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Signac collectionneur (1/2)

29 Janvier 2022 , Rédigé par japprendslechinois

Encore une très belle exposition au musée d'Orsay, avec des œuvres d'une grande variété, et qui donne l'occasion de revoir quelques chefs d'œuvre.

Paul Signac (1863-1935) collectionne surtout les œuvres de ses contemporains. Figure de proue du néo-impressionnisme, membre fondateur du Salon des Artistes indépendants créé en 1884, grand organisateur d'expositions, il est en effet au cœur de l'actualité artistique. L'amitié jouant un grand rôle dans sa vie, les échanges entre peintres et les cadeaux contribuent largement à l'enrichissement de sa collection. Issu d'une famille de commerçants aisés, Signac achète aussi auprès d'artistes souvent moins favorisés que lui ou sur le marché de l'art. En 1906, son ami le journaliste et critique d'art Félix Fénéon est engagé par la célèbre galerie parisienne Bernheim-Jeune et devient son marchand. Dès lors, Signac acquiert régulièrement des tableaux auprès de cette galerie. Sans surprise, ses choix reflètent une prédilection pour la couleur pure. Militant de la cause « néo », Signac aime convaincre ses interlocuteurs, et les tableaux qu'il accroche aux murs de ses résidences, à Paris comme à Saint-Tropez, illustrent ses idées. Il reçoit chez lui peintres, marchands et critiques d'art. Parmi eux. les premiers historiens de l'impressionnisme, Julius Meier-Graefe et surtout John Rewald, qui retiennent que la filiation entre l'impressionnisme et le fauvisme s'opère via le néo-impressionnisme.

L'exposition ouvre sur quelques œuvres de Paul Signac :

Route de Gennevilliers, huile sur toile, 1883

 

Signac collectionneur (1/2)

Herblay. Brouillard. Opus 208, huile sur toile, 1889

Signac collectionneur (1/2)

Femmes au puits. Opus 238, huile sur toile, 1892

Signac collectionneur (1/2)

Les Andelys. La Berge, huile sur toile, 1886

Signac collectionneur (1/2)

Saint-Tropez. La Bouée rouge, huile sur toile, 1895

Signac collectionneur (1/2)

Avignon. Soir (le château des Papes), huile sur toile,, 1909

Signac collectionneur (1/2)

La Voile verte (Venise), huile sur toile, 1904

Signac collectionneur (1/2)

Les maîtres

Autodidacte et admirateur de Monet, Degas, Caillebotte et Guillaumin, Signac tente dès l'adolescence de convaincre sa famille d'acheter de la peinture impressionniste. Il se forme en regardant leurs œuvres, dont certaines trouveront place dans sa collection. À l'issue de la vente posthume d'Édouard Manet en 1884, il ne peut s'offrir qu'un dessin mais, dès qu'il reçoit, à 21 ans, une somme mise de côté pour lui, il achète La Plaine de Saint-Ouen-l'Aumône, vue prise des carrières du Chou, un Cézanne qu'il conservera toute sa vie. Si l'art de Claude Monet déclenche la vocation de peintre de Signac, ses œuvres entreront dans sa collection tardivement, pour des raisons financières, avec Le Village de Lavacourt et Pommier en fleurs au bord de l'eau, acquis respectivement vers 1930 et 1932. Armand Guillaumin, qu'il rencontre en 1884, est le premier peintre à le conseiller, Signac acquiert sa peinture Quai de la Rapée. Grâce à lui, il entre en relation avec Camille Pissarro qui sera un maître bienveillant. Il lui achète notamment une œuvre néo-impressionniste, Le Troupeau de moutons, Éragnysur-Epte (1888). C'est par son intermédiaire qu'il achète son premier Degas en 1887, Avant le lever de rideau : plusieurs dessins rejoindront ensuite sa collection, notamment après les ventes qui suivent le décès de l'artiste en 1918. Parmi les maîtres collectionnés, il faut citer encore Eugène Boudin (6 œuvres) et Johan Barthold Jongkind (1 peinture 15 dessins, 2 eaux-fortes et 26 aquarelles) ainsi que les artistes japonais (une quinzaine d'estampes et une vingtaine d'albums illustrés) dont l'art est pour Signac une source majeure d'inspiration.

Eugène Delacroix (1798-1862) : Mazeppa, plume et aquarelle sur papier, non daté

Signac collectionneur (1/2)

Johan Barthold Jongkind (1819-1891) :

Anvers, aquarelle et crayon sur papier, 28 septembre 1866
Le Chaland, canal de Willebroek, aquarelle et crayon sur papier, 1866

Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)

Eugène Boudin (1824-1898) :

Étude de ciel, pastel, non daté
Bateaux de pêche par temps gris, huile sur bois, 1888-1890

Signac collectionneur (1/2)
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Armand Guillaumin (1841-1927) : Quai de la Rapée, huile sur toile, vers 1880-1881

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Camille Pissarro (1830-1903) :

Paysannes au bois, huile sur toile, 1881
Paysanne assise, pastel sur papier, vers 1880-1882
Paysans, retour de marché, aquarelle et crayon sur papier, vers 1880-1885
Enfants jouant, dit aussi Enfants au jardin, aquarelle, 1887
Le Troupeau de moutons, Éragny-sur-Epte, huile sur toile, 1888

Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)

Paul Cézanne (1839-1906) :

Trois poires, dit aussi Les Trois Poires : Nature morte, huile sur toile, 1878-1879
La Plaine de Saint-Ouen-l'Aumône vue prise des carrières du Chou dit aussi Auvers-sur-Oise, huile sur toile, vers 1880

Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)

Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) ; Deux paysages et une nature morte, huile sur toile, non daté

Signac collectionneur (1/2)

Claude Monet (1840-1926) : Pommier en fleurs au bord de l'eau, huile sur toile, 1880

Signac collectionneur (1/2)

Edgar Degas (1834-1917) :

Deux danseuses en maillot (Arlequin et Colombine), fusain gras sur papier, 1892
Plusieurs autres dessins de la même période

Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)

Edouard Manet (1832-1883) : La Belle Polonaise, lavis d'encre de Chine et crayon sur papier, vers 1878

Signac collectionneur (1/2)

Cette section se termine sur les artistes japonais :

Katsushika Hokusai (1760-1849) :

La Manga, deux des quatorze volumes d'illustrations publié de 1814 à 1878

Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)

Deux œuvres hautes en couleurs dont nous n'avons pas relevé l'auteur ni la date 

Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)

et quatre belles gravures sur bois en couleurs nishiki-e, ôban tate-e, triptyque :

Signac collectionneur (1/2)

Utagawa Hiroshige (1797-1858) : Épisode de la vie de Minamoto no Yoshitsune (1159-1189), non daté
Utagawa Kusinada (1786-1865) :
Scène nocturne sur la terrasse d'un restaurant, non daté
Un prince, une princesse et des dames de la cour naviguant sur l'étang d'un jardin sous une pleine lune en juin, illustration probable d'un épisode du Dit du Genji, 1849-1850
Utagawa Yoshitsuya (1822-1868) : Yoshitsune et ses dix-neuf serviteurs dans un bateau (Yoshitsune jûku shin), 1847-1852

Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)

Georges Seurat

Signac rencontre Georges Seurat en 1884 lors du premier Salon des Artistes indépendants. Malgré des formations et des tempéraments radicalement différents, ils se lient d'amitié et s'intéressent ensemble aux thèses scientifiques contemporaines autour de la perception de la couleur (Charles Blanc. Eugène Chevreul, Charles Henry et Ogden Rood). À cette époque, Signac admire l'art de Monet et peint de façon impressionniste. Mais tout change au cours de l'hiver 1885-1886, quand Seurat reprend son œuvre Un dimanche après-midi à l'île de la Grande Jatte (1884-1886). Il ponctue la toile de petites touches de couleurs pures, laissant à l'œil du spectateur le soin d'opérer, à distance, la fusion des tons. D'emblée, Signac adopte cette nouvelle technique, bientôt baptisée « néo-impressionniste », et qui ne tarde pas à faire de nombreux adeptes. Quand Seurat meurt brutalement en 1891, Signac devient le chef de file du mouvement et défend la mémoire de son ami disparu. Très tôt, il collectionne ses œuvres, réunissant un ensemble exceptionnel de plus de 80 dessins, études, esquisses et tableaux, recouvrant tous les aspects et toutes les périodes de l'art de Seurat.

Georges Seurat (1859-1891) : Portrait de Paul Signac, crayon Conté sur papier, 1890
 

Signac collectionneur (1/2)

Le Cirque, huile sur toile, 1891

Quand Seurat meurt en 1891, son dernier tableau, Le Cirque, apparaît comme son testament artistique. Bouleversé, Signac s'efforce dès lors d'honorer la mémoire de son ami, collectionne ses œuvres avec passion et achète Le Cirque en 1900. Obligé de se séparer en 1923 de ce fleuron d'un ensemble de plus de 80 peintures et dessins de Seurat, il n'accepte de le céder à John Quinn, un collectionneur américain, que sous la promesse de le léguer au Louvre. En 1924, Le Cirque est ainsi le premier Seurat à entrer dans les collections nationales.

Signac collectionneur (1/2)

Chahut, esquisse, huile sur toile, 1889

Si Signac s'intéresse de près aux travaux préparatoires de ses confrères, c'est notamment parce qu'il y trouve un enseignement. Ici, son choix s'est arrêté sur la seconde esquisse de Chahut (1889-90), une grande toile de Seurat empreinte d'un humour caricatural. Tous les éléments de la composition finale sont déjà présents dans cette esquisse de moyennes dimensions, jusqu'à la bordure et au cadre peint, auxquels Seurat prête toujours un soin particulier.
 

Signac collectionneur (1/2)

La Seine à Courbevoie, huile sur toile, 1895

Signac collectionneur (1/2)

Le Tas de pierres, dit aussi Casseurs de pierre, huile sur toile, vers 1884
et trois petites esquisses de tableaux :
Poseuse debout, esquisse, dit aussi De face
Petite esquisse des Poseuses
Aman-Jean en Pierrot

Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)

Trois études de paysages de petite dimension :

Le Fort Samson à Grandcamp
Abords du village
Gravelines : un soir

Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)

et trois autres petites études pour Un dimanche après-midi à l'île de la Grande Jatte (1884-1885)
Trois dos
Couseuse
Paysage, homme assis, femme étendue

Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)
Signac collectionneur (1/2)

Nous invitons le lecteur à patienter jusqu'à un prochain billet pour la fin du parcours de cette si riche exposition.

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Au pays du diamant noir

22 Janvier 2022 , Rédigé par japprendslechinois

Un billet touristique aujourd'hui : un week-end en Périgord où nous sommes allés "caver" chez nos bons amis.
Tout d'abord, quelques aspects de cette si belle région.
Lalinde, au bord de la majestueuse Dordogne

Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir

Son petit port sur le canal, avec la statue de la Coulobre, le dragon local qui figure sur les armes de Bergerac.

Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir

Une troupe d'oies (sauvages ?) au bord du fleuve

Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir

Le barrage et la centrale hydroélectrique de Mauzac

Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir

Le beau pont ferroviaire de Mauzac, construit en 1878 par la Compagnie du Paris-Orléans pour la ligne Bordeaux-Sarlat, seul pont à arches elliptiques sur la Dordogne.

Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir

Un pèlerinage au village de Trémolat, lieu de tournage du film de Claude Chabrol Le Boucher, avec Jean Yanne et Stéphane Audran.
La belle mairie-école, où Stéphane Audran jouait l'institutrice, et la cour où jouaient ses élèves

Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir

Un hôtel au restaurant étoilé, et ses spécialités aux truffes du chef Vincent Arnould

Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir

avec sa salle à manger aménagée dans un ancien séchoir à tabac

Au pays du diamant noir
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Au pays du diamant noir

son fumoir pour les amateurs de havanes

Au pays du diamant noir

et des salons plus cosy pour les dames

Au pays du diamant noir

Dans l'élégant jardin, 

Au pays du diamant noir

vue d'un côté sur le bourg...

Au pays du diamant noir

et de l'autre sur la charmante petite église Saint-Hilaire (12ème siècle), qui était autrefois l'église paroissiale, l'église Saint-Nicolas étant l'église monastique...

Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir

...au centre du bourg, vers lequel nous dirigeons ensuite nos pas.

Au pays du diamant noir

L'église monastique Saint-Nicolas est un très intéressant monument, des XIème et XIIème siècle, avec une file de coupoles sur pendentifs.
Le prieuré est mentionné dès 852 dans un diplôme de Charles-le-Chauve comme dépendant de l'abbaye bénédictine de Saint-Cybard, d'Angoulême.

Au pays du diamant noir
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Au pays du diamant noir
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Un intéressant autel du début du XVIIIème siècle, mis en place par Guillaume II, marquis d'Alesme, prieur commendataire.

Au pays du diamant noir

Les boiseries du fond de l'église ont été déposées en 1979 pour permettre l'examen des peintures médiévales de la dernière travée du chœur.

Au pays du diamant noir
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Au pays du diamant noir
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De l'emplacement de l'ancien cloître, une vue sur le clocher-donjon de cette église fortifiée.

Au pays du diamant noir
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Au pays du diamant noir
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Nous remontons sur les hauteurs pour admirer le cingle de Trémolat, représenté sur le panneau à côté de celui de Limeuil, juste en amont.

Au pays du diamant noir

Le cingle, vu du contrefort qui le domine au nord.

Au pays du diamant noir
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Au pays du diamant noir

La petite église Saint Pierre Saint Paul de Grand Castang

Au pays du diamant noir

une intéressante toiture dans le village

Au pays du diamant noir

et le vieux puits au milieu du village.

Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir

Passons à Sainte-Alvère, avec son église Saint-Pierre-ès-Liens (XVIIIème siècle) 

Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir

et son ancien presbytère, dont on découvre la façade sur jardin après un détour qui offre une belle vue sur le chevet de Saint-Pierre-ès-liens.

Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir
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Un peu plus loin, le village de Paunat avec sa belle église Saint-Martial, église d'un prieuré fondé au IXème siècle et dépendant de l'abbaye Saint-Martial de Limoges. L'église primitive ayant été détruite par les Normands, l'édifice actuelle, avec son clocher porche,  a été construit principalement au XIIème siècle.

Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir

Au couchant, nous passons par Limeuil,

Au pays du diamant noir

qui domine le confluent de la Vézère et de la Dordogne.

Au pays du diamant noir

Passons à la partie "cavage", dans la propriété de nos amis.

Au pays du diamant noir

La truffe se repère à la mouche, sulliae gigantea. Il faut aussi y mettre le nez, si la mouche a déserté les lieux. Si le froid décourage l'insecte, le chien Félix prend le relais...

Au pays du diamant noir
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Il faut ensuite creuser délicatement - ici, avec une corne de chevreuil - pour voir sa quête récompensée...

Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir

Le soir venu, il faut soigneusement débarrasser le champignon de sa gangue de terre et vérifier la fraîcheur de la gléba par un léger coup de canif 

Au pays du diamant noir

Terminons avec le coeur battant de l'activité truffière de la contrée, le marché de Sainte-Alvère, qui se tient tous les lundi matins à la saison.

Au pays du diamant noir

Après un coup d'œil sur l'espace pédagogique, 

Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir
Au pays du diamant noir

Nous descendons vers le marché qui se tient devant l'église Saint-Pierre-ès-liens. La foule des acheteurs, au premier rang desquels chefs et courtiers, attend l'ouverture des portes à 10H précises ; les apporteurs ont eux été convoqués à 9H pour que chaque tubercule proposé à la vente soit contrôlé et classé en 1ère ou 2éme catégorie - ou refusé!

Au pays du diamant noir
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Ce lundi, seulement une quarantaine de kilos étaient proposés à la vente, et le marché s'est achevé assez rapidement...

Au pays du diamant noir
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Baselitz - La rétrospective (2/2)

15 Janvier 2022 , Rédigé par japprendslechinois

Nous terminons la visite de la rétrospective Baselitz au Centre Pompidou (cf. notre billet du 8 janvier 2022). En guise de frontispice, une version géante de la sculpture Zero Dom, bronze, 2021, érigée pour la durée de cette rétrospective sur le parvis de l'Institut de France. En effet, Georg Baselitz a été élu le 23 octobre 2019 à l'Académie des Beaux-Arts, en qualité de membre associé étranger et y a été installé le 27 octobre dernier.

Nous débuterons avec une des grandes salles installées autour d'une sculpture de l'artiste, 

Au-delà de l'abstraction

Dès 1977, Baselitz réunit une collection d'art africain qui compte aujourd'hui parmi les plus importantes au monde et qui l'a considérablement inspiré pendant la naissance de son travail de sculpteur, ainsi qu'au fil de ses différents motifs. En 1980, pour représenter la RFA à la Biennale de Venise, il expose sa première sculpture Modell für eine Skulptur [Modèle pour une sculpture], seule au centre du hall du pavillon allemand. Inspiré de figures lobi qui lèvent le bras pour tendre la paume de la main vers le ciel, le geste représenté, trop proche du salut hitlérien, déclenche un nouveau scandale médiatique. Cette fois cependant, l'inventivité dans la manière de créer un lien entre la sculpture tribale, l'art brut et la sculpture en bois de l'Allemagne médiévale apporte à l'artiste une renommée internationale. Ses motifs picturaux variant entre des autoportraits et des représentations de corps dans diverses positions (à la plage, buvant) s'inscrivent sur des fonds abstraits dont la palette évoque celle des peintres expressionnistes.

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)

Autour de Modell für eine Skulptur [Modèle pour une sculpture], bois de tilleul et tempera, 1979-1980, sept grandes toiles :

Gebeugter Trinker [Buveur penché], huile sur toile, 1982

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Bucklinger Trinker [Buveur bossu], huile sur toile, 1981

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Frau am Strand [Femme à la plage], huile sur toile, 1981

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Die Mädchen von Olmo II [Les Filles d’Olmo II], huile sur toile, 1981

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Mein Vater blickt aus dem Fenster IV [Mon père regardant par la fenêtre IV], huile et tempera sur toile, 1981

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Mein Vater blickt aus dem Fenster I [Mon père regardant par la fenêtre I], huile et tempera sur toile, 1981

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Adieu, huile sur toile, 1982

Baselitz - La rétrospective (2/2)

La poésie du quotidien

Parallèlement à la peinture, Georg Baselitz crée des dessins et gravures à travers lesquels il explore davantage les motifs qui le préoccupent périodiquement. Au début des années 1980, il s'intéresse à la représentation du corps dans des actions volontairement banales, dévoilant ses maladresses. L'artiste expose ainsi sa vision théâtrale et poétique de la vie quotidienne et de la condition humaine.

Profilkopf [Tête de profil], xylographie à partir de deux plaques, 1982
Gebeugter Kopf [Tête penchée], xylographie, 1982
Lesender Mann [Homme lisant], xylographie, 1982

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)

Zeichnungen zu den Strandbildern [Dessins pour les Tableaux de plage], ensemble de dessins craie noire, mine graphite, encre bleue sur papier, 1981

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)

Orangenesser (KON-GO KON-GO) [Mangeur d'orange (KON-GO KON-GO)], linogravure à partir de deux plaques, 1981

Baselitz - La rétrospective (2/2)

et au fond de cette petite salle, une sculpture Ohne Titel [Sans titre], bois de peuplier, 1982-1983

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Zeitgeist

En 1982, Baselitz crée Le Joueur de tambour (1982) montrant un homme nu tambourinant (ou luttant ?) entre des aplats de couleurs, le noir, le rouge et l'or évoquant le drapeau allemand. La même année, pour l'exposition « Zeitgeist » au Martin-Gropius-Bau, alors situé à proximité immédiate du mur de Berlin, Georg Baselitz crée la série Mann im Bett [Homme au lit] (1982). Installées en hauteur lors de leur présentation initiale, ces peintures monumentales semblent flotter dans l'espace telles des fenêtres inaccessibles montrant des individus isolés, menacés et exclus de la société. Les titres et motifs des tableaux correspondent librement avec Plainte (II) (1914), l'un des derniers poèmes du poète expressionniste austro-hongrois Georg Trakl.

Cette  salle est organisée autour d'une grande statue Ohne Titel [Sans titre], bois de tilleul et peinture à l'huile, 1982-1983

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)

Kopf in der Sonne [Tête au soleil], huile sur toile, 1982

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Mann im Bett [Homme au lit], huile sur toile, 1982

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Sterne im Fenster [Étoiles dans le fenêtre], huile sur toile, 1982

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Der Trommler [Le joueur de tambour], huile sur toile, 1982

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Franz im Bett [Franz au lit], huile sur toile, 1982

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Weg vom Fenster [S'éloigner de la fenêtre], huile sur toile, 1982

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Adler im Fenster [Aigle dans la fenêtre], huile sur toile, 1982

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Hommage à Munch

Georg Baselitz entame avec cette autre série créée en 1982 une correspondance picturale avec les silhouettes peintes par Edvard Munch, réinterprétant notamment ses tableaux Autoportrait en enfer (1903) et Le Noctambule (1923-1924)
 

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)

Das letzte Selbstbildnis II [Le Dernier Autoportrait II], huile sur toile,1982
Deux huiles sur toile Ohne Titel [Sans titre], 1982

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)

Rotschopf [Rouquin], huile sur toile,1982
Mahler mit Segelschiff [Peintre avec voilier], huile sur toile,1982
Edvard form Spiegel [Edvard devant le miroir], huile sur toile,1982

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)

L’espace des souvenirs

En novembre 1989, alors que le mur de Berlin vient de tomber, Baselitz plonge dans ses souvenirs d'enfance, ceux de la ville de Dresde détruite après les bombardements de 1945, qu'il découvre à l'âge de sept ans. Pendant l'année 1990, il poursuit ce travail de mémoire en rendant hommage aux Trümmerfrauen, ces femmes qui ont déblayé les villes pierre par pierre et activement participé à leur reconstruction, avec la série de sculptures intitulée Dresdner Frauen [Femmes de Dresde] (1990). Entre 1991 et 1995, l'artiste cherche à traduire son ressenti et crée un ensemble de 39 tableaux monumentaux, Bildübereins [Tableau-sur-un-autre). Il y superpose des têtes, bustes ou corps de facture toujours plus abstraite, parfois réduits à des tâches de couleurs, à des grilles de motifs abstraits - que l'artiste appelle des « ornements ». Ces grands formats nécessitent un travail au sol, pratique que l'artiste utilise encore aujourd'hui.

Dresdner Frauen - Besuch aus Prag [Femmes de Dresde - Visite de Prague], bois de frêne et tempera, 1990
Dresdner Frauen - Die Elbe [Femmes de Dresde - L'Elbe], bois de frêne et tempera, 1990
Dresdner Frauen - Die Wendin [Femmes de Dresde - La femme wende], bois d'érable et tempera, 1990

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)

Bildneunundzwanzig [Tableau-vingt-neuf], huile sur toile,1994

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Bildsechsundzwanzig [Tableau-vingt-six], huile sur toile,1994

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Bildnzwölf [Tableau-douze], huile sur toile,1992

Baselitz - La rétrospective (2/2)

et le plus coloré, dont je n'ai pas noté le numéro...

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Des Tableaux russes à Remix

Choqué par la découverte des dossiers le concernant établis par la Stasi en RDA, Baselitz écrit en mars 1997 le texte Wir besuchen den Rhein [Nous visitons le Rhin]. Il y évoque la façon dont cette expérience influence son état d'esprit comme son travail. À partir de 1998 et jusqu'à 2005, il revisite les souvenirs de sa jeunesse est-allemande et l'imagerie de propagande diffusée en RDA dans un cycle intitulé Russenbilder (Tableaux russes).

Braunung [Brunissement], huile sur toile, 2009

Baselitz - La rétrospective (2/2)

In the Works Canteen (Kobozev) [Dans la cantine des travailleurs (Kobozev)], huile sur toile, 1999

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Irgendwann vergessen - Sandteichdamm [Oublié un jour - Digue du Sandteich], huile sur toile, 2009

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Anxiety I (Korzhev) [Anxiété I (Korzhev)], huile et fusain sur toile, 1999

Baselitz - La rétrospective (2/2)

En 2006, Georg Baselitz et sa femme vendent le château de Derneburg et emménagent sur les rives de l'Ammersee, en Bavière. Cette nouvelle étape inspire à l'artiste un travail d'introspection sur ses sources d'influences et ses propres tableaux qui donne naissance au cycle Remix - selon le terme utilisé en musique. Baselitz joue avec les compositions existantes, y ajoute des références nouvelles et rend hommage à des artistes qu'il vénère, tel Otto Dix (1891-1969).

Pauls Hund (Remix) [Le Chien de Paul (Remix)], huile sur toile, 2008

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Olmo-Mädchen (Remix) [Filles d'Olmo (Remix)], huile sur toile, 2006

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Moderner Maler (Remix) [Peintre moderne (Remix)], huile sur toile, 2007
Modell war ein Roter (Remix) [Le modèle était un rouge (Remix)], huile sur toile, 2008

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)

Elkeporträt (Portrait d'Elke], huile sur toile, 2010
 

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Franz Marc, mine graphite et encre de Chine sur papier, 2018
Sch. R. und seine Frau [Sch. R. et sa femme], mine graphite et encre de Chine sur papier, 2018

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)

F. P., mine graphite et encre de Chine sur papier, 2018
Erich Heckel, mine graphite et encre de Chine sur papier, 2018

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)

Gute Nacht [Bonne nuit], encre de Chine et aquarelle sur papier, 2001
Marcel Duchamp, encre de Chine et aquarelle sur papier, 2001

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)

Ce qui reste

Les silhouettes évanescentes qui se fondent dans la matière picturale obsèdent l'artiste ces dernières années. Leur composition découle du premier double portrait de l'artiste avec sa femme Elke, intitulé Schlafzimmer [Chambre à coucher] (1975), dans lequel le couple est représenté nu assis sur deux chaises. Ces tableaux sont aussi inspirés par le double portrait des parents d'Otto Dix (un peintre que Baselitz vénère) assis sur un canapé (Les Parents de l'artiste II, 1924). Souvent peintes sur de très grands formats, les formes de ces silhouettes sont obtenues à l'aide de matrices dont les empreintes sont appliquées sur des fonds unis préalablement peints.

In der Tasse gelesen, das heitere Gelb [Lu dans la tasse, le jaune enjoué], huile sur toile, 2010


 

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Springtime of the Black Mountain lake [Printemps au lac de Black Mountain], huile sur toile, colle à dispersion et bas nylon sur toile, 2020

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Gold drauf und drunter [Or par-dessus et par-dessous], huile et vernis doré sur toile, 2019
Schatten ist nicht drin [Dedans il n'y a pas d'ombre], huile et vernis doré sur toile, 2019

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Sandteichapotheke I [Pharmacie du Sandteich I], huile sur toile, 2018

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Oberimzinn [Millondansver], huile sur toile, 2010-2013

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Wagon-lit mit Eisenbett [Wagon-lit au lit en fer], huile sur toile, 2019

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Ein weißes Bild mit Ottos Sofa [Un tableau blanc avec le canapé d'Otto], huile sur toile, 2016

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Ach, rosa, ach, rosa [Ah rose, ah rose], huile sur toile, 2015

Baselitz - La rétrospective (2/2)

Cette dernière salle est organisée autour de la sculpture en bronze patiné Winterschlaf [Hibernation] de 2014. Cette sculpture, dont la matrice a été taillée à vif dans le bois, est de même facture que celle érigée devant l'Institut de France, qui figure au début de ce billet.

Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)
Baselitz - La rétrospective (2/2)

Pour aller plus loin : cérémonie de réception de Georg Baselitz à l'Académie des beaux-arts. 

https://youtu.be/20qfM7qGVOU

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Baselitz - La rétrospective (1/2)

8 Janvier 2022 , Rédigé par japprendslechinois

Georg Baselitz, né en 1938 près de Dresde en Saxe, étudie l'art en République démocratique allemande, avant de passer à Berlin-Ouest. C'est là que commence sa carrière avec une première exposition en 1963 qui fait scandale. Réfutant dès ses débuts tout dogme artistique, il met en scène une iconographie sombre et hybride, peuplée de mythes et de légendes. Il se tourne par la suite vers des sujets plus ordinaires et fait de la recherche picturale le véritable objet de son art. Le renversement du motif tête en bas, auquel il aboutit en 1969, est désormais considéré comme la marque de l'artiste. Pour celui qui a connu deux régimes totalitaires, nazi puis soviétique, cette méthode est à la fois un moyen d'affirmer sa liberté artistique, de préserver la présence de sujets qui lui sont chers et de questionner ce que nous cherchons à voir ou à reconnaître. Ce sont les moments forts de soixante années de création que le Centre Pompidou a choisi de présenter.

À la découverte des avant-gardes

G. Antonin, huile sur toile de jute, 1962 (en référence à Antonin Artaud)

Baselitz - La rétrospective (1/2)

G.- Kopf [Tête - G.], huile sur toile, 1960-1961

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Hommage à Charles Meryon, huile sur toile, 1962-1963

Ici, l'artiste fait honneur au graveur français Charles Meryon (1821-1868) et s'inspire plus précisément de l'ambiance inquiétante de son dessin Bateau de pêche aux voiles gonflées par mer houleuse (1857, Paris, Musée d'Orsay). Alors que dans l'oeuvre de Meryon, les tons blancs, bleus et gris dominent, Baselitz utilise ici des tons rouges-bruns. Il évoque ainsi le daltonisme de Meryon et transforme le paysage maritime en une scène inquiétante.

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Autoportraits d'un vécu

Die große Nacht im Eimer [La Grande Nuit foutue], huile sur toile, 1962-1963

Révolté par la découverte des horreurs commises par Adolf Hitler et le régime national-socialiste, Georg Baselitz exprime ici sa colère. Pour créer ce personnage abîmé, il s'inspire de l'anecdote d'une lecture du poète irlandais Brendan Behan (1923-1964) pendant laquelle celui-ci a ouvert son pantalon. La première exposition de cette œuvre dans une jeune galerie à Berlin-Ouest en octobre 1963 fait scandale et déclenche un procès très médiatisé pour atteinte à la pudeur. Lorsque Baselitz revisitera cette œuvre dans la série Remix en 2005, le personnage prendra plus clairement l'allure du dictateur.

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Oberon (1er salon orthodoxe 64 - E. Neïzvestny), huile sur toile, 1963-1964

Dans cet autoportrait hallucinatoire, Baselitz se représente en Oberon, roi des elfes, démultiplié en quatre têtes au regard vitreux et au cou démesurément long. Le sous-titre fait référence à l'exclusion du sculpteur soviétique Ernst Neïzvestny (1925-2016) de l'Union des artistes, ses œuvres ayant été jugées « dégénérées » par Nikita Khrouchtchev. 

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Der nackte Mann [L'Homme nu], huile sur toile, 1962
Der Haken [Le Crochet], huile sur toile, 1962

Baselitz - La rétrospective (1/2)
Baselitz - La rétrospective (1/2)

Sur tout un mur de cette salle, une série de pieds et de mains de 1960-1963 dont les titres comportent tous les initiales P. D. pour Pandemonium en référence à la capitale imaginaire des enfers.

Baselitz - La rétrospective (1/2)
Baselitz - La rétrospective (1/2)
Baselitz - La rétrospective (1/2)

Des Héros déchus

En 1965, Georg Baselitz obtient une bourse pour séjourner six mois à la Villa Romana de Florence. Sensible à la démarche volontairement non académique des peintres maniéristes au 16e siècle, c'est pour lui l'occasion d'étudier leurs motifs et la manière dont ils utilisent les distorsions dans leurs compositions. Dès son retour à Berlin, il peint l'œuvre B.j.M.C - Bonjour Monsieur Courbet (1965) qui contribue à la création d'un nouveau corpus d'œuvres intitulé de manière provocatrice Ein neuer Typ [Un nouveau type], plus tard connu sous l'appellation des Helden (Héros). Baselitz prend ici comme point de départ l'iconographie des représentations romantiques, voire pathétiques, de l'« homme parfait ». Cette nouvelle galerie de personnages - partisans, peintres ou poètes - erre dans des campagnes ou forêts dévastées. Avec le tableau-manifeste Die großen Freunde [Les Grands Amis] (1965), l'artiste dit peindre une « parade sociale » où l'individu est toujours seul face à l'Histoire.

S-Bild [S-portrait], huile sur toile, 1965

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Fixe Idee [Idée fixe], huile sur toile, 1964-1965

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Der Dichter [Le Poète], huile sur toile, 1965 (présentée comme inspirée par la Déposition de croix - 1521 - du peintre maniériste Rosso Fiorentino)

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Die Peitschenfrau [La Femme au fouet], huile sur toile, 1964-1965

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Die Hand - Die Hand Gottes [La Main - La Main de Dieu], huile sur toile, 1964-1965

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Der Baum [L'Arbre], huile sur toile, 1966

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Ralf III, huile sur toile, 1965

Georg Baselitz rend souvent hommage à des artistes qu'il admire. Dans la série Ralf, il représente son ami Ralf Winkler, alias A. R. Penck (1939-2017), qu'il rencontre lors de ses études à Berlin-Est. Alors qu'en 1957, Baselitz est exclu de son école et contraint de déménager à Berlin-Ouest, Ralf Winkler choisit de rester en RDA, mais ses œuvres sont censurées dès 1962. Il se trouve ainsi obligé de travailler dans la clandestinité jusqu'à son émigration forcée vers la RFA, en 1980. 

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Die großen Freunde [Les Grands Amis], huile sur toile, 1965

Ce tableau-manifeste constitue l'aboutissement de la série de peintures réalisées en 1965-1966, environ cinq ans après la construction du mur de Berlin. Intitulée Ein neuer Typ (Un type nouveau), cette série est destinée à créer une nouvelle peinture allemande. Debout dans un champ de ruines, un drapeau rouge rapiécé gisant à leurs pieds, ce couple de survivants blessés incapables de se prendre par la main symbolise la division tragique de l'Allemagne d'après-guerre.
 

Baselitz - La rétrospective (1/2)

B.j.M.C. - Bonjour Monsieur Courbet, huile sur toile, 1965

En 1965, lors de son séjour à la Villa Romana de Florence, Baselitz lit Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes de l'artiste et écrivain Giorgio Vasari (1511-1574) et découvre les destins souvent rudes des contemporains de l'auteur, auxquels il s'identifie. De retour à Berlin, il peint ce tableau, s'inspirant du motif du marcheur dans la peinture du 19e siècle. L'oeuvre évoque aussi bien le tableau La Rencontre (1854; collection Musée Fabre, Montpellier) de Gustave Courbet que Teich im Riesengebirge (Étang dans le Riesengebirge) (1839; collection Nationalgalerie, Berlin) d'Adrian Ludwig Richter, artiste peintre et graveur saxon de la période romantique.

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Partisan, huile sur toile, 1965

Dans le cadre de la série Ein neuer Typ [Un nouveau type], plus tard connue sous l'appellation de Helden [Héros], Baselitz s'attache à la représentation du « partisan », généralement représenté comme fort et invincible dans les régimes totalitaires. Marqué par ses souvenirs d'enfance de soldats blessés et traumatisés au retour de la guerre, à l'instar de son père, l'artiste choisit ici une iconographie volontairement opposée à celle du réalisme socialiste ou du régime nazi. Le partisan de Baselitz est meurtri, errant et solitaire. Les brodequins ôtés et posés près d'un brasier, il porte à présent une pantoufle, signe du retour dans sa patrie en ruines.

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Images fracturées

En 1966, afin de retrouver le calme après le procès qui l'a meurtri, Georg Baselitz déménage avec sa famille à la campagne, à Osthofen, en Rhénanie-Palatinat. Il y réalise une suite de grands tableaux aux motifs ruraux – des forestiers, des chiens, des arbres - où les changements de sens de lecture se multiplient. Ces tableaux le mènent vers un nouveau cycle, celui des Frakturbilder [Tableaux fracturés], dont les motifs brisés évoquent des destins tragiques dans une Allemagne divisée. Ce cycle témoigne d'une volonté de casser les conventions de la figuration, en empruntant au principe du cadavre exquis, une méthode développée par les artistes surréalistes au début du 20e siècle. Il annonce le renversement complet des peintures qui deviendra la marque de fabrique de Baselitz.

Erstes Frakturbild - Der neue Typ (Maler im Mantel) [Premier tableau fracturé - Le nouveau type (Peintre en manteau)], huile sur toile, 1966

Ce tableau est parmi les premiers d'une série de grands formats dont les motifs deviennent de plus en plus ruraux et représentent par la suite des ouvriers forestiers, chiens ou arbres. 
 

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Drei Streifen - Der Maler im Mantel (Zweites Frakturbild) [Trois bandes - Le peintre en manteau (Deuxième tableau fracturé)], huile sur toile, 1966

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Waldarbeiter [Ouvriers forestiers], fusain et peinture à dispersion sur toile, 1969

En 1966, Baselitz se réfugie à la campagne afin de s'éloigner du scandale médiatique déclenché par le procès lié à sa première exposition à la galerie Werner & Katz. Il peint entre 1966 et 1969 une série de tableaux aux motifs ruraux - ouvriers forestiers, chiens, arbres - parmi lesquels se trouve cette représentation de forestiers.

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Der Mann am Baum [L'homme contre un arbre], huile sur toile, 1969

Dans ce tableau, Baselitz procède pour la première fois à un renversement complet du sens de lecture du personnage central. Cette œuvre annonce en cela les portraits renversés que peindra l'artiste à partir de photographies, tout en évoquant des images de Saint-Pierre, crucifié la tête en bas. 

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Zwei Meißener Waldarbeiter [Deux ouvriers forestiers de Meissen], craie de couleur et peinture à dispersion sur toile, 1967

Baselitz - La rétrospective (1/2)

B für Larry [B pour Larry], huile sur toile, 1967

Baselitz peint cette toile en hommage aux œuvres des peintres américains Larry Rivers et Jasper Johns. Il réinterprète ici, à l'aide de ses motifs de prédilection, leurs compositions volontairement disloquées et abstraites. On retrouve dans cette image le motif du héros, mais aussi l'arbre et les chiens qui imprègnent ses oeuvres de 1966-1967

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Renverser l'image

Baselitz s'obstine à renouveler la peinture quand les tenants de l'art conceptuel la déclarent morte. À 30 ans, il cherche ainsi le moyen de rompre radicalement avec une représentation fidèle de la réalité : « Pour moi, le problème consistait à ne pas peindre de tableau anecdotique ou descriptif. D'un autre coté, j'ai toujours détesté cet arbitraire nébuleux des théories de la peinture abstraite. Le renversement du motif dans le tableau m'a donné la liberté de me confronter à des problèmes picturaux ». Tout en restant à distance du pop art et du réalisme capitaliste, il produit ses premiers tableaux aux motifs renversés d'après photographies en 1969. Présentés dès 1970 à Cologne par le marchand et collectionneur Franz Dahlem, ils créent l'événement.

Fertigbetonwerk [Usine de béton préparé], peinture à dispersion et peinture bronze d'aluminium sur toile, 1970

En 1968, avec l'aide de Karl Ströher, un de ses premiers mécènes, Baselitz reçoit une bourse du cercle culturel de la Fédération nationale de l'industrie allemande lui permettant de procéder à de nouvelles recherches picturales qui le mènent à l'inversion du motif. Dès 1970, il peint ce paysage représentant de manière schématique une usine en béton préfabriquée, comme pour l'ériger en exemple pour ces bâtiments impersonnels qui rythment les environs et qui sont à la base de la réussite économique allemande. 

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Industrielandschaft [Paysage industriel], peinture à dispersion sur toile, 1970

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Dreieck zwischen Arm und Rumpf [Triangle entre bras et tronc], huile et fusain sur toile, 1973

Si l'artiste conserve toute sa carrière le principe du motif inversé, il lui tient à cœur de changer régulièrement de style, comme dans ce tableau où il expérimente la peinture au doigt. Dans cet autoportrait, Baselitz met l'accent sur l'espace (le triangle) délimité par son torse et son bras tendu, où semble se dessiner une aile d'oiseau, signe du lien étroit de l'artiste avec la nature.

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Birke [Bouleau], huile sur toile, 1970
 

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Da. Portrait (Franz Dahlem) [Portrait de Da. (Franz Dahlem)], peinture à dispersion sur toile, 1969


 

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Der werktätige Dresdener - Porträt M.G.B. [Le Travailleur de Dresde - Portrait de M.G.B.], peinture à dispersion sur toile, 1969

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Fünfziger Jahre Porträt - M. W. [Portrait des années 1950 - M. W.], peinture à dispersion sur toile, 1969

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Wacholderbüsche und Steine [Genévriers et pierres], peinture à dispersion sur toile, 1970

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Der Falke [Le Faucon], huile et peinture à dispersion sur toile, 1971

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Fingermalerei - Adler [Peinture au doigt - Aigle], huile sur toile, 1972

Ce tableau fait partie de la série des peintures aux doigts (Fingermalerei) qui permet à l'artiste d'expérimenter une nouvelle technique. Baselitz joue ici avec l'ambiguïté induite par l'inversion de la peinture : cet aigle est-il en train de s'envoler ou bien de chuter du ciel ? S'agit-il d'un motif inspiré du blason et symbole de l'Allemagne ou bien d'un souvenir de son enfance à la campagne où, au bord d'un étang, Baselitz observait les oiseaux ? Présent dès ses premières peintures, ce motif emblématique revient régulièrement dans l'œuvre de l'artiste.
 

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Fingermalerei – Apfelbäume [Peinture au doigt - Pommiers], huile sur toile, 1973

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Entre abstraction et figuration 

En 1975, Georg Baselitz entreprend son premier voyage à New York et à São Paulo pour participer à la Biennale d'art contemporain avec l'artiste allemand Sigmar Polke. Avec sa femme Elke et ses deux fils, il s'installe dans le château de Derneburg, en Basse-Saxe. Il y débute une série de nus de lui-même et d'Elke qui témoignent, dans un style proche de l'expressionnisme abstrait, d'une approche du corps et d'une intimité nouvelles. Le geste, devenu plus libre et énergique, crée des compositions régies par des jeux de clair-obscur, avec une palette de couleurs volontairement plus réduite.

Männlicher schwarzer Akt [Nu masculin noir], huile sur toile, 1977

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Ohne Titel – Weiße Frau [Sans titre - Femme blanche], tempera sur toile, 1980

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Weiblicher Akt - liegend [Nu féminin - allongé], huile et tempera sur toile, 1977

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Birke - russisches Schulbuch [Bouleau - livre scolaire russe], huile sur toile, 1975

Baselitz - La rétrospective (1/2)

Nous terminerons dans un prochain billet le parcours de cette rétrospective.

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Ettore Sottsass - l'objet magique

1 Janvier 2022 , Rédigé par japprendslechinois

Une belle exposition au Centre Pompidou réunit un ensemble de pièces historiques majeures du designer italien Ettore Sottsass (1917-2007), des années 1940 aux années 1980.

Après ses études d'architecture à Turin, il mena une carrière d'artiste polyvalent, hors du commun, et cette exposition, constituée en grande partie d'œuvres du Centre de Création Industrielle du Centre Pompidou, offre un parcours unique, et proprement magique.

Au début de ce parcours, quelques œuvres de jeunesse, entre 1937 et 1940 : dessin abstrait, composition avec éléments d'ameublement, esquisse de la scénographie théatrale pour Le Convive de Pierre de Pouchkine .

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Quelques compositions abstraites de la fin des années 1940 - début des années 1950

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Des études graphiques de la même époque

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

et des objets : Maquette spatiale (1947) et Vaso in filo (1952)

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Un premier meuble, un Cabinet (bois laqué, laiton) de 1948-1949

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Des études pour l'ameublement de son propre atelier et de son habitation (1958-1959)

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Etude pour un tapis à motifs monténégrains, tempera sur papier (1942-1943)
Trois coussins monténégrains (vers 1944)
Plateau, laiton et sérigraphie sur mélémine, 1956

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Une installation avec des meubles des années 1950 et 1960:

Composition d'éléments en bois colorés et miroir, 1959
Meuble buffet mural, 1965
Bacs à fleurs, 1961
Suspension Festone (Guirlande), édition Arredoluce, 1957
Barbarella en noyer, aluminium et céramique, édition Poltronova, 1966
Cabinet, bois de hêtre partiellement ébonisé, édition Poltronova, 1964

 

Ettore Sottsass - l'objet magique
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Ettore Sottsass - l'objet magique
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Une salle principalement consacrée à la céramique, avec au centre des éléments de grande taille :

Deux conservare pillole antifecondative [Grand vase aphrodisiaque pour conserver la pilule contraceptive], terre cuite, 1964-1965
Totem, terre cuite, années 1960
Totem n. 13. Idrante di sangue [Bouche d'incendie de sang], céramique émaillée, 1967

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

De nombreux petits objets (galets, vases, coupes) en céramiques diverses des années 1950 (céramique "des ténèbres", "de lave", etc.)

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Vaso Rocchetto, faïence émaillée tournée à la main, 1956-1986

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
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Assiettes Tondo, céramique, 1958-1959

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Une installation de maquettes des mobiliers Superbox réalisés en 1966 par Ettore Sottsass pour Poltronova

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Une des réalisations de Sottsass pour Olivetti, la machine à écrire portative Valentine (1959) qui connut un succès mondial et son affiche en acrylonitrile butadiène styrène (1959) 

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Point d'orgue de l'exposition, la reconstitution de sa première grande exposition personnelle à Stockholm en 1969 Paysage pour une nouvelle planète, avec le grand autel et ses 270 disques rouges en céramique. Autour, des meubles Superbox en stratifié édités en grande dimension, les grands Pilastro en céramique émaillée

Ettore Sottsass - l'objet magique
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Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
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Ettore Sottsass - l'objet magique
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Quelques objets du quotidien

Cafetière, 1972
Service à café, 1972
Lampe de table, 1968
Vase Diodata, 1974

 

Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Les modules réalisés par Ettore Sottsass pour l'exposition Italy: The New Domestic Landscape au MoMA de New York en 1972.

Ettore Sottsass - l'objet magique
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Module douche, module WC, module fauteuil

Ettore Sottsass - l'objet magique
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Projets d'architecture "utopique" (nonsense architecture), 1976

Ettore Sottsass - l'objet magique
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Ettore Sottsass - l'objet magique
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À la fin du parcours, une belle installation avec des meubles et des objets de la fin des années 1970 et des années 1980

Ettore Sottsass - l'objet magique

Le strutture tremano [Les structures tremblent], verre, stratifié et acier laqué, éd. Alchimia, collection Bau-haus, 1979
Vetrinetta di famiglia [Vitrine de famille], stratifié uni (motif Bacterio), bois, polyméthacrylate de méthyle, aluminium, métal, 3 tubes fluorescents, éd. Alchimia, 1979
Guéridon Ivory, édition Memphis, 1985
Lampadaire Svincolo [Jonction], plastique laminé, métal chromé, néon rouge et blanc, éd. Alchimia, collection Bau-haus, 1979
Bibliothèque Carlton, bois et formaldéhyde de mélaminé Abet Laminati, 1981
Console Tartar, bois aggloméré et plastique laminé (formaldéhyde) Abet Laminati, 1985
 

Ettore Sottsass - l'objet magique
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Ettore Sottsass - l'objet magique
Ettore Sottsass - l'objet magique

Lampe de table Tahiti, plastique stratifié, bois et métal peint, ampoule halogène, 1981
Lampe de table Ashoka, métal verni et métal chrome, 1981
 

Ettore Sottsass - l'objet magique
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Mobilier Cargo, stratifié et aluminium, 1993
Coupe à fruits Sol, verre polychrome soufflé, 1982
Vase Saffo, verre, 1986

et d'autres objets

Ettore Sottsass - l'objet magique
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Terminons avec deux objets emblématiques de cette salle :

Meuble de rangement et de conservation Beverly, placage en laminé, imprimé Abet Laminati, structure en multiplis et éclairage extérieur, édition Memphis, 1981
Coupe à fruits Mourmansk, argent, 1982

Ettore Sottsass - l'objet magique
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Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

25 Décembre 2021 , Rédigé par japprendslechinois

Encore un artiste britannique cette semaine, avec la première exposition institutionnelle en France de Damien Hirst, né en 1965.
Cerisiers en Fleurs, à  la Fondation Cartier, s'inscrit dans la lignée des recherches picturales que Damien Hirst mène depuis la début de sa carrière sur la couleur et le geste de l'artiste, qui la présente en ces termes :
« Les Cerisiers en Fleurs parlent de beauté, de vie et de mort. Elles [les toiles] sont excessives - presque vulgaires. Comme Jackson Pollock abîmé par l'amour. Elles sont ornementales mais peintes d'après nature. Elles évoquent le désir et la manière dont on appréhende les choses qui nous entourent et ce qu'on en fait, mais elles montrent aussi l'incroyable et éphémère beauté d'un arbre en fleurs dans un ciel sans nuages. C'était jouissif de travailler sur ces toiles, de me perdre entièrement dans la couleur et la matière à l'atelier. Les Cerisiers en Fleurs sont tape-à-l'œil, désordonnées et fragiles, et grâce à elles je me suis éloigné du minimalisme pour revenir avec enthousiasme à la spontanéité du geste pictural. »

Dès la grande salle du rez-de-chaussée, le visiteur est invité à la contemplation sereine des arbres en fleurs, à la manière des Japonais chaque année au printemps.

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Au fond de cette salle, un grand tableau sur quatre toiles juxtaposées, Greater Love Has No-One Than This Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Face à lui, le dyptique Spiritual Day Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Hanami Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Screaming New Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Precious Moments Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Kanji Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Dans l'autre salle du rez-de-chaussée, 

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

le tryptique Sakura Life Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Le dyptique Renewal Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Fragility Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Wonderful World Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Quelques close-up des tableaux de cette salle...

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

La féérie continue à l'étage inférieur du bâtiment de la Fondation avec 14 tabeaux dans le grand salle.

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Wisdom's Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Queen's Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Mother's Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Late Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Celebratory Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Truth's Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Morning Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Fantasia Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Imperial Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Colorful Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Love's Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

God's Blossom

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs

Terminons avec un tour dans le jardin de la Fondation : le bâtiment est lui-même agrémenté de reproductions de close-up des tableaux de Hirst.

Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
Damien Hirst - Cerisiers en fleurs
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David Hockney. A Year in Normandie

18 Décembre 2021 , Rédigé par japprendslechinois

Nous avions découvert le peintre britannique David Hockney, né en 1937, avec la grande rétrospective que lui avait consacrée le Centre Pompidou il y a quelques années (notre billet du 7 août 2017). Nous le retrouvons cette saison au musée de l'Orangerie.

Installé dans le Pays d’Auge depuis début 2019, sa maison, son jardin et la campagne environnante sont devenus ses motifs de prédilection. David Hockney  "peint" sur iPad, technique qu’il utilise depuis plus de dix ans comme nous l'avions vu dans sa rétrospective.

Inspiré par la tapisserie de la reine Mathilde exposée au musée de Bayeux, il a formé le projet de dépeindre sous la forme d’un cycle narratif l’arrivée du printemps. À peine le cycle est-il initié, qu’est décrété, en mars 2020, le confinement national. Tandis que le monde s’immobilise, Hockney réalise sur iPad, en l’espace de quelques semaines, plus de cent images. Pour reprendre le commentaire des organisateurs, à la manière des impressionnistes, il capture les effets de lumière et les changements climatiques avec dextérité selon toutefois une palette vive et lumineuse, des compositions en aplats juxtaposés aux accents pop. Les jours s’égrènent, le confinement s’achève et le printemps laisse place à l’été, à l’automne puis à l’hiver. Hockney n’a pas seulement peint le printemps, mais une année entière.

Sur 80 mètres, la frise court le long des murs de la longue galerie du musée qui accueillait avant la rénovation des derniers mois des toiles de la collection Guillaume.

David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie

Quelques extraits du mur de gauche, de l'hiver au printemps...

David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie

Un demi-tour vers le mur de droite...

David Hockney. A Year in Normandie

et retour avec des extraits estivaux, automnaux, avant de retrouver l'hiver.

David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie

A l'entrée des salles des Nymphéas de Monet, auxquels la frise de Hockney fait contrepoint, trois autres installations du peintre britannique, réalisées selon la même technique ( peintures sur iPad imprimées sur papier, montées sur aluminium, assemblées par 6 ou par 8).

David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
David Hockney. A Year in Normandie
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Françoise Pétrovitch à Landerneau

11 Décembre 2021 , Rédigé par japprendslechinois

Renouons dans ce billet avec les expositions de "demi-saison"  à la Fondation Leclerc à Landerneau, qui présente jusqu'au printemps une belle artiste, Françoise Pétrovitch, née en 1964. Elle est presque notre voisine, vivant et travaillant à Cachan - et aussi à Verneuil-sur-Avre (27) - et enseigne depuis 30 ans à l'école Estienne (École supérieure arts et industries graphiques) à Paris.

Dessiner dans les marges

Les premières œuvres de Françoise Pétrovitch se placent littéralement dans les marges de cahiers ou de livres imprimés qu'elle a trouvés en chinant et qu'elle réinvestit. Elle dit répondre alors à des «injonctions écrites », en mettant en place un vocabulaire graphique récurrent. On le retrouve ensuite, étonnamment, dans tout son oeuvre: certaines de ses figures apparues très tôt deviennent des « motifs-traits » qui circulent de son œuvre graphique à son œuvre peinte et sculptée. Parallèlement, très vite son travail change d'échelle : du tout petit et contraint par la page du livre. il s'agrandit et devient monumental. Le dessin, un choix primordial et ancien qui remonte à son enfance, lui permet ce jeu d'échelle.

Cahiers d'écolier (1994-1995) (La grève, Adam et Eve, Sois douce, discrète et modeste, On recueille ce que l'on a semé, Dans le champ du paresseux)

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Les regards d'Ingres, ensemble de cinq dessins, crayon de couleur sur papier, 1992

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

L'accouchement (dédicacé à Lucie), ensemble de15 dessins, technique mixte sur papier, 1992

Françoise Pétrovitch à Landerneau

Série Herbier, crayon et collage sur papier, 1994

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Dans la même salle introductive,

Dans mes mains, lavis d'encre sur papier, 2013

Françoise Pétrovitch à Landerneau

et les deux grands oiseaux de

Vanité, lavis d'encre sur papier, 2020

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Les âges de la vie

Françoise Pétrovitch a travaillé sur tous les âges de la vie notamment la vieillesse dans un de ses nombreux livres d'artiste. On l'associe pourtant à l'enfance et à l'adolescence, alors qu'elle représente aussi de jeunes adultes, dont elle livre un portrait complexe. On hésite à donner un âge à ces figures graves ou à les assigner à un genre. Elles ont en commun une certaine fragilité, une forme d'hésitation, un repli sur elles-mêmes et sont posées sur des fonds toujours indistincts, silencieux, comme perdues dans des narrations volontairement suspendues. 

Françoise Pétrovitch à Landerneau

Trois Fumeur, lavis d'encre sur papier, 2018 et 2019

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Série Supporter, lavis d'encre sur papier, 2002-2003

Françoise Pétrovitch à Landerneau

Quatre Féminin / Masculin, lavis d'encre sur papier, 2007 et 2012

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Sans titre, lavis d'encre sur papier, 2016

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Sans titre, lavis d'encre sur papier, 2018

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Sans titre, huile sur toile, 2016

Françoise Pétrovitch à Landerneau

Série Poupée, lavis d'encre sur papier, 2005-2010

Citons F. Pétrovitch : « Dans les séries, il n'y a pas d'idée de progression: dès le premier dessin, il y a tout. Ici, la poupée et son appendice, des membres manquants et la gamme colorée. Ensuite ce sont des variations. L'appendice amène de la complexité, comme un besoin d'annexe à soi-même: la poupée en elle-même n'est pas suffisante. Elles ont aussi comme des bleus qui se diffusent dans le corps; certaines ont des têtes noires, comme carbonisées. Ce sont des femmes blessées, je parle de la condition féminine, des femmes battues. Mais pas seulement. Les Poupées peuvent être inquiétantes mais jamais morbides: je n'ai pas de plaisir à aller vers la morbidité et l'effroi. Je reste dans la possibilité. »

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Le double


Qu'il s'agisse d'une figure dédoublée, d'une ombre qui se dissocie de la personne ou d'un masque qui prend la place du visage, le double est un sujet important du travail de Françoise Pétrovitch. Le lavis d'encre, ses transparences et ses jeux de coulures, permettent de donner corps à l'indécision En peinture, la dissociation du trait et du fond crée un motif de duplication. Ainsi, quelle que soit la technique utilisée, les fonds s'infusent et glissent à l'intérieur des figures pour produire une surface commune et lui permettre de matérialiser l'hésitation, la disparition et la mémoire.

Deux Nocturne, aquatinte sur papier Hahnemühle, 2017

Françoise Pétrovitch à Landerneau

Deux Masqué, lavis d'encre sur papier, 2017 et Fille au masque, bronze peint, 2017

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Fille au squelette, lavis d'encre sur papier, 2019
Garçon au squelette, lavis d'encre sur papier, 2020

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Garçon au squelette, huile sur toile, 2012
Nocturne, huile sur toile, 2017

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Sans titre, lavis d'encre sur papier, 2017

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Tenir Debout, lavis d'encre sur papier, 2008
Batman, lavis d'encre sur papier, 2020

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

La Colère et Sans titre, lavis d'encre sur papier, 2020

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

La salle suivante réunit trois sections de l'exposition, mêlant dessins et sculptures.

Françoise Pétrovitch à Landerneau

Les Gestes

avec des céramiques et des sculptures :

Garçon à la poupée, bronze, 2019
Tenir, grès émaillé, 2020

 

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Derrière les paupières, grès émaillé, 2019

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Aveuglé (Paul) et Aveuglée (Lucie), huiles sur toile, 2021

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Deux Sans titre, lavis d'encre sur papier, 2012 et2018

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Dans mes mains et Tenir, huiles sur toile, 2018

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Série des Effacements, deux huiles sur toile de 2018, une de 2015

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Hybrides

On y trouve souvent dans le travail de F. Pétrovitch des figures hybrides, qui renouent avec la mythologie, l'univers des contes et des fables, dont l'artiste assume la continuité et la confusion volontaire. C'est au moment où le dessin se prolonge en peinture et en sculpture que se développent ses personnages-animaux. 

De gauche à droite :

Caprices, grès émaillé, 2019
Lapin-Oiseau, bronze, 2018
Sentinelle, bronze, 2015

Françoise Pétrovitch à Landerneau

Peau d'Âne, grès émaillé, 2018
Lapin témoin, bronze, 2015
et le Lapin-Oiseau en gros plan

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Nocturnes

Les Nocturnes sont un hommage clair à la peinture, que l'artiste embrasse enfin comme une technique à elle. Le sujet récurrent de la nature morte (animaux morts, fleurs) ainsi que la préparation rouge du fond évoquent la peinture classique et ses genres. L'éclairage, à la fois faible et précis, les tonalités mates et denses, contrastent avec ses œuvres précédentes.

Au centre de ce recoin plongé dans la pénombre, L'Ogresse, grand bronze (135x107x60 cm) de 2021

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Toutes les huiles sur toile de cette salle sont intitulées Nocturne. Elles sont datées de 2010 à 2017.

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

La dernière salle de l'exposition est intitulée

Dialogues entre peinture et dessin

A mieux y regarder, nombre des motifs de Françoise Pétrovitch sont des variations sur les grands genres de la peinture: le portrait dans les âges de la vie, la nature morte dans les Nocturnes, la peinture vénitienne avec des personnages masqués, tandis que plus récemment la série des Îles renoue avec le paysage. Ses Étendus rappellent les gisants gothiques sculptés ou les Dépositions du Christ de la peinture; qu'elle travaille le lavis d'encre ou la peinture, à l'horizontale ou à la verticale, ses sujets sont épurés à l'extrême, grâce à la synthèse des couleurs et du trait. 

La série Saint-Sébastien, lavis d'encre sur papier, 2019-2021, est inspirée par 21 toiles de maîtres du passé dépeignant son martyre (Titien, Schongauer, Mantegna, Georges de la Tour, Botticelli, Van Dyck, pour n'en citer que quelques-uns)

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Elles, ensemble de 9 figurines en céramique, 2004

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau

Presence in the corner, bronze, 2010

Françoise Pétrovitch à Landerneau

Île, lavis d'encre sur papier, 2019

Françoise Pétrovitch à Landerneau

Sans titre, huile sur toile, 2011
 

Hommage au tableau Le Plaisir de René Magritte, que nous avions vu dans notre billet du 26 juin 2021.

Françoise Pétrovitch à Landerneau

Terminons sur trois Étendu, lavis d'encre sur papier, 2015, 2020 et 2018

Françoise Pétrovitch à Landerneau
Françoise Pétrovitch à Landerneau
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La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

4 Décembre 2021 , Rédigé par japprendslechinois

Terminons dans ce billet le parcours commencé dans notre billet des 20 novembre et 27 novembre derniers.

Une petite salle est consacrée à un seul tableau, La Ronde des Prisonniers, peint en 1890 par Vincent Van Gogh, quelques mois avant sa mort.

La Ronde des prisonniers se réfère à l'internement subi volontairement par le peintre à l'asile psychiatrique d'Aix-en-Provence, et ses personnages évoquent le cercle d'aliénés solitaires qui l'entourent. Privé de ses marches picturales à travers le paysage provençal, en manque de modèles, pauvre en papier, toile et couleurs, Van Gogh se tourne vers la copie de photographies ou de gravures en noir et blanc que lui envoie son frère Théo (ici, le dessin de Gustave Doré, Newgate, la Cour d'exercice (1872). Par sa charge émotionnelle et symbolique ce tableau occupe une place à part dans l'oeuvre ultime de Van Gogh. Ivan Morozov achètera l'œuvre en octobre 1909 afin de parachever sa collection de toiles de l'artiste, appartenant toutes à la période arlésienne où culmine l'art de Van Gogh.

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Entre les mondes / Henri Matisse

Dans la galerie de peintures de la rue Pretchistenka, dix natures mortes incarnent le goût commun d'Henri Matisse et d'Ivan Morozov pour la contemplation rêveuse de ces univers clos, composés d'objets rares au coloris saturé et savamment mis en scène. La succession de ces toiles, acquises entre 1907 et 1913, frappe par la transformation rapide de l'art du peintre au tournant du siècle. Depuis La Bouteille de Schiedam (1896), dans laquelle les qualités picturales de Matisse s'inscrivent encore dans la grande tradition française (Chardin) ou hollandaise (Jan Davidsz de Heem), on assiste avec Pot bleu et Citron (1897) ou Fruits et Cafetière (1901) à l'intrusion violente de la couleur dans sa palette.

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Nature morte à la cruche bleue (1898) ou Bouquet (Vase aux deux anses) (1907) marquent la précoce prédominance de la référence à Cézanne dans sa recherche.

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Peu après avoir acquis son premier Matisse en 1907, Ivan Morozov rencontre l'artiste par l'entremise de Chtchoukine et lui commande deux toiles, Nature morte à La Danse (1909) et Fruits et Bronze (1910) qui enregistrent l'évolution du peintre vers un art toujours plus complexe dominé par la couleur pure.

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

En 1911, il lui fait une nouvelle commande de deux natures mortes et d'un paysage qui conduira le peintre à la réalisation de l'un des chefs-d'œuvre de cette période, le Triptyque marocain. Cet énigmatique montage des genres entrelaçant paysage, nature-morte et portrait, est peint à l'hiver 1912-1913 lors du second voyage du peintre à Tanger. 

 

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Des nus dans l'atelier

Fait rarissime pour la Russie de l'époque, les collections de Mikhaïl et d'Ivan Morozov consacrent au genre du nu de nombreux dessins, sculptures et peintures. Que ce soit avec les pastels de Degas, les sculptures de Rodin et Claudel, ou à travers la séquence de peintures de Bonnard, Denis, Matisse, Friesz, Manzana-Pissarro, Manguin, Guérin ou Puy, ces œuvres de la collection Morozov participent d'une tentative de saisie du mouvement dans les suspens, torsions et tensions extrêmes des poses observées, ou de l'énigme de ces figures à la fois surexposées et détournées, cachées, tronquées.

Edgar Degas (1834-1917) :

Après le bain, pastel, tempera, gouache, fusain sur papier brun contrecollé sur carton, 1895
Femme s'essuyant, pastel sur papier brun, 1884

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Parmi les nombreuses sculptures exposées dans la salle, ce bronze de 1884 d'Auguste Rodin, L'Éternel Printemps

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Pierre Bonnard : La Glace du cabinet de toilette, 1908

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Maurice Denis : Plage à Perros-Guirec. La Plage verte, 1909

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Henri Matisse : Jeanne nue, 1908

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Émile Othon Friesz : Tentation, 1910

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Georges Manzana-Pissarro (1871-1961) :

Zèbres à la source, 1906
Paon et un nu. Anis al Djalis, conte arabe, 1907

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Henri Charles Manguin (1874-1949) : La Baigneuse, près de Saint-Tropez, 1906

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Charles Guérin (1875-1939) : Le Modèle, 1910

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Jean Puy (1876-1960) [voir notre billet du 28 Août dernier] : Scène d'atelier, 1912

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Trois nus de Sergueï Konenkov

Ivan Morozov porta un intérêt continu au genre du nu et réunit une collection de sculptures occidentales et russes qui lui est dédiée. On compte dans la collection russe d'lvan Morozov un important ensemble de nus de Sergueï Konenkov (1874-1971), sculpteur à la légende sulfureuse dont la première œuvre fut jugée si provocatrice qu'elle fut littéralement détruite « à coups de marteau » par ses furieux professeurs de l'École de peinture, sculpture et architecture de Moscou. Surnommé à Moscou « le Rodin russe », il deviendra au début des années vingt l'un des artistes officiels du régime soviétique. Sont présentées ici trois œuvres issues de la collection Morozov pour la période 1913-1916. On pourra les confronter aux grands nus classicisants d'Aristide Maillol, rendus également «à l'échelle humaine» et antérieurs de quelques années à peine, présentés dans la salle suivante.

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
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La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
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L'histoire de Psyché
Maurice Denis, Aristide Maillol

La dernière salle du parcours est grandiose. Elle fait référence au salon de musique d'Ivan Morozov, décoré par Maurice Denis à partir de ses panneaux de 1908 retraçant l'Histoire de Psyché , complété par de grands vases et de nouveaux panneaux réalisés en 1909, et un groupe de sculptures commandé à Aristide Maillol par l'intermédiaire de Denis.

En juin 2019, le Salon de musique d'Ivan Morozov, avec son décor et son mobilier, est recréé dans le parcours des collections permanentes du musée de l'Ermitage. Cette opération de restitution patrimoniale incluant les 13 peintures originales a été réalisée grâce au mécénat du groupe français LVMH.

Aujourd'hui, l'exposition «La Collection Morozov. Icônes de l'art moderne», permet pour la toute première fois depuis 1918 de contempler ensemble la totalité des panneaux de Maurice Denis, deux de ses grands vases et le groupe des sculptures en bronze « à l'échelle humaine » d'Aristide Maillol.

(au dessus de la porte de sortie, le panneau additionnel 1 Abandon de Psyché, 1909)
 

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Aristide Maillol (1861-1944) :

Pomone et Flore
Le Printemps et l'Été

Bronzes (1911-1912) commandés en janvier 1909 par Ivan Morozov

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

L'entrée de la salle, avec le panneau additionnel 2 L'Amour emporte Psyché au ciel, 1909

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

deux panneaux décoratifs latéraux

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

et deux des grands vases de Maurice Denis.

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Panneau I L'Amour s'éprend de la beauté de Psyché, 1908

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Panneau II Zéphir transporte Psyché dans une île de désir, 1908

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Panneau III Psyché découvre que son mystérieux amant est l'Amour, 1908

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Panneau IV La Vengeance de Vénus, 1908

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Panneau V Jupiter en présence des dieux, 1908

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Avant de terminer cette série de billets sur ce que nous considérons comme l'événement de la saison, quelques tableaux des salles précédentes qui avaient échappé à notre parcours : en effet, le décalage des dates dû à la pandémie a fait que les toiles de Mikhaïl Vroubel présentes dans les deux premiers billets ont dû repartir à la Galerie Trétiakov à Moscou pour une rétrospective de l'œuvre de ce peintre . Elles ont été remplacées par d'autres toiles d'artistes russes de la collection, que nous avons découvertes lors d'une autre visite :

Pas moins de trois toiles pour remplacer le grand tableau Lilas :

Valentin Sérov : Sirène, 1896

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Boris Anisfeld (1878-1973) : Étude en vert. Midi, 1906

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

Alexandre Golovine : Paysage. Pavlovsk, 1911

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)

et à la place du Portrait du poète Valeri Brioussov :

Natalia Gontcharova (1881-1962) : Le Fumeur, 1911

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (suite et fin)
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La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)

27 Novembre 2021 , Rédigé par japprendslechinois

Nous poursuivons la visite de la reconstitution par la Fondation Louis Vuitton de la collection Morozov, amorcée dans notre dernier billet.

La salle suivante intitulée Une journée en Polynésie est entièrement consacrée à Paul Gauguin (1848-1903).

Les toutes premières toiles de Paul Gauguin à entrer en Russie sont acquises dès 1900-1901 par Mikhaïl Morozov. À son tour, Ivan réunit entre 1907 et 1910 onze tableaux majeurs de l'artiste. Les treize oeuvres ainsi réunies par les Morozov portent sur la période tahitienne (à l'exception du Café à Arles, 1888, acquis par Ivan et également présenté dans cette salle) ce qui dénote leur vif intérêt pour sa thématique exotique et arcadienne.

Oiseaux morts. Nature morte aux perroquets, 1902
Te Tiare Fanrani (Les Fleurs de France), 1891
Fatata Te Mouà (La Montagne est proche), 1892

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
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Matamoe (La Mort). Le Paysage aux paons, 1892
Le Grand Bouddah, 1899
Eu haere ia oe (Où vas-tu?), 1893

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
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Les Parau Parau (Conversation ou les potins), 1891
Nave Nave Moe (Eau délicieuse), 1894
Café à Arles, 1888

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
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La salle suivante, Les amateurs d'orage se veut le reflet d'une thématique un peu complexe :

Le goût exacerbé du paysage de Mikhaïl et Ivan Morozov, dû à leur formation artistique initiale, constitua un puissant motif pour acquérir de nombreux tableaux contemporains visant à la réinvention de ce genre pictural. Leurs collections sont représentatives des recherches menées par les écoles modernistes occidentales et russes contemporaines: nabis ou fauves, Pierre Bonnard, André Derain, Maurice de Vlaminck, Louis Valtat, André Marquet se revendiquent d'une filiation explicite avec le synthétisme de Paul Gauguin. Expressionnistes, Vincent Van Gogh et Edvard Munch incarnent la rupture avec les représentations académiques de la nature. Au croisement de ces champs de force, les artistes des avant-gardes russes émergentes, Natalia Gontcharova, Piotr Outkine ou Martiros Sarian puisent aux sources des cultures visuelles slaves et orientales. Tous instaurent les principes disrupteurs d'une lecture ultra-sensorielle du paysage.

Pierre Bonnard :

Coin de Paris, huile sur carton contrecollé sur bois, 1905
La Seine à Vernonnet, 1911

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
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André Derain (1880-1954) :

Route en montagne. Cassis, 1907
Le séchage des voiles, Collioure, 1905

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
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Maurice de Vlaminck (1876-1958) : Vue de la Seine, Nanterre, 1906

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)

Louis Valtat (1869-1952) :

Soleil sous les arbres, Massif de l'Esterel, 1908-1909
La Mer à Anthéor, 1907
Les Falaises violettes, Anthéor, 1900
 

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
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André Marquet (1875-1947) :

Soleil à travers les arbres, Paris, 1905
Paris en hiver. Quai Bourbon, 1907
Notre-Dame sous la pluie, 1910

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
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Vue de la Seine et du monument à Henri IV, 1906
Quai du Louvre, vue vers le Pont-Neuf, 1906
La Baie de Naples, 1909

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
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Vincent Van Gogh (1853-1890) : La Mer aux Saintes-Maries, 1888

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Edvard Munch (1863-1944) : Nuit Blanche. Osgarstrand (Filles sur le Pont), 1903

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Natalia Gontcharova (1881-1962) : Verger en automne, région de Kalouga, 1909

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Piotr Outkine (1877-1934) : Les Amateurs d'orage, Saratov, 1908

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Martiros Sarian (1880-1972 :

Devant le grenadier, Moscou, 1907
La Rue. Constantinople, 1910

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
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Montons encore d'un niveau dans le bâtiment de la Fondation pour découvrir la salle

Les Paysages illimités - Paul Cézanne

Subjugué par l'originalité des peintures de Paul Cézanne, lors de l'hommage posthume que lui rend le Salon d'automne de 1907, Ivan Morozov acquiert ses premiers tableaux du maître d'Aix. Entre 1907 et 1913, il réunira dix-huit toiles représentatives de l'oeuvre du peintre, depuis sa période noire, romantique, « couillarde » (Scène d'intérieur, 1870) jusqu'à son ultime paysage abstractisant (Paysage bleu, 1904-1906).

Paysage à Pontoise (Clos des Mathurins), 1875-1877
Le Pont sur la Marne à Créteil, 1894
Bord de Marne, Saint-Maur des Fossés, 1888-1890
 

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
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Le Pont (L'île Machefer à Saint-Maur des Fossés), 1895-1898
Le Jas de Bouffan, 1886
La Montagne Sainte-Victoire vue du chemin de Valcros, 1878-1879
 

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
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Paysage. Montagne Sainte-Victoire, 1896-1898
Le Grand Pin, Aix-en-Provence, 1895-1897
Baigneurs, Aix-en-Provence, 1892-1894
Paysage bleu, Aix-en-Provence, 1904-1906

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
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Portraits génériques -  Cézanne et les Cézannistes

En 1909, Ivan Morozov acquiert deux portraits masculins de Paul Cézanne. Autoportrait à la casquette (1873) et Le Fumeur. Homme à la pipe (1891-1892). Dès leur acquisition, ces exceptionnels portraits furent accessibles aux peintres du large cercle artistique gravitant autour du collectionneur. Durant les années 1900-1914, ceux-ci purent contempler et examiner dans sa galerie de peintures chaque nouveau lot de toiles en provenance des ateliers parisiens. Fin 1910, se tient à Moscou la première exposition de l'association Le Valet de carreau, où les mouvements russes cézanniste, primitiviste, expressionniste vont pour la première fois exposer en force à Moscou. Piotr Kontchalovski et llia Machkov, deux artistes considérés par Ivan Morozov parmi les plus prometteurs de l'école russe contemporaine, se déclarent alors «cézannistes». Le mouvement «cézanniste » constitue une cheville artistique originale de la révolution accomplie entre 1910 et 1917 par les avant-gardes russes.

Regarder ensemble les portraits masculins de Cézanne et ceux de Picasso ou Malévitch, à côté de l'impressionnante galerie d'hommes en gris de Machkov et Kontchalovski, c'est traverser les deux décennies qui virent, en France et en Russie, l'avènement de l'art moderne dans ses manifestations les plus inédites et souvent les plus radicales.

Paul Cézanne : Autoportrait à la casquette (1873) et Le Fumeur. Homme à la pipe (1891-1892).

 

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
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Mikhaïl Vroubel : Portrait du poète Valeri Brioussov, fusain, sanguine, craie, Pastel sur papier, 1906
Pablo Picasso : Portrait d'Ambroise Vollard, 1910
Kasimir Malévitch (1878-1935) : Portrait de Mikhaïl Matiouchine, 1913-1914

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
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Piotr Kontchalovski (1876-1956) :

Portrait de l'artiste Guéorgui Iakoulov, 1910
Autoportrait, 1910
Autoportrait en gris, 1911
Autoportrait, 1912

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
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Ilia Machkov (1881-1944) :

Portrait d'un poète (Sémione Yakovlévitch Roubanovitch), 1910
Autoportrait, 1911

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
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Modernité Post-Cézannienne

Important chef-d'œuvre d’llia Machkov, l'autoportrait où il figure aux côtés de Piotr Kontchalovski s'affirme comme le manifeste du « cézannisme » russe. La représentation des deux peintres en culotte et chaussons de lutte, exhibant musculatures et regards teigneux est une citation directe de la légende des cubistes Pablo Picasso et Georges Braque, amateurs de boxe anglaise et théoriciens pugilistes. Toutefois, la scène n'est pas située sur un ring mais dans un salon petit-bourgeois avec sa décoration florale et son piano droit. Sur le piano, des ouvrages portent les titres « Cézanne, Arts, Égypte-Grèce-Italie, La Bible », décrivant un programme artistique où arts archaïques, bibliques et classiques se trouvent synthétisés dans la modernité post-cézannienne. La référence à la toile de Cézanne Jeune Fille au piano. (L'ouverture de "Tannhauser") (1869–1870), entrée en 1908 dans la collection d'lvan Morozov, est ici explicite.

Le dispositif citationnel de l'autoportrait de Machkov évoque autrement l'Acrobate à la boule de Picasso (1905), acquis par Ivan Morozov en octobre 1913. Picasso expose au premier plan le dos et la nuque musculeuse du modèle masculin. Au-delà de son contenu manifeste, le tableau est une métaphore du propos théorique de Cézanne «traiter la nature par le cylindre, la sphère, le cône, le tout mis en perspective... » dont témoignent ici tant la boule où se tient l'acrobate en équilibre instable que le cube sur lequel est campé le lutteur.

Ilia Machkov : Autoportrait et portrait de Piotr Kontchalovski, 1910

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Cézanne : Jeune Fille au piano. (L'ouverture de "Tannhauser"), 1869–1870

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Picasso : Acrobate à la boule, 1905

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Une dernière petite salle à cet étage :

Natures mortes essentielles

La collection d'Ivan Morozov compte peu de natures mortes. Il réunit cependant avec science et patience trois toiles représentatives de la passion de Cézanne pour ce genre: Nature morte. Pêches et Poires (1890), Nature morte à la draperie (1892–1894) et Étude de fleurs (d'après Bouquet de fleurs d'Eugène Delacroix) (1902-1904). Traversant les deux dernières décennies de l'œuvre du peintre, on peut voir dans ces toiles sa facture se transformer.

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)
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En contrepoint, deux toiles russes :

Ilia Machkov : Nature morte. Plateau de fruits, 1910

La collection Morozov - Icones de l'art Moderne (II)

Mikhaïl Larionov (1881-1964) La Fenêtre. Tiraspol, 1909

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Nous terminerons cette visite dans un prochain billet.

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