Rosso en retour en France...
En passant rue de Varenne ce samedi après-midi, le passant est invité à entrer dans le majestueux hôtel de la Rochefoucauld-Doudeauville, siège de l'ambassade d'Italie à Paris.
Le visiteur parcourt les salons de l'ambassade, qui donnent comme tous les hôtels de ce côté de la rue, et notamment son voisin l'hôtel de Matignon, sur un vaste parc.
Le salon chinois voisine avec la belle salle de la mappemonde.
Dans l'enfilade de la salle de la mappemonde se trouve un ravissant petit théâtre sicilien conçu par Adolfo Loewi, grand architecte-décorateur vénitien du XVIII e siècle. Sur les parois sont dessinés des personnages mythologiques et de la Commedia dell'Arte. Les revêtements en bois de style rococo proviennent du palais Butera a la Marina de Palerme, appartenant à la famille sicilienne des Lanza di Trabia. La salle est finement décorée dans une harmonie continue de vert, jaune et or, comme le montre cette photo tirée du site de l'ambassade.
C'est sur la scène du théâtre, plongé dans la pénombre pour la circonstance, qu'est exposé dans sa majesté le Mariage de la Vierge, de Rosso.
Réalisé en 1523 sur commande de Carlo Ginori, ce panneau de 3,25 x 2,5 m est normalement installé dans une chapelle dédiée à la Vierge et à Saint Joseph dans la basilique de San Lorenzo à Florence. Il en a été décroché il y a un an pour une restauration qui lui a redonné l'éclat de sa jeunesse. Avant de retrouver son cadre d'origine, il est présenté pendant quelques semaines au public parisien dans le cadre des grandes actions de promotion du patrimoine artistique italien à l’étranger.
L'expression utilisée de 'retour en France' s'applique non au tableau qui n'avait jamais quitté la chapelle de Florence où les jeunes épouses ont coutume depuis des siècles de venir faire bénir devant lui leurs alliances, mais au peintre né à Florence en 1495, venu en France en 1530 à la demande de François 1er qui lui confia les fresques de la grande galerie de Fontainebleau (notre billet du 5 novembre 2012). Il n'a plus quitté la France où il est mort le 14 novembre 1540 à Fontainebleau.
L’Auditorium du Louvre accueille en même temps le 10 février 2013 à 18h30 une table ronde consacrée à la restauration du tableau (voir lien)
Iphone en balade
Le flâneur solitaire - ou non - a souvent l'envie, à présent que le smartphone au fond de sa poche lui en donne presque toujours le loisir, de saisir une vue insolite ou simplement la beauté de la scène qui s'offre à ses yeux.
Pourquoi ne pas en faire profiter le lecteur de ce blog, pour une fois sans autre thème que le plaisir de l'instant partagé...
La beauté de Paris, au sortir d'une exposition au Grand Palais ou par une fenêtre du Louvre...
Les décorations du quartier Saint-Germain à l'occasion de Paris Déco Off..
Des images cocasses au détour des rues de Paris...
Un polyptyque moderne (de Monique Frydman )exposé temporairement dans les galeries de peinture italienne du Louvre
Le Panthéon transformé en porc-épic, une maison assortie à la voiture - et quelle voiture..- de son propriétaire..
La Tour Chinoise au soleil couchant sur la Cité des Images - avec une maison familiale qui n'en finit pas de se vendre..
L'année internationale de la statistique s'achève
2013 avait été décrétée « année internationale de la statistique » par la communauté statistique mondiale, notamment l'institut international de la statistique (ISI) , auquel l'auteur de ce bloc avait eu l'honneur d'être élu en 1982, et la société française de statistique (SfdS) , à laquelle il a adhéré en 2011 au moment de prendre sa retraite.
En cliquant sur les logos de ces honorables institutions, le lecteur pourra visiter leurs sites respectifs.
Un site particulier est consacré à cette année de la statistique : http://www.worldofstatistics.org/
On y trouve des affiches consacrées à l’événement...
des affiches destinées à promouvoir à la fois la statistique, la discrimination positive à la fois ethnique et « de genre », et même des « blagues » à l'humour subtil
Un des événements marquants était l'organisation du 59ème congrès mondial de la statistique à Hong Kong , auquel l'auteur n'a malheureusement pas pu assister.
ou mieux, pour justifier l'adresse de ce blog :
Il faut dire que pendant sa vie active, l'auteur avait assisté à beaucoup de ces congrès, qui se tiennent tous les deux ans dans des endroits variés, à partir du 42ème Manille en 1979, jusqu'au 55ème à Sydney en 2005, en passant par Buenos-Aires, Tokyo, Le Caire, Beijing et Séoul pour ne citer que les plus exotiques, sans oublier le 47ème à Paris en 1989, année du bicentenaire de la révolution française, où il avait participé à la fois au programme « scientifique » et à l'organisation matérielle : ici, des photographies du cartable remis aux congressistes, pieusement conservé...
Les moments les plus appréciés de ce congrès furent le déjeuner au Clos-Vougeot et la visite des caves de Champagne - pas le même jour - les grandes eaux à Versailles et le "Conference Dinner" à la Conciergerie...
Un des souvenirs les plus marquants qu'il garde de son dernier congrès en 2005 concerne le "dress code" en vigueur en Australie : "smart casual" ne signifie pas, comme il le croyait, une veste mais pas de cravate. Il faut traduire : évitez autant que possible de venir torse nu, ni en short ni en tongs. Le temps des "Conference Dinner" où la tenue de soirée était de rigueur - cette tradition n'a pris fin qu'en 1979 - est loin....
S'il n'a pu se rendre au congrès de Hong Kong, il a pu en revanche assister mardi 21 janvier dernier à la manifestation de clôture organisée par la société française de statistiques à l'Institut Henri Poincaré à Paris.
La journée intitulée « Horizons de la statistique » comportait six exposés de qualité et d'intelligibilité variées, mais tous naturellement d'un grand intérêt...
Le lecteur intéressé pourra les écouter dans leur intégralité sur YouTube en cliquant sur le lien ci-dessous.
Cérémonie des vœux à Arcueil
En cette période des vœux, je souhaiterais rendre compte de la cérémonie des vœux du maire de notre commune, à laquelle tous les habitants étaient conviés, comme chaque année.
A la carte de vœux traditionnelle, au motif chaque fois original (cette année La Vache Noire en robe d'aqueduc, du nom du carrefour situé aux portes d'Arcueil en venant de Paris)
était jointe l'invitation à la cérémonie qui se déroule sous un vaste chapiteau installé dans la cour de l'espace Julio-Gonsález, en face de la mairie d'Arcueil.
Citoyens d'Arcueil depuis plus de dix ans, nous ne nous étions jamais encore rendus à cette invitation, mais nous tenions en cette année d'élections municipales manifester à notre soutien au maire sortant, contre qui semble vouloir se présenter une partie de sa majorité actuelle...
Le maire accueillait les invités à l'entrée du chapiteau, tandis que le buffet, qui s'annonçait abondant, exotique et varié, se préparait.
Un peu avant la cérémonie, le maire en conversation avec les arcueillais et avec notre député (maire de Cachan, la commune voisine née en 1922 de la scission de la partie méridionale d'Arcueil) et notre sénatrice aux cheveux qui s'accordent avec sa couleur politique...
Le maire s'apprête à prendre la parole, relayé par une interprète en langue des signes...
Il a invité à sa droite les parlementaires et quelques représentants du corps diplomatique, notamment l'ambassadrice de la République d'Afrique du Sud, et à sa gauche l'équipe des élus municipaux
Arcueil entretient en effet des liens particuliers avec l'Afrique du Sud : les écrans retransmettaient des images de la visite à Arcueil, lors de sa visite d'Etat en France à l'occasion du 14 juillet 1996, de Nelson Mandela - ici avec l'ancien maire Marcel Trigon, mentor en politique du maire actuel. Il était venu déposer une gerbe devant la plaque qui honore la mémoire de Dulcie September, représentante de l'ANC en France assassinée à Paris le 29 mars 1988, qui avait été accueillie par la commune d'Arcueil et dont le collège porte à présent le nom. L'ambassadrice remercie l'assistance pour le livre de témoignages de condoléances à propos du décès de Mandela, que lui a remis le maire.
Dans son discours, le maire a rappelé que la proximité des échéances électorales, dans la mesure où il se représente, lui interdisait de rappeler le bilan de l'équipe municipale – malgré sa richesse, a-t-il tout de même précisé... et a évoqué avec beaucoup d'humour les grandes figures qui ont jalonné l'histoire d'Arcueil, tant sur le plan scientifique – avec la société des « chimistes » d'Arcueil fondée en 1807 par Claude Berthollet et Pierre-Simon Laplace que sportif – on doit au père Henri Didon la devise Citius, altius, fortius qu'il inventa pour l'équipe d'athlétisme du collège dominicain Albert-le-Grand à Arcueil, et qui fut reprise pour les Jeux Olympiques par son ami Pierre de Coubertin, ou artistique, avec Eric Satie qui habita 27 ans à Arcueil un logement insalubre et rempli de parapluies...Le maire alla même jusqu'à évoquer le marquis de Sade qui y avait une résidence qui a laissé des souvenirs sulfureux, et cita quelques extraits des cahiers de doléances des habitants d'Arcueil en 1789 qui n'ont pas perdu leur actualité.
Il évoqua aussi, plus sérieusement, les inquiétudes que la mise en place de la Métropole du Grand Paris fait peser sur les compétences des communes concernées et la coopération intercommunale actuelle, au sein de la Communauté d'agglomération du Val-de-Bièvre, pôle d'excellence dans de nombreux domaines et notamment la santé avec Campus Grand Parc, autour de l'institut Gustave Roussy à Villejuif. Un peu de pub pour notre commune si sympathique :
Pour terminer, quelques images du centre municipal Julio Gonsález, cadre de cette manifestation, où se tient actuellement une exposition d’œuvres de Pierre Monestier. Julio Gonsález était un sculpteur originaire de Barcelone, très lié à Pablo Picasso avec qui il a travaillé. Installé à Arcueil en 1937, il y est mort en 1942. Il est considéré par les historiens de l'art par les historiens d'art comme le fondateur de la sculpture en fer moderne, ayant fortement influencé des artistes comme l'américain David Smith ou l'espagnol Eduardo Chillida.
America Latina - photographies à la Fondation Cartier
Revenons aujourd'hui à Cartier non pas pour l'exposition de bijoux qui se tient actuellement au Grand Palais (notre billet du 15 décembre) mais pour la très riche exposition de photos d'Amérique latine présentée dans le bel édifice de la Fondation Cartier, Boulevard Raspail.
Couvrant les années tourmentées qu'ont connues l'Amérique du Sud et l'Amérique Centrale de 1960 à nos jours, elle permet, au travers du regard de dizaines d'artistes, pour ceux qui n'ont connu tous ces troubles que par la presse et les media, de les vivre un peu de l'intérieur et pour tous ceux qui ont tant soit peu parcouru ce continent, de se replonger un moment dans son atmosphère si prenante et attachante.
La muséographie est, comme toujours à la Fondation Cartier, très étudiée - est très réussie, comme le montrent ces images dues à Luc Boegly.
Quelques photographies pour avoir une idée de la richesse des collections présentées (les auteurs, titres et crédits sont indiqués sous chaque oeuvre)
Claudia Andujar, sans titre, série Marcados Para, 1981-1993. Photographie noir et blanc, 70 x 103 cm. © Claudia Andujar. Collection Galeria Vermelho, São Paulo
Ever Astudillo, sans titre, série Latin Fire, 1975-1978. Photographie noir et blanc, 8,3 x 11,4 cm. © Ever Astudillo. Collection privée, courtesy Toluca Fine Art, Paris
Paolo Gasparini, El habitat de los hombres…, Caracas, Bello Monte, 1968. Photographie noir et blanc, 17 x 25 cm. © Paolo Gasparini. Collection privée, courtesy Toluca Fine Art, Paris
Anna Bella Geiger, História do Brasil: Little Boys & Girls, 1975. Photographie couleur, 30,5 x 24 cm. © Anna Bella Geiger. Collection de l’artiste
Adriana Lestido, Sin título, série Mujeres Presas, 1991-1993. Photographie noir et blanc, 16,2 x 24,4 cm. © Adriana Lestido. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris
Marcelo Montecino, Managua, 1979. Photographie couleur, 20,1 x 25,3 cm. © Marcelo Montecino. Collection privée, courtesy Toluca Fine Art, Paris
Leonora Vicuña, El Mundo, calle San Diego, Santiago de Chile, 1981. Photomontage, 41,2 x 35,1 cm. © Leonora Vicuña. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris
Outre les photos, l'exposition présente de nombreuses videos, la plus importante étant celle commandée par la Fondation à Fredi Casco et Renate Costa, Revuelta(s) et que je vous propose de regarder dans son intégralité en cliquant sur l'mage ci-dessous
Adieu à l'année Le Nôtre
Si ce début d'année peut permettre un remords sur les sujets que nous avons omis d'aborder en 2013, essayons de combler notre oubli d'avoir évoqué comme l'aurions dû le quadricentenaire de la naissance, le 12 mars 1613, d'André Le Nôtre, le jardinier de Versailles et de bien d'autres parcs prestigieux.
Dans notre billet du 25 novembre consacré à la pièce d'eau des Suisses, nous en avions donné un furtif aperçu avec une vue de la pièce d'eau depuis l'orangerie du château de Versailles, que nous aurions pu compléter en montrant un peu mieux les broderies qui festonnent la cour de l'Orangerie:
C'est bien entendu à Versailles qu'ont lieu les plus gros travaux de l'année Le Nôtre, comme la restauration de la fontaine de Latone, dont seule la structure apparaissait lorsque nous avons pris ces clichés en novembre dernier :
Mais, plus près du domicile de l'auteur, un autre événement a marqué l'année Le Nôtre, que nous avons suivi au hasard de nos promenades : la réintroduction des parterres de broderie du Parc de Sceaux.
Au mois de juin, le chantier avait démarré, mettant à mal le paysage que nous aimions à contempler depuis longtemps, même si les créations originales de Le Nôtre avaient disparu...
Mais, dès octobre, le résultat commençait à apparaître, même s'il n'est pas encore tout à fait à l'image du projet (image de droite)
Ce grandiose projet a été entrepris par le département des Hauts de Seine, propriétaire du domaine de Sceaux qui lui a été dévolu en 1970, lors de la création des départements de la petite couronne, par le département de la Seine qui en était propriétaire depuis 1923, date à laquelle il l'avait acheté aux derniers propriétaires privés pour le sauver du démantèlement.
Le lecteur désireux de plus de détails sur Le Nôtre, son intervention à Sceaux et le projet de restauration pourra télécharger et lire avec intérêt la reproduction des panneaux posés dans le domaine en cliquant sur l'image ci dessous
Trêve des confiseurs
Le blog observe aussi une pause pour les fêtes de fin d'année. Pour faire patienter le lecteur, quelques photos prises au moment de Noël, que l'auteur a passé en famille chez sa fille à Angoulême : la ville historique avec les maisons au bord du "plateau", l'église Saint André...
...les murs peints rappelant les festivals de la bande dessinée, et le port de l'Houmeau que nous avions évoqué dans un blog précédent.
Le père Noël ayant apporté à l'auteur un scanner de diapositives, je ne résiste pas à vous faire profiter de quelques vues des bouches de Kotor, prises en 1973, avant le tremblement de terre de 1979...
Frida Kahlo - Diego Rivera - L'Art en fusion
Au risque de lasser le lecteur par une avalanche d'expositions, nous ne pouvons passer sous silence l'une des plus belles d'une saison où nous sommes particulièrement gâtés, celle qui réunit au Musée de l'Orangerie une sélection d'oeuvres de Frida Kahlo et Diego Rivera, ainsi que de nombreux documents sur la vie commune de ces artistes si attachants.
Diego Rivera (1886-1957) et Frida Kahlo (1907-1954), de vingt ans plus jeune, mariés deux fois, divorcés pendant un an mais incapables de vivre l'un sans l'autre, surnommés "l'éléphant et la colombe" par les parents de Frida, forment un couple mythique.
Il est rare de voir leurs peintures ainsi exposées ensemble, en un dialogue incessant malgré leurs styles assez dissemblables, d'autant que la plupart d'entre elles, même celles réalisées en Europe par Diego Rivera pendant ses jeunes années, viennent du Mexique.
La première salle de l'expo permet de découvrir des tableaux de Diego peints lors de ses années de formation en Espagne à partir de 1907 et de son séjour à Paris qui dura jusqu'au début des années 20 et pendant lequel il cotoya les artistes de Montpasnasse, notamment Modigliani qui fit son portrait.
De cette époque, un autoportrait de 1907, Le Marché au puces (1915) et un Paysage zapatiste de 1915 également.
Deux toiles du début de leur liaison, L'Embarcation fleurie (1931) de Diego et La Petite Virginia (1929) de Frida présentent une similitude de palettes...
L'oeuvre de Frida est plus intimiste, souvent allégorique, mais on peut aussi rapprocher Ma nourrice et moi (1937) de Frida et Marchande d'arums (1943) de Diego
La plus grande spécificité de l'art de Diego réside dans ses Murales, grandes fresques destinées à mettre la peinture à portée des masses, genre qu'il a commencé à développer dès le début des années 20 à son retour au Mexique : c'est d'ailleurs en peignant ses premières fresques dans une université qu'il rencontra Frida qui y était étudiante. Plusieurs reproductions grandeur nature illustrent cet art mural dans l'exposition. Cette photo de Gisèle Freund de 1951 montre Diego devant sa fresque L'Histoire du monde.
Frida quant à elle a peint beaucoup d'autoportraits comme celui, apaisé, qui orne l'affiche de l'exposition, ou de plus tourmentés comme La Colonne brisée (1944) qui exprime ses souffrances continuelles dues à un très grave accident d'autobus qui l'a frappée en pleine jeunesse. A côté, un tableau intimiste de 1936 Mes grand-parents, mes parents et moi à la manière d'un arbre généalogique où elle se présente dans le jardin de la Casa Azul où elle est née et où elle a vécu avec Diego
On peut voir des oeuvres très personnelles de Frida, comme cet autoportrait entouré de coquillages (1938) et des dessins préparatoires aux Murales de Diego, comme ce carton d'une colombe de la paix (1955)
Deux oeuvres du musée Dolores Olmedo de Mexico, un portrait par Diego (1955) de la collectionneuse qui se procura à partir des années 50 la plus grande collection de ses oeuvres, et une Nature morte de Frida (1951) que Dolores Olmedo acheta sur le conseil de Diego
Terminons sur deux des nombreuses photos de Diego et de Frida qui figurent dans l'expo, toutes deux de 1939, l'année de leur divorce - suivi d'un remariage à San Francisco en 1940...Celle de Diego, avec son singe Fulang-Chang est due à Boone Saxon, celle de Frida est due à Nickolas Muray
Cartier : Le Style et l'Histoire
Quatrième billet consacré cet automne aux expositions du Grand Palais, au calendrier particulièrement riche cette année, peut-être pour compenser les déficiences de celui de la dernière saison, où une exposition consacrée à Jean Prouvé, dont l'auteur se réjouissait, avait été inexplicablement annulée...
Pas de tableaux cette fois - bien qu'elle en comporte quelques-uns, portraits où figurent portés par leur proprétaire quelques-uns des bijous exposés - mais des objets ô combien précieux illustrant l'histoire d'une maison fondée en 1847 et aujourd'hui plus vivante que jamais.
Entré un peu par désoeuvrement en accompagnant des amis venus voir les expositions Braque et Valloton, j'ai été séduit par sa richesse - au sens ici plus propre que la plupart du temps - et son intérêt. Après tout, Cartier, dont l'activité de mécénat artistique est indéniable (pensons à la fondation Cartier pour l'Art contemporain dont nous avons parlé dans notre billet du 29 septembre 2012) mérite bien sa place au Grand Palais...
Dès l'entrée, le visiteur est saisi par la scénographie grandiose crée par la projection d'images colorées sur le plafond et les murs de la galerie, plongée dans une semi-obscurité théatrale...
Sur un support tournant sont présentés les diadèmes qui ont paré les femmes les plus en vue de la société pendant plus d'un siècle
Les vêtements et les objets les plus divers témoignement de l'évolution des goûts et des modes
L'histoire de cette maison développée à partir d'une boutique de joailller parisien du XIXème siècle semblable à des centaines d'autres, mais qui sut se recréer sans cesse et flatter les ambitions de ses clients, ouvrir dès 1902 une boutique à Londres et une à New York en 1909, est illustrée par de nombreux documents,
Parmi les clients célèbres, des maharadjahs...
La duchesse de Windsor, Grâce de Monaco, Liz Taylor, sont aussi largement évoquées dans l'exposition...Conviant le lecteur à aller lui-même le constater, nous nous contenterons pour terminer de lui présenter des objets plus insolites sortis des ateliers Cartier, l'épée d'académicien de Jean Cocteau et les bâtons de maréchal de Foch et Pétain...
Raymond Depardon au Grand Palais
Varions un peu la programmation de ce blog : le Grand Palais ne propose pas que des peintures, aussi riches que soient les expositions Braque et Valloton qui occupent actuellement la plus grande partie de ce bâtiment (hors la grande verrière...)
Depuis quelque temps, un nouvel espace adapté aux expositions de photographie a été aménagé à gauche de l'entrée de la grande verrière. Nous y avions visité l'an dernier celle consacrée à Helmut Newton ; c'est cette saison au tour de Raymond Depardon (né en 1942 à Villefranche-sur-Saône, aussi connu comme réalisateur de documentaires).
L'affiche de l'expo est un Autoportrait au Rolleiflex (posé sur un mur) 1er scooter de marque Italienne « Rumi », étiquette de presse sur le garde-boue, Ile Saint-Louis. Paris, 1959.
Dès 17 ans, le jeune Depardon avait déjà trouvé son style...
C'est de la même époque que datent ce portrait d'Edith Piaf et la célèbre photo de groupe des starlettes de l'année 1960 (169 ans à elles dix!) On y reconnaîtra (ou pas) Anne-Marie Bellini, Mireille Darc, Catherine Deneuve, Danièle Gaubert, Geneviève Grad, Joëlle Latour, Dahlia Lavi, Giselle Sandre, Catherine Spaak, Michèle Vérez.
Quelques exemples des sujets traités dans cette rétrospective, consacrée exclusivement à la photographie en couleurs, qui jalonnent la longue carrière de Depardon - dont bon nombre de photos de 2012 et 2013...Il a en effet photographié en couleurs au début de sa carrière, pour les magazines qui le lui demandaient, puis l'a abandonnée dans les années 80 pour y revenir, par goût, dans les années 2000.
Les images de Glasgow en 1980 sont très touchantes...
La campagne présidentielle américaine en 1968 :
Des images récentes d'Ethiopie - avec une "Pijo" :
Depardon sait évoquer aussi bien le Liban en guerre, dans les années 70 qu'Honolulu de nos jours..
...ou aussi bien les paysans du Chili en 1971 que ceux de Servance (Haute-Saône) en 2007.
Souhaitons une encore longue carrière à cet artiste attachant, qui accueille les visiteurs à l'entrée de l'expo par cet autoportrait de 1972, en reportage au Vietnam, aux couleurs d'une profondeur étonnante.






































