Un jardin extraordinaire...à Nantes
Pour rester dans le thème récemment abordé par ce blog, nous proposons au lecteur de faire partager notre découverte d'un autre jardin. Remontant d'Angoulême vers notre villégiature bretonne, nous avons fait une pause à mi-parcours au Jardin des Plantes de Nantes.
Situé en plein centre de la ville, face à la gare, nous sommes accueillis dès l'entrée par un personnage issu de l'imagination de l'auteur qui anime cette année encore ce jardin botanique austère et séculaire : le poussin de Claude Ponti, avec sa valise prête pour attraper un train au vol.
Depuis plusieurs années déjà ce dessinateur et littérateur prolixe, né à Lunéville en 1948, qui a été directeur artistique à l'imagerie d’Épinal au début des années 1980, campe chaque été au Jardin des Plantes de Nantes ses installations , dont certaines sont pérennes.
Quoi de plus indiqué que ses bancs de toutes formes et de toutes tailles pour une pause au milieu d'une longue route...
Le temps a manqué pour un tour complet du jardin : quelques instantanés au passage, comme le Dormanron et les Totemimiques...
...les sous-fleurs...
...ou la Polymorphiae exactisantae où s'exprime toute l'imagination de Ponti.
Les aspects plus traditionnels du parc ne manquent pas de charme, comme l'enclos où les enfants peuvent cajoler les chèvres...
...la maison des perruches...
En quittant ce havre de fraîcheur, on ne peut qu'être admiratif du style et de l'orthographe des autorités du parc, avec cette pancarte qui remplit de nostalgie les amoureux du bon français.
Jardins extraordinaires...la suite
Nous poursuivons notre visite du festival des jardins de Chaumont, avec un petit retour sur l'installation 4Bis Collection noire, dont la numérotation atypique nous l'avait fait omettre dans notre dernier billet,
...située juste en dessous de l'endroit d'où la vue sur les toits du château est la plus belle...
...et nous enchaînons avec l'installation 6 A table! qui nous invite à un repas imaginaire composé de plantes comestibles rares ou oubliées...
Petit clin d’œil : les lampions contiennent d'autres convives, des plantes carnivores de la famille des Nepenthacées.
Le numéro 7, Suspensions climatiques, utilise le thème des jardins suspendus de Babylone avec l'intention de s'interroger sur l’évolution climatique de la planète...
Le jardin des graines, au numéro 8, présente une collection de plantes rappelant celles des jardins botaniques, et aussi une collection de graines, ainsi que des sculptures en bois de graines agrandies.
Spectaculaire, Le jardin d'Orphée, au numéro 9, propose au visiteur d'emprunter, surplombant des cactées, une passerelle sans issue (autre qu'un très beau panorama sur le fleuve)
Clôturons ce billet avec le numéro 10, Fleur bleue : couleur mythique depuis l'Antiquité jusqu'à - presque - nos jours avec les enfants de Marie, avec des plants tinctoriales comme le pastel et l'indigotier. Une présentation originale, d'une grande simplicité.
5 jardins extraordinaires
Du 23 avril au 1er novembre, se tient comme chaque année dans le parc du domaine de Chaumont le festival international des jardins. Cette édition 2015 est intitulée Jardins extraordinaires - jardins de collection. Au fil de ce blog, nous en présenterons à nos lecteurs quelques unes des installations.
Dès l'entrée, Carnivore parc surprend le visiteur par son originalité.
La spécificité des plantes carnivores présentées n'exclut pas leur beauté...
...ni l'humour très présent dans l'installation.
Dans sa présentation plus discrète, Les chasseurs de plantes de jardin se veut une ode aux chercheurs qui ont fait découvrir de nouvelles plantes à l'Europe, principalement aux XVIIe et XVIIIe siècles.
L’Arche de Linné transpose au monde végétal le thème biblique de celle de Noé, proposant une sélection de plantes de tous les continents à embarquer en cas de nouvelle catastrophe climatique...
Nuances présente à la manière d'un musée un très beau tableau naturel composé d'une mer de fleurs de toutes nuances de bleu.
Le jardin des 101 pélargoniums se passe de commentaires : contentons nous d'en admirer la beauté de la présentation générale...
...des "bouquets" de chaque espèce...
et du détail de chaque fleur.
Pour ceux qui mettraient en doute la précision du titre de cette installation, nous donnons ici un lien vers les 101 variétés de pélargoniums présentées.
Faites de la musique...à Chambord
Ce samedi 20 juin, le soir tombe sur le parc du Domaine de Chambord, mais les visiteurs sont toujours là, et même affuent...
La fête de la musique se tient en effet avec un jour d'avance, et dès 20 heures des groupes se produisent : ici HOBO (swing/blues) sur la place Saint Louis et le duo instrumental Marie Faucqueur et Philippe Dourneau près de l'église.
L'église, où se produit une chorale, étant bondée, il faut redescendre vers le château et entrer dans la cour. Au fond de la cour de droite joue un groupe.
Il s'agit de Juke, décrit par les organisateurs comme "rock progressif/psychédélique", au demeurant très agréable à écouter dans ce décor grandiose.
Dans la cour de gauche, Lazy Drake Island (folk/pop).
Devant le château, Arcadya (pop rock).
Un peu plus loin, sous les frondaisons, Chat'R'Tones, rock 60's 70's.
Sur le chemin du retour, la nuit tombée, nous repassons devant le groupe BELLALLURE (Chanson française)
Il est temps de prendre congé...
Meung sur Loire
En chemin vers le festival des jardins de Chaumont, où nous ont invités nos bons amis, nous faisons étape dans la petite ville de Meung sur Loire : le fleuve coule paisiblement dans son lit, loin des niveaux atteints il y a 159 ans...
Une fois passées les halles à la charpente imposante...
...on découvre la collégiale Saint Liphard, bel exemple du gothique naissant, figurant dans la liste des premiers monuments historiques classés.
Juste derrière l'église, le château, ancienne résidence de campagne des évêques d'Orléans.
La collégiale aux proportions harmonieuses recèle nombre d'éléments remarquables,
notamment des éléments sculptés très expressifs.
N'en manquez pas la visite : le GR de la rive droite de la Loire débouche en ville à la hauteur d'un charmant moulin...
Le Corbusier, mesures de l'homme
L'exposition consacrée en ce moment par Beaubourg à Le Corbusier a fait couler beaucoup d'encre, non tant par elle même que par l'occasion qu'elle a donnée de se pencher sur certains aspects de la personnalité de l'homme, certes peu flatteurs mais qui n'enlèvent rien à l'émotion artistique suscitée par son œuvre. Nous proposons au lecteur de nous suivre dans la visite de quelques unes des salles de l'exposition, en reprenant les titres qui en forment la trame.
"Purisme" présente des toiles réalisées par l'artiste dans les années 1920, signées de son véritable patronyme, Jeanneret.
"Esprit nouveau" fait référence au titre de la revue qu'il fonde avec Amédée Ozenfant et Paul Dermée en 1919 (28 numéros parus entre 1920 et 1925) avec notamment la photographie de l'intérieur du pavillon de l'Esprit nouveau à l'exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925, et les maquettes et documents qui y étaient présentés. Le tableau à gauche, qui était exposé dans le pavillon, est de Fernand Léger et a prêté par le MOMA de New York.
Dans la salle "Espaces privés", des villas réalisées entre 1920 et 1930. Nous renvoyons le lecteur à nos articles sur la maison La Roche et la villa Savoye.
Dans la salle "Figurations des Corps" , des toiles très colorées de la fin des années 20 et des années 30, et des scuptures plus récentes réalisées avec Joseph Savina.
Dans "L'équipement de la maison", des meubles bien connus et d'autres qui le sont moins.
La salle "Le Modulor" se passe de commentaire.
La salle "L'Unité d'habitation" présente des projets réalisés comme ceux de Berlin-Tiergarten (1957-1958 - maquettes) ou celle de Marseille, et des maquettes plus utopistes.
Dans la salle intitulée "La Période acoustique", une très harmonieuse présentation de toiles de Le Corbusier des années 40 et de sculptures des années 60, ces dernières toujours en collaboration avec Joseph Savina.
"Résonnance Spirituelle" évoque Ronchamp et le couvent de la Tourette. Pour compléter notre récent billet sur Notre-Dame du Haut, retenons de cette salle les maquettes, et le croquis de la paroi ajourée de la chapelle.
Terminons ce rapide aperçu de cette si riche exposition, visible jusqu'au 3 août, par la salle "Ville humaniste" consacrée à Chandigarh, capitale de l'état indien du Pendjab, sortie de terre comme Brasilia, et dont la réalisation avait été confiée à Le Corbusier, associé à son cousin Pierre Jeanneret et aux architecte Maxwell Fry et Jane Drew. Laissant les zones d'habitation à ses associés, Le Corbusier s'était concentré sur les lieux de pouvoir : Secrétariat, Assemblée, Cour de justice.
Archives Nationales
À quelques mètres du Crédit municipal, sur le trottoir opposé de la rue des Francs-Bourgeois, l'entrée majestueuse des Archives Nationales accueille le visiteur.
Passé le porche, on découvre l'hôtel de Soubise au fond de sa colonnade monumentale.
Le complexe qui abrite l'administration des Archives regroupe hôtels et bâtiments fonctionnels plus modernes dans un cadre verdoyant, hâvre de paix au cœur du Marais, en grande partie ouvert au public.
On peut ainsi découvrir la façade du charmant petit hôtel de Fontenay, ou celle, imposante, de l'hôtel de Rohan.
Jardins à la française ou petits espaces foisonnants de verdure s'offrent à la visite et au repos.
Un endroit méconnu qui vaut le détour...
L'art de la rue chez "ma tante"
En passant devant le Crédit municipal de Paris, rue des Francs-bourgeois - appelé autrefois Mont de Piété ou plus populairement "chez ma tante", l'attention est attirée par l'annonce d'une exposition : Sur les Murs, 50 ans d'art urbain à Paris.
Comme il se doit, vu le sujet, l'affiche du dehors est abondamment taggée, d'où la photo qui suit, prise à l'intérieur, pour que le lecteur puisse voir l'original...
Il faut passer la première cour, à vocation purement administrative, pour se diriger vers une autre, à droite, transformée en une accueillante terrasse de bistrot.
A côté du café se trouve la salle d'exposition.
Quelques œuvres originales : sur la première photo, le panneau de travaux dû à Jérôme Mesnager, le guitariste de VLP devant Gazireine de Jean Faucheur ; l'incontournable Miss Tic avec "J'enfile l'art mur"; la plaque de métro détournée par NASTY sous le titre "Nothing last forever", ou encore la boîte au lettres détournée par ALEXÔNE, entre des œuvres de STOUL et de LUDO.
La sécurité de l'exposition est assurée : en cas d'envie irrépressible de tagger, une borne est à la disposition du visiteur...
De quoi égayer cette vénérable institution qui s'est installée sur ce site en 1777, lors du rétablissement par lettres patentes de Louis XVI du Mont-de-Piété. Celui-ci avait été initialement créé, sur le modèle italien, en 1637 par Theophraste Renaudot, qui avait été nommé par Louis XIII Commissaire général des pauvres, mais fermé en 1644 par un arrêt du Parlement de Paris sous la pression des usuriers....
Colline de Bourlémont à Ronchamp
Passons du Nord au Sud des Vosges : la colline de Bourlémont, dont les 474m surplombent Ronchamp, a toujours été un lieu voué au culte et aux pèlerinages. Aujourd'hui les pèlerins sont surtout férus d'architecture : à la chapelle Notre-Dame du Haut construite entre 1950 et 1955 par Le Corbusier, avec ses bâtiments annexes tels que l'abri du pèlerin ou la maison du gardien, sont venus récemment s'adjoindre, après quelques polémiques dont l'objet nous semble vain au vu du résultat final, la nouvelle Porterie et le Couvent des Clarisses, œuvre de l'architecte italien Renzo Piano et du paysagiste français Michel Corajoud.
De quelque côté qu'on l'aborde, l'originalité des formes jointe à l'harmonie qui se dégage de l'édifice de Le Corbusier frappent le regard.
Quelques détails de l'extérieur, très "corbusiens"...
L'intérieur de la chapelle n'est pas moins prenant.
Comme souvent chez Le Corbusier le "mobilier", ici la chaire ou les confessionnaux, sont intégrés au bâti, ainsi que les pare-soleil.
La maison du gardien, l'abri du pèlerin, classés en 2004 - la chapelle l'ayant été en 1967 - sont d'une facture plus habituelle à l'esthétique de Le Corbusier.
Un autre architecte est présent sur le site : Jean Prouvé a réalisé ce campanile en 1975.
Le couvent des Clarisses, dû à Renzo Piano, est en contrebas de la maison du gardien. Il s'intègre parfaitement dans le site, invisible depuis la chapelle.
La chapelle, ouverte au public, est simple et invite à la méditation. Les cellule sont tournées vers le calme de la forêt comme les locaux communs, un niveau en dessous.
Au Nord des Vosges
En ce week-end de l'Ascension, un séjour chez nos bons amis est l'occasion de redécouvrir le Nord du massif vosgien, entre Moselle et Bas-Rhin.
Sur le chemin, une halte à Baccarat (Meurthe-et-Moselle) non pour la cristallerie mais pour son église Saint-Rémy (classée MH en 2013) construite par Nicolas Kasis entre 1953 et 1956 pour remplacer l'édifice détruit en 1944.
Nous faisons étape à la Petite-Pierre, cité alsacienne perchée sur un éperon. Belle vue, depuis la rue où nous déjeunons, vers la crête qui se termine par le château. Celui-ci est juste derrière l'église Notre-Dame, dite simultanée, c'est à dire qu'elle accueille à la fois les cultes catholique et protestant. On y arrive au bout d'une rue qui a gardé beaucoup de caractère.
Le château est de nos jours le siège du Parc Naturel Régional des Vosges du Nord. Construit au XIIème siècle et transformé au cours du XVIème, il s'intègre harmonieusement dans les fortifications données à la ville par Vauban.
A quelques kilomètres, le village de Wingen s/Moder abrite depuis 2011 le musée Lalique, consacré à la production de cette lignée de joailliers et verriers. René Lalique avait installé en 1921 dans cette localité à la tradition verrière sa cristallerie pour poursuivre son activité jusque là basée dans la région parisienne.
Cette réalisation sobre et fonctionnelle, intégrant des bâtiments anciens et des structures modernes aux lignes épurées, est due au cabinet WIlmotte & Associés.
Les collections couvrent toute la période de production de la firme Lalique, jusqu'à nos jours où elle se poursuit : les bijoux que René Lalique créa au début du XXème siècle...
...les flacons de parfum, par lesquels il démarra son activité verrière...
...les arts de la table, les luminaires, les objets décoratifs de toute nature.
A noter une séquence pédagogique présentant toutes les étapes de la réalisation d'un vase, du moule au produit retouché, poli, enfin signé.
Au retour, un passage dans le village de Neuwiller les Saverne, fondé en 723 en même temps qu'une l'abbaye bénédictine. De cette dernière est héritée l'abbatiale Saint-Pierre et Saint-Paul, mêlant à présent, sous le regard des cigognes, les styles roman et baroque au centre d'un enclos qui conserve encore beaucoup de caractère.
Quoi de plus beau pour couronner cette journée que la façade romane de l'abbatiale de Marmoutier dans la gloire du soleil couchant...





































































































