Excursion à Cordoue
La période de post-confinement n'est guère plus favorable à la recherche de sujets innovants pour divertir le lecteur. Mais impossible de terminer la série des billets sur Séville sans mentionner l'excursion de rigueur à Cordoue, à 40 mn par TGV.
Cette cité andalouse un peu plus "provinciale" que Séville a un charme différent mais tout aussi grand. Cordoue a un passé prestigieux, capitale de la province romaine d'Hispanie ultérieure pendant la période républicaine, puis de la province de Bétique durant l'Empire. Au Moyen âge, après la conquête arabe et berbère au VIIIe siècle, Cordoue connaît une période d'expansion et de rayonnement particulier au Xe siècle en tant que capitale du Califat de Cordoue gouverné par une branche locale de la dynastie des Omeyyades. Elle redevient une ville de taille moyenne après la reconquête au XIIIe siècle.
Le monument le plus remarquable en est la vieille mosquée-cathédrale, la Mezquita de Córdoba, reconvertie au christianisme au XIIIe siècle sous le nom de Catedral de Nuestra Señora de la Asunción. Elle a été construite à partir du VIIIe siècle sur l'emplacement de la basilique Saint-Vincent Martyr, construite par les Wisigoths. Elle a fait l'objet de plusieurs agrandissements durant le califat de Cordoue. Avec 23 400 m2, la mosquée est la deuxième plus grande mosquée après celle de La Mecque, uniquement dépassée ultérieurement en 1588 par la Mosquée bleue d'Istanbul et en 1993 par la mosquée Hassan-II de Casablanca.
Les murs extérieurs de la partie la plus ancienne, richement décorés
Pour pénétrer dans les immenses cours, empruntons la Puerta de Santa Catalina ou encore la Puerta del Perdón
En ce mois de février 2007, le sol est jonché d'oranges - immangeables - que des ouvriers ramassent dans des bennes...
Approchons de la mosquée-cathédrale, et de son clocher qui emmure l'ancien minaret
et pénétrons dans la forêt des colonnes de marbre qui supportent des arcades doubles en brique et pierre blanche et des arcs bicolores : il y eut jusqu'à 600 colonnes en marbre avant que la construction de la cathédrale dans la mosquée n'en détruise une partie.
Le point focal de la partie conservée de la mosquée est le mirhab, chef d'oeuvre absolu dont les mosaïques ont été réalisées par des artisans chrétiens venus de l'empire bizantin
Quand Cordoue fut reprise aux Musulmans par le roi Ferdinand III de Castille en 1236, la mosquée devint une église, mais avec un minimum de transformations : l'ouverture entre la cour et la salle de prière fut murée en ne conservant qu'une seule porte d'entrée (Puerta de Las Palmas) ; quelques rangées de colonnes furent abattues pour dégager la place de la Chapelle Royale décorée de stucs mudéjars, où furent enterrés Alphonse XI de Castille et Ferdinand IV de Castille en 1371 ; enfin la dernière travée à l'est fut divisée pour y délimiter des chapelles.
Mais au XVIe siècle, les chanoines du chapitre firent démolir une partie importante du centre de l'édifice pour y édifier une cathédrale qui apparaît comme incrustée dans la mosquée, rompant les perspectives de la forêt de colonnes et offrant un contraste entre celle-ci et la blancheur du chœur inondé de lumière. Ce monument allie les styles gothique, Renaissance et baroque et est magnifiquement décoré. Charles Quint, qui avait préservé le chef-d'œuvre d'architecture musulmane qu'est l'Alhambra, regretta la transformation de cet édifice : "Vous avez détruit ce qui était unique pour faire la même chose que l’on voit partout".
Plafonds et coupole
Des stalles aussi somptueuses que celles de Séville...
La liaison entre les deux architectures garde cependant une cerrtaine harmonie
Un dernier regard sur la Mezquita et son clocher
avant de déambuler dans les vieilles rues du centre historique
De belles églises au passage : Iglesia San Pablo et sa façade maniériste du XVIe siècle
Iglesia de San Francisco y San Eulogio, et le l'ancien cloître du couvent attenant San Pedro el Real (XVIIIe siècle)
Iglesia de San Lorenzo et son impressionnante rosace de pierre (fondée au XIIIe siècle sur une ancienne mosquée. Le minaret a été converti par Hernán Ruiz le Jeune en tour Renaissance, précédent à la transformation de la Giralda de Séville.
Iglesia de Santa Marina : comme la précédente, l'une des douze églises fernandines de Cordoue, édifiées après la conquête de Ferdinand III de Castille sur les Maures au XIIIe siècle.
Quelques images des patios de Cordoue...
Quelques places : la plus impressionnante, la Plaza de la Corredera, unique plaza mayor quadrangulaire d'Andalousie, oeuvre de l'architecte de Salamanque Antonio Ramós Valdés, qui a bâti un rectangle de 113 mètres de long et 55 mètres de large, en 1683.
Peut-être la plus célèbre, la Plaza del Potro (place du poulain). Au centre, une fontaine construite en 1577, couronnée d'une petite statue représentant un poulain cabré soutenant un écu figurant le blason de Cordoue. On trouve sur cette place la fameuse Auberge du Poulain, citée par Cervantès dans Don Quichotte.
la petite Plaza de Capuchinos avec le Cristo de los Faroles
Une curiosité enfin : Plaza del Conde de Priego avec une statue monumentale du toreador Manolete érigée en 1948
Terminons en sortant des murailles de la ville par la Puerta de Almódovar (rebâtie au XIVe Siècle)
Seville (III) L'Alcazar, la Cartuja, et autres lieux
Un dernier blog de souvenirs de Séville en février 2007, en donnant d'abord un aperçu des multiples bâtiments, patios et jardins de l'Alcazar (Real Alcázar de Sevilla), palais fortifié construit par les Omeyyades d'Espagne à partir de 720 pour leur servir de résidence et protéger la ville (la forteresse aurait permis de contenir en 884 une invasion des Vikings) : modifié à plusieurs reprises pendant et après la période musulmane, il est considéré comme l'exemple le plus brillant de l'architecture mudéjar sur la péninsule ibérique. Il est toujours officiellement résidence royale, même s'il ne remplit plus ce rôle que très rarement.
Après avoir franchi la porte du Lion (ci-dessus), on découvre un ancien petit aqueduc romain
et, juste à gauche, la partie la plus ancienne de l'Alcazar, la cour des stucs (patio del yeso)
donnant sur la salle de justice
Le palais de Pierre 1er dit « le Cruel », roi de Castille et León de 1350 à 1369, est de style mudéjar : en effet, à partir du 14ème siècle, les monarques castillans cessèrent de copier les tendances européennes pour s'inspirer des modèles andalous.
La cour des demoiselles (patio de las Doncellas)
Quelques détails
La cour des Poupées (patio de las Muñecas)
Le dédale des salles du palais
Le salon des ambassadeurs (salón de Embajadores)
Quelques images du Palais gothique (Palacio gótico), construit par Alphonse X de Castille qui régna de 1252 a 1284, mais fortement remanié par Charles Quint au 16ème siècle, et de ses cours
La base des murs est décorée d'azulejos réalisés par Cristóbal de Augusta entre 1577 et 1578, pendant le règne de Philippe II
Ce palais ouvre sur les jardins qui constituent une part fondamentale de l'Alcazar et ont connu divers réaménagements stylistiques — arabes, Renaissance, puis modernes — depuis leur tracé primitif.
Jardin de la Danse (Jardín de la Danza)
Le jardin de la Danse donne accès aux bains de Doña María de Padilla, citerne souterraine couverte de superbes voûtes d’ogive.
Le bassin de Mercure (Estanque de Mercurio) bordé par la galerie du Grotesque (galería del Grutesco), érigée à partir d’un ancien pan de muraille almohade.
La transformation de la galerie du Grotesque en belvédère et en élément décoratif de veine franchement maniériste, date de 1612 environ. Ce belvédère offre une très belle vue sur les jardins et multiples pavilllons avaoisinants.
notamment le Jardin des Poètes (Jardín de los Poetas), synthèse d’influences islamiques, Renaissance et romantiques.
Un peu à l'écart de la ville, sur l'île du même nom, le Monastère de la Cartuja (cartuja signifie chartreuse en castillan), dont le nom complet en espagnol est Monasterio de Santa María de las Cuevas (Monastère de Sainte Marie des Grottes).
En 1810, durant l'invasion française, le monastère fut pillé et utilisé comme quartier général. Les moines furent expulsés et se réfugièrent au Portugal avant de revenir en 1816. Par la suite, les moines furent à nouveau expulsés, cette fois définitivement, en 1835, dans le cadre du désamortissement espagnol (desamortización)
Charles Pickman Jones, commerçant anglais, loua ensuite le monastère abandonné en 1838, avant de l'acheter deux ans plus tard et de le transformer en 1841 en fabrique de faïence et de porcelaine décorées à la main à la façon anglaise.
Pickman fit construire dix fours munis de cheminées et l'usine s'installa dans les cellules et les salles du couvent avant d'empiéter sur les jardins. La fabrication de faïence continua jusqu'en 1982 et le site fut ensuite rendu à la Junte d'Andalousie. Le site connut un nouveau souffle grâce à l'exposition universelle de 1992.
Dans la partie restaurée du monastère, on trouve des styles allant du gothique à l'architecture mudéjare, avec notamment une chapelle gothique avec d'impressionnants gisants
et un beau cloître de style mujédar
Le monastère abrite à présent aussi le Centre andalou d'art contemporain
On y trouve aussi un arbre remarquable, ce Belombra ou Raisinier dioïque (Phytolacca dioica) qui aurait été planté par Fernand Colomb (1488-1539), second fils de Christophe Colomb et de sa maîtresse Beatriz Enriquez de Arana.
Regagnons le centre de Séville avec la place d'Espagne (Plaza de España), un des endroits les plus spectaculaires de Séville. Conçue pour l'Exposition ibéro-américaine de 1929 par l'architecte local Aníbal González (architecte responsable de l'événement), sa construction a commencé en 1914.
Mille hommes ont participé à sa construction qui s'est terminée en 1928. Elle couvre une surface de 50 000 m2, dont 19 000 m2 pour le palais et 31 000 m2 pour la place elle-même et les canaux, qui ont une longueur totale de 515 mètres.
A deux pas, conçu également au même moment par Aníbal González pour la même exposition...
...le palais de style mudéjar qui abrite à présent le Musée des arts et traditions populaires de Séville (Museo de Artes y Costumbres Populares)
Un coup d’œil sur les arènes ( Plaza de Toros de la Real Maestranza de Caballería de Sevilla ) que nous avions apercues du haut de la Giralda dans notre précédent billet
et terminons cette série de billets sur Séville par les rives du Guadalquivir.
On y aperçoit une sculpture de Eduardo Chilida (cf notre billet du 27 mai 2019 ), Monumento a la tolerancia, inaugurée en 1992
Autre monument remarquable - et plus ancien...- la Tour de l'Or (Torre del Oro), tour d'observation militaire construite au début du 13ème siècle, durant la domination almohade, afin de contrôler l'accès à la ville depuis le Guadalquivir.
Séville (II) La cathédrale et la Giralda

Poursuivons notre visite de Séville en février 2007 par la cathédrale Notre-Dame du Siège (Catedral de Santa María de la Sede) et son campanile, ancien minaret de la mosquée sur l'emplacement de laquelle elle a été bâtie à partir de 1402 dans un style gothique tardif.
Elle s'enorgueillit d'être une des plus grandes cathédrales catholiques du monde et la plus grande d'Espagne. C'est vrai pour ce qui concerne sa superficie et son volume (environ 500 000 m3). Mais elle mesure 132 mètres de long — moins que les cathédrales de Cologne (144,58 mètres), d'Amiens (145 mètres) ou de Metz (136 mètres) ; les voûtes de sa nef centrale s'élèvent à 42 mètres, une hauteur comparable à celle des cathédrales de Cologne (43 mètres), d'Amiens (42 mètres) et de Metz (41,41 mètres), mais inférieure à celle de Beauvais (48,5 mètres). Cependant, pour ce qui est de la richesse de la décoration, comme nous le verrons, elle nous paraît imbattable.
Commençons par quelques vues de l'extérieur...
Deux des nombreux portails : la Puerta San Cristobal
et, dans un registre différent, la Puerta de los Palos
En parcourant la nef principale, très richement décorée...
on est irrésistiblement attiré par les hautes grille qui protègent la Capilla Mayor...
et son retable en bois doré dont la luxuriance dépasse l'imagination...
A l'intérieur, aussi :
Le chœur des chanoines avec son imposant lutrin et ses stalles monumentales...
La salle gothique de la sacristie des calices
La salle renaissance de la grande sacristie, et à sa sortie le patio du Cabildo et son élégante fontaine
La salle capitulaire, pavée d'un précieux dallage couronnée d’une coupole elliptique, ornée d'une Immaculada de Murillo.
Terminons cette visite avec la Giralda, le campanile de la cathédrale, qui doit ce nom à la statue faisant office de girouette qui en couronne le sommet. C'est l'ancien minaret, construit sur le modèle de la Koutoubia de Marrakech ou la tour Hassan de Rabat et terminé en 1198, de l'ancienne mosquée almohade elle-même édifiée de 1172 à 1182. Contrairement à Cordoue, la mosquée n'a pas été réutilisée pour la cathédrale elle-même, car elle avait été gravement endommagée par un tremblement de terre survenu en 1356.
Haut de près de 100 m, l'édifice est constitué pour les deux-tiers de l'ancien minaret, la structure supérieure ayant été ajoutée à la Renaissance pour supporter les cloches et remplacer la partie supérieur du minaret qui elle aussi avait souffert du seisme de 1356.
Au passage, un regard sur quelques unes des 24 cloches...
et une vue imprenable sur Séville vient récompenser l'ascension.
les toits de la cathédrale...
le patio des orangers, ancienne cour intérieure de la mosquée...
la coupole de la salle capitulaire et sa lanterne
le palais épiscopal tout proche, quartier général du maréchal Soult sous l'occupation napoléonienne...
l'Alcazar, qui fera l'objet d'un prochain billet, et la place d'armes attenante
l'église Santa Cruz, au cœur du quartier du même nom
les arènes, ou pour être précis, la Plaza de Toros de la Real Maestranza de Caballería de Sevilla
et au loin, sur le Guadalquivir, le Puente del Quinto Centenario (1990-1992)
Souvenirs de Séville (I)
Puisons pour ce billet dans les souvenirs de voyages anciens (février 2007), avant que ce blog n'ait commencé à les recueillir. Un sujet particulièrement dédié à une fidèle lectrice qui avait prévu en cette période de vacances scolaires d'en découvrir les merveilles en famille si les événements n'étaient venus contrecarrer leur projet.
Au début de cette première balade, un coup d’œil à la belle façade baroque de l'église de l'Hôpital de la Charité (Hospital de la Santa Caridad). Bâtie selon les plans de Pedro Sánchez Falconete, sa construction, notamment celle de la façade, a été fortement revue par Leonardo de Figueroa (1650-1730).
Nous arrivons ensuite à l'hospice des Vénérables (hospital de los Venerables Sacerdotes) dont les travaux ont débuté sous la direction de l'architecte Juan Domínguez, et où on retrouve Leonardo de Figueroa, qui lui a succédé en 1687...La chapelle est un chef d'oeuvre du baroque sévillan...
Les locaux de l'hospice n'abritaient pas encore à l'époque le Centre de recherche Diego Velázquez, fondé en juillet 2007 :
...mais l'intérieur n'en était pas moins somptueux...
et le patio enchanteur...
...avec sa fontaine comme jaillie des profondeurs.
L'étape suivante de notre déambulation dans le vieux Séville, toujours à deux pas, sera la Casa de Pilatos (Maison de Pilate), un palais aristocratique bâti essentiellement aux XVe et XVIe siècles, qui marie autour de plusieurs patios et jardins les styles mudéjar, gothique et renaissance.
Avec l'Alcázar que nous découvriront dans un prochain billet, c'est sans doute le meilleur exemple de l'architecture civile andalouse de la fin du Moyen Âge et du début de la Renaissance. Comme souvent, l'extérieur en est presque anodin...
et une fois arrivé dans les cours intérieures...
...on se laisse porter à travers le dédale des jardins...
...en traversant des passages richement ornés...
...où des motifs décoratifs témoins de l'âge d'or arabe sont partout présents...
D'autres jardins intérieurs d'inspiration plus récente...
Terminons en apothéose avec le patio principal...
d'où l'on peut en empruntant un escalier à la cage monumentale...
accéder à la galerie supérieure.
Saint-Nicolas à Épinal

Le confinement se prolongeant, commence la série des billets auquel vous aviez échappé. Pour ceux qui l'ignoreraient, est célébrée dans l'Est et le Nord de la France, le 6 décembre, la fête de Saint Nicolas, ancêtre du Père Noël auquel il a d'ailleurs donné son nom dans les pays anglo-saxons Santa Klaus. C'est à ce moment que dans ma jeunesse nous recevions nos cadeaux "de Noël", alors que nos camarades enfants de fonctionnaires ou de militaires "allogènes" devaient patienter quelques semaines de plus. Une tradition a subsisté à Épinal : après une reconstitution plus ou moins enjolivée du miracle du grand saint qui, pour faire rapide, ressuscita trois enfants qui avaient été mis au saloir par un boucher peu scrupuleux (photo en exergue de ce billet), se tient à travers la ville un défilé de fanfares et de chars réalisés par les associations culturelles, sportives et autres des environs.
Quelques jolis chars, au thème incertain...
Les Dalton, semble-t-il...
Ici, c'est plus clair...
Variations sur le thème de Tintin...
...sur celui de Cendrillon...
...de la neige et des animaux polaires
avec cette belle réalisation où de vrais skieurs descendent (et remontent...) une vraie pente neigeuse
Citons encore une évocation des Vikings, avec une majestueuse Lagherta, pour les fans de la série...
Don Quichotte,
Des cosmonautes,
Les Indiens d'Amérique du Nord,
Une évocation de Mozart
Dans les sociétés "culturelles", l'association Les Amis des lévriers, basée à Épinal mais qui compte 65 adhérents venus de tout le Grand Est qui bichonnent 45 lévriers. L'association est née en 2011 pour sauver des lévriers Galgos élevés traditionnellement en Espagne pour la chasse et dont les propriétaires se débarrassaient tout aussi traditionnellement dans d'affreuses conditions lorsque leurs performances n'étaient plus à la hauteur.
Une géante blonde qui soutient la lutte contre les pesticides;
Des fanfares, piétonnes ou embarquées, ponctuent le cortège...
...que clotûre naturellement le bon Saint-Nicolas.
Ne quittons pas la cité des images sans admirer les jeux de lumières sur l'imposant clocher de la basilique Saint-Maurice...
dont le chevet bénéficie d'un éclairage moins animé mais très réussi tout-de-même.
Périmètre de confinement

La situation étant peu propice aux voyages lointains, les promenades quotidiennes d'une heure dans un rayon d'un kilomètre permettent de découvrir et redécouvrir, et faire partager au lecteur son environnement immédiat.
De l'autre côté de l'aqueduc de la Vanne, mitoyen du jardin de l'auteur, la cité-jardin avec son stade (sous deux cieux différents...)
et son ancienne "Union des coopérateurs"...
C'est aussi notre trajet pour récupérer nos achats hebdomadaires auprès des producteurs de La Ruche qui dit oui
un peu plus loin, longeant la bibliothèque-médiathèque qui immortalise l'auteur de la Guerre des boutons,
nos pas nous mènent vers la "maison aux quatre cheminées", rue Cauchy, où Eric Satie a passé toute la fin de sa vie. On notera dans la citation de Jean Cocteau le jeu de mots "à Arcueil se cachant", sur le nom de cette commune qui à l'époque de Satie s'appelait Arcueil-Cachan, Cachan n'ayant fait "sécession" qu'en 1922.
Nous rejoignons l'aqueduc en marchant vers le centre d'Arcueil...
passant derrière le chevet récemment rénové et ensoleillé de l'église Saint-Denys d'Arcueil, qui fêtait l'an dernier son 900ème anniversaire et dont on dit qu'elle a servi de modèle à Notre-Dame de Paris (toutes proportions gardées...),
à côté de l'ancienne mairie XIXème d'Arcueil-Cachan, actuel Centre Marius-Sidobre, dont l'architecture rappelle celle de ses contemporaines les mairies d'arrondissements parisiens, et qui comme ces dernières abritait le commissariat de police,
et de la Maison des Gardes, un des derniers vestiges du château d'Arcueil, qui avec ses merveilleux jardins a eu son heure de gloire au XVIIIème siècle, avant d'être démantelé à la suite de la ruine financière de la famille de Guise-Lorraine.
Au passage, un coup d’œil sur l'architecture 1970 des bâtiments du service informatique de la Caisse des Dépôts et Consignations...
et sur la très belle école publique, bien nommée, qui n'est pas notre bureau de vote "ordinaire", mais que nous fréquentons lors de élections primaires, quand il en est organisé par notre sensibilité politique...
Habitant à la limite des deux communes, notre promenade nous conduit ensuite vers Cachan, longeant le cours de la Bièvre enfouie depuis le début du XXème siècle mais qui a été remise à l'honneur - sinon vraiment au jour - il y a quelques années...
Notons qu'à Arcueil aussi, on projette de "re-découvir" la Bièvre : si le projet n'est pas aussi avancé, il semble aussi plus ambitieux.
Au passage, la mairie de Cachan : ce bel édifice art-déco voulu par le maire Léon Eyrolles, destiné à affirmer l'existence de la jeune commune née en 1922 et inauguré en 1935 par Pierre Laval, vient d'être rénové. Juste à côté, le chantier de l'ouvrage "Charles-de-Gaulle" de la future ligne 15 du métro du Grand Paris, à l'arrêt depuis le début du confinement...
et l'église Sainte-Germaine de Cachan, première église de la commune, créée dans le cadre de l'Œuvre des Chantiers du Cardinal et dont les travaux furent achevés en 1934.
Le retour se fait à travers les sentiers du coteau de Cachan
Où l'on a tout loisir d'admirer la nature domestiquée par les riverains et les créations de leur imagination décorative...
Toulouse - suite et fin

En demandant au lecteur d'excuser l'auteur d'avoir usé jusqu'à la corde les souvenirs de son dernier voyage avant le confinement, encore quelques images de ce beau séjour dans la ville rose...
Au hasard des rues, quelques vieux hôtels de différentes époques...
Le dôme de la chapelle Saint Joseph de la Grave, à l'entrée de l’hôpital du même nom...
Les rives de la Garonne au soleil hivernal...
Ne quittons pas l'élément aquatique en revenant à notre hébergement sur le canal du midi, dont un bâtiment astucieusement baptisé MIDINET maintient la propreté...
Bien que le canal soit fermé à la circulation en ce moment pour permettre l'entretien des écluses, nous avons pu faire un petit tour entre les écluses à l'amont et à l'aval du port. De nombreuses péniches sont amarrées dans le bief, dont la mobilité n'est pas toujours évidente...
Même dans ce bief urbain, on a parfois l'impression que Sabrina navigue en pleine nature...
...avec les platanes qui bordent le canal et leur entrelacs de racines, avec quelques bâtiments urbains lorsqu'on lève le regard.
Revenons en ville : au bord de la Garonne, la basilique de la Daurade, et l'Ecole des Beaux-Arts...
Rue du Taur, l'entrée de la cinémathèque, unique en son genre, un ancien "Bureau de Bienfaisance", comme nous en connaissions dans notre enfance (quand cette belle dénomination a-t-elle disparu ?)
Autour de la basilique Saint-Sernin, divers édifices :
- le bâtiment art déco de la Bourse du Travail, en situation,
- la belle façade l'ancien hôtel Dubarry (1777), à présent occupé par le lycée Saint-Sernin, ancien lycée de jeunes filles de Toulouse, du temps où le lycée Pierre-Fermat était le lycées de garçons,
- l'ancien collège universitaire Saint-Raymond (1523, restauré par Viollet-le-Duc) qui abrite à présent le musée Saint-Raymond, musée d'archéologie de Toulouse
Deux belles fontaines, comme il en existe beaucoup à Toulouse
Le jardin japonais Pierre Baudis...
...avec son jardin zen
Terminons en beauté ce long parcours de 6 billets toulousains comme nous l'avons terminé avec nos amis, en applaudissant sous la halle-aux-grains l'Orchestre national du Capitole de Toulouse.
Balades à Toulouse (III) - Art moderne
Ce troisième épisode des balades toulousaines sera consacré, pour varier les plaisirs, à l'art moderne. C'est naturellement vers "Les Abattoirs" que nous dirigerons nos pas. Ce nom usuel désigne l'Espace d’art moderne et contemporain de Toulouse Midi-Pyrénées et fait référence à l'histoire du lieu : en 1825, l’architecte Urbain Vitry réalise une construction de type basilical, marquée par une articulation symétrique et un langage néo-classique, pour abriter le regroupement des abattoirs municipaux de Toulouse. Elle remplira cette fonction jusqu'en 1988. Inscrits à l'inventaire des monuments historiques en 1990, ces bâtiments abriteront l'espace d'art moderne à partir de 2000, après leur rénovation, commencée en 1997, par les architectes Antoine Stinco et Rémi Papillault.
Avant d'entrer dans le musée, nous longeons à droite le bâtiment principal en passant devant le Grand Tournesol de Fernand Léger, qui nous rappelle les oeuvres en céramique de ce dernier découvertes dans l'exposition consacrée à son amie Charlotte Perriand (notre billet du 14 décembre 2019)
Nous allons retrouver nos amis au café situé dans les petits bâtiments en arc de cercle derrière le musée. Dans l'allée, quelques sculptures monumentales et aux murs des mosaïques de Fernand Léger
Acrobates et Musiciens, Fernand Léger
What’s a public sculpture? N°3, Franck Scurti
Les Plongeurs Polychromes, Fernand Léger
Les Trois Musiciens, Fernand Léger
Los Pès del parpalhòl, Jessica Stockholder
On retrouve Fernand Léger avec sur la façade du musée une version monumentale de la céramique Les Femmes au perroquet sur fond rouge dont une version plus petite figurait dans l'exposition Charlotte Perriand déjà citée.
Lors de notre visite - à tarif heureusement réduit - la belle nef du bâtiment principal est dans un joyeux désordre - qui permet cependant d'en apprécier l'architecture monumentale.
La préparation d'une prochaine exposition est en cours - consacrée aux pianos dans l'art contemporain, à première vue...
Nous ne pouvons que nous diriger vers le sol-sol, qui abrite la seule exposition visible, Deep See Blue Surrounding You / Vois Ce Bleu Profond Te Fondre de Laure Prouvost.
Il s'agit de la première étape de la tournée du projet que l'artiste avait présenté au Pavillon français pour la 58ème édition de la Biennale de Venise.
Laure Prouvost est née à Croix-Lille (France) en 1978, avant de s’établir à Londres où elle a étudié à la Central Saint Martins puis au Goldsmiths College. Lauréate du prestigieux Turner Prize en 2013, elle vit et travaille désormais entre Londres, Anvers, et une caravane dans le désert croate.
C'est un ensemble d'installations étranges, dans une ambiance musicale que malheureusement le lecteur de ce billet n'entendra pas, dans une atmosphère sombre où l'éclairage évolue sans cesse.
La pièce centrale est une œuvre filmique (sic) et fictionnelle qui prend la forme d’un voyage initiatique, d’une joyeuse épopée tournée lors d’un road trip à travers la France, en passant par le Nord, la banlieue parisienne, le Palais du Facteur Cheval, et la mer Méditerranée, jusqu'à Venise. Ce film, basé sur un script co-écrit par l’artiste et divers contributeurs, mélange les langues, le français et l'anglais avec des passages en italien, arabe ou néerlandais.
Nous en donnons ici un court extrait
Avant de quitter le musée, un regard sur son plus beau chef d'oeuvre, La Dépouille de Minotaure en costume d'Arlequin, rideau de scène de la pièce de Romain Rolland, par Pablo Picasso.
En quittant le musée, en traversant le Jardin Raymond VI, encore des sculptures monumentales :
Arche, Daniel Coulet (2001)
et, pour finir, Agoraphobia (2005) de Franz West que nous avions découvert dans notre billet du 12 janvier 2019.
Balades à Toulouse (II)
L'actualité compromettant le rassemblement de nouveaux matériaux, nous poursuivons dans ce billet la relation de nos balades toulousaines amorcée dans notre précédent billet avec deux autres monuments religieux exceptionnels.
La basilique Saint-Sernin est une des plus grandes églises romanes conservées en Europe, avec la cathédrale de Spire, en Allemagne. Nous en découvrons la masse imposante au débouché de la rue du Taur, dont le nom fait allusion au martyre de Saint-Sernin en 250.
Le chevet aux multiples chapelles rayonnantes
La façade Nord
Et l'entrée principale de la façade Ouest.
La nef, longue de 115 mètres, est composée de 5 vaisseaux et son vaisseau principal est large de 8 mètres.
Quelques vues du croisillon sud du transept
Avec un regard au passage sur le vaisseau principal, le croisillon nord du transept...
et ses fresques remarquables, notamment un cycle de la résurrection
et la chapelle du Crucifix.
A la croisée du transept, le maître-autel sous un impressionnant baldaquin de style baroque dans lequel se trouve une statue à la gloire du Saint.
Dans le déambulatoire, de nombreux petits autels-reliquaires richement décorés
Deux des sept bas-reliefs en marbre encastrés dans le mur, un Christ de majesté et un des apôtres qui l'entourent
Quelques statues d'apôtres en bois du XVIème siècle
Sous l'abside, la crypte qui abrite les plus précieuses reliques de la basilique.
A deux pas de Saint-Sernin, rue du Périgord, nos pas nous mènent vers la chapelle des Carmélites. La première pierre en a été posée le 1er juillet 1622, année de la canonisation de sainte Thérèse d'Ávila, par le roi Louis XIII, accompagnée de son épouse Anne d'Autriche. Terminée en 1643, elle fut décorée au siècle suivant avec un remarquable ensemble de peintures murales de Jean-Pierre Rivalz (1625-1707) et de tableaux de Jean-Baptiste Despax (1710_1773).
La vue d'ensemble de la chapelle
Les plafonds et peintures murales...
Les tableaux de Jean-Baptiste Despax, élève et gendre d'Antoine Rivalz, fils de Jean-Pierre Rivalz, auteur du plafond...et deux touristes dialoguant (jeux de mots...)
Pour clore ce billet, un dernier regard sur ce merveilleux plafond qui a valu à la chapelle des Carmélites le surnom de Chapelle Sixtine Toulousaine...
Balades à Toulouse (I)
A la suite de nos billets sur la collection Bemberg, quelques images de cette si belle ville que nous avons redécouverte bien des années après nos premières visites...
Passage quasi-obligé pour nous rendre en ville depuis le Port Saint-Sauveur où nous avions pris nos quartiers à bord de Sabrina, le bateau de nos bons amis (voir nos billets de juin 2016), le Boulingrin, appelé aussi "Grand Rond)...
Après un passage devant l'équivalent toulousain des immeubles "haussmanniens"...
La cathédrale Saint-Etienne, où les apports architecturaux des différentes époques composent un étrange ensemble plein de charme...
La Place du Capitole, où la patinoire apporte en cette fin d'hiver une note insolite...
Le Capitole lui-même, hôtel de ville emblématique, mérite une visite :
L'ancienne salle des mariages, décorée par Paul Gervais (1859-1944) - présent également dans la Salle des Illustres, avec la Fontaine de Jouvence (1908)
Son contemporain - mais dans un genre heureusement très différent - Henri Martin (1860-1943) a décoré le grand hall qui mène à la salle des Illustres...
Donnant au premier étage sur la place du Capitole, la Salle des Illustres occupe toute la largeur du bâtiment.
Ornée de peintures et de sculptures entre les fenêtres qui donnent sur la place,..
à une extrémité, La défense de Toulouse, par Jean-Paul Laurens,
à l'autre, Entrée du pape Urbain II en 1096, par Benjamin Constant.
Terminons cette première balade avec le Couvent des Jacobins, dont l'église, terminée en 1385, mesure 80 mètres de long sur 20 mètres de largeur créant un volume intérieur impressionnant. Une installation, "Mesure de la lumière", due à Sarkis avec sept néons de couleur suspendus dans chacun des sept intervalles de la colonnade...
...et un faisceau de sept tubes néon assemblant les sept couleurs sous le "palmier", chef d'oeuvre de l'édifice.
De l'église, passons au cloître formé de quatre galeries construites entre 1306 et 1309. Les colonnades sont en marbre gris de Saint-Béat et les chapiteaux sont ornés de sculptures végétales. Elles soutiennent un toit en appentis reposant sur des arcs de briques, eux-mêmes reposant sur les chapiteaux.
Dans la galerie occidentale du cloître, la salle capitulaire datant d'entre 1299 et 1301, dont la voûte repose sur deux fines colonnes prismatiques en marbre.
Dans le prolongement de cette galerie, le réfectoire est une vaste salle avec des arcs diaphragmes portant une charpente lambrissée. Il mesure 17 m de hauteur et est l'un des plus vastes réfectoires monastiques de l'époque médiévale.
La petite chapelle de la Vierge, dernière partie du couvent récemment ouverte au public
La chapelle Saint-Antonin, située entre le réfectoire et la salle capitulaire, a été construite et décorée entre 1335 et 1341. Son décor est peint à la détrempe et représente entre autres la deuxième vision de l'Apocalypse.
Le cloître offre une belle vue sur l'église...
...et sur le clocher qui mesure 45 mètres de haut. Ce clocher octogonal de quatre étages en retrait percés de baies géminées couvertes d'arc en mitre a été construit entre 1275 et 1298, sur le même modèle que celui de la basilique Saint-Sernin que nous visiterons dans un prochain billet.

































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