Festival des jardins - suite et fin
Avant d'emmener le lecteur, comme promis dans notre dernier billet, dans le nouvel espace des Prés du Gualoup, encore quelques installations des Jardins 2013, avec le prix de la catégorie "étudiants" :
Une création particulièrement dépouillée :
Un jardin "pluridisciplinaire" faisant intervenir un musicien,
Un espace où des arbres peints - à l'agacement de notre hôte, forestier émérite - se répètent à l'infini dans un jeu de miroirs,
Une très belle création qui fut, elle, beaucoup plus appréciée dans sa manière de traiter le bois,
Et, en manière de transition vers les Prés du Goualoup qui font une large place aux créateurs asiatiques, cette installation venue du Japon :
Le visiteur du nouvel espace est en effet accueilli par ce jardin de l'architecte chinois Yu Kongjian...
...avant d'être plongé dans un très bel ensemble qui permet à l'auteur, pour une fois, de justifier le titre de son blog...
et de découvrir une oeuvre de Wang Shu, l'architecte qui remporta le prestigieux Prix Pritzker en 2012 :
Encore une création asiatique avec cette installation de l'artiste japonaise Fujiko Nayaka qui vous emmène au coeur d'un nuage
Les Bancs délirants du créateur argentin Pablo Reinoso, au bout de notre long parcours des Prés du Goualoup sont les bienvenus, même si leur confort cède quelque peu à leur indéniable esthétique...
Jardins des sensations
Pour sa 22ème édition, le Festival International des Jardins organisé chaque année dans le domaine de Chaumont-sur-Loire a choisi le thème "Jardins des Sensations". Parmi les quelque 25 créations retenues par le jury présidé par Bernard Pivot, nous avons en proposons quelques-unes parmi celles qui ont particulièrement retenu notre attention.
Quelques-unes sont d'un ésotérisme certain, comme le Sentiment Bleu de Matteo VERONESE et Martina MANGOLINI
D'autres ne sont pas dénuées d'humour - notre bon ami YC qui nous faisait découvrir en voisin ce festival a évoqué la piscine de Marine Le Pen. Comprenne qui pourra...
Entre les jardins éphémères montés pour une saison, le cadre permanent offert par le domaine garde tout son charme
Parmi les installations permanentes, le Vallon des Brumes mérite le détour
Un bel hommage à Claude Monet...
Quelques autres créations, en vrac :
Pour ne pas lasser le lecteur, et le maintenir en haleine, nous en garderons pour un autre billet, où nous lui ferons également découvrir les nouvelles installations permanentes des dix hectares des Prés du Goualoup, extension du domaine ouverte l'année dernière.
Terminons provisoirement sur une allégorie du Royaume perdu...
La soufflerie Eiffel : 101 ans et pas en retraite...
Un but de visite original ce samedi 25 mai pour les retrouvailles annuelles des anciens de la promotion 1969 de Télécom ParisTech – qui ne s'appelait pas encore ainsi lorsqu'ils fréquentaient les bancs de cette Ecole...
A l'angle des rue Boileau et de Musset, en plein XVIème arrondissement, en face de l'ambassade du Viêt-Nam, se dresse le bâtiment où Gustave Eiffel a installé en 1912 sa deuxième soufflerie, après une première installation en 1909 sous la tour Eiffel. Lorsqu'il a dû démonter cette dernière et transporter son activité à Auteuil, il a si bien intégré les enseignements tirés de sa première expérience que la soufflerie d'Auteuil est encore utilisée de nos jours !
Si l'activité de constructeur d'Eiffel est bien connue et lui a apporté la gloire, peu de gens savent que sa première carrière a dû s'arrêter brusquement au moment du scandale de Panama, où il était le principal contractant pour la construction des écluses : bien que complètement innocenté par la suite et réhabilité – il avait été sacrifié à la vindicte des petits épargnants ruinés dans cette affaire mémorable et en a conçu une profonde amertume jusqu'à la fin de sa vie. Dépossédé de sa société de construction, il entama une deuxième carrière consacrée à l'aérodynamique, dont cette soufflerie est le fleuron qu'il a légué à la postérité.
Si la vitesse actuelle des aéronefs rend cette soufflerie inutilisable dans ce domaine, elle est tout à fait opérationnelle pour les automobiles, l'étude de l'effet du vent sur les bâtiments, les recherches en ventilation naturelle pour l'architecture, et même les bateaux...
Après avoir été utilisée par les militaires, puis le GIFAS (groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales), elle est actuellement exploitée par une petite SARL, Aérodynamique Eiffel, filiale du groupe CSTB Développement. Le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) est un établissement public à caractère industriel et commercial créé en 1947 et placé sous la tutelle de la ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l'Energie et de la ministre de l'Egalité des Territoires et du Logement. C'est le sympatique gérant d'Aérodynamique Eiffel, Benoît Blanchard, qui nous a lui même fait découvrir ses installations, classées monument historique depuis le 1er septembre 1997.
Des installations originales, seuls le moteur – et ses commandes, commutateurs divers sur marbre à l'esthétique indubitable mais peu conformes à la législation actuellement en vigueur pour la protection des travailleurs et la prévention des accidents du travail – ont été remplacés : le bâti de la soufflerie, le ventilateur, sont d'origine. Un rentoilage a eu lieu il y quelques années, sous le contrôle des monuments historiques, par une société spécialisée dans le rentoilage des vieux aéroplanes.
Interrupteurs d'arrêt d'urgence : l'ancien et l'actuel...
Le bâtiment abrite aussi quelques reliques des premières activités de Gustave Eiffel dans l'aérodynamique, notamment l'appareil qu'il a conçu avant même sa première soufflerie pour étudier l'influence du vent sur des objets en faisant chuter l'engin depuis les étages élevés de la tour Eiffel.
Amis du Louvre
Ce mardi 21 mai, assemblée générale ordinaire de la Société des Amis du Louvre.
En dehors des points d'ordre du jour que toute association doit inscrire à son assemblée - rapport moral, rapport financier, approbation des comptes...cette AG est traditionnellement l'occasion de présenter aux adhérents et sociétaires les acquisitions que leur générosité a permis d'offrir au musée au cours de l'exercice précédent.
Il s'agissait cette année de trois objets ou ensemble d'objets qui, grâce à un opérateur et un écran géant, ont pu être présentés en détail par les conservateurs compétents.
Le premier objet était une statue-vase d'Iran du Nord, originaire de Kaluraz, dans la province de Gilan, datée du début du 1er millénaire avant JC, en terre cuite lustrée, d'une hauteur de 46 cm.
Vint ensuite une plaque à décor floral en provenance probable d'Iran, datée vers 1564, an acier au décor ajouré, de 24 cm de hauteur et 17,5 cm de largeur.
Le clou de la présentation était constitué de deux figurines d'ivoire, La Synagogue et Saint-Jean, datées vers 1270-1280 et probablement exécutées à Paris, d'une hauteur de 22 cm pour l'une et 23,5 cm pour l'autre.
Elles viennent compléter le groupe de la Descente de Croix conservé au Louvre et considéré comme une des oeuvres phares de l'art gothique français. À ce très rare groupe manquaient ces deux statuettes, considérées comme à jamais perdues, et identifiées en 2011 chez un collectionneur français.
L'allégorie de la Synagogue a été acquise directement par la Société des Amis du Louvre et l'autre a fait l'objet d'un appel public aux dons lancé conjointement par le musée et la société, selon une formule innovante et originale concrétisant les nouvelles relations entre les deux organismes.
En quittant l'auditorium du Musée où avait lieu l'assemblée - toujours organisée un mardi, jour traditionnel de fermeture, nous sommes tombés sur le Festival de la Diversité, événement original qui égayait la place du Palais-Royal - devant l'austère facade du Conseil d'Etat, maison-mère de la Cour nationale du droit d'asile où officie l'auteur...
Les couleurs chatoyantes de cette manifestation auraient cependant gagné à être rehaussées par un rayon de soleil...
La Seine est toujours aussi haute...Un autre événement à signaler, à l'abri des intempéries : le récital donné mercredi de la semaine dernière à l'amphithéatre de l'Opéra Bastille par la pianiste franco-lituanienne Mûza Rubackyté, qui interprétait magistralement - et nous faisait découvrir - des oeuvres de Szymanowski, Ciurlionis, Scriabine et Sergei Taneiev. Pour le quintette pour piano et cordes en sol mineur op. 30 de ce dernier, elle était accompagnée des quatre jeunes femmes du Quatuor Ardeo, qui saluent le public avec elle à l'issue de ce très beau concert.
Montsouris et ses alentours
Le Parc Montsouris est un vaste parc de 15 ha à l'anglaise, pendant méridional de celui des Buttes Chaumont et aménagé comme lui au XIXème siècle, sur d'anciennes carrières, dans le cadre des travaux initiés par le Baron Hausmann.
Il abrite la station météorologique de Paris. Les amateurs de Blake et Mortimer se souviennent aussi des épisodes de "l'Affaire du collier" (1967) qui s'y déroulent, où Olrik tente de récupérer dans le manège de chevaux de bois les bijoux qu'y a cachés Duranton...
Il offre à nos petits-enfants un terrain de jeux assez proche et très apprécié.
Surprise : mercredi dernier, au moment d'entrer dans le parc, notre attention fut attirée par une agitation inhabituelle en ces lieux d'ordinaire si calmes. Ce fut l'occasion de découvrir que ses alentours immédiats abritaient le siège de la Caisse Nationale d'allocations familiales, et qu'une délégation de la CGT de Haute-Loire organisait un sit-in devant ses portes pour protester contre des réductions d'effectifs à la caisse départementale du Puy-en-Velay.
L'ambiance était cependant beaucoup plus bon-enfant que celle de la manifestion des FEMEN rapportée dans notre précédent billet : barbecue en préparation et pas l'ombre d'un policier à l'horizon...
Pour continuer les références à nos billets précédents, précisons que le siège de la CNAF est situé dans la ZAC Montsouris, aménagée à partir de 1994 sur une ancienne emprise de la RATP située autour de l'ancienne ligne de Sceaux (actuel RER B).
La ZAC recèle quelques vestiges de l'aqueduc Médicis (voir notre billet du 12 avril dernier L'aqueduc Médicis a 400 ans) : ici, le regard 23, dont on peut voir dans un square à la fois l'édifice extérieur et l'intérieur - ou ce qu'il en reste...
Des fragments de l'aqueduc gallo-romain qui l'a précédé et alimentait Lutèce sont eux aussi visibles, enchassés dans des écrins vitrés...
Macchialioli et Femen
Ce beau mais froid dimanche de mai a été mis à profit pour visiter la très belle exposition consacrée par le Musée de l'Orangerie au mouvement pictural italien de la deuxième moitié du XIXème siècle, sous le titre :
Les Macchiaioli 1850 1874 Des Impressonnistes italiens?
Ce groupe d'artistes principalement toscans avait pour quartier général le Caffè Michelangiolo à Florence. Ils avaient pour points communs leur désir de rompre avec un art trop élitiste et leur engagement dans les combats du Risorgimento pour l'unité de la péninsule.
Leur nom de macchiaioli, de macchia qui signifie tache leur a été au départ attribué par raillerie par un critique, puis adopté par le groupe.
Pour l'auteur, comme sans doute pour beaucoup de ses lecteurs, cette visite fut l'occasion de découvrir tout un aspect de la peinture européenne qui lui était largement inconnu, et d'une révision de l'histoire pas si lointaine de l'unification de l'Italie, avec l'aide de la France - en échange tout de même de la Savoie et de Nice -contre les Autrichiens, et seule dans le Sud et à Rome - et même cette fois contre des Français, volontaires engagés dans les zouaves pontificaux pour défendre les Etats du même nom...
Quelques artistes parmi la pléiade présente dans cette exposition :
Giovanni Fattori : La rotonda dei bagni Palmieri d'où est extraite l'affiche de l'exposition
Silvestro Lega : Ritratto di Giuseppe Garibaldi et Il canto di uno stornello
Du même Sylvestro Lega, Il pergolato et La Visita
De Telemaco Signorini, Acquaiola a La Spezia et L'artiliera toscana a Montechiara salutata dai frances feriti a Solferino
Sur le chemin de l'Orangerie, à la hauteur de la place des Pyramides, notre attention avait été attirée par un certain vacarme : nous nous en voudrions de ne pas faire profiter le lecteur de cette actualité brûlante. En effet, quatre militantes des Femen avaient pris position sur un balcon dominant la statue de Jeanne d'Arc où plusieurs groupes d'extrème-droite se succédaient depuis le matin pour rendre à la Pucelle un hommage dont elle se serait sans doute bien passé...
Enfin, pour rester dans l'actualité, nous avons pu revenir par les bords de la Seine, mais il fallait faire attention où l'on mettait les pieds...
Saint-Pabu au printemps (II)
Nous poursuivons, en guise d'intermède, la chronique des congés de printemps en Bretagne amorcée dans notre dernier billet.
Un des buts du séjour était la mise à l'eau du bateau pour une nouvelle saison, opération réalisée le 4 mai. Détail important, les rames de secours, qui attendaient depuis deux ans d'y trouver une place, y sont désormais à demeure grâce à quatre petites cordelettes...Il suffisait d'y penser!
Le beau temps a permis de vérifier, par un petit tour en mer, que tout fonctionnait bien à bord...
Les belles balades à pied ont se sont poursuivies, comme ici entre Tremarez et la chapelle Saint-Samson, où le plus jeune est loin de traîner en route...
Autre balade, le long de la rive nord de l'Aber Wrac'h, à l'est du phare de l'île Vierge et du petit phare de l'île Wrac'h. Les vestiges du mur de l'Atlantique veillent toujours..
On y rencontre aussi des sculptures plus modernes et plus pacifiques.
Note pour l'ADAGP : les deux photos suivantes sont prises dans l'espace public et représentent la côte bretonne. Elles ne constituent pas une reproduction ou une représentation d'oeuvre au sens de l'article L 122-4 du Code de la Propriété Intellectuelle : c'est indépendemment de la volonté de l'auteur que ces sculptures ont été déposées il y a plusieurs années dans son champ de vision.
La dernière scupture nous attendait au bout de la promenade, où un chemin creux plein de charme à cette saison débouche sur une petite plage en face du port de l'Aber Wrac'h, tout près de l'Île des Américains (Enez Terc"h) ainsi dénommée car ayant abrité une base américaine pendant la première guerre mondiale...
Pour ceux qui auraient envie de faire cette très belle balade - un peu moins de 7km aller-retour, que les jeunes ont parcouru avec enthousiasme, en voici le plan, ainsi qu'un aperçu des très belles vues qu'elle offre sur les îles de l'Aber.
Saint-Pabu au printemps
Une pause dans ce blog avec les ponts du mois de mai, qui coïncident cette année avec les vacances scolaires de printemps des académies d'Île-de-France.
Malgré le temps maussade qui affecte la plupart du pays, le soleil brille sur l'Aber au bord duquel l'auteur s'est retiré pour quelques jours.
Les petits-enfants qui l'ont accompagné jouent sur la plage, observent les bateaux...
...ou aident leur grand-mère à entretenir le jardin.
Le vieux lavoir près de la maison a été rénové et le cortège traditionnel qui le 16 juin prochain fera le tour des lavoirs de la commune ne manquera pas d'y faire une halte prolongée.Sans attendre la mise à l'eau du bateau et d'hypothétiques pêches, petits et grands profitent des produits de la mer...
La clémence de la météo permet de profiter des paysages de la côte, comme ce panorama pris depuis l'îlot de Roch Avel, accessible à pied à marée basse...
L'âge d'or du textile vosgien (1872-1960)
Nous rendons compte aujourd'hui de la brillante conférence inaugurale des 100 ans de la Rotonde, ancien foyer "social" subsistant à Thaon les Vosges, vestige de la BTT, usine d'anoblissement textile installée en 1872 par Armand Lederlin.
Elle était donnée par notre ami Jean-Pierre Doyen, honneur d'autant plus mérité qu'il avait été il y quelques années, comme rapporteur, l'un des principaux artisans du classement - et donc de la conservation - de ce remarquable monument.
Tout en nuançant comme il se doit l'expression "âge d'or" du textile vosgien retenue pour intituler cette causerie, l'auteur a d'abord retracé la révolution industrielle qui a transformé à partir des années 1870 la moyenne Moselle, soulignant que l'industrie textile dans les Vosges s'était développée dès le début du XIXème siècle dans les vallées plus hautes, comme en témoigne cette très belle photo prise à Cornimont il y a une quarantaine d'années.
Mais l'industrialisation de la moyenne Moselle a été la plus spectaculaire, comme en témoignent ces graphiques, montrant l'implantation progressive des usines, le long de la Moselle, du chemin de fer et du canal de l'Est, et le développement spectaculaire de la population des communes concernées, parallèle à la diminution de celles de la campagne périphérique.
L'architecture de ces usines a été aussi abordée, les vastes bâtiments en rez-de-chaussée à toiture à "sheds" comme ceux de Nomexy contrastant avec les constructions à étages en briques dites "à l'anglaise" comme celle de Vincey, bâtie d'ailleurs à partir de capitaux principalement britanniques.
Le comportement paternaliste des patrons du textile vosgien a fait l'objet de développements très intéressants, que ce soit de la part des premiers capitaines d'industrie comme Armand Lederlin à Thaon : ci-dessous la ferme modèle de la Prairie Gérard mise en place par son entreprise et un camion de l'usine en distribuant le lait :
tradition paternaliste perpétuée dans l'empire de Marcel Boussac qui a absorbé au XXème siècle une grand part des entreprises fondées au XIXème par les pionniers : ci-dessous, à côté d'un graphique qui retrace les acquisitions de Marcel Boussac dans la moyenne Moselle, une maison d'une cité Boussac à Nomexy.
La diversité des cités ouvrières peut être illustrée par cette image d'une cité Lederlin des années 1870 et cette autre des cités jardins construites pour la même entreprise par l'architecte Jean Walter à partir de 1910.
Bien d'autres aspects ont été abordés par le conférencier, comme les liens entre le coton et la politique. En conclusion, faisant allusion à l'intense utilisation actuelle de la salle intercommunale de la Rotonde de Thaon, il a lancé un appel à la mise en valeur de deux autres autres fleurons du patrimoine industriel vosgien, la filature de Vincey déjà citée - inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques - et la centrale électrique de Nomexy, dont le classicisme structurel rappelle Auguste Perret.
L'aqueduc Médicis a 400 ans
Le fidèle lecteur se souvient de mon billet du 2 mars 2012 (voir ce lien) où j'évoquais l'aqueduc de la Vanne, réalisation de l'ingénieur Belgrand sous le second Empire, dans le cadre des grands travaux hausmanniens.
Au bas de ma rue, l'aqueduc de la Vanne traverse la vallée de la Bièvre, au même endroit qu'un aqueduc beaucoup plus ancien, sur lequel prennent appui ses hautes arches de meulières.
Sur le dessin ci-dessous qui montre Arcueil au XVIIIème siècle, on retrouve, sans l'aqueduc Belgrand bien entendu, les six arches qui surplombent à présent la chaussée, et qui à l'époque dominaient la Bièvre,recouverte depuis le XIXème siècle. A part l'église Saint-Denys d'Arcueil et la "Maison des Gardes", qui abrite à présent le conservatoire municipal de musique, peu de choses subsistent, notamment pas les vignes encore abondantes à l'époque sur les collines dominant la Bièvre, ni le château des Guise, seigneurs d'Arcueil, à l'emplacement des actuelles cités-jardins.
Cet aqueduc ancien, voulu dès 1609 par Henri IV pour alimenter Paris en eau, sur le tracé d'un ancien aqueduc romain hors d'usage mais qui traversait déjà la vallée de la Bièvre au même endroit, a été réalisé par la régente Marie de Médicis, d'où son nom. Les travaux de terrassement ont débuté en 1613, et ont duré une dizaine d'années : le 18 mai 1624 les eaux coulent officiellement dans les conduites. Les eaux captées à une altitude de 75 mètres à Rungis descendent sur 13 kilomètres jusqu’à la maison du Fontainier à 57 mètres d’altitude avec une pente moyenne de 1,4 ‰.
Le plan de l'aqueduc Médicis disribué dans le cadre des célébrations des 400 ans de l'ouvrage fait apparaître son tracé et l'ensemble des quelque 27 regards dont la plupart subsistent. L'aqueduc n'est plus opérationnel, la réalisation de l'aéroport d'Orly et du Marché d'intérêt national de Rungis ayant tari les sources qui l'alimentaient : ce qui y coule suffit à peine à alimenter le lac du Parc Montsouris...
Quelques vues de regard, qui allient édicule extérieur et architecture intérieure. A gauche, le regard n°1, à Rungis, dit "Grand regard royal", et à droite le regard 6, à l'Haÿ-les-Roses, que nous avons pu visiter samedi 6 avril dernier dans le cadre des événements organisés à l'occasion des 400 ans,
Deux regards proches du domicile de l'auteur et du pont-aqueduc qui enjambe la vallée de la Bièvre, le 14 et le 15, ce dernier à proximité immédiate de la gare d'Arcueil-Cachan du RER B (ligne de Sceaux, pour les anciens). On remarquera qu'une conduite a été ajoutée dans cette partie, conduite absente - et inutile - dans la conception initiale.
La simplicité de cet ouvrage lui donne une grande beauté, surtout dans les parties dépourvues de canalisation.









































