Picasso - l'éternel féminin à Quimper
La culture ne perd pas ses droits pendant la période estivale, bien au contraire. A l'occasion d'une visite en voisins à nos bons amis de Bénodet, nous avons pu visiter une très intéressante exposition organisée par le musée des beaux-arts de Quimper en collaboration avec la Fondation Picasso (Museo Casa Natal) de la ville de Malaga et qui sera ensuite présentée au musée de Pau.
Comme le dit la notice, "l'ensemble des gravures exposées, une première en France, permet de voir combien les femmes de la vie de Picasso, mais aussi les femmes imaginées, rêvées et fantasmées, ont compté dans sa production artistique. Fernande, Marie-Thérèse, Dora, Françoise et Jacqueline ont marqué son oauvre qui brouille les frontières entre l'art et la vie".
Les deux premières salles sont remplies d'images de Françoise (Gilot)
et Jacqueline (Roque)
Des variations sur le thème des deux femmes où Françoise serait éveillée et Dora, qui l'a précédée dans la vie de l'artiste, endormie...
Le thème de la femme au miroir est présent lui aussi...
Moins connus, des poèmes illustrés de Picasso :
Dans les variations stylistiques autour du nu féminin, cette oeuvre de la période néoclassique de Picasso, en 1923, inspirée par Olga Kokhlova et cette femme-oiseau inspirée par Dora Maar...
Vénus et l'Amour, inspiré par Lucas Cranach, et une Pose habillée,
Peu de toiles dans cet ensemble : retenons la "Femme nue couchée dans un intérieur", du musée de Belfort et la "Femme assise sur un banc du Musée National Picasso, en dépôt au musée d'art moderne de Strasbourg
Terminons sur deux oeuvres où le talent de dessinateur de Picasso s'exprime tout particulièrement, Modèle et grande tête scuptée (1933) et le vieux roi (1959)
Rencontres musicales d'Iroise 2014
Nous rompons la trêve estivale du blog pour faire rendre compte au lecteur d'une très sympatique manifestation artistique qui a ensoleillé notre séjour breton.
Comme le présente leur site (voir ce lien) où on trouvera notamment la biographie de ces musiciens :
L’Ensemble Iroise a été créé en 2011 pour les Premières Rencontres Musicales de Saint Ourzal (maintenant Rencontres Musicales d'Iroise). Réunis sur scène autour d’une même passion, la musique de chambre, les musiciens de cet ensemble cherchent à partager leur vocation avec le public en proposant des concerts riches et dynamiques mais également très ludiques grâce à la présentation de leurs concerts. Ils proposent des rencontres aussi bien humaines qu’artistiques. Ces jeunes musiciens aiment mettre en valeur la richesse de la musique classique en proposant des pièces de différents styles allant du duo au septuor à cordes.
Nous avons assisté lundi 28 juillet dernier au concert que ces sympatiques jeunes gens ont donné dans la petite chapelle Dom Michel (de Nobletz) au Conquet, qui domine cette si belle rade :
...et, enthousiasmés, nous sommes retournés les écouter le lendemain - dans un autre programme - à l'église Saint Pol Aurélien de Lampaul Ploudalmézeau, commune voisine de la nôtre, en voisins
A la fin du concert de Lampaul, après une très belle interprétation de l'octuor Opus 20 de Mendelssohn, l'ensemble a donné une variation sur un thème breton que nous vous proposerons de partager avec nous lorsque les animateurs du festival nous donneront le feu vert.
(Si la video ne s'affiche pas, cliquer sur ce lien lorsqu'il redeviendra opérationnel)
Le blog en vacances
Pour ne pas décourager les fidèles lecteurs de ce blog, qui fait relâche pendant les vacances d'été, nous leur envoyons quelques cartes postales...
La villégiature bretonne de l'auteur, telle que nous l'avons rerouvée au soir de notre arrivée, dans son écrin de fleurs....
Pour les moments où le temps est maussade - il n'est jamais vraiment mauvais, en Bretagne...- activités d'intérieur ou marche dans la brume sur le sentier côtier...
Rencontre de la faune et de la flore de la lande...
et la poésie des petits ports - ici, Portsall...
Et pour vous donner un petit air de musique bretonne décalée, orgue et bombarde à Lannilis où un concert gratuit est offert le mercredi matin, jour de marché, de 10H30 à 11H30. (ce 23 juillet, Olivier Dekeister, titulaire des grandes orgues de l'église Saint-Lambert de Vaugirard à Paris et Christophe Martin à la bombarde)
(Si la vidéo ne s'affiche pas, cliquez sur ce lien)
Il était une fois l'Orient Express
La semaine dernière, l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) organisait, à l'occasion de la journée mondiale des réfugiés, un colloque qui se tenait dans l'auditorium de l'Institut du monde arabe. Outre le grand intérêt de cette manifestation, avec trois tables rondes organisées respectivement sur la Syrie, sur les "nouveaux" publics de réfugiés que constituent les victimes des violences faites aux femmes ou aux LGBT, et sur la Centrafrique, et un discours de conclusion du ministre de l'Intérieur rappelant tout l'attachement du Gouvernement à garder à notre pays sa vocation de Terre d'asile. L'IMA, qui accueillait le colloque pendant son jour de fermeture hebdomadaire, a invité les participants à visiter l'exposition qu'il abrite actuellement, consacrée à ces trains mythiques de l'Orient-Express...
La principale attraction en sont quelques très belles voitures, dont l'une fabriquée, comme l'indique la plaque, par les Entreprises industrielles charentaises (EIC), usine fondée en 1918 sur le site d'Aytré, près de La Rochelle, par une compagnie américaine et qui après plusieurs changements de main est toujours en activité et produit actuellement les tramways Citadis d'Alstom.
Laissons le lecteur parcourir avec nous les couloirs des voitures aux confortables compartiments...
...parsemés par les oranisateurs d'objets du quotidien des voyageurs, en admirant au passage les vitraux de Lalique.
Dans une voiture-lit, le coin du conducteur, attentif au confort de ses passgers, et le coin lavabo d'un compartiment,
Position jour à gauche, nuit à droite...
Figure également une voiture-salon de toute beauté...
En quittant les voitures garées sur le parvis, de très belles marqueteries rescapées d'anciennes voitures sont exposées à l'intérieur du bâtiment de l'institut...
ainsi que des affiches pour continuer à faire rêver le visiteur...
Moi, Auguste, Empereur de Rome
Exposition un peu "hors-normes" au Grand-Palais en ce moment. Comme le précise la présentation, "L’année 2014 marque le bimillénaire du décès du premier empereur de Rome, Auguste, mort à Nola, le 19 août 14. Il est célèbre pour avoir été l’unificateur du monde romain, c’est-à-dire de tout le bassin méditerranéen. L’ambition de cette exposition est de faire revivre un homme, avec ses aspirations, ses contradictions, ses qualités et ses illusions, ainsi que son époque."
Ce n'est pas l'aspect archéologique, ni l'aspect didactique de cette manifestion - même s'ils présentent un intérêt manifeste - qui ont retenu notre attention, mais la beauté des objets exposés, que nous essaierons de faire partager à nos lecteurs...
Les grandes statues d'Auguste rendent sa présence presque réelle.
Les plaques de terre cuite semblent juste sorties du four...
Frises et fresques...
Belle mise en scènepour la généalogie d'Auguste comme pour d'autres sujets, tel le théatre...
Le génie de la sculture s'affirme, soit directement inspiré de la Grèce...
soit plus moderne, avec ces drapés subtils
Des objets aussi, très bien conservés comme ces trépieds, ces coupes,
ce casque, ces urnes funéraires
Une exposition qui valait bien que le grand palais transforme son entrée pour l'occasion, soulignant la continuité entre l'architecture de l'empire romain et la grandiloquence de le troisième république à son apogée de la "Belle Epoque"...
Les iris de Bagatelle
Soucieux d'avoir un aperçu du nouveau bâtiment construit par Frank Gehry en bordure du Bois de Boulogne pour abriter à partir de l'automne prochain les manifestations de mécénat artistiques de la Fondation Louis Vuitton (voir le site) nos pas nous ont conduit l'autre jour vers l'ouest parisien.
Le bâtiment a été réceptionné, et les abords sont en cours de finition ainsi que l'aménagement intérieur,
Poursuivant notre promenade à travers le bois, nous nous sommes approchés du parc de Bagatelle, croisant au passage les paons en liberté qui en font un des charmes
Bagatelle est bien sûr connu pour sa roseraie, dont Jules Gravereaux, que nous avons évoqué dans notre blog du 3 mars 2012, est à l'origine.
Mais c'est une autre des merveilles de ce jardin que nous avons choisi de vous faire découvrir, le jardin des iris, d'inspiration hispano-mauresque, créé en 1920 par Jean-Claude-Nicolas Forestier, conservateur des Parcs et Jardins de la ville de Paris.
Comme l'indique le panneau d'information, la floraison des espèces qui y sont présentes se succèdent de février au milieu de l'été. Que ces quelques échantillons vous donnent l'envie d'y venir ou d'y revenir...
Pour clôturer ce billet spécialement dédicacé à une fidèle lectrice du Loir-et-Cher, créatrice et propriétaire d'une iriseraie, un dernier cliché de ce si beau jardin...
14\18 L'enfant découpait des images
Votre blog préféré ne pouvait laisser passer le centenaire du début de la "Grande" guerre sans rendre compte d'au moins une des innombrables expositions organisées dans ce cadre. Nous avons choisi celle organisée jusqu'au 11 novembre de cette année - tout un programme - par le Musée de l'Image à Epinal.
Comme le présente le Musée, "entre 1915 et 1918, l’Imagerie Pellerin édite sa dernière grande série d’images, comportant feuilles de soldats, pantins et constructions illustrant la vie sur le front. Images pour jouer, elles racontent aux enfants le quotidien des poilus, mais sont aussi des images de propagande."
Un des arrières grands-pères de l'auteur de ce blog était à cette époque encore coloriste à l'imagerie d'Epinal, en fin de carrière : peut-être les zouaves de l'image doivent-ils l'éclat de leur tenue au passage de son pinceau sur le pochoir...
Dans une grande salle sont reconstituées, à hauteur d'enfant, les scènes du front que les planches éditées par l'imagerie lui proposaient de composer.
Ainsi ce poste de secours, avant et après réalisation...
Des planches entières de figurines permettaient aux bambinsde donner libre cours à leur imagination...
L'arrière n'était pas oublié, comme cet hopital ou cette boulangerie de campagne
...non plus que nos vaillants alliés, avec ce camp de soldats de l'empire britannique et cette ambulance américaine...
Un exemple d'images de la même époque, dans le même esprit, Graines de poilus, ainsi qu'un pantin à monter, peu aimable pour l'adversaire...
Le centenaire de 1914 est également évoqué par une exposition d'oeuvres de la photographe italienne Paola de Petri. "Avec sa série To face, la photographe nous montre les paysages, témoins de la Grande Guerre, où la nature érode les souvenirs et redevient sauvage et originelle. Les traces des folies de l’homme s’atténuent pour peu à peu disparaître."
Si vous passez à Epinal pour cette exposition, ne manquez pas l'exposition temporaire consacrée au Portrait d'un lion,
ni bien sûr les collections permanentes...
Ruelle des Foligneuses (Défis du bois 2014)

Pour la 10e année consécutive, se sont déroulés à Épinal, cité chère à l'auteur de ce blog, les "défis du bois". Organisés conjointement par l'école nationale supérieure des technologies et industries du bois (ENSTIB) appartenant à l'université de Lorraine et installée à Épinal, et par l'école nationale supérieure d'architecture de Nancy, ils ont permis du 13 au 20 mai dernier à des équipes d'élèves de ces écoles et d'autres établissements partenaires, de France et de l'étranger, de concourir en rivalisant d'ingéniosité et d'originalité autour d'un thème. Pendant les deux mois qui suivent, les œuvres restent exposées pour le public et nous avons souhaité vous en faire profiter.
L'épreuve consistait à construire le long d'une allée de tilleuls du jardin public du Cours des "folies" mettant en valeur les arbres sans s'y appuyer, en respectant certaines contraintes de forme et d'environnement.
Le premier prix (prix France Bois) est allé à l'équipe TRIFOLIE (à gauche) tandis que l'équipe TRABOULANGLE (à droite) recevait le prix de la transition.
Pour l'équipe NEGA-TREE, le prix de la radicalité (prix Metsa Wood)
Pour l'équipe DISCRELIGNEUSE (à gauche), le prix de la grâce (prix du Moniteur) et pour l'équipe ARBITRARBRE (à droite) celui de la cohérence (prix Charpente Houot)
Le prix de la cohérence (Prix Pays d'Epinal - Coeur des Vosges - Terre de hêtres) va à l'équipe FOLIOGRAPHIE (à gauche), celui de la technicité (prix SFS Intec) à l'équipe ESCAEDRE (à droite - image GB FACTORY)
A l'équipe HEPTAPLOSION, qui a échappé à notre objectif, le prix de la performance et à l'équipe ELEVASION, ci-dessous, le prix du rêve (prix SIAT Braun)
En dehors de ces réalisations des élèves, on pouvait également admirer cette très belle illustration d'une "conception paramétrique et fabrication robotique de structures plissées en bois" avec l'utilisation originale de bouteilles (remplies malheureusement d'eau et non d'un liquide plus festif...) comme clés de verrouillage
En souhaitant que ces belles réalisations donnent au lecteur l'envie de visiter Epinal, signalons que le Tour de France y sera accueilli cette année, comme le laissent penser ces décorations florales, et que la vieille ville vue du parc du Château a gardé tout son charme.
L'étrange cité d'Ilya et Emilia Kabakov
La manifestation Monumenta (voir notre billet du 13 mai 2012 consacré à Monumenta 2012) accueille sous la nef du Grand Palais, pour sa sixième édition, un couple d'artistes russes émigrés en 1987 et installés depuis 1990 aux Etats-Unis, Ilya et Emilia Kabakov.
Cette installation n'a pas fait l'unanimité dans la critique, certains la jugeant un peu étriquée sous l'espace grandiose de la verrière et ne dégageant pas avec elle l'harmonie à laquelle nous avaient habitués certaines des éditions précédentes, comme celle réalisée par Daniel Buren en 2012.
Ce n'est pas notre avis, nous avons apprécié le caractère (faussement) modeste de cette édition, qui nous a permis de découvrir un artiste octogénaire et toujours plein de l'originalité qui caractérisait ses créations dès l'ère soviétique, et nous faire regretter d'être passé à côté de la grande installation qu'il avait réalisée à Paris en 1995 (image ci-dessous)
L'entrée dans la cité, à travers une porte en ruine se présentant comme le "vestige d'une entrée solemnelle et triomphale dans la cité à un moment de l'histoire" se fait en tournant le dos à la coupole : celle-ci diffuse une musique qui module ses couleurs, évoquant l'orgue lumineux imaginé par Alexandre Scriabine au début du XXième siècle.
La première salle est le musée vide, où les peintures sont remplacées par les flaques de lumière projetées par les projecteurs des cintres, baigné par la mélodie de la Passacaille de JS Bach.
La salle suivante est consacrée à Manas, "reconstruction d'une ville qui exista autrefois au nord du Tibet".
On trouve ensuite le Centre de l'énergie cosmique, qui "comprend trois bâtiments : le réservoir antique de l'énergie cosmique, le Centre de l'énergie cosmique, et le laboratoire de communication avec la noosphère." Ces deux derniers, qui privilégient l'angle de 60° qu'on retrouve dans les pyramides, sont détaillés ci dessous.
Comment rencontrer un ange est le thème de la salle suivante, pleine de fantaisie...
Cet ensemble de cinq premières salles est complété par Les Portails. "Le portail marque la césure entre l'intérieur et l'extérieur, entre le domaine privé et la sphère sociale, entre l'individuel et le collectif".
On termine la visite ce cette étrange cité en se dirigeant vers les deux chapelles, non sans apprécier au passage l'harmonie subtile qu'entretiennent les ruelles avec la verrière du Grand Palais.
La Chapelle blanche : "Comme dans beaucoup d'églises anciennes, les fresques décorant l'ensemble des murs ont disparu. Des peintures apparaissent comme des éléments épars retraçant des éléments de vie.(...) L'énorme tache noire au dessus de l'entrée figure la place dévolue au Jugement dernier et aux représentations tragiques de l'enfer dans la tradition chrétienne".
La Chapelle sombre : "Les tableaux - de la main d'Ilya Kabakov (note du rédacteur) - sont une somme autobiographique et combinent un trou noir central, des images soviétiques stéréotypées, les souvenirs de la remise du prix impérial à Tokyo inversée par souci de distanciation et les taches blanches des chiffons pour nettoyer les pinceaux".
Après la visite de l'étrange cité, ne manquez pas de vous diriger vers l'escalier intérieur latéral de la nef pour en avoir une vue d'ensemble.
Jardins des péchés capitaux (2/2)
Comme promis dans le billet précédent, nous poursuivons et terminons la présentation de quelques installations du festival des jardins de Chaumont-sur-Loire.
12 Dissection du jardin d'Eden suivi de 13 - Haute Culture
14 - Le Toucher d'or suivi de15 - Les fleurs maudites
17 - Parcours initiatique, allégorie des sept péchés capitaux suivi de 18 - Purgatorium
Dans
19 - Le Jardin de la Grotte
cette amusante structure de carton recouverte de plastique abrite un espace où le visiteur peut s'asseoir quelques instants pour lire des textes ésotériques en français et russe, langue de son créateur
19 bis - Eloge de la défaillance
20 - Pour l'amour de Tongariro
21 - Paradis inversé, où le cauotchouc est omniprésent.
23 - Les couleurs du péché
24 - Le jardin des poules
Après les installations temporaires de ce festival 2014, le visiteur ne manquera pas de faire le tour du Parc du Gualoup, une nouvelle extension qui regroupe des installations plus pérennes, souvent l'oeuvre d'artistes chinois et japonais, dont la beauté s'accroît d'année en année.





























