Sur le chemin de Perros
Par cette belle journée d'avril nous convions le lecteur à nous accompagner à Plouguerneau (Finistère), le long de l'Aber Wrac'h, à partir du point de vue situé près d'un ancien amer.
Pour se rendre au petit port de Perros sur la rive droite de l'aber, le GR34 longe d'abord un petit affluent, que l'on traverse à la hauteur d'un petit moulin, Milin an Haod.
Passé cet affluent, on remonte à travers bois vers la rive droite de la branche principale de l'Aber, d'où on découvre la vue sur le port de Paluden. Au bord du chemin de Perros, une de ces statues qui ornent beaucoup de sentiers de Plouguerneau, et une pancarte toute neuve qui attire notre attention : Lavoir de Kervili (200 m)
La descente vers le lavoir, pour courte qu'elle soit indiquée, est assez abrupte. Elle offre une vue imprenable sur le chantier du regretté père Jaouen, sur l'autre rive de l'Aber, et conduit à une installation plutôt rustique mais non dénuée de charme.
En poursuivant vers l'ouest à travers bois, d'agréables coups d'œil sur l'aber qui compensent un peu le coté pénible de la progression...
On est tout de même heureux de retrouver le GR, avec à l'horizon, un peu irréelle, une des îles qui bordent l'embouchure de l'aber. Au bord du GR, des allées en sous-bois...Au bout de notre excursion nous attend, en bonne compagnie, une très belle vue sur l'embouchure de l'aber, avec le port de plaisance, au loin sur la rive gauche. Le GR descend jusqu'au bord de l'eau, mais la marée déjà haute ne nous permettra pas d'atteindre le hameau de Perrros.
Elne, petite cité au grand passé
Peu de petites communes (8450 habitants au recensement de 2013) peuvent se vanter d'avoir abrité le campement d'Hannibal en 218 avant JC, comme en atteste Tite-Live, alors que sous le nom d'Illiberis elle était déjà un important oppidum.
Elle est surtout visitée aujourd'hui pour sa très belle cathédrale Sainte-Eulalie-et-Sainte-Julie qui en domine les venelles endormies.
Arrivés sur le plateau des garaffes, derrière le chevet de la cathédrale, nous découvrons le monument aux morts de la première guerre mondiale, œuvre d'Aristide Maillol : on ne regrette pas le poilu avec sa baïonnette et son coq qui orne habituellement ce genre d'édifice...
Le chevet roman présente un bel appareil et de fines sculptures. Au passage, on y rappelle le sac d'Elne en 1285 par Philippe le Hardi (en catalan...)
Le chemin derrière le chevet mène à un très beau cloître du XIIème siècle que nos agapes tardives ne nous permettent pas de vous présenter, étant arrivés au moment de sa fermeture...Ce sera pour un futur blog. Le lecteur devra se contenter de 'intérieur de la cathédrale, dans son dépouillement austère. Au passage, un retable catalan du XIVème siècle en hommage au saint patron de l'auteur de ce blog.
Les tours de Sainte-Eulalie-et-Sainte-Julie - dont les reliques ont malheureusement quitté la ville pour Perpignan, avec l'évêque, le 2 juillet 1802 - sont impressionnantes, surtout la tour sud avec ses arcatures. La tour nord en briques est un ajout plus récent.
Elne a été le siège d'un évêché, attesté dès 571, création des Wisigoths à la suite du démembrement de l'archevêché de Narbonne. Les évêques d'Elne se mirent à résider le plus souvent possible à Perpignan, capitale du royaume de Majorque, dès le XIIème siècle et obtinrent officiellement en 1602 de pouvoir transférer leur résidence à Perpignan, même si le siège de l'évêché resta à Elne jusqu'en 1801, date à laquelle la collégiale Saint-Jean de Perpignan devint la nouvelle cathédrale du diocèse toujours intitulé de Perpignan-Elne.
L'entrée principale, dont le portail de marbre, orné de la mention "République Française" et de la devise de la république, porte encore des traces de l'incendie de 1285, donne sur une placette très agréable où les visiteurs du 3ème âge ont pu prendre quelques instants de repos.
Gérard Fromanger à Beaubourg
Les expositions se suivent - ou plutôt se juxtaposent - au Centre Pompidou, et ne se ressemblent pas.
Gérard Fromanger, plasticien français né en 1939, offre au sortir de la rétrospective Kiefer une agréable bouffée de couleur et de fraîcheur
Les œuvres mêlent avec beaucoup de goût peinture et photographie, et replongent le visiteur baby-boomer dans l'atmosphère de sa jeunesse des années 68-70.
Fondateur avec d'autres de l'atelier de l'école des Beaux-arts qui a réalisé les affiches de mai 1968, il a aussi réalisé avec Jean-Luc Godard des films-tracts et voyagé en Chine avec Joris Ivens au début des années 70 : un parcours gauchiste sans faute...
Un tableau un peu à part, avec des centaines de noms de peintres sur fond noir, un hommage à Pierre Overnay, militant ouvrier mao-spontex assassiné en 1972 par un vigile de Renault, un tableau récent (2007) Bastille réseaux.
L'œuvre de Fromanger est multiforme avec des œuvres à mi-chemin entre peinture et sculpture...
Encore quelques tableaux-photos...
Toute une section est consacrée aux portraits réalisés par Fromanger de ses amis et familiers où l'on reconnaîtra notamment Foucault, Prévert, Godard...
Terminons la présentation de cette belle rétrospective, si longtemps attendue, par quelques plus récentes et toujours aussi colorées.
Anselm Kiefer : part II
Après avoir laissé le visiteur reprendre son souffle, nous enchaînons sur la salle 7 de la rétrospective Anselm Kiefer à Beaubourg (voir notre précédent billet). Intitulée "Alchimie du verre", elle présente des dizaines de vitrines qui sont autant de petites installations réalisées avec des matériaux de fortune.
Au hasard du parcours, pour ceux qui ne seraient pas familiers avec la langue de Goethe, la lettre perdue, la fin de l'histoire, balance à sorcière, ragnarök, ouroboros,...
,,,Maginot, le serpent d'airain, Raphaël : la belle jardinière, Philémon et Baucis, le dernier épi.
Salle 8, "Deuil et histoire", avec Die Orden des Nacht (Les Ordres de la nuit) où Kiefer commence à se représenter dans la posture d'un cadavre, Seraphim, Unternehmen Seelöwe, et le mystérieux crocodile de Locus Solus für Raymond Roussel.
La salle 9 est consacrée à "La poésie de Paul Celan et d'Ingeborg Bachman", avec Für Paul Celan : Aschenblume (2006), Die Grosse Fracht für Ingeborg Bachman,...
On retrouve le thème "Deuil et histoire" salle 10 avec notamment Osiris und Isis (1985-1987)
Dans la salle suivante, consacrée à "La Kabbale", Shebirat ha Kelim (La Brisure des vases - 1990), Lilith, et Für Ingeborg Bachman : Der Sand aus den Urnen (Pour Ingeborg Bachman : Le Sable des urnes).
Dans l'avant-dernière salle "Du Noir à la Couleur", outre Für Paul Celan : Halme des Nacht (Pour Paul Celan : Epis de la nuit) quelques champs de fleurs apportent une note d'apaisement.
Le parcours s'achève sur une installation monumentale créée pour l'occasion : Pour Mme de Staël : De l'Allemagne. Mêlant les références aux penseurs allemands rendus célèbres en France par Mme de Staël à celles aux membres de la Rote Armee Fraktion (Andreas Baader, Ulrike Meinhoff), elle n'est pas sans plonger le visiteur dans la perplexité.
Anselm Kiefer : rétrospective à Beaubourg
Le nom d'Anselm Kiefer n'est peut-être pas familier à tous les lecteurs du blog, mais ce plasticien allemand né en 1945 à Donaueschingen, qui vit et travaille en France depuis 1993, se partageant entre ses entrepôts-ateliers de Barjac, dans le Gard et Croissy-Beaubourg en Seine-et-Marne, est un immense artiste contemporain. L'exposition, organisée selon la chronologie de la production de Kiefer, débute par ses tableaux de la fin des années 60 et du début des années 70, avec notamment ses Heroisches Sinnbild, dans la salle intitulée "Réthorique de guerre"; où il proteste contre l'amnésie de l'Allemagne pour son passé récent.
Dans la salle suivante, "Du papier", notons Brunhilde schläft (1980), Pour Céline, Voyage au bout de la nuit (1975-2007), et des œuvres plus colorées.
Dans la salle suivante "Peindre? Paysages" , Resumptio (1974) et d'autres
Dans la salle suivante, "Mythes germaniques", Notung et Parisfal III (1973) et d'autres
Salle suivante : "Une Histoire Allemande" : Wege der Weltweisheit (Chemins de la sagesse du monde) -
Arrêtons nous à la sixième salle de cette monumentale rétrospective - qui en compte douze : "La valeur des ruines", avec Die Saülen (Les Colonnes) - 1983, Margarethe (1981), Sulamith (1983), et d'autres. Ce premier billet devrait suffire à vous convaincre à aller à Beaubourg avant le 18 avril, mais nous poursuivrons notre visite dans le suivant.
Derby parisien au stade Jean Bouin
Occasion inespérée ce samedi de visiter le stade Jean Bouin rénové en 2013, qui plus est pour assister au Derby parisien, l'affrontement des deux équipes parisiennes du Top 14, le Stade Français recevant le Racing. Les derniers matchs du Stade Français auxquels j'avais assisté remontaient à près de 10 ans et je n'avais pas encore pu apprécier de visu cette belle réalisation.
Dans la mise en scène désormais traditionnelle, les joueurs font leur entrée sur le terrain...
Dernière phase de jeu avant la mi-temps, le Stade Français mène 16 à 13. Pendant que les joueurs sont au vestiaire les pompon girls peuvent se trémousser joyeusement au milieu des supporters pleins d'entrain...
La deuxième mi-temps douchera l'enthousiasme des supporters "locaux". Après deux cartons jaunes et une expulsion pour un placage "cathédrale", le Stade, jouant pendant un temps à 12 contre 15, ne marquera plus un point et encaissera essai sur essai pour finir battu par 34 à 16.
Malgré cette déception ne boudons pas notre plaisir d'avoir passé cette après-midi ensoleillée de fin d'hiver dans ce cadre si réussi.
Le soir à Montmartre
Après les grands espaces bretons battus par les vents et la pluie, une balade en soirée dans les rues somme toute plus paisibles de la capitale.
La petite place des Abesses, devant l'église Saint-Jean-de-Montmartre, a un petit air provincial bien sympathique.
En montant vers le haut de la colline...
... on atteint la place du Tertre, vide à cette heure et à cette saison de la foule des touristes et de ceux qui en vivent...
En haut de la butte trône la pâtisserie expiatoire dressée par les Versaillais, entourée de touristes dont bien peu sans doute connaissent l'histoire sanglante...
On peut à présent redescendre vers le but de la soirée, passant devant d'improbables boutiques...
et s'assoir au chaud au parterre du théâtre des Abbesses pour assister à la dernière représentation de la chorégraphie que Jean-Claude Gallota a tirée de l'Étranger de Camus.
Bravo les artistes !
Mars qui rit...
...malgré les averses, prépare en secret le printemps.
Ces vers de Théophile Gautier ont été ânonnés à l'école élémentaire par des générations d'écoliers, dont nous-mêmes et, heureuse surprise tant la suite me semblait surannée et à vrai dire d'une sophistication un peu lourde, par nos petites-filles. Ils me rappellent que ce blog a été peu actif ces derniers temps : avant des articles plus fouillés sur les grandes expositions de Paris, quelques images de Bretagne sous le ciel changeant de ce mois de mars.
La côte à Lilia (Plouguerneau) sous le soleil...
Une élégante automobile près des plages de la presqu'île Sainte-Marguerite (Landeda)
Pospoder sous le soleil mais par grand vent...
Le petit port d'Argenton (Landunvez)...
...et l'Aber Wrach depuis l'intérieur de la voiture, de crainte de se voir emporté par le vent déchaîné.
Le Corbusier : la cité du refuge (1929-1933)
Pas encore d'article en février : la saison n'est pas propice, mais je propose au lecteur un mini article en rapport - lointain - avec le titre du blog puisque partant de photos prises entre deux cours à l'Inalco où précisément j'apprends à présent le chinois...
Sur la rue du Chevaleret est seule visible une façade relativement modeste, mais qui arbore les couleurs si caractéristiques de l'architecture du maître
Il faut tourner à droite dans la rue Cantagrel pour arriver devant l'entrée principale. Le bâtiment étonne par sa modernité, mais aussi par sa fraîcheur : on croirait qu'il vient d'être inauguré !
En fait, géré depuis l'origine par l'armée du Salut, il vient de subir une rénovation complète, couronnée par le prix du Geste d'or en 2015, et n'a rouvert ses portes aux pensionnaires qu'en novembre dernier.
La curieuse rotonde à l'entrée du bâtiment.
Pour donner au lecteur une vue plus complète du bâtiment que nous n'avons naturellement pas pu visiter pendant ce court interclasses nous avons recherché les clichés pris lors de notre découverte de ce bâtiment en 2002 : ils permettent aussi d'apprécier l'ampleur de la rénovation qu'il vient de subir...
La façade rue Cantagrel en 2002 :
La façade rue du Chevaleret (près de l'actuel Inalco, qui à l'époque était bien loin de ce quartier...
Enfin, le comptoir d'accueil, très corbuséen avec ses carreaux de verre, mais aucune idée sur ce qu'en a fait la (sans nul doute nécessaire) rénovation...
Fragonard au Luxembourg
Avec des températures plus clémentes, la rentrée du deuxième trimestre universitaire, la fin du temps des galettes et des vœux, le blog sort de sa torpeur et va essayer de proposer au lecteur de nouvelles découvertes.
Au Musée du Luxembourg, l'exposition Fragonard amoureux vit ses derniers instants : après une première visite un peu rapide car la peinture du XVIIème siècle est loin d'avoir mes préférences, j'ai eu l'occasion d'y revenir la semaine dernière et j'ai pensé qu'elle pouvait susciter l'intérêt du lecteur.
L'accrochage débute avec de grandes compositions colorées dans la veine de Boucher.
Une grande partie de l'exposition, gravures et tableaux,est consacrée à des scènes galantes voire libertines, dans le goût de l'époque.
Quelques tableaux moins typiques où l'art du peintre apparaît, hors des conventions du genre...
Un certain nombre de tableaux mettent en évidence le talent de paysagiste du peintre.
On ne saurait omettre le fameux "verrou", qui orne l'affiche de l'expo...
...ni cette Adoration des Bergers qui paraît presque déplacée dans cet ensemble.
Terminons sur une note épique avec ces dessins illustrant l'histoire de Roger et Angélique, au trait très épuré, et le grandiose Renaud dans les jardins d'Alcine.





























































































