Chagall à l'œuvre : dessins, céramiques et sculptures 1945-1970
À l'intérieur même du Musée national d'art moderne, au centre Pompidou, une exposition de taille modeste mais très riche réunit un ensemble d'œuvres entrées en collection en 2022 grâce à la générosité de Bella et Meret Meyer. Cent-vingt-sept dessins, cinq céramiques et sept sculptures de Marc Chagall sont venus enrichir la collection du Centre Pompidou, l'une des plus représentatives et des plus importantes de l’œuvre de l'artiste, surtout pour les œuvres d’avant-guerre.
Ces dons ont été constitués autour de trois thématiques : les dessins préparatoires aux costumes et rideaux de scène du ballet l’Oiseau de feu d’Igor Stravinsky repris par le Ballet Theater de New York en 1945, les esquisses et maquettes pour la décoration du plafond de l’Opéra commandée à l’artiste en 1962, ainsi qu’un ensemble de céramiques, collages et sculptures réalisés des années 1950 à l’aube des années 1970.
Costumes et rideaux de scène
Nous présentons une trentaine de dessins réalisés en 1945 pour les costumes d'une représentation du ballet de l'Oiseau de feu, en donnant quelques-uns des titres.
Princesse en robe mauve, gouache et mine graphite sur papier
Une princesse au feuillage jaune, gouache, encre et mine graphite sur papier
Un garde avec chapeau tête de coq, gouache, mine graphite et pastel sur papier
Princesse à la jupe fleurie, pastel et mine graphite sur papier
Une paysanne sur fond bleu, gouache, pastel et mine graphite sur papier
Personnage ailé, gouache, encre et mine graphite sur papier
Monstre à tête d'âne, gouache et mine graphite sur papier
La Chasse, gouache et mine graphite sur papier, doublé sur papier Japon
Jeune garçon tenant un arbre, gouache et mine graphite, doublé sur papier Japon
Un garde au drapeau, gouache, pastel et mine graphite sur papier
Un garde au drapeau, gouache et mine graphite sur papier
Paysan portant un gâteau d'anniversaire, aquarelle, gouache et mine graphite sur papier
Maquette de costume sur fond rose, gouache, mine graphique et pastel sur papier
Princesse rouge, gouache, mine graphique et papier collé sur papier
Femme avec enfant, gouache et mine graphite sur papier
Costumes de l'oiseau de feu et d'une princesse au voile rouge, gouache, encre, mine graphite et pastel sur papier
Danseuse violette, gouache, encre de Chine et pastel sur papier
Un démon, gouache, crayon et papier collé sur papier
Le monstre jaune au double profil, Encre de Chine, aquarelle, crayon et gouache sur papier
Musicien à la cymbale, gouache, pastel, encre de Chine et mine graphite sur papier
Homme à la cruche, gouache, mine graphite et encre de couleur de papier
Des réalisations pour divers spectacles :
Danseuse ailée, 1945, gouache, aquarelle, mine graphite, peinture métallique et collage de papier métallique sur papier
Danseuse au voile, 1945, gouache, aquarelle et mine de plomb sur papier
Masque du coq pour le ballet Aleko, 1942, textile et papier mâché sur armature
Masque de renard pour le ballet Aleko, scène III, 1942, papier mâché sur armature
Projet pour le rideau d'une scène de L'Oiseau de feu, 1945, gouache sur papier
Maquette pour le rideau de scène de l'acte III: La Fête du mariage, 1945, gouache et mine graphite sur papier
Trois maquettes de décors de scène, 1945, gouache et mine graphite sur papier avec mise au carreau
Princesse en robe de couleurs, 1945, gouache, pastel et mine graphite sur papier
Maquette de costume pour «L'Oiseau de feu»: une princesse, 1945, gouache, encre de couleur et mine graphite sur papier collé sur carton
Trois maquettes pour le rideau de scène de «L'Oiseau de feu», 1945, gouache et mine graphite sur papier
Maquette pour la toile de fond de l'acte II: Le Palais enchanté, 1945, gouache, collage de papiers métalliques et mine graphite sur papier
Maquette pour le rideau de scène de l'acte I: La Forêt enchantée, 1945, gouache, mine graphite et peinture métallique sur papier
Deux maquettes de décors de scène, 1945, gouache et mine graphite sur papier avec mise au carreau
Maquette pour la toile de fond de scène : l'Oiseau de feu, 1945, gouache, encre de Chine, pastel, crayon de couleur et collage de papier doré sur papier contrecollé sur carton
La décoration du plafond de l’Opéra
Durant l'été 1962, André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles, propose à son ami Marc Chagall de réaliser une décoration pour le plafond de l'Opéra du Palais Garnier qui remplacera celle d'origine, peinte par Jules-Eugène Lenepveu. L'annonce fait polémique: on reproche à Malraux son geste régalien et son incompréhension du programme architectural de Garnier tandis qu'on conteste à Chagall, dans des critiques souvent teintées d'antisémitisme, sa capacité à intervenir dans un cadre aussi prestigieux. L'artiste a refusé d'être rémunéré pour cette commande.
Trois maquettes préparatoires pour le plafond de l'Opéra Garnier, 1963.
Deux maquettes définitives pour le plafond de l'Opéra Garnier, 1963
Douze dessins pour les maquettes préparatoires :
Le Lac des Cygnes (deux dessins)
La Tour Eiffel
Boris Goudounov
Pelléas et Mélisande
La Tour Eiffel
Giuseppe Verdi
La Flûte enchantée
L'ange rouge
L'ange bleu au bouquet
L'ange bleu flûtiste
Couple au bouquet
Troisième et dernière section de cette exposition :
Céramiques, collages et sculptures
Maquette pour La Sirène ou Le Cantique, vers 1967, galet peint à l'encre de Chine et à la gouache, socle en calcaire
Visage double profil, sans date, os peint
Maquette pour La Madone à l'âne, 1968-1971, galet en calcaire peint, céramique peinte, bois contreplaqué et gouache
La Chimère, 1954, pièce coulée, terre colorée, décor à l'émail blanc et aux oxydes
Vase noir, 1955, pièce tournée, décor aux oxydes sur engobes noirs, sous couverte
Les Amoureux et la Bête (version ocre), 1957, pièce coulée, décor aux engobes et aux oxydes, gravée à la pointe sèche
Vase sculpté, 1952, pièce tournée, découpée au couteau, terre colorée, gravure au couteau, oxydes et émail au pinceau
Vase à la main, 1953, pièce tournée, terre colorée, décor aux oxydes sur émail blanc, décor à la paraffine, gravure au couteau
La Bête fantastique, 1952, plâtre sur armature en métal
Paysage et couple à l'oiseau, 1952, pierre de Rognes
Deux nus ou Adam et Eve, 1953, marbre
Terminons le parcours avec un feu d'artifice de collages, tous plus colorés les uns que les autres :
Profil d'Arlequin au cheval vert, circa 1968, aquarelle, gouache, encre de Chine, crayon et collage sur papier
Esquisse pour Le Rappel, 1968-1971, gouache, encre de Chine, pastel, mine graphite et collages sur papier
Esquisse pour Le Village fantastique, 1968-1971, collages et encre de Chine sur papier
Esquisse pour un tableau, 1976, gouache, crayon de couleur, pastel sur papier
L'Apparition bleue, circa 1970, gouache, encre de Chine, crayon et collage sur papier
Couple à la chèvre rouge, vers 1970, gouache, encre de Chine, collage de papier et d'aiguilles de pin sur papier
Danseuse sur fond mauve, vers 1970, collages de tissus et papier, aquarelle, encre de Chine, gouache et pastel sur papier
Esquisse pour Nu mauve, vers 1967, gouache, encre de Chine, pastel et collages sur papier
Esquisse pour Le Repos, 1968, gouache, encre de Chine, pastel et collages sur papier
Esquisse pour Parade, 1968, encre de Chine, pastel, mine graphite et collage sur papier
Jongleur au double profil, vers 1968, gouache, encre de Chine, pastel et collages sur papier
Hymne au quai de l'Horloge, vers 1968, gouache, encre de Chine, crayon lithographique, pastel et collages sur papier
Écuyère multicolore, vers 1970, gouache, encre de Chine, crayon, pastel et collages sur papier
Mariée à la dentelle, 1968, collage de papier et dentelle, gouache et encre de Chine sur papier
Écuyère au cheval rouge, vers 1970, gouache, encre de Chine, crayon de couleur et collage sur papier
Esquisse pour Nu mauve ou Clown à la chèvre verte, vers 1967, gouache, encre de Chine et collage sur papier
Femme aux mains rouges et vertes, vers 1970, collage de tissus et papiers imprimés redessinés, gouache, feutre et encre de Chine sur papier imprimé
L'Envolée de la mariée à la dentelle, vers 1970, gouache, crayon, encre et collage sur papier
Esquisse pour Le Cavalier, 1966, gouache et tissus imprimé peint sur papier
Esquisse pour Arlequin, 1968-1971, collage de tissus et papier, gouache, crayons de couleur et encre sur papier
Esquisse pour La Tour de David, 1968, gouache, pastel et collages sur papier
Couple double-profil et animal vert, vers 1970, gouache, encre de Chine, mine graphite et collage sur papier
Clown multicolore, vers 1970, encre de Chine, mine graphite, crayon de couleur et collage sur papier
Paris+ Art Basel - hors les murs
Nous avons consacré nombre de billets dans ces pages à la FIAC (Foire Internationale d'art contemporain) qui se déroulait chaque année depuis 1974 au mois d’octobre à Paris. (cf. notre billet du 13 novembre 2021). Elle s'est arrêtée en 2022 au profit d'une nouvelle manifestation utilisant les mêmes dates et confiée au groupe suisse MCH, propriétaire de la foire Art Basel.
D'où le titre un peu bizarre du présent billet : nous le consacrons à des œuvres présentées dans l'espace public, hors du Grand Palais éphémère où se tient la foire elle-même.
Comme pour feu la FIAC, le jardin des Tuileries en accueille le plus grand nombre. Nous y commençons notre parcours, avec une maison démontable de Jean Prouvé (1901-1984) et Pierre Jeanneret (1896-1967) F 8x8 BCC de 1941 (330 x 829 cm).
Les rares exemples de cette maison en bois, réalisés entre 1941 et 1943 dans des conditions difficiles de guerre, témoignent de l'innovation et de la capacité d'adaptation de ses créateurs. Grâce à l'invention brevetée du portique axial permettant une construction préfabriquée, cette maison de 68 m2 pour une famille de cinq, propose un mode de vie fluide, avec des cloisons coulissantes et une terrasse couverte. Des études récentes ont rappelé le faible impact carbone de cette architecture légère qui ouvre des possibles sur d'autres modes d'habitat.
Solange Pessoa (née en 1961 à Ferros, vit et travaille à Belo Horizonte) : Bronzôcos, 2005/2023, installation de 8 sculptures de bronze de dimensions variables.
Claudia Wieser (née en 1973 à Freilassing, vit et travaille à Berlin) : But round my chair the children run, 2023, Carreaux de céramique émaillée, plaques de cuivre sur panneaux de contreplaqué, 313 x 293 x 232 cm.
Claudia Comte (née en 1983 à Grancy, vit et travaille à Bâle) : Cinq feuilles de marbre, 2022, marbre blanc de Carrare, dimensions variables.
Gaetano Pesce (né en 1939 à La Spezia, vit et travaille à New-York) : Double Heart, 2022, fibre de verre, résine, métal, ciment, ampoules électriques, 500 x 495 cm.
Jacqueline de Jong (née en 1939 à Hengelo, vit et travaille à Amsterdam) : Baked Potatos , 2006, céramiques vernissees.
Tony Matelli (né en 1971 à Chigaco, vit et travaille à New-York) : Lion (Bananas), 2022, Ciment, bronze peint, 91.5 × 152.5 × 46 cm
Meriem Bennani (née en 1988 à Rabat, vit et travaille à Brooklyn) : Windy, 2022, acier, aluminium, moteurs de vélos électriques, mousse, 243.8 × 152.4 × 152.4 cm.
Un bel ensemble :
Zanele Muholi (né-e en 1972 à Umlazi, vit et travaille à Cape Town) : The Politics of Black Silhouettes, 2023, bronze, dimensions variables.
L'artiste non binaire et queer (d'où né-e) mène depuis plusieurs années un vaste projet autour du portrait et de l'autoportrait. lel donne à voir ceux et celles qui ne sont pas les modèles artistiques habituels, les invisibles, et en particulier les personnes noires LGTBQIA+ dans la société post-apartheid d'Afrique du Sud.
Alicja Kwade (née en 1979 à Katowice Vit et travaille à Berlin) : Stella Sella, 2023, bronze patiné, pierre, 123.5 × 59 × 128 cm
L'artiste détourne aussi bien les matériaux bruts que les objets du quotidien. Cette œuvre associe un fauteuil à bascule en bronze à une pierre.
Joël Andrianomearisoa (né en 1977 à Antananarivo, vit et travaille entre Paris et Antananarivo) : Serenade Serenade - Serenade And The Triumph Of Romance, 2023, verre, métal, dimensions variables
Cette installation s'inspire des amours du 18e siècle, notamment de l'œuvre Les Progrès de l'amour du peintre Fragonard. À partir de la sculpture Daphné poursuivie par Apollon du bassin des exèdres, il imagine une sérénade en 15 chapitres, comme un voyage à travers nos imaginaires romantiques.
Oscar Tuazon (né en 1975 à Seattle, vit et travaille à Los Angeles) : Oil and Water, 2023, Marbre, aluminium poli, eau, pompe à eau et composants électriques, 88.9 × 58.4 x 58.4 cm
Hans Josephsohn (né en 1920 à Königsberg, décédé en 2012 à Zurich)
Sans titre, 2005, laiton, édition 2/6 +2 AP, 69 × 225 × 72 cm
Dans ses figures imposantes, corps et visages se devinent à peine. Les reliefs sculptés brouillent les limites entre figuration et abstraction. La surface dynamique de cette figure allongée contraste avec sa posture classique, invitant le public à scruter les lignes du personnage dont l'anatomie est en apparence abstraite.
Kathleen Ryan (née en 1984 à Santa Monica, vit et travaille à New York) : Shell, 2023, bronze, 146 × 250.2 x 127 cm
Ses œuvres récentes s'inspirent des mollusques et des coquillages. Réalisée à partir de carrosseries d'automobiles rouillées, cette sculpture, coulée en bronze, rapproche les courbes des voitures de celles des coquilles d'escargots ou de conques. En associant le mécanique et l'organique, l'artiste dresse un parallèle entre les formes complexes naturelles et la quête d'innovation de l'humanité.
Gloria Friedmann (née en 1950 à Kronach, vit et travaille à Aignay-le-Duc) : Les Représentants, 2022, résine, terre, acier, peinture, vernis, 550 × 200 x 200 cm
L'artiste met en scène dans des « tableaux vivants » des animaux. Elle les appelle les Représentants », afin de souligner que ces êtres, pour elle insuffisamment considérés, incarnent la force de la nature et combien nous avons à apprendre d'eux.
Henrique Oliveira (né en 1973 à Ourinhos, vit et travaille à Londres) : Desnatureza 5, 2022, métal, papier-mâché, bois recyclé, 250 × 700 × 550 cm
Cette installation monumentale de l'artiste brésilien Henrique Oliveira crée l'illusion de racines monumentales émergeant du sol pour se rejoindre en un nœud central. Ce trompe-l'œil inséré dans le paysage du jardin est en fait réalisé en marqueterie de planches issues de palettes recyclées. À travers l'utilisation de tapumes - du bois employé en particulier dans les villes au Brésil pour les palissades de chantier -, l'artiste, sensible aux questions écologiques, dénonce la nature parasitaire et précaire de ces constructions et souligne l'enjeu de l'usage raisonné des ressources naturelles.
Nicène Kossentini (née en 1976 à Sfax, vit et travaille entre Tunis et Paris) : The Butterfly, 2014, fibre de verre translucide, tissu japonais et résine, 180 x 150 x 10 cm
L'artiste capture la poésie éphémère des contes, de la danse, des mouvements - ici, ceux des battements d'ailes d'un papillon. Fait d'une fragile fibre de verre et d'un délicat tissu japonais, ce papillon au sol évoque les risques de ce rêve de voler, les périls de cette liberté, tel le mythe de la chute d'Icare, dont les ailes fondent quand il s'approche trop près du soleil.
Alex Ayed (né en 1989 à Strasbourg, vit et travaille entre Paris et Tunis) : Untitled (Beit el hmam I), 2023, argile, bois d'olivier, acier, chaux, 451.5 x 156 × 162 cm
Cette œuvre a la forme d'un pigeonnier, fait de bois d'olivier, d'argile, de paille et recouvert de chaux. Cette technique reste aujourd'hui encore une alternative aux constructions modernes dans le monde méditerranéen. Ce pigeonnier est le résultat de la convergence de différents récits, d'histoires locales, de situations imaginées par l'artiste, du rappel ici des animaux qui peuplent les villes. Les pigeons, utilisés traditionnellement comme messagers, deviennent des passeurs d'histoires.
General Idea : AIDS Sculpture, 1989/2023, acier inoxydable, 195 x 195 x 97.5 cm
En 1987, en réponse à l'invitation d'Art against AIDS [L'art contre le sida] pour sa campagne de dons, le trio d'artistes canadiens General Idea détourne les couleurs et les lettres de l'œuvre iconique de l'artiste pop Robert Indiana, LOVE (1966), transformée en « AIDS » [SIDA].
John Giorno (Né en 1936 à New York, décédé en 2019 à New York) : LET IT COME LET IT GO, 2017, calcaire gravé, 90 × 170 x 80 cm
L'artiste a gravé dans un rocher en lettres capitales blanches un court poème, LET IT COME LET IT GO [Laisse venir laisse aller]. La répétition des mots comme un cycle témoigne aussi bien de la longue pratique du bouddhisme de l'artiste qu'il rappelle l'aube de la création artistique, celle qui a vu émerger la peinture rupestre et les premiers graffitis.
Vojtech Kovarik (né en 1993 à Valasské Mezirící, vit et travail à Brno) : Ares, 2023, polystyrène, métal, béton, 230 x 260 x 290 cm
Romina De Novellis (née en 1982 à Naples, vit et travaille à Paris) : Voulez-vous danser avec moi ? Merci, je ne préfère pas !, 2023, performance et sculpture
Tony Cragg (né en 1949 à Liverpool, vit et travaille à Wuppertal) : Willow, 2014, bronze, 235 × 232 × 251 cm
Les couches de formes circulaires de cette sculpture rappellent un saule pleureur que l'artiste observe à côté d'une maison en Suède où il passe l'été.
Emma Jääskeläinen (née en 1988 à Espoo, vit et travaille à Espoo) : At Her Fingertips, 2022, marbre rose norvégien, chaîne en métal, pierres trouvées, dimensions variables
L'artiste incorpore dans ses sculptures de pierre des traces humaines, des éléments inattendus qui y apportent humour, fragilité ou émotions. Des chaînes relient cinq blocs de marbre ciselés dont la pièce centrale est une matrice, une « pierre mère ».
Julien Berthier (né en 1975 à Besançon,vit et travaille à Paris) : L'Invisible, 2021, polystyrène, résine époxy, peinture, bateau d'occasion, moteur, 220 × 420 × 232 cm
L'artiste a imaginé, pour un port de pêche du parc des Calanques, à Marseille, ce rocher hyperréaliste - une barque récupérée et recouverte de résine sculptée - qu'il a mis à l'eau, comme une île que l'on pourrait faire naviguer à son gré.
Place Vendôme
Urs Fischer (né en 1973 à Zurich, vit et travaille à New York) : Wave, 2018, aluminium et acier fraisés, 520 × 760 x 450 cm
Wave est la sixième sculpture de la série « Big Clays ». Ces sculptures sont obtenues à partir d'un ou plusieurs petits morceaux d'argile façonnés par la main de l'artiste. Après avoir fabriqué des centaines de ces formes, il en sélectionne une pour la scanner numériquement et la sculpter à une plus grande échelle. En résultat, l'œuvre préserve la tactilité détaillée de la maquette, tout en la magnifiant en monument.
Parvis de l'Institut de France
Sheila Hicks (née en 1934 à Hastings, vit et travaille à Paris) : Vers des horizons inconnus, 2023, fibres acryliques
Réalisée en fibres durables et résistantes, Vers des horizons inconnus (2023) apportera un accent lumineux et coloré à cette place historique parisienne, contrastant avec la pierre des bâtiments et établissant un dialogue architectural avec le collège des Quatre-Nations. La composition complexe de l'œuvre se révèle pleinement lorsqu'on la découvre sous différents angles: ses couleurs se déplacent à mesure que la vue du de la spectateur-rice s'ouvre sur le pont des Arts, la Seine et enfin le Louvre, sur la rive opposée.
Et pour clore ce parcours, l'École des Beaux-Arts et sa chapelle des Petits-Augustins , lieu insolite que cette manifestation nous permet de découvrir :
La chapelle accueille des installations de Jessica Warboys (née en 1977 à Newport, vit et travaille entre Bergen et Berlin) :
SEA RIVER O (2023), un collage de peintures flottantes grand format. SEA RIVER O réunit Sea Painting (2009-en cours) et River Painting (2019-en cours). Ces peintures sont réalisées sous la ligne des hautes eaux, en bord de mer ou de rivière. Après immersion, les toiles, qui ont été préalablement badigeonnées de cire d'abeille, sont étendues sur la plage ou la rive. Les mains de l'artiste, le vent, le sable, les plis de la toile dispersent à leur surface des pigments minéraux colorés.
L'autre œuvre, un peu ésotérique, présentée dans la chapelle est une installation vidéo sonore sur trois écrans This Tail Grows Among Ruins
Nicolas de Staël - rétrospective au MAM de Paris (II/II)
Nous achevons dans ce billet le parcours de la rétrospective de l'œuvre de Nicolas de Staël débuté dans notre billet du 14 octobre 2023, avec la sixième salle de l'exposition :
Le spectacle du monde 1952-1953
L'attrait de Nicolas de Staël pour le paysage se prolonge dans une fascination pour tout ce qui constitue le spectacle du monde. Entre un concert, un ballet et un match de football, nulle hiérarchie, mais autant d'occasions de se confronter à la vie comme à un jeu de matières colorées et en mouvement. Staël, qui dessinait jusque dans l'obscurité des salles de cinéma, peint en spectateur passionné, recevant sans cesse de nouvelles sensations visuelles, tactiles et auditives. En 1951, déjà, il déclarait : « L'individu que je suis est fait de toutes les impressions reçues du monde extérieur depuis et avant ma naissance [...]. Les choses communiquent constamment avec l'artiste pendant qu'il peint, c'est tout ce que j'en sais. » Sous cet œil ultrasensible, un jardin prend l'allure d'un décor de théâtre, tandis que des bouteilles semblent danser un ballet.
Au mois de mars 1953, Staël est à New York pour préparer son exposition aux Knoedler Galleries. L'exposition remporte un franc succès, tant critique que commercial. En juin, Staël signe un contrat avec le puissant galeriste Paul Rosenberg, qui le pousse à produire davantage pour répondre à la demande des collectionneurs américains.
Dans cette section, peu de toiles mais toutes de grandes dimensions.
Bouteilles dans l'atelier, Paris, 1953, huile sur toile
Les Indes galantes, Paris, 1953, huile sur toile
L'Orchestre, Paris, 1953, huile sur toile
L'atelier du Sud 1953
« Tous les départs sont merveilleux pour le travail », écrit Staël en mai 1953. Sur le conseil de René Char, cet été-là, le peintre et sa famille s'installent à Lagnes, un village proche d'Avignon. Ce séjour en Provence engendre deux chocs : celui de la lumière éclatante, et celui de la rencontre avec une jeune femme, Jeanne Polge. Pour décrire ce double coup de foudre, le peintre écrit à Char, qui lui a présenté cette femme et ce paysage : « Quelle fille, la terre en tremble d'émoi, quelle cadence unique dans l'ordre souverain. Là-haut au cabanon chaque mouvement de pierre, chaque brin d'herbe vacillait [...] à son pas. Quel lieu, quelle fille. » Une liaison passionnelle se noue à partir de l'automne.
Le peintre, dont la palette devient éclatante comme la lumière provençale, multiplie les sujets d'atelier: portrait de sa fille Anne, « nus dans les nuages », natures mortes. L'intensité charnelle des sensations vécues par cet homme se diffuse dans toute chose, jusque dans la texture d'une nappe rose posée sur une table.
Nu couché, 1952-1953, pinceau et encre de Chine sur papier
Étude de nu, 1952-1953, pinceau et encre de Chine sur papier
Nu de dos, 1952-1953, pinceau et encre de Chine sur papier
Nu, 1952-1953, pinceau et encre de Chine sur papier
Étude de nu, 1952-1953, pinceau et encre de Chine sur papier
Portrait d'Anne, Lagnes, 1953, huile sur toile
Femme assise, Ménerbes, 1953, huile sur toile
Deux vases de fleurs, Lagnes, 1953, huile sur toile
Table rose, Provence, 1953, huile sur toile
Nature morte au tournesol, Lagnes, 1953, huile sur toile
Fleurs blanches et jaunes, Lagnes, 1953, huile sur toile
Lumières 1953
Le peintre, après tant d'autres, connaît la fascination pour le Sud et sa lumière : la Provence lui apparaît comme « le paradis, tout simplement, avec des horizons sans limites ». Il rêve de transformer en un point fixe ce qui ne sera qu'une halte entre deux départs et, en novembre 1953, achète une demeure austère et délabrée à Ménerbes - le Castelet.
En Provence, le peintre remet son art en jeu tout en renouant avec le petit format et les joies de la peinture sur le motif - ce qu'il appelle ses « paysages de marche ». Les tableaux du Midi exigent une réinvention : la lumière éclatante du Sud implique un nouveau regard, et donc une nouvelle manière de faire. Au plus près du monde, Staël peint alors les silhouettes alignées des cyprès, les champs labourés, la façade d'une maison, le soleil éblouissant au-dessus de l'horizon. Sculpté par le vent, son Arbre rouge se fait explosion lumineuse. Ici, Staël cherche, à tâtons, en peintre qui n'a que le travail comme possible recours : « Je suis dans un brouillard constant, ne sachant où aller, que faire [...], bouffant ces paysages à longueur de journée de quoi en avoir une nausée définitive, ému malgré tout chaque fois. »
Terre du Nord, vers 1953, huile sur toile
Grignan, 1953, huile sur toile
Paysage, esquisse, Provence, 1953, huile sur toile
Paysage, Ménerbes, Ménerbes, 1953-1954, huile sur toile
Paysage, Provence, 1953, huile sur toile
Arbres, Provence, 1953, huile sur toile
Paysage, Provence, 1953, huile sur toile
Arbre rouge, Provence, 1953, huile sur toile
Paysage de Provence, Lagnes, 1953, huile sur toile
Grignan, 1953, huile sur toile
Le Soleil, Provence, 1953, huile sur toile
Les Cyprès, Provence, 1953, huile sur toile
Sicile 1953-1954
En août 1953, Nicolas de Staël, qui s'est acheté une camionnette, embarque sa famille dans un voyage en Italie, direction la Sicile. Il y a là sa femme Françoise, enceinte de Gustave, ses enfants, Anne, Laurence et Jérôme, mais aussi Jeanne Polge et Ciska Grillet, une amie de René Char.
En Sicile, il dessine au feutre les ruines antiques d'Agrigente et Syracuse : « À part la nage dans toutes les mers, je ne fais rien, sinon quelques croquis », écrit-il alors. La peinture viendra plus tard, comme en écho différé à cette expérience vécue. En 1951, déjà, il affirmait: « On ne peint jamais ce qu'on voit ou croit voir, on peint à mille vibrations le coup reçu. » C'est donc en Provence, où il retourne seul, après l'Italie, que Staël peint ses tableaux siciliens.
À Jacques Dubourg, son marchand parisien, il confie : « Aussi atroce que soit la solitude, je la tiendrai parce qu'il [me faut] prendre une distance que je n'ai plus à Paris aujourd'hui et que je veux pour demain. » Les paysages d'Agrigente et Syracuse sont le fruit de cette mise à distance. Radicalisation de la palette et des contrastes, construction réduite à l'élémentaire : Staël invente son paysage.
Sicile (dessiné sur le motif), 1953, stylo-feutre sur papier
Colonnes de temple à Agrigente, 1954, plume et encre de Chine sur papier
Agrigente, 1954, plume et encre de Chine sur papier
Composition, 1953-1954, collage de papiers déchirés sur papier kraft
Composition, 1953-1954, collage de papiers découpés et déchirés sur papier kraft
Temple sicilien, Lagnes, 1953, huile sur toile
Paysage, vers 1953, huile sur toile
Sicile, Ménerbes, 1954, huile sur toile
Agrigente, Ménerbes, 1953-1954, huile sur toile
Agrigente, Ménerbes, 1954, huile sur toile
Sicile, Ménerbes, 1954, huile sur toile
Agrigente, Ménerbes, 1954, huile sur toile
Syracuse, Ménerbes, 1954, huile sur toile
Paysage, Ménerbes, 1954, huile sur toile
Sur la route 1954
L'année 1954 est marquée par de constants déplacements : toujours à la recherche de sensations nouvelles, Staël se remet en route. Alors qu'il vient d'emménager à Ménerbes, son quotidien est rythmé de diverses incursions à Uzès, Marseille, ou encore à Martigues, sur les bords de l'étang de Berre, comme autant de détours propres à engendrer dessins et tableaux. Il retourne aussi rue Gauguet : « J'ai commencé à travailler dans le Midi, écrit-il, mais je viens à mon atelier de Paris régulièrement, cela me change de lumière et renouvelle un peu la conception des choses. » Il dessine alors sur les bords de Seine, et peint des paysages parisiens. Il séjourne également quelque temps sur la mer du Nord, dessinant sur le motif avant de peindre plusieurs tableaux évoquant le phare de Gravelines ou la plage de Calais.
Staël travaille « plus que jamais » : l'exposition chez Paul Rosenberg à New York en février 1954 est un succès, et l'artiste prépare pour juin une nouvelle exposition parisienne chez Jacques Dubourg, la première depuis trois ans. Dans cette urgence, sa peinture s'allège, renonçant à l'épaisseur au profit de la fluidité. Dans ses dessins, nombreux en ces temps de voyage, l'artiste va vers l'épure, donnant toujours plus d'importance, et de présence, au blanc du papier.
Bateaux sur la plage, Ménerbes, 1954, huile sur toile
Deux Marseille, Ménerbes, 1954, huile sur toile
Barques, 1953-1954, stylo-feutre sur papier
Bateaux en Méditerranée, 1953-1954, stylo-feutre sur papier
Barques aux Martigues, 1953-1954, stylo-feutre sur papier
La Barque, 1953-1954, stylo-feutre sur papier
Bateaux, 1953-1954, stylo-feutre sur papier
Arbres, 1954, pinceau et encre de Chine sur papier
Étude de fleurs, 1954, stylo-feutre sur papier
Table à palette, 1954, fusain sur papier
Étude de profils, 1954, pinceau et encre de Chine sur papier
Trois poires, Paris, 1954, huile sur toile
Les Martigues, Ménerbes, 1954, huile sur toile
Agrigente, Ménerbes, 1954, huile sur toile
La Route, Ménerbes, 1954, huile sur toile
Paysage sur fond rose, Ménerbes, 1954, huile sur toile
Étang de Berre, Ménerbes, 1954, huile sur toile
Le Pont des Arts la nuit, Paris, 1954, huile sur toile
Plage de Calais, 1954, huile sur toile
Calais, 1954, huile sur toile
Nature morte au billot, Paris, 1954, huile sur toile
La Palette, Paris, 1954, huile sur toile
et la dernière salle de l'exposition :
Antibes 1954-1955
En septembre 1954, pour se rapprocher de Jeanne Polge, Nicolas de Staël s'installe seul dans une maison sur les remparts d'Antibes, face à la mer. La vie s'organise autour de son atelier et de sa liaison passionnelle, bouleversante. Alors que Jeanne prend peu à peu ses distances, Staël travaille avec acharnement: « Les tableaux foncent, écrit-il, il faudra bien leur donner tout ce que j'ai, le reste m'est odieux à présent. »
Cherchant la fluidité et la transparence, le peintre utilise du coton et des tampons de gaze pour étaler la couleur. Marines et natures mortes
se succèdent, Staël peignant alternativement les bateaux zébrant la Méditerranée ou les objets de l'atelier. Ses tableaux accueillent la vie, sa quotidienneté, son intimité, son immensité. Si l'homme privé est désespéré par un amour impossible, l'artiste demeure, dans sa peinture, intact malgré tout. Les tableaux d'Antibes témoignent de la permanence de son émerveillement devant le monde.
Le 16 mars 1955, Staël se tue en se jetant du toit-terrasse de son atelier, laissant derrière lui de nombreux tableaux en cours. Dans la lettre qu'il laisse à son marchand, Jacques Dubourg, il écrit: « Je n'ai pas la force de parachever mes tableaux. »
Étude de nu, Antibes, 1955, fusain sur toile
Nu de profil, Antibes, 1955, fusain sur toile
Nu couché bleu, Antibes, 1955, huile sur toile
Nature morte en gris, Antibes, 1954, huile sur toile
Coin d'atelier fond bleu, Antibes, 1955, huile sur toile
La Bouteille noire, Antibes, 1955, huile sur toile
Le Saladier, Antibes, 1955, huile sur toile
Le Bocal, Antibes, 1955, huile sur toile
L'Étagère, Antibes, 1955, huile sur toile
Nature morte en gris, Antibes, 1955, huile sur toile
Pots et pinceaux dans l'atelier, Antibes, 1955, huile sur toile
Nature morte au pot et pinceaux, Antibes, 1955, huile sur toile
Les Poissons, Antibes, 1955, huile sur toile
Bateau de guerre, Antibes, 1955, huile sur toile
Le Fort carré d'Antibes, Antibes, 1955, huile sur toile
Bouteilles grises, Antibes, 1955, huile sur toile
Marine la nuit, Antibes, 1955, huile sur toile
Le Bateau, Antibes, 1955, huile sur toile
Et pour clore ce beau parcours :
Les Mouettes, Antibes, 1955, huile sur toile
Festival international des jardins à Chaumont - édition 2023
Une pause dans les expositions parisiennes de l'automne avec un sujet abordé à plusieurs reprises dans ce blog depuis une dizaine d'années (cf notre billet du 4 juin 2013), et pour la dernière fois il y a quatre ans.
Le festival international des jardins, dans le parc du château de Chaumont-sur-Loire, avait cette année pour thème Jardin résilient :
"Dérèglement climatique, dégradation du monde vivant, telles sont les nouvelles données auxquelles les zones naguère tempérées du globe sont désormais confrontées. Fragilité, déséquilibre, incertitude sont aujourd’hui au cœur des préoccupations et impliquent pour chacun d’entre nous la nécessité de s’adapter à un climat qui change, en minimisant les effets délétères de températures élevées, en repensant nos comportements, en luttant contre les îlots de chaleur, en utilisant des solutions nouvelles ou traditionnelles, face à la raréfaction de l’ombre et de l’eau.
Sobriété, autosuffisance grâce à la permaculture, aux forêts comestibles, aux corridors verts… tout est à mettre en œuvre pour renforcer la résilience de nos jardins, pour anticiper, agir, rebondir, réduire les vulnérabilités.
Tel est le défi proposé aux concepteurs des jardins de l’édition 2023 qui ont su proposer des projets tentant d’ouvrir des pistes permettant au jardin, condensé de vie et de biodiversité, de résister aux outrances de l’Anthropocène."
Premiers visiteurs de la journée, nous sommes accueillis dans le jardin N°1 (Le Jardin de sous-bois - jardin pérenne conçu par les étudiants de l'École Nationale Supérieure du Paysage de Blois) par un représentant de la faune locale.
2. Le Corridor végétal (Ashley MARTINEZ, concepteur paysagiste, et Julie COTE, paysagiste designer - France)
3. Le Jardin du Verstohlen (Cynthia FLEURY, philosophe et psychanalyste, et Antoine FENOGLIO, designer - France)
4. Une (presqu') île vertueuse ou Néo-Chinampas (Louise QUINTANA, paysagiste DPLG, et Guillaume COLLAUDIN, chef jardinier-Compagnon du Devoir - France)
4 bis. Le Jardin patchwork (Annelies DIJKMAN, plasticienne, conceptrice de jardins, jardinier, et Lau HEEMSKERK, jardinière, conceptrice de jardins, productrice de vivaces - Pays-Bas)
5. Le Jardin de tuiles (风物营造 (Landtek Group) -Jingshi DIAO, Shilei LU, Shuwen SU, Jiawei LIANG et Kangtai FENG, architectes paysagistes - Chine)
6. Le Jardin des chênes (Nicola HILLS, paysagiste-conceptrice, et Anthony HILLS, architecte - Grande-Bretagne)
7. Oasis fissurée (Kairi MEOS, architecte-paysagiste, Svetlana LAVRENTYEVA, conceptrice de jardins, et Hilla KARPPINEN, paysagiste-conceptrice - Finlande)
8. Cendres fertiles (Robin EYMIEUX, urbaniste, Antoine DEBRAY, paysagiste concepteur, et Xuan Tuan NGUYEN, architecte/concepteur paysagiste - France)
9. Brèche (Collectif Brèche - Sébastien LATXAGUE, architecte jardinier, Louise GRALL-VIGNERON, artiste illustratrice, Lorraine LEFORT, artiste pluridisciplinaire, et Elisabeth BOSCHER, architecte HMONP - France)
10. Le Jardin de la fontaine anémone (Jean-Philippe POIRÉE-VILLE, architecte et paysagiste - France) - jardin pérenne.
11. Jardin kintsugi (Grégory SIMON, étudiant, Haute École Lucia de
Brouckère - Belgique)
12. Écouter, voir (Emmanuelle CAPITAIN, paysagiste, et Magali BERTRON, coloriste paysagiste - France)
13. Demain tout ira bien (Fabien CAUMONT, paysagiste concepteur et Atelier Arzinc -Françis ARSENE, Thomas MARCEL, Arthur NAVECTH, Duncan SIDIBE, Camille VILLEMIN et Alexandre WELLERS - France)
14. Le Chant du sel (Félix DE ROSEN, architecte-paysagiste et auteur, Éric FUTERFAS, architecte, et Bruno DEROZIER, pépiniériste - États-Unis / France)
15. De derrière les fagots (Association Les Animé.e.s -Manuel JOUAULT et Tom SENECAL, paysagistes DPLG, Leane DELICOURT, architecte, et Pierre BRONGNIART, designer plasticien et charpentier en formation-Compagnons du Devoir - France)
17. Jardin kintsugi - Pansons (pensons ?) nos blessures (Sarah BREGEON, Loïse GUIBERTEAU, Pierre-Henri BLANDINEAU RICHARD, Armand PINOT et Ewen LE THOMAS, étudiants, Institut Agro Rennes-Angers - France)
19. L'Alliance des courants (Adrien DEFOSSE, paysagiste concepteur, et Commune de Loire-Authion -Emeline DUPLANT, Raphaëlle GUITTEAU-NORMAND, Olivier BOURGET, Amélie JEUNIER, Joël LEFUR et Didier HAMARD, agents Espace Verts - France)
20. La Petite serre (installation pérenne)
Après le Jardin de la Serre, confié à Patrick Nadeau à l’entrée de la Cour de la Ferme, et la collection de cactées présentée dans la Serre extraordinaire, la Petite Serre est le troisième espace consacré aux plantes tropicales de manière pérenne au Domaine de Chaumont-sur-Loire.
21. Terre de Feu (Serra Paysage -Franck SERRA, paysagiste - France)
22. Hortus Spei - Jardin de l'espoir (Evor, artiste plasticien, et l'association “Nantes est un Jardin” - France)
23. L'Arbre de vie (Laurence AUREJAC, architecte DPLG, paysagiste-conceptrice et enseignante, Rachel ROUZAUD, architecte DE, et Jean-Cosme ROUZAUD, étudiant ingénieur - France)
24. Nids d'humains (Catherine COCHEREL - France)
Le lecteur attentif aura remarqué que quelques jardins ont été omis, le parcours complexe du festival les ayant dérobé à notre attention. Pour se faire pardonner, quelques gros plans de fleurs, compensant le peu de couleurs vives du parcours, dû à la fois au l'austérité du thème du jardin résilient, et à la saison avancée au moment de notre visite.
Nicolas de Staël - rétrospective au MAM de Paris (I/II)
/image%2F1508962%2F20231006%2Fob_aa1f9f_affiche.jpg)
Très belle rétrospective, au Musée d'art moderne de Paris, de l'œuvre de Nicolas de Staël (1914-1955) : deux billets ne seront pas trop pour en parcourir les 11 salles qui retracent les périodes de sa vie artistique, tragiquement écourtée par son suicide à 41 ans mais si riche et variée.
Le voyage d'un peintre 1934-1947
Les années de formation de Nicolas de Staël sont faites de voyages et de rencontres. S'il étudie l'art à Bruxelles, le jeune peintre cherche vite à élargir ses horizons: après deux étés passés à sillonner le sud de la France puis l'Espagne, il parcourt pendant un an le Maroc où il rencontre Jeannine Guillou, une peintre qui deviendra sa compagne. Il travaille avec ardeur, détruisant beaucoup et hésitant sur la voie à suivre. « Je sais que ma vie sera un continuel voyage sur une mer incertaine, écrit-il, c'est une raison pour que je construise mon bateau solidement. »
Faites de déplacements et de haltes, ces années de maturation sont à la fois dures et exaltantes, sur fond d'ambition et d'extrême pauvreté. Staël l'apatride s'engage en novembre 1939 dans la Légion étrangère ; démobilisé en septembre 1940, il vit pendant trois ans. à Nice puis s'installe à Paris. En 1942, il se tourne vers l'abstraction, tendance alors en plein essor. Le peintre explore ce nouveau langage dans des œuvres dominées par des tons sombres, que Jeannine décrit comme « sans fin torturées, repeintes, massacrées, bousculées. »
Au sortir du conflit, Staël expose à la galerie Jeanne Bucher: sa carrière est lancée. En 1946, la mort tragique de Jeannine suite à un avortement thérapeutique signe la fin de cette première époque.
Vue de Cassis, 1934, plume, encre de Chine et rehauts d'aquarelle sur papier
Musiciens arabes, Maroc, 1936-1937, mine de plomb sur papier
Étude, visage de femme, vers 1939, fusain sur papier
Étude, visage de femme, Jeannine, vers 1939, fusain sur papier
Portrait de Jeannine, Nice, 1941, huile sur toile
Deux Étude de bateaux, vers 1939, crayon gras sur papier
et une des rares peintures figuratives des débuts de Staël qui nous soient parvenues,
Pont de Bercy, Paris, 1939, huile sur contreplaqué
Composition, Nice, 1942, pastel sur papier
Composition, Nice, 1942, fusain et pastel sur papier
Composition (Les Mouettes), Paris, 1947, pinceau et lavis d'encre de Chine sur papier
Composition en noir, Paris, 1946, huile sur toile
Composition, Paris, 1946, huile sur toile
De la danse, Paris, 1946-1947, huile sur toile
Le Cube, Paris, 1946, huile sur toile
Trois Composition, Paris, 1946, pinceau et encre de Chine sur papier
Rue Gauguet 1948-1949
Située près du parc Montsouris, la rue Gauguet devient dès 1947 le point d'ancrage du peintre : le lieu où Staël, qui s'est marié avec Françoise Chapouton, va trouver un véritable atelier et un toit pour sa famille. Avec ses huit mètres de hauteur sous plafond, l'atelier « tient du puits, de la chapelle et de la grange », écrit le critique Patrick Waldberg, qui décrit « sa blancheur austère et son atmosphère d'activité intense, mais recluse ». Adossant ses toiles contre le mur, Staël conçoit plusieurs œuvres en même temps, passant de l'huile à l'encre de Chine, de la toile au papier.
À la fin des années 1940, dans ce lieu inondé de lumière, sa palette s'éclaircit. Aux élans obscurs des toiles précédentes succède une manière de peindre moins violente, plus organique. Peu à peu, ses compositions se desserrent: les faisceaux dynamiques et enchevêtrés laissent place à des formes plus amples, plus stables et aériennes.
Renouvelant constamment sa pratique, Staël se méfie de la répétition comme des étiquettes. Ce peintre que l'on dit abstrait déclare alors, à rebours de l'époque, que « les tendances non figuratives n'existent pas », affirmant que « le peintre aura toujours besoin d'avoir devant les yeux, de près ou de loin, la mouvante source d'inspiration qu'est l'univers sensible ».
Composition, Paris, 1948, encre de Chine et lavis sur papier
Deux Composition, Paris, 1948, pinceau et encre de Chine sur papier
Histoire naturelle, Paris, 1948, huile sur toile
Eau de vie, Paris, 1948, huile sur toile
Hommage à Piranèse, Paris, 1948, huile sur toile
Composition, Paris, 1949, plume et pinceau, encre de Chine et lavis d'encre de Chine sur papier
Composition, Paris, 1948, pinceau et encre de Chine sur papier, collé sur carton
Composition, Paris, 1949, huile sur toile
Composition grise, Paris, 1949, huile sur toile
Composition, Paris, 1949, huile sur toile
Condensation 1950
En 1950, le travail de Staël se densifie : des masses plus amples et ramassées s'agencent à la surface de la toile. Des études sur papier jusqu'au tableau dans sa version définitive, il multiplie les étapes, travaille longuement et sans relâche ses compositions. Les tableaux racontent leur propre genèse : les couches de couleur se superposent, laissant apparaître, sur les bords de formes énigmatiques, d'autres couleurs sous-jacentes, tel un secret entrevu. La peinture se fait étalement, recouvrement, travail de la matière. « Je manie le couteau et la brosse de plein fouet », dit-il alors. L'ambition est claire : «faire de mieux en mieux et toujours plus simple ».
Bien qu'abstraites formellement, ses toiles semblent habitées par une présence physique du monde : Staël parle à leur sujet des « images de la vie » qu'il reçoit « en masses colorées », « à mille vibrations ». Il se tient fièrement à l'écart de ce qu'il désigne comme le « gang de l'abstraction avant » par allusion ironique au « gang des Tractions avant », célèbre bande de malfaiteurs de l'après-guerre.
Cette année-là, le Musée national d'art moderne acquiert une première toile du peintre, tandis que Jacques Dubourg devient officiellement son marchand et que des toiles commencent à se vendre aux États-Unis.
Composition, Paris, 1950, huile sur panneau
Composition, Paris, 1950, huile sur toile
Deux Composition, Paris, 1950, huile sur toile
Trois Composition, Paris, 1949-1950, plume et pinceau, encre de Chine et gouache sur papier
Deux Composition, Paris, 1950, stylo-feutre sur papier
Oiseau noir, Paris, 1950, huile sur toile
La Procession, Paris, 1950, huile sur toile
Grande composition bleue, Paris, 1950-1951, huile sur isorel
Fragmentation 1951
Les tableaux de l'année 1951 apparaissent, rétrospectivement, comme une réaction à ceux de l'année 1950, Staël remettant en jeu les acquis de l'année précédente. Après la condensation, ce sera donc la fragmentation : après les formes concentrées, vient le règne des formes fragmentées, faites de tesselles colorées que l'on dirait empruntées au monde de la mosaïque. Ce nouveau vocabulaire offre à l'artiste une grande liberté. Tantôt il construit, par accumulation de ces formes en pavés, tantôt il ouvre son tableau à une spatialité nouvelle et dynamique, quasi aérienne.
Les références au monde extérieur, déjà là, à l'état latent, dans les tableaux de 1950, émergent plus nettement. Staël, malgré l'époque, malgré la critique, revient courageusement vers la figuration : au tout début de l'année 1952, une simple tesselle, forme abstraite s'il en est, devient une pomme, tandis que le jaillissement vertical des petits pavés de couleur évoque soudain un bouquet de fleurs. À son nouvel ami René Char, pour lequel il réalise un ensemble de gravures sur bois, il écrit : « Tu m'as fait retrouver d'emblée la passion que j'avais, enfant, pour les grands ciels, les feuilles en automne et toute la nostalgie d'un langage direct. »
Composition, Paris, 1951, huile sur toile
Le Mur, Composition, Paris, 1951, huile sur toile
La Ville blanche, Paris, 1951, huile sur toile
Composition, Paris, 1951, huile sur toile
Fugue, Paris, 1951-1952, huile sur toile
Composition, Paris, 1951, huile sur contreplaqué
Les Toits, Paris, 1951, huile sur bois
Composition fond blanc, Paris, 1951, huile sur isorel
Fleurs grises, Paris, 1952, huile sur toile
Fleurs, Paris, 1952, huile sur toile
Trois pommes en gris, Paris, 1952, huile sur toile
Fleurs, Paris, 1952, huile sur toile
Terminons ce premier billet par la cinquième section de cette rétrospective :
Un an dans le paysage 1952
En 1952, les références au monde sensible deviennent explicites. Staël élargit alors son champ visuel, sortant de l'atelier pour s'adonner au paysage et travailler en plein air, sur le motif. Entre joie et urgence, « des couleurs plein les mains à ciel ouvert », il peint plus de deux cent quarante œuvres. La majorité sont des petits ou moyens formats sur carton, travaillés directement face au paysage, en Île-de-France, en Normandie et dans le Midi. Chaque lieu, chaque région engendre ses propres impressions et ses manières de faire. À Mantes-la-Jolie ou Gentilly, l'art de Staël atteint un équilibre entre observation et abstraction. Au Lavandou, il peint sur la plage et s'émerveille de la lumière « vorace » et « fulgurante » du Sud, qui lui procure des sensations nouvelles : « À force d'être bleue, la mer devient rouge. » En Normandie, ses paysages se font plus atmosphériques et traduisent les subtiles nuances de la mer et du ciel.
À Paris, le 26 mars, Staël assiste au match de football France-Suède au Parc des Princes. Le tableau magistral qu'il en tire est exposé au Salon de mai et fait sensation. Pas de côté dans une année largement consacrée au paysage? Approfondissement, plutôt, comme si ses paysages d'Île-de-France trouvaient là leur destin monumental.
Différents Paysage (peint sur le motif), 1952, huile sur carton
Mantes (peint sur le motif), 1952, huile sur carton
Mantes-la-Jolie (peint sur le motif), 1952, huile sur carton
Gentilly, 1952, huile sur carton
Les Toits de Paris, 1952, huile sur carton
Gentilly, 1952, huile sur toile
Le Parc de Sceaux, Paris, 1952, huile sur toile
Ciel à Honfleur, Paris, 1952, huile sur toile
Mer et nuages, Paris, 1953, huile sur toile
Le Lavandou (peint sur le motif), 1952, trois huiles sur carton
Étude de paysage, 1952, huile sur panneau
Paysage, 1952, huile sur carton
Composition, 1952, huile sur carton
Parc des Princes, Paris, 1952, huile sur carton
Parc des Princes, Paris, 1952, huile sur toile
La fin du parcours de cette belle exposition fera l'objet d'un prochain billet.
Modigliani - Un peintre et son marchand
/image%2F1508962%2F20230928%2Fob_f1ae7d_0923-modigliani-affiche.jpg)
Avec ce billet, la première exposition parisienne de cet automne, au musée de l'Orangerie.
Un peu plus d’un siècle après la rencontre entre Amedeo Modigliani (1884-1920) et Paul Guillaume (1891-1934) en 1914, cette exposition se propose de revenir sur l’un des moments emblématiques de la vie du peintre. Elle s’attache à explorer la manière dont les liens entre les deux personnages peuvent éclairer la carrière de l’artiste et sa renommée posthume.
Toutes les œuvres présentées dans cette exposition ont un rapport étroit avec Paul Guillaume : qu’elles lui aient appartenu, aient été vendues par lui ou aient été commentées dans sa revue Les Arts à Paris.
Amedeo Modigliani et Paul Guillaume
Le galeriste et collectionneur Paul Guillaume aurait découvert Amedeo Modigliani dès 1914 par l’entremise du poète Max Jacob. Il devient vraisemblablement son marchand l’année suivante et constitue l’un de ses premiers soutiens. Le marchand loue pour lui un atelier rue Ravignan sur la butte Montmartre à Paris, resté célèbre par des clichés photographiques où les deux hommes prennent la pose aux côtés des œuvres de l’artiste accrochées au mur.
Modigliani réalise quant à lui des portraits peints et dessinés de son nouveau marchand.
Paul Guillaume, Novo Pilota, 1915, huile sur carton collé sur contre-plaqué parqueté
Portrait de Paul Guillaume, 1915, huile sur carton
Portrait de Paul Guillaume, 1916, huile sur toile
Paul Guillaume, 1916, crayon sur papier
Masques et têtes
Entre 1911 et 1913, Modigliani se consacre presque exclusivement à la sculpture. En parallèle de ces œuvres sculpturales, il réalise plusieurs dessins élégants. Leurs formes simplifiées inspirent le style fragmenté ou allongé de ses peintures ultérieures, telles que les têtes de femmes, également exposées dans cette salle.
Les visites de musées parisiens, dont le Louvre et le musée d’Ethnographie du Trocadéro, incitent Modigliani, et d’innombrables autres artistes européens, à s’intéresser à l’art égyptien, khmer, africain et primitif italien. Paul Guillaume est alors l’un des rares marchands à considérer les statues et les masques africains comme des œuvres d’art, ainsi que l’un des premiers à les exposer aux côtés d’œuvres d’art moderne européen.
Bien que Modigliani ait déjà arrêté la sculpture à l’époque où Paul Guillaume devient son marchand, cela n’empêche pas le jeune Parisien d’acheter ses têtes sculptées et de les vendre à d’importants clients, comme Albert C. Barnes, le collectionneur américain, après la mort de l’artiste en 1920.
Statues et masques africains, transition avec notre billet précédent du 30 septembre 2023 :
Artiste Kota, avant 1941, Gabon, Élément de reliquaire Mbulu-ngulu, bois, cuivre
Artiste Fang, avant 1941, Gabon, Élément de reliquaire eyima byeri, bois, perle
Artiste Fang, XIXe siècle, Gabon, Masque anthropomorphe Ngon Ntang, bois, pigments dont kaolin, laiton
Artiste Fang, XVIIIe siècle, Gabon, Masque, bois, fromager
Des têtes sculptées par Modigliani :
Tête de femme, 1911-1913, calcaire
Tête, 1912, pierre
Tête de femme, 1913-1914, marbre de Carrare
et des têtes peintes par Modigliani :
Fille rousse, 1915, huile sur toile
Femme au ruban de velours, vers 1915, huile sur papier collé sur carton
Lola de Valence, 1915, huile sur papier monté sur bois
L'Enfant gras, 1915, huile sur toile
Milieu parisien, affinités artistiques et littéraires
C’est au coeur d’un Paris cosmopolite, capitale des arts, qu’Amedeo Modigliani arrive à l’âge de 21 ans et commence un parcours artistique singulier. Ce carrefour culturel, si vivant au début du xxe siècle, lui fournit des interlocuteurs aussi bien dans le domaine pictural que littéraire et marchand, constituant un terreau fertile à l’épanouissement de son art. Les figures de ses proches peuplent alors ses tableaux et dressent un étonnant panorama des personnalités de cette époque : Brancusi, Soutine, Kisling, Gris, Cocteau, Picasso, Rivera, Max Jacob, Beatrice Hastings... peintes au même titre que des figures connues uniquement par leurs prénoms ou encore des anonymes.
Portrait de Moïse Kisling, 1915, huile sur toile
Portrait de Max Jacob, 1916, huile sur toile
Portrait de Beatrice Hastings, 1915, huile sur carton
La Belle irlandaise, en gilet et au camée, vers 1917-1918, huile sur toile
Antonia, vers 1915, huile sur toile
Madam Pompadour, 1915, huile sur toile
Intitulé Madam Pompadour, ce tableau est un portrait de Beatrice Hastings. En tant que rédactrice en chef de la revue londonienne The New Age, Beatrice Hastings publie des auteurs importants, dont Ezra Pound. Elle écrit également ses propres poèmes, de la prose, des articles d'opinion politique et des critiques d'art sous d'innombrables pseudonymes.
Période méridionale
En 1916, avec le soutien d’un nouveau marchand d’art, Leopold Zborowski, Modigliani se remet à peindre des nus féminins. S’il réalise ces tableaux pour des acheteurs masculins, leur sensualité suggère des changements dans le quotidien des femmes, qui deviennent de plus en plus indépendantes dans les années 1910. Grâce à son album d’œuvres de Modigliani, nous savons que Paul Guillaume a acquis et vendu au moins deux nus après la mort de l’artiste.
Nu couché, 1917, huile sur toile
Durant les derniers mois de la Première Guerre mondiale, alors que Paris subit des raids aériens et que l’état de santé de Modigliani se dégrade, Leopold Zborowski envoie son artiste sur la Côte d’Azur. Sa nouvelle compagne, la peintre Jeanne Hébuterne, déjà enceinte du premier enfant du couple, l’accompagne. C’est à Nice que Modigliani réalise certaines de ses œuvres les plus fortes, peignant des portraits d’enfants, de domestiques et d’autres anonymes locaux et s’essayant même aux paysages. Paul Guillaume achète et vend plusieurs de ces œuvres phares au cours des années 1920.
Jeune fille au corsage rayé, 1917, huile sur toile
La Chevelure noire, dit aussi Jeune fille brune assise, 1918, huile sur toile
La Belle droguiste, dit aussi La Belle épicière, 1918, huile sur toile
Le Jeune apprenti, 1917-1919, huile sur toile
Elvire assise, accoudée à une table, 1919, huile sur toile
Portrait de femme, dit La Blouse rose, 1919, huile sur toile, cadre de Pierre Legrain
Portrait de Mme Hanka Zborowska, 1918-1919, huile sur toile
Jeune fille rousse au collier, dit aussi Femme rousse portant un pendentif, 1918, huile sur toile
À la fin du parcours, des vidéos présentent la reconstitution des accrochages de tableaux dans les divers appartements occupés successivement par Paul Guillaume, où figurent en bonne place les tableaux de Modigliano présentés dans l'exposition - et rassemblés pour la circonstance.
Une dernière salle donne l'occasion aux enfants de compléter et colorier des esquisses reprenant les tableaux de l'artiste.
Arts d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques au Louvre
L’installation au Louvre des arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques sont l’aboutissement d’un long processus. Ils ont fait une première entrée au Louvre en 1827 lorsque le roi Charles X crée le musée de Marine et d’Ethnographie. Les œuvres exposées fascinent le public et le musée connaît un grand succès. Mais, si les civilisations non-occidentales suscitent l’intérêt, rares sont alors les personnes qui reconnaissent une valeur artistique à ces collections. En 1905, les œuvres sont dispersées dans plusieurs musées. Elles quittent le Louvre.
Progressivement, et grâce à des artistes comme Pablo Picasso, ces pièces vont acquérir peu à peu le statut d’œuvres d’art. Dès 1909, le poète Guillaume Apollinaire souhaite que le Louvre accueille de nouveau ces chefs-d’œuvre « dont l’aspect n’est pas moins émouvant que celui des beaux spécimens de la statuaire occidentale ».
Au fil du 20e siècle, l’idée fait son chemin. Enfin, en 1990, Jacques Kerchache, grand spécialiste des cultures extra-occidentales, publie un manifeste signé de 300 artistes, philosophes, anthropologues et historiens d’art : Les Chefs-d’œuvre naissent libres et égaux. Il réclame la création au Louvre d’un département consacré aux arts d’Afrique, d’Océanie, des Amériques et d’Insulinde qu’il regroupe sous l’appellation Arts premiers.
En 1996, le président de la République Jacques Chirac annonce la création d’un musée qui regroupera les deux collections françaises d’arts premiers : celle du musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie, et celle du musée de l’Homme. C’est la naissance du musée du quai Branly. Il doit donner leur juste place à des cultures et des civilisations trop longtemps méconnues des occidentaux. Jacques Chirac décide aussi de présenter une sélection de chefs-d’œuvre de ces collections au Louvre.
Pour exposer ces 120 chefs-d'œuvre, on choisit le pavillon des Sessions. Ce dernier a été construit sous le Second Empire par Hector Lefuel pour accueillir les sessions parlementaires. Les arts de tous les continents sont maintenant représentés dans ce musée universel.
Les premières salles sont consacrées à l'Afrique.
Sculpture baga, fin du XIXe siècle, Guinée - Masque d'épaules demba, bois, laiton
Sculpture nalu, XIXe - début du XXe siècle, région de Kanfarandé, Guinée - Masque-cimier mbanchong, bois, pigments
Sculpture bidjogo, XVIIIe - XIXe siècle, Île de Caravela, archipel des Bissagos, Guinée-Bissau - Figure d'ancêtre orebok, bois
Sculpture tellem, XVe -début du XVIIe siècle, Falaise de Bandiagara, Mali, Bois, matières sacrificielles
Sculpture tellem ou dogon, XVIe siècle, Falaise de Bandiagara, Mali, Bois, matières sacrificielles
Sculpture djennenké, XIIIe siècle, Mali, bois
Sculpture dogon attribuée au « Maître des yeux obliques », XVIIe - XVIIIe siècle, Mali, bois, métal
Sculpture dogon attribuée au « Maître de Tintam », XIVe siècle, Plateau de Bandiagara, Mali, bois
Sculpture fon attribuée à Akati Ekplékendo, avant 1858, République du Bénin - Statue dédiée à Gou, divinité du fer et de la guerre, fer, bois
Sculpture baoulé, fin du XIXe-début du XXe siècle, Côte d'Ivoire - figure cultuelle asie usu, bois, textile, matières sacrificielles
Sculpture baoulé, seconde moitié du XIXe siècle, côte d'Ivoire - Boîte à divination par les souris, bois terre cuite, kaolin, cuir
Sculpture mossi, fin du XIXe - début du XXe siècle, Burkina Faso - Masque karanga, bois, pigments
Sculpture m'bété, XIXe - début du XXe siècle, Gabon - Sculpture sanaga, XIXe siècle, Cameroun
Quatre sculptures fang, XIXe siècle, figures de gardiens de reliquaire eyema byeri, Gabon ou Guinée équatoriale, bois avec selon les cas perles de verre ou clous de laiton.
Sculpture fang, XIXe siècle, Gabon - Masque de la société secrète du Ngil, bois, kaolin, clous de laiton
Sculpture yangéré, XIXe siècle, République centrafricaine ou République démocratique du Congo - Tambour à fente, bois
Sculpture vili, XVIIIe-début du XIXe siècle, Côte du Loango, Congo - Statue protectrice nkisi nkondi, bois, métal, porcelaine
Sculpture bangwa, fin du XVIIIe - début du XIXe siècle, Cameroun - Maternité figurant une mère de jumeaux anyi, bois
Sculpture urhobo, XVIIIe siècle, Nigéria - Figure de Emetejev we, nièce du fondateur de la ville d'Eherhe, bois
Deux sculptures de la culture Nok, VIe siècle avant J.-C.- VIe siècle après. J.-C., Nigéria, terre cuite
Sculpture bamendou, XVIIIe - début du XIXe siècle, Région du Nord-Ouest, Cameroun - Masque royal tukah, bois
Sculpture mbembé, XVIIIe siècle, Région de la Cross River, Nigéria - Fragment de tambour monumental, bois
Sculpture léga, XIXe siècle, République démocratique du Congo - Insigne iginga de la société initiatique du Bwami, ivoire d'éléphant
Sculpture luba, attribuée au « Maître des coiffures en cascade », XIXe siècle, République démocratique du Congo - Appui-tête, bois
Sculpture ejagham, avant le XVIe siècle, Nigéria - Emblème de la société secrète Eblabu, basalte
Passons à l'Asie du Sud-Est et à l'Océanie :
Sculpture, début du XIXe siècle, Île de Malo, Vanuatu - Statue de rituel de prise de grades masculins trrou kôrrou, bois de natora, pigments
Sculpture, XIXe siècle, Région centrale du fleuve Sepik, Papouasie- Nouvelle-Guinée - Crochet représentant un ancêtre féminin, bois, cheveux, terre, pigments, coquillages
Sculpture toba-batak, milieu du XVe siècle, Nord-Ouest de l'île de Nias, Indonésie occidentale - Statue magique pangulubalang, bois, patine de suie
Sculpture, XIXe siècle, Nord-Ouest de l'île de Nias, Indonésie occidentale - Statue commémorative du pouvoir d'un chef gowe salawa, grès
Sculpture, XIXe siècle, Sud-Est de l'île de Vanua Lava, Îles Banks, Vanuatu - Statue de rituel de prise de grades masculins kwetie tamat, fougère arborescente
Sculpture, première moitié du XIXe siècle, Ouest de l'île de Gaua, Îles Banks, Vanuatu - Statue de rituel de prise de grades masculins kolkol wutuk, fougère arborescente
Sculpture, XIXe siècle, Est de l'île de Gaua, Îles Banks, Vanuatu - Statue de rituel de prise de grades masculins tamat doro, fougère arborescente
Sculpture, XVIIe siècle, Île de Makira (San Cristobal), Îles Salomon - Poteau de maison cérémonielle, bois
Transition entre Polynésie et Amériques, l'Île de Pâques :
Sculpture, Île de Pâques, Tête monumentale moai, tuf basaltique
Sculpture, XVIIe-XVIIIe siècle ?, Île de Pâques - Pectoral rei miro, bois (sophora toromiro)
Amérique centrale :
Sculpture de Chupicuaro, période préclassique récente, VIIe - IIe siècle avant J.-C., État de Guanajuato, Mexique, terre cuite polychrome
Sculpture huaxtèque, période postclassique récente, XIVe - XVIe siècle, Région de Tampico, État de Tamaulipas, Mexique, pierre
Sculpture aztèque, période postclassique récente, XIVe siècle, Vallée de Mexico, Mexique - Tambour rituel teponaztli, bois
Sculpture aztèque, période postclassique récente, XVe - début du XVIe siècle, Vallée de Mexico, Mexique - Serpent à plumes Quetzalcoatl, pierre (andésite)
Vase maya, période classique récente VIIe-Xe siècle, Guatemala ou Mexique - Décor représentant une scène de l'inframonde, terre cuite polychrome
Sculpture aztèque, période postclassique récente, XVe - début du XVIe siècle, Vallée de Mexico, Mexique - Serpent à plumes Quetzalcoatl, pierre (andésite)
et terminons ce tour du monde - et ce billet par l'Amérique du Nord :
Sculpture kwakwaka'wakw (kwakiutl), seconde moitié du XIXe siècle, Colombie britannique, Canada - Pilier de maison gwasila, bois (cèdre)
Sculpture koniag, première moitié du XIXe siècle, Sud de l'Alaska, États-Unis - Masque, bois
Journées européennes du patrimoine 2023
/image%2F1508962%2F20230918%2Fob_e87eed_jep2023-blog.jpg)
Nous avons, comme souvent à l'occasion des journées européennes du patrimoine, découvert deux lieux originaux que nos lecteurs auront peut-être plaisir à découvrir.
Le samedi, excursion dans la vallée de Chevreuse jusqu'à Villiers-le-Bâcle, qui abrite la maison-atelier du peintre Léonard Foujita (1886-1968).
C'est en 1959 que le peintre japonais Yasse Tabuchi fait découvrir à son ami Léonard Foujita une petite maison rurale, située au 7 rue de Gif, à l'époque unique rue du village. Datant du XVIIIe siècle, la modeste bâtisse comprend deux logements mitoyens destinés aux ouvriers agricoles. Quasiment en ruine, elle est bâtie sur un terrain en pente et arboré, offrant une vue imprenable sur la vallée. Séduit par le lieu propice à sa créativité, l'artiste en fait l'acquisition en 1960 et y entame d'importants travaux qui dureront près d'une année. Si depuis la rue rien ne distingue cette maison des autres, la façade côté jardin, a été totalement ouverte sur le paysage et de larges ouvertures révèlent les trois niveaux de la maison. L'étage d'habitation initial, pourvu d'une salle avec cheminée et d'une chambre, devient un lieu de vie comprenant une vaste entrée donnant sur la rue, un salon qui s'ouvre largement sur la chambre et une salle de bain. Les combles sont aménagés en atelier, tandis que la cave est judicieusement transformée en cuisine et en salle à manger. Tous ces travaux ont été réalisés par des artisans locaux, guidés par Foujita qui suit attentivement le chantier. En 1991, Kimiyo Foujita, sa veuve, a fait don de ce lieu de mémoire au Conseil Départemental de l'Essonne. Depuis septembre 2011 ce lieu incontournable de Villiers-le- Bâcle, protégé au titre des monuments historiques, détient le label « Maisons des illustres » décerné par le ministère de la Culture et de la Communication.
De l'extérieur :
La maison, sur le parc :
L'intérieur a été conservé très soigneusement dans l'état où le peintre l'avait aménagé, avec ses objets quotidiens et de nombreux objets, chinés ou confectionnés par Foujita
Quelques œuvres ou ouvrages de la main de l'artiste...
Dans le jardin, des ateliers accueillent les enfants
Dans un pavillon attenant, des souvenirs de Foujita et une évocation de la vie très riche de l'artiste, depuis le Montparnasse des années folles où il arriva en 1913, eut pour amis et confrères Picasso, Modigliani et bien d'autres, jusqu'à la fin de sa vie où, naturalisé français en 1955, converti au catholicisme en 1959, il décora une chapelle à Reims. Marié quatre fois (à trois françaises puis à la japonaise Kimiyo), il passa le plus clair de sa vie en France, avec une parenthèse pendant la deuxième guerre mondiale au Japon.
Avant de conclure ce premier volet, une vue de de la petite église Notre-Dame-de-l'Assomption de Villiers-le-Bâcle, près de laquelle se trouve la pierre tombale de Foujita (dont la dépouille a été transférée à Reims en 2003 dans la chapelle qu'il y a décorée, et où les cendres de son épouse Kimiyo décédée au Japon l'ont rejointe)...
...et quelques toiles de Foujita photographiées dans d'autres musées :
Mon intérieur, Paris ou Nature morte au réveille-matin, 1921, huile sur toile collée sur panneau de bois parqueté
(Musée national d'art moderne, Centre Pompidou, Paris)
Nu couché à la toile de Jouy, 1922, huile, encre, fusain et crayon sur toile
(Musée d'art moderne de la Ville de Paris)
Intérieur d'un café, 1958, huile sur toile
(Musée Carnavalet - Histoire de Paris)
Le dimanche, excursion au Vésinet pour visiter la Villa Berthe, construite en 1896 par Hector Guimard.
La façade sud (côté rue) :
Quelques détails
L'entrée principale, située sur la façade latérale droite (est) :
Cette entrée donne sur un escalier qui dessert tous les étages
La façade arrière (nord) et détails
Dans le jardin, une jolie fontaine pas très "guimardienne"...
Des élévations des quatre façades, issues du site très bien fait de la villa :
En guise de conclusion, quelque images de l'immeuble d'habitation parisien "Castel Béranger", construit de 1894 à 1898 rue La Fontaine à Paris par le jeune Hector Guimard (1867-1942), soit à la même époque que la Villa Berthe.
Naples à Paris : le Louvre invite le musée de Capodimonte
/image%2F1508962%2F20230909%2Fob_4584ee_86489-xl.jpg)
Exposition originale au musée du Louvre : à l'occasion de la rénovation du musée napolitain de Capodimonte, qui nécessite sa fermeture temporaire, le Louvre accueille un grand nombre de ses œuvres, en trois endroits du musée.
Premier accrochage, prestigieux, dans la Grande Galerie de l'Aile Denon :
Chefs d’œuvre
de la peinture italienne
Dans cette galerie proche de la salle où est exposée la Joconde, les peintures du musée de Capodimonte dialoguent avec celles du Louvre : la réunion des deux collections offre un aperçu exceptionnel de la peinture italienne du 15e au 17e siècle.
Tommaso di ser Giovanni di Mone Cassai, dit MASACCIO
(San Giovanni Valdarno, 1401-Rome, 1428)
Crucifixion
Tempera et or sur panneau, 1426
Tommaso di Cristoforo Fini dit Masolino DA PANICALE
(Panicale, 1383- Florence, 1440)
La Fondation de Sainte-Marie-Majeure
Tempera et or sur panneau, 1427-1429
L'Assomption de la Vierge
Tempera et or sur panneau, 1427-1429
Giovanni BELLINI
(Venise, vers 1430-1516)
La Transfiguration
Huile sur panneau, vers 1478-1479
COLANTONIO
(Actif à Naples vers 1440-1470)
Retable de saint Vincent Ferrier
Huile sur panneau, 1456-1458
et détails des panneaux du bas
Saint Jérôme dans son cabinet
Huile sur panneau, 1444-1450
Attribué à Jacopo DE' BARBARI
(Venise, 1475-?, vers 1516)
Portrait de Luca Pacioli avec un élève
Huile sur panneau, 1495
Lorenzo LOTTO
(Venise, vers 1480-Lorette, 1556)
Portrait de Bernardo de' Rossi, évêque de Trévise
Huile sur panneau, 1505
Girolamo Mazzola BEDOLI
(Viadana, vers 1500-Parme, 1569)
L'Annonciation
Huile sur toile, 1555-1560
Francesco Mazzola, dit PARMESAN
(Parme, 1503-Casalmaggiore, 1540)
Portrait de Galeazzo Sanvitale
Huile sur toile, 1524
Portrait de jeune femme, dite Antea
Huile sur tolte, vers 1535
Lucrèce
Huile sur toile, 1540
Tiziano Vecellio, dit TITIEN
(Pieve di Cadore 1488/90-Venise 1576)
Danaé
Huile sur toile, 1544-1545
Giovanni Battista di Jacopo, dit Rosso FIORENTINO
(Florence, 1494 - Paris, 1540)
Portrait de jeune homme (peut-être Giampaolo dell' Anguillara da Cerveteri)
Huile sur panneau, 1524-1526
Sebastiano Luciani, dit Sebastiano DEL PIOMBO
(Venise 1485- Rome 1547)
Portrait du pape Clément VII de Médicis sans barbe
Huile sur toile, vers 1526
Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit CARAVAGE
(Milan, 1571 - Porto Ercole, 1610)
La Flagellation
Huile sur toile, 1607
Illustrons une fois le principe de l'accrochage en montrant en regard une œuvre du Caravage appartenant aux collections permanentes du Louvre :
La Diseuse de bonne aventure
Huile sur toile, vers 1595-1598
Guido RENI
(Bologne, 1575-1642)
Atalante et Hippomène
Huile sur toile, vers 1615-1618
Annibal CARRACHE
(Bologne, 1560 - Rome, 1609)
Hercule à la croisée des chemins
Huile sur toile, 1598
Pietà
Huile sur toile, 1599-1600
Artemisia GENTILESCHI
(Rome, 1593-Naples, 1652-1653)
Judith décapitant Holopherne
Huile sur toile, vers 1612-1617
Lionello SPADA
(Bologne, 1576-Parme, 1622)
Cain et Abel
Huile sur toile, vers 1612-1614
Jusepe DE RIBERA
(Játiva, 1591-Naples 1652)
Silène ivre
Huile sur toile, 1626
Saint Jérôme et l'ange du Jugement
Huile sur toile, 1626
Apollon et Marsyas
Huile sur toile, signé daté 1637
Luca GIORDANO
(Naples, 1634-1705)
Apollon et Marsyas
Huile sur toile, vers 1660
Notre-Dame du Rosaire ou La Madone au baldaquin
Huile sur toile, vers 1685
Abraham BRUEGHEL
(Anvers, 1631-Naples, 1697)
Giuseppe RUOPPOLO
(Naples, 1630 ?-1710)
Nature morte avec fruits et fleurs
Huile sur toile, 1680-1685
Giuseppe RECCO
(Naples, 1634-Alicante, 1695)
Nature morte avec poissons et autres créatures marines
Huile sur toile, 1671
Francesco GUARINO
(Sant'Agata Irpina, 1611- Solofra, 1654)
Sainte Agathe
Huile sur toile, vers 1637-1640
et les deux derniers tableaux exposés à la Grande Galerie :
Mattia PRETI
(Taverna, 1613 - La Vallette, 1699)
Saint Nicolas en extase
Huile sur toile, 1653
Saint Sébastien
Huile sur toile, vers 1656
Une des trois partie de cette exposition disséminée dans le Louvre est située dans la Salle de l’Horloge de l'aile Sully et intitulée
Cartons italiens de la Renaissance, 1500 – 1550
Elle se prête mal à la photographie, et nous n'en donnons qu'un aperçu, avec :
Giulio Pippi, dit GIULIO ROMANO
(Rome, vers 1492/1499 - Mantoue, 1546)
Bacchantes, faune, petit satyre et putto dansant
Plume et encre brune, lavis brun, sur deux feuillets de papier beige collés ensemble. Traces d'une mise au carreau (?) à la pierre noire. Piqué pour le report et passé à la ponce avec de la poussière noirâtre.
Carton pour une composition de la frise de la Sala delle Metamorphosi ou
Sala d'Ovidio au Palazzo Te à Mantoue (1527) exécutée, non par Giulio Romano, mais par ses collaborateurs Anselmo Guazzi et Agostino da Mozzanica.
Au passage, un bleau tableau de RAPHAËL (et son atelier)
(Urbino, 1483 - Rome, 1520)
La Madone de l'Amour divin
Huile sur bois
Terminons avec la troisième partie, située dans la Salle de la Chapelle de l'Aile Sully :
Des Farnèse aux Bourbons, histoire d’une collection
Des objets d’art, des peintures et des sculptures relatent les grandes étapes de la constitution des collections du musée de Capodimonte autour de deux temps forts : l’héritage des Farnèse et le mécénat des Bourbons de Naples.
L'origine de la collection du musée est la collection de la famille Farnese, dont l'unique héritière, la princesse Élisabeth Farnèse (1692-1766) fut reine d'Espagne de 1714 à 1746, a tout légué à son fils Charles (1716_1788), duc de Parme puis roi de Naples et de Sicile puis roi d'Espagne.
Joos VAN CLEVE (Clève, 1485 - Anvers, 1540)
Triptyque : L'Adoration des Mages
Huile sur panneau, vers 1525
Bartolomeo SCHEDONI (Modène, 1578-Parme, 1615)
L'Aumône de sainte Élisabeth de Hongrie
Huile sur toile, 1611
Giovanni LANFRANCO (Parme, 1582- Rome, 1647)
Madeleine portée au ciel par des anges
Huile sur toile, 1616-1617 (détail)
Tiziano Vecellio dit TITIEN :
Portrait du pape Paul III, tête nue, huile sur toile, 1543
Portrait de Paul III avec ses petits-fils, huile sur toile, 1545
Portrait du cardinal Alexandre Farnèse, huile sur toile, 1545-1546
Dominikos Theotokopoulos dit GRECO (Candie, 1541- Tolède, 1614)
Portrait de Giulio Clovio, huile sur toile, 1571-1572
Des objets :
Jacob MILLER L'ANCIEN (Augsbourg, 1548?- 1618)
Diane chasseresse chevauchant un cerf, argent doré, fin du XVI - début du XVII° siècle
Guglielmo DELLA PORTA (Porlezza, 15157 - Rome, 1577)
Buste de Paul III avec chape, marbre, albâtre égyptien, 1546-1549
CEYLAN, fabrication cingalo-portugaise 2e moitié du XVIe siècle
Paire d'éventails, ivoire, argent, saphir
Manno di BASTIANO SBARRI (Florence, 1536 - Florence, 1576)
Giovanni BERNARDI (Castelbolognese, 1494 - Faenza, 1553)
Cassette Farnèse
Argent doré, repoussé et ciselé, cristal de roche gravé, émail, lapis-lazuli, 1548-1561
Anton Raphael MENGS et atelier (Aussig, 1728 - Rome, 1779)
Portrait du roi Charles III de Bourbon, huile sur toile, vers 1774
Le fils et héritier d'Isabelle Farnese est à l'origine de la construction du palais de Capodimonte, conçu notamment pour abriter la collection Farnese.
Charles III est aussi à l'origine de la création de la fabrique de porcelaine :
Real Fabbrica della porcellana di Capodimonte (1743-1759)
Giuseppe GRICCI (Florence, 1719 - Madrid, 1771)
Bassin en forme de coquille, porcelaine tendre blanche de Capodimonte, 1745-1750
Real Fabbrica della porcellana di Napoli (1771-1806)
Filippo TAGLIOLINI (Fogliano di Cascia, 1745- Naples, 1809)
La Chute des Géants, biscuit de porcelaine, 1785 et années suivantes
et diverses pièces produites par la manufacture.
Antonio JOLI (Modène, vers 1700 Naples, 1777)
Départ de Charles de Bourbon pour l'Espagne vu de la mer, huile sur toile, 1759
Ferdinand IV à cheval avec la cour, huile sur toile, vers 1760-1761
Pierre Jacques VOLAIRE (Toulon, 1729 - Naples, 1799)
L'Éruption du Vésuve depuis le pont de la Madeleine, huile sur toile. 1782
Alexandre Hyacinthe DUNOUY (Paris, 1757-Jouy-en-Josas, 1841)
Vue de Naples depuis Capodimonte, huile sur toile, 1813
En guise de conclusion, cette explosion pop invite à méditer avec Warhol sur la silhouette iconique du Vésuve inlassablement reproduite. Cette peinture est aussi un hommage à la politique d'enrichissement des collections du musée et à la place que l'art contemporain continue à occuper à Capodimonte.
Andy WARHOL (Pittsburg, 1928 - New York, 1987)
Vesuvius, acrylique sur toile, 1985
Pastels, de Millet à Redon (II/II)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_13ac0d_img-7533-2.jpg)
Nous terminons dans ce billet le parcours amorcé dans notre billet du 4 septembre d'une des expositions phares du printemps dernier, consacrée aux pastels du musée d'Orsay.
Avant de reprendre le parcours, quelques éléments sur un évènement organisé autour de l'exposition : PASTEL XXL.
Huit étudiants des Beaux-Arts de Paris (Mathias Bensimon, Juliette Duchemin, Rusné Gocentaité, Li Jinshuai, Kraus, Hakim Sahiri, Alexandra Willis et Misha Zavalnyi) ont créé, devant les visiteurs, un vaste dessin panoramique au pastel de 10 mètres de long. Cette performance en direct s'est déroulée pendant l'exposition au rythme d'une séance par semaine. Ci-dessous l'état de l'œuvre - par nature inachevée - au 17 mai 2023, lors de notre visite (de gauche à droite)
Reprenons notre parcours avec la section Intérieurs
Parmi les nouveaux sujets investis par les pastellistes dans les dernières décennies du XIXe siècle figure l’univers domestique. Le portrait devient aussi plus intime, plus informel, reflétant un état d’âme. Le foyer et la vie familiale étant au cœur des valeurs bourgeoises, les artistes se tournent vers les scènes de genre et les intérieurs. Ces sujets semblent particulièrement privilégiés par les artistes femmes qui, dans le contexte de l’époque, restent encore largement associées à cette sphère. Ce phénomène est accentué par la réputation de « propreté » et de facilité d’usage du pastel, considéré encore comme un art d’agrément convenant tout particulièrement aux femmes, jusqu’aux années 1880 – moment où il jouit d’une popularité sans précédent chez les artistes, tous sexes confondus : « Le pastel peut se prendre et se quitter, gardant tout au long du travail toute la fraîcheur de son éclat et la fleur de son velouté » (la Grande Encyclopédie, 1885). Il devient le médium de choix pour créer des instantanés de la vie quotidienne.
Odilon Redon : Camille Redon brodant, 1880, pastel sur papier
Eugène Loup (1867-1948) : Mélancolie, vers 1901, pastel sur toile
Georges Le Brun (1873-1914) : Le Vestibule, 1909, fusain et pastel
Auguste Renoir (1841-1919) : Portrait de jeune fille brune, assise, les mains croisées, 1879, pastel sur papier
Daniel de Monfreid (1856-1929) : Portrait de sa fille Agnès à trois ans, 1902, pastel sur papier vergé
Étienne Moreau-Nélaton (1859-1927) : Portrait de Raymond Koechlin, 1887, pastel et crayon noir sur papier
Mary Cassat (1844-1926) :
Portrait de Mademoiselle Louise-Aurore Villebœuf, 1902, pastel sur papier beige et châssis
Mère et enfant sur fond vert, 1897, pastel sur papier beige collé sur châssis entoilé
Femme et enfant devant une tablette où sont posés un broc et une cuvette, 1889, pastel sur papier beige collé sur châssis entoilé
Paul-César Helleu (1859-1927) :
Femme accoudée à une table, 1889, pastel sur papier chamois collé sur châssis entoilé
Portrait de Madame Paul Helleu, 1894, pastel sur papier bleu
Édouard Vuillard (1868-1940) :
Bouquet de soucis sur la cheminée, vers 1930, pastel sur papier beige
La Table servie, vers 1915, pastel sur papier beige
Marguerite Carpentier (1886-1965) : Marguerite Cahun dans l'appartement du boulevard Raspail, 1910, pastel sur papier marouflé sur toile avec cadre
Armand Guillaumin (1841-1927) : Intérieur, 1889, pastel sur papier vergé crème
Eva Gonzalès (1847-1883) : La Matinée rose, 1874, pastel sur papier et châssis entoilé
Intimités
Le pastel semble plus apte que tout autre médium à rendre le velouté de la peau et les teintes subtiles de sa carnation. Cette qualité explique naturellement sa grande popularité dans l’art du portrait, mais aussi dans celui du nu. Édouard Manet, Maurice Denis et Émile-René Ménard jouent de l’estompe pour donner un aspect poudreux et lumineux à la chair de leurs modèles, tandis que Degas utilise une grande variété de traits et des couleurs franches pour donner du relief à ses baigneuses aux postures prosaïques, sans idéaliser de leur corps.
Édouard Manet (1832-1883) : Buste de femme nue, vers 1875, pastel sur toile et châssis
Émile René Ménard (1863-1930) : Étude de nu dans un intérieur, sans date, pastel sur papier collé sur châssis entoilé
Edgar Degas (1834-1917) :
Femme nue debout, vers 1880-1883, pastel et fusain sur papier bleu-vert
Danseuse en maillot, vers 1896, pastel sur papier
Baigneuse allongée sur le sol, vers 1886, pastel sur papier beige
Edgar Degas :
Baigneuse s'essuyant, vers 1900-1905, fusain et pastel sur papier
Femme à sa toilette essuyant son pied gauche, 1886, pastel sur carton
Après le bain, femme nue s'essuyant la nuque, 1898, pastel sur papier vélin fin collé sur carton
Femme se coiffant, 1887-1890, pastel sur papier beige collé sur carton
Maurice Denis (1870-1943) : Nu, femme assise, de dos, 1891, pastel et fusain sur papier
Edmond Aman-Jean (1858-1936) : Farniente dit aussi Étude de femme drapée les mains levées, vers 1895, pastel sur papier gris-beige collé sur toile
Arcadies
Le XIXe est un siècle d’instabilité politique et de profonds changements sociétaux. La révolution industrielle et l’expansion rapide des chemins de fer bouleversent le rapport au temps et à l’espace. Vers la fin du siècle émerge la crainte d’un effondrement de la civilisation, comparable à celui de l’Empire Romain. En réponse à cette crise des valeurs et en réaction contre le matérialisme ambiant, certains artistes rejettent les sujets contemporains pour se tourner vers un idéalisme arcadien, rêve antique d’une vie simple, en harmonie avec la nature, hors du temps.
Un artiste comme Osbert développe une vision panthéiste et mystique peuplée de muses sur laquelle s’édifie son œuvre. Dans l’art de Degas, au contraire, le thème des baigneuses dans l’herbe et d’une possible symbiose avec la nature est une véritable rareté. Enfin, chez Desvallières et Rothenstein, la terre idyllique de l’Arcadie n’est pas sans présenter un caractère étrange voire menaçant, comme ébranlée par les secousses du XXe siècle approchant.
Alphonse Osbert (1857-1939) :
Au bord de la mer, 1926, pastel sur papier gris contrecollé sur carton
Muse allongée sous les arbres, vers 1910, pastel sur papier gris
Henri Fantin-Latour (1836-1904) : Les Filles du Rhin ou L'Or du Rhin, 1876, pastel et fusain sur lithographie sur papier
Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898) : Le Berger ou L'Orage, 1887, pastel sur papier beige collé sur châssis entoilé
Léon Lhermitte (1844-1925) : Deux baigneuses au bord d'un étang, vers 1893, pastel et fusain sur papier brun
Ker-Xavier Roussel (1867-1944) : Scène mythologique, dit aussi Silène et l'Enfant, vers 1916, pastel sur papier
Édouard Vuillard : Deux femmes dans un bois, vers 1890, pastel sur papier
Edgar Degas : Deux baigneuses sur l'herbe, 1896, pastel sur papier brun
William Rothenstein (1872-1945) : Femme nue assise, 1892, pastel et peinture dorée
George Desvallières (1861-1950) : Les Tireurs à l'arc, 1895, pastel sur papier gris-beige
La dernière section de l'exposition présente des œuvres de deux artistes seulement :
Âmes et chimères
La voie menant à une Arcadie utopique n’est pas la seule qu’aient empruntée les artistes peu enclins à tendre un miroir au monde transfiguré du XIXe siècle. Odilon Redon et Lucien Lévy-Dhurmer, tous deux en quête d’une réalité intérieure, adoptent le pastel pour donner corps à un imaginaire foisonnant, avec un vocabulaire visuel propre à chacun. Après Millet et Degas, ce médium « caméléon » est une nouvelle fois renouvelé par ces deux grands pastellistes symbolistes à la fin du siècle.
Pour Lévy-Dhurmer, l’exploration de la vie intérieure passe souvent par le portrait et la figure humaine, y compris dans la représentation d’êtres hybrides comme sa célèbre Méduse.
Lucien Lévy-Dhurmer (1865-1953) :
Portrait de Georges Rodenbach, vers 1895, pastel sur papier gris-bleu
La femme à la médaille, dit aussi Mystère, 1896, pastel et rehauts d'or sur papier contrecollé sur carton
La Sorcière, 1897, pastel sur papier
Lucien Lévy-Dhurmer :
Florence, vers 1898, pastel sur papier
Méduse, dit aussi Vague furieuse, 1897, pastel et fusain sur papier beige contrecollé sur carton
Le Silence, 1895, pastel sur papier
Redon exploite quant à lui l’extraordinaire plasticité du pastel pour donner forme à son imaginaire et insuffler une dimension personnelle au mythe, loin de l’allégorie. Son art repose sur l’indéterminé, avec une volonté de se laisser guider par le matériau.
Odilon Redon (1840-1916) :
Parsifal, 1912, pastel sur papier
Femme voilée, sans date, pastel, détrempe, graphite et transferts carbone sur papier beige
Le Bouddha, vers 1906-1907, pastel sur papier beige
La Visitation ou Entretien mystique, sans date, pastel sur papier beige, mise au carreau partielle à la mine de plomb
Odilon Redon :
Char d'Apollon, vers 1910, pastel et détrempe sur toile
Fleur de sang, 1895, pastel sur papier gris
Vision sous-marine, vers 1900, pastel sur papier gris
La Coquille, 1912, pastel sur papier
/image%2F1508962%2F20231026%2Fob_0640d8_img-0682.jpeg)
/image%2F1508962%2F20231026%2Fob_dd577c_img-0703.jpeg)
/image%2F1508962%2F20231026%2Fob_82f93b_img-0684.jpeg)
/image%2F1508962%2F20231026%2Fob_37e30c_img-0686.jpeg)
/image%2F1508962%2F20231026%2Fob_f3b762_img-0688.jpeg)
/image%2F1508962%2F20231026%2Fob_3a8b0a_img-0694.jpeg)
/image%2F1508962%2F20231027%2Fob_409879_video-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20231027%2Fob_04d807_video-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20231027%2Fob_d51b64_video-3.jpg)
/image%2F1508962%2F20231027%2Fob_a85bf8_video-4.jpg)
/image%2F1508962%2F20231027%2Fob_7460ee_video-5.jpg)
/image%2F1508962%2F20231027%2Fob_44fa68_video-6.jpg)
/image%2F1508962%2F20231027%2Fob_344f1c_video-7.jpg)
/image%2F1508962%2F20231027%2Fob_2d4cff_video-8.jpg)
/image%2F1508962%2F20231027%2Fob_948afd_video-9.jpg)
/image%2F1508962%2F20231027%2Fob_de457d_video-10.jpg)
/image%2F1508962%2F20231027%2Fob_288f97_video-11.jpg)
/image%2F1508962%2F20231027%2Fob_0a196d_video-12.jpg)
/image%2F1508962%2F20230918%2Fob_8a6b12_maison-atelier-foujita-villiers-le-bac.jpg)
/image%2F1508962%2F20230918%2Fob_6967e1_img-216.jpg)
/image%2F1508962%2F20230918%2Fob_31c33b_image-1508962-20230331-ob-500671-img-8.jpg)
/image%2F1508962%2F20230918%2Fob_a319da_image-1508962-20220608-ob-7669b0-img-0.jpg)
/image%2F1508962%2F20230918%2Fob_88a334_pdevant.jpg)
/image%2F1508962%2F20230918%2Fob_bb2ce5_pdroit.jpg)
/image%2F1508962%2F20230918%2Fob_8f92c4_pderriere.jpg)
/image%2F1508962%2F20230918%2Fob_f3ad12_pgauche.jpg)
/image%2F1508962%2F20230911%2Fob_4a52a9_2023-09-11-10-36.jpg)
/image%2F1508962%2F20230911%2Fob_be4a06_img-8211-3.jpg)
/image%2F1508962%2F20230911%2Fob_a7334b_img-8210-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230911%2Fob_9cc4b0_img-8211-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230911%2Fob_480541_2023-09-08-14-07.jpeg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_b20506_img-7529-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_5e87d6_img-7530-3.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_7f1e8c_img-7531-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_026db8_img-7532-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_250da7_img-7633-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_4be16a_img-7636-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_1e3a21_img-7640-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_268960_img-7641-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_24497f_img-7645-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_9b8fdd_img-7651-3.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_16496d_img-7643-3.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_797c82_img-7647-3.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_30eb92_img-7649-3.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_790ec3_img-7655-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_cc653b_img-7658-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_9efd66_img-7660-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_85a777_img-7661-3.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_335199_img-7653-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_2e866b_img-7664-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_dcfe03_img-7666-3.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_0e96f0_img-7668-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_a94bf6_img-7684.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_555ff8_img-7670-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_bad49e_img-7671-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_988a30_img-7674-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_46adb7_img-7676-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_695ed8_img-7678.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_aa7a18_img-7680.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_920785_img-7682-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_1dfccc_img-7685-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20230831%2Fob_c4b9e2_img-7686.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_28168e_img-7688-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_3870cd_img-7693-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_500809_img-7691-3.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_c8dc75_img-7696-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_02acfa_img-7698-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_c24b86_img-7701-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_bf18ce_img-7706-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_baf53f_img-7704-3.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_0c2963_img-7709.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_0343d0_img-7699-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_a93b71_img-7712-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_0abc67_img-7716-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_80f9ec_img-7719.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_56bc8a_img-7721.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_049dd6_img-7723-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_6d3491_img-7725-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_c1c82f_img-7728-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_402607_img-7730.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_0ccf27_img-7732.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_2a483d_img-7734.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_d36341_img-7737.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_e05c27_img-7738-2.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_aca29b_img-7741-1.jpg)
/image%2F1508962%2F20230901%2Fob_8c00cd_img-7744.jpg)