1er mai dans les bois de Saint-Cucufa
Pour éviter les encombrements de Paris causés par les trois grandes manifestations parisiennes, quelque sympatique que puisse être l'une, déplaisante une autre et pathétique la troisième, nos pas nous portent ce mardi vers Rueil-Malmaison et un site dont le nom un peu comique ajoute à l'attrait, les bois et l'étang de Saint-Cucufa.
Nous passons d'abord devant le château de la Malmaison, domaine national fermé non pas parce que nous sommes le1er mai mais parce que nous sommes un mardi - ce qui ne change pas grand chose au résultat...
Après un cheminement à travers les hauteurs de la ville, s'offreà nos yeux, au milieu de la forêt domaniale, l'étang de Saint-Cucufa.
Si ces lieux préservés appartiennent au domaine de l'Etat, c'est grâce à Joséphine Bonaparte qui acquit le domaine - château de la Malmaison, bois et étang - en avril 1799. A leur divorce en 1809, Napoléon 1er lui laissa la Malmaison et les bois de Saint-Cucufa. Le domaine passa ensuite de main en main au gré des successions et des ventes jusqu'à ce que Napoléon III, qui s'efforçait de reconstituer les propriétés chères à son oncle, reprenne possession de la Malmaison et de Saint-Cucufa par un échange de terrains en novembre 1856. La République annexa les biens de la Couronne impériale en 1871 et la Malmaison devint domaine national, les bois forêt domaniale.
Le retour vers la ville nous fait emprunter des chemins de toute beauté :
Au gré du chemin, l'ONF nous informe des travaux entrepris pour la conservation du bois, la ville de Rueil-Malmaison des combats qui s'y sont déroulés lors de la défense de Paris en 1870 en rendant hommage au général de Miribel. La ville souligne le rôle de Marie-François-Joseph de Miribel dans les combats de la Malmaison contre les Prussiens, elle est plus discrète sur celui qu'il joua dans la répression de la Commune quelques mois plus tard...
Au retour, une belle vue sur l'église Saint-Pierre-Saint-Paul de Rueil, dont l'élégante façade, érigée de 1632 à 1635 sur ordre de Richelieu, n'est pas sans rappeler celle de la chapelle de la Sorbonne, d'autant qu'elle est due au même architecte, Jacque Lemercier. Elle abrite les tombeaux de Joséphine et Hortense de Beauharnais, qui y furent ensevelies respectivement en 1818 et 1837.
3 vues du phare de l'Île Vierge
A la suite modeste des 36 vues du mont Fuji de Katsushika Hokusai (1760-1849), ce billet sera consacré à l'ïle Vierge et à son phare, le plus haut d'Europe et même du monde si l'on ne considère que les phares en pierre de taille, qui monte la garde depuis 1902 près de l'Aber Wrac'h.
Toutes ces vues ont été prises le 26 avril aux alentours de midi.
La plus classique, depuis Lilia, en suivant la côte vers l'est à partir du Castel Ac'h.
Un peu plus à l'est, depuis Porz Grac'h, passé le hameau de pêcheurs de Kerledut
et ma préférée, d'un peu plus à l'est, depuis le site de Beg Monom, éperon barré de l'âge du fer.
Comme dans les 36 vues, qui comportent 48 estampes, le lecteur aura droit à une vue supplémentaire depuis les rochers de Beg Monom, où l'on voit l'Île Vierge dans toute sa largeur.
Pour clore ce troisième et dernier billet issu d'une semaine de vacances en Bretagne, mentionnons le principal événement du séjour : malgré une météo peu favorable, notre bateau a été remis à l'eau, amarré à son nouveau corps mort mis en place par la Communauté de Communes du Pays des Abers (voir notre billet du 22 décembre 2011 : Adieux). Il y est encore un peu seul, mais les lecteurs amis seront les bienvenus s'ils veulent naviguer avec nous...
Un endroit où souffle l'esprit...
Encore une journée maussade sous le ciel breton ce mercredi : Les Enfants de Dialogues à Brest offrent un refuge idéal pour accueillir nos petits-enfants, à défaut du jardin trempé ou de la plage battue par les embruns.
Au sortir de ce temple de la consommation pour les jeunes de 0 à 14 ans, un détour sur le chemin de la maison va cependant nous permettre de couronner la journée par un moment magique dans un de ces lieux où l'on se sent hors du temps : la pointe Saint-Mathieu, déserte à cette heure tardive, battue par les vents mais baignée d'un soleil retrouvé.
Dès l'accueil, on est saisi par la solemnité du site.
Au fond de la cour, la chapelle Notre-Dame des Grâces ; passée la chapelle, on découvre sur la droite les ruines de l'abbatiale, entourées du phare et du sémaphore.
A nos pieds, l'océan attaque la pointe depuis des siècles et finira par en avoir raison...
Malgré les viscissitudes et les déprédations, la majesté de la nef de l'abbatiale impose encore au visiteur le respect .
En sortant de la nef, nous sommes saisis par la vision d'un arc-en-ciel qui nimbe soudainement la chapelle comme s'il nous avait attendus.
Pour l'histoire tourmentée de ce haut-lieu, on se reportera à l'article bien documenté que lui consacre Wikipedia, à ce lien : Abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre.
Source de bonheur
En cette période de vacances scolaires, pas de cours de chinois mais une application pratique.
A Saint-Pabu, au bord de l'Aber Benoît, l'ancien "port du moulin", Porz Ar Villin, sert d'abri à quelques vieux bateaux.
L'un d'eux, mystérieusement, porte un nom chinois :
On peut en se rapprochant davantage en apprécier l'élégante calligraphie...
et appliquer les cours qui donnent leur nom à ce blog pour reconnaître
soit en pinyin fu yuan, source de bonheur...
Sondages
Un billet un peu didactique en cette période pré-électorale. Il y a quelques semaines, le 19 mars pour être précis, j'ai assisté à un séminaire organisé conjointement par la Société française de Statistique, au sein de laquelle je m'efforce de militer, et le CEVIPOV, Centre de recherches politiques de Sciences Po (voir le lien). Il était consacré au bon usage des sondages électoraux.
La séance s’est ouverte sur une présentation de Jean Chiche, statisticien au CEVIPOF. Après avoir clarifié les différents types de sondages électoraux, il a décrit les étapes menant à l’estimation des intentions de vote.
Les exposés suivants ont été donnés par Jérôme Sainte-Marie, directeur général adjoint de CSA et Bruno Jeanbart, directeur à OpinionWay. Ils ont décrit le processus commun aux enquêtes téléphoniques de CSA et aux enquêtes Internet d’OpinionWay en détaillant les étapes menant à l’estimation diffusée.
Ensuite, Thierry Vedel, politologue au CEVIPOF, a traité de l’usage médiatique des sondages électoraux, et Marie-Eve Aubin, présidente de la Commission des sondages a introduit la table ronde finale en précisant le rôle de la Commission. Au cours des échanges, Daniel Boy, politologue du CEVIPOF a apporté son éclairage. Le séminaire s’est terminé par un débat avec la salle.
Le compte-rendu vient d'en être difusé.
Je le mets en ligne avec ce lien : Le bon usage des sondages électoraux.
Pour terminer plus légèrement, notamment à l'intention du lecteur qui n'aura pas eu la patience de lire tous les points du compte rendu, deux instantanés de campagne :
Samedi dernier, au marché de Cachan, Aline, à qui j'achète fidèlement coquilles Saint-Jacques, huîtres, moules et crustacés tout au long de la saison, recevait la visite du président de notre région accompagné de notre député, maire de Cachan.
et un instantané pris ce matin rue de Seine, rebaptisée pour la circonstance :
Cima da Conegliano au Musée du Luxembourg
Après une interruption due à des circonstances familiales dont nous prions nos fidèles lecteurs de nous excuser, nombre d'expositions s'offrent à nous à Paris ce printemps, dont celle consacrée à un peintre plutôt méconnu - au moins de notre part, Cima da Conegliano (1459-1517), peintre vénitien de la Renaissance italienne.
Contrairement à ses rivaux de l'époque à Venise, Giovanni Bellini et Vittore Carpaccio, issus de dynasties de peintres bien installés à Venise, Cima est un jeune homme venu d'un village de l'arrière pays, au pied des Dolomites, qui, parti de rien, développa une telle sensibilité et maîtrise des couleurs qu'il fut considéré par le Doge lui-même comme le meilleur.
Le soin fascinant avec lequel il décrit les visages, les expressions et les regards, souvent mélancoliques, lui permet de conférer à ses peintures une profonde humanité, perceptible notamment dans ses nombreuses Vierges à l’Enfant, comme celle-ci, conservée à la National Gallery de Londres. Quelques autres belles pièces de cette exposition, dont une avec mon saint patron, pour vous inciter à aller la voir :
Si vous vous y décidez, ne manquez pas non plus d'admirer, dans la galerie des bâtiments du Sénat situés de l'autre côté de la rue de Vaugirard, un des quelques mètres étalons installés dans la capitale par la Convention au moment de l'instauration du système métrique!
Le nouveau XIIIème
Cette après-midi ensoleillée du dimanche 25 est l'occasion d'une balade dans la partie nord du du XIIème arrondissement, entre les voies de la Gare d'Austerlitz à présent recouvertes d'une dalle et la Seine : un véritable laboratoire d'architecture, où logements collectifs - dont du logement social de haut de gamme, bureaux et emprises universitaires : Paris VII-Denis Diderot qui a quitté Jussieu laissé à Paris VI-Pierre et Marie Curie, Ecole d'architecture Val-de-Seine.
Les parcs publics sont nombreux et accueillants, comme celui qui surplombe l'ancien immeuble des Grands Moulins de Paris, rénové pour accueillir des locaux de Paris VII.
Presque tous les anciens bâtiments industriels ont été rénovés : dernier vestige laissé aux artistes qui les ont squattés il y a pas mal d'années, les anciens entrepôts frigorifiques, qui ont à présent un air un peu décalé.
La promenade nous conduit tout naturellement vers la BNF, un des premiers éléments de ce nouveau paysage, dont l'esplanade s'orne actuellement d'un curieux chapiteau d'où s'échappaient des rythmes de bastringue, le "Dansoir" de Karine Saporta.
La promenade se termine au bord de la Seine (on notera à droite la Dame de Canton, lien - ténu - avec le titre du blog)...
qu'il ne reste plus qu'à franchir sur la passerelle Simone-de-Bauvoir pour atteindre le parc de Bercy.
艾未未 (Ai Weiwei) au Jeu de Paume
Même scenario ce vendredi 23 mars que deux jours avant : nous profitons d'une belle journée de printemps pour voir une autre exposition, cette fois plus en phase avec le titre de ce blog, puisqu'il s'agit d' Entrelacs, expo consacrée par le musée du Jeu de Paume à Ai Weiwei.
Nous ne saurions recommander plus chaudement au lecteur d'aller la voir pendant le mois où elle sera encore à l'affiche. Pas de queue cette fois encore, malgré l'absence de carte magique, mais un prix doux car le Jeu de Paume pratique encore, contrairement à nombre de ses homologues, le tarif réduit pour les seniors...Pour le même prix, nous avons pu aussi voir une exposition tout aussi passionnante sur la photographe américaine Berenice Abbot (1898-1991), qui apprit son métier à Paris dans les années vingt avec Man Ray...
Le retour nous permis de flâner au Tuileries, parsemées d'oeuvres toujours aussi belles dans ce cadre :
Nous traversons la Seine sur la passerelle Léopold-Sédar-Senghor, ci-devant de Solferino :
et, sans oublier la touche de campagne électorale, plus voyante que dans notre dernier billet, nous retrouvons la maison pour notre premier repas outdoor. Cette fois, le printemps est vraiment installé!
Printemps
Belle journée que cette première journée du printemps à Paris.
Il fait bon flâner sur les quais, baignés de cette lumière unique...
Les murs du quartier Saint-Germain offrent des images de campagne électorale uniques en leur genre
J'espère qu'une bonne âme a déjà signalé à Jean-Luc Mélanchon qu'il est devenu une figure du street art, sinon il le découvrira peut-être en lisant ce blog. Tout près, la porte ouverte d'un immeuble en cours de rénovation nous permet de découvrir cette plaque habituellement dérobée au regard du passant.
Manifestement, l'hôtel populaire hanté par des poètes en devenir ou de jeunes rapins a laissé place à des bourgeois certes bohèmes mais confortablement nantis...
Grâce à nos cartes magiques, nous parcourons sans l'ombre d'un début de queue la magnifique exposition consacrée à Degas au Musée d'Orsay.
Et pour rester dans le domaine de l'Art, nous ne résistons pas à l'envie de faire découvrir au lecteur une oeuvre récemment retrouvée par hasard d'un jeune - à l'époque...- dessinateur dont nous tairons le nom mais qui se reconnaîtra s'il lit le blog, ou que ses frère et soeurs préviendront s'il ne le lit pas.
La rigole d'alimentation de Bouzey
Dans la foulée de notre billet du 2 mars consacré à des ouvrages permettant d'acheminer l'eau potable, je vous propose un billet sur l'alimentation d'une voie navigable, le Canal des Vosges, autrefois dite Canal de l'Est branche Sud.
Faisant le lien entre le bassin du Nord-Est et le bassin Rhône-Saône, jalonné de 93 écluses, le Canal des Vosges s'étire dans un écrin vert de 122 km entre falaises de grès rose et profonde forêt.
Notre dernier séjour dans les Vosges a été l'occasion de découvrir un très bel ensemble d'ouvrages hydrauliques concourant à l'alimentation de ce canal, à travers le réservoir de Bouzey.
Au passage, une vue aérienne, due à Julien Lièvre, de ce réservoir et de sa digue,
digue qui a acquis une sinistre notoriété en se rompant le 27 avril 1895, à 5H15 du matin, inondant la vallée de l'Avière et faisant 87 victimes.
La rigole de Bouzey assure ainsi l'alimentation du Canal des Vosges par dérivation, à la hauteur de Saint-Etienne lès Remiremont, d'une partie de l'eau de la Moselle, qui s'écoule gravitairement sur plus de 45 kilomètres jusqu'au réservoir de Bouzey selon le schéma ci-contre.
Notre petit reportage présentera cet ouvrage autour de la commune d'Arches, qu'il traverse de la façon la plus spectaculaire. Commençons par deux vues de la rigole au sommet de la colline du château d'Arches, au débouché d'un parcours souterrain en amont. En arrière-plan, la vallée de la Moselle.
La rigole se déverse ensuite dans la cuvette de départ du siphon qui lui permet de passer de l'autre côté de la vallée de la Niche, qu'elle traverse dans un petit aqueduc.
De l'autre côté du siphon, un aperçu sur le dénivelé et la cuvette d'arrivée.
Au sortir de cette cuvette, la rigole reprend son parcours à travers les bois.
Au total la rigole représente un linéaire de 46,868 km, sur lequel on trouve 16 tunnels (dont celui de Chantraine long de 1,533 km), 7 passages sous routiers et 10 siphons, dont ceux de Niche : 284 m, qui fait l'objet de notre reportage, Nauves : 159 m, Dinozé : 272 m et Saint-Laurent : 229 m.
Un grand merci à nos amis pour nous avoir fait découvrir ce bel ouvrage et donné l'envie d'inscrire ses rives si romantiques au programme de nos futures randonnées vosgiennes...









