toile, 1962

Baselitz - La rétrospective (1/2)
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Sur tout un mur de cette salle, une série de pieds et de mains de 1960-1963 dont les titres comportent tous les initiales P. D. pour Pandemonium en référence à la capitale imaginaire des enfers.

Baselitz - La rétrospective (1/2)
Baselitz - La rétrospective (1/2)
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Des Héros déchus

En 1965, Georg Baselitz obtient une bourse pour séjourner six mois à la Villa Romana de Florence. Sensible à la démarche volontairement non académique des peintres maniéristes au 16e siècle, c'est pour lui l'occasion d'étudier leurs motifs et la manière dont ils utilisent les distorsions dans leurs compositions. Dès son retour à Berlin, il peint l'œuvre B.j.M.C - Bonjour Monsieur Courbet (1965) qui contribue à la création d'un nouveau corpus d'œuvres intitulé de manière provocatrice Ein neuer Typ [Un nouveau type], plus tard connu sous l'appellation des Helden (Héros). Baselitz prend ici comme point de départ l'iconographie des représentations romantiques, voire pathétiques, de l'« homme parfait ». Cette nouvelle galerie de personnages - partisans, peintres ou poètes - erre dans des campagnes ou forêts dévastées. Avec le tableau-manifeste Die großen Freunde [Les Grands Amis] (1965), l'artiste dit peindre une « parade sociale » où l'individu est toujours seul face à l'Histoire.

S-Bild [S-portrait], huile sur toile, 1965

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Fixe Idee [Idée fixe], huile sur toile, 1964-1965

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Der Dichter [Le Poète], huile sur toile, 1965 (présentée comme inspirée par la Déposition de croix - 1521 - du peintre maniériste Rosso Fiorentino)

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Die Peitschenfrau [La Femme au fouet], huile sur toile, 1964-1965

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Die Hand - Die Hand Gottes [La Main - La Main de Dieu], huile sur toile, 1964-1965

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Der Baum [L'Arbre], huile sur toile, 1966

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Ralf III, huile sur toile, 1965

Georg Baselitz rend souvent hommage à des artistes qu'il admire. Dans la série Ralf, il représente son ami Ralf Winkler, alias A. R. Penck (1939-2017), qu'il rencontre lors de ses études à Berlin-Est. Alors qu'en 1957, Baselitz est exclu de son école et contraint de déménager à Berlin-Ouest, Ralf Winkler choisit de rester en RDA, mais ses œuvres sont censurées dès 1962. Il se trouve ainsi obligé de travailler dans la clandestinité jusqu'à son émigration forcée vers la RFA, en 1980. 

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Die großen Freunde [Les Grands Amis], huile sur toile, 1965

Ce tableau-manifeste constitue l'aboutissement de la série de peintures réalisées en 1965-1966, environ cinq ans après la construction du mur de Berlin. Intitulée Ein neuer Typ (Un type nouveau), cette série est destinée à créer une nouvelle peinture allemande. Debout dans un champ de ruines, un drapeau rouge rapiécé gisant à leurs pieds, ce couple de survivants blessés incapables de se prendre par la main symbolise la division tragique de l'Allemagne d'après-guerre.
 

Baselitz - La rétrospective (1/2)

B.j.M.C. - Bonjour Monsieur Courbet, huile sur toile, 1965

En 1965, lors de son séjour à la Villa Romana de Florence, Baselitz lit Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes de l'artiste et écrivain Giorgio Vasari (1511-1574) et découvre les destins souvent rudes des contemporains de l'auteur, auxquels il s'identifie. De retour à Berlin, il peint ce tableau, s'inspirant du motif du marcheur dans la peinture du 19e siècle. L'oeuvre évoque aussi bien le tableau La Rencontre (1854; collection Musée Fabre, Montpellier) de Gustave Courbet que Teich im Riesengebirge (Étang dans le Riesengebirge) (1839; collection Nationalgalerie, Berlin) d'Adrian Ludwig Richter, artiste peintre et graveur saxon de la période romantique.

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Partisan, huile sur toile, 1965

Dans le cadre de la série Ein neuer Typ [Un nouveau type], plus tard connue sous l'appellation de Helden [Héros], Baselitz s'attache à la représentation du « partisan », généralement représenté comme fort et invincible dans les régimes totalitaires. Marqué par ses souvenirs d'enfance de soldats blessés et traumatisés au retour de la guerre, à l'instar de son père, l'artiste choisit ici une iconographie volontairement opposée à celle du réalisme socialiste ou du régime nazi. Le partisan de Baselitz est meurtri, errant et solitaire. Les brodequins ôtés et posés près d'un brasier, il porte à présent une pantoufle, signe du retour dans sa patrie en ruines.

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Images fracturées

En 1966, afin de retrouver le calme après le procès qui l'a meurtri, Georg Baselitz déménage avec sa famille à la campagne, à Osthofen, en Rhénanie-Palatinat. Il y réalise une suite de grands tableaux aux motifs ruraux – des forestiers, des chiens, des arbres - où les changements de sens de lecture se multiplient. Ces tableaux le mènent vers un nouveau cycle, celui des Frakturbilder [Tableaux fracturés], dont les motifs brisés évoquent des destins tragiques dans une Allemagne divisée. Ce cycle témoigne d'une volonté de casser les conventions de la figuration, en empruntant au principe du cadavre exquis, une méthode développée par les artistes surréalistes au début du 20e siècle. Il annonce le renversement complet des peintures qui deviendra la marque de fabrique de Baselitz.

Erstes Frakturbild - Der neue Typ (Maler im Mantel) [Premier tableau fracturé - Le nouveau type (Peintre en manteau)], huile sur toile, 1966

Ce tableau est parmi les premiers d'une série de grands formats dont les motifs deviennent de plus en plus ruraux et représentent par la suite des ouvriers forestiers, chiens ou arbres. 
 

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Drei Streifen - Der Maler im Mantel (Zweites Frakturbild) [Trois bandes - Le peintre en manteau (Deuxième tableau fracturé)], huile sur toile, 1966

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Waldarbeiter [Ouvriers forestiers], fusain et peinture à dispersion sur toile, 1969

En 1966, Baselitz se réfugie à la campagne afin de s'éloigner du scandale médiatique déclenché par le procès lié à sa première exposition à la galerie Werner & Katz. Il peint entre 1966 et 1969 une série de tableaux aux motifs ruraux - ouvriers forestiers, chiens, arbres - parmi lesquels se trouve cette représentation de forestiers.

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Der Mann am Baum [L'homme contre un arbre], huile sur toile, 1969

Dans ce tableau, Baselitz procède pour la première fois à un renversement complet du sens de lecture du personnage central. Cette œuvre annonce en cela les portraits renversés que peindra l'artiste à partir de photographies, tout en évoquant des images de Saint-Pierre, crucifié la tête en bas. 

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Zwei Meißener Waldarbeiter [Deux ouvriers forestiers de Meissen], craie de couleur et peinture à dispersion sur toile, 1967

Baselitz - La rétrospective (1/2)

B für Larry [B pour Larry], huile sur toile, 1967

Baselitz peint cette toile en hommage aux œuvres des peintres américains Larry Rivers et Jasper Johns. Il réinterprète ici, à l'aide de ses motifs de prédilection, leurs compositions volontairement disloquées et abstraites. On retrouve dans cette image le motif du héros, mais aussi l'arbre et les chiens qui imprègnent ses oeuvres de 1966-1967

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Renverser l'image

Baselitz s'obstine à renouveler la peinture quand les tenants de l'art conceptuel la déclarent morte. À 30 ans, il cherche ainsi le moyen de rompre radicalement avec une représentation fidèle de la réalité : « Pour moi, le problème consistait à ne pas peindre de tableau anecdotique ou descriptif. D'un autre coté, j'ai toujours détesté cet arbitraire nébuleux des théories de la peinture abstraite. Le renversement du motif dans le tableau m'a donné la liberté de me confronter à des problèmes picturaux ». Tout en restant à distance du pop art et du réalisme capitaliste, il produit ses premiers tableaux aux motifs renversés d'après photographies en 1969. Présentés dès 1970 à Cologne par le marchand et collectionneur Franz Dahlem, ils créent l'événement.

Fertigbetonwerk [Usine de béton préparé], peinture à dispersion et peinture bronze d'aluminium sur toile, 1970

En 1968, avec l'aide de Karl Ströher, un de ses premiers mécènes, Baselitz reçoit une bourse du cercle culturel de la Fédération nationale de l'industrie allemande lui permettant de procéder à de nouvelles recherches picturales qui le mènent à l'inversion du motif. Dès 1970, il peint ce paysage représentant de manière schématique une usine en béton préfabriquée, comme pour l'ériger en exemple pour ces bâtiments impersonnels qui rythment les environs et qui sont à la base de la réussite économique allemande. 

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Industrielandschaft [Paysage industriel], peinture à dispersion sur toile, 1970

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Dreieck zwischen Arm und Rumpf [Triangle entre bras et tronc], huile et fusain sur toile, 1973

Si l'artiste conserve toute sa carrière le principe du motif inversé, il lui tient à cœur de changer régulièrement de style, comme dans ce tableau où il expérimente la peinture au doigt. Dans cet autoportrait, Baselitz met l'accent sur l'espace (le triangle) délimité par son torse et son bras tendu, où semble se dessiner une aile d'oiseau, signe du lien étroit de l'artiste avec la nature.

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Birke [Bouleau], huile sur toile, 1970
 

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Da. Portrait (Franz Dahlem) [Portrait de Da. (Franz Dahlem)], peinture à dispersion sur toile, 1969


 

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Der werktätige Dresdener - Porträt M.G.B. [Le Travailleur de Dresde - Portrait de M.G.B.], peinture à dispersion sur toile, 1969

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Fünfziger Jahre Porträt - M. W. [Portrait des années 1950 - M. W.], peinture à dispersion sur toile, 1969

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Wacholderbüsche und Steine [Genévriers et pierres], peinture à dispersion sur toile, 1970

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Der Falke [Le Faucon], huile et peinture à dispersion sur toile, 1971

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Fingermalerei - Adler [Peinture au doigt - Aigle], huile sur toile, 1972

Ce tableau fait partie de la série des peintures aux doigts (Fingermalerei) qui permet à l'artiste d'expérimenter une nouvelle technique. Baselitz joue ici avec l'ambiguïté induite par l'inversion de la peinture : cet aigle est-il en train de s'envoler ou bien de chuter du ciel ? S'agit-il d'un motif inspiré du blason et symbole de l'Allemagne ou bien d'un souvenir de son enfance à la campagne où, au bord d'un étang, Baselitz observait les oiseaux ? Présent dès ses premières peintures, ce motif emblématique revient régulièrement dans l'œuvre de l'artiste.
 

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Fingermalerei – Apfelbäume [Peinture au doigt - Pommiers], huile sur toile, 1973

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Entre abstraction et figuration 

En 1975, Georg Baselitz entreprend son premier voyage à New York et à São Paulo pour participer à la Biennale d'art contemporain avec l'artiste allemand Sigmar Polke. Avec sa femme Elke et ses deux fils, il s'installe dans le château de Derneburg, en Basse-Saxe. Il y débute une série de nus de lui-même et d'Elke qui témoignent, dans un style proche de l'expressionnisme abstrait, d'une approche du corps et d'une intimité nouvelles. Le geste, devenu plus libre et énergique, crée des compositions régies par des jeux de clair-obscur, avec une palette de couleurs volontairement plus réduite.

Männlicher schwarzer Akt [Nu masculin noir], huile sur toile, 1977

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Ohne Titel – Weiße Frau [Sans titre - Femme blanche], tempera sur toile, 1980

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Weiblicher Akt - liegend [Nu féminin - allongé], huile et tempera sur toile, 1977

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Birke - russisches Schulbuch [Bouleau - livre scolaire russe], huile sur toile, 1975

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Nous terminerons dans un prochain billet le parcours de cette rétrospective.

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1 janvier 2022 6 01 /01 /janvier /2022 09:00

Une belle exposition au Centre Pompidou réunit un ensemble de pièces historiques majeures du designer italien Ettore Sottsass (1917-2007), des années 1940 aux années 1980.

Après ses études d'architecture à Turin, il mena une carrière d'artiste polyvalent, hors du commun, et cette exposition, constituée en grande partie d'œuvres du Centre de Création Industrielle du Centre Pompidou, offre un parcours unique, et proprement magique.

Au début de ce parcours, quelques œuvres de jeunesse, entre 1937 et 1940 : dessin abstrait, composition avec éléments d'ameublement, esquisse de la scénographie théatrale pour Le Convive de Pierre de Pouchkine .

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Quelques compositions abstraites de la fin des années 1940 - début des années 1950

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Des études graphiques de la même époque

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

et des objets : Maquette spatiale (1947) et Vaso in filo (1952)

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Un premier meuble, un Cabinet (bois laqué, laiton) de 1948-1949

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Des études pour l'ameublement de son propre atelier et de son habitation (1958-1959)

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Etude pour un tapis à motifs monténégrains, tempera sur papier (1942-1943)
Trois coussins monténégrains (vers 1944)
Plateau, laiton et sérigraphie sur mélémine, 1956

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Une installation avec des meubles des années 1950 et 1960:

Composition d'éléments en bois colorés et miroir, 1959
Meuble buffet mural, 1965
Bacs à fleurs, 1961
Suspension Festone (Guirlande), édition Arredoluce, 1957
Barbarella en noyer, aluminium et céramique, édition Poltronova, 1966
Cabinet, bois de hêtre partiellement ébonisé, édition Poltronova, 1964

 

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Une salle principalement consacrée à la céramique, avec au centre des éléments de grande taille :

Deux conservare pillole antifecondative [Grand vase aphrodisiaque pour conserver la pilule contraceptive], terre cuite, 1964-1965
Totem, terre cuite, années 1960
Totem n. 13. Idrante di sangue [Bouche d'incendie de sang], céramique émaillée, 1967

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

De nombreux petits objets (galets, vases, coupes) en céramiques diverses des années 1950 (céramique "des ténèbres", "de lave", etc.)

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Vaso Rocchetto, faïence émaillée tournée à la main, 1956-1986

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Assiettes Tondo, céramique, 1958-1959

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Une installation de maquettes des mobiliers Superbox réalisés en 1966 par Ettore Sottsass pour Poltronova

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Une des réalisations de Sottsass pour Olivetti, la machine à écrire portative Valentine (1959) qui connut un succès mondial et son affiche en acrylonitrile butadiène styrène (1959) 

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Point d'orgue de l'exposition, la reconstitution de sa première grande exposition personnelle à Stockholm en 1969 Paysage pour une nouvelle planète, avec le grand autel et ses 270 disques rouges en céramique. Autour, des meubles Superbox en stratifié édités en grande dimension, les grands Pilastro en céramique émaillée

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Quelques objets du quotidien

Cafetière, 1972
Service à café, 1972
Lampe de table, 1968
Vase Diodata, 1974

 

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Les modules réalisés par Ettore Sottsass pour l'exposition Italy: The New Domestic Landscape au MoMA de New York en 1972.

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Module douche, module WC, module fauteuil

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Projets d'architecture "utopique" (nonsense architecture), 1976

Ettore Sottsass - l'objet magique
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Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

À la fin du parcours, une belle installation avec des meubles et des objets de la fin des années 1970 et des années 1980

Ettore Sottsass - l'objet magique

Le strutture tremano [Les structures tremblent], verre, stratifié et acier laqué, éd. Alchimia, collection Bau-haus, 1979
Vetrinetta di famiglia [Vitrine de famille], stratifié uni (motif Bacterio), bois, polyméthacrylate de méthyle, aluminium, métal, 3 tubes fluorescents, éd. Alchimia, 1979
Guéridon Ivory, édition Memphis, 1985
Lampadaire Svincolo [Jonction], plastique laminé, métal chromé, néon rouge et blanc, éd. Alchimia, collection Bau-haus, 1979
Bibliothèque Carlton, bois et formaldéhyde de mélaminé Abet Laminati, 1981
Console Tartar, bois aggloméré et plastique laminé (formaldéhyde) Abet Laminati, 1985
 

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Lampe de table Tahiti, plastique stratifié, bois et métal peint, ampoule halogène, 1981
Lampe de table Ashoka, métal verni et métal chrome, 1981
 

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Mobilier Cargo, stratifié et aluminium, 1993
Coupe à fruits Sol, verre polychrome soufflé, 1982
Vase Saffo, verre, 1986

et d'autres objets

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Terminons avec deux objets emblématiques de cette salle :

Meuble de rangement et de conservation Beverly, placage en laminé, imprimé Abet Laminati, structure en multiplis et éclairage extérieur, édition Memphis, 1981
Coupe à fruits Mourmansk, argent, 1982

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
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25 décembre 2021 6 25 /12 /décembre /2021 09:00

Encore un artiste britannique cette semaine, avec la première exposition institutionnelle en France de Damien Hirst, né en 1965.
Cerisiers en Fleurs, à  la Fondation Cartier, s'inscrit dans la lignée des recherches picturales que Damien Hirst mène depuis la début de sa carrière sur la couleur et le geste de l'artiste, qui la présente en ces termes :
« Les Cerisiers en Fleurs parlent de beauté, de vie et de mort. Elles [les toiles] sont excessives - presque vulgaires. Comme Jackson Pollock abîmé par l'amour. Elles sont ornementales mais peintes d'après nature. Elles évoquent le désir et la manière dont on appréhende les choses qui nous entourent et ce qu'on en fait, mais elles montrent aussi l'incroyable et éphémère beauté d'un arbre en fleurs dans un ciel sans nuages. C'était jouissif de travailler sur ces toiles, de me perdre entièrement dans la couleur et la matière à l'atelier. Les Cerisiers en Fleurs sont tape-à-l'œil, désordonnées et fragiles, et grâce à elles je me suis éloigné du minimalisme pour revenir avec enthousiasme à la spontanéité du geste pictural. »

Dès la grande salle du rez-de-chaussée, le visiteur est invité à la contemplation sereine des arbres en fleurs, à la manière des Japonais chaque année au printemps.

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Au fond de cette salle, un grand tableau sur quatre toiles juxtaposées, Greater Love Has No-One Than This Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Face à lui, le dyptique Spiritual Day Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Hanami Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Screaming New Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Precious Moments Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Kanji Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Dans l'autre salle du rez-de-chaussée, 

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

le tryptique Sakura Life Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Le dyptique Renewal Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Fragility Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Wonderful World Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Quelques close-up des tableaux de cette salle...

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

La féérie continue à l'étage inférieur du bâtiment de la Fondation avec 14 tabeaux dans le grand salle.

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Wisdom's Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Queen's Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Mother's Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Late Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Celebratory Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Truth's Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Morning Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Fantasia Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Imperial Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Colorful Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Love's Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

God's Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Terminons avec un tour dans le jardin de la Fondation : le bâtiment est lui-même agrémenté de reproductions de close-up des tableaux de Hirst.

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
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18 décembre 2021 6 18 /12 /décembre /2021 09:00

Nous avions découvert le peintre britannique David Hockney, né en 1937, avec la grande rétrospective que lui avait consacrée le Centre Pompidou il y a quelques années (notre billet du 7 août 2017). Nous le retrouvons cette saison au musée de l'Orangerie.

Installé dans le Pays d’Auge depuis début 2019, sa maison, son jardin et la campagne environnante sont devenus ses motifs de prédilection. David Hockney  "peint" sur iPad, technique qu’il utilise depuis plus de dix ans comme nous l'avions vu dans sa rétrospective.

Inspiré par la tapisserie de la reine Mathilde exposée au musée de Bayeux, il a formé le projet de dépeindre sous la forme d’un cycle narratif l’arrivée du printemps. À peine le cycle est-il initié, qu’est décrété, en mars 2020, le confinement national. Tandis que le monde s’immobilise, Hockney réalise sur iPad, en l’espace de quelques semaines, plus de cent images. Pour reprendre le commentaire des organisateurs, à la manière des impressionnistes, il capture les effets de lumière et les changements climatiques avec dextérité selon toutefois une palette vive et lumineuse, des compositions en aplats juxtaposés aux accents pop. Les jours s’égrènent, le confinement s’achève et le printemps laisse place à l’été, à l’automne puis à l’hiver. Hockney n’a pas seulement peint le printemps, mais une année entière.

Sur 80 mètres, la frise court le long des murs de la longue galerie du musée qui accueillait avant la rénovation des derniers mois des toiles de la collection Guillaume.

David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie

Quelques extraits du mur de gauche, de l'hiver au printemps...

David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie

Un demi-tour vers le mur de droite...

David Hockney. A Year in Normandie

et retour avec des extraits estivaux, automnaux, avant de retrouver l'hiver.

David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie

A l'entrée des salles des Nymphéas de Monet, auxquels la frise de Hockney fait contrepoint, trois autres installations du peintre britannique, réalisées selon la même technique ( peintures sur iPad imprimées sur papier, montées sur aluminium, assemblées par 6 ou par 8).

David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
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