Jardins - suite et fin
Nous complétons par quelques aperçus le compte-rendu de cette belle exposition de la Réunion des Musées Nationaux autour du thème des jardins. (notre billet du 13 mai 2017)
Quelques réalisations "pédagogiques" reproduisant des plantes dans divers matériaux, notamment en verre...
...ou dans des matériaux plus précieux, avec notamment de belles contributions de la maison Cartier...
Revenons à une forme d'art plus conventionnelle avec des toiles de Girolamo Pini (XVème-XVIème), du florentin Bartolomeo Bimbi (1648-1723), de Hyacinthe Rigaud (1659-1743), et quatre beaux dessins de Pierre-Joseph Redouté (1759-1840)...
..., des dessins de l'américain Ellsworth Kelly (1923-2015) et de Picasso, une étude de fleurs de Delacroix, des pots de fleurs de Cézanne,...
...et de belles études d'iris de Patrick Neu, artiste "vosgien" - en fait, mosellan - contemporain spécialisé dans le genre.
Autour de ce "vieux jardinier" du belge Emile Claus (1849-1924) , une collection d'objets et de livres anciens...
Beaucoup de plans de jardins monumentaux anciens...
Une mention particulière pour trois gravures de Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) représentant les jardins à présent disparus du château de la famille de Guise à Arcueil, sur l'emplacement desquels se trouve à présent le modeste jardin de l'auteur de ce blog...
Beaucoup de peintures du XVIIIème siècle autour des jardins : Hubert Robert, Fragonard, et d'autres moins illustres...
Des œuvres plus récentes - et plus à notre goût :
Odilon Redon, Cézanne, Matisse, Picasso, Monet, de beaux panneaux décoratifs de Caillebotte,...
Deux beaux tableaux de Ernest Quost (1842-1931) - à présent méconnu mais réputé en son temps et admiré par Van Gogh -, Bonnard, Gustav Klimt, les allemands August Macke, Ernest Nolde, Paul Klee.
Terminons, en cette période du festival de Cannes, sur un très court métrage de 1895, universellement connu, qui compte tenu de son cadre est présenté aussi dans l'exposition :
...
Jardins
Exposition un peu inclassable au Grand Palais en ce moment : JARDINS présente des oeuvres d'art de toutes sortes - tableaux, photos, scultures - mais aussi herbiers, plans de jardin...Comme le disent les organisateurs :
" Fragonard, Monet, Cézanne, Klimt, Picasso ou encore Matisse. Les plus grands artistes ont célébré le jardin et transformé, grâce à leur talent, cet espace clos en un monde de liberté et d’imagination. Ils ont ainsi donné naissance à certains des chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art. Le Grand Palais les réunit dans une exposition hors-norme, qui retrace, de la Renaissance à nos jours, six siècles de création autour du jardin. Peintures, sculptures, photographies, dessins, installations, environnements sonores et olfactifs nous entraînent dans un voyage immersif et poétique. Une promenade « jardiniste » unique qui fait résonner l’appel du printemps"
Les quelques images de ce billet essaieront de faire partager cette promenade au lecteur. Le visiteur est accueilli par une fresque de la maison du Bracelet d'or à Pompei, un tableau de Giuseppe Peppone, un autre de Dürer...
Les sols sont présents avec ces trois tableaux de Dubuffet, et cette "bibliothèque" de 400 terres de la Loire de Koîchi Kurita,
le ciel et les nuages avec ces tableaux de John Constable.
Des végétaux sur papier d'Hermann de Vries, d'autres réalisations à base de graminées, ..
Des herbiers, classiques ou utilisant diverses techniques pour en améliorer la qualité artistique...
La photographie a sa place, avec ces fleurs de magnolia vues par Man Ray et par Imogen Cunningham, et aussi cette composition d'Edouard Boubat, cette aubépine d'August Sander, ce pissenlit de Paul Dobe.
Une mention particulière pour les papiers découpés de Philipp Otto Runge (1777-1810)
Terminons ce premier aperçu avec les dessins et aquarelles de toutes époques pour qui j'ai une attirance particulière, nostalgie des catalogues Vilmorin feuilletés dans mon enfance, auprès desquels les catalogues photographiques d'aujourd'hui font, paradoxalement, bien pâle figure...
...avec pour finir en beauté cette chélidoine et cette ancolie peintes par Albrecht Dürer,
Entre-deux-tours...
Entre les deux tours de l'élection présidentielle, un peu de nostalgie d'un autre entre-deux-tours, il y a quinze ans...
Nous étions passés à cette époque à Saint-Malo, où comme partout en France les lycéens et les étudiants manifestaient en masse
Nous y étions partis embarquer sur le Condor, qui nous attendait au pied des murailles de la CIté
Laissant Saint-Malo dans la brume...
...notre but était l'île de Jersey, où nous allions passer quelques jours. Le petit port de Gorey était tout aussi humide que Saint-Malo, mais le soleil y brillait, comme la plaque commémorant l'exploit de Mlle Le Pennec (ne pas confondre...)
Le Hocq, où se trouve la maison d'enfance de notre chère amie...
Les paysages marins sans cesse renouvelés...
...avec quelques souvenirs de l'occupation, où l'île partagea le sort du pays voisin...
...et des vestiges d'époques plus lointaines.
Le phare de Corbière dans son site impressionnant et dangereux...
Quelques images rappelant que même si Victoria trône sur cette place de la capitale Saint-Hélier, le français y est toujours langue officielle, avec ses paroisses (communes), ses maisons paroissiales (mairies) avec le bureau des Centeniers et le bureau du Connétable...
Comme - ainsi qu'en Bretagne - il y fait beau plusieurs fois par jour, les véhicules des autochtones s'adaptent facilement à l'aide d'une simple commande..
Pissarro à Éragny
Belle exposition au Musée du Luxembourg ce printemps, consacrée à un peintre parfois un peu méconnu par rapport aux autres impressionnistes alors qu'il est sans doute le plus constant représentant de cette école.
Cette exposition présente le caractère original d'être entièrement consacrée aux vingt dernières années du peintre, de son installation à Éragny-sur-Epte, village du Vexin Français en 1884 à sa mort en 1903.
"Pour l’artiste, la propriété d’Éragny représente l’opportunité d’une stabilité nouvelle, propice au labeur et à la vie de famille. Le lieu propose des motifs nouveaux que Pissarro ne se lasse pas de peindre : fermes, pairies, vergers... Ces motifs lui permettent de renouveler sa peinture, en s’essayant au néo-impressionnisme, mais aussi en explorant de nouvelles techniques telles que l’aquarelle."
Des panoramas à profusion
L'anarchie et la nature
"Marqué par les combats qu’il a dû mener en tant qu’artiste, Pissarro est un fervent partisan de la cause anarchiste tout au long de sa carrière. Il se lie d’amitié avec de nombreuses personnalités telles qu’Élisée Reclus et Octave Mirbeau, grâce à qui il découvre la littérature anarchiste."
Un renouveau artistique (1886)
"Les premières années à Éragny marquent une étape nouvelle dans la vie artistique de Pissarro. Peu après son arrivée, sa technique impressionniste connaît une évolution sans précédent. Les tableaux de cette période témoignent toujours d’une recherche sur les effets de lumière liés aux changements de temps. Cependant, ils sont marqués par un travail sur le contraste des couleurs complémentaires, annonçant le style néo-impressionniste que le peintre adoptera par la suite. L’année 1886 est marquée par la dissolution du groupe impressionniste. Pissarro et son fils aîné Lucien se rapprochent alors d’une nouvelle génération de peintres dont Seurat est le chef de file."
Deux tableaux de Lucien Pissarro (1863-1944) sont exposés aux côtés de ceux de son père :
L’homme et la nature (1886-1890)
"Avant son installation à Éragny, Pissarro a déjà très largement représenté la vie à la campagne, notamment à Louveciennes, à Auvers ou à Pontoise. Après 1886, l’artiste continue à travailler à ce thème et élargit également sa pratique, s’essayant à la gouache, au pastel, à l’aquarelle ainsi qu’à l’eau-forte et à la gravure. Pissarro y trouve un véritable intérêt artistique. Ces techniques, plus rapides d’exécution, lui permettent une production nombreuse et plus facile à vendre que ses toiles néo-impressionnistes, longues à réaliser et qui suscitent moins d’enthousiasme auprès des amateurs et de son marchand, Paul Durand-Ruel. Ses paysages de campagne reçoivent les éloges de plusieurs critiques d’art."
Par-delà les frontières d’Éragny (1894-1914)
"En 1894, Lucien, le fils aîné de Camille Pissarro, fonde en Angleterre Eragny Press avec son épouse Esther. La petite maison d’édition publie alors son premier livre, La Reine des poissons (Queen of the Fishes). Le nom de l’entreprise basée à Epping, dans l’Essex, se veut un hommage au village familial du Vexin français. Au cours des vingt années de son existence, Eragny Press édite les textes de plusieurs auteurs, dont de nombreux Français, tels que François Villon, Charles Perrault ou encore Gustave Flaubert. Au-delà des textes classiques, la maison d’édition publie deux volumes de l’Ancien Testament. Pissarro suit de près l’élaboration des dessins de Lucien et corrige ses esquisses ; les illustrations des publications d’Eragny Press sont ainsi très inspirées des sujets de l’artiste, même après sa mort."
Richesse du paysage (1887-1894)
"Pissarro ne se lasse pas de représenter les vues depuis la fenêtre de son atelier ou de la maison, multipliant les perspectives vers Bazincourt. L’artiste découvre dans chacune de ses séances de travail quelque chose de neuf : l’effet d’un soleil couchant, d’une gelée matinale ou d’une brume épaisse enrobant le paysage. Fervent néo-impressionniste à partir de 1886, il renonce à cette technique en 1894 non sans avoir tiré de cette période des enseignements qui lui permettent de revenir à sa pratique impressionniste initiale, de façon renouvelée. En 1895, il se considère plus que jamais comme le seul véritable impressionniste."
Les Travaux des champs (1894-1901)
"Dès la fin de 1886, Pissarro s’attèle à la conception d’un livre illustré sur le travail agricole. L’ambitieux projet des Travaux des champs passe par plusieurs étapes. En 1894, The Vale Press, à Londres, publie une première version de l’ouvrage. Dans les années qui suivent, Pissarro s’inspire de nouveaux thèmes pour ce projet et se met à dessiner des compositions plus élaborées. Une abondante correspondance témoigne de l’évolution de ses recherches et de ses inspirations au fil du temps. Avec Lucien, Pissarro échange lettres et esquisses définissant différentes catégories de travail rural. L’artiste n’a jamais réussi à terminer son ouvrage. Cependant, Lucien a utilisé la plupart des esquisses et des sujets de son père pour illustrer La Charrue d’érable d’Émile Moselly en 1912."
Certaines épreuves illustrent de façon très intéressante la progression du travail de l'artiste :
Éragny : une source d’inspiration inépuisable (1894-1902)
Citons une nouvelle fois, pour cette dernière salle de l'exposition, qu'on peut considérer comme son point d'orgue, le dépliant :
"Saison après saison et année après année à la tête d’une famille grandissante, Pissarro s’est toujours acharné au travail, développant et élargissant ses champs de recherches. Son environnement et les personnes qui l’entourent lui apportent une multitude d’inspirations. Éragny représente donc bien plus qu’un simple village dans les vingt dernières années de l’artiste, c’est le lieu dans lequel il aura séjourné le plus longtemps, sans jamais en épuiser le potentiel artistique. Il s’épanouit ainsi dans cet environnement naturel et capture visuellement tous ses sujets avec une passion pour le travail, comme jamais auparavant dans sa carrière. Pour Pissarro, la créativité de l’artiste ne s’étiole pas avec les années, pourvu qu’il reste au travail"
Souvenirs de Bretagne
En cette fin de vacances scolaires, nous partageons avec le lecteur quelques images de vacances de printemps au pays des Abers.
Au bord de l'Aber Benoît à Saint-Pabu...
Le long de l'Aber Wrac'h, avec le port de Paluden et une échappée sur le chantier du regretté père Jaouen où le Bel Espoir est amarré...
Les plages de sable blanc entre Saint-Pabu et Portsall, avec kyte-surf et équitation...
La petite pointe face à l'île de Rosservo, avec ses fours à goëmon...
La côte au sud de Portsall...
Sans oublier le patrimoine : château de Kergroadec, chapelles Saint Ourzal, Saint Léonor à Porspoder...
...et la faune bretonne : dorade et vaches aux yeux tristes...
Cy Twombly (1928-2011)
Le Centre Pompidou organisait cette année la première rétrospective complète de l'oeuvre de Cy Twombly et nous nous devons de faire partager au lecteur notre découverte de cette oeuvre complexe et attachante.
Né en 1928 à Lexington,(Virginie), Cy Twombly est décédé en 2011, à l'âge de quatre-vingt-trois ans, à Rome où il a passé une grande partie de sa vie. Unanimement salué comme l'un des plus grands peintres de la seconde moitié du 20e siècle, il partageait sa vie entre l'Italie et les États-Unis.
L'expo est construite autour de trois grands cycles : Nine Discourses on Commodus (1963), Fifty Days at Iliam (1978) et Coronation of Sesostris (2000) et retrace l'ensemble de la carrière de l'artiste à travers un parcours chronologique de cent quarante peintures, sculptures, dessins et photographies. Commençons par les années 50, avec les oeuvres sans doute les plus austères...
Les oeuvres qui suivent, des années 60, ont des titres "évocateurs" comme School of Fontainebleau, Dutch Interior, School of Athens...
Nine discourses of Commodus, The Vengeance of Achilles,...
Problems I, II, II, Night Watch, Treatise on the Veil.
Le visiteur débouche, avant de reprendre le parcours pictural, sur la salle où sont exposées les sculptures de Cy Twombly, des années 50 aux dernières années de sa vie...
Le parcours reprend avec les années 70, notamment Bacchanalia-Fall (1977), Fifty Days at Iliam (1978)
Les années 90, avec les Quattro Stagioni : Primavera, Estate, Autunno, Inverno (1993-1995) puis en 2000 Coronation of Sesostris...
Le parcours se termine en beauté sur les grandes toile colorées de la fin de la vie de Cy Twombly, variations emplies de poésie..
Portes ouvertes à Saint-Paul
Samedi dernier, Saint-Paul d'Angoulême, établissement d'enseignement privé fondé en 1878 par Mgr Sebaux, évêque d'Angoulême, ouvrait les portes des bâtiments qui abritent le collège et le lycée aux futurs élèves, à leurs parents - et grands-parents...C'est l'occasion de faire découvrir ce bel établissement à nos lecteurs, et de montrer à ceux qui ont usé leurs fonds de culotte sur ses bancs combien il a pu se transformer au cours du temps. Ce qui frappe dès l'entrée, sous une voûte dans une rue étroite du vieil Angoulême, c'est la vaste étendue des cours que nous traversons pour atteindre les bâtiments d'enseignements...
Un premier accueil pour expliquer aux parents l'usage des outils mis à disposition sur Internet pour communiquer avec l'administration : emplois du temps avec absence éventuelle des enseignants et élèves, bulletins de notes et trimestriels...Ce genre d'outil est sans doute à présent répandu un peu partout dans le public comme dans le privé, mais pour l'auteur du blog qui était en fonction dans l'administration du ministère de l'éducation nationale il y a une vingtaine d'années, c'est une découverte... Si les bâtiments sont anciens, les circulations sont bien agencées, des casiers sont à la disposition des élèves...
Un passage par les ateliers d'art plastique...
L'établissement dispose d'un vaste amphithéâtre...
Un détour par la chapelle aménagée sous les combles, avec la plaque en latin commémorant la fondation de l'établissement...Paradoxalement, on peut par la fenêtre apercevoir la chapelle du lycée public Guez de Balzac, situé de l'autre côté de la même rue, beaucoup plus imposante que celle de Saint Paul...Il y avait tout de même à une époque plus de soutanes à Saint-Paul qu'à Guez de Balzac, comme le montre cette photo de la classe de seconde en 1932, avec l'élève François Mitterrand (cf le site de l'IFM)
Les salles d'enseignement scientifique sont nombreuses et bien installées...
Au passage, la salle de technologie, une image de Lucky Luke qui rappelle que nous sommes dans la capitale de la bande dessinée, deux tortues qui sollicitent l'attention des nombreux visiteurs...
Au titre des installations sportives, le gymnase et un beau mur d'escalade où peuvent ce jour là s'exercer les futurs élèves...
Le parcours se termine bien sûr au réfectoire astucieusement dénommé "Poivre et Self" où viennoiseries et boissons sont proposées aux visiteurs.
Cravant-les-Coteaux
Un mini-billet à propos d'une découverte sur la route d'un vigneron de grande qualité, Bernard Baudry, dans le vignoble de Chinon à Cravant-les Coteaux.
Peu avant d'arriver, au débouché de la route forestière en venant de la route de Chinon, l'église du vieux bourg se dresse au bord du chemin.
La richesse de l'ornementation du chevet (XIIème siècle) attire aussitôt le regard.
La partie la plus ancienne de cet édifice, la nef, remonte au IXe siècle, ce qui le fait qualifier dans les guides de sanctuaire carolingien.
Désaffecté en 1863 à l'occasion du déplacement du bourg, ce sanctuaire a miraculeusement échappé à la démolition : mis aux enchères publiques en 1865, il fut acquis par la Société Archéologique de France qui le revendit en 1933 à l'association des Amis du vieux Cravant qui en est toujours propriétaire.
Un coup d'œil sur le chœur couvert d'un berceau brisé et son abside semi circulaire, voûtée en cul de four.
Les peintures murales y sont nombreuses et d'un grand intérêt.
Prenons congé de ce pays de Chinon aux richesses si variées avec un regard sur les saules qui bordent la Vienne...
Icônes de l'art moderne - La collection Chtchoukine (II)
Reprenons la visite commencée dans notre dernier billet.
La salle 6 a été intitulée par les commissaires de l'exposition La grande Iconostase, reprenant une expression en référence aux églises orthodoxes, très tôt employée par les commentateurs de la collection pour décrire cet ensemble de toiles de Gauguin acquises par Chtchoukine entre 1904 et 1910 et formant un monumental mur de peintures dans la salle à manger du palais Troubetskoï.
Portraits de la peinture
Les portraits féminins forment après les paysages l'ensemble thématique le plus important par le nombre de tableaux de la collection Chtchoukine. De Degas, Renoir, Toulouse-Lautrec, Maurice Denis à Cézanne, Matisse, Le Douanier Rousseau, Derain, Picasso, Odilon Redon.
Le salon rose
Un vibrant hommage à l'œuvre d'Henri Matisse dans la période 1900-1914, pour moi le point d'orgue de cette collection : j'ai revu avec émotion les toiles qui avaient déjà été rassemblées dans une magistrale exposition au centre Beaubourg au début des années 90, et que j'avais revues à l'Ermitage avec notre amie Maria Ozerova.
Natures mortes
Cézanne donne le ton dans cet ensemble où il est rejoint par Gauguin, Matisse, Derain et Picasso.
Totems et tabous
Dans cette salle, confrontation autour des thématiques du nu et de la figure entre Matisse et Malevitch, Matisse encore et Vladimir Tatline et Larionov, Picasso et Rodtchenko.
La cellule Picasso
Ce cabinet de la galerie de Chtchoukine comptait des œuvres des périodes bleue (1901-1904), rose (1905-1906), "africaine" (1907-1908) ou cubiste (1909-1914).
Les dernières salles de l'exposition sont conçues comme des "confrontations" entre maîtres français et artistes russes de la même époque. Avec les tableaux de Picasso de 1908 La Fermière (en pied) et La Fermière (en buste) sont mis en regard Malevitch, Gontcharova, Klioune, Popova.
Avec Picasso encore, Malevitch, Popova, La Cruche jaune de Nadejna Oudaltsova, Suprématisme d'Ivan Klioune ou le Florence d'Alexandra Exter.
Terminons sur un confrontation un peu moins évidente pour l'auteur de ce blog, avec Mardi Gras, tableau "manifeste" de Cézanne, peint vers 1988-90, Bol vert et flacon noir peint par Picasso en 1908, et la Femme avec râteau de Malevitch peint vers 1930-32.
La Collection Chtchoukine à la Fondation Louis-Vuitton (I)
Alors qu'elle est sur le point de fermer ses portes, il eut été impardonnable de ne pas rendre compte ici de notre visite à l'exposition-phare de la saison, qui a réuni pour la première fois depuis 1948 les chefs d'œuvre de la collection de Sergueï Ivanovitch Chtchoukine, dispersée depuis cette date entre le Musée Pouchkine à Moscou et celui de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg.
Devant sa richesse, nous nous contenterons de suivre les salles de l'exposition et de laisser le lecteur attribuer les œuvres à tel ou tel des nombreux maîtres qui y sont présents...
Les peintres et le collectionneur
Une série d'autoportraits et portraits peints par Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Picasso et Derain, auxquels s'est adjoint en 1915 deux portraits du collectionneur par Xan Krohn.
Objets de contemplation
La première collection, réunie par Chtchoukine entre 1898 et 1905 dans la chapelle du palais Troubetskoï. Un maître chinois, Courbet, Vuillard, Maurice Denis, Picasso, Pissarro, Burne-Jones, le Douanier Rousseau, Sysley...
Paysages impressions
Cette salle s'articule autour d'œuvres de Monet, du déjeuner sur l'herbe aux mouettes de Westminster.
Paysages constructions
Paul Cézanne, les Fauves et les cubistes : "après Cézanne et dans ses pas, une ligne "fauve" s'insinue dans la galerie Chtchoukine avec Matisse, Derain ou Marquet." ...
...Pour les cubistes , Braque, Picasso, et encore Derain.
Nous poursuivrons notre visite dans le prochain billet.
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