Du Pecq à Saint Germain en Laye
A l'occasion d'une visite au Pecq, dans les rues escarpées entourant la petite église de Saint-Wandrille...
...j'ai voulu explorer les environs. En continuant l'ascension du côteau, on arrive face à une muraille impressionnante, le "Mur des Lions"...
Elle surplombe une montée empierrée...
au sommet de laquelle une entrée monumentale...
débouche sur une rue au bout de laquelle on reconnaît les murs au caractère si particulier du château de Saint-Germain en Laye.
L'auteur qui n'était toujours venu à Saint Germain que directement par la route ou le RER prend alors conscience du site dont il vient de traverser les quelques vestiges, éclairé par ce panneau qui en restitue l'apparence du temps de sa gloire...
A défaut des splendeurs disparues du Château-Neuf dont les jardins descendaient jusqu'à la Seine, nous nous contenterons du Château-Vieux, face à l'église Saint-Germain, quatrième construite à la fin du XVIIIème siècle sur le site, sur l'emplacement d'une ancienne église construite en 1683 par Jules Hardouin-Mansart et devenue trop petite.
Le château abrite aujourd'hui - depuis 1867, sous différents noms - le musée d'Archéologie nationale;
La magnifique cour...
et la chapelle, chef d'oeuvre du gothique rayonnant, édifiée entre 1235 et 1239 par Louis IX, dit Saint Louis et qui servira de modèle à la Sainte-Chapelle de l'actuel Palais de Justice, sont d'accès libre.
Quelques touches pour finir cette promenade impromptue : les fossés du château sont en accord avec la destination actuelle de l'édifice, abritant une reproduction en galvanoplastie du XIXème siècle des reliefs de la colonne Trajan.
Quelques plaques commémoratives de diverses époques...
On découvre avec surprise des bunkers parfaitement intacts, qui rappellent que Saint-Germain abritait le grand quartier général de l'Oberkommando West des Allemands pendant la dernière guerre mondiale, qui contrôlait toute le front ouest des Pays-Bas à l'Italie, soit 4500 km de côtes...500 maisons, soit le quart du parc immobilier de la ville, avaient été réquisitionnées...
Le premier grand blockhaus est juste à côté du château; le second, plus petit, au milieu de la petite Cité Médicis que nous traversons au retour, création d'Emile Pereire qui nous rappelle que la première ligne de chemin de fer à vapeur exploitée en France relia Paris à Saint-Germain en 1837.
Vin des Vosges

Titre insolite - quasiment un oxymore - pour ce billet où nous proposons à nouveau au lecteur, à partir des diapos qui ont servi de support à sa préparation, de suivre une conférence de Jean-Pierre Doyen.
Celle-ci a été donnée à l'occasion d'une soirée organisée à Dompaire (Vosges) par les producteurs des coteaux du Montfort.
Elle avait pour objet d'introduire la soirée en donnant le contexte historique de la viticulture dans les Vosges, pratiquement disparue au moment de la première guerre mondiale.
C'est en 1995 qu'avec le soutien de la Chambre départementale d'Agriculture, 10 vignerons ont démarré le projet de produire à nouveau un vin commercialisable en créant l'Association des Vignerons des Coteaux du Montfort, et le 1er janvier 1999 est née la coopérative actuelle qui compte maintenant 30 coopérateurs.
Un œnologue, Laurent Boulanger, a accompagné cette démarche et en a décrit les étapes, et la soirée s'est bien entendu terminée par une dégustation d'un des deux vins de la Coopérative, dénommé "Vin Bleu", l'autre étant dénommé "Gris Fruité".
La première partie intitulée Le vignoble, grandeur et décadence, présente les statistiques de production.
Les causes de la quasi disparition de la vigne sont analysées : le phylloxéra a certes joué un rôle, mais bien d'autres facteurs ont joué, notamment la concurrence de la bière - et des vins des autres régions dont le transport s'est développé et dont la qualité rivalisait sans peine avec la "rusticité" des vins locaux...
L'auteur souligne la renaissance engagée entre les deux guerres avec la plantation de cépages hybrides principalement issus des travaux d'Eugène Kuhlmann à l'Institut viticole Oberlin à Colmar, notamment le cépage "Léon Millot", du nom du président de la Société vosgienne de viticulture et d'ampélographie.
La deuxième partie, Vignes et vignerons, débute par une cartographie du vignoble vosgien
Des éclairages détaillés sont donnés à partir du travail demandé en 1880 par Pierre Tirard, ministre de l'agriculture, à tous les préfets
L'examen du recensement agricole de 1892 montre que le nombre d'exploitants ou d'ouvriers exclusivement occupés à la viticulture est à relativiser par rapport à ceux qui exercaient également d'autres activités agricoles.
Dans la troisième partie, Patrimoine, des éclairages divers : architecture,...
...installations et matériel viticoles...
...cabanes de vignerons...
...et, pour finir, des aspects plus culturels...
Delacroix (1798-1863)

Un des grands événements culturels de la saison à New York semble être, d'après la presse, l'exposition Delacroix au Metropolitan Museum : cela m'a rappelé que c'est le Louvre qui en est l'organisateur avec le Metropolitan et que je l'avais vue au printemps à Paris sans en rendre compte dans ce blog.
Je vais essayer de rattraper cette omission coupable en quelques coups de projecteur, sans être aussi exhaustif que d'habitude car elle est un peu lointaine à présent - dans le temps et dans l'espace...
Le visiteur est accueilli dès l'entrée par les grands tableaux monumentaux. qui, peints dans sa jeunesse, témoignent de son précoce génie ..
...connus comme La Barque de Dante (1922), Scènes des massacres de Scio (1824), La Liberté guidant le peuple (1830),
...ou moins célèbres comme La Grèce sur les ruines de Missolonghi (1826) et La Bataille de Nancy (1831)
Une très belle série de lithographies de son Faust (1926-1927), certaines avec de nombreuses et intéressantes "remarques"
Toujours des tableaux de jeunesse, comme cette académie (Mademoiselle Rose) vers 1820
ou la Jeune orpheline au cimetière (1824)
A défaut de la monumentale Mort de Sardanapale (1827) que l'on n'a pas descendu des étages du Louvre, des études et esquisses...
On apprend que Delacroix a peint aussi dans les années 25-26 de petits tableaux destinés aux cabinets d'amateurs...
Figurent quelques exemples de ses incomparables études d'animaux ...
De nombreux tableaux inspirés par son voyage en Afrique du Nord en 1832...
ainsi que ses croquis...
Ce voyage restera une source d'inspiration toute sa vie...
Notons au passage cet autoportrait de 1837 qui a orné nos billets de 100 Francs pendant des années avant l'introduction des billets en euros...
Les natures mortes constituent aussi un aspect méconnu et intéressant de son oeuvre...
De nombreuses scènes religieuses, comme ce Saint-Sébastien, ou ce premier calvaire haut en couleurs qui heurta ses commanditaires vannetais et le conduisit à plus de sobriété par la suite...
La fin de l'exposition montre comment Delacroix revisita au long de sa carrière ses thèmes de prédilection. Terminons sur ces belles scènes où s'affrontent homme et animal...
Lavardin (Loir-et-Cher)
Lavardin, labellisé parmi les "Plus beaux villages de France" , est une toute petite commune du Loir-et-Cher située près de Montoire - celui de la tristement célèbre entrevue.
On le repère de loin grâce aux imposantes ruines du château médiéval qui domine le site, mais ce dernier est loin d'en être le seul attrait.
C'est surtout l'église romane Saint-Genest, avec ses peintures murales, que nous présenterons en détail à nos lecteurs.
Que ce soit dans la lumière du soleil couchant...
...ou lorsque nous revenons la visiter dans la journée, sa silhouette rustique aux lignes épurées invite à la découverte.
Dès l'entrée, la richesse et l'originalité de ses peintures murales est à couper le souffle.
Sur les parois latérales du chœur, des scènes de la vie du Christ et une allégorie du Jugement dernier.
A la voûte du chœur, le Paradis où alternent saint et anges musiciens...
Au fond du choeur, le Christ en majesté, dans une mandorle, est entouré du tétramorphe, dont l'ange est presque totalement effacé.
Les décors des piliers, en majeure partie du XVème s., sont dans un état de consevation variable, mais très attachants de naïveté...
Saint Antoine, que l'on priait pour "le feu de Saint-Antoine", maladie provoquée par l'ergot de seigle, entouré d'ex-voto en forme de pieds et de mains.
et des figures que je n'ai pu identifier...
L'oeuvre sans doute la plus remarquable est un baptême du Christ, réalisé a fresco à la fin du XIIème s., sur un fond de lait de chaux...
Pour terminer la visite de l'église, quelques détails des peintures...
et de l'architecture.
Du parvis de l'église, imprenable vue sur les ruines du château...
En s'approchant de la forteresse, un dernier regard sur l'église et le village perdus dans les frondaisons.
Junya Ishigami, Freeing Architecture
Nous renouons avec les expositions parisiennes, en visitant de justesse - car elle avait été heureusement prolongée jusqu'au 9 septembre, celle consacrée par la fondation Cartier à Junya Ishigami. Laissons parler le dépliant : "Figure majeure et singulière de la jeune scène architecturale japonaise, Lion d’or à la Biennale d’architecture de Venise en 2010, Junya Ishigami est l’auteur d’une œuvre conceptuelle et poétique dans laquelle le paysage tient une place prépondérante. À l’occasion de l’exposition Freeing Architecture, conçue spécialement pour la Fondation Cartier pour l’art contemporain, l’architecte présente dix-neuf de ses projets architecturaux en Asie et en Europe à travers plus de trente maquettes, dessins et films. Il dévoile ainsi ses recherches les plus récentes sur la fonction, la forme, l’échelle et l’environnement en architecture, esquissant
ainsi sa vision du futur du premier art."
Nous présenterons des photographies de quelques uns de ces projets, en ayant conscience que quelques clichés rendent difficilement compte de ces créations si originales...
Cloud Arch
Monument urbain
Sydney, Australie
Structure: acier
Date de réalisation: 2015–
Des éléments en sont installés dans la petite salle du rez de chaussée de la Fondation et y structurent la présentation des œuvres.
Habitation et restaurant
Yamaguchi, Japon
Superficie: 194 m2
Structure: béton
Date de réalisation: 2013–
Le sol a été utilisé comme moule pour le bâtiment, en creusant des cratères destinés à être emplis de béton. Une fois sèche et dégagée de la terre qui l’entoure, la masse de béton ainsi obtenue constitue la structure de l’édifice et prend la teinte de la terre et des pierres du site.
Kids Park
Jardin d’enfants intérieur
Est du Japon
Superficie: 2 264 m2
Date de réalisation: 2013–
Les maquettes présentées sont des silhouettes d'animaux gigantesques.
Forest Kindergarten
Jardin d’enfants
Shandong, Chine
Superficie: 5 400 m2
Structure: acier, béton
Date de réalisation: 2015–
Cloud Garden
Jardin d’enfants, garderie et centre d’accueil parental
Kanagawa, Japon
Superficie: 2 264 m2
Date de réalisation: 2013-2014
House of Peace
Copenhague, Danemark
Superficie: 3 000 m2
Structure: béton
Date de réalisation: 2014
La présentation des maquettes dans la grande salle du rez de chaussée de la Fondation est une oeuvre en elle-même...
House with Plants
Habitation
Est du Japon
Superficie: 99,8 m2
Structure: acier
Date de réalisation: 2010-2012
Botanical Farm Garden
Art Biotop / Restaurant
Restaurant
Tochigi, Japon
Superficie: 16 515㎡
Structure: acier, béton
Date de realisation: 2017–
Botanical Farm Garden
Art Biotop / Water Garden
Jardins irrigués
Tochigi, Japon
Superficie: 16 670 m2
Date de réalisation: 2013-2018
Chapel of Valley
Chapelle
Shandong, Chine
Superficie: 132 m2
Structure: béton armé
Date de réalisation: 2016–
Centre culturel
Shandong, Chine
Superficie: 3 000 m2
Structure: acier, béton
Date de réalisation: 2016-
Conçu comme une promenade au milieu de l’eau...
Park Groot Vijversburg
Centre d’accueil des visiteurs
Tytsjerk, Pays-Bas
Superficie: 245 m2 (nouvelle construction), 350 m2 (rénovation)
Structure: verre, acier
Dates de réalisation: 2012-2017
Terminons par le sous-sol de la Fondation...
Habitation
Est du Japon
Superficie: 128,5 m2
Structure: béton, acier
Date de réalisation: 2013–
Projet de maison pour les parents et la grand-mère de Junya Ishigami, sur l’emplacement de la maison familiale actuelle...
Résidence pour personnes âgées
Tohoku, Japon
Superficie: 560 m2
Structure: bois
Date de réalisation: 2012–
Pour cette résidence pour personnes âgées atteintes de démence, Junya Ishigami s’est inspiré de l’architecture des habitations traditionnelles japonaises...
Polytechnic Museum
Musée
Moscou, Russie
Superficie: 39 870 m2
Structure: brique, acier, béton
Date de réalisation: 2012–
Junya Ishigami a choisi de simplement restaurer le bâtiment du XIXème siècle en surface et de restructurer entièrement les fondations afin d’en faire un nouveau rez-de-chaussée pour l’entrée du musée. Photos : nouvelle structure, bâtiment avant et après restauration.
8 Villas in Dali
Villas
Dali, Chine
Superficie: 5 300 m2
Structure: pierre, béton
Date de réalisation: 2016–
De larges mégalithes caractéristiques de la région et présents sur le site servent de base à la conception du bâtiment. Ces dernières, éventuellement repositionnées, servent de piliers au grand toit en béton armé de 300 mètres de long. Des baies vitrées servant de cloisons et de murs sont insérées dans cet agencement rocheux. Le bâtiment est divisé en huit villas de 500 m2 occupant chacune l’une des huit terrasses en escalier.
University Multipurpose Plaza
Espace polyvalent
Kanagawa, Japon
Superficie: 4 109 m2
Structure: acier
Date de réalisation: 2008–
Cet espace, dont la hauteur du plafond varie entre 2 et 3 mètres, est constitué d’un toit fait d’une seule et même feuille d’acier de 12 mm d’épaisseur se dilatant ou se contractant selon la température extérieure, soutenue par quatre murs latéraux et percée de plusieurs ouvertures zénithales.
et pour terminer, un bâtiment situé juste à côté sur le même site :
KAIT Workshop
Atelier d’étudiants, salle polyvalente
Kanagawa, Japon
Superficie: 1 989,15 m2
Structure: acier
Date de réalisation: 2004-2008
Pour donner une idée de la minutie de l'architecte - et de l'exposition qu'il a conçue de ses œuvres à Paris - voici la présentation de ce projet dans le guide :
Tout en transparence et en légèreté, l’atelier des étudiants de l’Institut technologique de Kanagawa (KAIT) est à la fois une ode à la liberté et une méditation sur l’équilibre. Cet immense espace, fermé par des murs de verre et dépourvu de cloisons intérieures est jalonné par plus de 300 colonnes très fines. Leur disposition, à première vue aléatoire, suit pourtant un plan précis rappelant celui d’une constellation. Il a fallu plus de deux ans à Junya Ishigami pour déterminer l’emplacement, l’orientation et la taille de chaque colonne afin de créer différentes zones d’activités et de garantir la stabilité du bâtiment. Cette apparente irrégularité délimite les espaces de travail sans pour autant les cloisonner. Elle offre également à l’œil de multiples perspectives et permet une circulation fluide, tout en répondant à la volonté de Junya Ishigami : créer un bâtiment dont la conception évoque l’organisation organique d’une forêt.
Pour ceux qui souhaitent une vision plus globale, la vidéo de présentation de l'exposition, disponible sur le site de la Fondation Cartier :
Atelier des Capucins à Brest
Le premier billet de cette rentrée fera référence à une des belles découvertes de l'été en Bretagne, l'exposition Henry Moore à Landerneau, dont nous avions rendu compte dans nos billets du 24 juillet et du 28 juillet.
Ce dernier s'achevait sur une statue "hors les murs", installée à Brest sur la terrasse de l'Atelier des Capucins. Ce sont ces derniers, encore en cours d'aménagement, que nous nous proposons de faire découvrir aujourd'hui au lecteur.
Pour s'y rendre, le plus spectaculaire est d'emprunter le premier téléphérique urbain de France, qui relie les deux rives de la Penfeld depuis novembre 2016.
En quittant la rive gauche, on s'élève pour découvrir les bassins de carénages et le château de Brest, au pied du pont de Recouvrance,...
La traversée est parallèle au Pont et la descente s'effectue vers la gare rive droite située dans les ateliers des Capucins, en découvrant au passage d'autres bassins de carénage et la statue de Moore sur la terrasse.
Depuis la terrasse d'arrivée, le ballet des cabines du téléphérique est plein d'élégance.
Le couvent des Capucins auquel le site doit son nom a été bâti à la fin du XVIIème siècle. Terrain et édifices ont été attribué par un décret de 1791 à la Marine, qui en fit d'abord un casernement. La construction des ateliers actuels - tels qu'ils ont été reconstruits après les importants dommages causés par la dernière guerre mondiale -a été décidée par la Monarchie de Juillet afin de répondre aux besoins de construction de nouvelles machines propulsives et a duré de 1840 à 1865. Au final l’ensemble couvre une superficie de deux hectares et demi.
À partir des années 1980 l’activité de l’Arsenal de Brest décline progressivement jusqu’au point où la Marine cède en 2009 le plateau des Capucins à la Ville de Brest qui entreprend alors de créer le quartier des Capucins et transformer les ateliers en un vaste lieu culturel et commercial.
Façades Est, Ouest et Nord, avec, au nord, le môle dit « du viaduc », édifié de 1848 à 1857 sur les plans de Menu du Mesnil, édifice en pierres de taille traversé par une arche en plein cintre de 30 mètres de diamètre.
La rénovation n'est pas terminée, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur : de même, attenant au site, le sinistre édifice de la prison de Pontaniou, destinée au 17ème siècle aux filles de mauvaise vie, puis aux divers détenus de la Marine avant de devenir prison civile jusqu'à sa désaffectation en 1960, attend toujours des jours meilleurs...
La rénovation interne allie les structures d'origine à des matériaux innovants...
La création de niveaux donne un charme particulier aux passages sous les arcades...
Des expositions originales sont déjà proposées au public...
Le clou du site est le grand hall avec son spectaculaire pont roulant Potain...
où sont conservées quelques machines remarquables de l'ancien arsenal :
L' aléseuse Asquith...
L'aléseuse Richards...
et le grand tour Somua de 22m à l'histoire mouvementée.
Tintoret, naissance d'un génie

Une autre exposition visitée avant l'été et qui attend encore un billet, celle consacrée au Tintoret au Musée du Luxembourg, à l’occasion du 500e anniversaire de la naissance du peintre.
Elle se concentre sur les quinze premières années de sa carrière, avec le propos de montrer comment s'est construit son art, Les œuvres exposées reflètent la diversité de son travail de Tintoret et "sa volonté de frapper l’œil et l’esprit par son audace", comme le soulignent les organisateurs.
Ou comment Jacopo Robusti (1518-1594) a tracé son chemin en rendant célèbre son surnom de Tintoret, emprunté au métier de son père teinturier et mérité aussi par son génie de la couleur.
Dans la première section "Prendre son envol", de grandes toiles de jeunesse...
Adoration des mages (1537-1538)
Jésus parmi les docteurs (vers1539)
La Conversion de Saint-Paul (1538-1539)
Le lavement des pieds (1539)
Le Labyrinthe de l'amour (commencé en 1938, repris vers 1552)
Dans les salles suivantes ("Orner les salons") des panneaux décoratifs :
Caîn et Abel (vers 1538-1539)
L'Adoration du veau d'or (vers 1544)
Le Festin du riche Epulon (vers 1550)
et de Paris Bordone, contemporain de Tintoret à Venise : Diane et Callisto (vers 1542)
un autre panneau, Suzanne (1541-1542) et deux panneaux pour les plafonds d'un palais de la famille Pisani (1541-1542), Jupiter et Sémélé et Deucalion et Pyrrha priant devant la statue de Thémis.
La section 3, "Capter le regard", est consacrée aux portraits, remarquables par leur côté peu conventionnel et le réalisme du rendu des visages. Beaucoup de modèles n'ont pas été identifiés, Tintoret n'est pas comme Titien le peintre de l'aristocratie.
La 4ème section, "Partager l'atelier", fait allusion au fait qu'il est difficile d'attribuer certains tableaux à Tintoret ou à ses compagnons d'atelier, notamment Giovanni Galizzi,..
C'est notamment le cas de la Vierge à l'enfant (vers 1550-1555), La Sainte Famille avec sainte Élisabeth et le jeune saint Jean-Baptiste (vers 1550-1555). Sainte Conversation Marcello (vers 1547) est attribuée à "Tintoret et atelier", tandis que Sainte Conversation Molin (1540) à Tintoret en personne.
Les tableaux de la 5ème section "Mettre en scène" témoignent des liens de Tintoret avec la monde du théâtre et font la part belle à l'architecture.
Tintoret :L’Enlèvement du corps de saint Marc par les chrétiens (1545)
Tintoret et atelier. Les Vierges sages et les Vierges folles (vers 1555)
Tintoret et atelier (Giovanni Galizzi). Le Christ et la femme adultère (vers 1547-1549)
La sixième section "Observer la sculpture" présente des dessins et statues et met en exergue un tableau : La Princesse, saint Georges et saint Louis (1551).
L'exposition s'achève sur une 7ème section "Peindre la femme".
Le Péché originel (vers 1551-1552)
Suzanne et les vieillards (vers 1554-1555)
Concert des Muses (Tintoret et atelier, vers 1555)
et un beau tableau attribué à un "peintre nordique travaillant à Venise dans l’atelier de Tintoret", La Mort d’Adonis (vers 1550-1555)
En 1555, Tintoret et au seuil de sa gloire, L'attendent de grandes commandes : église de la Madonna dell'Orto, Scuola Grande de San Rocco, Palais des doges...Il s'mpose comme l'un des plus grands artistes de Venise, celui qui fera la transition entre la Renaissance du XVIème siècle et l'ère baroque du XVIIème siècle.
Terminons avec Judith dans la tente d’Holopherne (vers 1554-1555)
et Esther devant Assuérus (vers 1554-1555)
UAM - Une aventure moderne

La trêve estivale est l'occasion de revenir sur les expositions que nous n'avions pas eu l'occasion de faire découvrir à nos lecteurs. Le Centre Pompidou propose cet été autour de l'aventure de l'Union des Artistes Modernes (1929-1958) une rétrospective du mouvement du modernisme en France, dès le début du XXème siècle.
Très riche en objets et documents de toute sorte, c'est sans doute la plus importante exposition du Centre jamais dédiée aux arts décoratifs. Nous nous contenterons donc d'en suivre le parcours sans détailler les nombreux artistes et décorateurs, avec un point de vue plus esthétique qu'explicatif...
Elle commence avec les coloristes, bien avant la constitution de l'UAM.
Dernières illustrations :Table à thé de Louis Sorel (1910) et bergère de Paul Follot (vers 1920), Tapis de Maurice Dufrêne (vers 1922), Garniture de fauteuil de Edouard Benedictus (vers 1925)
Une robe d'enfant de Paul Poiret et l'atelier Martine, vers 1925, le salon bleu de Francis Jourdain pour George Besson, vers 1911, deux vases de Maurice Marinot pour la Maison Cubiste (1912), le Passage à niveau (1912) de Fernand Léger et un tapis du même auteur.
Des meubles d'architectes, avec cette table basse à système d'Auguste Perret, ce bureau de Le Corbusier, ce bureau (1925) ,ces canapé et fauteuil (1921), cette psyché-coiffeuse (1927) et ce mobilier de bureau pour Robert Mallet-Stevens (1927) de Pierre Chareau, et ce fauteuil (1923-1925) de Robert Mallet-Stevens.
Des dessins d'architecture : Le Corbusier avec la maison Dom-Ino (1914), Mallet-Stevens avec cette école et ce bureau de tourisme.
On peut même admirer cette magnifique automobile de Rolland & Pilain de 1922 ou cette nature morte de Picasso de la même année et ce paravent de Jean Lurçat, toujours de la même année.
Les Delaunay sont présents avec notamment ce portrait de Mme Heim, les créations de tissus et de mode de Sonia.
Des extraits de la publication "Répertoire du goût moderne", avec notamment des dessins de Francis Jourdain.
La scénographie de l'exposition est particulièrement réussie...
Tête de femme, 1922 (Joseph Czaky), Le Guitariste, 1921 (Pablo Manes), Oiseau, 1929 (Gustave Miklos), Couple aux Masques, vers 1937 ( Jean Lambert-Rucki), Nu au fardeau, 1928-1937 (Joseph Czaky), et un panneau décoratif d'Albert Gleizes de 1930.
Devant l'abondance des éléments de décoration, des accessoires, des mobiliers dont certains bien connus, nous nous contenterons d'un aperçu de leur présentation....
On reconnaîtra notamment les chaises de Robert Mallet-Stevens pour le restaurant du salon des arts ménagers de 1939, son fauteuil à patins de 1937, le tabouret de bar de Louis Sognot et Charlotte Alix de 1929 et le pupitre pour l'école de plein air de Suresnes de Eugène Beaudoin et Marcel Lods (vers 1937), la chaise de jardin d'André et Jean Prouvé (1936-1937), le fauteuil en verre et la table basse de René Coulon pour le pavillon Saint-Gobain de l'exposition internationale de 1937, une bibliothèque de Charlotte Perriand, un bureau de Jacques Dumond (1955) et la chaise Bellevue d'André Bloc (1951), le siège d'amphi de Jean Prouvé pour la faculté de droit d'Aix-en-Provence (1952), une table basse de Gustave Gautier (1955)
Une affiche du salon des artistes décorateurs auquel participaient la plupart des membres de l'UAM...
...avant que le refus de ce dernier de leur accorder une présentation groupée ne les conduise à créer leur propre salon
L'exposition fait aussi la part belle à l'art de l'affiche...
Quelques coups de projecteur :
Les réalisations de Félix Aublet et Robert Delaunay pour le pavillon des chemins de fer de l'exposition internationale de 1937
Le pavillon démontable pour réfugiés et la chaise démontable en bois de Jean Prouvé
Le meuble cuisine de Le Corbusier pour l'Unité d'Habitation de Marseille
L'exposition se termine, après la mise en sommeil de l'UAM, sur sa postérité avec une collection d'objets du quotidien qui évoquent pour l'auteur et les lecteurs de sa génération bien des souvenirs d'enfance et même de jeunesse...
Henry Moore à Landerneau (II)

Nous poursuivons notre visite de l'exposition Henry Moore à la Fondation Leclerc à Landerneau, amorcée dans notre billet précédent.
La salle 5 - Célébrations retrace notamment l'activité intense de Moore dans les années 50 et 60.
Three Points (1939-1940), Family Group, Broken (1945), Working Model for Reclining Figure : Festival (1950), Maquette for Falling Warrior (1956)
Family Group (1948-1949)
A l'occasion du couronnement d'Elisabeth II :
Head of Queen (1952) , Head of King (1952-1953)
La salle 6 - Atelier des maquettes, Perry Green évoque l'installation de Moore et son épouse dans un hameau au nord-ouest de Londres où il annexera progressivement des bâtiments pour les transformer en ateliers dédiés aux différentes techniques.
Two Pieces Point : Skull (1969), Working Model for Sheep Piece (1971) , Three Figures (1982)
Salle 7 - Architecture
Time/Life Screen : Working Model (1952), Three Motives against Wall (1952), Maquette for Girl Seating against Square Wall (1957) , Seated Model on Square Steps (1957)
Wall Reliefs (1955) et une photo in situ d'une réalisation à Rotterdam.
Dans la même salle, ce Relief No.1 (plâtre) de 1959.
Salle 8 - Stonehenge
Le site de Stonehenge, découvert par Moore en 1921, lui inspire au début des années 1970 une série de lithographies à l'encre noire.
Dans la même salle, une oeuvre dont l'inspiration est similaire, Two Piece Reclining Figure No.2 (1960)
Salle 9 - Figures debout
Dans une belle mise en scène...
Upright Internal / External Form (1952-1953)
Standing Figures de différentes époques et matières...
Salle 10 - Mother and Child
Un thème quasi-obsessionnel chez Moore...
Maquette for Mother and Child (1952), Mother and Child : Upright (1978), Working Model for Mother and Child : Block Seat (1983)
La salle 11 - Monumental porte un nom qui parle par lui-même...
Working Model for Oval with Points , Working Model for Spindle Piece (1968-1969),
Reclining Figure : Holes (1976-1978) , Reclining Figure : Angles (1979) , Upright Figure No.5 (1955-1956)
L'exposition se poursuit dans la cour de la Fondation et devant le bâtiment, avec des bronzes monumentaux : Mother and Child : Block Seat (1983-1984)...
Locking Piece (1962-1963)...
...Reclining Figure (1982)...
et Draped Reclining Figure (1952-1953).
Enfin, trois grandes installations "Hors les Murs" complètent l'exposition.
Devant la mairie de Landerneau, The Arch (1963-1969) - Fibre de verre
Toujours à Landerneau, sur les bords de l'Elorn, Large Reclining Figure (1964) - Fibre de verre
Et jusqu'à Brest, sur la terrasse des Ateliers des Capucins, vaste espace de l'Arsenal rendu à la vie civile et rénové, Two Piece Reclining Figure : Cut (1979-1981) - Bronze.
Henry Moore à Landerneau (I)

Comme chaque année, nous convions nos lecteurs à la grande exposition organisée chaque été par la Fondation Hélène & Edouard Leclerc à Landerneau.
Elle est consacrée cette fois, en partenariat avec la Henry Moore Foundation, au célèbre sculpteur britannique et comme les précédentes vaut le voyage...
Nous suivrons le parcours à peu près chronologique de l'exposition, qui retrace l'oeuvre de cet artiste majeur, né en 1898 et mort en 1986.
Salle 1 - Apprentissages : prémices d'un sculpteur
Henry Moore a appris le dessin à l'Ecole d'art de Leeds au début des années 20 , avec l'intention dès le début de faire de la scupture..
Dessins de 1922 à 1928
Salle 2 - La tentation de l'abstraction
Torso (1926), Mother and Child (1930), Relief (1931)
Composition (1933), Two Forms, Head and Ball, Composition (1934)
Stringed Figure, Mother and Child (1938) , Reclining Stringed Figure, Head (1939)
Reclining Figures (1938, 1939)
La salle 3 évoque les liens de Moore avec les surréalistes, avec cette affiche et cette Figure de 1933-1934 en pierre de Corsehill.
Terminons cette première partie avec la salle 4 - Guerre.
Entre 1940 et 1941, Moore documente la vie dans les stations de métro transformées en abris par des dessins d'une poignante intensité.
De cette période, également : Spanish Prisoner (vers 1939)
Helmet (1939-1940)
et sur le même thème une oeuvre plus récente Warrior with Shield (1953-1954)
A suivre dans un prochain billet...





























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