Balades à Toulouse (I)
A la suite de nos billets sur la collection Bemberg, quelques images de cette si belle ville que nous avons redécouverte bien des années après nos premières visites...
Passage quasi-obligé pour nous rendre en ville depuis le Port Saint-Sauveur où nous avions pris nos quartiers à bord de Sabrina, le bateau de nos bons amis (voir nos billets de juin 2016), le Boulingrin, appelé aussi "Grand Rond)...
Après un passage devant l'équivalent toulousain des immeubles "haussmanniens"...
La cathédrale Saint-Etienne, où les apports architecturaux des différentes époques composent un étrange ensemble plein de charme...
La Place du Capitole, où la patinoire apporte en cette fin d'hiver une note insolite...
Le Capitole lui-même, hôtel de ville emblématique, mérite une visite :
L'ancienne salle des mariages, décorée par Paul Gervais (1859-1944) - présent également dans la Salle des Illustres, avec la Fontaine de Jouvence (1908)
Son contemporain - mais dans un genre heureusement très différent - Henri Martin (1860-1943) a décoré le grand hall qui mène à la salle des Illustres...
Donnant au premier étage sur la place du Capitole, la Salle des Illustres occupe toute la largeur du bâtiment.
Ornée de peintures et de sculptures entre les fenêtres qui donnent sur la place,..
à une extrémité, La défense de Toulouse, par Jean-Paul Laurens,
à l'autre, Entrée du pape Urbain II en 1096, par Benjamin Constant.
Terminons cette première balade avec le Couvent des Jacobins, dont l'église, terminée en 1385, mesure 80 mètres de long sur 20 mètres de largeur créant un volume intérieur impressionnant. Une installation, "Mesure de la lumière", due à Sarkis avec sept néons de couleur suspendus dans chacun des sept intervalles de la colonnade...
...et un faisceau de sept tubes néon assemblant les sept couleurs sous le "palmier", chef d'oeuvre de l'édifice.
De l'église, passons au cloître formé de quatre galeries construites entre 1306 et 1309. Les colonnades sont en marbre gris de Saint-Béat et les chapiteaux sont ornés de sculptures végétales. Elles soutiennent un toit en appentis reposant sur des arcs de briques, eux-mêmes reposant sur les chapiteaux.
Dans la galerie occidentale du cloître, la salle capitulaire datant d'entre 1299 et 1301, dont la voûte repose sur deux fines colonnes prismatiques en marbre.
Dans le prolongement de cette galerie, le réfectoire est une vaste salle avec des arcs diaphragmes portant une charpente lambrissée. Il mesure 17 m de hauteur et est l'un des plus vastes réfectoires monastiques de l'époque médiévale.
La petite chapelle de la Vierge, dernière partie du couvent récemment ouverte au public
La chapelle Saint-Antonin, située entre le réfectoire et la salle capitulaire, a été construite et décorée entre 1335 et 1341. Son décor est peint à la détrempe et représente entre autres la deuxième vision de l'Apocalypse.
Le cloître offre une belle vue sur l'église...
...et sur le clocher qui mesure 45 mètres de haut. Ce clocher octogonal de quatre étages en retrait percés de baies géminées couvertes d'arc en mitre a été construit entre 1275 et 1298, sur le même modèle que celui de la basilique Saint-Sernin que nous visiterons dans un prochain billet.
Fondation Bemberg, Hôtel d'Assezat, Toulouse (II/II)
Nous terminons dans ce billet la visite commencée dans notre billet du 29 février.
La salle suivante de la partie "moderne", salle IX "Henri Fantin-Latour", qui regroupe des scènes intimistes et portraits, peints par des contemporains d'Henri Fantin-Latour. De de dernier, entre autres toiles, Vase aux pommes et feuillage (1872)
Tête de jeune paysan par Paul Gauguin (1888)
Le maître d'équipage par Henri de Toulouse-Lautrec (1882)
Jardin fleuri par Egon Schiele (1905)
Pégase et l'Hydre par Odilon Redon (vers 1907)
Nu aux bras levés (vers 1929-1930) par Georges Rouault
La Clairière (vers 1925) par André Derain
Dans la salle X, dite « salle fauve », La Seine (environs de Rouen) et Le Théâtre en plein air, Alger, deux toiles réalisées en 1942 par Albert Marquet
Port de Dieppe (1893) par Albert Lebourg
Jardins à Honfleur (1902) et Paysage sur la terrasse (1909) par Othon Friesz
De Louis Valtat, Les Roches rouges (1901) et Sur le boulevard (1893)
Dans cette salle, également, quelques toiles de Raoul Dufy :
Rideau d'arbres à Falaise (1905)
Le Quai de Paris (vers 1906-1907)
La Frontière, Paysage de Munich (1909)
Paysage au clocher (vers 1908-1910)
Régates à Deauville (vers 1946)
et un petit Matisse : La Falaise d'Aval et le cabanon (vers 1920)
Maurice Vlaminck :
Les Poissons (vers 1907)
Nature morte aux poissons (1907)
Vue de Chatou
Kees Van Dongen :
La Course
Le Caoutchouc rouge (1904)
Georges Braque : Fenêtre sur l'Escaut (1906)
Maurice Utrillo : La rue Bayen à Paris (1922)
Charles Camoin : Quatre bateaux dans le port de Cassis (vers 1904-1905)
Salle XI « Les impressionnistes »
Camille Pissarro : Dulwich College, Londres (1871) et Portrait de Felix en jupe (1883)
Alfred Sisley : Les bords du Loing vers Moret (1883) et Le canal du Loing (1892)
Femme au jardin (Villa Arnulphi à Nice) - 1882 par Berthe Morisot
Le petit bras de la Seine en automne (1890) par Gustave Caillebotte
Crinolines sur la plage (1863) par Eugène Boudin
Stanislas Lepine : Vue de la Seine et du Trocadéro - Le pont de Grenelle (1878-1883) et Paris, le pont des Arts (1875)
La salle XII présente la collection exceptionnelle d’œuvres de Pierre Bonnard rassemblées par Bemberg, avec ces deux autoportraits datant respectivement de 1933 et 1945.
Paysage du Midi (vers 1917-1918)
Paysage du Cannet (1935)
Femme au peignoir rouge (1916)
Iris et lilas (1920)
En bateau (vers 1910)
Les Pommes rouges et jaunes (1920)
Les pêcheurs (1907)
Nu au tub (1903)
La Promenade au bord de la rivière (1919)
Voiliers au sec (1914)
Intérieur (vers 1905)
Misia Sert dur le navire d'Edwards (vers 1905)
Montmartre (1907)
L'Omnibus (1895)
Avant de passer dans la dernière salle (XIII), dite des dessins, un tableau d'Albert Gleizes, Vue de Budapest (1904)
et deux sculptures :
Aristide Maillol : Eve à la pomme (1899)
Roger de la Fresnaye : Grand nu (vers 1911)
La salle XIII rassemble les "dessins", au sens générique du terme (plume, gouache, aquarelle...), de plusieurs grands noms de la peinture française et vient clore la visite.
Raoul Dufy :
La Famille du comte Harry Kessler à cheval, aquarelle sur papier marouflé
Chevaux de cirque, aquarelle et gouache sur papier
André Dunoyer de Segonzac : Vase d'anémones, citrons et panier sur la table, encre sur papier
Pablo Picasso :
Portrait de Jane Thylda, crayon noir sur papier
Portrait d'Angel Fernandez de Soto, pastel
Le Couple, fusain sur papier
Pierrot et Arlequin, crayons et cires sur panneau
Henri de Toulouse-Lautrec :
Tête de femme, huile sur carton
Maison de la rue des Moulins, Rolande, peinture à l'essence sur carton
Monsieur Tapié de Céleyran en chasseur, ou Le Tir aux pigeons, crayon , gouache sur papier
Auguste Renoir : Portrait de jeune fille, pastel
Paul Gauguin : La Tahitienne, lavis aquarellé
Berthe Morizot : Jeune fille lisant, pastel
Georges Rouault : Fille ou nu assis, aquarelle et pastel sur papier,
et terminons sur une oeuvre qui n'appartient pas à la collection, mais a été déposée provisoirement par le Musée d'Orsay en remplacement de l'Arlequin jaune de Degas, que nous avions présenté dans notre billet du 28 décembre dernier sur l'exposition Degas à l'Opéra.
La Baigneuse rose, détrempe sur carton de Félix Valloton (vers 1893)
Fondation Bemberg, Hôtel d'Assezat, Toulouse (I/II)

Une découverte lors de notre dernier séjour à Toulouse : la collection rassemblée par Georges Bemberg, riche Argentin amateur d'art, et que ce dernier a prêté pour 99 ans à la municipalité afin de la rendre accessible au public, dans le très beau cadre que constitue l’hôtel d'Assezat.
Ce dernier fut élevé en 1555-1557 sur les plans de Nicolas Bachelier, le plus grand architecte toulousain de la Renaissance, pour Pierre d'Assézat, qui fit fortune grâce au commerce du pastel mais mourut ruiné en 1581 avant même que les travaux ne soient terminés. Le bâtiment fut légué à la ville au dix-neuvième siècle afin qu'elle y accueille des sociétés savantes, ce qui est toujours le cas aujourd'hui.
Passé le pavillon de l'entrée et son portail orné d'une frise de métopes, on débouche dans la cour d'honneur, avec sa tour, ses façades classiques aux trois ordres d'architecture (chapiteaux doriques au rez-de-chaussée, ioniens au premier étage, corinthiens à l'étage supérieur) et sa coursière sur le côté droit de l'entrée.
La collection est présentée sur deux étages. Dans l'étage consacré éux "anciens", la salle I est entièrement consacrée à Venise, avec notamment deux Canaletto : Le Grand Canal à Sainte Lucie et Vue de Dolo
Une exception : Miss Frances Elisabeth Sage de George Romney, que nous avions rencontré dans notre billet du 12 octobre 2019.
Dans la salle II, dite Louis XVI, Portrait de la comtesse Kagenek en Flore d'Elisabeth Vigée-Lebrun,
Bergers sous une grotte et Château en ruine sur un rivage de Hubert Robert,
D'inévitables Putti de François Boucher,
et quelques objets chinois pour justifier le titre de ce blog...
Dans la salle V dite "de l'Europe", Paysanne à la coupe de fruits de Nicolas Tournier
et Scène d'auberge de Pieter Brueghel le Jeune.
Dans la salle VI, "Galerie de portraits", Jean Bertrand de Jean Clouet
Plusieurs tableaux de Lucas Cranach l’Ancien, Les amoureux, Portrait de jeune fille, Vénus et Cupidon.
Dans la salle VII dite "de la Coursière", Le Fauconnier de Paul Véronèse,
Portrait de Scipione Venerio de Jacopo Tintoretto
Terminons la partie de la collection consacrée aux anciens avec quelques tableaux dont nous n'avons pas relevé la salle :
Portrait de Lady Dorothy Dacre de Van Dyck
Portrait de Gentilhomme et Portrait de jeune fille, du Tintoret
Portrait d'Alfonso d'Este du Titien
et encore deux tableaux de Lucas Cranach l'Ancien, décidément très présent dans la collection, Portrait de Sybille de Clève, électrice de Saxe et une scène assez curieuse.
Malgré tout l'intérêt de cet étage des "Anciens", qui a un petit côté "cabinet de curiosités", nous avons préféré l'étage supérieur dit des "Modernes", que nous présenterons plus largement dans notre prochain billet.
Donnons-en un avant-goût avec la salle VIII dite "pointilliste" (mais pas que...)
La Chaîne des Maures par Henri-Edmond Cross (1906-1907)
Un canal à Venise par Henri-Edmond Cross (1899)
Homme à la barque par Henri-Edmond Cross
Le clocher de Saint-Tropez par Paul Signac (1896)
Arbres (amandiers) en fleurs par Paul Signac (1896)
La Table de la mer par Henri Le Sidaner (1920)
Mignonne, allons voir si la rose... par Paul Sérusier (vers 1910)
Chopin par Walter Sickert (1914)
Dans notre prochain billet, les autres salles de la collection "moderne", avec notamment un rassemblement assez exceptionnel de toiles de Pierre Bonnard.
Hans Hartung - La Fabrique du geste (II/II)

Reprenons la visite de la rétrospective Hartung du Musée d'art moderne de la ville de Paris, avec cette affiche de la dernière rétrospective du peintre à Paris, au Musée national d'art moderne, qui s'est tenue il y a plus de 40 ans dans l'aile jumelle du Palais de Tokyo, le musée national n'ayant pas encore à l'époque migré vers Beaubourg.
Elle représente une toile des années 60, ce qui convient à cette deuxième partie consacrée à la production de l'artiste de l'après-guerre à sa mort en 1989.
Commençons par cette huile sur panneau de bois T1945-26, curieusement datée 38-45, semblant corroborer que Hartung considérait les années de guerre comme une parenthèse dans son œuvre.
T1946-16, huile sur toile
T1947-12, huile sur toile
T1948-18, huile sur toile
T1948-17, huile sur toile
T1949-9, huile sur toile
T1950-8, huile sur toile
T1951-1, huile sur toile
Dessins à l'encre
Hans Hartung pratique l'agrandissement systématique de ses dessins sur toile depuis 1932-1933. Dans les années 1950, il recourt à ce procédé d'une manière sérielle pour réaliser ces nombreuses peintures "palmées" noires sur fonds de couleurs unies. Celles-ci sont réalisées à partir de motifs tirés de dessins grands comme la main, peints d'un geste doux et léger, à l'encre. Parmi les centaines de feuilles produites, celles choisies pour être transposées en tableaux comportent le tracé de la grille destinée au report. Ces motifs évoquant la calligraphie, emblématiques de son œuvre, seront choisis par l'artiste pour de nombreuses publications et restent aujourd'hui sa marque de fabrique.
T1955-25, huile sur toile
T1955-18, huile sur toile
T1956-15, huile sur toile
T1955-9, huile sur toile
T1956-20, huile sur toile
Hartung réalise aussi des photographies artistiques.
Cette série date de 1954.
Celle-ci de 1959.
Divers crayon et/ou pastel sur papier, de 1958 et 1959
Ces dessins en blanc sur un fond de peinture pulvérisé représentent les outils du peintre au début des années 60 : divers sprays qui lui servent à obtenir des effets nuageux en propulsant de fines gouttelettes sur la toile. Chacun des fonds est réalisé avec le type de spray dessiné par les assistants de Hartung sur le carton. Ces documents servent à classifier les différents outils, et à ordonner l'atelier de la rue Gauguet. Ils ont cependant été peu utilisés, et témoignent surtout de la méthode rigoureuse de Hartung et de son souci de classifier, d'ordonner et d'archiver toutes les techniques, même les plus éphémères.
Sans titre (4 fonds d'atelier), acrylique sur carton, 1963
T1961-8, gouache et pastel sur panneau d'isorel
Grattages
Dans les années 60, c'est la lacération qui vaut pour geste artistique premier. Stylets, râteaux, peignes métalliques : divers outils tranchants permettent de griffer la matière, en un élan toujours ascensionnel, du bas vers le haut. En 1961-62, Hartung utilise une peinture vinylique issue de la technologie industrielle, notamment celle des carrosseries de voiture, qu'il vient de découvrir avec enthousiasme.
T1964-H44, peinture vinylique sur toile
T1963-E45, peinture vinylique sur toile
T1963-H37, peinture vinylique sur toile
T1962-U8, peinture vinylique sur toile
T1962-L21, T1962-L22, T1962-L23, peinture vinylique sur toile
P1961-86, grattages sur carte à gratter, et P1961-35, crayon, pastel et grattages sur carte à gratter
T1962-E1, peinture vinylique sur toile
T1961-H4, peinture vinylique et pastel sur toile
Petits formats
Ces petites peintures nous placent au cœur de l’expérimentation de Hans Hartung, qui, dans la seconde moitié des années 60, renouvelle ses couleurs de prédilection, le bleu et le jaune, en utilisant des teintes acides et voyantes. Ces tableaux témoignent d'une plus grande liberté de geste. Au début des années 70, le peintre reprendra certains motifs de ces petites toiles, qu'il agrandira non plus grâce au report, mais en amplifiant son geste et en utilisant des brosses pouvant atteindre 40 cm - parfois de simples balais ménagers.
T1966-E25, peinture vinylique sur toile
T1966-E23, peinture vinylique sur toile
L'activité de photographe de Hans Hartung s'est aussi exercée comme portraitiste. Dans ces portraits qui vont de 1959 pour le plus ancien à 1981 pour le plus récent, le lecteur pourra s'amuser à reconnaître notamment le peintre Zao Wou Ki, un autoportrait de Hartung, Eric Rohmer, le poète, romancier et critique d'art Michel Ragon, disparu il y a quelques jours, le sculpteur Alexander Calder, ami proche de Hartung, et Georges Pompidou...
La grande salle suivante est consacrée aux années 70, avec de grandes toiles : T1971-R29, acrylique sur toile
T1973-R9, acrylique sur toile
T1973-E3, acrylique sur toile
T1971-R24, acrylique sur toile
T1973-E12, acrylique sur toile
T1973-R10, acrylique sur toile
T1973-R32, acrylique sur toile
T1973-R34, acrylique sur toile
T1971-H13, acrylique sur toile
T1974-R23, acrylique sur toile
T1975-R35, acrylique sur toile
On y trouve aussi d'autres techniques :
des barytés (cartons enduits de baryte, substance minérale utilisée notamment pour donner au papier photographique sa blancheur et sa brillance)
des gravures sur bois, technique à laquelle il s'est essayé en 1973 dans les ateliers Erker à Saint-Gall, en Suisse, à sa manière, sans inciser le bois à la manière classique, beaucoup trop lente à son goût, mais en entaillant rapidement le support à l'aide de divers outils et brosses...
et des céramiques, technique à laquelle il s'est essayé en 1972 à la Fondation Maeght, pendant la construction de sa maison-atelier d'Antibes.
Les dernières salles sont consacrées aux tableaux des années 80
T1980-E50, acrylique sur toile
T1982-R11, acrylique sur toile
T1982-H34, acrylique sur toile
T1981-E23, acrylique sur toile
T1981-K17, acrylique sur toile
T1980-E6, acrylique sur toile
T1982-E15, acrylique sur toile
Toutes les toiles de l'avant-dernière salle sont des acryliques sur toile de 1987.
Enfin, la dernière salle contient quelques-unes des 360 toiles que peignit Hans Hartung en 1989, l'année où il mourut, le 7 décembre à Antibes.
Il travaille essentiellement la nuit à la lumière des néons, et s'immerge dans un monde où la peinture fusionne avec la musique et la peinture qui l'environne. Dans l'atelier résonne principalement de la musique baroque, celle de Bach et Vivaldi, et parfois des airs plus récents, notamment de Stravinsky. Les séances de peinture prennent fin lorsque les toiles étalées sur le sol pour séchage remplissent toute la pièce.
T1989-N10, acrilique sur toile, la dernière toile peinte par Hans Hartung.
Hans Hartung - La Fabrique du geste (I/II)

A l'occasion de la réouverture du Musée d'art moderne de la Ville de Paris, après plusieurs années de rénovation, ce dernier présente une très belle exposition qui nous a donné l'opportunité de redécouvrir Hans Hartung, peintre allemand, qui s'est engagé dans la Légion étrangère française au début de la dernière guerre, et qui a vécu plusieurs années à Arcueil...
"La dernière rétrospective dans un musée français datant de 1969, il était important de redonner à Hans Hartung (1904-1989) toute la visibilité qu’il mérite. L’exposition porte un nouveau regard sur l’ensemble de l’œuvre de cet artiste majeur du XXe siècle et sur son rôle essentiel dans l’histoire de l’art. Hans Hartung fut un précurseur de l’une des inventions artistiques les plus marquantes de son temps : l’abstraction.
Acteur d’un siècle de peinture, qu’il traverse avec une soif de liberté à la mesure des phénomènes qui viennent l’entraver – de la montée du fascisme dans son pays d’origine l’Allemagne à la précarité de l’après-guerre en France et à ses conséquences physiques et morales – jamais, il ne cessera de peindre.
Nous consacrerons ce premier billet à la période qui va jusqu'à la guerre, en commençant par quelques tableaux de sa prime jeunesse :
T1921-2 : D'après le 3 mai de Goya II, huile sur carton (1921)
Autoportrait de 1922
Le Grand cheval, huile sur carton, 1922
T1922-1 Danse des bacchantes autour d'un nu couché, huile sur papier kraft marouflé sur panneau, 1922
Trois personnes assises, le Kokoschka, huile sur panneau de bois contreplaqué, 1923
Des aquarelles sur papier de 1922,
Des craies noires, fusains ou sanguines sur papier, tous de 1923
Stintek I, maisons devant la digue, huile sur panneau de bois contreplaqué, 1925
Leucate, ma cabane grise, huile sur panneau de bois, 1927
A partir de 1932, Hartung poursuit une création exclusivement abstraite. La dissolution du référent, la construction de l'espace par plans, sans hiérarchie entre le fonds et les formes, témoignent de l'héritage du cubisme dans son oeuvre.
T1933-3, huile sur toile, 1933
T1935-1, huile sur toile, 1935
T1934-2, huile sur toile, 1934
T1936-11, huile sur toile, 1936
T1937-1, huile sur toile, 1937
T1937-17, huile sur toile, 1937
Sans titre, aquarelle sur papier, 1932
T1936-2, huile sur toile, 1936
T1938-12, huile sur panneau celotex, 1938
T1938-29, huile sur panneau celotex, 1938
T1938-30, huile sur bois, 1938
T1938-2, huile sur toile, 1938
Le seul collage de l'exposition, réalisé en 1938 dans l'atelier de Julio González (1876-1942), sculpteur et peintre né à Barcelone, venu en France dès la fin des années 1890 et définitivement installé en France à partir de 1904. Hans Hartung le rencontre en 1937, année où González installe son atelier à Arcueil, il épousera sa fille Roberta en 1938.
T1938-16, collage sur panneau de bois, 1938
C'est aussi sous la conduite de González et dans son atelier que Hartung réalisera sa seule sculpture :
Sans titre, fer, 1938
A la différence de González, qui maintient le rapport à la figure humaine, Hartung s'affranchit de tout référent.
Encore quelques œuvres de 1938 :
Sans titre, pastel, fusain et craie noire sur papier
T1938-3, huile sur bois, 1938
T1938-6, huile sur panneau celotex, 1938
Trois oeuvres sans titre, crayon et pastel sur papier de 1939 :
Trois œuvres sans titre, gouache et crayon sur papier de 1940 :
Têtes, gouache sur papier, 1940
Pendant la guerre, principalement en 1940, Hartung peint plus de quatre-vingts têtes. Bouche ouverte et langue tirée, yeux écarquillés, elles expriment à la fois le désarroi et la colère. Ces gouaches évoquent la fureur et l'effroi des civils tués dans Guernica de Pablo Picasso (1937), mais aussi les sculptures sur le thème de la Montserrat réalisées par Julio González en hommage aux souffrances du peuple pendant la guerre d'Espagne. Après la Seconde Guerre mondiale, Hartung minore leur importance et les montre peu : elles auraient été produites pour "faire plaisir à ses proches", selon ses mots, dans un contexte où, précise-t-il, "tout lui était plus ou moins indifférent".
Dessins-écritures
Les années de guerre sont marquées par une pratique obstinée du crayon et de l'encre sur papier. En 1942, alors qu'il a trouvé refuge chez les González dans le Lot, Hartung réalise des motifs calligraphiques dont certains lui serviront de source pour les œuvres de l'immédiat après-guerre.
Terminons cette première partie avec cet autoportrait de 1943, crayon sur papier.
Un Enterrement à Shanghai (Yan Pei-Ming)

Un mini-billet relatif à une mini-exposition à la fin de l'année dernière à Orsay.
Quand il arrive en France en 1980, Yan Pei-Ming, alors âgé de vingt ans, se rend immédiatement à Paris afin de découvrir les œuvres de Gustave Courbet alors exposées au musée du Louvre. Trente-neuf ans plus tard, devenu français - et un des peintres les plus magistraux de notre temps - il s'inspire d'Un enterrement à Ornans, chef-d'oeuvre du réalisme, pour créer Un enterrement à Shanghai, conçu spécialement pour le musée d'Orsay en célébration du 200e anniversaire de Courbet. Ce triptyque est composé de trois panneaux, (Montagne céleste, Ma mère, L'adieu), disposés sur trois des parois de la salle de l'exposition, huiles sur toiles de dimensions respectives 500 x 750 cm, 500 x 400 cm, 315 x 668 cm
Le premier panneau figure des montagnes, peintes de manière expressionniste et tendant vers l'abstraction : "C'est un paysage idéal, une sorte de paradis. Là où je voudrais que ma mère puisse résider."
Le portrait de la défunte, la mère de l'artiste, est monumental : "Ma mère était une femme ordinaire, mais je l'ai peinte à la même échelle que les icônes du pouvoir politique."
Le troisième panneau, l'enterrement de la mère de l'artiste, est peint à l'échelle exacte d'Un enterrement à Ornans (1849-1850) : Les funérailles de sa mère sont ici minutieusement dépeintes. La scène se déroule, non plus à Ornans, mais à Shanghai, ville natale de l'artiste.
Quelques détails de l'enterrement et du "modèle" auquel il rend hommage.
Une belle occasion de découvrir un artiste d'une grande force, dont les tableaux sont exposés au musée national d'art moderne (centre Pompidou), aux Abattoirs de Toulouse, et naturellement aussi à Dijon, où il s'était installé et où il avait étudié à son arrivée en France en 1980, à vingt ans. Il travaille essentiellement dans son atelier de 2 500 m2 installé dans une ancienne usine d'Ivry-sur-Seine.
Nous avions déjà évoqué un autre peintre français d'origine chinoise, mais d'une génération précédente, Zao Wou Ki, dans notre billet du 1er juillet 2018.
Terminons avec une vidéo réalisée par le Musée d'Orsay sur la genèse de l'oeuvre.
Soulages au Louvre

Pierre Soulages, « peintre de l’outrenoir », figure majeure de la peinture non figurative, est né le 24 décembre 1919 à Rodez. À l'occasion de son centième anniversaire, le musée du Louvre lui consacre une exposition exceptionnelle dans le Salon carré, situé entre la galerie d’Apollon et la Grande Galerie.
Seuls Chagall et Picasso, à l’occasion de leurs 90 ans, ont bénéficié avant lui de telles rétrospectives au Louvre. Cette exposition-hommage prend le parti de rendre compte du parcours chronologique de l’oeuvre de 1946 à aujourd’hui, en représentant par un choix resserré les huit décennies pendant lesquelles Soulages a développé ses recherches, ainsi que de très grandes peintures réalisées ces derniers mois.
Le public se presse dans un décor habitué à un tout autre style de peinture.
Peinture 195 x 130 cm, huile sur toile, mai 1953
Peinture 195 x 130 cm, huile sur toile, 14 mars 1955
Peinture 220 x 366 cm, huile sur toile, 14 mai 1968
Brou de noix sur papier
48,2 x 63,4 cm, 1946
63,8 x 48,5 cm, 1947
Peinture 193,4 x 129,1 cm, brou de noix sur toile, 1948-49
Goudron sur verre 45,5 x 76,5 cm, 1948-1
Peinture 162 x 127 cm, huile sur toile, 14 avril 1979
"Outrenoir : le noir devient émetteur de clarté. Ce sont des différences de textures, lisses, fibreuses, calmes, tendues ou agitées qui captant ou refusant la lumière font naître les noirs gris ou les noirs profonds. Le reflet est pris en compte et devient partie intégrante de l'oeuvre : il y intègre la lumière que reçoit la peinture et la restitue avec sa couleur transmutée par le noir." (Pierre Soulages)
Peinture 304 x 181 cm, 9 décembre 2007
Acrylique sur toile, polyptyque (4 éléments : un élément de 71 x 181 cm ; un élément de 81 x 181 cm ; un élément de 71 x 181 cm ; un élément de 81 x 181 cm, superposés)
Peinture 222 x 314 cm, 24 février 2008
Acrylique sur toile, polyptyque (2 éléments de 222 x 157 cm, juxtaposés)
Peinture 326 x 181 cm, 14 mars 2009
Acrylique sur toile, polyptyque (4 éléments : un élément de 71 x 181 cm ; un élément de 112 x 181 cm ; un élément de 81 x 181 cm ; un élément de 62 x 181 cm, superposés)
Avec une entorse à l'ordre chronologique, les grandes toiles qui entourent ses plus récentes productions :
Peinture 324 x 362 cm, 1985
Huile sur toile, polyptyque (4 éléments de 81 x 362 cm, superposés)
Peinture 290 x 654 cm, février-mars 1992
Huile sur toile, polyptyque (5 éléments de 290 x 130 cm, juxtaposés)
et, entre ces deux "monuments", trois grandes toiles verticales d'un seul tenant, peintes à la veille de ses cent ans, il y a quelques mois :
Peinture 390 x 130 cm, 10 août 2019
Peinture 390 x 130 cm, 26 août 2019
Peinture 390 x 130 cm, 18 octobre 2019
(acrylique sur toile)
Complétons le compte-rendu de cet exceptionnel hommage du Louvre à un peintre contemporain avec deux toiles déjà présentées dans ce blog :
- Peinture, 26 mai 1969, huile sur toile de la collection du Musée Bridgestone à Tokyo (notre billet du 10 juin 2017)
Peinture 92 x 65 cm, 10 février 1965, huile sur toile du musée Soulages à Rodez, présentée dans notre billet du 14 décembre 2019 sur l'exposition Le monde nouveau de Charlotte Perriand à la Fondation Louis Vuitton.
Toulouse-Lautrec - Résolument moderne (II)

Nous terminons dans ce billet la visite de la grande rétrospective présentée cette saison au Grand Palais (cf notre billet du 18 janvier 2020)
Après un Profil de Toulouse-Lautrec, huile sur carton, vers 1898, par Edouard Vuillard (1868-1940),
Henri Samary, huile sur carton, 1889
Madame Berthe Bady, huile sur carton, 1897
Portrait d'André Rivoire, huile sur toile, vers 1901
Des illustrations :
Une lithographie de 1899 pour illustrer Histoires Naturelles de Jules Renard
La Coiffure, Programme du Théâtre Libre, lithographie, 2ème état, 1893
La chanteuse Yvette Guilbert (ci-dessous dans un médaillon en grès polychrome de Henri Nocq, Emile Muller et Cie (1893)...
...occupe le centre d'une salle de l'exposition :
Yvette Guilbert chantant Linger, Longer, Loo, peinture à l'essence sur carton, 1894
la couverture d'un livret de Gustave Gefroy
un projet d'affiche, huile sur carton de 1894
et Divan Japonais 75 rue des Martyrs, lithographie en quatre couleurs au crayon, au pinceau et au crachis, 1893, qui réunit deux des modèles fétiches de Toulouse-Lautrec, la chanteuse Yvette Guilbert dont on aperçoit les gants noirs et la danseuse Jane Avril, avec sa chevelure rousse
Clownesse Cha-Hu-Kao, huile sur carton, 1895
Femme de profil (Madame Lucy), huile sur carton, 1896
Deux femmes assises au café, fusain, peinture à l'essence et aquarelle, 1893
La suite Elles (1896) est à la fois caractéristique des thèmes favoris de Toulouse-Lautrec (à l'exception de la clownesse, toutes les femmes qu'il représente appartiennent en effet au monde des maisons closes) et de sa pratique de l'estampe (ce sont des lithographies en couleurs, comme la plupart de ses œuvres).
Couverture, lithographie au crayon, au pinceau et au crachis, en trois couleurs
La Clownesse assise, lithographie au crayon, au pinceau et au crachis, en cinq couleurs
Femme au plateau, lithographie au crayon avec grattoir, épreuve en sanguine
Femme couchée, réveil, lithographie au crayon avec grattoir en couleurs, épreuve en gris olive
Femme au tub, lithographie au crayon, au pinceau et au crachis, en cinq couleurs
Femme qui se lave, lithographie au crayon en deux couleurs
Femme à la glace, lithographie au crayon, au pinceau et au crachis en trois couleurs
Femme qui se peigne, lithographie au crayon, au pinceau et au crachis, en deux couleurs
Femme au lit, profil, lithographie au crayon, au pinceau et au crachis avec grattoir en quatre couleurs
Femme en corset, lithographie au crayon, au pinceau et au crachis avec grattoir en cinq couleurs
Femme sur le dos, lithographie au crayon en deux couleurs
Conquête de passage, étude pour Elles, craie bleur et craie noire, huile sur papier marouflé sur toile, éclaboussures avec un matériau de couleur sombre en bas à droite
Sur le même thème :
Seule, huile sur carton, 1896
Dans le lit, huile sur carton marouflé sur bois parqueté, vers 1892
Le Divan, huile sur carton, vers 1893
Au Salon de la Rue des Moulins, fusain et huile sur toile, 1894
Femme qui tire son bas, huile sur carton, 1894
Femme tirant son bas, huile sur carton, vers 1893-1894
Ces Dames au réfectoire, huile sur carton, 1893-1895
Femme de maison blonde, étude pour L’Inspection médicale, huile sur carton, vers 1893-1894
Débauche, lithographie au crayon, au pinceau et au crachis en 3 couleurs, 2ème planche, 1896
Quelques œuvres où l'on retrouve le cheval, un des thèmes de prédilection de l'artiste :
Artilleur sellant son cheval, huile sur toile, 1879
Nice, souvenir de la promenade des Anglais, huile sur toile, 1880
Allégorie, un enlèvement, huile sur toile, 1883
Le Jockey, lithographie au crayon en cinq couleurs, 1899
Autour du Music Hall, à nouveau :
Confetti, affiche, lithographie au crayon, au pinceau et au crachis, pierre de trait en vert olive foncé, pierre de couleur jaune et rouge brun, 1894
La Troupe de Mlle Églantine, lithographie au crayon, au crachis et au pinceau en quatre couleurs,remarque en noir. Remarque tirée seule en noir sur papier simili Japon, 1896
Jane Avril (La Mélinite dansant), huile sur carton, 1892
Jane Avril dansant, peinture à l'essence sur carton, 1892
Mademoiselle Marcelle Lender, en buste, lithographie au crayon, au pinceau et au crachis, épreuve d'essai VI en huit couleurs sur velin, 1895
La Roue, huile et tempera sur carton, 1893
Loïe Fuller aux Folies Bergère, huile sur carton, 1893
et dans une salle, une vidéo colorisée des Frères Lumière de Loïe Fuller de 1899...
Dans les dernières salles, des œuvres diverses :
Autour de la bicyclette (Louis Bouglé est le fabricant de la chaîne Simpson)
Bruant à bicyclette, huile sur carton, 1892
La Chaîne Simpson, affiche, lithographie au crayon, au pinceau et au crachis, pierre de trait tirée en bleu, pierre de couleur en rouge et jaune
Louis Bouglé, huile sur bois, 1898
Portrait de Louis Bouglé, huile sur bois, 1898
L'Automobiliste, lithographie au crayon, 1898
Au Bois, lithographie, 1897
Jane Avril, affiche, lithographie en couleurs, pinceau, 1899
Elsa, dit La Viennoise, lithographie au crayon, au pinceau et au crachis en quatre couleurs, 1897
Le Margouin (Mlle Louise Blouet), lithographie au crayon avec grattoir tirée en noir, 1900
L'Anglaise du Star au Havre, sanguine et rehauts de craie sur papier Ingres, 1899
L'Anglaise du Star au Havre, huile sur bois, 1899
Théâtre Antoine "La Gitane" de Richepin, lithographie en couleurs, crayon, pinceau et crachis, 1899-1900
La Gitane, Théâtre Antoine, huile sur carton, 1900
Un dernier regard vers le cirque :
"Chocolat Dansant", estampe, dans la revue Le Rire, n° 73, 28 mars 1896
Au Cirque : Chocolat, crayon noir et crayons de couleur avec rehauts de gouache sur papier, 1899
Au Cirque : le pas espagnol, graphite, pastels noir et de couleur, et fusain sur papier vélin beige
Parmi ses dernières productions,
Un examen à la faculté de médecine, huile sur toile, 1901
Repos pendant le bal masqué, huile et gouache sur carton, vers 1899
Messaline descend l'escalier bordé de figurants (L'Opéra Messaline à Bordeaux), huile sur toile, 1900-1901
Messaline assise sur un trône, huile sur toile, 1900-1901
et, pour finir,
M. Maurice Joyant, esquisse sur papier et huile sur bois, 1900
Paul Viaud en tenue d'amiral, huile sur toile, 1901
Toulouse-Lautrec - Résolument moderne (I)

La dernière rétrospective française de Toulouse-Lautrec remontait à 1992. D'autres expositions ont eu lieu depuis, mais leur approche axée sur les attaches de son oeuvre avec la « culture de Montmartre » est trop réductrice.
L’exposition du Grand Palais, qui réunit environ 225 oeuvres, se veut beaucoup plus large et entend dégager la singularité. de cet artiste, qui a ambitionné de traduire la réalité de la société contemporaine dans tous ses aspects : "l'exposition montre comment cet aristocrate du Languedoc, soucieux de réussir, a imposé son regard lucide, grave et drôle au Paris des années 1890 et pourquoi Toulouse-Lautrec s’inscrit comme un précurseur de mouvements d’avant-garde du 20ème siècle, comme le futurisme."
Le parcours commence de façon chronologique en rappelant ses débuts dans les ateliers de la capitale et sa découverte de la vie parisienne, avec curieusement une affiche de 1896 pour le photographe Sescau, lithographie en couleurs, au pinceau, au crayon et au crachis, avec marque et remarques typiques de Toulouse-Lautrec : "l'éléphant et sa trompe dissimulent un autoportrait tandis que la jeune femme en bas noirs ajoute une nuance de sensualité brute"
Deux autoportraits, une huile sur toile de 1880 et un dessin au dos de l'affiche Le Divan japonais, de 1893
Le jeune Routy à Céleyran, respectivement fusain sur papier et huile sur toile, 1882
Des dessins de la même époque
Un tableau de Puvis de Chavannes Le Bois sacré cher aux Arts et aux Muses (1884) et la Parodie qu'en fait la même année Toulouse-Lautrec de façon piquante, Puvis de Chavannes représentant tout ce que lui et ses condisciples de l'atelier de Cormon abhorrent.
Un portrait de Toulouse-Lautrec fait en 1884 par son ami Henri Rachou (1855-1944)
Etude de nu, femme assise sur un divan, huile sur toile, 1882
Gustave Lucien Dennery, huile sur toile, 1883
Nu féminin, dit anciennement La Grosse Maria, premier chef d'oeuvre du jeune Toulouse-Lautrec, véritable manifeste naturaliste (1884)
Des portraits de ses camarades,
Emile Bernard, huile sur toile,1885
Albert René Grenier, huile sur toile,1887
Une série de dessins de femmes :
Jeune fille tenant une bouteille, sanguine, 1886
Gueule de bois, crayons noir et bleu, pinceau et encre noire sur papier décoloré, vers 1887-1888
La Blanchisseuse, fusain sur papier Ingres, 1888
Boulevard extérieur, (A Montrouge, Rosa la Rouge), encre de Chine sur papier Gillot, 1889
Tête de femme, vue de trois-quart à gauche, sanguine sur carton gris
Des modèles récurrents ;
Carmen Gaudin, huile sur toile, vers 1884
Carmen Gaudin, huile sur toile,1885
Portrait de Jeanne Wentz, huile sur toile,1886
A la Bastille (Jeanne Wentz), huile sur toile,1888
A Grenelle, huile sur toile, vers 1887
Femme rousse en caraco blanc, huile sur toile, 1889
Rousse (la Toilette), huile sur carton, 1889
Femme se frisant, huile sur carton, vers 1891
Carmen en caraco blanc, huile sur toile, 1887
La comtesse Adèle de Toulouse-Lautrec dans le salon du château de Malromé, huile sur toile, vers 1887-1888
Femme rousse assise, huile sur toile, 1889
Femme se coiffant, huile sur carton, 1891
Au cirque Fernando : écuyère, huile sur toile, 1887-1888
Cette toile d'un format important, réalisée par Toulouse Lautrec pour sa participation à l'exposition du groupe des XX à Bruxelles, marque une étape dans la carrière du peintre.
Au Nouveau Cirque, la clownesse aux cinq plastrons, fusain, gouache et huile sur papier, 1892, servit de carton à un vitrail réalisé par la maison Tiffany, dans une série avec Bonnard, Vuillard, et Denis.
Portrait de Vincent van Gogh, craie colorée sur carton, 1887
Femme dans le jardin de M. Forest, huile sur toile, 1889-1891
Justine Dieulh, huile sur carton, 1891
Femme au boa noir, huile sur carton, 1892
Les Vieilles Histoires, lithographie, vert olive, gris, brun curry, mauve, vert, crayon, pinceau et crachis, 1893
Au cirque : personnages en mouvement, plume, 1896
Moulin Rouge, La Goulue, affiche, lithographie en quatre couleurs au pinceau et au crachis, 1891, avec une esquisse (fusain avec rehauts de couleur sur papier)
Aristide Bruant dans son cabaret, affiche, lithographie en couleurs, 3ème état, pinceau et crachis, 1893
Jeanne Avril Jardin de Paris, affiche, lithographie en quatre couleurs, 1893
May Milton, affiche, lithographie en cinq couleurs au crayon, au pinceau et au crachis, 1895
Miss May Belfort (grande planche), lithographie, 3ème état, 1895
May Belfort, affiche, lithographie en couleurs, pinceau, crachis et crayon, 1895
Aux Ambassadeurs - Chanteuse au Café-Concert, lithographie en six couleurs au crayon, au pinceau et au crachis, 1894
Bal du Moulin de la Galette, huile sur toile, 1889
Au Moulin Rouge, huile sur toile, 1892-1895
Monsieur Delaporte au Jardin de Paris, gouache sur carton contrecollé sur bois, 1893
Portrait de Paul Leclerc, huile sur carton, 1897
Salon des Cent, 31 rue Bonaparte, Exposition internationale d'affiches, lithographie en sept couleurs au crayon, au pinceau et au crachis, 1896
Deux affiches de promotion de livres de Victor Joze
La Loge au mascaron doré, lithographie, 1893
Affiche de promotion de La Revue Blanche, 1895
Nous terminons cette première partie de l'exposition avec deux panneaux peints par Toulouse-Lautrec en 1895 pour la baraque de la Goulue à la Foire du Trône :
La Danse au Moulin Rouge, dit aussi La Goulue et Valentin le
désossé
La Danse mauresque, dit aussi Les Almées
Raghu Rai - Voyages dans l'instant
Pour la première édition du Prix de la photographie de l’Académie des Beaux-Arts William Klein, créé en 2019 avec le soutien du Chengdu Contemporary Image Museum, c’est le photographe Raghu Rai qui a été remarqué. Récompensant un ou une photographe pour l’ensemble de sa carrière, doté de 120 000 euros et d’une exposition, ce Prix très important sera décerné tous les deux ans à l’Académie des Beaux-Arts à Paris en alternance avec le Prix de photographie Marc Ladreit de Lacharrière.
C'est dans le pavillon Comtesse de Caen, récemment rénové, qui constitue l'aile gauche du palais de l'Institut que s'est tenue l'exposition des œuvres de celui qui est considéré comme le meilleur photographe indien et un des meilleurs du monde, ce dont nos lecteurs, à la vue de ce billet, pourront juger eux-mêmes.
Né en 1942, à Jhang (Inde britannique - actuel Pakistan), il est devenu photographe de presse à l’âge de 23 ans. En 1971, à la suite de son exposition à la Galerie Delpire à Paris sur les réfugiés pakistanais du Bengale, Henri Cartier Bresson lui a proposé d’intégrer Magnum Photos dont il est toujours associé aujourd’hui. En 1992, il a été désigné « Photographe de l’année » par les États-Unis pour son travail relatif à la « Gestion humaine de la faune en Inde », publié dans le magazine National Geographic. En 2009, il est a été nommé Officier des Arts et des Lettres par le gouvernement français.
L'exposition ouvre sur la première photo prise par l'auteur, dans sa jeunesse...
Le parcours est à peu près chronologique, en commençant par des clichés en noir et blanc qui vont jusqu'aux années 70.
On passe à la couleur dans la salle suivante...
Dans la pluie et le vent...
Autour du fleuve sacré...
Dans un village avec les décors d'un autre photographe...
Au bord des routes et des rues...
Mineurs, lutteurs et militaires
Dans la dernière salle, retour au noir et blanc, avec, entre autres, Indira Gandhi...
Terminons ce parcours un peu chaotique, où nous avons préféré les images aux légendes, avec ces quelques clichés où le photographe s'exprime à sa manière inimitable...






















































/image%2F1508962%2F20200306%2Fob_555a87_img-3493.jpg)
/image%2F1508962%2F20200306%2Fob_ed47a5_img-3494.jpg)


















/image%2F1508962%2F20200228%2Fob_b618fd_bemberg-fondation-toulouse-le-grand.jpg)
/image%2F1508962%2F20200228%2Fob_939109_bemberg-fondation-toulouse-vue-de-do.jpg)


/image%2F1508962%2F20200228%2Fob_af354d_img-3397.jpg)
/image%2F1508962%2F20200228%2Fob_5e5657_img-3399.jpg)

/image%2F1508962%2F20200228%2Fob_095a6d_img-3400.jpg)
/image%2F1508962%2F20200228%2Fob_beb70a_img-3402.jpg)
/image%2F1508962%2F20200228%2Fob_018931_img-3403.jpg)






























/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_1f04b7_img-3117.jpg)
/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_65de7c_img-3118.jpg)







/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_457eae_img-3151.jpg)
/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_4d6c86_img-3152.jpg)
/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_dd2f99_img-3145.jpg)
/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_d16ddb_img-3146.jpg)












/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_50806f_img-3177.jpg)
/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_049083_img-3178.jpg)
/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_3aa094_img-3179.jpg)
/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_52d640_img-3180.jpg)











/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_fe872d_img-3233.jpg)
/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_185da9_img-3235.jpg)
/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_213ce0_img-3210.jpg)

/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_88b3d2_img-3215.jpg)
/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_e28e33_img-3216.jpg)







/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_ae0e11_img-3246.jpg)
/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_4c0874_img-3245.jpg)








/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_bcea7e_img-3256.jpg)
/image%2F1508962%2F20200224%2Fob_049633_img-3253.jpg)










/image%2F1508962%2F20200213%2Fob_9002bb_img-3020.jpg)
/image%2F1508962%2F20200213%2Fob_bf3173_img-3021.jpg)
















/image%2F1508962%2F20200213%2Fob_2c432d_img-3064.jpg)
/image%2F1508962%2F20200213%2Fob_e00276_img-3065.jpg)













/image%2F1508962%2F20200213%2Fob_1bfeb8_img-3078.jpg)
/image%2F1508962%2F20200213%2Fob_ecb2ca_img-3079.jpg)
/image%2F1508962%2F20200213%2Fob_dae2e4_img-3080.jpg)
/image%2F1508962%2F20200213%2Fob_8b68e6_img-3081.jpg)
/image%2F1508962%2F20200213%2Fob_cd5322_img-3089.jpg)
/image%2F1508962%2F20200213%2Fob_af36d8_img-3090.jpg)

/image%2F1508962%2F20200130%2Fob_d3b68d_img-1925.jpg)
/image%2F1508962%2F20200130%2Fob_41ab3b_img-1926.jpg)






/image%2F1508962%2F20200125%2Fob_fac63a_img-7085.jpg)
/image%2F1508962%2F20200125%2Fob_635850_img-7070.jpg)












/image%2F1508962%2F20200125%2Fob_9e11ba_img-7074.jpg)
/image%2F1508962%2F20200125%2Fob_0996b3_img-7076.jpg)
/image%2F1508962%2F20200125%2Fob_104d5c_img-7077.jpg)


/image%2F1508962%2F20200123%2Fob_376d09_img-1768.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_8e9b8f_img-1773.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_8d2fbb_img-1775.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_c189cf_img-1770.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_91ceda_img-1772.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_18f772_img-1777.jpg)

/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_138bec_img-1780.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_a3b25c_img-1781.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_1eae88_img-1782.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_4c6f73_img-1786.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_3ed29b_img-1790.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_29e800_img-1792.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_a1cfdf_img-1794.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_bdbf48_img-1796.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_a34092_img-1797.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_e114e2_img-1798.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_81fb5d_img-1799.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_7787f8_img-1800.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_e992ec_img-1801.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_5b8a60_img-1802.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_8c15ad_img-1803.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_5a2bd1_img-1804.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_80d3a5_img-1805.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_265d9e_img-1806.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_ea2aec_img-1788.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_29565d_img-1808.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_2e61bf_img-1810.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_cb4e7f_img-1812.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_41e24f_img-1815.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_5eaa72_img-1817.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_db4416_img-1819.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_c763cb_img-1820.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_9f678d_img-1822.jpg)
/image%2F1508962%2F20200123%2Fob_b46c3a_img-1862.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_397ba0_img-1824.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_d304d0_img-1826.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_77ec6a_img-1828.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_76e325_img-1830.jpg)
/image%2F1508962%2F20200123%2Fob_5965aa_img-1835.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_52c425_img-1837.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_38a1e6_img-1839.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_ef4b96_img-1840.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_b6f0dd_img-1842.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_980319_img-1832.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_43ba0a_img-1846.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_ef57d8_img-1848.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_68c561_img-1850.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_dffc8f_img-1852.jpg)
/image%2F1508962%2F20200123%2Fob_873423_img-1855.jpg)
/image%2F1508962%2F20200123%2Fob_532be1_img-1856.jpg)
/image%2F1508962%2F20200123%2Fob_f5a682_img-1858.jpg)
/image%2F1508962%2F20200123%2Fob_30b698_img-1860.jpg)
/image%2F1508962%2F20200123%2Fob_1519d1_img-1864.jpg)
/image%2F1508962%2F20200123%2Fob_447357_img-1866.jpg)
/image%2F1508962%2F20200123%2Fob_02acc1_img-1868.jpg)
/image%2F1508962%2F20200123%2Fob_849c58_img-1871.jpg)
/image%2F1508962%2F20200123%2Fob_deb6ab_img-1872.jpg)
/image%2F1508962%2F20200123%2Fob_f7fef9_img-1874.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_f2ebed_img-1890.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_211523_img-1892.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_5af141_img-1893.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_2d3f1c_img-1876.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_39be56_img-1879.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_a55793_img-1881.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_abaa94_img-1882.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_783ae9_img-1886.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_2317f6_img-1887.jpg)
/image%2F1508962%2F20200118%2Fob_d74c54_img-1885.jpg)

/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_359760_img-1646.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_2bfbcd_img-1648.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_653346_img-1660.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_b4827d_img-1661.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_77c2c4_img-1657.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_e55885_img-1658.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_f81297_img-1649.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_e8ee70_img-1651.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_230917_img-1655.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_60a3aa_img-1665.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_a9694b_img-1663.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_6270cc_img-1653.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_d12bed_img-1668.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_49d1ca_img-1669.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_013a48_img-1679.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_8e2655_img-1675.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_f96968_img-1677.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_252fe2_img-1673.jpg)
/image%2F1508962%2F20200116%2Fob_13db08_img-1681.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_bac929_img-1691.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_70174e_img-1696.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_0193dd_img-1693.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_f9643a_img-1697.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_cb4d1e_img-1689.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_d69891_img-1685.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_2081ea_img-1683.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_d6d32a_img-1687.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_de4b92_img-1701.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_663f86_img-1699.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_67851c_img-1703.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_b40631_img-1705.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_e02ea8_img-1707.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_89abe7_img-1708.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_b6d8d0_img-1709.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_146bf9_img-1745.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_12af48_img-1743.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_2cd802_img-1712.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_e1b6c6_img-1718.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_267e2c_img-1713.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_227ada_img-1715.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_6fea66_img-1724.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_18259a_img-1719.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_fb75e2_img-1721.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_a158dc_img-1722.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_dadafc_img-1729.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_85b6eb_img-1726.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_f50c2e_img-1730.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_a756f8_img-1736.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_89fb32_img-1738.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_f32462_img-1740.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_ca6f63_img-1748.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_fd739d_img-1746.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_100736_img-1749.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_46ddee_img-1734.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_95ddf3_img-1765.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_90560a_img-1754.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_8a0ddd_img-1758.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_a51c2d_img-1759.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_f9a1f2_img-1761.jpg)
/image%2F1508962%2F20200117%2Fob_083b2f_img-1767.jpg)
