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Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

27 Septembre 2025 , Rédigé par japprendslechinois

Nous poursuivons dans ce billet la visite de l'exposition organisée par le Centre Pompidou au Grand Palais à propos de Tinguely, Saint Phalle et leur ami le grand muséographe suédois Pontus Hulten (voir notre billet du 13 septembre dernier).

L'étage supérieur de l'exposition évoque les grandes installations et expositions que Pontus Hulten organisa au Centre Pompidou, dont il fut le premier directeur du Musée National d'Art Moderne, de 1977 à 1981. (Ci-dessus, les affiches de l'exposition Niki de Saint Phale (2 juillet au 1er septembre 1980) et Jean Tinguely (8 décembre 1988 au 27 mars 1989).

Le Crocrodrome de Zig & Puce, Centre Pompidou, Paris, 1977

En 1977, Hulten invite Tinguely, Saint Phalle, Luginbühl, avec d'autres collaborateurs, à réaliser une œuvre collective d'envergure pour le Forum du Centre Pompidou.
Le Crocrodrome de Zig & Puce se présente comme un monstre d'une trentaine de mètres de longueur. La mâchoire est imaginée par Saint Phalle, les intestins sont de Luginbühl, et le dos est conçu par Tinguely. Son ventre est un train fantôme, et le tout est traversé par un circuit de boules métalliques. L'installation, construite sous les yeux du public, est détruite également en sa présence après 7 mois d'activité frénétique. Pontus Hulten aura offert au visiteur, qui s'est approprié une œuvre par le jeu, de purs moments de divertissement au sein de l'institution muséale qu'incarne le Centre Pompidou.

Jean Tinguely : 

Essai pour l'affiche « ici se construit le Crocrodrome de Zig & Puce », avec texte manuscrit à l'intention de Pontus Hulten, 1977, collage, mine graphite, feutre et gouache sur impression offset
Projet d'affiche "Visite le Crocrodrome de Zig et Puce", 1977, feutre, aquarelle, collage, crayon à la cire et encre sur papier
L'affiche officielle, impression offset

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

Maquette du Crocrodrome, 1977, métal, bois, tissu, plâtre, guirlande lumineuse

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

Dépliant-catalogue du Crocrodrome (recto) et faire-part de sa destruction en janvier 1978.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

Le Bulletin du Centre Pompidou présentait l'installation en ces termes :

 

Cette exposition est consacrée au Crocodrome réalisé par le groupe d’artistes Zig et Puce. Ce pseudonyme Zig et Puce recouvre un groupe d’artistes, solidairement responsables de la manifestation et qui préfèrent la signer dans l’ordre alphabétique : Joseph Imhof, Bernhard Luginbühl, Niki de Saint Phalle, Rudolf Tanner, Jean Tinguely, Rico Weber, Paul Wiedmer. Parmi eux, trois artistes ont le plus de responsabilités et sont en même temps les plus connus : Jean Tinguely, Niki de Saint Phalle, Bernhard Luginbühl. Le Crocodrome est destiné aux adultes qui en feront un usage culturel, mais aussi aux enfants qui en feront un usage pratique d’amusement, sans qu’il soit interdit aux individus de ces deux catégories d’intervertir les rôles...Sur une trentaine de mètres de long, quinze de large et dix de haut, se dresse un édifice, mi-dragon, mi-navire, mi-caverne, mi-palais. Au rez-de-chaussée, divers accessoires de jeux et d’animation, dont un flipper géant de Bernhard Luginbühl. La plate-forme supérieure supporte un petit train fantôme inspiré de ceux qui sont utilisés dans les fêtes foraines ; un monstre de Niki de Saint Phalle en est une des attractions les plus saisissantes. Au-dessus se trouve le plateau supportant les moteurs et les structures articulant la couverture de l’édifice, sa voile de sacs de jute cousus et sa gueule de dragon polychrome. Intégrée au Crocodrome, mais indépendante, La boutique aberrante de Daniel Spoerri, est un musée du fétichisme : objets divers ayant appartenu à des personnalités historiques (tels les chaussons de Catherine II de Russie) ; une boutique de vente de « reliques », appartenant à des personnalités plus récentes...Tout ceci placé, bien évidemment, sous le signe de l’humour.

L'exposition « Tinguely », Centre Pompidou, Paris, 1988-1989

Hulten rédige en 1972 une monographie sur l'œuvre de Tinguely en s'isolant pendant un an. En 1988, il vient d'être rappelé comme conseiller de la présidence du Centre Pompidou et fait venir à Paris l'exposition rétrospective de Tinguely qu'il a élaborée l'année précédente à Venise, où il est directeur artistique du Palazzo Grassi. C'est son ouvrage de référence de 1972 qui sert de base aux différentes versions des catalogues de cette exposition itinérante. Pour la présentation parisienne, Tinguely met à l'honneur une nouvelle série, Les Philosophes.

Catalogue de l'exposition

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

Jean Tinguely : Autoportrait, 1988, installation mixte : masque, oiseau naturalisé, textile, caoutchouc, cordes, chaînes, moteur, poulies, 230 x 760 x 200 cm

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

Jean Tinguely :
Henri Bergson, 1988, métal, matériaux divers, moteur électrique
Jean-Jacques Rousseau, 1988, métal, matériaux divers, moteur électrique
Jacob Burckhardt, 1988, métal, matériaux divers, moteur électrique
Martin Heidegger, 1988, métal, matériaux divers, moteur électrique
 

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

Dans l'ordre : Bergson, Rousseau, Buckhardt, Heidegger

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

La plus monumentale installation de l'exposition :

Jean Tinguely : L'enfer, un petit début, 1984, métal, objets et matériaux divers, moteurs électriques

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

L'ensemble en mouvement :

Dans la dernière salle de cette section consacrée à Jean Tinguely :
Rotozaza I, 1967, métal, bois, moteurs, transformateurs et ballons

Rotozaza I, dont il y aura par la suite deux autres versions, est une machine dévorante qui pervertit le processus de production puisqu'on la nourrit des ballons qu'elle recrache. Critique du système capitaliste, elle distille l'esprit anarchiste et contestataire de Tinguely de façon ludique, en s'adressant plus spécifiquement aux enfants, qui sont, selon les mots de l'artiste, son « public préféré ». Leur absence de préjugés, leur approche immédiate de ce qui se présente à eux, en font des interlocuteurs privilégiés qui incarnent des valeurs fondamentales pour Tinguely, telles la liberté, la spontanéité, la joie, le jeu, le collectif.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

L'exposition « Niki de Saint Phalle», Centre Pompidou, Paris, 1980

Pour sa rétrospective de 1980 au Centre Pompidou, Niki de Saint Phalle sélectionne des œuvres de toutes ses séries. L'exposition met également en valeur la dimension monumentale de plusieurs de ses projets, à travers photographies, dessins et maquettes. L'affiche de l'exposition, sans concession, présente le dessin coloré d'une femme en porte-jarretelles, dans toute sa féminité. L'exposition bouscule les conventions mais attire un public prêt à accueillir de nouvelles idées, favorisées par l'esprit d'ouverture du Centre Pompidou.

La grande salle qui accueille cette section est dominée par Black Rosy ou My Heart Belongs to Rosy, 1965, tissu, fils de laine et peinture sur grillage, une nana noire en hommage à Rosa Parks.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

Nana, 1965, polyester, fils de laine
Louise, 1965, tissu et fils de laine sur grillage

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

Crucifixion, vers 1965 (Autre titre : Leto), objets divers et textile sur grillage
De cette déclinaison des rôles féminins auxquels Niki de Saint Phalle s'attaque avec violence, la femme-prostituée au corps objet est sans doute, avec cette Crucifixion, la plus iconoclaste. Présentée au mur tel le martyr auquel le titre fait allusion, elle donne à voir ses attributs, les jambes ouvertes garnies d'un porte-jarretelles. À la fois pitoyable et ridicule, cette femme sans bras, dont la tête est ornée de bigoudis, dénonce sans détours l'absurdité d'une condition qu'il est temps de dépasser.
La Mariée, 1963 (Autre titre : Eva Maria) plâtre, objets divers peints et textile sur grillage
Le thème de la mariée apparaît en 1963, au sein d'un nouvel ensemble de sculptures que Niki de Saint Phalle dédie à la condition féminine, en y jetant un regard acerbe et profondément dérangeant. Si l'artiste est devenue très jeune épouse et mère, elle s'est toujours insurgée contre la soumission des femmes à leur conjoint et aux divers rôles que la société leur assignait alors. La figure de La Mariée, par sa posture légèrement courbée, ses yeux hagards et la constellation de petits jouets dérisoires figés dans son buste, incarne la souffrance de la femme prisonnière des conventions sociales. Une autre variante de cette Mariée appartenant à la collection du Centre Pompidou était présentée dans l'exposition de 1980.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

Autel O.A.S., 1962, objets divers et animaux naturalisés sur bois, peinture dorée
À l'occasion de sa seconde exposition personnelle parisienne, Galerie Rive droite, en 1962, Niki de Saint Phalle présente ses Autels, des panneaux de bois sur lesquels elle a fixé divers objets, le tout recouvert de peinture dorée. L'Autel O. A. S., dans lequel l'artiste a mêlé « bondieuseries » et panoplie du parfait tireur, avec révolvers et mitraillettes, est placé dans la vitrine de la galerie. Sur sa base figure l'inscription « O. A. S. » - pour « Œuvre d'Art Sacré », précise l'artiste, en révolte contre les institutions religieuses mais en quête constante de spiritualité. Toutefois, en cette année 1962, ce sigle ne peut qu'évoquer l'organisation terroriste qui sévit alors pour la défense de l'Algérie française.

King Kong, 1963, peinture, plâtre et objets divers sur panneaux
Ce monumental tableau-tir, l'un des plus ambitieux de Niki de Saint Phalle, est directement inspiré des films sur King Kong que l'artiste, férue de cinéma fantastique, a vus. Sous la forme d'un dinosaure, le monstre s'apprête à détruire tout un quartier d'une ville, tandis que des masques à l'effigie des tenants de la guerre froide viennent rappeler le contexte de cette possible fiction, à laquelle se mêlent de façon incongrue d'autres visages issus de la culture populaire. Réalisée pour la Dwan Gallery de Los Angeles, l'œuvre, avec ses études, reste pendant des années dans les réserves jusqu'à ce que Pontus Hulten en sollicite le don pour Moderna Museet, à charge pour lui de rapatrier l'ensemble à Stockholm. 

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

La Promenade du dimanche, 1971, polyester peint
Après les Nanas épanouies et joyeuses, Niki de Saint Phalle qui ne veut pas laisser son travail se réduire à cette série très populaire, entame un ensemble d'œuvres particulièrement dérangeantes, les Mères dévorantes. L'artiste y met en scène des mères difformes, à l'image qu'elle se fait de sa propre mère, non pas sur le plan physique mais moral et psychologique. Dans La Promenade du dimanche, un couple - qui pourrait être celui de ses parents - tient en laisse une araignée géante. La femme laide et énorme semble écraser l'homme chétif, leurs regards hébétés inspirant tant le rire que l'effroi.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

L'Aveugle dans la prairie, 1974, polyester peint au vinyle, armature métallique et grillage
Parce que Tinguely en était originaire et s'y était établi, mais aussi pour soigner ses problèmes pulmonaires dans une région privilégiée, Niki de Saint Phalle fait, dans les années 1970, plusieurs séjours en Suisse, qui vont l'inspirer pour travailler le motif de la vache. Il en résultera notamment ce groupe sculptural formé de l'animal et d'un homme assis lisant un journal, qu'elle produira à des échelles différentes. L'Aveugle dans la prairie, réalisé dans un très grand format, est acquis par Pontus Hulten pour le Centre Pompidou à l'occasion de la rétrospective de l'artiste de 1980. Si l'homme est aveugle, c'est sans doute parce qu'il ne voit pas la vache joyeusement bariolée, bien plus intéressante que son terne journal.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

Épilogue

Jean Tinguely décède en 1991. Ses obsèques spectaculaires, dont il avait organisé le moindre détail, se déroulent dans sa ville natale de Fribourg. Niki de Saint Phalle lui rend hommage avec une nouvelle série, les Tableaux éclatés. En tant qu'épouse de l'artiste, elle se retrouve en charge de la succession, mais elle sollicite Hulten pour toutes les prises de décision majeures. En 1993, sa santé fragile l'amène à s'installer en Californie aux États-Unis. Jusqu'à sa mort en 2002, elle reste en contact avec Hulten, qui décède à son tour en 2006, laissant derrière lui l'image d'un homme de musée d'exception, inlassable défenseur des artistes.

Jean II (Méta-Tinguely), 1992, bois, peinture, éléments métalliques et moteurs électriques sur panneau
Les tout premiers Tableaux éclatés, qui préfigurent la série, plus sommaires dans leur fabrication, sont explicitement dédiés à « Jean ». De petits éléments tournent sur eux-mêmes.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

Les suivants sont animés d'un « éclatement » des différentes parties qui s'ouvrent et se referment dans un mouvement plutôt lent, mesuré. Des capteurs photosensibles déclenchent l'éclatement du tableau. « La panne, le mouvement, m'appartiennent à moi aussi maintenant », écrit Saint Phalle.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)

Terminons avec un dernier échange entre Niki et Pontus :

Affiche de l'exposition « Niki de Saint Phalle » à Bonn (19 juin-1er novembre 1992), portant une dédicace manuscrite de l'artiste à Pontus Hulten, lithographie et mine graphite sur papier

Pontus Hulten inaugure en 1992 la nouvelle institution dont il assure la direction artistique, la Kunst- und Austellungshalle der Bundesrepublik Deutschland de Bonn, avec une grande rétrospective de Niki de Saint Phalle présentée dans plusieurs espaces du bâtiment ,dont le toit, avec des sculptures monumentales. L'exposition itinère à Glasgow, à Paris (au Musée d'art moderne de la Ville de Paris), et à Fribourg.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (II/II)
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David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

20 Septembre 2025 , Rédigé par japprendslechinois

Nous terminons dans ce billet la visite de l'exposition, la plus grande selon les propres termes de l'artiste, consacrée au peintre britannique David Hockney. (cf. notre billet du 6 septembre dernier).

Galerie 4 Portraits et Fleurs (2000-2025)

David Hockney a toujours peint sa famille et ses proches - le portrait de son père (1955) ouvre cette exposition. Sont réunies ici des œuvres créées en Californie, dans le Yorkshire, en Normandie et à Londres au cours des 25 dernières années. L'artiste a utilisé toutes sortes de supports et techniques : l'ordinateur, la tablette numérique ou simplement le papier, ainsi pour ses portraits de gardiens de musée d'après Ingres pour lesquels il emploie le dispositif optique de la camera lucida. Cependant, jusqu'à aujourd'hui, Hockney continue d'employer le pinceau, l'acrylique et l'huile de façon privilégiée. Ses modèles se détachent sur un fond bleu rappelant ses premières peintures californiennes, ou plus récemment sur un fond blanc, parfois doublé d'un liseré. 

Un extrait de 12 Portraits after Ingres in a Uniform Style, 2000, crayon à papier, crayon de couleur et gouache sur douze feuilles de papier, réalisés à l'aide d'une chambre claire

Devlin Crown. London,.11th January 2000
Jack Kettlewell. London. 13th December 1999
Maria Vasquez. London. 21st December 1999
Vincent Simon. London. 16th December 1999
Ron Lillywhite. London. 17th December 1999
Katherine Dooley. London. 6th January 2000

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Charlie Scheips, 2005, huile sur toile
Matthias Weischer, 2005, huile sur toile
Ann and David, March 16, 2005, 2005, huile sur toile
John Baldessari, 13th, 16th December 2013, de la série 82 Portraits and 1 Still Life, 2013-2016, acrylique sur toile
Margaret Hockney, 14th, 15th, 16th August 2015, de la série 82 Portraits and 1 Still Life, 2013-2016, acrylique sur toile
Stephanie Barron, 7th, 8th, 9th January 2014, de la série 82 Portraits and 1 Still Life, 2013-2016, acrylique sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

J-P Gonçalves de Lima, 11th, 12th, 13th July 2013, de la série 82 Portraits and 1 Still Life, 2013-2016, acrylique sur toile
Frank Gehry, 24th, 25th February 2016, de la série 82 Portraits and 1 Still Life, 2013-2016, acrylique sur toile
The Group IV, 22nd-28th April, 2014, acrylique sur toile
Sid and Joni, 2005, huile sur deux toiles
Sid and Joni Seated at Table, 2005, huile sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Sally Marriott, 5, 7 & 11 March, 2013, fusain sur papier
Margaret Hockney, 14 February, 2013, fusain sur papier
Richard Marriott, 3-4 March, 2013, fusain sur papier
Lisa Knight, 4 Sept 2019, 2019, encre sur papier
John Wilkinson, 4th Aug 2019, 2019, encre sur papier
Scarlett Clark, 20 Nov 2019, 2019, encre sur papier

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Autoportrait 10th December 2021, 2021, acrylique sur toile
Autoportrait 20th June 2022, 2022, acrylique sur toile
Self Portrait Standing with Red Braces, 2005

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Erica Bolton, 2018, fusain et crayon de couleur sur toile
Rufus Hale, 2019, fusain et crayon de couleur sur toile
John Richardson, 2018, fusain et crayon de couleur sur toile
Bing McGilvray I, 2017, fusain et crayon de couleur sur toile
Jean-Pierre Gonçalves de Lima II, 2018, fusain et crayon de couleur sur toile
Derek Boshier, 2019, fusain, acrylique et crayon de couleur sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Lucie-Lune Lambouley et Louis-Martin Lambouley, 8th January 2022, 2022, acrylique sur toile
JP Gonçalves de Lima, 3rd November 2021, 2021, acrylique sur toile
Jonathan Wilkinson, 17th November 2021, 2021, acrylique sur toile
Aline Lainé, 14th December 2021, 2021, acrylique sur toile
Harry Styles, 31st May 2022, 2022, acrylique sur toile
Brian Hastings and Douglas Baxter, 24th November 2021, 2021, acrylique sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Et dans la série des portraits sur fond clair avec liseré (acrylique sur toile, 2023-2025) :

John Cox, Lewis Dube, Sonia Mathews,
Donatien Grau, Sir Norman Rosenthal, Lola Clark,
JP and Little Tess (4 tableaux)

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Fleurs et portraits à l'iPad

Les moyens informatiques permettent à Hockney d'expérimenter de nouvelles façons d'aborder le modèle. Dès 2008, il commence à utiliser l'ordinateur, puis l'iPhone et l'iPad à leur apparition. Ce sont alors des autoportraits ne reculant devant aucune autodérision. L'informatique lui permet même de se dédoubler, complétant des natures mortes conçues sur iPad et encadrées comme s'il s'agissait de tableaux anciens. Ces « portraits de fleurs », qui dialoguent avec les portraits de ses proches sous son regard, sont visibles dans la seconde salle de la galerie.

Maurice Payne, 2008, dessin à l'ordinateur sur papier, Impression par jet d'encre
Margaret Hockney, 2008, dessin à l'ordinateur sur papier, Impression par jet d'encre
Celia in Stripes, 2009, dessin à l'ordinateur sur papier, Impression par jet d'encre
Celia in Black Dress, 2009, dessin à l'ordinateur sur papier, Impression par jet d'encre
Jean-Pierre Gonçalves de Lima, 2008, dessin à l'ordinateur sur papier, Impression par jet d'encre
A Bigger Matelot Kevin Druez I, 2009, dessin à l'ordinateur sur papier, Impression par jet d'encre
Peter Hockney 2, 2009, dessin à l'ordinateur sur papier, Impression par jet d'encre

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Quinze autoportraits réalisés en 2012, dessin sur iPad imprimé sur papier, monté sur aluminium :

No. 1200, 13th March 2012, Self Portrait, 19th April 2012, No. 1244, 6th April 2012,
Self Portrait IV, 25th March 2012, Self Portrait I, 25th March 2012, No. 1223, 21st March 2012,
No. 1216, 17th March 2012, No. 1204, 15th March 2012, Self Portrait I, 13th March 2012,
No. 1194, 12th March 2012, Self Portrait II 16th March 2012, Self Portrait II, 14th March 2012,
Self Portrait, 20 March 2012, No. 1203, 14th March 2012, Self Portrait, 10th March 2012

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Viewers Looking at a Ready-made with Skull and Mirrors, 2018, dessin photographique imprimé sur papier, monté sur quatre feuilles de Dibond, 222,3 x 370,8 cm ensemble

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Pictured Gathering with Mirror, 2018, dessin photographique imprimé sur papier, monté sur sept feuilles de Dibond, 273,1 x 733,4 cm ensemble

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Pictures at an Exhibition, 2018, dessin photographique imprimé sur papier, monté sur huit feuilles de Dibond, 273,1 x 871,2 cm ensemble

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

25th June 2022, Looking at the Flowers (Framed), 2022, dessin photographique imprimé sur papier, monté sur cinq feuilles de Dibond, 300 x 518 cm ensemble

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Autour de cette composition photographique sont accrochés les tableaux, dessins sur iPad imprimés sur papier et montés sur aluminium, de dimensions variables, dans des cadres en bois sculpté.

8 de ces 20 portraits de fleurs.
 

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Galerie 5  Quatre ans en Normandie (2019-2023)

En 2020, contraint au confinement dans le village normand où il a acheté une maison, Hockney commence à envoyer à ses amis, pour les réconforter, des dessins sur iPad, tel celui où il dessine des jonquilles, accompagnés pour la première fois de la mention Do remember, they can't cancel the spring. Poursuivant cet exercice du regard sur son environnement immédiat, Hockney se donne l'objectif de réaliser 220 vues. La série « 220 for 2020 » couvre un territoire de quelques hectares, où l'artiste repère une infinité de sujets proches et lointains. Hockney y célèbre à nouveau les subtilités des changements saisonniers et quotidiens de la végétation dans tous ses états, l'iPad lui permettant de revisiter le même motif et ainsi de renouveler très vite et en permanence son travail. La sélection des œuvres présentées ici ne suit pas l'idée d'un cycle unitaire mais prélève des instants singuliers au fil des saisons.
Grâce à la luminosité de l'écran, Hockney peut peindre la nuit et en restituer la magie dans la série des « Moon» (2020). La tablette lui permet de jouer sur l'échelle des œuvres, en adaptant la taille des tirages aux dimensions d'une salle de musée. Si ces « peintures sur iPad » sont exposées ici encadrées, soulignant l'importance du geste de l'artiste plutôt que du support, Hockney n'a pas pour autant renoncé à la peinture traditionnelle et continue à employer l'acrylique. Ces œuvres sont présentées plus loin, Galerie 6.

Quelques images de cette salle, entièrement tapissée de peintures sur iPad imprimées sur papier et montées sur aluminium, toutes datées de 2020.

Le lecteur pourra également se reporter à notre billet du 18 décembre 2021 relatif à l'exposition au musée de l'Orangerie : David Hockney. A Year in Normandy.

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Galerie 5 Moon Room

La lecture du conte de Maupassant Clair de lune est à l'origine de la série rassemblée dans cette « Moon Room » dont la lune est l'unique personnage. Cette salle présente d'une part, des « peintures à l'iPad », d'autre part, des peintures à l'acrylique, témoignant du va-et-vient constant chez l'artiste entre moyens « numériques » et « analogiques », entre pixellisation et picturalité.

2nd May 2020, peinture sur iPad imprimée sur papier, montée sur cinq panneaux en aluminium
5th December 2020, peinture sur iPad imprimée sur papier, montée sur aluminium
The Moon, August 9th, 2023, acrylique sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Galerie 6 In Normandy

Traversant la Manche un jour d'octobre 2018 pour aller à Bayeux revoir la tapisserie de la reine Mathilde, David Hockney décide de rester en Normandie pour y peindre les saisons. Dans le jardin de sa nouvelle propriété, La Grande Cour, Hockney saisit à l'acrylique, à la fin de l'été, un pommier, un poirier et un cognassier. Chaque arbre est individualisé, chacun possédant son propre sol et son propre ciel. Tous ont en commun une touche très particulière, en relief et en virgule, lointaine évocation de celle de Van Gogh, parfois lisse ou plus moirée. La série présentée dans cette salle montre l'environnement immédiat de l'artiste. Ces œuvres ont été réalisées pour certaines sur le motif en Normandie, et pour d'autres reprises de mémoire dans ses ateliers à Los Angeles et Londres. Elles témoignent du renouvellement constant de sa manière, la peinture restant son medium de référence.

The Entrance, 2019, acrylique sur deux toiles

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Quince Tree, 2019, acrylique sur toile
Pear Tree, 2019, acrylique sur toile
Apple Tree, 2019, acrylique sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Trees with less Mist, 2023, acrylique sur toile
Giverny by DH, 2023, acrylique sur toile
Wind on the Pond, 2023, acrylique sur toile
The Little Niche, 2023, acrylique sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Pond and Tree, 2023, acrylique sur toile
View from the Studio at Dawn II, 2019, acrylique sur toile
Books and Rain, 2023, acrylique sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Beuvron-en-Auge Panorama, 2019, acrylique sur deux toiles
A Souvenir of Normandy, 2023-2025, acrylique sur deux toiles

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Galerie 7 La Grande Cour

Ce panorama de 24 dessins à l'encre, technique alors rare chez Hockney, dévoile les vues de sa maison du pays d'Auge où il demeure régulièrement de 2019 à 2023. Les bâtiments suivent une disposition traditionnelle appelée « clos » en Normandie.
L'environnement immédiat se déploie comme dans un film - 24 images par seconde - invitant le spectateur à voyager au rythme du regard. L'œuvre fait écho à la Tapisserie de Bayeux, revue par Hockney peu de temps auparavant. Libérée des contraintes de la perspective, celle-ci l'avait impressionné par « l'absence de points de fuite et d'ombres ». S'y déroule, sur près de 70 mètres de long, l'histoire de la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, en 1066. Des scènes aux temporalités multiples y sont représentées sur une même surface. Chez Hockney, plutôt qu'un récit héroïque, on trouve des arbres fruitiers, une mare et des iris, un cours d'eau, avec quelques aperçus sur les alentours, y compris des voitures garées dans la cour. Au centre de ces éléments, la maison et les bâtiments attenants sont vus depuis les quatre points cardinaux.

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Galerie 9 Dialogue avec les peintres

Cette salle montre l'artiste au plus près de ses sources fondatrices, de ses réflexions sur la représentation de l'espace et de la vie à l'atelier au quotidien.

Kerby (After Hogarth) Useful Knowledge, 1975, huile sur toile
The Chair, 1985, huile sur toile
30 Sunflowers, 1996, huile sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Henry and Raymond, 1979, acrylique sur carton
Midnight Sun, Norway, 2003, aquarelle et gouache sur papier
A Bigger Card Players, 2015, dessin photographique imprimé sur papier, monté sur aluminium
Pearblossom Hwy., 11-18th April 1986 No. 2, 1986, impression jet d'encre sur papier du collage original, monté sur deux feuilles de Dibond

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

A Bigger Message, 2010, huile sur trente toiles, 457,2 x 731,5 cm ensemble
The Sermon on the Mount VII (after Claude), 2010, huile sur toile
The Massacre and the Problems of Depiction, after Picasso, 2003, aquarelle sur sept feuilles de papier,143,5 x 183,5 cm ensemble 
Annunciation II,after Fra Angelico from "The Brass Tacks Triptych, 2017, acrylique sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Tall Dutch Trees After Hobbema (Useful Knowledge) 2017, 2017, acrylique sur six toiles
The Walk to the Studio, 2018, acrylique sur neuf toiles et collage
Four Dancers, 2018, acrylique sur neuf toiles

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Dans le fond de cette galerie : Perspectives  multiples

La photographie et la vidéo sont pour Hockney deux champs d'application spécifiques de ses réflexions sur la perspective. Par le photomontage, il supprime le point focal unique en prenant des vues de détail qu'il assemble ensuite dans son atelier (Pearblossom Hwy.). Dans les années 2010, il commence à utiliser plusieurs caméras réunies entre elles pour filmer en extérieur, dans la forêt de Yorkshire Wolds, ou dans son atelier de Bridlington, avec des danseurs. Il recompose l'espace à l'ordinateur, comme il le fait aussi avec ses photos (The Card Players) et restitue la scène filmée sur des écrans juxtaposés. Le jeu de miroirs ajoute une dimension: celle de l'espace où se situent les spectateurs (A Bigger Space For Dancing).

Seven Yorkshire Landscapes 2011, 2011, dix-huit vidéos numériques synchronisées et présentées sur dix-huit écrans pour composer une seule œuvre d'art
A Bigger Space For Dancing, 2012, dix-huit vidéos numériques synchronisées et présentées sur dix-huit écrans pour composer une seule œuvre d'art

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Galerie 11 « On en sait moins qu'on le pense »

Aujourd'hui, David Hockney vit à Londres où il vient d'achever des peintures inspirées d'Edvard Munch et de William Blake. After Munch: Less Is Known Than People Think fait écho à un dessin du peintre norvégien vu dans un catalogue d'exposition, et reprend le titre d'un article du New York Times de 1998 sur l'inconnaissable dans les sciences, que l'artiste avait épinglé au mur de son atelier. La deuxième peinture, After Blake: Less Is Known Than People Think, renvoie aux illustrations de cet artiste pour la Divine Comédie de Dante. Les deux toiles, comme toujours chez Hockney, traitent de l'espace, tout en marquant, selon lui, une dimension « plus spirituelle ».
Dans son tout récent autoportrait Play within a Play within a Play and Me with a Cigarette, Hockney se représente vêtu d'un costume en tweed, assis dans son jardin. Sur les genoux du peintre on aperçoit le collage de l'œuvre en cours de réalisation, les jonquilles annonçant l'arrivée du printemps.

After Munch: Less Is Known Than People Think, 2023, acrylique sur toile
After Blake: Less Is Known Than People Think, 2024, acrylique sur toile
Play within a Play within a Play and Me with a Cigarette, 2024-2025, acrylique sur toile et collage

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)

Une véritable apothéose pour terminer cette exposition hors normes :

Galerie 10 Hockney peint l'Opéra

« Nous avons besoin de plus d'opéra. Il est plus grand que la vie. »
David Hockney a toujours été passionné par la musique lyrique et a cherché à la traduire en couleur et en forme. Il a assisté à son premier opéra, La Bohème de Puccini, lorsqu'il était enfant à Bradford. Dès les années 1960, ses peintures intègrent des éléments scéniques (rideaux, décors...) et des personnages costumés. En 1975, le festival de Glyndebourne lui commande les décors et costumes pour The Rake's Progress de Stravinsky, opéra-fable inspiré des gravures de William Hogarth (La Carrière d'un libertin). À ce jour c'est celle qui a bénéficié du plus grand nombre de représentations et de reprises.
On découvre ici Hockney peint l'opéra, nouvelle réadaptation musicale et visuelle conçue spécialement pour cette salle à partir de ses dessins et décors pour différents opéras :
The Rake's Progress de Stravinsky à Glyndebourne (1975)
La Flûte enchantée de Mozart à Glyndebourne (1978)
La « soirée française » au Metropolitan Opera de New York (1981) : Parade de Satie, Les Mamelles de Tirésias de Poulenc et L'Enfant et les sortilèges de Ravel
Le triptyque « Stravinsky » au Metropolitan Opera de New York (1981) : Le Sacre du printemps,
Le Rossignol et Edipus Rex
Tristan et Iseult de Wagner au Los Angeles Music Center Opera (1987)
Die Frau ohne Schatten (La Femme sans ombre) de Richard Strauss au Royal Opera House, Covent Garden (1992)
Turandot de Puccini au Lyric Opera, Chicago (1992)

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (II/II)
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Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

13 Septembre 2025 , Rédigé par japprendslechinois

Premier billet consacré à une exposition "hors les murs" du Centre Pompidou qui fermera complétement le 22 septembre prochain pour une rénovation d'au moins cinq ans : elle se tient dans un Grand Palais qui lui brille de tous les feux de sa rénovation toute récente.

Couple uni par des liens indéfectibles et une vision de l’art comme acte de rébellion, Niki de Saint Phalle (1930−2002) et Jean Tinguely (1925−1991) ont marqué les premières décennies du Centre Pompidou avec des réalisations spectaculaires, telles Le Crocrodrome de Zig & Puce (1977) ou la Fontaine Stravinsky (1983). Premier directeur du Musée national d’art moderne, Pontus Hulten (1924−2006) a offert un soutien inconditionnel aux deux artistes, favorisant l’acquisition par les institutions d’œuvres majeures, et organisant au Centre Pompidou des rétrospectives (Saint Phalle en 1980 ; Tinguely en 1988). 

 

Parmi les photos au mur de la première salle, Jean Tinguely en 1957, Niki de Saint-Phalle, mannequin pour une publicité Simca en 1952, Pontus Hulten dans son appartement Boulevard Raspail en 1954.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

Pontus Hulten : Les Pièces dormeuses, 1956, huile sur toile

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

Gismo, un monstre à roulettes bricolé en 1960 avec de vieilles ferrailles par Jean Tinguely.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

Jean Tinguely :
Méta-Malevitch, Relief méta-mécanique ,1954, bois peint, métal peint, moteur électrique
La Porte, 1960, bois, métal, moteur électrique

La première œuvre est un hommage au peintre suprématiste Kasimir Malévitch, que Tinguely cherche à dépasser. Elle a été présentée par l'artiste lors de sa première exposition personnelle à la Galerie Arnaud à Paris en1954 : Pontus Hulten, qui séjourne alors dans la capitale, découvre le travail de l'artiste et fait sa connaissance. 
La Porte est une des premières œuvres de Tinguely dans lesquelles le mouvement, toujours présent, n'est pas celui bien orchestré et productif de notre technologie moderne, mais une agitation sans but, pour des machines « inutiles », comme aimait à le souligner l'artiste.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

Sculpture méta-mécanique automobile, 1954, fer, tôle peinte, remontoir

À partir de 1954, Tinguely construit des sculptures avec de fines roues dentées en fer et des feuilles de tôle de diverses couleurs, qui sont actionnées grâce à une manivelle. Il s'agit pour l'artiste de dépasser, avec une certaine ironie, les agencements de plans colorés figés caractéristiques de l'art abstrait, pour les mettre en mouvement. À l'agitation quelque peu chaotique due à un mécanisme sommaire qui inclut une part de hasard, s'ajoute, avec cette sculpture, la possibilité d'une déambulation. L'œuvre est présentée en 1955 dans la fameuse exposition « Le Mouvement » à la Galerie Denise René à Paris, galerie avec laquelle Hulten collabore à plusieurs reprises. Ce dernier fera entrer l'œuvre dans la collection du Centre Pompidou.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

Méta-matic no 1,1959, métal, papier, crayon feutre, moteur
Méta-matic no 17,1959, fer et bois peints, papier, encre, latex, moteur à carburant
Dessins réalisés par Ideo Pantaleoni et par Marcel Marceau avec les Méta-matic n° 9 et n° 7, 1959, feutre sur papier
Vingt-deux jetons originaux Méta-Matic dans une boîte A.W. Faber Castell, 1959, métal

Après de premiers essais vers 1955, Tinguely développe à partir de 1959 ses « machines à peindre », qu'il appelle Méta-matics. Il s'agit de déléguer à la machine l'acte de dessiner, selon toutes sortes de configurations en fonction de la manière dont elle est animée. De très grand format, la Méta-matic n°17 circule toute seule grâce à un moteur à essence, en déroulant des centaines de mètres de papier, sur lesquels s'inscrivent des graphismes. Le rouleau est coupé au fur et à mesure de la réalisation des dessins par des ciseaux mécaniques. Cette œuvre d'art total est présentée lors de la 1ère Biennale de Paris à l'automne 1959 sur le parvis situé entre les deux musées d'art moderne, et sera acquise par le Moderna Museet de Stockholm.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

Niki de Saint Phalle : 

Tir, séance 26 juin 1961, objets divers, plâtre, métal, peinture acrylique sur bois
Tir, 1961, tir réalisé à l'occasion de l'exposition « Feu à volonté » à la Galerie J, Paris (30 juin-12 juillet 1961), objets divers, plâtre, peinture et métal sur panneau

Les premières œuvres de Niki de Saint Phalle remontent pour l'artiste à une période de dépression et d'internement, vers 1953, à l'issue de laquelle elle déclare que l'art l'a sauvée. Elle réalise alors des peintures dans la veine de l'art brut, et des tableaux-reliefs qui incluent toutes sortes d'objets. En février 1961, elle commence une nouvelle série, les Tirs, libératrice tant du point de vue de ses expériences traumatisantes personnelles - elle a été abusée par son père à l'âge de 11 ans - que de sa condition de femme, et de surcroît de femme artiste. Elle confectionne des reliefs recouverts de plâtre dans lesquels elle inclut des poches de couleur, ou encore des œufs, et tire dessus à la carabine, ou fait tirer son entourage, pour « faire saigner la peinture ».

L'Accouchement rose, 1964, plâtre, peinture, objets divers, fibres textiles et grillage sur panneau

Après les Tirs, Niki de Saint Phalle entame une nouvelle série qui met en scène les stéréotypes féminins à travers des sculptures-reliefs particulièrement troublants. Hulten fait entrer en 1964 L'Accouchement rose comme « don de l'artiste » dans la collection du Moderna Museet, conjointement avec une autre de ses œuvres, moins dérangeante, acquise à titre onéreux. Ce don - plus facile à accepter qu'un achat - permet au musée de consentir à l'acquisition de l'œuvre, et ce malgré l'audace de cette proposition. Niki de Saint Phalle remerciera Hulten, qui n'avait pas dévoilé son stratagème à l'artiste, d'avoir « acheté » L'Accouchement rose dont « tout le monde disait que c'était une horreur ».

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

Femme nue (Figure), 1963-1964, fibres textiles et objets divers sur grillage
Sans titre, vers 1980, polyester peint, ampoules, métal et fil de nylon
Le Monstre de Soisy, vers 1966, plâtre, objets et matériaux divers, peinture, structure métallique

La thématique du monstre est récurrente dans l'œuvre de Niki de Saint Phalle et nourrit son bestiaire Fantastique. Ce dragon tient une place à part dans l'œuvre de l'artiste puisqu'il se trouvait dans la chambre de sa maison-atelier de Soisy-sur-École, dans l'Essonne, où elle s'était installée avec Tinguely lorsqu'ils avaient dû quitter, à l'hiver 1963-1964, l'impasse Ronsin, vouée à la démolition. On verra plus tard cette œuvre trôner dans le salon du manoir de Pontus Hulten, à Saint-Firmin-sur-Loire, où il passe les dernières années de sa vie. En 2005, il en fait don au Centre Pompidou.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely :

Sans titre, 1967, maquette du Paradis fantastique conçue pour le Pavillon Français de l'Exposition universelle de Montréal, plâtre, carton, fil électrique et bois
Le Paradis fantastique, 7 mars 1967, dessins préparatoires pour le Pavillon français de l'Exposition universelle de Montréal, feutre, crayon de couleur et peinture sur papier
Lettre-dessin à Pontus Hulten, 1969, stylo à bille, crayon de couleur, feutre et mine graphite sur papier 

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

Dans la rotonde, deux machines de Tinguely :

- Méta n° 3, 1970-1971, fer et trois moteurs, 200 x 600 x 400 cm
Hommage à New York (Klaxon), 1960, Fragment issu de l'action, métal, caoutchouc, peinture, moteur électrique

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

Dans une vitrine, les maquettes des sculptures réalisées par Niki de Saint Phalle pour la fontaine Stravinsky, inaugurée en 1983 à Paris.  Ce n'est pas Pontus Hulten, mais Pierre Boulez, alors directeur de l'Ircam, département associé du Centre Pompidou consacré à la recherche en musique contemporaine, qui en est l'initiateur. Il bénéficie pour ce projet de l'appui de Claude Pompidou, ainsi que de Jacques Chirac, alors maire de Paris. Cette commande d'une fontaine pour la place située entre le Centre Pompidou et le bâtiment de l'Ircam est passée par Boulez au seul Tinguely, qui impose de la concevoir entièrement en collaboration avec Niki de Saint Phalle.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

Un "accordéon" de lithographies de 1971 par Niki de Saint Phalle décore également la pièce.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

L'exposition « Rörelse i konsten » [Le mouvement dans l'art], Moderna Museet, Stockholm, 1961
La question du mouvement dans l'art fascine Pontus Hulten, qui cherche à en écrire l'histoire tout au long de sa carrière. Il envisage de présenter au Moderna Museet de Stockholm une exposition sur ce thème et la conçoit avec Willem Sandberg, le directeur du Stedelijk Museum d'Amsterdam, l'artiste Daniel Spoerri, ainsi qu'avec Jean Tinguely et l'ingénieur Billy Klüver. Les œuvres de Tinguely sont très largement représentées tandis que Saint Phalle met plutôt en avant son travail totalement novateur sur les Tirs, dont elle organise des performances à chaque étape de l'itinérance de l'exposition.

Jean Tinguely : Méta-Kandinsky I, 1956 (Autre titre : Wundermaschine)
Éléments en tôle, bois, essieux, courroies sur panneau en bois, moteur électrique
À partir de 1955, Tinguely intègre la couleur dans ses reliefs, réalisés seulement en noir et blanc à ses débuts. Il rend ici hommage à Kandinsky, artiste majeur de l'avant-garde, par l'utilisation d'éléments de tôle de diverses couleurs. Le mot « méta » - qui aurait été lancé par Pontus Hulten - marque une volonté de dépassement. Cette « machine à merveilles », autre titre de cette œuvre, est actionnée par un mécanisme bien visible, ce qui est encore rare dans les réalisations de Tinguely des années 1950.

Relief méta-mécanique sonore II, 1955, éléments en carton, bois et tôle, baguettes et fils métalliques, et objets divers sur panneau en bois peint, moteurs électriques
 

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

Le Soulier de Madame Lacasse, 1960, bois, métal, caoutchouc, objets divers, carton (peint en bleu IKB), moteur électrique
Cet assemblage peut paraître quelque peu saugrenu dans ses composantes - une chaussure, de la ferraille, un pupitre rouillé, un disque en carton suspendu à une tige telle une canne à pêche...
Il prend vie grâce à un moteur qui actionne la roue, provoquant le mouvement désordonné et bruyant des éléments. Le nom de Madame « Lacasse », épouse d'un artiste de l'impasse Ronsin à qui avait appartenu la chaussure, joue avec l'expression « mettre à la casse » les débris de la civilisation jugés désormais inutiles. Le disque bleu est quant à lui un hommage à Yves Klein, artiste inventeur du bleu IKB, avec lequel Tinguely s'est lié d'amitié dans leur recherche commune de l'immatériel, que sont la vitesse et le mouvement chez ce dernier.

Cyclograveur, 1960, métal, caoutchouc, objets divers
Le Cyclograveur est l'une des œuvres phares de l'exposition « Rörelse i konsten » (Le mouvement dans l'art). Le fonctionnement de la machine consiste à pédaler, tout en lisant un livre posé sur un lutrin, de façon à produire, au fur et à mesure de l'activation, un dessin sur une feuille, placée sur un panneau, que vient gribouiller un crayon fixé au bout d'une tige (à l'origine, une pointe métallique gravait directement le panneau). Ce dispositif absurde, augmenté par le déclenchement du son d'une cymbale et d'un tambour, provoque l'hilarité des visiteurs. Il souligne le pouvoir de dérision des œuvres de Tinguely.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

Niki de Saint Phalle : Martyr nécessaire/Saint Sébastien/ Portrait de mon amour/Portrait
of Myself
, mars-avril 1961, objets divers et peinture sur panneau en bois
Si Tinguely est largement représenté par ses sculptures dans l'exposition itinérante sur le mouvement dans l'art, Niki de Saint Phalle, qui a fait la connaissance il y a à peine quelques mois de Pontus Hulten, est quant à elle conviée avec deux œuvres seulement. De fait, le mouvement n'est pas au cœur de son travail. Ce « portrait », l'un des deux exposés, invite le public à lancer des fléchettes sur la cible qui figure en guise de tête.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

Jean Tinguely : Ballet des pauvres, 1961, métal, objets divers, moteur électrique

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

Hon - en katedral [Elle - une cathédrale], Moderna Museet, Stockholm, 1966

Invités par Hulten à réaliser un projet d'envergure dans son musée à Stockholm, Saint Phalle, Tinguely et l'artiste suédois Per Olof Ultvedt (1927-2006) s'y retrouvent en avril 1966 sans idée précise. Ils finissent par s'accorder sur la construction d'une gigantesque Nana dans le style de Niki de Saint Phalle. Représentée allongée et enceinte, elle est réalisée à une échelle monumentale en quelques semaines, avec l'aide d'Hulten. Le public y accède par le vagin pour y découvrir tout un monde animé: de vraies sculptures, une galerie de fausses peintures, une salle de cinéma, un toboggan, un bassin de poissons rouges... L'œuvre est détruite comme prévu à la fin de sa présentation, après un succès considérable.

À l'entrée de la salle, de Niki de Saint Phalle, Elisabeth (Nana), 1965, résine synthétique et peinture sur armature métallique,  inspirée par sa sœur enceinte. 

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
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Une maquette de Hon, conservée au Moderna Museet de Stockholm

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely : 

Lettre-dessin à Pontus Hulten, 1966, feutre sur papier
Lettre-dessin adressée à Manuel Gasser, 1966, encre, aquarelle, craie, feutre et stylo à bille sur papier
Deux projets d'affiche pour l'exposition « Hon - en katedral » [Elle - une cathédrale], Moderna Museet, Stockholm, 1966
Gouache, feutre, craie et stylo à bille sur papier imprimé 
Gouache, feutre et collage sur papier imprimé

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
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Niki de Saint Phalle : Photo de la Hon repeinte, 1979, peinture sur impression offset
Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely et Per Olof Ultvedt :
Hon (huvud) 1966, [Elle (tête)], papier mâché peint sur grillage
A Piece of Hon, 1966 [Un morceau de Hon], plâtre, tissu et technique mixte sur grillage

« Hon - en katedral » avait été conçue dès l'origine comme une installation éphémère. Bien au-delà des considérations matérielles rendant la conservation d'une telle sculpture géante impossible, il s'agissait de ne pas inscrire l'œuvre dans la pérennité. Elle échappait alors au commerce de l'art et il en restait la rencontre joyeuse avec le public, l'expérience totalement anti-conventionnelle du moment. L'œuvre est donc détruite à l'issue de l'exposition, par l'équipe du musée mais aussi des mains-mêmes de Pontus Hulten, comme en témoignent certains documents. Il en reste la tête, aujourd'hui dans les collections du Moderna Museet, un fragment de coque, et quelques morceaux de peau.

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
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Quelques œuvres exposées dans la Hon en 1966 :

Ulf Linde (1929-2013) : Gouache till Hon. Förfalskad Paul Klee, 1966 [Gouache pour Hon. Faux Paul Klee], gouache sur papier
Jean Tinguely : Radio Stockholm, 1966, métal, plumes, pièces de transistor, moteur électrique
Per Olof Ultvedt : Mannen i stolen, 1966 [L'Homme sur la chaise], bois peint, métal, moteur électrique Collection particulière
Si Niki de Saint Phalle est l'auteure de l'extérieur de Hon, l'animation de l'intérieur avec toutes ses attractions, en revient principalement à Jean Tinguely et Per Olof Ultvedt. Ce dernier avait notamment conçu l'installation, Mannen i stolen, présentée ici. Quant à Tinguely, il accueillait le visiteur avec son imposante machine bruyante - qui n'existe plus - comportant des rouages reliés à un système de destruction des bouteilles vides jetées par le public après avoir consommé les boissons offertes dans un distributeur Ailleurs, avec sa sculpture sonore Radio Stockholm, Tinguely proposait un collage audiovisuel aléatoire grâce à la présence d'un sélecteur de fréquences radio activé par un moteur

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
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Le Cyclop, Milly-la-Forêt (1969-1994)

À la fin des années 1960, Jean Tinguely imagine, avec Niki de Saint Phalle et l'artiste suisse Bernhard Luginbühl, de réaliser en secret une tête monumentale, un « monstre », au cœur de la forêt, dans l'Essonne. L'élaboration de ce projet dure 25 ans. Tinguely en orchestre la construction et invite plusieurs amis artistes à présenter une œuvre au sein de cette sculpture gigantesque. Victime d'actes de vandalisme, Le Cyclop est donné à l'État français en 1987. Saint Phalle poursuit son achèvement après la mort de Tinguely, selon ses instructions et avec l'aide d'Hulten. L'œuvre ouvre au public en 1994.

Jean Tinguely :

Étude pour «Le Monstre de Milly » sans date. mine graphite et crayon de couleur sur papier
Étude, 1970, mine graphite, stylo à bille, feutre et collage sur papier
Estampe rehaussée du Cyclop, avec dédicace à Seppi Imhof, 1977, feutre, stylo à bille, pastel gras et collage sur sérigraphie couleur

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
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Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely :
Le Cyclop - La Tête, 1986, maquette : métal, miroir sur polyester renforcé de fibre de verre
Le Cyclop - La Tête, 1970, maquette: métal, gaze, plâtre, peinture

Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)
Niki de Saint Phalle Jean Tinguely Pontus Hulten - Grand Palais x Centre Pompidou (I/II)

Et pour clôturer, ces deux lettres sur la fin de cette aventure :.

Jean Tinguely : Lettre-dessin à Pontus Hulten,  1989, collage, gouache, feutre et crayon à la cire sur papier
Niki de Saint Phalle : Grand Lion de la Culture, 1994, feutre, mine graphite et gouache sur papier

À partir des années 1980, Le Cyclop, dont l'emplacement en pleine forêt était resté secret, commence à être vandalisé. Pour faire face aux intrus, Tinguely et ses amis, qui avaient délaissé le chantier, leur tendent des pièges, telle une fausse porte par exemple. L'artiste songe même à déplacer « La Tête » à un autre endroit du monde, et sollicite Hulten pour l'aider à trouver un mécène pour l'opération. En 1985, il décide, avec Niki de Saint Phalle, de proposer le don du Cyclop à l'État français. Ce don est acté en 1987, et l'ouverture au public a lieu en 1994, après le décès de Tinguely. Saint Phalle rend alors hommage à Hulten, qui l'a aidée à parachever Le Cyclop.

Le Cyclop est resté ouvert au public de 1994 à octobre 2020. Il a été fermé à cette date pour une importante rénovation et il est de nouveau ouvert. depuis 2022. (https://www.lecyclop.com/)

Nous poursuivrons la visite de cette passionnante exposition dans un prochain billet.

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David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)

6 Septembre 2025 , Rédigé par japprendslechinois

David Hockney, né le 9 juillet 1937 à Bradford au Royaume-Uni, a déjà fait l'objet dans ce blog de deux billets : celui du 7 août 2017, lorsque nous avons découvert ce peintre à l'occasion de la rétrospective que lui a consacrée le Centre Pompidou, et celui du 18 Décembre 2021, quand le Musée de l'Orangerie a présenté la frise réalisée par Hockney pendant son confinement en Normandie pendant la pandémie du Covid 19.

Nous croyions bien connaître cet artiste prolifique, mais nous n'avons pu résister à aller plonger une nouvelle fois dans son univers, juste avant que ne ferme la gigantesque exposition de la Fondation Louis Vuitton, qui occupait l'ensemble des 11 galeries du bâtiment, et dont David Hockney aurait veillé lui-même au moindre détail. Cette visite en valait la peine, et nous espérons que le lecteur y prendra le même plaisir que les très nombreux visiteurs que nous avons croisés en ce dernier jour d'ouverture.

Galerie 2 De Bradford à Londres (1955-1963)

L'exposition s'ouvre sur le portrait du père de David Hockney (1955), immédiatement remarqué et exposé en 1957 à la Leeds Art Gallery. À la fin des années 1950, Hockney s'installe à Londres pour étudier au Royal College of Art. II découvre les musées et participe à une scène artistique en pleine effervescence. D'emblée, il opte pour une veine figurative jamais abandonnée quelle que soit la tendance dominante de l'époque. On peut voir alors dans ses œuvres une affinité avec les graffiti et la peinture de Dubuffet. Frôlant les interdits de l'époque en Angleterre, l'homosexualité de l'artiste s'y affirme franchement, en relation avec la lecture des poèmes de Walt Whitman et de Constantin Cavafy. Ses nombreux voyages en Italie, en France, puis à Berlin, New York et Los Angeles nourrissent son œuvre, faisant de ces années 1960 une période de création protéiforme.

Portrait of My Father, 1955, huile sur toile
Bolton Junstion, Eccleshill, 1956, huile sur panneau

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)

We Two Boys Together Clinging, 1961, huile sur panneau
Labor Omnia Vincit, vers 1960, huile sur panneau
Going to be a Queen for Tonight, 1960, huile sur panneau
Adhesiveness, 1960, huile sur panneau

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)

Berlin, A Souvenir, 1962, huile sur toile
Flight Into Italy, Swiss Landscape, 1962, huile sur toile
Renaissance Head, 1963, huile sur toile
The First Marriage (A Marriage of Styles I), 1962, huile sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
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The Second Marriage, 1963, huile, gouache et collage sur toile
The Hypnotist, 1963, huile sur toile
Play Within a Play, 1963, huile sur toile et Plexiglas

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
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Galerie 2 Londres - Paris - Los Angeles (1964-1998)

David Hockney s'installe à Los Angeles en 1964, puis à Paris en 1973, où il fréquente assidûment les musées et galeries, et expose au musée d'Art moderne de la Ville de Paris, aux Arts décoratifs, à la galerie Claude Bernard. Il rencontre alors quelques artistes et travaille avec l'atelier Crommelynck. Hockney retournera à L.A. en 1978.
Sont réunies ici des peintures célébrant la Californie hédoniste, solaire et libérée, à travers des œuvres devenues mythiques : A Bigger Splash, Portrait of an Artist, The Room, Tarzana. Ces peintures frappent par la simplicité de leur composition, l'évidence de l'image et la transparence de la lumière conférant aux scènes une forme de douceur dans un érotisme explicite. L'environnement architectural et naturel est réduit à l'essentiel des aplats de couleurs franches, dont les photographies prises au Polaroid sont l'une des sources d'inspiration. Deux doubles portraits iconiques - Christopher Isherwood and Don Bachardy, Mr and Mrs Clark and Percy - renouvellent ici la tradition de la conversation piece.
Suivront, dans les années 1980-1990, de nouveaux paysages états-uniens, l'Arizona et le Grand Canyon. Ces sites ne sont pas seulement des sujets, ils inspirent à Hockney une nouvelle façon de voir. Le Nichols Canyon, vu en surplomb avec un horizon surélevé, marque ce tournant. Hockney y aborde l'immensité et réagit par la démultiplication du format, assemblant dans son atelier de Los Angeles les 60 panneaux peints à l'huile du Bigger Grand Canyon dans une prodigieuse juxtaposition simultanée de divers points de vue.

Two Men in a Shower, 1963, huile sur toile
Boy About to Take a Shower, 1964, 1969, acrylique sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)

A Lawn Being Sprinkled, 1967, acrylique sur toile
A Bigger Splash, 1967, acrylique sur toile
The Room, Tarzana, 1967, acrylique sur toile
Portrait of an Artist (Pool with Two Figures), 1972, acrylique sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
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Some Neat Cushions, 1967, acrylique sur toile
Savings and Loan Building, 1967, acrylique sur toile
Christopher Isherwood and Don Bachardy, 1968, acrylique sur toile
Mr and Mrs Clark and Percy, 1971, acrylique sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
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Nichols Canyon, 1980, acrylique sur toile
Pacific Coast Highway and Santa Monica, 1990, acrylique sur toile
A Bigger Grand Canyon, 1998, huile sur soixante toiles

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Galerie 1 Retour dans le Yorkshire (1997-2013)

 Vers la fin des années 1990, Hockney revient plus fréquemment dans le Yorkshire, son pays natal, au Nord de l'Angleterre. En 1999, à la mort de sa mère dont il était très proche, il décide de s'y établir, sans cesser de séjourner régulièrement à Los Angeles. Le désir de peindre cette région, sans attrait pittoresque immédiat, le pousse à explorer une échelle à la fois intime et monumentale pour laquelle il définit un langage visuel approprié. Il multiplie alors points de vue et techniques. De nouveaux ensembles vont naître, qui l'absorberont pendant près d'une décennie.
Après avoir vécu depuis le milieu des années 1960 en Californie, Hockney se confronte dans le Yorkshire à un nouveau défi représenter le changement des saisons et leurs variations. S'inscrivant dans la lignée des grands paysagistes anglais, Constable et Turner, Hockney revient aux techniques traditionnelles - l'aquarelle, le fusain, l'huile... - et travaille en plein air tout en recourant simultanément à la photographie et à l'informatique pour achever sa plus grande œuvre, Bigger Trees near Warter or/ou Peinture sur le Motif pour le Nouvel Age Post-Photographique.

Quelques unes des 36 aquarelles sur papier de Midsummer, East Yorkshire, 2004 :

The Red House
Roadside Plants and Landscape. East Yorkshire
Jungle Garden, Burton Agnes Hall II
Tangled Bank and Trees. East Yorkshire
Harvested Wheat. East Yorkshire

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
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Tree Tunnel, August, 2005, huile sur toile
Early July Tunnel, 2006, huile sur deux toiles
The Tunnel Early Autumn, October, 2005, huile sur toile
Woldgate Vista, 27 July 2005, 2005, huile sur toile
Untitled, 22 July 2005, 2005, huile sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
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Kilham to Langtoft25 July 2005, 2005, huile sur toile
Kilham to Langtoft II27 July 2005, 2005, huile sur toile
Kilham to Langtoft2 August 2005, 2005, huile sur toile
Sledmere View7 & 10 August 2005, 2005, huile sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
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Rudston to Sledmere, August, 2005, huile sur toile
Langtoft to Kilham31 July 2005, 2005, huile sur toile
Rudston Trees II, 29 July 2005, 2005, huile sur toile
Sledmere to Malton, 3 August 2005, 2005, huile sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
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Kilham, 6 August 2005, 2005, huile sur toile
The Road to York through Sledmere, 1997, huile sur toile
Garrowby Hill, 2017, acrylique sur toile (hexagonale)
Garrowby Hill, 1998, huile sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
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David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)

La pièce maîtresse de cette salle, au titre franco-anglais :

Bigger Trees near Warter or/ou Peinture sur le Motif pour le Nouvel Age Post-Photographique, 2007, huile sur cinquante toiles (457,2 x 1219,2 cm ensemble)

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
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Bigger Trees nearer Warter, Winter 2008, 2008, huile sur neuf toiles, 274,3 x 365,8 cm ensemble
Bigger Trees nearer Warter, Summer 2008, 2008, huile sur neuf toiles, 274,3 x 365,8 cm ensemble

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)

Un extrait d'une autre belle série, The Arrival of Spring in 2013 (twenty thirteen), 2013, fusain sur vingt-cinq feuilles de papier

Woldgate, 10-11 May
Woldgate, 11-12 May
Woldgate, 15-16 May
Woldgate, 9 and 12 May

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
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Untitled No. 2 (The Arrival of Spring), 2011, huile sur huit toiles, 182,9 x 487,7 cm ensemble

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
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Sur la même thème avec une autre technique :

The Arrival of Spring in Woldgate, East Yorkshire in 2011 (twenty eleven) 18 December, dessin sur iPad imprimé sur papier, monté sur 4 feuilles de Dibond
 

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)

Fallen Trees on Woltgate, 2008, huile sur deux toiles 152,4 x 243,8 ensemble
Winter Timber, 2009, huile sur quinze toiles, 274,3 x 609,6 ensemble
Felled Trees, 2008, huile sur toile

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
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May Blossom on the Roman Road, 2009, huile sur huit toiles, 182,9 x 487,7 cm ensemble

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
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The Big Hawthorn, 2008, huile sur neuf toiles, 274,3 x 365,8 cm ensemble
Hawthorn Blossom near Rudston, 2008, huile sur deux toiles, 152,4 x 243?8 cm ensemble

David Hockney 25 - Fondation Louis Vuitton (I/II)
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Nous poursuivrons la visite de cette exposition dans un prochain billet.

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Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...

30 Août 2025 , Rédigé par japprendslechinois

Nous avons rendu compte ici, comme pratiquement chaque année, de l'exposition Animal !? organisée par le Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture (nos billets du 26 juillet et du 9 août 2025). Mais l'art contemporain est présent dans d'autres lieux de cette belle petite cité, ancienne capitale de la seigneurie puis principauté de Léon.

La galerie de Rohan, initiative municipale pour promouvoir l'art contemporain, fête cette année son dixième anniversaire avec une exposition intitulée 1, 2, 3 Couleur ! "une incitation joyeuse, une invitation à jouer, telle 1, 2, 3, Soleil ! et à entrer dans le champ optique de la lumière."

L'exposition présente 4 artistes :

- trois exposés à l'intérieur de la galerie, Elene Usdin, Ricardo Carvallo et ATAK.

- une poursuite du parcours à l'extérieur avec les oeuvres XXL de Lilian Bourgeat.

Commençons le parcours avec Elene Usdin :
Je est un autre ou le goût du masque, du caché dévoilé

Née à Paris en 1971, Elene Usdin obtient en 1998 son diplôme de l'École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris (graphisme et image animée). Artiste pluridisciplinaire, elle pratique différentes activités artistiques, la photographie, la performance, l'affiche, la bande dessinée, et aborde ainsi avec beaucoup de personnalité des sujets qui l'interpellent fortement, tout en se renouvelant constamment. Son œuvre, nourrie de nombreux voyages, est largement récompensée, comme dernièrement René-e aux bois dormants, récit dessiné sur les mythes fondateurs canadiens.
Commencée lors du confinement pour dénoncer la pénurie de masques, avec des laines rapportées du monde entier, Masquerade, la série tricotée des masques - cagoules s'inspire d'autoportraits dessinés par ses amis. Prise par le jeu des formes surdimensionnées, le tricotage varié de la maille et les contrastes colorés, Elene Usdin poursuit avec humour et inventivité la série: masques-oiseaux, masques-Janus...

Montreal (Urban Bird), laine tricotée main, 2023
Paris (Urban Bird), laine tricotée main, 2023

Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...

Bangalore (Urban Bird), laine tricotée main, 2023
Bruxelles (Urban Bird), laine tricotée main, 2023

Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...

May, coton tricoté main, 2020
June, laine tricotée main, 2020
April, laine tricotée main, 2020
Batmask, laine tricotée main, 2019

Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...
Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...
Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...

Vincent, laine et jersey tricotés main, 2020
Richard, laine tricotée main, 2020
Sally, laine tricotée main, 2024
Henri, laine tricotée main, 2020
Dennis, laine tricotée main et pull seconde main, 2020

Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...
Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...
Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...

Richard Cavallo :
La Vie est un paysage

Né en 1954 à Buenos-Aires en Argentine, Ricardo Cavallo vit et travaille dans le Finistère Nord. Il s'intéresse très jeune au dessin, il rentre en 1977 à l'Ecole supérieure des beaux-arts de Paris. Quotidiennement Ricardo Cavallo peint, à l'huile et sur le motif, les falaises de gabbro de Saint-Jean-du-Doigt en Finistère. Ses tableaux, parfois panoramiques, reflètent les innombrables variations lumineuses qui se jouent dans le ciel, la mer, la roche. Dans ce dialogue de titan avec la nature, le temps s'abolit et le peintre affronte le chaos originel et construit une œuvre totale empreinte de spirituel et de mythologie. Porté par une connaissance approfondie et un amour exclusif de la peinture, Ricardo intègre aujourd'hui dans le paysage des figurines qui l'accompagnent depuis toujours et les mets en scène avec poésie.
Il utilise sa méthode des « plaques » depuis les années 1980, composant d'immenses paysages à partir de fragments carrés. De cette technique, il dit : « Dans une toile unie, vous avez toujours la maîtrise de ce que vous êtes en train d'observer. Quand vous entrez dans un cycle où il y a cinquante morceaux, vous gardez l'unité de ce que vous êtes en train de faire, mais après vous entrez dans chaque alvéole. C'est à ce moment qu'il y a tout un tas de surprises. »

Le Cirque 2, peinture à l'huile sur panneau entoilé, 2023-2024
Kerdrein, peinture à l'huile sur panneau entoilé, 2023-2024

Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...
Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...


Rhun Glaz, peinture à l'huile sur panneau entoilé, 2024-2025
La reine des serpents II, peinture à l'huile sur panneau entoilé, 2021

Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...
Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...

Une journée, peinture à l'huile sur panneau entoilé, 2023-2024
Le tombeau d'Achille II, peinture à l'huile sur panneau entoilé, 2017

Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...
Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...

ATAK :
A collector's world

Né à Francfort-sur-l'Oder en 1967, Georg Barber vit et travaille en Allemagne. Il utilise le pseudonyme ATAK depuis la fin des années 1980, période punk durant laquelle il tapisse de graffitis les murs de Berlin-Est. Figure tutélaire de la scène underground, auteur de livres jeunesse remarquables, ATAK partage aujourd'hui sa vie entre l'enseignement à l'école supérieure d'art et de design de Halle (Allemagne) et son travail pictural. ATAK expose régulièrement en France, notamment à la galerie Arts Factory à Paris.
Avec humour et amour, ATAK compose d'exubérantes natures mortes florales (Still Leben) assorties d'objets personnels et de références picturales. Puisées dans sa collection de statuettes, de figurines de super-héros, de comics, ces références diverses mêlent sans hiérarchie, histoire de l'art, bande dessinée, musique et lui permettent de nombreuses variations jubilatoires. Tintin, Mickey, Dick Tracy, mais aussi Matisse, Picasso, Audubon et bien d'autres se rencontrent avec bonheur sous son pinceau. Il affectionne ce genre qui ne nécessite pas selon lui, de connaissances préalables et qui lui octroie une grande liberté.

Fugazi, Techniques mixtes sur papier, 2021
Morning in the City, Techniques mixtes sur papier, 2020

Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...

A Collector's World, techniques mixtes sur papier, 2020
Smith, bois découpé et techniques mixtes, 2022
Radio Dept, techniques mixtes sur papier, 2021
Stereolab, techniques mixtes sur papier, 2021

Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...
Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...

Cocteau Twins, techniques mixtes sur papier, 2021
Mickey Mouse, techniques mixtes sur papier, 2021
Animal Collective, techniques mixtes sur papier, 2021
Joan Miró, techniques mixtes sur papier, 2023

Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...
Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...

Art is eveywhere, techniques mixtes sur papier, 2022-2024
I shall never forget you, techniques mixtes sur papier, 2024
Bad Manners, techniques mixtes sur papier, 2024
Henri Matisse, techniques mixtes sur papier, 2024

Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...
Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...

Et pour finir, dans les rues de Landerneau :

Lilian Bourgeat :
L'art de la démesure

Lilian Bourgeat est né en 1970 dans le Jura, vit et travaille entre Dijon et le Finistère Nord. Il a étudié à l'école nationale supérieure d'art de Dijon. En agrandissant des objets ordinaires, Lilian Bourgeat les rend « extra-ordinaires » et les élève au rang d'œuvres d'art. Il interroge aussi notre rapport à ses créations, et aux lieux dans lesquels elles sont placées. « Il ne s'agit pas d'agrandir pour agrandir. Je cherche plutôt à chaque fois à créer une situation, ou un évènement en perturbant légèrement le cours normal des choses ». C'est cela qui doit rendre la confrontation avec l'art contemporain plus aisée tout en questionnant notre rapport à la société de consommation. Il y a toujours plusieurs niveaux de lecture dans le travail de Lilian Bourgeat. Colorés et familiers, ces objets apparaissent d'abord séduisants puis, en s'approchant, ils deviennent déroutants. Les titres, inspirés de références littéraires comme le Voyage de Gulliver, de Jonathan Swift, de contes, des fables de Jean de la Fontaine ou encore de dictons populaires, nous invitent à créer nos propres histoires. Non sans une bonne dose d'humour, l'artiste met en scène, de manière différente à chaque exposition, ses objets qui entrent alors en résonnance avec leur lieu d'installation. Ainsi, les Invendus (pieds droits) ont une saveur toute particulière sur le Pont de Rohan...

Posé sur le toit même de la Galerie, un gigantesque niveau à bulles :

La terre est plate, résine polyester, verre, 2019

Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...

Sur le parvis de l'hôtel de ville, Banc public, acier, résine polyester, face à une œuvre d'art anamorphique réalisée en 2024 par les street artists néerlandais Leon Keer et Massina (œuvre éphémère en craie déjà un peu effacée...) 

Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...
Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...
Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...

Sur une façade des habitations du pont de Rohan, Relief #1, résine polyester, 2023, et dans une vitrine d'une autre maison du pont, L'Érudit, résine polyester, acier, peinture polyuréthane, 2023.

Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...
Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...

Et pour terminer ce billet sur une belle image, Invendus (pieds droits), résine polyester, 2023, surplombant l'Élorn depuis la terrasse d'une maison du pont de Rohan.

Landerneau : il n'y a pas que Leclerc...
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Porsporetro - 17 août 2025

23 Août 2025 , Rédigé par japprendslechinois

Encore un billet breton, la période estivale n'est pas terminée...Plus d'images que de textes cette fois, en laissant libre cours à la nostalgie et à la passion un peu passée de mode pour la "bagnole", comme disaient les regrettés (?) présidents Pompidou ou Chirac.

Organisé par le comité des fêtes de Porspoder au profit de l'association Les Blouses Roses , ce rassemblement a réuni samedi dernier une cinquantaine de véhicules plus ou moins anciens (seuil minimum de participation : 30 ans) sous un beau soleil breton.

Quelque photos de ce rassemblement un peu hétéroclite, d'abord au point de rassemblement au milieu de la dune, devant la salle omnisport de Porspoder.

Avant l'arrivée de la randonnée du matin, quelque véhicules qui n'y avaient pas participé : Renault 4L "Savane", Citroën DSuper5, une 2CV et une Rolls Royce à la limite de l'ancienneté requise.

Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025

Une belle fourgonnette 1500 Chenard et Walker, marque importante avant guerre, absorbée par Chausson, puis par Peugeot.

Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025

La première voiture à arriver est une Mercédès 190 SL de 1958

Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025

Au passage : Citroën DS 21, Renault 4CV, Renault Caravelle...

Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025

Morgan 4/4, Morgan Roadster, Simca Versailles

Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025

Peugeot 505 Coupé, une rare Citroën Acadiane, Triumph 2000

Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025

Alpine Renault A110 Berlinette, Sunbeam-Talbot Alpine, Austin-Healey Sprite

Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025

Citroën SM, belle automobile chère au cœur de certaine de nos lectrices, Morris Minor, qui a remis la Grande Bretagne sur les roues après la 2e guerre mondiale, MG type B du temps où cette marque n'était pas celle d'automobiles électriques chinoises, et la Coccinelle Volkswagen des premiers temps de notre mariage (mais la notre était d'un orange plus flashy)

Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025

Un petit tour parmi les voitures garées pour le repas de midi : 

une magnifique Traction Citroën 15, une Peugeot 404, deux Peugeot 203 (dernier modèle, celles de mon enfance avaient des lunettes plus petites et des flèches de direction à la place de ces minuscules clignotants)

Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025

On retrouve sous d'autres angles les Morgan, Sunbeam, Morris et MG,...

Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025

la 4CV et la Versailles

Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025

Terminons ce tour du parking avec une fourgonnette Citroën type H, une Simca 9 Aronde,...

Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025

...et cette Buick Roadmaster, dont le modèle réduit Dinky Toys était le fleuron de notre collection.

Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025

L'après-midi, les participants étaient conviés à une excursion le long de la côte, entre Porspoder et Saint-Pabu. Nous avons profité de leur passage rue de Béniguet, le long de l'aber Benoît, pour les revoir. 

Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025

Dans la cohorte des voitures défilant à Saint-Pabu, quelques modèles que nous n'avions pas photographié le matin :

Deux Trimph TR3

Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025

Une Simca 1300, une Peugeot 204 cabriolet, Une Renault Frégate

Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025

Et pour terminer cet inventaire à la Prévert - et ce billet - une Dodge Dart, une modeste Ford Fiesta et une imposante Cadillac Eldorado.

Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
Porsporetro - 17 août 2025
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Patrimoine du Finistère

16 Août 2025 , Rédigé par japprendslechinois

Comme chaque année durant la période estivale, un billet pour partager avec le lecteur quelques aspects du riche patrimoine du Finistère. Commençons par la ville de Morlaix (Montroulez en breton), sous-préfecture du département, dans un site remarquable au confluent des deux cours d'eau qui forment le Dossen ou rivière de Morlaix, une ria ou aber à la limite du Léon et du Trégor.
L'église Saint-Melaine, à mi-pente du coteau qui s'élève à l'est de la vallée, a été construite à partie de 1489 pour remplacer la chapelle d'un ancien prieuré, devenue église paroissiale et trop petite devant l'accroissement de la population.

Patrimoine du Finistère

Comme dans certaines des églises des enclos paroissiaux des environs, les plafonds de sa vaste nef et des bas-côtés figurent un ciel étoilé d'un bleu intense, et les poutres ouvragées semblent sorties de la gueule d'impressionnants dragons.

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

À la limite des murs et des voûtes, des sablières ouvragées et des blochets en forme de figures humaines ou célestes.

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

Une série de panneaux du XVe siècle avec des scènes de la vie de la Vierge : Annonciation, Nativité, Fuite en Égypte. 

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

Un baptistère à baldaquin datant de 1660.

Patrimoine du Finistère

Le portail sud, par lequel a commencé la construction, abrite une très belle décoration.

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

Le paysage urbain de Morlaix est indissociable de son viaduc, qui traverse la vallée d'est en ouest, et donc le lecteur trouvera toutes les caractéristiques sur le panneau ci-contre, posé pour l'instruction des promeneurs qui peuvent arpenter le niveau inférieur de l'ouvrage. (construit en deux ans de juillet 1861 à septembre 1863, si votre vue ne vous permet pas de le déchiffrer).

Patrimoine du Finistère

Depuis le côté est de la promenade du viaduc, on domine l'église Saint-Melaine.

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

La promenade traverse chaque arche par une porte à la voûte en demi-cercle qui donne d'intéressants effets de perspective.

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

Depuis le viaduc, la vue s'étend vers le sud et le centre de la ville, avec l'imposant hôtel de ville...

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

et vers le nord, avec le port et au loin l'embouchure de la rivière de Morlaix.

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

Un peu partout dans la ville, d'intéressantes maisons anciennes.

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

Des rues anciennes comme la grand'rue qui n'a pratiquement pas changé depuis le moyen-âge, même si les maisons ont été remplacées

Patrimoine du Finistère

Le plus bel ensemble est sans doute l'ancienne place des Halles (à présent place Allende), avec plusieurs maisons "à pondalez", caractéristiques de Morlaix.

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

Encore quelques clichés de la ville et de ses métiers...

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

avant de terminer par l'église Saint-Mathieu avec sa belle tour-clocher Renaissance bâtie de 1548 à 1593.

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

Nous avons souvent décrit dans ce blog les enclos paroissiaux autour de Landerneau et de Landivisiau (dernier billet de ce type : 17 août 2024), mais il en reste toujours à découvrir : la commune de Pencran, dans la banlieue immédiate de Landerneau, abrite un très bel enclos. Même si nous n'avons pu en visiter l'église qui est encore de travaux de restauration, plusieurs éléments ont beaucoup d'intérêt, à commencer par le calvaire :

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

et pour le lecteur qui en souhaiterait une vision plus romantique, cette gravure du XIXe siècle de Charles Yriarte (1833-1898)

Patrimoine du Finistère

Le clocher et l'ossuaire.

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

L'ossuaire est en triste état, on en préférera la vue bucolique et romantique qu'en donne cette ancienne gravure.

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

Le porche sud présente de très belles sculptures

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

dont ces deux créatures monstrueuses

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

L'intérieur du porche a conservé toutes les statues de ses saints.

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère

Terminons ce billet en sortant de l'enclos de Pencran entre ces piliers ornés de lanternons, qui faisaient déjà le charme de cet endroit en 1844 (Léon Gaucherel)

Patrimoine du Finistère
Patrimoine du Finistère
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Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)

9 Août 2025 , Rédigé par japprendslechinois

Nous poursuivons dans ce billet le parcours de l'exposition Animal !? présentée par le Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture (voir notre billet du 26 juillet dernier.

 

II. L'autre de l'humain

Pour accéder à cette deuxième partie, un passage sous une installation très pittoresque d'Annette Messager (née en 1943) : Eux et nous, nous et eux, 2000, animaux naturalisés, peluches, miroirs.
Dans cette installation créée en 2000 pour l'exposition La Beauté au Palais des Papes à Avignon, Annette Messager compose un bestiaire chimérique, mêlant corps d'animaux naturalisés et têtes de peluches, installés sur des miroirs. Cette œuvre explore les frontières entre l'humain et l'animal, le vivant et l'inanimé, le réel et l'illusion, le monde des adultes et celui des enfants.

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)

La rencontre

L'animal sauvage suscite autant l'admiration que l'inquiétude. Il incarne une puissance indomptable, une altérité radicale qui provoque un mélange de crainte et de désir. Cette relation ambivalente trouve un écho dans l'un des mythes les plus universels: celui de la rencontre entre l'humain et la bête, oscillant entre répulsion et attraction. L'un cherche à dompter l'autre, mais aussi à l'apprivoiser, à la comprendre, voire à fusionner avec elle. L'art, en mettant en scène cette relation, explore les pulsions que l'humain projette sur l'animal, miroir de ses propres contradictions.

Marina Abramović (née en 1946) : Portrait with Scorpion (Open Eyes), 2005, tirage argentique

Art Orienté Objet (duo artistique créé en 1991 à Paris et composé de Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin) : Félinanthropie, 2007, photo analogique, tirage argentique

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)

Pierre Klossowski (1905-2001) : Diane et Actéon, 1991-92, bronze polychrome

Huang Yong Ping (1954-2019) : Chevalier du XXIe siècle empaillé, 2019, taxidermie de lion, fibre de verre, vêtements, accessoires, livre
Cette sculpture de Huang Yong Ping - étrangement prophétique - est la dernière œuvre de l'artiste dont le corps sans visage - moulé en Chine un mois avant son décès - chevauche un lion de cirque, mort de vieillesse à Paris. Il tient dans sa main un exemplaire de La République de Platon, un texte fondateur de la philosophie politique occidentale, décrivant l'organisation d'une cité idéale. Le lion, symbole de pouvoir et de puissance, est rendu ici à l'état d'animal domestiqué quand le chevalier sans visage rappelle la dissolution de l'individu face aux systèmes politiques et idéologiques en figures interchangeables.

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)

Camille Henrot (née en 1978) : Draft (Série Tropics of Love), 2014, encre de Chine sur papier

Max Ernst (1891-1976) : Une Semaine de bonté ou Les sept éléments capitaux  Volume 4, 1934, Éditions Jeanne Bucher

Edi Dubien (né en 1963) : Sans titre, 2024, aquarelle et crayon sur papier

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)

Centaure et Minotaure - De sangs mêlés

À la lisière entre mondes humain et animal, centaures et Minotaure incarnent les tensions entre civilisation et sauvagerie. Leur corps hybride raconte un héritage de sangs mêlés qui les condamne à l'errance ou à la tragédie. Les centaures, mi-hommes, mi-chevaux, indomptables pour certains, porteurs de sagesse pour d'autres, sont tour à tour alliés ou ennemis des hommes, leur rappelant la puissance incontrôlable de la nature. Le Minotaure est, lui, une créature unique, enfermée dans le labyrinthe de Dédale. Monstre et victime, il symbolise l'exclusion et le désordre que la société cherche à contenir. Ces figures puissantes et ambivalentes nous interrogent: que reste t-il d'animal en l'homme?

Au milieu de cette section, Antoine Bourdelle (1861-1929) : Centaure Mourant, 1914, bronze
Le centaure, le torse rejeté en arrière, semble basculer dans l'agonie, son visage tordu de douleur. Le contraste entre la musculature vigoureuse et l'affaissement du corps accentue la sensation de lutte intérieure et de chute inévitable. Le centaure devient ici un double du sculpteur, incarnant à la fois la puissance créatrice et la lutte contre la matière. 

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)

Vassily Kandinsky (1866-1944) : Improvisation XIV, 1910, huile sur toile

Franz Marc (1880-1916) : Zwei Kühe mit aufgehender Sonne [Deux vaches avec soleil levant], 1912, crayon sur papier

Gustave Moreau (1826-1898) : Centaures, non daté, huile sur toile
Traditionnellement représentés dans la mythologie grecque comme des êtres sauvages, les centaures chez Moreau sont armés de lyres, ou autres instruments de musique. Ils incarnent la dualité propre à ces créatures mythologiques: la tension entre l'instinct animal et l'aspiration à l'art, la sagesse ou l'harmonie.

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)

Auguste Rodin (1840-1917) : La Centauresse, 1901-1904, marbre

Leonora Carrington (1917-2011) : La Hija del Minotauro [La Fille du Minotaure], 2010, bronze

Art Orienté Objet : May the Horse Live in Me, 2011, photo analogique, tirage argentique et accessoires

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
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Pablo Picasso (1881-1973) : 

La Minotauromachie, 1935, eau forte, grattoir et burin sur cuivre imprimé sur papier
Minotaure et femme faisant l'amour, 1933, eau-forte sur papier
Profil de Marie-Thérèse en abîme, jeune homme au masque de minotaure et vieux barbu aux oreilles d'âne, 1934, eau-forte sur papier
Minotaure et jeune femme enlacés rêvant sous une fenêtre, 1933, eau-forte sur papier
Le Repos du Minotaure : champagne et amante, 1933, eau-forte sur papier

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
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Monstres et merveilles

Des Métamorphoses d'Ovide aux grotesques de la Renaissance, jusqu'aux spéculations du transhumanisme contemporain, l'hybridité interroge la malléabilité du vivant et la porosité entre les espèces. Avec les grotesques, ces figures fantastiques issues de l'imaginaire, les artistes explorent les frontières entre le naturel et le surnaturel, le beau et le monstrueux, défiant les normes esthétiques. L'hybridation est à la fois l'occasion d'une exploration formelle et un prisme à travers lequel l'humanité interroge sa propre nature d'être animal, en symbiose avec d'autres espèces.

Wifredo Lam (1902-1982) : La Fiancée de Kiriwina, 1949, huile sur toile

André Masson (1896-1987) : L'Homme-mort, 1926, huile sur toile

Giuseppe Arcimboldo (suiveur) : Allégorie de l'Eau, 1568, huile sur toile
Arcimboldo (1527-1593), peintre maniériste italien, est célèbre pour ses portraits allégoriques composés d'éléments naturels (fruits, légumes, objets ou ici animaux).

Gérard Garouste (né en 1946) : La Danse et les Pies (Les Cinq Points de l'Âme), 2013, huile sur toile
(voir nos billets du 1er octobre et du 8 octobre 2022)

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
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Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)

Meret Oppenheim (1913-1985) : L'Écureuil, 1960, assemblage de verre, polyuréthane, queue de fourrure

Charles Fréger (né en 1975) : Dondolaši, Grobnick, Croatie, Série Wilder Mann (depuis 2010), tirage pigmentaire sur papier

Alexander Calder (1898-1976) : Curved beast, 1970, stabile-mobile en métal peint

Rithika Merchant (née en 1986) : Sun Feeders, 2021, gouache, aquarelle et encre sur papier

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
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Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)

Marc Chagall (1887-1985) :
Femme-peintre animal, vers 1945-1947, encre sur papier
Doubles profils clown-animaux sur les toits, vers 1957, pastel et encre de Chine sur papier
Entre les deux animaux, vers 1947, encre de Chine et encre bleue sur papier
Étude pour Le songe d'une nuit d'été, 1938, gouache et graphite sur papier
Homme à la tête d'âne pour Suite provinciale de Gustave Coquiot 1927, encre sépia sur papier

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
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Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)

Une section est consacrée au mouvement CoBrA (acronyme de « Copenhague, Bruxelles, Amsterdam », du nom des villes de résidence de la plupart des membres fondateurs). Peut-être à cause de son nom d'animal ??

Karel Appel (1921-2006) :  Exodus n° 1, 1951, huile, gouache, crayons de couleur et collage de papiers découpés marouflés sur toile

Sonja Ferlov Mancoba (1911-1984) : Stille vækst [Croissance silencieuse], 1962, bronze

Constant Nieuwenhuys (1920-2005) : Satyr, 1948, huile sur toile

Asger Jorn (1914-1973) : Le Cocuisinier, 1962, huile sur toile sur un tableau préexistant, collée sur bois

Guillaume Corneille (1922-2010) : La Venue de l'oiseau, 1951, aquarelle et gouache sur papier

L'affiche (lithographie) de l'exposition CoBrA à la galerie Pierre Loeb en 1951 est due à Asger Jorn.

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
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Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
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Léda et le cygne - Les ailes du désir

Pourquoi Zeus choisit-il de se transformer en cygne pour séduire Léda? Selon le mythe, Zeus, épris de Léda, reine de Sparte, prend l'apparence du majestueux animal pour l'approcher. De cette union, forcée ou consentie selon les versions, naît une lignée héroïque. Zeus est coutumier des métamorphoses animalières, il a déjà conquis Europe en se transformant en Taureau. Ici, il fait le choix d'un animal ambivalent, en apparence inoffensif, dont la blancheur évoque la pureté, mais qui peut se montrer possessif. Depuis l'Antiquité, ce mythe gréco-romain fascine les artistes par son ambiguïté, entre violence et sensualité, domination et abandon, désir et transgression, séduction et contrainte.

Leda e il cigno, 1587, réplique romaine d'un original hellénistique, marbre
Contrairement à d'autres versions plus idéalisées, cette interprétation se distingue par son caractère sensuel et ambigu, reflétant une approche plus directe du désir et de la tension entre consentement et soumission. 

Constantin Brancusi (1876-1957) : Léda, 1920, bronze poli, coulé par Susse Fondeur, Paris 
La sculpture de Constantin Brancusi revisite le mythe antique de Léda et le cygne à travers une approche minimaliste et abstraite, caractéristique de son langage sculptural. (cf notre billet du 11 mai 2024)

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)

Cy Twombly (1928-2011) : Leda and The Swan, 1963, huile, mine de plomb et crayon sur toile (cf. notre billet du 9 avril 2017)

Jacqueline de Jong (1939-2024) : No Narrative, 2022, huile en stick sur papier canvas

Nina Childress (née en 1961) : Sex mit Schwan, 2009, huile sur toile

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)

d'après Léonard de Vinci (1452-1519) : Léda et le Cygne, vers 1671, sanguine

Paul Véronèse (1528-1588) : Léda et le cygne, vers 1580, huile sur toile

Gustave Moreau : Léda, non daté, huile sur toile

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
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Birgit Jürgenssen (1949-2003) : Nest [Nid], 1979, photographie noir et blanc sur papier baryté

Sarah Lucas (née en 1962) : Chicken Knickers, 1997, C-print

Ana Mendieta (1948-1985) : Blood and Feathers [Sang et Plumes], 1974, photographie

Rebecca Horn (1944-2024) : Die Kleine Siren [La Petite Sirène], 1990, plumes, moteur et tige métallique

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
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Les métamorphoses d'Arachné

Tisseuse patiente, mère vigilante ou présence inquiétante tapie dans l'ombre, l'araignée incarne des forces contraires : création et destruction, protection et menace, habileté et malédiction. Depuis des siècles, les artistes s'emparent de son image pour explorer sa polysémie, entre mythes anciens et visions intimes. Dans l'imaginaire psychanalytique, elle incarne des forces archaïques. À la fois protectrice et dévorante, elle tisse des liens étroits avec l'inconscient : angoisse de castration ou toute-puissance maternelle capable d'étouffer l'individu dans sa toile affective.

Louise Bourgeois (1911-2010) : Spider, 1994, bronze, patine brune et au nitrate d'argent, granit 
Spider est l'une des œuvres les plus emblématiques de Louise Bourgeois. Cette sculpture monumentale représente une araignée aux longues pattes élancées, abritant sous son abdomen un œuf en granit. À la fois protectrice et inquiétante, elle incarne l'ambivalence de la figure maternelle, thème central dans l'œuvre de l'artiste et hommage répété à sa mère, tisserande de métier, qui, comme l'araignée, réparait, protégeait et créait. Par sa dimension, Spider oscille entre bienveillance et menace, refuge et danger, explorant la complexité des liens maternels et des souvenirs d'enfance.

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (II/II)
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Elizabeth Jaeger (née en 1988) : Beetles, 2024, céramique et cuivre

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Gustave Doré (1832-1883) : Virgile et Dante regardant la femme araignée, illustration de ''La Divine Comédie" 

Odilon Redon (1840-1916) : L'Araignée souriante, 1887, lithographie (Fac-similé)

Alexander Calder : Araignée, 1947, fil de fer

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Un bel ensemble de sculptures de Germaine Richier (1902-1959) (cf. notre billet du 6 mai 2023) :

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La Mante (grande), 1946, bronze 
Le Crapaud, 1940, bronze
La Fourmi, 1953, bronze
Le Griffu, 1951-1952, bronze

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La Sauterelle (grande), 1955-1956, bronze
L'Araignée I, 1946, bronze, socle en bois

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À la fin de l'exposition, dans la dernière pièce avant la sortie : Renaître

Pendant longtemps, l'humanité s'est considérée comme une espèce à part, une exception du règne animal. Pourtant, on sait désormais qu'il est un être vivant comme les autres, ni au-dessus, ni en dessous, mais à côté, coexistant avec ses congénères non humains. Nous partageons une communauté de destins, du seul fait que nous partageons la même terre; les actions de chacun ayant des conséquences pour les autres. Le temps est venu de repenser notre relation aux non- humains, de les regarder comme des sujets plutôt qu'en tant qu'objets. Quand Descartes définit l'humain par cette formule, « Je pense, donc je suis », Derrida répond: « L'animal que donc je suis. »

Kiki Smith (née en 1954) : Born, 2002, bronze
Une biche donne naissance à une femme adulte.

Kubra Khademi (née en 1989) : Sans titre (Série Birth Giving), 2020, gouache sur papier

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La Louve de Rome allaitant Romulus et Remus, vers 1585-1600, marbre rouge antique, marbre blanc

Necla Rüzgar (née en 1972) : Innerfauna l, 2015, huile et acrylique sur toile

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Les Bateaux de l'Aber Benoît - 1930 à 1965

2 Août 2025 , Rédigé par japprendslechinois

Cette année, l'exposition "déambulatoire" organisée chaque année à Saint-Pabu, lieu de villégiature de l'auteur, porte sur les bateaux de l'Aber Benoît. Nous ne manquerons pas, comme chaque année, d'en effectuer le parcours pour nos fidèles lecteurs. (voir, parmi les dernières, nos billets du 20 juillet 2024 et du 16 juillet 2022.)

À travers 13 clichés pris entre 1930 à 1965, elle vise à évoquer la variété des bateaux navigant sur l'aber ; tantôt bateaux de travail des goémoniers et pêcheurs, tantôt bateaux de loisirs, qui se retrouvaient lors des régates annuelles d'août.
Gilles Cochevelou, collecteur et collectionneur de photos anciennes, ouvre ses albums, complétés de clichés d'Emile Le Stir versés aux archives départementales du Finistère.

Les clichés sont affichés le long et aux abords du GR34, qui traverse le bourg en longeant l'Aber, et une carte permet d'en trouver l'emplacement.

Les Bateaux de l'Aber Benoît - 1930 à 1965

1 - L'aventure - 1960 : construit en 1948 à Saint-Pabu, le bateau goémonier « L'Aventure » d'Yves Pallier du Reut, sur la plage de Korn ar Gazel.

Les Bateaux de l'Aber Benoît - 1930 à 1965

2 - Goliath - 1930 : un hydravion Goliath de la base de Berre l'Étang attire les curieux à Korn ar Gazel. Peut-être un lien avec l’ancienne base d’hydravions de « l’île aux Américains » à l’Aber Wrac’h

Les Bateaux de l'Aber Benoît - 1930 à 1965

3 - Régates - 1965 : au mois d’août, régate annuelle sur l’aber des cotres de l'Aber Benoît et dériveurs de type vaurien, sous le regard du public nombreux assis sur la dune

Les Bateaux de l'Aber Benoît - 1930 à 1965

4 - Fu-Yuan - 1935 : le « Fu-Yuan » de Robert La Folie, devant l'« Eugénie » de Charles Clavier, tous les deux de Kervigorn.

Nous avions évoqué le Fu-Yuan dans notre billet du 24 avril 2012, lorsqu'il était échoué sur la grève de Porz-Ar-Vilin (photo).

Les Bateaux de l'Aber Benoît - 1930 à 1965
Les Bateaux de l'Aber Benoît - 1930 à 1965

5 - Erik - 1955 : l'« Erik » des frères Le Tac de Kervigorn, construit en 1925 aux chantiers Perhirin à l'Aber Wrac'h. Ces chantiers se sont inspirés du dessin de la coque de ce bateau pour construire d’autres cotres dont le Barracuda, le Thu-Haï, le Musembo, le Wanka : certains naviguent encore aujourd’hui sur l’aber en été

Les Bateaux de l'Aber Benoît - 1930 à 1965

6 - Moussaillon - 1933 : régates de l’été : le « Moussaillon » d'Etienne Falhun habitant alors Brest (et qui achètera ensuite une villa qui deviendra l’hôtel des pins à Kervigorn), vainqueur dans la catégorie « prix des villas ». Dans l'annexe, Joseph Pallier du Passage

Les Bateaux de l'Aber Benoît - 1930 à 1965

7 - Sabliers - 1952 : Sortie de l'Aber Benoît, à marée descendante, des sabliers (« Fleur de mai », « Dieu protège », « Fleur de Lampaul ») de Lampaul-Plouarzel pour une livraison de sable à Brest

Les Bateaux de l'Aber Benoît - 1930 à 1965

8 - Les cinq sœurs - 1935 : régates : Eugène Cloarec du Passage sème ses concurrents à la barre du goémonier « les cinq sœurs » lors d'une régate, après avoir modifié son gréement pour l’occasion

Les Bateaux de l'Aber Benoît - 1930 à 1965

9 - Marie - 1930 : au Passage, François Coum de Pen al Liorou à bord de son bateau de pêche « Marie », prénom de son épouse Marie Omnès

Les Bateaux de l'Aber Benoît - 1930 à 1965

10 - Reder Mor – 1949 : en breton « Coureurs des mers » : quand les bateaux des professionnels Pallier, Le Goff et Amil côtoient les bateaux de plaisance sur la même plage

Placardée auprès de cette photo sur le mur du bureau du port du Stellac'h, un vestige de l'exposition de 2019 consacrée au peintre Jean-Yves André (voir notre billet du 20 juillet 2019)

Les Bateaux de l'Aber Benoît - 1930 à 1965
Les Bateaux de l'Aber Benoît - 1930 à 1965

11 - Stereden Vor - 1949 : construit en 1944 à Saint-Pabu, le bateau goémonier « Stereden Vor » (Étoile de mer en breton) de François Laot de Landegarou au mouillage à Porz ar Vilin

Les Bateaux de l'Aber Benoît - 1930 à 1965

Devant le lavoir du bourg (dit aussi lavoir Saint Maudez)

12 - Attente - 1950 : assis dans un bateau de plaisance, François Laot de Kerguinou attend avec ses chevaux et sa charrette le retour du bateau goémonier sur la grève de Porz ar Vilin

Les Bateaux de l'Aber Benoît - 1930 à 1965

Et pour terminer le parcours, sur la place principale (Teven Ar Reut), ornée par une fontaine où trône une reproduction de la balise du Chien qui marque l'entrée dans l'Aber Benoît :

13 - Divora - 1930 : « Divora » ou l’action de décharger la marée en breton : à Ganaoc, le goémon est transbordé du bateau sur la charrette par Jean L'Hostis, de Kervasdoue, sous l'œil de sa femme Marie Pérès, qui attend pour remonter la charrette pleine sur Tevenn Ganaoc (la dune de Ganaoc), où le goémon sera séché puis brûlé pour le transformer en pains de soude

Les Bateaux de l'Aber Benoît - 1930 à 1965
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Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (I/II)

26 Juillet 2025 , Rédigé par japprendslechinois

Nous renouons dans ce billet avec les expositions estivales du Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la culture, installé dans l'ancien couvent des Capucins à Landerneau. (voir pour la dernière nos billets du 24 août et du 31 août 2024.). Il s'agit cette fois d'une exposition "à thème", ainsi présentée par les organisateurs : 
L'animal peuple l'imaginaire des artistes depuis les débuts de l'humanité. Il apparaît dès l'art pariétal et traverse les siècles jusqu'à nos jours avec la même importance. Les artistes l'ont fantasmé, idéalisé, caricaturé, humanisé, hybridé, s'aventurant à la lisière de ce qui sépare l'espèce humaine des autres animaux. Depuis toujours, cette frontière fascine et trouble les artistes. Au cœur de notre quotidien, l'animal agit comme un révélateur de notre rapport ambigu avec le vivant, oscillant entre admiration, crainte et projections. À la fois miroir de nos instincts et figure de l'altérité, il incarne nos désirs, nos peurs et nos interrogations face à ce qui nous lie - et nous distingue - dans le règne animal. Le rôle des animaux est déterminant. Au tournant des grandes révolutions esthétiques, ils s'imposent comme un marqueur des avant-gardes. Et sont, à chaque époque, le vecteur d'innovations formelles et conceptuelles. Mais qui sont-ils ? Et qui sommes-nous?
Comme cette introduction, les intitulés du parcours peuvent sembler parfois grandiloquents.

I. Entre nature et culture

L'Eden et après ?

Le récit biblique du jardin d'Éden illustre l'idéal d'harmonie, un monde sans prédation ni domination où l'humain cohabite pacifiquement avec les autres êtres vivants. Pourtant, ce mythe fondateur repose sur une idée reçue : celle d'un paradis originel, opposé à une civilisation qui, en s'éloignant de cet état initial, aurait domestiqué le supposé chaos du monde sauvage. Car, dans l'imaginaire occidental, la nature primitive est souvent perçue comme un espace régi par la violence, où seules la puissance et la loi du plus fort s'imposeraient. Face à cette vision, la civilisation apparaît comme un rempart, un cadre structurant qui canaliserait les instincts primaires et garantirait l'ordre.
 

Alexandre-François Desportes : Combat d'animaux, avant 1739, huile sur toile
Peintre officiel des chasses royales, Alexandre-François Desportes (1661-1743) est célèbre pour ses scènes animalières où s'exprime son talent d'observateur du vivant.
Sophie Ristelhueber (née en 1949) : Sans titre, 2025 (Beyrouth, photographies, 1984 - What the Fuck #4, 2024 - Thuel, 2016), tirages argentiques et numériques
Louise Bourgeois (1911-2010) : Nature Study, 1984, porcelaine (Sèvres, manufacture nationale)
Chéri Chérin (né en 1955) : Cohabitation et réconciliation, 2018, acrylique sur toile

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (I/II)
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Marco Del Re (1950-2019) : 
Sans titre, 1995 ,tempera à l'œuf sur Kraft
Sans titre, 1995 ,tempera à l'œuf sur Kraft

Os gravé figurant un homme à tête d'oiseau tenant un poisson, dit La pêche miraculeuse, magdalénien (entre -20 500 et -13 000 ans environ), os d'omoplate, abris de Laugerie-Basse aux Eyzies le Tayac (Dordogne)

Löwenmensch [homme-lion], environ 40000 av. JC., réplique d'une figure homme-lion sculptée dans une défense de mammouth
Abraham Poincheval (né en 1972) : L'Homme Lion, 2020, dessin sur feuilles d'or et d'argent contrecollées sur carton

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (I/II)
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Henri Matisse (1869-1954) : Intérieur, Bocal de poissons rouges, 1914, huile sur toile

Jean Metzinger (1883-1956) : Paysage coloré aux oiseaux aquatiques, 1907-1908, huile sur toile

Petrit Halilaj & Álvaro Urbano (nés en 1983 et 1986) : A Theory of Racoon Aesthetics [Une théorie de l'esthétique du raton laveur], 2024, poudre de fusain sur toile brute, bois

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L'enfant sauvage

L'« enfant sauvage », décrit comme coupé de la civilisation, est fréquemment comparé à une bête. Il symbolise l'innocence primitive autant que la peur de l'altérité. En raison de ses comportements instinctifs, refusant à dessein ou malgré lui de se conformer aux règles de la société, il se trouve exclu de la communauté des humains. La différence, sous toutes ses formes, entraîne alors les pires discriminations, à l'instar de ces « curiosités humaines » exhibées comme des animaux de zoo dans les foires, et traitées comme des objets de fascination ou de terreur. Elles révèlent les difficultés pour la société d'accepter l'autre avec ses particularités, sans l'animaliser.

Charles Fréger (né en 1975) : Babugeri, Bansko, Bulgarie, Série Wilder Mann (depuis 2010), tirage pigmentaire sur papier

John Buscema (1927-2002) : Couverture pour Tarzan annual n°2, 1978, encre et crayon graphite sur papier
Tarzan apparaît pour la première fois dans le roman Tarzan of the Apes publié en 1912. L'histoire raconte l'adoption du jeune Tarzan par une tribu de gorilles après la mort de ses parents.

Yanaki Herrera (artiste chilien) : O prego / The nail, 2025, acrylique et laiton bruni sur oratoire en bois

Birgit Jürgenssen (1949-2003) : Sans titre, 1978, crayon à papier et crayon de couleur
 

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Marie Bovo (née en 1967) : Mi ange mi bête, 2024, aquarelle sur papier

Ulisse Aldrovandi (1522-1605) : Monstrorum Historia, 1642

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Généalogie de la violence

Au cours de l'histoire, des cultures ont considéré les animaux comme des représentations de divinités sur Terre, mais de nombreuses sociétés les ont vus comme des êtres inférieurs, subordonnés à l'humain. Cette hiérarchisation de la vie animale a conduit à de multiples formes de violence. En renversant le sujet et en situant l'humain à la place habituelle de l'animal, les artistes nous interpellent.

Alberto Giacometti (1901-1966) : Femme égorgée, 1932, bronze
Cette sculpture représente un corps féminin supplicié : jambes écartées, côtes ouvertes et décharnées, presque acéphale, la figure semble traversée d'un dernier spasme entre agonie et extase. 

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Oleg Kulik (né en 1961) : Mad Dog, 1994, photographie noir et blanc

VALIE EXPORT  (née en 1940) : Aus der Mappe der Hundigkeit [From the Underdog File], 1968, photographie noir et blanc

Maître de la Fertilité de l'œuf (attribué à) : Gnomes et grotesques, XVIIe siècle, huile sur toile

Necla Rüzgar (née en 1972) : Survival Skill II, 2012, technique mixte sur papier

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Chaïm Soutine (1893-1943) : Le Bœuf écorché, 1925, huile sur toile

Marc Chagall (1887-1985) : Le Bœuf ou Le Bœuf écorché, 1929-1935, huile et gouache sur carton

Douglas Gordon (né en 1966) : Sleep [Sommeil], 2016, bronze, moulage taille réelle de la main
de l'artiste, mouches des archives du Muséum d'Histoire naturelle de 1966

Francisco de Goya (1746-1828) : Cannibales dépeçant leurs victimes, vers 1800, huile sur bois
Cette toile fait partie d'une série d'études sur l'anthropophagie, un sujet qui fascinait et terrifiait
à la fois les Européens du XVIIIe et du début du XIXe siècle.

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Aux origines du racisme

Diffusée d'abord pendant l'Antiquité et reprise au XVIIIe siècle, la théorie de la physiognomonie prétend établir des correspondances entre apparence et tempérament. Influencées par les classifications du vivant, ces doctrines ont conduit à comparer des individus à des animaux, alimentant l'idée d'une hiérarchie entre les groupes humains. Ces représentations ont servi à justifier l'esclavage, la colonisation et les discriminations. Caricatures et discours pseudoscientifiques entretiennent ces stéréotypes jusque dans la criminologie du XIXe siècle. La science a réfuté ces théories, même si leurs effets perdurent dans les préjugés et certains schémas culturels.

Lucien Métivet (1863-1932) : Dessins de Charles Le Brun La Physionomie humaine comparée à la physionomie des animaux, Édition H. Laurens, Paris, 1917
Charles Le Brun (1619-1690), premier peintre du roi Louis XIV, a consacré une série d'études au rapport entre les traits humains et ceux des animaux. Dans sa Physionomie, il cherche à démontrer que l'âme et le tempérament d'un individu transparaissent dans son apparence. Inspiré par la physiognomonie antique et les théories de Descartes sur les passions, il établit des correspondances visuelles entre le visage humain et différentes espèces animales. 

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Gilles Aillaud (1928-2005) : Grille n°2, août 1964, huile sur toile (voir notre billet du 30 décembre 2023)

Mona Hatoum (née en 1952) : Sans titre (Athens cage), 2019, bois, fil de fer, boules de cheveux, plastique et verre

Gloria Friedmann (née en 1950) : Congo/Gloria, 2003/1962, copie de peinture sur toile réalisée par le chimpanzé Congo sous la direction du zoologiste Desmond Morris.

Bertrand Lavier (né en 1949) : Gravure d'après Raymond de La Nézière, 2020, impression numérique pigmentaire sur papier

Lolo l'âne, dit Joachim-Raphaël Boronali : Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique, 1910, huile sur toile

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Edgar Degas (1834-1917) : 

Danseuse habillée au repos, entre 1890 et 1911, statuette en bronze patiné
Danseuse au repos, les mains sur les reins, jambe droite en avant, 1885-1890, bronze patiné
La Petite Danseuse de quatorze ans, entre 1879-1881, bronze patiné, tutu en tulle, ruban de satin, socle en bois
La Petite Danseuse de quatorze ans suscite un scandale lorsqu'elle est exposée pour la première fois en 1881 au Salon des Indépendants. Contrairement aux sculptures académiques idéalisées, Edgar Degas présente une figure réaliste et troublante dont la pose tendue reflète l'effort et la discipline du corps. La critique est virulente. Loin d'y voir un hommage à la grâce des ballerines de l'Opéra, certains commentateurs dénoncent une représentation crue, presque animale. Le critique Joris-Karl Huysmans parle d'une « guenon en tutu ».

Jean-Baptiste Siméon Chardin (1699-1779) : Le Singe peintre, vers 1740, huile sur toile
Dans Le Singe peintre, Jean-Baptiste Siméon Chardin s'inscrit dans la tradition des « singeries », un genre très en vogue au XVIIIe siècle, où des singes imitent les comportements humains. Ici, un singe vêtu d'un habit d'artiste est représenté en train de peindre, pastichant la figure du peintre académique dont l'obsession serait la mimesis : l'imitation parfaite de la nature. Cette œuvre illustre une critique subtile de l'imitation en art et de la vanité des artistes.

Jean-Baptiste Deshays (1729-1765) : Le Singe peintre, XVIII siècle, huile sur toile

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (I/II)
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Et pour clore cette première partie, une section aux oeuvres très nombreuses :

L'animal de compagnie

Longtemps traités comme des accessoires symboliques ou allégoriques, le chien et le chat font l'objet d'un basculement, passant de sujets animaliers à modèles. Dans la peinture classique, ces animaux apparaissent souvent en compagnons fidèles ou en figures morales: le chien incarne la loyauté, tandis que le chat évoque l'indépendance ou la ruse. Au XIXe siècle, avec le développement du portrait bourgeois et la place croissante des animaux dans la sphère intime, les artistes commencent à peindre chien et chat comme des individus à part entière. Cette évolution s'observe dans les portraits commandés par leurs humains, où l'animal est le sujet principal, avec une attention particulière portée à son expression, sa posture et son caractère.

Anonyme (École des Pays-Bas du Sud) : Portrait de femme dite « la dame aux chiens », XVIIe siècle, huile sur toile
Ce portrait anonyme, peint vers 1620, représente Doña Juana de Lunar, dame d'honneur de l'Infante Isabelle-Claire-Eugénie, gouvernante des Pays-Bas espagnols. Élégamment vêtue, elle est entourée d'une foule de petits chiens dont les roms sont inscrits sous leur représentation, soulignant leur importance.

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Pierre Bonnard (1867-1947) : Intérieur ou La Femme au chien, vers 1920, huile sur toile

Martin Parr (né en 1952) : Nice, France, 2015, photographie

Ernest Ange Duez (1843-1896) : Panneau de diptyque « Splendeur », 1874, huile sur toile

Léonard Tsuguharu Foujita (1886-1968) : Portrait de Suzy Solidor, 1927, huile sur toile

Marie Laurencin (1883-1956) : Portrait de Jeanne Dubost, née Bénard, 1922, huile sur toile

Françoise Pétrovitch (née en 1964) : Chiens de faïence, 2019, lavis d'encre sur papier (voir notre billet du 11 décembre 2021)

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François-André Vincent (1746-1816) : Portrait de Diane, Levrette de Bergeret, 1774, huile sur toile

Space Dogs (à partir de 1957) , objets commémoratifs, collection Martin Parr
Martin Parr, photographe et collectionneur, s'intéresse aux objets du quotidien et aux icônes populaires. Parmi ses collections figure une série de memorabilia dédiés à Laika, la célèbre chienne soviétique envoyée dans l'espace en 1957 à bord de Spoutnik 2. 

Laura Henno (née en 1976) : Kamel et sa meute, Mayotte, 2022, photographie à tirage pigmentaire

Lucian Freud (1922-2011) : David and Eli, 2003-2004, huile sur toile
Dans David and Eli, Lucian Freud capture avec intensité l'intimité partagée entre David Dawson, son assistant et ami proche, et Eli, son lévrier.

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (I/II)
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Joan Miró (1893-1983) :
Femme Chien, 1972, bronze
Le Chien, 1974, bronze

Alberto Giacometti : Le Chien, 1951, bronze
Giacometti réalise probablement son autoportrait à travers ce chien au corps efflanqué, la tête basse, avançant d'un pas lent et lourd. L'animal errant, mélancolique, traduit une impression de solitude et d'abandon. Selon Giacometti, l'idée de sculpter un chien lui est venue une nuit en marchant dans les rues de Paris, se sentant lui-même comme une créature errante. Proche de Pablo Picasso, il s'inspire de son lévrier afghan.

Vladimir Veličković (1935-2019) : Chien Fig. XXVIII, variation sur le thème d'un autoportrait, 1973, huile sur toile

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (I/II)
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Momie antique d'un chat, Époque romaine, Égypte
Incrustation du dieu Anubis Canidé, VIIe-Ier siècle avant J.-C., Égypte, pâte de verre bleu violacé
Amulette du dieu Thot à tête d'ibis, VIIe-IVe siècle avant J.-C., Égypte, faïence
Amulette du dieu Râ-Horaknty à tête de faucon, VII-IVe siècle avant J.-C., Égypte, faïence
Dans l'Égypte antique, la mort n'était pas une fin, mais un passage vers l'au-delà, aussi bien pour les humains que pour les animaux. Chiens, chats, singes ou encore oiseaux étaient souvent considérés comme des membres à part entière du foyer. Lorsqu'ils mouraient, ils pouvaient bénéficier des mêmes rituels funéraires que leurs propriétaires: momification, offrandes et sépultures dédiées.

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (I/II)
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Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (I/II)
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Sophie Calle (née en 1953) : Maternité / Motherhood, 2018, photographie couleur, texte, cadres bois

Birgit Jürgenssen : Sans titre (Olga), 1979, SX 70 Polaroid

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (I/II)
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Un mur entier de portraits d'animaux familiers, parmi lesquels :

Ida Tursic & Wilfried Mille (nés en 1974) : Dog'n Roll, 2021, huile sur bois sur roues

Jean Dubuffet (1901-1985) : Chien (profil à gauche), 26 mars 1973, marker sur papier

Léonard Tsuguharu Foujita : Chats, 1963, huile sur toile

Annael Shavit : Teckel, 2024, huile et acrylique sur toile

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (I/II)
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Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (I/II)
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 Francis Picabia (1879-1953) : Tête de Chien, 1938, aquarelle et crayon sur papier 

Suzanne Valadon (1865-1938) : Raminou sur son coussin bleu, 1919, huile sur toile

Henri Rousseau dit Le Douanier (1844-1910) :
Chien couché sur son coussin, 1890, huile sur bois
Chat couché sur son coussin, 1890, huile sur toile

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (I/II)
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Rosa Bonheur (1822-1899) : Tête de chien, XIXe siècle, huile sur toile

Maria Lassnig (1919-2014) : Hundeselbstportrait [Autoportrait au chien], 1965, huile sur toile

et devant ce mur de toiles, deux statues :

Joana Vasconcelos (née en 1971) : Primrose , 2025, faïence Rafael Bordalo Pinheiro peinte avec une glaçure céramique, et crochet en dentelle des Açores. (voir notre billet du 10 février 2019)

Caroline Mesquita (née en 1989) : Le Félin, 2024, laiton patiné

Animal !? - l'exposition du Fonds Leclerc à Landerneau (I/II)
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Nous terminerons la visite de cette exposition dans un prochain billet.

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